6 milliards de Fcfa. C’est montant global des sanctions pécuniaires infligées aux différents les concessionnaires de téléphonie mobile au Cameroun. Selon l’Agence de régulation des télécommunications qui a rendu public le 25 mai finissant un communiqué, la Cameroon Telecommunications (Camtel) devra s’acquitter de la somme de huit cent millions de Fcfa. MTN Cameroon et Orange Cameroun vont payer respectivement un milliard quatre cent millions et deux milliards deux cent millions. Quant au concessionnaire Viettel Cameroun, il paiera un milliard six cent millions.
D’après le régulateur du secteur des télécommunications au Cameroun, il est reproché à ces concessionnaires des manquements récurrents dans le cadre du suivi de leurs obligations de couverture et de qualité des services de communications électroniques contenues dans leurs cahiers de charges respectifs. L’Art indique avoir effectué plusieurs missions de contrôle entre 2022 et 2023 dans ces différentes structures, lesquelles missions, précise-t-elle, ont été suivies des misses en demeure. Indiquons que pour non-respect de leurs cahiers de charges respectifs, les concessionnaires de téléphonie mobile ont contribué, selon le communiqué de l’Art, à la dégradation persistante de la qualité des services de communications.
Des manquements que l’agence n’entend plus laisser prospérer. D’ailleurs, son directeur général Philémon Zoo Zame a tenu à rassurer les consommateurs du fait que tout sera mis en œuvre-suivant la réglementation en vigueur-, pour que les opérateurs concessionnaires de téléphonie mobile offrent aux abonnés des services de communications électroniques de qualité satisfaisante. Dans un communiqué signé de son directeur général le 13 février de l’année en cours, l’Art qui constatait déjà la dégradation persistante de la qualité de service offert par les réseaux de téléphonie mobile, a attiré l’attention des différents opérateurs. En outre, le régulateur s’était donné pour missions de mettre en exergue trois actions à savoir la réalisation des missions de contrôles pluridisciplinaires sanctionnés par des procès-verbaux ; la signification des mises en demeure servies aux opérateurs, assorties d’un délai pour la mise en œuvre des mesures correctives et la tenue des concertations bipartites avec les opérateurs pour évaluer le niveau de correction des dysfonctionnements constatés. Pour mémoire, depuis le 24 avril, des abonnés d’Orange Cameroun et MTN Cameroon mettent leurs téléphones portables sur «mode avion» -pour boycotter les services de ces opérateurs- entre 12h et 14h. Ce mouvement initié par David Eboutou vise à protester contre la mauvaise qualité de services de communications. La campagne suivie par des abonnés dont certains artistes et journalistes, a également pour objectif de dénoncer les coûts, jugés excessifs, des communications et des forfaits Internet appliqués par ces deux opérateurs.
Le gouvernement camerounais a déjà finalisé la procédure de mise en place de son cacao rouge comme troisième indication géographique après le poivre de Penja et le miel d’Oku.
Gabriel Mbaïrobe, ministre de l’Agriculture et du développement rural (Minader), a récemment présidé à Yaoundé, les travaux de la deuxième session du Comité national de promotion et de coordination des indications géographiques (Conapig). L’objectif des travaux était de présenter le niveau d’études aux membres dudit comité, pour la labellisation et la sécurisation du cacao rouge camerounais.
A date, a-t-on appris de la bouche du Minader, le gouvernement camerounais a déjà finalisé la procédure de mise en place de son cacao rouge comme troisième indication géographique après le poivre de Penja et le miel d’Oku. L’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (Oapi) recommande la culture du cacao rouge du Cameron, dans la région du Centre, une partie de la région de l’Ouest et une partie de la région de l’Est, qui sont propices à cette culture.
Au Cameroun, le cacao représente 30% des exportations non pétrolières et fait vivre plus de 2 millions de planteurs. Le cacao de fèves rouges du Cameroun possède une bonne réputation pouvant lui garantir un segment du marché international plus rentable.
Selon les chiffres du Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad) la notion d’Indication géographique (IG) semble ainsi offrir des opportunités aux producteurs pour sécuriser les ventes et assurer des parts de marchés valorisant davantage les attributs locaux et conséquemment s’inscrit dans le processus de construction d’un revenu décent des producteurs.
