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Route Yabassi Bonepoupa : gestion et qualité des travaux  remises en question

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Tout n’est pas à refaire. Mais d’importants travaux vont être entrepris  sur  l’axe Bonepoupa-Yabassi dont la réception était pourtant imminente.  Le 14 août 2024 en effet,  une partie de la chaussée s’est effondrée  sur ce tronçon en chantier,  reliant la ville de Douala, à Yabassi, chef-lieu du département du Nkam dans la région du Littoral.  

L’incident a affecté une centaine de mètres selon les déclarations des responsables de Buns, l’entreprise camerounaise de BTP en charge des travaux.  L’entreprise a également justifié cet effondrement par l’abondance des pluies.   Les intempéries selon cette source auraient provoqué une fissure de la route. Ce qui a occasionné une rupture de remblais.   

Ces raisons avancées sont remises en question par une certaine classe critique qui intervient alors que deux prestataires se sont déjà succédés pour l’exécution des travaux de cette route. Une sortie de l’Ordre national des ingénieurs de génie civil du Cameroun  renforce d’ailleurs ce doute sur la qualité des travaux ou sur l’expertise.  « Les routes doivent désormais être pensées pour être plus résilientes face à ces nouveaux défis. Cela implique des études hydrologiques plus approfondies et des solutions innovantes en termes de drainage et de stabilisation des sols » écrit  Kizito Ngoa, le président de l’ordre. Mais, l’ordre fait une nuance sur les responsabilités. « La situation actuelle souligne plutôt l’importance de la collaboration entre tous les acteurs, incluant les ingénieurs, les administrations et les équipes de maintenance».

    De toute évidence, cet imprévu majeur affecte la livraison des travaux qui étaient exécutés par Buns.   D’un linéaire de  51,3 kilomètres, ce sont  39 milliards de  FCFA qui ont été mobilisés pour financer ce projet. Le ministre des Travaux Publics a prescrit plusieurs mesures dont la poursuite des travaux qui vont forcément retarder la livraison de cet axe  dont le chantier a démarré en 2017  avec pour date de livraison fixée en 2019.  Cette section  représente le lot 2 de la route Douala-Yabassi. Le lot 1 étant Douala-Bonepoupa long de 33 km.  

 C’est donc depuis 7ans que la réalisation de cet ouvrage est en cours tandis qu’il était prévu pour durer 3ans.  Le ministère des Travaux publics a fini par résilier l’an dernier,  le  contrat de la société tchadienne Encobat qui avait lancé les travaux.  D’aucuns se demandent si là n’est pas  l’origine de cet incident qui cacherait alors des failles dans la réalisation  de cet ouvrage.

 Après la survenue de l’incident, le ministre des Travaux Publics a prescrit  la remobilisation de l’entreprise  BUN’S, pour l’aménagement d’une déviation pour les véhicules de plus de 3,5 tonnes ; la conduite immédiate des études techniques en vue de la reconstruction de la section routière effondrée. Le Labogenie est également sollicité  avec la Mission de Contrôle Beta Consult,  pour y mener une campagne de sondage géotechnique pour anticiper sur les éventuels risques avec des solutions appropriées.

Interview

 Joachem BIN MEH, économiste

 L’expert  nous livre son analyse sur l’incident survenu sur le tronçon Bonepoupa-Yabassi en jetant un regard global sur les marchés publics au Cameroun pour en dégager des leçons pour le long terme.

Pensez-vous que l’effondrement de la route Bonepoupa-Yabassi avant sa réception est causé par des manquements dans la passation du marché ou à la qualité des travaux?

La route Bonepoupa-Yabassi le 14 août 2024 avant son inauguration officielle suscite des inquiétudes quant à certaines transactions souterraines qui ont lieu dans le cadre de l’attribution des contrats de construction et de la prévalence de la corruption dans le secteur des travaux publics au Cameroun. Les allégations selon lesquelles des pots-de-vin auraient été versés par des entrepreneurs, allant de l’attribution des contrats aux approbations finales, indiquent un problème systémique qui compromet la qualité des projets d’infrastructure, ce qui confirme le rapport de la Banque mondiale (2007) sur la construction, la corruption et les pays en développement. Cet incident nous rappelle l’importance de la transparence et de la reddition de comptes dans l’octroi des contrats publics. Des mesures telles qu’une application plus stricte des lois et des règlements, une transparence accrue dans le processus d’appel d’offres et des sanctions sévères en cas de corruption devraient être mises en œuvre pour lutter contre ce problème. De plus, des mécanismes de surveillance et d’inspection appropriés sont essentiels pour s’assurer que les entrepreneurs respectent les normes et les spécifications convenues. Des inspections régulières et des audits indépendants peuvent aider à identifier les problèmes potentiels et à s’assurer que les projets sont exécutés selon les normes requises.

