samedi, juin 6, 2026
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Collins FOMBA, « On ne peut pas développer  la fintech sans les infrastructures »

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 Le dirigeant d’une entreprise fintech et l’un des conférenciers à la première édition du Cemac Fintech forum tenu récemment à Douala, nous parle des contraintes et défis actuels de ce secteur d’activités.

 Vous êtes responsable de Iwomi technologies, une entreprise qui propose divers types de solutions dans le domaine de la finance digitale et dont la plus connue est celle qui s’adresse aux petits commerçants. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Notre entreprise  est une fintech camerounaise  créée il y a 9 ans avec pour objectif  de développer  l’inclusion financière en Afrique. Notre stratégie d’inclusion financière est basée sur 3 principes : rendre le service bancaire  plus accessible, plus abordable et  plus disponible.   Nous avons donc depuis lors engagé la mise en œuvre de solutions, certaines B2B, d’autres B2C.  Tout cela dans l’optique de rendre les services financiers  et les services bancaires plus accessibles.  Donc, aujourd’hui, nous proposons  une gamme variée de produits que ce soit dans  les paiements marchands, le crédit, le KYC, de reporting etc. Nous avons en effet un portefeuille de 9  services, 14 produits   dont 9 produits B2B et 5 produits B2C. Et notre produit pour les petits commerçants c’est Mozar. Il a plusieurs formes.  Et ce n’est pas seulement destiné aux petits commerçants, ça balaie également d’autres secteurs. C’est en réalité une solution qui permet d’harmoniser, d’agréger tous les moyens de paiement sur  une seule plateforme. Aujourd’hui, il y a des commerçants qui ont des cartes comme moyen de paiement, et d’autres qui ont des paiements par mobile money etc. Ce que nous faisons donc à travers cette plateforme c’est de mettre en place un seul terminal  de telle sorte que si le client vient avec la carte ça va l’accepter,  de même que s’il vient avec le mobile money  et on renvoie les comptes sur un compte unique du client. Du coup, le client ou même le commerçant  n’est pas obligé d’avoir un compte mobile money ou alors un compte chez tel opérateur plutôt qu’un autre. La plateforme lui permet de faire recours à n’importe quel moyen et ça peut être un compte bancaire, ou tout autre moyen de paiement.  Et toutes les transactions que nous collectons peu importe le moyen de paiement, nous les mettons sur  un compte unique.  Cette solution couvre les villes de Douala et Yaoundé avec quelques clients à Buéa. On est à 500 personnes qui exploitent la plateforme à ce jour et 105 points de vente qui exploitent nos terminaux.  

 L’un des objectifs de la stratégie d’inclusion financière au sein de la  sous-région aujourd’hui, est que les solutions technologiques soient accessibles même dans l’arrière-pays. Est-ce que les vôtres parviennent en zones rurales?

 Nous avons lancé certaines solutions qui pouvaient arriver dans les zones rurales. A nos débuts par exemple nous avions démarré certaines solutions en mode  B2C. Mais ces outils étaient difficiles à lancer sur le marché local. La population avait du mal à les accepter ; on a donc dû les transformer en mode B2B et ce sont désormais les banques qui se chargent de distribuer auprès de populations.  Donc nous avons des produits adaptés pour ces zones mais qui ne sont pas sous notre label.

Quels sont  donc les défis au niveau de l’accessibilité des produits de la finance digitale ?

 Le premier défi c’est le défi technologique, précisément  dans l’infrastructure. Il faut qu’on se dise les vérités.  La fintech ne peut pas exister sans la partie tech par ce que fintech c’est une combinaison  de deux.  La finance  et la technologie.  Donc  parlant de technologies, il faut qu’il y ait  un  certain nombre d’infrastructures. Or, il y a des zones aujourd’hui qui n’ont pas une bonne  couverture réseau.  Que ce soit réseau radio.  Et pire,  il y a d autres zones où  il n y a pas de connexion internet et on ne peut pas y   déployer  certaines solutions.  Donc aujourd’hui  ce sont ces aspects qu’il faut développer.  Nous  avons le plus besoin des infrastructures télécoms et tout ce qui est  relatif à la connectivité pour une  meilleure inclusion financière. 

En dehors du développement des infrastructures,  quelles autres propositions pouvez-vous faire  aujourd’hui, pour l’accélération digitale,   notamment en ce qui concerne la réglementation ? Est-ce qu’il y a des aspects spécifiques liés à la fintech ?