Pour mémoire, L’OAPI et les autorités camerounaises, avec le soutien de l’Agence française de développement (AFD), ont identifié et priorisé le cacao rouge comme l’un des produits potentiels au Cameroun pour un enregistrement comme indication géographique. Selon une étude de 2013, intitulée « Étude sur le potentiel de commercialisation du cacao du Cameroun en Indication Géographique », le cacao rouge du Cameroun est connu pour la grosseur de ses fèves, son grainage fort et stable, sa bonne homogénéité et sa couleur rouge brique très recherchée par les producteurs de chocolat de par le monde.
« En 2022, notre équipe nationale de football fanion a participé à la Coupe du monde de football FIFA Qatar 2022. Cette participation s’est soldée par une élimination au premier tour. Disons-le franchement, cette performance n’a pas satisfait à nos attentes. Néanmoins, il est important de relever que nos Lions indomptables ont donné le meilleur d’eux-mêmes ». En ces termes, Samuel Eto’o Fils le président de la Fédération camerounaise de football (Fécafoot), dresse un bilan sinon pas positif, du moins pas à complètement rejeter : « Ils ont été professionnels jusqu’au bout », se satisfait le nouveau président de la Fécafoot. Le Cameroun a été éliminé au premier tour de la Coupe du monde Qatar 2022, avec quatre points certes, mais les Lions indomptables qui sont entrés par une défaite (1-0) face à la Suisse, ont ensuite réussi à accrocher la Serbie dans un nul de 3-3, avant de terminer par une victoire historique (1-0) sur le grand Brésil. « Cette victoire avait une saveur particulière parce que nos Lions sont ainsi devenus la première nation africaine à l’emporter face au Brésil en phase finale de coupe du monde», salue Samuel Eto’o Fils. Lui qui, du haut de sa superbe, n’a jamais réussi cet exploit avec la sélection fanion.
Ainsi, l’ancien capitaine des Lions indomptables croit s’être vengé d’un passé particulièrement douloureux : en 2010, l’homme avait conduit une équipe qui a terminé 31ème sur 32 nations en Afrique du sud. Seule la Corée du Nord avait manqué l’occasion de surclasser le Cameroun. Quatre ans après, le Cameroun n’avait pas pu faire mieux : trois défaites en autant de matchs. Samuel Eto’o et ses coéquipiers s’étaient contentés d’un but en trois rencontres. Cet unique but avait été inscrit en 3ème et dernière sortie face au Brésil. La Seleçao avait continué à établir son record d’invincibilité sur l’Afrique en Coupe du monde de football senior. Et huit ans après, la donne avait changé : « Cette performance est bien meilleure que celles de 2010 et de 2014», commente un Samuel Eto’o fier de lui.
Du coup, l’homme est convaincu que des lignes ont bougé dans les déboires des Lions indomptables qui sombrent depuis plus de deux décennies dans les tréfonds de l’histoire du football africain. « Cette compétition nous a donné l’occasion de montrer qu’il était possible d’organiser une préparation digne de notre rang», se félicite celui dont le capitanat a été une page pour le moins sombre de l’histoire du football camerounais, avec plus d’intrigues que de performances techniques. Mais selon Samuel Eto’o, cette page est désormais tournée : « tout le monde a pu constater que les questions de primes sont désormais un lointain souvenir», fait constater le nouveau patron du football camerounais. Ainsi, l’ancien « fauteur de trouble » au sein des Lions croit avoir donné un nouveau visage, plus reluisant, au football camerounais.