 Faut-il questionner les procédures d’attribution des contrats ?

L’effondrement de la route Bonepoupa-Yabassi met en lumière la nécessité de réformes dans l’attribution des contrats et l’exécution des projets d’infrastructures au Cameroun. La transparence, la responsabilisation, une surveillance adéquate et l’éducation du public sont des éléments essentiels pour assurer la mise en place d’infrastructures durables et de haute qualité dans l’intérêt du pays et de ses citoyens. Des campagnes d’éducation et de sensibilisation du public sur les conséquences de la corruption peuvent  aussi contribuer à favoriser une culture de responsabilisation et de transparence. En informant le public de l’impact de la corruption sur les projets d’infrastructure, les citoyens peuvent jouer un rôle actif dans la surveillance et le signalement de toute activité suspecte. Cela peut contribuer à un système de gouvernance plus propre et à des infrastructures plus durables au Cameroun.

Quelles leçons tirer pour l’avenir?

À partir des informations fournies, plusieurs leçons peuvent être tirées pour l’avenir:

a) On ne saurait trop insister sur l’importance de la transparence et de la responsabilité dans l’attribution des contrats publics. Non seulement la corruption compromet la qualité des projets d’infrastructure, mais elle gaspille également les ressources publiques.

 b) Des mécanismes appropriés de surveillance et d’inspection devraient être mis en place pour s’assurer que les entrepreneurs respectent les normes et les spécifications convenues.

c) Les investissements dans les infrastructures doivent être accompagnés de plans d’entretien robustes pour assurer la longévité et la durabilité des projets.

d) Les partenariats public-privé devraient être structurés de manière à inciter les entrepreneurs à fournir un travail de haute qualité, plutôt qu’à les encourager à faire des économies pour compenser les pots-de-vin.

e) Le gouvernement devrait envisager de mettre en place des sanctions plus sévères pour la corruption et les pots-de-vin, à la fois comme moyen de dissuasion et pour amener les responsables.

f) Enfin, des campagnes d’éducation et de sensibilisation du public sur les conséquences de la corruption peuvent contribuer à favoriser une culture de responsabilisation et de transparence.

Yaoundé: Un journaliste violemment agressé

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C’est un homme au visage amoché dont la photo circule sur les réseaux sociaux. La tête ensanglantée porte de nombreux points de suture. C’est le résultat d’une agression dont Emmanuel Ekouli, a été victime la nuit du 20 août 2024. Selon le lanceur d’alerte Paul Chouta, Emmanuel Ekouli, directeur de publication de La voix du centre et correspondant de Reporters sans frontières (RSF)  » a été attaqué par trois individus armés alors qu’il rentrait à son domicile » ce 19 août 2024. Cela se passe aux environs de 19h, au lieu-dit Abattoir Etoudi, alors que l’homme rentre à la maison à moto, son véhicule étant en panne.

On apprend que le journaliste « est attaqué par trois individus qui l’ont renversé, avant de le trainer sur quelques mètres de goudron. Malgré ses cris et la présence humaine, ses agresseurs ont continué à lui infliger des supplices, le frappant à coups de poings et de pied en plein visage et alors qu’il était au sol« . Des témoins vont alors accourir pour venir en aide à l’infortuné. C’est là que les agresseurs vont le lâcher et fondre dans la nature.

L’aggressé sera conduit dans un centre de santé de la place, où sa situation sera jugée compliquée par les infirmiers de garde. L’homme sera référé dans un hôpital de catégorie supérieure où il recevra 13 points de suture sur la tête, puis subira plusieurs examens dont un scanner cérébral. Selon des sources, Emmanuel Ekouli est désormais hors de danger.

C’est la deuxième fois en quelques semaines que ce journaliste engagé est victime d’agression. Le 9 juillet dernier, Emmanuel Ekouli avait été pris à partie par trois hommes à bord d’une moto au lieu-dit Carrefour hôtel Le Paradis à Ngousso, un quartier voisin d’Etoudi. « Je voulais entrer dans ma voiture, j’avais même déjà ouvert la portière quand une moto est arrivée à vive allure avec trois personnes comme si elle voulait me cogner. J’ai refermé rapidement la portière pour lui céder le passage. Les gars de la moto m’ont frappé un gourdin et ont arraché mon sac où j’avais pratiquement tout: la carte grise de ma voiture, ma CNI, mon permis de conduire, ma carte de presse, ma carte bancaire, une carte de l’Institut français et un montant de 5 31 700 Fcfa », raconte l’homme.