 Je pense qu’il y a beaucoup  de choses qui doivent être  faites sur ce côté-là.  Aujourd’hui  on ne sait pas que c’est que la fintech.  Il n’y a pas encore une vraie définition. Ce qui veut dire qu’il faut vraiment qu’on définisse d’abord ce que c’est que la fintech. Qu’on met en place une réglementation  qui est adaptée par ce qu’aujourd’hui on se base sur la réglementation  de 2011 et  de 2018 où  tout le monde est confondu dans le même panier. Nous estimons  que comme on a fait dans le secteur des micro finances  et même dans le secteur bancaire où  il y a des catégories,  on peut aussi le faire dans le domaine de la fintech. Par ce  que ce n’est pas la même chose que fait tout le monde dans ce secteur. Il y en a qui font  les collectes,  les intégrateurs, les paiements de factures, le crédit etc.  Donc ce n’est pas le même niveau d’engagement qu’on peut demander à tout le monde. Donc nous pensons que si cette réglementation est élaborée, cela va beaucoup contribuer à accélérer les choses.  Car, nous aujourd’hui par exemple, nous avons eu des soucis avec certains de nos partenaires banques, où au moment de l’implémentation de certaines solutions, ils nous disent que la solution est dans un domaine qui n’est pas réglementé par la BEAC. Du coup, ils ne veulent pas s’engager sur une telle activité.

MTN Cameroon : Ebenezer Essoka, nouveau PCA

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 Il remplace Colin Mukete qui  a  annoncé son départ tandis qu’il occupait ce poste depuis la création de l’entreprise  en 2002.

Ebenezer Essoka  remplace désormais  Colin Mukete  à la tête du conseil d’administration de MTN Cameroun.  Ce dernier, qui occupait le poste de PCA  depuis la  création de cette filiale locale du géant sud-africain de Télécoms en 2002, avait  dévoilé son intention de quitter ses fonctions dès 2024. Pour  reprendre les rênes,  Ebenezer Essoka, bien connu dans les milieux de la finance  a été élu le 2 février 2024 à Johannesburg en Afrique du Sud.

Le nouveau PCA de MTN Cameroun a  près de 30 ans d’expérience et d’expertise en entreprise. Il a notamment été  Standard chartered Bank, où il était vice-président pour l’Afrique et ancien PDG pour l’Afrique du Sud et l’Afrique australe, ainsi que PDG pour l’Afrique centrale et occidentale.  Il est aussi passé par UBA et SCB. Ses compétences dans le secteur de la finance sont mondialement reconnues. Il devra travailler pour garder le même niveau de performance de cette filiale que lui laisse Colin Mukete dont la contribution au rayonnement de l’entreprise est saluée.

 « Cela a été un grand honneur de travailler et de servir aux côtés de M. Mukete. Son leadership exemplaire et sa gestion du conseil d’administration et de la société ont été une source d’inspiration. Cela nous encourage à continuer à faire davantage dans notre quête de solutions numériques pour le progrès de l’Afrique. Le Cameroun est l’un des marchés clés du groupe MTN sur le continent dont nous nous engageons à promouvoir le progrès numérique pendant de nombreuses années à venir » a indiqué Jonas Mcebisi, Président du Groupe MTN.

Colin Mukete a souligné qu’il continuera à suivre les activités de MTN Cameroun en tant qu’administrateur et actionnaire et à accompagner son remplaçant. « Après 21 ans en tant que président du conseil d’administration de MTN Cameroun, supervisant la croissance et la transformation phénoménales de l’entreprise au cours de cette période, j’ai senti que c’était le bon moment pour me retirer. J’ai hâte de travailler avec mon successeur, M. Essoka, pour assurer une transition en douceur » a déclaré Colin Mukete selon un communiqué du Groupe MTN.

Ebenezer Essoka  prend cependant les commandes au moment où l’entreprise est en pleine bataille judiciaire dans le cadre de l’affaire l’opposant au milliardaire camerounais Baba Danpullo. C’est là un défi qu’il devra surmonter.

Humeur : Grève des transporteurs dès le 14 février

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Menace de grève chez les transporteurs

« Au cas où nos doléances ne seraient pas prises en compte, nous serons contraints d’observer un arrêt de travail à partir du 14 février 2024». La menace est des transporteurs routiers. Dans une lettre adressée au Premier ministre, la Plateforme des syndicats du secteur menace d’observer un arrêt de travail à partir du 14 février 2024. Les transporteurs réagissent ainsi à l’augmentation du prix du carburant, notamment le super et le gasoil. Une augmentation décidée le 2 février dernier au cours d’une réunion convoquée par le gouvernement et à laquelle prenaient part des organisations syndicales du transport terrestre. Dans la lettre adressée à Joseph Dion Ngute, la Plateforme des organisations socioprofessionnelles des transports routiers du Cameroun qui s’est réunie à Douala le 5 février 2024 se dit solidaire du gouvernement qui subit les pressions du Fonds monétaire international (FMI) depuis des lustres, pour supprimer les subvention des prix des produits pétroliers. En tout cas, les syndicalistes comprennent « la nécessité de nous soumette au respect des nouveaux prix au regard des contraintes gouvernementales».