« J’aurais aimé vous dire que notre participation à la Coupe du monde s’est déroulée sans anicroche. Mais les choses ne sont pas si simples ». Ainsi, Samuel Eto’o a engagé le sujet André Onana dans son discours d’ouverture aux travaux de l’Assemblée générale de la Fédération camerounaise de football (Fécafoot) ce 26 mai 2023. C’est que, « il ne vous a pas échappé qu’un malentendu a perturbé l’équilibre de notre sélection. Ce malentendu, qui impliquait notre gardien de buts André Onana aurait pu, que dis-je, aurais dû rester dans le secret de la vie de groupe », a-t-il aussitôt accédé au sujet. Lui qui n’en a presque jamais fait écho de façon officielle. Jusqu’à ce que les médias internationaux, notamment Canal + permette à Vincent Aboubakar le capitaine des Lions indomptables, de libérer la parole et d’en dire un mot. Dévoilant ainsi un pan de l’indiscipline tant dénoncée chez le portier principal des Lions indomptables par la Fécafoot, sans jamais désigner l’acte en question. « Qu’un joueur ait une attitude et des propos qui de passent sa pensée, cela peut arriver. Cela arrive même tous les jours. Il peut aussi arriver que ce jeune soit sanctionné par le patron de l’équipe, qui est le manager-sélectionneur. C’est ainsi que ça se passe dans un vestiaire », a-t-il présenté la situation.
Le pont est vite trouvé pour chercher le bouc-émissaire dans l’incident : « Certains y ont vu une opportunité et en ont fait une affaire. Ils ont créé l’affaire André Onana », a-t-il dénoncé. Là où le voile monté autour de cet acte non qualifié a aidé à amplifier la situation. « Mais permettez-moi d’être clair : un groupe sans règles ni discipline est un groupe voué à l’échec. Un entraineur sans autorité est un chef qui n’en est pas un. Une sélection qui a deux décideurs n’a pas de direction », enseigne l’ancien capitaine des Lions indomptables. « Napoléon disait que ‘’Pour gagner une guerre, un mauvais général vaut mieux que deux bons’’ », philosophe-t-il.
Retour en sélection
De quoi justifier sa posture d’antan : « Il était donc du devoir du président de la Fédération de soutenir le manager-sélectionneur dans sa de marche. En pleine compétition, il fallait protéger le groupe et éviter la déstabilisation des Lions indomptables», a-t-il martelé. Plus important, Samuel Eto’o essaie de relativiser l’affaire et semble avoir « pardonné » à son fils dont il a assisté à l’une des prouesses en club, notamment une des demi-finales de la Champion’s league européenne en tant qu’invité de l’UEFA ; dans un contexte où la distance s’était créée avec le portier exclu des Lions indomptables, mais qui fait les beaux jours de l’Inter Milan.
Alors, la fin de la sanction est peut-être arrivée, même si la Fécafoot n’en a pas encore fait écho. De toutes les façons, « au bout du compte, le retour d’André Onana au sein de l’équipe nationale dépend du Manager-sélectionneur », indique Samuel Eto’o. « C’est lui et lui seul qui décide de la sélection des joueurs comme le préconise le décret du Chef de l’Etat qui réorganise le fonctionnement de l’équipe nationale de football», souligne-t-il. Et d’insister : « Le retour d’André Onana en sélection dépend donc uniquement et exclusivement du Manager-sélectionneur». En clair, la sanction est tacitement levée. En indiquant la couler de l’avenir immédiat : le rajeunissement de la sélection ; mais avec l’esprit compétitif. La Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2023 reste un objectif, du moins en termes de participation. « L’équipe Fanion est toujours en course pour une qualification à la CAN Côte d’ivoire 2024, malgré le faux-pas contre la Namibie. Nous avons toujours notre destin entre nos mains», croit-il.
Le secteur de la téléphonie mobile est en pleine mutation ces dernières années au Cameroun. On s’éloigne de plus en plus de l’époque où le téléphone portable servait uniquement à émettre des appels ou des SMS. Progressivement, les services proposés par les compagnies de téléphonie mobile ont passé le cap de la simple vente de forfaits ou de minutes de communication ou d’accès internet. Le mobile money a fait son entrée sur le marché avec le vent de la digitalisation. Et depuis lors, les innovations avancent à grands pas.
Au départ, le mobile money servait à effectuer des transferts d’argent. Ensuite, de la micro épargne. Les fonds pouvant être utilisés pour effectuer divers paiements tels que les factures d’eau, d’électricité, les achats dans les supermarchés etc. Aujourd’hui, les dernières évolutions portent sur le micro crédit et la micro assurance reposant essentiellement sur le mobile money. Petit à petit, la chaîne de valeur des acteurs de la banque-assurance se voit investie par les opérateurs télécoms.