Depuis un peu plus d’un mois, Emmanuel Ekouli est une source intarissable dans l’affaire Martinez Zogo. Cet animateur radio enlevé en janvier 2023 et dont le corps inerte et supplicié a été retrouvé dans une broussaille près de la ville universitaire de Soa. Les enquêtes ont duré de longs mois, près d’un an, avant l’inculpation des personnes soupçonnées et/ou accusées d’avoir joué un rôle dans le film de la mise à mort de l’ancien chef de chaîne d’Amplitude FM. RSF s’était retrouvé au centre d’une polémique au sujet des actes posés par les présumés acteurs de l’horreur. Les conseils de l’homme d’affaires Jean Pierre Amougou Belinga avaient accusé l’ONG de défense des droits des journalistes d’être manipulés par des sources aux Renseignements généraux. Le correspondant de RSF avait essuyé des injures et intimidations.

Ebolowa : quatre prévenus risquent de lourdes peines pour trafic d’ivoire

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Un coup de filet dans le réseau du braconnage : des sanctions plus sévères pour protéger les éléphants du Cameroun. Le 23 août prochain, le Tribunal de Première Instance d’Ebolowa accueillera le procès de deux ingénieurs et de deux autres prévenus accusés de trafic d’ivoire. Les accusés, trouvés en possession illégale de quatre défenses d’éléphants, devront répondre de leurs actes devant la justice.

Les prévenus incluent un ingénieur forestier, un ingénieur électromécanicien, un enseignant du secondaire et un autre individu. Ils ont été arrêtés le 23 juillet lors d’une opération coup de poing menée par la Délégation Régionale des Forêts et de la Faune du Sud, en collaboration avec la division régionale sud de la police judiciaire.

L’affaire, initialement entendue le 26 juillet, a été reportée au 23 août pour permettre la présence de toutes les parties et l’ouverture des débats. L’organisation LAGA, qui soutient l’application de la loi sur la faune sauvage, assiste les agents du MINFOF dans le suivi de la procédure judiciaire.

Selon l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN), le Cameroun abrite environ 6 830 éléphants, l’une des plus grandes populations d’Afrique. Cependant, cette population est en déclin rapide en raison du braconnage, alimenté par la demande croissante d’ivoire en Asie, notamment en Chine.

Malgré l’interdiction du commerce de l’ivoire, les éléphants continuent d’être abattus. Si les accusés sont reconnus coupables, ils risquent jusqu’à trois ans de prison et une amende de 10 millions de FCFA, conformément à la loi de 1994 sur la faune et la flore. Une nouvelle loi, promulguée le 24 juillet 2024, prévoit des sanctions encore plus sévères, avec des peines pouvant aller jusqu’à 20 ans de prison et des amendes de 50 millions de FCFA.

Ce procès met en lumière les défis persistants de la conservation des éléphants et la lutte contre le trafic d’ivoire au Cameroun.

Sonara : le FMI prescrit de nouvelles études d’ingénierie

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Le 30 novembre 2023, lors de la dernière session parlementaire de l’année consacrée à l’adoption du budget, le Premier ministre, Joseph Dion Ngute était face aux députés. C’était lors de la présentation du programme économique et financier du gouvernement pour le prochain exercice budgétaire. Répondant aux interrogations des élus du peuple concernant le démarrage des travaux de réhabilitation de la Société nationale de raffinage (Sonara) annoncés en 2022 pour un coût estimatif de 250 milliards de FCFA, le chef du gouvernement s’est voulu rassurant. Il a annoncé pour l’année en cours, la réalisation des «études Front End Engineering & Design (études d’ingénierie s’étendant jusqu’aux aspects architecturaux, NDLR)», qui doivent en principe servir de base au lancement des travaux de reconstruction de la Sonara, partiellement détruite par un incendie en 2019. Cette annonce a été confortée quelques jours plus tard par Gaston Eloundou Essomba, le ministre de l’Eau et de l’Energie, devant les membres de la Commission des finances et du budget de l’Assemblée nationale.

« Suite aux nouvelles instructions de monsieur le président de la République, la responsabilité de conduire le projet de réhabilitation-restructuration de cette entreprise, en qualité de maître d’ouvrage, a été confiée à monsieur le directeur général de la Sonara. (…) Il s’en est suivi l’élaboration d’un plan d’actions devant aboutir à la reprise de la production de la raffinerie, qui a été transmis au FMI; ainsi que la sélection du cabinet d’ingénierie pour la réalisation des études Front End Engineering and Design et d’une assistance à la maîtrise d’ouvrage. À cet effet, les entreprises américaine Chemex Global LLC et française Performance Plus Innovation sont respectivement adjudicataires de ces marchés», a-t-il détaillé.