A lire aussi: Cameroun: le prix du carburant augmente

Pour autant, ces plus grands consommateurs de produits pétroliers n’entendent pas subir les conséquences de cette mesure gouvernementale qui laisse planer sur le Cameroun un accroissement de l’inflation dans les prochaines semaines. Certes le communiqué des Services du Premier ministre qui annonce la décision gouvernementale annonce des mesures envisagées par le gouvernement pour alléger les peines des Camerounais face à cette option, notamment la revalorisation des salaires des enseignants, des mesures fiscales pour les transports en commun, et une revalorisation du Salaire minimum interprofessionnel garanti (Smig) ; mais rien n’est encore effectif. Du coup, les transporteurs veulent se faire entendre. Eux qui dénoncent leur mise à l’écart dans le processus de prise de décision.

Doléances

Ainsi, en attendant les mesures annoncées par le gouvernement, les signataires de la lettre du 5 février 2024 émettent des doléances : l’abrogation du décret N°2022/8801/PM du 10 octobre 2022 fixant les conditions d’accès aux professions de transporteurs routiers et auxiliaires des transports ; l’application des prix planchers arrêtés d’accord-parties entre les transporteurs et les différentes filières sous l’encadrement du Conseil national des chargeurs du Cameroun majorés de 40% ; le réajustement du prix du transport des produits pétroliers de 30% dans la structure des prix de la Csph ; la suppression de la TVA sur l’ensemble des activités de transport routier de marchandises ; et la réduction des droits de douanes sur les pièces de rechange et autres intrants.

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Joseph Dion Ngute et son gouvernement ont à peine une semaine pour y apporter des solutions qui peuvent satisfaire les syndicalistes. A défaut, le pays risque une paralysie du fait de l’arrêt de travail par les transporteurs routiers.

Fécafoot : la vraie-fausse démission de Samuel Eto’o

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Dans un communiqué rendu public ce 5 février, la Fédération camerounaise de football (Fécafoot) annonce que Samuel Eto’o, son président, a présenté sa démission que le Comité exécutif (Comex) a refusée. D’après le communiqué, l’instance dirigeante de la Fécafoot se réunissait pour faire le bilan de la participation du Cameroun à la 34ème édition de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) qui se poursuit actuellement en Côte d’ivoire, sans le Cameroun qui a été éliminé en 8ème de finale. Une sortie jugée précoce par l’opinion, tant le pays qui avait mal entamé la campagne (par un nul d’un but partout face à la Guinée), avait terminé la phase de groupes sur une note positive : une victoire arrachée de haute lutte contre la Gambie (3-2). Avant d’être ramené à la maison par le Nigéria au second tour (2-0) dans une partie dominée par une sélection du Cameroun qui n’a pas signé un seul tir cadré.

Le communiqué de la Fécafoot dit qu’« à l’entame de ladite réunion, le président de la Fédération camerounaise de football a présenté sa démission aux membres de l’instance exécutive fédérale en les invitant à en faire de même en toute âme et conscience». Et poursuit que, « à l’issue des échanges et de la délibération qui s’en est suivie, les membres du Comité exécutif ont décidé de poursuivre leurs mandats en cours et subséquemment à l’unanimité, rejeté la démission du président…, en lui renouvelant toute leur confiance afin de continuer dans le même élan, le travail de reconstruction et de développement du football camerounais…»

Une annonce qui surprend plus d’un, pour un homme qui s’accroche à son poste depuis son élection le 11 décembre 2021, et qui rougit à toute critique. N’hésitant même pas à se débarrasser de tous ceux qui refusent de se plier à sa volonté, tant acteurs non élu que membres de l’Assemblée générale, et même du Comité exécutif. Beaucoup doutent de la sincérité de cette démission. C’est une réunion qui s’est tenue à huis-clos, et nul ne présente un document probant attestant de la démission en question.

Une autre curiosité, l’homme qui a démissionné, n’a pas voulu quitter les affaires seul. Le patron du Comex a voulu partir avec son équipe. Une condition en quelque sorte. Du coup, les autres membres du Comex qui ne sont en réalité que des pantins dans cet organe, n’ont pas jugé utile de se retirer, sur la seule volonté de leur guide. Et ont préféré non seulement garder leurs strapontins, mais aussi, maintenir en fonction leur président.