En trois ans au Cameroun, MTN et Orange se sont tous deux lancés dans la micro assurance et le micro crédit, tissant des partenariats avec des établissements de micro finance d’une part et des assureurs d’autre part. Ces nouveaux types de services financiers permettent aux abonnés d’emprunter des montants inférieurs à 100 000 FCFA, avec un taux d’intérêt de 7% applicable si le crédit n’a pas été remboursé dans le délai fixé. Pour la micro assurance, elle entend faciliter la souscription à une police par les couches défavorisées. Cette diversification de services proposés par les telco fait naître un nouveau paysage concurrentiel.
D’après certaines analyses, les opérateurs télécoms sont en bonne position pour devenir des leaders de la prochaine génération de la fintech. Leur force réside principalement dans leur forte pénétration à travers le pays, soutient ce courant de pensée. Leur couverture s’étend partout dans le pays. Ce qui n’est pas le cas pour les banques. En outre, les opérateurs possèdent un savoir-faire technique autour des usages mobiles. Ce qui leur donne un avantage sur les concurrents issus d’autres secteurs. Avec cette diversité de services financiers, Orange et MTN disent vouloir offrir des services de plus en plus attrayants et contribuer à l’inclusion financière.
Le taux de bancarisation dans le pays est encore en deçà de 20% tandis que le taux de pénétration du téléphone portable ne cesse de croître. Il était de 40% en 2020. Même si les banques sont tout aussi engagées dans le mobile banking, leur futur est de plus en plus remis en question. Dans certains pays, des opérateurs télécoms sont allés jusqu’à la mise sur pied des banques digitales.
Interview
Bouba KAELE, spécialiste en marketing et communication
« Nous aurons toujours besoin de la banque »
Dans un entretien accordé à Défis Actuels, l’expert nous livre son analyse sur les dernières évolutions dans le secteur des télécommunications au Cameroun, du potentiel du nouveau marché visé par les opérateurs ainsi que de l’avenir des banques.
Des opérateurs de téléphonie mobile au Cameroun proposent progressivement divers types de services financiers. Après la micro-assurance, c’est au tour du micro-crédit. MTN et Orange ont désormais chacun un agrément d’établissement de paiement. Comment analysez-vous ces évolutions vers la fintech?
Les changements que l’on observe dans la distribution des services financiers au Cameroun sont à mettre dans le cadre d’une tendance globale provoquée par les évolutions de la technologie et de l’Internet. Ces changements créent de nouvelles opportunités et des formes nouvelles de consommation et d’accès aux services financiers. Il faut également savoir que dans le domaine de la distribution des services financiers, la transformation digitale suit plusieurs axes comme l’amélioration de l’expérience client par l’extension des canaux de distribution digitaux comme les guichets automatiques de banque (GAB), la banque internet, la banque mobile…; l’amélioration des processus internes, on pourra citer ici le processus de crédit, la gestion des risques, la gestion des réclamations. Et enfin, la transformation du business model avec par exemple le lancement de banques digitales natives avec le mobile comme canal principal de distribution et une infrastructure physique minimale. Avec un taux de bancarisation qui se situe autour de 10%, le marché camerounais offre les caractéristiques d’un gisement de croissance important aussi bien pour les opérateurs de téléphonie mobile que pour les banques et établissements de microfinance. Et, ces acteurs s’activent chacun suivant son modèle pour capter ces opportunités exceptionnelles et en expansion. Donc on peut lire le développement des nouveaux services que l’on observe sur le marché camerounais, micro-épargne, le micro-crédit, la micro-assurance… comme une réponse à des besoins insatisfaits des consommateurs.
Quel est selon vous le potentiel de ces nouveaux segments de marché explorés par ces opérateurs ?
Au Cameroun, la présence de l’infrastructure bancaire est faible ou inexistante en dehors des agglomérations urbaines. Yaoundé et Douala concentrent 70% du parc global d’agences bancaires et de guichets automatiques de banque (GAB). Ce fait complique considérablement la vie quotidienne d’une population importante composée d’agriculteurs, de commerçants, d’artisans et de petites entreprises qui opèrent loin des grands centres urbains. Or cette population, non ou faiblement bancarisée, a également besoin d’accéder à la panoplie de services financiers pour régler par exemple des dépenses d’épicerie, des frais de scolarité, des factures d’entreprises de services publics mais aussi à des services financiers classiques (virements, épargne, crédit, assurance…).En 2020, la BEAC évaluait à près de 15.000 milliards de FCfa le volume annuel des transactions en monnaie électronique dans la zone CEMAC. Le volume journalier se situant à plus de 40 milliards de FCFA. Dans cette masse le Cameroun représente plus de 70%. Donc vous constaterez, avec moi, que le besoin est réel dans un environnement dominé à plus de 90% par des activités économiques informelles.