La réalisation desdites études semble se dérouler de manière optimale, en témoigne le satisfecit du Fonds monétaire international (FMI), relayé dans un communiqué datant du 3 juin 2024. Dans ce manifeste , annonçant la fin de la première revue de l’accord au titre de la facilité pour la résilience et la durabilité et les sixièmes revues du programme appuyé par la facilité élargie de crédit et le mécanisme élargi de crédit, l’institution de Bretton Woods salue les efforts allant dans le sens de leur achèvement. «La mission encourage les mesures prises par les autorités pour l’amélioration de la performance et de la gestion financière des entreprises publiques, l’achèvement des études techniques concernant la restructuration de la Sonara et le renforcement du cadre de lutte contre la corruption», peut-on lire dans ce communiqué.

 LE FMI VEUT DE MEILLEURES ETUDES

Les études d’ingénierie susmentionnées ne sont pas nouvelles. En clair, il s’agit d’une version améliorée commandée par le FMI. En effet, dans le cadre du programme économique et financier que mène le Cameroun avec cette institution financière, le cahier de charges de Yaoundé pour l’année 2023, prévoyait le bouclage de 15 réformes structurelles. L’’une d’entre elles consistait en l’élaboration pour la Sonara, d’un plan de restructuration incluant des options industrielles et financières envisagées au lendemain de la destruction de ses installations. Si l’on s’en tient aux informations relayées dans le rapport sur l’économie camerounaise en 2023, rédigé par la direction générale de l’Economie et de la programmation des investissements du ministère de l’Economie, un plan détaillé, annexé au plan de restructuration a été rédigé et validé par le Président de la République.Toutefois, de l’avis du FMI, «ledit plan détaillé ne serait pas exécutable en tout point», ce qui rend «la mesure non exécutée», lit-on dans le rapport susmentionné.

Concrètement, ledit plan détaillé, qui est en réalité un plan détaillé d’ingénierie, conditionne le début des travaux. C’est du moins ce qu’a laissé entendre Valery Zang, président de la défunte Commission technique de réhabilitation des entreprises et établissements dans le cadre d’une interview accordée à nos confrères de Cameroon Business Today. «S’agissant de la restructuration de la Sonara, le président de la République Paul Biya avait instruit un partenariat public-privé et toutes les diligences afférentes à cette procédure sont en cours d’achèvement au niveau de la Sonara. Il s’agissait de manière concrète de compléter l’étude initiale par une étude détaillée d’ingénierie à partir de laquelle l’on va lancer le processus de recrutement de celui qui va construire la nouvelle raffinerie. Le processus est pratiquement achevé au niveau de la Sonara et les jours qui viennent, on va procéder à la sélection d’un constructeur par le mode public-privé», a-t-il déclaré lors de cet entretien qui date du 4 octobre 2023.

RESTRUCTURATION DE LA DETTE

Le projet de restructuration de la Sonara, a tout de même connu certaines avancées dont le gouvernement peut s’enorgueillir. Il s’agit notamment de la restructuration partielle de la dette de cette entreprise publique due aux traders. En effet, en 2022 et en 2023, Yaoundé a signé plusieurs accords de remboursement avec ces entreprises étrangères. La dernière en date remonte au 12 décembre 2023. A cette occasion, Yaoundé a signé avec Mercuria Energy Trading une convention qui porte sur un montant de plus de 30 millions de dollars (qui correspondrait à environ 20 milliards de FCFA). La convention permet un amortissement de la dette sur 10 ans à un taux fixe de 5,5%. Elle suit d’autres conventions déjà signées avec les traders Vitol (185 milliards de FCFA), PSTV DMCC (8,5 milliards de FCFA), Trafigura Pte Ltd (14,5 milliards de FCFA).

Pour mémoire, après un incendie survenu le 31 mai 2019, l’unique raffinerie du Cameroun s’est retrouvée dans l’impossibilité d’honorer ses engagements à temps convenu envers ses créanciers; étant donné l’arrêt de l’activité de raffinage. Pour rassurer les créanciers, le gouvernement, via le ministère des Finances, et la Sonara ont entrepris de signer des conventions de restructuration et de remboursement de la dette avec les banques et les traders. En soutien à cette initiative et à la mobilisation des fonds pour la reconstruction de la Sonara, le gouvernement a ouvert un compte de soutien à la raffinerie, logé à la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC). Le compte héberge les ressources de la ligne de soutien de 47,88 F CFA (0,073 euro) introduite en 2020 dans la structure des prix des produits pétroliers au Cameroun pour l’assistance de la Sonara.