Cameroun : 3 fakenews du gouvernement autour de l’augmentation des prix du carburant

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Par Louis-Marie Kakdeu
Comme toujours et en bâclant la logique participative si chère à la bonne gouvernance, le gouvernement camerounais a opté hier pour le passage en force d’un réajustement à la hausse des prix du carburant à compter de ce 3 février 2023. Une situation disproportionnée dans la mesure où cette attaque coordonnée au pouvoir d’achat des citoyens avec effet immédiat n’a pas été suivie par des mesures de compensation pourtant promises par le Président de la République un mois plus tôt. Résigné à devoir gouverner par la force malgré sa Majorité obèse, le régime Biya diffuse des fakenews qu’il convient de démentir pour garantir la transparence et la bonne information des citoyens.

  1. L’augmentation des prix se justifie par la conjoncture internationale : Faux !

Au moment où j’écris cet article, le prix du baril du pétrole est de 77 dollars américains, une tendance générale plutôt à la baisse depuis longtemps. Depuis plus d’un an, le prix n’a pas atteint 100 dollars. Je vous épargne des calculs mais, si l’on considère qu’un baril est équivalent à 159 litres, alors le prix du litre sur le marché international serait de 290 FCFA ce jour. La structure officielle des prix montre que le carburant est cher au Cameroun pour deux raisons : d’abord, le choix du régime en place de traiter avec des traders qui font dans la spéculation. Ce choix injustifié des intermédiaires permet aux agents publics corrompus et aux hommes d’affaires véreux de se faire payer des commissions et des rétro-commissions comme dans l’affaire Glencore qu’ils essaient d’enterrer. Ensuite, le choix du gouvernement de procéder à la surtaxation du carburant. Il existe environ 26 taxes et autres charges ajoutées sur le litre du carburant. En économie, c’est un choix plutôt ultralibéral que vient de suivre le nouveau Président nigérian pour relever le prix à la pompe. Cela n’a donc strictement rien à voir avec la conjoncture internationale. Cela relève bel et bien d’une décision de politique nationale.

  1. Le gouvernement subventionne le carburant : Faux !

En économie, la subvention suppose simplement le transfert d’une ressource collectée dans un secteur vers un autre secteur à soutenir. Ce n’est pas du tout le cas au Cameroun. Lorsque l’on parcourt les comptes de l’Etat pendant les 10 dernières années, l’on ne voit pas la caisse où le gouvernement a puisé de l’argent pour subventionner le carburant. Cette disposition n’existe pas aussi dans les lois des finances. Dans les faits, même le moins perçu défendu par certains économistes est très discutable dans la mesure où vous ne pouvez pas ajouter 26 taxes et considérer que le remboursement d’une de ces taxes est une subvention. En clair, d’autres courants économiques recommandent plutôt que l’Etat renonce à la surtaxation en vue de soutenir le pouvoir d’achat et la consommation. La subvention dont on parle relève donc d’une propagande ultralibérale qui cache un scandale financier que nous soulèverons le moment venu. En effet, le gouvernement se comporte comme si la Caisse de Stabilisation des Produits des Hydrocarbures (CSPH) n’existait pas. Je ne reviens pas sur le scandale de la SONORA construite dans la logique coloniale pour annuler le statut de pays producteur du Cameroun. Le gouvernement camerounais perçoit chaque année plus de 400 milliards de FCFA d’impôt destiné à la construction de la SONORA. Pour nous parler de subvention, il faut nous faire les comptes de la SONARA et de la CSPH car, on ne peut pas dire subventionner ce que le citoyen-consommateur a déjà payé. Je reste pour l’instant sur la structure des prix à la pompe. Le citoyen camerounais n’a jamais profité de la tendance baissière du prix du baril de pétrole sur le marché international à cause de l’option du pays pour la création d’une caisse de stabilisation (CSPH). La logique était que la CSPH compense la tendance haussière par le bénéfice réalisé. Mais, a-t-on jamais vu cet argent dans la structure des prix ? Nous reviendrons sur ce scandale financier et nous vous dirons pourquoi le FMI fait le jeu du gouvernement.