Quels pourraient être les bénéfices pour les consommateurs ?
A l’observation, les bénéfices sont nombreux aussi bien pour le consommateur que pour les distributeurs de services financiers. Pour les consommateurs on peut citer les gains de temps, la sécurité des transactions ou encore le service de proximité. Pour les entreprises, on peut citer la croissance des revenus et des parts de marché, la réduction des coûts ou l’amélioration de la qualité de service.
Vers où va t- on selon vous? Peut-on par exemple envisager la mutation des telcos vers la banque digitale, comme on l’a vu pour le groupe orange en Côte d’Ivoire ?
Pour faire face aux changements profonds des habitudes de consommation des produits financiers que l’on observe et, encore plus, à la reconfiguration du marché, les distributeurs de services financiers classiques les banques et microfinances disposent de plusieurs modèles pour rester compétitifs. On peut citer le développement par les banques et établissements de microfinance de canaux digitaux pour apporter les services via plusieurs canaux, ce que l’on appelle en général banque omnical (Internet, sms, GAB, bornes Internet…). Les établissements financiers peuvent également construire des banques digitales. Ici il est question de partir sur un nouveau business model où l’interaction avec le client se fait via les terminaux mobiles avec une infrastructure physique minimale. Ils peuvent également envisager des partenariats avec des fintechs qui développent des services financiers à valeur ajoutée comme des applications de gestion de comptes bancaires ou des applications de paiement. Ils peuvent également développer des partenariats avec des non-telcos de façon à créer un écosystème de produits et services accessibles via le distributeur de services financiers à l’exemple d’agrégateurs de service de paiement de factures. Donc les chemins sont nombreux et chaque acteur fonction de ses choix stratégiques pourra évoluer vers le modèle qui répondra le mieux aux besoins des consommateurs qu’il aura identifié. De mon point de vue, les telcos ne sont pas l’équation, mais ils font partie de l’équation qu’il faudra résoudre.
Les telcos vont-ils finir par tuer les banques, tout au moins dans le segment du retail/mass market ?
Bien malin, celui qui pourra répondre à cette question de façon tranchée. Le constat fait est que de nombreux services autrefois proposés par les banques comme le transfert d’argent ou le paiement de factures sont déjà assurés, avec un certain succès, par les opérateurs de mobile. De nombreux acteurs s’essaient à d’autres services offerts par les banques comme le financement en s’appuyant sur le financement participatif dont l’éclosion résulte des innovations financières et technologiques mais aussi de la promotion sociale et solidaire. On peut citer ici des produits comme le crowdfunding ou «financement par la foule». Ce mode de financement peut prendre la forme d’un don, d’un prêt encore appelé crowlending ou d’une prise de participation au capital d’une entreprise, ce que l’on appelle le crowequity. Les offreurs de capitaux sont des particuliers et les demandeurs de capitaux des entrepreneurs, des associations, ou des individus qui veulent créer leurs entreprises et qui ne peuvent pas faire appel aux établissements bancaires classiques, en raison de leur manque de solvabilité et du caractère risqué du projet pour ces dernières. Donc pour moi la question n’est pas de savoir si les telcos vont finir par tuer les banques, mais plutôt celle de savoir si les banques dans leur forme, dans le modèle actuel, continueront d’exister à terme. Nous aurons toujours besoin de la banque comme métier, mais peut-être moins des banques, acteurs de la distribution des services financiers.