Industrie pétrolière : Akere Muna conteste le rapport de la SNH

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Muna_Akere veut attaquer la SNH en justice

Akere Muna est convaincu que les chiffres rendu publics par la Société nationale des hydrocarbures (SNH) le 14 août 2024 ne sont pas exacts. « Après le communiqué de la SNH, je suis retourné sur le site (internet de la SNH, Ndlr) et j’ai découvert que les chiffres avaient été modifiés : le rabais pour Glencore a été échangé de 30% à 15%, et pour Vittol de 70% à 35%». Alors « la SNH doit expliquer cette incohérence», exige-t-il. Assurant avoir « des preuves documentées de la date et de l’heure auxquelles ces changements ont été effectués». L’ancien bâtonnier rappelle avoir donné toutes ces informations dans son bureau récemment.

En effet, le 14 août dernier, la SNH a publié un document intitulé « Non à la manipulation» dans lequel elle livrait des chiffres sur les opérations de vente du pétrole camerounais en 2023, laissant croire que Me Akere Muna manipulait l’opinion au sujet de la vente du pétrole au géant suisse Glencore. « Bien que le document contienne des tentatives de me discréditer, son ton général est assez particulier. La SNH qui s’est historiquement abstenue de communiquer sur ses activités, a soudainement trouvé le temps de publier deux déclarations en succession rapide», fait-il remarquer. Indiquant que « auparavant, elle avait communiqué une seule fois lorsque j’avais exposé le scandale de corruption», relève-t-il. En effet, la SNH réfutait avoir vendu le pétrole à Vittol à une décote supérieure à 35%, mais avait ignoré le cas Glencore. Et pourtant, « j’avais rapporté que la SNH avait vendu à Glencore et Vittol à des décotes de 30% et 70% respectivement, sur la base des chiffres obtenus à partir des rapports de la SNH à l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (Itie) qui ont été dument publiés par cette dernière».

Une plainte en vue

On se souvient que dans le document publié par la SNH dans le quotidien Cameroon tribune, l’entreprise pétrolière indiquait que les règles en interne interdisent les pratiques de corruption. « Maintenant, ils affirment avoir déposé une plainte auprès du Tribunal criminel spécial en septembre 2023». Reconnaissant ainsi que des pratiques non réglementaires ont certainement dû être effectuées au sein de l’entreprise. De toutes les façons, le champion de la lutte anticorruption qui a mené ces derniers mois une campagne agressive pour la transparence dans le scandale Glencore, annonce des poursuites judiciaires : « je vais préparer une plainte formelle demandant à la SNH de fournir des réponses concernant [les] modifications » survenues dans les chiffres publiés par la SNH. « Les Camerounais doivent comprendre qu’ils sont en train de se faire dépouiller par un groupe de personnes mal intentionnées. Ils doivent le savoir», a justifié Me Akere Muna. En attendant, l’ancien bâtonnier annonce se rendre dans les prochains jours à Londres et à New-York pour le suivi de l’affaire Glencore dans les juridictions de ces pays, question de chercher à obtenir les noms des personnalités camerounaises citées dans les affaires de corruption par Glencore. Faute d’avoir pu trouver une oreille attentive auprès de la Commission nationale anticorruption (Conac), de la Chambre des comptes de la Cour suprême et de l’Agence nationale d’investigation financière (Anif) qu’il a saisies.

Yaoundé et environs : 300 000m3 d’eau potable de plus par jour

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Le projet Paepys a été mis en service officiellement ce 20 août 2024.

Le Projet d’alimentation en eau potable de Yaoundé et ses environs (Paepys) est désormais une réalité. La mise en service de l’ouvrage a eu lieu ce jour à Batchenga, une localité du département de la Lékié. Au cours d’une cérémonie présidée par le ministre de l’Eau et de l’énergie (Minee), Gaston Eloundou Essomba. Ce sont en tout 300 mille mètres-cubes d’eau supplémentaires, qui seront injectés quotidiennement dans le réseau alimentant la ville de Yaoundé et ses environs, notamment les villes de Batchenga et Obala. Une capacité qui devrait augmenter dans un futur non encore déterminé. Selon le Minee, cette capacité supplémentaire devrait passer à 400 mille m3/jour.