  1. La hausse des prix à la pompe vise à éviter des tensions dans l’approvisionnement du marché national : Faux !

Si le marché était libéralisé, les marketeurs camerounais s’approvisionneraient tranquillement au Nigéria comme dans 5 régions sur 10 au Cameroun (Extrême-nord, Nord, Adamaoua, Nord-Ouest et Sud-Ouest). Ce serait plus avantageux pour les citoyens-consommateurs. C’est encore le choix de créer la CSPH et de fixer les prix plafonnés qui menace l’approvisionnement du pays. Il faut dire la vérité : le pays est devenu insolvable puisqu’il ne paie pas à temps ses dettes malgré le fait que les ultralibéraux nous rappellent que cette dette qui représente 46% du PIB est en deçà du seuil communautaire de la CEMAC. Ce qui est important, c’est d’être déjà capable de rembourser le peu de dette que nous contractons. Les lettres de crédit du Cameroun ne sont plus acceptées. Le pays est en mode « payer avant d’être servi » comme dans les boutiques du quartier. Or, le pays est en situation de surliquidité. Le pays n’a pas d’argent alors que les camerounais ont l’argent : l’équation économique à résoudre est d’utiliser cet argent qui circule à travers le pays plutôt dans le circuit informel. Diversifier les fournisseurs du carburant est la solution. Le gouvernement refuse de le faire parce que cela suppose la baisse des prix à la pompe. Le mauvais cœur à l’état pur! Le FMI qui est normalement contre toute politique de contrôle des prix fait ce jeu parce que c’est la seule façon de garantir des recettes sûres qui permettront au gouvernement camerounais de rembourser ses dettes. Le FMI n’est pas au Cameroun pour nos beaux yeux. Ils sont là pour nous forcer à payer nos dettes. C’est la véritable raison de l’augmentation des prix à la pompe. A quoi a servi cette dette ? C’est un autre scandale financier sur lequel nous reviendrons. Les gars ont détourné plus de 8000 milliards de FCFA en 10 ans, c’est-à-dire presque le montant des dettes contractées. Il faut vivre au Cameroun pour écouter les histoires de ce gouvernement véreux.

Et c’est la faute de qui ? C’est la faute du clientélisme. Beaucoup de camerounais vivent de la pitance. Ils se font arroser par les miettes issues de l’argent détourné. Les membres du gouvernement véreux achètent ainsi leur silence et leur conscience. Allons-nous continuer d’être de ceux-là ?Alors que certains voulaient mettre fin aux souffrances des Camerounais, d’autres ont proposé la libéralisation de la corruption. A chacun de faire son auto-évaluation et de sortir de ce carcan. Il est temps d’accepter de semer la bonne graine et de supporter la période de la disette pour avoir plus tard une récolte abondante. A nous de voir !

Louis-Marie Kakdeu, MPA, PhD & HDR
Deuxième Vice-Président National du SDF

Carburants : pourquoi les prix grimpent

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les prix sont en hausse

Comme en 2023, l’Etat revoit à la hausse les prix de certains produits pétroliers. Il s’agit notamment du super qui passe de 730 FCFA à 840, soit une augmentation de 110 FCFA [15%] et du gasoil qui passe de 720 FCFA à 828 FCFA, soit une hausse de 108 FCFA [13%], selon un communiqué du gouvernement, signé du Secrétaire général des Services du Premier ministre, Séraphin Magloire Fouda, le 2 février.
Cette décision, indique la source susmentionnée, est prise : « en raison de la nécessité de résorber les contraintes budgétaires croissantes auxquelles l’Etat est confronté, et d’éviter les tensions dans l’approvisionnement du marché national en produits pétroliers ».
En revanche, le gouvernement maintient inchangés les prix du pétrole lampant à 350 FCFA et du gaz domestique à 6500 FCFA, la bouteille classique de 12,5 kilogrammes. Parallèlement à l’augmentation du prix du super et celui du gasoil, le gouvernement envisage, indique le communiqué signé par le Sg/Pm, de mettre en œuvre, à brève échéance, des mesures d’accompagnement, notamment la revalorisation des revenus des agents publics à hauteur de 5% du salaire de base. Il prévoit également l’ouverture du dialogue avec le secteur privé sur le salaire minimum interprofessionnel garanti (Smig) ainsi que sur les questions connexes. Enfin, Yaoundé annonce l’allègement de certaines charges fiscales et douanières dans le secteur du transport routier.
De manière objective, la hausse des prix des carburants était quasi inévitable au regard de ce qui s’observe autour des hydrocarbures. En effet, plusieurs grands pays exportateurs ont décidé de baisser leur production. Ce qui a influencé à la hausse les cours mondiaux des produits pétroliers. Conséquemment, certains pays au niveau comparable à celui du Cameroun ont tôt fait d’ajuster leurs prix. La République centrafricaine vend le super à 1300 FCFA et le gasoil à 1 450 FCFA. Au Sénégal, les prix pratiqués sont respectivement 990 FCFA et 755 FCFA pour le super et le gasoil et en Côte d’ivoire, le litre du super est vendu à 815 FCFA, alors que le gasoil coûte 865 FCFA.