Les réalisations de l’Allemagne au Cameroun ne sont pas assez connues du grand public. Le constat est de Valentin Katzer, le chef de coopération de l’ambassade de la République fédérale d’Allemagne au Cameroun. En vue de donner un peu plus de visibilité à la coopération germano-camerounaise, un atelier de renforcement des capacités des journalistes a été organisé le 23 mai finissant. De ces échanges, l’on apprendra que le portefeuille de l’Allemagne au Cameroun pèse 260 milliards de Fcfa. A travers ses trois agences que sont la KFW, la GIZ et la BGR, ce pays se déploie principalement sur quatre pôles à savoir le développement rural ; la santé, protection sociale et politique démographique ; la gestion durable des ressources naturelles et la gouvernance, décentralisation, paix et cohésion sociale.
Dans le pôle du développement rural, plusieurs projets sont actuellement en cours d’implémentation. Il s’agit notamment de l’accompagnement des mutations du Bassin cotonnier du Cameroun Projet d’appui au développement rural environ 19,4 milliards de Fcfa-, de l’Agro-Business-Facillity for Africa-589 millions de Fcfa- et la Strengthening Advisory Capacities for Land govenance in Africa-720 millions de Fcfa, conduits par la GIZ. Dans le même pôle, la KFW pilote le Financement rural à hauteur d’environ 6 milliards Fcfa et le projet sur les infrastructures rurales – environ 9 milliards de Fcfa-, entre autres.
Quant à BGR, elle conduit les projets sur l’information sur les sols pour une utilisation durable de terres au Cameroun et le développement de scénarios et modélisation des ressources sol et eau sous l’effet du changement climatique au Cameroun qui sont financés par le gouvernement allemand respectivement à hauteur d’environ 2 milliards de Fcfa et 1,9 milliards de Fcfa. Le pôle de la gouvernance, décentralisation, paix et cohésion sociale est piloté par la GIZ et KFW. La première agence susmentionnée gère une dizaine de projet de ce pôle dont celui de la promotion de la participation économique et sociale des personnes déplacées internes et communautés hôtes qui pèse environ 4 milliards de Fcfa.
Pour sa part, KFW a cinq projets dans ce volet dont le programme d’appui aux réfugiés, aux déplacés internes et aux populations hôtes. Les projets inscrits dans les pôles gestion durable des ressources naturelles et santé, protection sociale et politique démographique sont également gérés par la GIZ et la KFW. Pour ce qui est du premier pôle sus-indiqué, la GIZ agit dans le projet Forêt, environnement et climat avec un financement d’un peu plus de 8 milliards de Fcfa.
La KFW pour sa part implémente les projets d’appui au programme sectoriel Forêt et environnement(PSFE) Fonds commun et le Programme de gestion durable des ressources au Cameroun, exécutés en plusieurs phases chacun. Indiquons que la GIZ au Cameroun pèse plus de 47 milliards de Fcfa. La BGR et la KFW ont respectivement des budgets d’un peu plus de 4,3 et 27,5 milliards de Fcfa.
Le Chantier naval et industriel du Cameroun (CNIC) logé au sein de la place portuaire à Douala connaît une atmosphère agitée. Les employés de cette entreprise sont en grève depuis le 23 mai dernier. Ils réclament entre autres le paiement de 5 mois d’arriérés de salaires. Notamment les salaires de février, mars, avril et mai 2023 ainsi que le 13ème mois. En grand nombre dans la cour de l’entreprise, ils affirment pourtant que la grève est soudaine. « Le préavis prenait fin hier (22 mai NDLR).Nous sommes venus aujourd’hui travailler comme tous les jours et nous avons été surpris de voir les agents de police sur les lieux, appelés par l’employeur pour nous intimider. C’est ça qui a suscité notre ras le bol », explique Sylvie Mballa, délégué du personnel.
Rejoints par les retraités qui réclament aussi le paiement de leurs droits, les employés du chantier naval demandent tous l’intervention de l’Etat. « Nous avons décidé d’interpeller directement le chef de l’État lui-même. Nous sommes des citoyens camerounais et nous avons rejoint cette entreprise à la fin des années 1990, qui était florissante. Aujourd’hui, cette entreprise est en train de mourir entre nos mains, c’est une insulte pour nous. Ça fait trois mois que nous ne travaillons plus. Nous, nous voyons en cela un début de mort pour le chantier naval », déclare Gaspard Nyetam, syndicaliste.