La capitale camerounaise recevait jusqu’ici 185 000 m3 d’eau potable par jour, dont 135 000 m3 provenant de l’usine de traitement d’eau d’Akomnyada à Mbalmayo et 50 000 m3 de l’usine de la Mefou à Yaoundé. Pour une demande évaluée à 250 000 m3/j. Du coup, le Paepys est une solution rêvée pour le besoin en question car allant au-delà du déficit.  

D’un coût de 399 milliards de francs CFA, le Paepys, financé un prêt d’Eximbank China et exécuté par l’entreprise chinoise Sinomach, a été lancé en 2016, pour une livraison prévue en juillet 2019. Il aura fallu attendre cinq ans de plus. «La cérémonie qui nous réunit ce jour…est la matérialisation et la concrétisation de l’engagement du Chef de l’Etat à fournir une eau de qualité et en quantité suffisante, à toutes les populations du Cameroun dont celles des villes de Yaoundé, Batchenga, Obala et bien d’autres pour ce qui est du Paepys (…) », a indiqué Gaston Eloundou Essomba. « C’est avec une joie immense que le maire de la ville de Yaoundé, porteur de la parole des bénéficiaires, prend la parole à l’occasion de la présente cérémonie solennelle de mise en service officielle des installations du Projet d’Alimentation en eau potable de la ville de Yaoundé et ses environs à partir du fleuve Sanaga. Qu’il me soit permis d’exprimer au nom des populations bénéficiaires, notamment celles de Yaoundé et ses environs, nos sincères remerciements et notre profonde gratitude au président de la République, Paul Biya, pour cet ouvrage qui apporte une solution efficace aux problèmes d’insuffisance d’eau potable», a salué Luc Messi Atangana, maire de la ville de Yaoundé.

Régulation : Fin des BTS, HND et DSEP en santé

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Au terme d’une réunion de concertation entre les ministres de l’Enseignement supérieur et de la Santé publique, tenue le 16 août dernier, il a été décidé que les détenteurs des diplômes de formations courtes que sont entre autres le BTS, le HND, le DSEP, doivent désormais passer un examen national d’aptitude à la profession médico-sanitaire, afin d’être intégrés à l’Ordre des professionnels médico-sanitaires (Opms). La première session de cet examen de certification aura lieu en octobre prochain, pour ceux qui viennent de terminer leur formation et ceux exerçant déjà. Par ailleurs, dès la rentrée 2024-2025, le concours d’entrée dans les écoles de formation publiques et privées sera national.

C’était une requête de l’Opms. L’instance avait récemment saisi les autorités de la République pour dénoncer les tares de cette formation courte. Dans une déclaration datée du 7 aout 2024, l’Opms demandait «l’arrêt immédiat et sans délai de la formation des BTS/HND/Dsep/HPD en santé au Cameroun. Car ces diplômes ne répondent pas aux normes de formation requises pour assurer aux lauréats la compétence nécessaire pour garantir la sécurité des patients ». Invitant à « dialogue constructif et inclusif » pour trouver des solutions durables à ces problèmes. Indiquant que toutes les formations ce domaine doivent strictement respecter les dispositions qui régissent la formation médico-sanitaire au Cameroun. Et en invitant les détenteurs des diplômes BTS/HND/Dsep/HPD en santé à se référer aux résolutions de la plateforme Minesup-Minsanté-Opms. Surtout, le signataire de cette déclaration prône «l’encouragement des personnes souhaitant faire carrière dans les filières des personnels médico-sanitaires à postuler au concours organisé par le ministère de la Santé publique en attendant les résolutions de la plateforme interministérielle. Ce concours garantit une sélection rigoureuse et équitable des candidats les plus qualifiés ».

C’est l’aboutissement d’un combat de longue haleine. En novembre 2020, l’Opms avait déjà attiré l’attention de l’opinion sur le caractère illégal du BTS en santé. « Nous tenons à souligner que ces recommandations sont dans l’intérêt supérieur de la protection de la santé du public et de la qualité des soins au Cameroun. L’Opms est engagé à travailler de concert avec les autorités compétentes pour améliorer les standards de formation et garantir que seuls les professionnels qualifiés exercent dans le domaine de la santé », avait expliqué Dr Fobasso Dzeuta Melkior, ancien président de l’Opms. Le message n’était pas passé. Les discussions se sont poursuivies avec les autorités étatiques. Jusqu’à l’issue actuelle.