FMI
Rappelons que le Fonds monétaire international (Fmi), au cours de leurs différentes missions au Cameroun et, selon les communiqués généralement produits à ces occasions, exerce une pression permanente sur le pouvoir de Yaoundé, à qui il demande de supprimer la subvention sur les carburants au profit des investissements productifs. Si l’Etat avait suivi cette recommandation, nul doute que la hausse des prix des produits pétroliers en fonction des cours à l’international serait de 30 à 40%.
De son côté, l’Etat qui redoute une manifestation sociale et une inflation galopante, oppose -jusqu’en 2023- une fin de non-recevoir à cette décision. Cependant, au fil du temps, cette subvention sans cesse croissante a pris des proportions inquiétantes. D’après le discours de fin d’année du chef de l’Etat, le 31 décembre dernier, celle-ci, jadis évaluée à plus de 1000 milliards de FCFA en 2022, a été réduite à environ 640 milliards de FCFA en 2023.
A côté de cette pression de la subvention sur le Trésor public, le Cameroun, comme les autres pays du monde est secoué par des crises externes et internes qui compliquent davantage sa situation financière. En effet, la crise sanitaire à COVID-19, crises socio-politiques à l’Extrême-Nord, au Sud-Ouest et au Nord-Ouest, entre autres, les répercussions de la guerre en Ukraine sur les produits de première nécessité et tout récemment celles de la guerre au Proche-Orient, étranglent l’économie nationale, et assèchent les caisses de l’Etat. Face à cette situation, le chef de l’Etat dans son discours de fin d’année n’a pas exclu l’hypothèse d’une hausse du prix des carburants en 2023.
Indiquons que c’est la deuxième année consécutive que le Cameroun revoit à la hausse les prix du super et du gasoil. Il y a un an, le prix du litre du carburant super à la pompe est passé de 630 FCFA à 730 FCFA, soit une hausse de 100 FCFA. Dans le même temps, le litre du gasoil passe de 575 FCFA à 720 FCFA, soit une augmentation de 145 FCFA. Par ailleurs, le pétrole vendu par la Société camerounaise des dépôts pétroliers (Scdp)aux industries est de 560,19 FCFA le litre.

Route Ebolowa-Akom II-Kribi: Près de 7 milliards disponibles pour le démarrage des travaux

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«S’agissant de la route Ebolowa-Kribi, les négociations avec les bailleurs de fonds, qui ont longtemps achoppé sur les questions environnementales, sont finalement en train d’aboutir. Toutes les dispositions nécessaires seront prises pour que la construction de cette route, tant attendue par les populations concernées, démarre effectivement en 2024», a assuré Paul Biya le 31 décembre 2023 au cours de son traditionnel discours de fin d’année. 1 mois après cette allocution teintée d’espoir, le gouvernement s’active pour rendre concrète la promesse faite par le président de la République. A cet effet, une réunion de concertation a eu lieu le 1er février 2024 à Yaoundé entre Emmanuel Nganou Djoumessi, le ministre des Travaux publics et Hussain Mustafa Sajjad, Directeur exécutif/ financement structure de la Standard Chartered Bank United Kingdom. Au cours de la séance de travail, ce haut responsable de la banque anglaise a fait le point sur la mobilisation des financements nécessaires au démarrage des travaux.

De son compte rendu, l’on a appris qu’en 6 mois, l’institution bancaire a réussi à rassembler 5% du financement global du projet dont le coût est estimé à 138,25 milliards de Fcfa. Ce qui correspond à une enveloppe de 6,9 milliards de Fcfa. Une somme bien en deçà des 8 milliards de FCFA sollicités par le Cameroun auprès de l’institution financière évoquée supra, afin de financer les études d’impact-environnemental dont l’achèvement conditionne le démarrage des travaux de construction de la route Ebolowa-Akom II- Kribi. «Nous avons mobilisé 5% du financement du projet pour la réalisation des études environnementales complémentaires, qui ont déjà débuté sur le terrain et nous sommes venus rendre compte au Ministre des Travaux Publics, de l’avancement des échanges avec UKEF, pour accélérer la mise en œuvre du financement du projet » , a révélé Hussain Mustafa Sajjad.