Le chantier naval est en difficulté financière depuis plus de 10 ans. Le chiffre d’affaires de l’entreprise est passé de 30 milliards de F CFA à 6 milliards de F CFA en 2010 puis à 3 milliards de F CFA en 2013. Un plan de restructuration a finalement été mis sur pied. La première phase étalée sur deux ans (2015-2017) pour avait permis de réduire l’effectif pléthorique à 300 personnels entre 2010 et 2018. Ils étaient au nombre de 800 employés tandis que l’entreprise était sans nouvelle clientèle et croupissait sous le poids des dettes. Entre autres, une somme de 3 milliards de FCFA pour le fisc, et plus de 2 milliards de FCFA de prestations sociales impayées à la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS).
Il faut dire que depuis des années, le chantier naval vit des grèves à répétition. Le personnel déplore aujourd’hui l’absence d’équipements de travail et le silence de l’employeur. Le chef de l’Etat est appelé au secours. « Il faut que l’Etat descende sur les lieux et nous dise ce qui se passe. S’il faut fermer l’entreprise ou si on va la restaurer et qu’est-ce qu’il en est de nous et de nos familles en ces temps de vie chère », a lancé Sylvie Mballa.
Les membres d’une famille ont tous péri dans un accident de la circulation ce vendredi 26 mai 2023, sur l’axe routier Douala-Yaoundé, précisément dans la commune d’Edéa II. Les images en circulation sur les réseaux sociaux depuis cette fin de journée sont effroyables. L’on y aperçoit plusieurs corps qui jonchent le sol, d’autres encastrés dans un amas de ferraille, témoignant ainsi de l’ampleur de la collision entre un camion gros porteur et un car de transport.
Ledit car transportait une dépouille, et avait à son bord les membres d’une famille endeuillée, qui se rendaient à Eséka pour les obsèques du disparu. Malheureusement, ils périront tous dans cet accident. Le bilan ferait état de 19 morts, selon les sources non officielles.
Selon les données du Fonds monétaire international (Fmi) rendues publiques le 18 mai courant, après le séjour –du 4 au 17 mai-, d’une délégation de cette institution au Cameroun, la croissance économique du pays devrait enregistrer une hausse de 0, 3% au cours de l’année 2023. Concrètement, elle passerait de 3,7% en 2022 pour atteindre 4% en 2023. Quant à l’inflation, elle devrait baisser de 1,4 point, d’après le Fmi, passant ainsi de 7,3% en glissement annuel à fin 2022 à 5,9% à fin 2023. Sans davantage motiver ses statistiques, cette institution de Bretton Woods soumet cette croissance à une bonne mise en œuvre des réformes engagées par le pays, une bonne tenue des finances publiques et à un environnement extérieur favorable.
En effet, s’agissant des réformes et la bonne tenue de ses finances publiques, les autorités camerounaises doivent mobiliser davantage des recettes non pétrolières, mieux cibler les dépenses prioritaires et améliorer l’efficacité des dépenses publiques. Pour ce faire elles doivent mettre en œuvre des mesures pour mobiliser les recettes intérieures non pétrolières et élargir l’assiette fiscale à la suite de l’étude diagnostique de la politique fiscale. En outre, le gouvernement compte sur la mise en œuvre des recommandations du suivi de l’évaluation de la gestion des investissements publics (PIMA) de 2020 et de l’examen en cours des dépenses publiques et de la responsabilité financière (PEFA), des solutions qui contribueront à améliorer l’efficacité des dépenses publiques.
Le Fmi propose également, en vue d’atteindre une croissance de 4% en 2023, une forte accélération du rythme des réformes pour accompagner une transformation structurelle profonde de l’économie. Cela implique un effort concerté pour améliorer le climat des affaires pour le secteur privé et pour soutenir une croissance inclusive et résiliente. L’Etat du Cameroun s’illustre dans un renforcement des mesures visant à assainir la gestion des finances publiques, indique le Fmi. Un budget crédible et une exécution disciplinée de celui-ci aideraient à éviter l’accumulation d’obligations intérieures impayées et favoriseraient l’achèvement dans les délais des grands projets d’infrastructure, en particulier dans les secteurs des transports et de l’énergie.