Prenaient également part, outre les hauts responsables des deux ministères, le président du conseil de l’Ordre des professionnels médico-sanitaires et le secrétaire exécutif de l’Association nationale d’institutions privées de l’Enseignement supérieur. La réunion avait trois points majeures à l’ordre du jour : l’inscription des titulaires de licence professionnelle, BTS, HND, Dsep et HPD en santé, au tableau de l’Ordre de professionnels médico-sanitaires; de la délivrance de titres académiques équivalents respectivement aux grades de Baccalauréat/GCE Advanced Level plus 3 et Baccalauréat/GCE Advanced Level plus 5 aux titulaires de diplômes d’Etat délivrés par le Minsanté au terme des formations de trois et cinq années après le baccalauréat; et surtout la question des titres d’ingénieurs médico-sanitaires non disponibles au Cameroun suivant les cycles actuels de formation.

GAËL WILLIAM TCHOKOSSA : « Les participants du programme Africa Up Horizon bénéficient d’un accompagnement pendant et après la formation »

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GAËL WILLIAM TCHOKOSSA président national de l’Association Future Horizon

Quelles sont les spécificités de la formation proposée par le programme Africa up Horizon ?

Africa Up Horizon est un programme de sensibilisation, de formation technique et professionnelle et d’accompagnement des jeunes vers des emplois stables et durables. Le programme vise à fournir aux jeunes les compétences nécessaires en 90 jours pour réussir dans les métiers du numérique et du digital, notamment à travers des formations spécifiques dans les filières Marketing Commerce Vente, Marketing Digital, Photographie, Vidéographie, Design graphique et Montage Vidéo. En 90 jours, les ateliers pratiques sur le terrain sont dispensés par des professionnels et experts des différentes filières en formation, leur donnant ainsi des bases solides pour répondre aux différentes problématiques liées à la communication des entreprises, à la valorisation de leurs produits et services, etc. Ce programme s’inscrit dans une initiative plus large visant à autonomiser les jeunes, à renforcer les capacités des jeunes entrepreneurs, à réduire le chômage et la pauvreté, et à diminuer le taux de fermeture des entreprises.

 Les participants bénéficient-ils d’un accompagnement tout au long de leur parcours ?

Oui ! Les participants bénéficient d’un accompagnement durant toute la formation et même après. Durant la formation, le programme leur offre toutes les clés utiles pour qu’ils soient autonomes et aptes à monter leur entreprise. Les exercices sont des simulations pratiques de création d’entreprises, et des ateliers de conception des différents supports de communication et de commercialisation de leurs produits ou services. D’autres ateliers sont axés sur l’utilisation des outils liés à l’intelligence artificielle et sur l’exploitation maximale des smartphones. Après la formation, grâce à nos 385 entreprises partenaires au Cameroun et en Afrique centrale, les étudiants sont intégrés pour des stages leur permettant de mieux comprendre leur formation et, par la suite, d’être embauchés. Cette année, nous avons pu intégrer 10 jeunes boursiers du programme Africa Up Horizon dans des entreprises des pays voisins (Ghana, Togo, Côte d’Ivoire). En matière de financement, les 5 meilleurs de la promotion ayant correctement monté leurs projets bénéficient d’un accompagnement financier à hauteur de 35 % du coût réel de mise en œuvre de leur projet.

Comment le programme Africa up Horizon contribue-t-il à la réduction du chômage des jeunes au Cameroun ?

Le programme contribue à la réduction du taux de chômage des jeunes grâce aux compétences spécifiques qu’il leur transmet dans les domaines du numérique et du digital, leur procurant un savoir-faire pratique qu’ils peuvent mettre en pratique dans les entreprises (TPE, PME, GE) de leur quartier, de leur arrondissement et même de leur village. En effet, ils ne sont pas obligés de travailler pour une entreprise physique, mais disposent des clés pour vendre ou mettre en avant n’importe quel type de produit ou de service. Actuellement, la plupart des étudiants bénéficiaires de ces bourses parviennent à gagner en moyenne 5000 FCFA par jour grâce aux techniques dispensées sur le digital.

Africa Up Horizon : un programme pour booster l’employabilité des jeunes

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« Après ces 90 jours, nous maîtrisons désormais les nouvelles technologies, notamment les intelligences artificielles. La manipulation et la gestion des intelligences artificielles étaient au cœur de notre formation. En matière de marketing digital, ces compétences sont essentielles pour prospérer dans notre domaine », a révélé Jean Pierre Bertrand Mboutou, l’un des lauréats de la première cuvée du programme Africa Up Horizon au Cameroun. En lançant le programme « Un jeune, Un métier, Un emploi », l’association Future Horizon veut contribuer à la reduction du chômage des jeunes en leur offrant des formations de pointe en communication digitale.