Le gouvernement camerounais, Standard Chartered Bank et Icm Construction, l’entreprise adjudicataire de ce projet vieux de 13 ans, se sont engagés à achever au plus vite les études environnementales afin d’accélérer la mise à disposition du financement restant. En outre, Ils se sont accordés sur l’organisation dans un délai d’un mois, d’un atelier d’échanges qui, selon les prévisions des parties sus-évoquées, va aboutir à la signature de la convention de financement du projet. “ La satisfaction c’est que le contrat commercial est déjà mis en place. Avec ces ressources, l’entreprise va finaliser les études d’impact-environnemental et puis assurer le respect du plan de réinstallation des éventuelles personnes à déplacer. Ce séminaire va nous permettre de partager les informations et au bout du compte, de mettre en place le financement proprement dit. Les différentes étapes sont suffisamment franchies. Il reste donc à organiser ce séminaire de partage d’informations et de finaliser ses études complémentaire”, a précisé Emmanuel Nganou Djoumessi, ministre des Travaux Publics.

La construction de la route Ebolowa-Akom II-Kribi est une promesse du chef de l’État faite aux populations de la région du Sud du à l’occasion du Comice agropastoral d’Ebolowa en 2011. Le 4 août 2023, Paul Biya a autorisé le ministre de l’Économie, Alamine Ousmane Mey, à signer le un accord de prêt d’environ 130,4 milliards de FCFA avec la Standard Chartered Bank Londres pour la construction de cette route. Deux semaines plus tard, Le 22 août 2023, le président de la République a de nouveau habilité Alamine Ousmane Mey à contracter un autre prêt de 8 milliards de FCFA auprès de la même banque anglaise, devant servir à l’élaboration et la mise en œuvre d’un plan de gestion environnementale et sociale (PGES). Ce qui porte le coût global du projet à 138,23 milliards de FCFA.

Pêche illicite : une application pour la surveillance

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 L’outil qui permet de documenter les incursions de chalutiers en zones interdites  est désormais  disponible au Cameroun auprès des pêcheurs du Littoral grâce à l’organisation anglaise Environmental Justice Foundation (EJF).

 DASE. C’est le nom de l’application  qui  permet  d’engager les communautés  à une surveillance participative des activités de pêche illégale et non réglementée.  Avec cet outil, les pêcheurs peuvent en temps réel,  collecter et signaler les actes de pêche illégale posés par les chalutiers.  Les  communautés situées le long de la façade maritime Douala-Edéa au Cameroun  viennent d’être outillées à l’utilisation de cette application  grâce à une formation offerte par l’organisation britannique Environmental Justice Foundation (EJF), dont l’objectif est de promouvoir une pêche durable, légale et éthique.

Une centaine de pêcheurs des campements Mbiako, Youme II et Yoyo I dans la région du Littoral  sont désormais en mesure de  faire recours à cette technologie.  Dans la pratique, lorsqu’un chalutier est soupçonné de pêcher illégalement, il suffit pour un pêcheur artisanal d’ouvrir l’application DASE installée sur son smartphone et de prendre le navire en photo. Il faut aussi les images du nom ou du numéro d’identification du navire.  L’appli télécharge  ensuite le rapport dans une base de données centralisée que les autorités peuvent utiliser pour arrêter et sanctionner les contrevenants.

 Cette solution déjà implémentée dans  d’autres pays à l’instar du  Ghana, du Liberia et du Sénégal a un double rôle. Elle permet d’un côté de documenter les incursions de chalutiers en zones interdites. Et de l’autre,  de préserver les sources de revenus des communautés qui vivent essentiellement de l’activité de pêche. Après avoir également reçu des équipements pour la surveillance communautaire, tels que des smartphones, gilets de sauvetage, jumelles, chasubles et pochettes étanches, Orimisan Omoruyi, le président des pêcheurs de Mbiako témoigne.  « Cette formation et ces équipements nous aideront à dénoncer les incursions de chalutiers et à protéger notre principale source de revenus ainsi que notre matériel de pêche », reconnaît-il.

Il faut dire que cette initiative de l’ONG Environmental Justice Foundation (EJF) se situe dans une démarche globale visant à encourager la surveillance participative des activités de pêche. « La participation des pêcheurs artisans, dont les moyens de subsistance sont en jeu, à la surveillance est une étape essentielle vers une pêche éthique, durable et légale. Lorsqu’ils disposent des outils nécessaires pour signaler directement et rapidement la pêche illégale, ils peuvent contribuer de manière décisive à réduire l’énorme déficit de données dans la lutte contre la pêche illégale », souligne Steve Trent, le fondateur d’EJF.