Notons également que le Cameroun a mis sur pied des mesures de renforcement de la performance et de la gestion financière des entreprises publiques et du projet de réhabilitation de la SONARA. Pour ce qui est de l’environnement extérieur, la croissance du Cameroun est confrontée à de nouveaux risques liés au resserrement des conditions financières mondiales et l’augmentation de la volatilité des prix du pétrole. Le Cameroun doit donc savoir jouer sur ces deux leviers- extérieur et intérieur pour atteindre le taux de croissance de 4% projeté par le Fmi.
Le Fmi a approuvé depuis juillet 2021 la mise en œuvre d’un programme triennal au Cameroun afin que ce dernier maintienne sa stabilité macroéconomique. D’un montant total de 483 millions de DST, soit environ 689,5 millions de dollars (environ 4 16 milliards de Fcfa), la 4e revue dudit programme conclue le 17 mai courant débouche sur un décaissement de 45 milliards de Fcfa en fin juin prochain.
Rien ne semble l’arrêter dans son hégémonie de 1986 jusqu’à ce jour. En 2022, Afriland First Bank a augmenté son capital de 20 milliards de Fcfa à 50 milliards. Un véritable coup de maître pour cette banque créée par Paul K Fokam. En effet, c’est en 1986 qu’a lieu l’enregistrement de cette structure financière comme société à responsabilité limitée avec à la clé le dépôt d’un capital de 300 millions de Fcfa. A cette époque, le projet fut salué, ce d’autant plus que la banque voit le jour au milieu de la crise internationale des produits de base et des faillites bancaires. De fil en aiguille, la structure tisse sa toile dans le monde la finance. Un an plus tard, elle obtient l’agrément de banque commerciale. En 1988, le jeune établissement bancaire lance ses activités à Yaoundé, puis en 1995, elle ouvre son immeuble siège situé à Yaoundé-Hippodrome.
En 2002, Afriland First Bank renforce son ancrage dans l’identité africaine et s’installe en Guinée Equatoriale pour créer la CCEI BANK, la première et seule banque du pays d’alors. En 2008, est créée Afriland First Group en Suisse. Une société faitière qui a pour vocation de combler le besoin d’une politique générale identique dans toutes les banques du réseau et définit le cadre d’une politique d’extension plus volontariste, selon ses dirigeants. En 2010, Afriland First Bank conduit avec panache l’emprunt obligataire de 200 milliards de Fcfa au taux de 5,6%, le taux de souscription s’élève à 120%, pour un coup d’essai, ce fut un coup de maître pour cette banque qui devenue incontournable dans le pays financier au Cameroun. En 2017, elle augmente son capital de 15,8 à 20 milliards de Fcfa.
Digitalisation
La transformation digitale d’Afriland First Bank débute en 2018, notamment avec le développement de l’application de banque digitale Sara. Une mutation qui a connu un succès éclatant car le bilan total de la banque va franchir le cap de 1000 milliards de Fcfa. En 2019, crée Afriland Bourse et investissement, une filiale aussitôt agréée par la Commission de supervision des marchés financiers (Cosumaf) pour mener trois grandes catégories d’activités à savoir les financements structurés, l’intermédiation boursière et l’ingénierie financière. Par ailleurs, Afriland First Bank introduit des terminaux cash deposit et permet à ses clients d’effectuer leurs opérations de dépôt de façon autonome et en toute sécurité.
En 2021 lancement la banque élargit son réseau panafricain en Ouganda. Actuellement, elle est présente dans 9 pays africains et compte également trois bureaux de représentations à Pekin, Pointe noire et Paris. La banque continue son maillage territorial, au premier trimestre 2023- notamment le 15 mars-, la banque a effectué sa toute première émission des titres de créances négociables sur le marché des titres de la Banque des Etats de l’Afrique centrale. Cette opération inaugurale porte sur les bons à moyen terme négociable à 7 ans de maturité. Le montant de 20 milliards de Fcfa recherché auprès des investisseurs a été levé sans grande peine.
Afriland First Bank pourrait très boucler, selon ses dirigeants, avec succès la première émission des titres de créances négociables de l’Afrique centrale, dès la 2ème étape de l’opération qui aura lieu au deuxième semestre 2023. Entretemps la banque se déploie également dans le social.