Ce projet forme les jeunes dans les domaines de la photographie, de l’audiovisuel, du design graphique, du marketing digital, ainsi que du commerce et de la vente. « En plus d’une attestation de formation reconnue par le ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle (Minefop) et l’accès aux réseaux d’affaires constitués de plus de 385 entreprises, le programme garantit un suivi et un accompagnement sur projet personnel », a confié une source au sein du projet. Cette initiative intervient dans un contexte où « les compétences numériques sont désormais au cœur du développement économique régional et national. Elles sont essentielles pour répondre aux exigences du marché du travail moderne et pour stimuler l’innovation. Ce programme a non seulement fourni des compétences précieuses, mais il a aussi ouvert la voie à de nouvelles opportunités pour les jeunes. Nous devons continuer à soutenir et à promouvoir ces compétences, car elles représentent un atout majeur pour notre économie et pour notre société », a déclaré Théodore Jules Roger Nlend, délégué régional de l’Emploi et de la Formation professionnelle du Centre. C’était le 14 août dernier à Yaoundé, lors de la cérémonie de remise de parchemins de la première promotion constituée de jeunes âgés de 18 à 35 ans venant de l’ensemble du territoire national, mais aussi des pays voisins tels que la République Centrafricaine, le Tchad et la Côte d’Ivoire.

Grâce à ce programme, les jeunes acquerront les compétences recherchées par les entreprises du numérique, favorisant ainsi leur insertion professionnelle et la création de nouvelles entreprises. L’enjeu de l’association est de former plus de 1000 jeunes dans les domaines du digital afin de relever le niveau de compétence du Cameroun. « Cette initiative est rendue possible grâce au généreux soutien de nos partenaires et à l’engagement sans faille de nos formateurs. Elle s’inscrit dans notre volonté commune de propulser notre pays vers la transformation numérique », a précisé Gaël William Tchokossa, président national de l’Association Future Horizon.

Industrie musicale : symphonie de talents, cacophonie de revenus

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La musique camerounaise est riche, mais son musicien est pauvre », décriait le pianiste, arrangeur et chanteur Julius Essoka dans une tribune intitulée « Pour sortir des 12 plaies de la musique camerounaise ». Décédé le 26 juin 2021 à Douala, l’artiste s’indignait du fait que « ce pays (le Cameroun, Ndlr) produit parmi les meilleurs artistes de ce monde sans conservatoires ni écoles de musique dignes de ce nom, voilà ce qui est scandaleux !». Dans cette réflexion publiée en août 2019, il poursuivait en disant : « Et je m’avancerais à dire que si notre musique était structurée, elle ferait des envieux au-delà de nos frontières ».

Pour apporter des solutions à cette préoccupation, le Conseil Camerounais de la musique (CCM) a initié « Les chantiers musicaux ». Une initiative qui donne « un nouvel élan pour l’industrie musicale », souffle Didier Toko, président du CCM. En effet, ce projet a pour objectif de restructurer le secteur. Pour cela, les acteurs et professionnels locaux du quatrième art ont bénéficié d’une série de formations à Douala et Yaoundé. Le renforcement des compétences dans leurs domaines respectifs vise à enrichir les pratiques locales et à accélérer le développement de l’industrie musicale camerounaise.

Mais avant cela, l’association a fait un diagnostic de l’univers musical à l’échelle nationale. À en croire les résultats de l’étude livrée dans le cadre des « Chantiers musicaux », l’informel prédomine dans l’industrie musicale camerounaise. Selon le CCM, 89% des professionnels de la musique œuvrent dans la production d’œuvres musicales, tandis que seulement 6% sont impliqués dans la diffusion et 5% dans la promotion.

Pourtant, avec plus de 15 000 artistes, ce secteur recèle un potentiel économique considérable. Les données statistiques d’internet pour 2024 révèlent un paysage numérique en pleine mutation au Cameroun. Le taux de pénétration d’internet s’élève à 43,9%, soit 12,73 millions d’internautes, et 5,05 millions d’utilisateurs de médias sociaux, soit 17,4% de la population totale estimée à plus de 28 millions d’habitants. « Imaginez le potentiel en termes d’apport économique, il faut juste encadrer tout ça », souligne le musicien Richard Eboa, mettant en lumière l’immense potentiel économique de la filière musicale camerounaise. En outre, la gestion collective des droits d’auteur, assurée par la Société civile camerounaise de l’art musical (SOCAM), est sujette à controverses. De nombreux artistes critiquent vivement son fonctionnement. Ils pointent du doigt un manque flagrant de transparence dans la collecte et la distribution des redevances, ainsi qu’une inefficacité chronique dans la protection de leurs œuvres.

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