Selon l’Union européenne (UE), « La pêche illicite, non déclarée et non réglementée constitue l’une des menaces les plus graves qui pèsent sur l’exploitation durable de la mer, représentant un danger majeur pour le milieu marin, la durabilité des stocks halieutiques et la biodiversité marine. » L’activité est récurrente au Cameroun. Le  pays a d’ailleurs  reçu un carton jaune de  l’UE en janvier 2023. Cet avertissement était fondé sur de lacunes identifiées dans la capacité du pays à respecter, en sa qualité d’État du pavillon, d’État côtier, d’État du port et d’État de commercialisation, les normes établies par le droit international de la mer.

Orange offre  5 millions FCFA et un coaching à 3 start-up camerounaises

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En plus du fonds d’appui, ces entrepreneurs ont bénéficié de six mois d’accompagnement leur permettant d’optimiser leur produit ou service,  de développer leur chiffre d’affaires ainsi que leur visibilité sur le marché.

 3 start-up camerounaises viennent de bénéficier du programme d’accélération d’Orange Cameroun connu sous le nom d’Orange Fab. Ces entrepreneurs ont été sélectionnés dans le cadre de la deuxième saison de ce programme lancé  l’année dernière dans les domaines de l’e-santé, l’e-agriculture, le gaming, la création ou la conception de vidéos, la musique ou le lifestyle.

Après une première phase de présélection et un passage devant un jury composé d’experts d’Orange Cameroun dans les locaux d’Orange Digital,  les trois lauréats ont été retenus. Il s’agit de Koree de Magali Sanga, une application  de digitalisation des paiements marchands en espèces couplée à un système de récompense sur achats. La deuxième start-up est  Jangolo. Développé par  Bertrand Foffe, qui permet de connecter des acteurs de la chaîne de valeur  agrobusiness en facilitant l’accès à l’information  et au marché pour les producteurs locaux. Il y a enfin Colorfol de Ronny Kitio,  une plateforme de vente de musique en ligne qui répond aux besoins spécifiques  du marché, en particulier de l’Afrique francophone.

Pendant six mois, soit de juillet à décembre 2023, ces trois start-up ont été accompagnées  par des experts d’Orange Digital Center Cameroun pour développer leurs produits ou services. Ceci, en plus d’un fonds d’appui de 5 millions FCFA pour chacune d’elles. Au terme de cet accompagnement d’une durée de six mois, ces entrepreneurs ont été mis face aux investisseurs le 31 Janvier dernier dans les locaux d’Orange Digital Center à Douala.  Appelé Demo Day, cet évènement  visait à présenter l’état d’avancement du projet final de chacune des start-ups . A la fin de cette demo day, chaque start-up a la possibilité de développer son réseau de partenaires, susciter des partenariats d’affaires, échanger autour des thématiques entrepreneuriales etc.

Orange Fab est un programme destiné à  soutenir le développement des start-up digitales. Ce programme  100% gratuit a pour objectif de permettre aux start-up sélectionnées d’optimiser leur produit ou service,  et ainsi développer leur chiffre d’affaires, leur visibilité sur le marché camerounais et de structurer leur plan de développement. Orange Fab intervient auprès des start-ups dont le produit ou service qui utilise le numérique  pour apporter  une innovation. La start-up doit déjà exister sur le  marché. Durant le programme d’accélération de 6 mois, les start-up les plus prometteuses sélectionnées peuvent contractualiser un partenariat commercial avec une  unité opérationnelle locale et bénéficier d’un accompagnement à l’international entre autres.

Réactions

 Esta Diane Naah, consultant Colorfol

 « Orange  nous a accompagnés dans la restructuration de notre proposition  de valeur »

« Colorfol permet aux fans d’acheter la musique de leurs artistes préférés  par Orange money et écouter hors ligne sans interruption peu importe la qualité  de la connexion  internet.  Orange digital center nous a accompagnés dans le processus de restructuration de la proposition  de valeur. Elle  nous a donné les moyens de pouvoir développer une application qui répond aux besoins du marché. Et on avait besoin de cet apport pour pouvoir  sur les six mois pour faire une  application optimale.  Ça a demandé à travailler  avec des experts,  des désigners, développeurs, experts en marketing  etc. Carrl’objectif était pour la start-up, de faire la refonte de l’application et de rebrander totalement la start-up depuis sa proposition de valeur jusqu’à sa charte graphique etc. Au bout, on lance la nouvelle application  d’ici la fin du mois de février  et elle sera disponible pour le grand public  à partir du mois de mars. »

Bertrand FOFFE,  CEO Jangolo

«  Le programme nous a apportés un accompagnement au plan juridique »

« On a lancé un jangolo pour résoudre le problème des pertes post récoltes des agriculteurs au Cameroun. Notre solution  a été développée pour accompagner tous les acteurs de la chaîne de valeur agrobusiness. Jangolo aujourd’hui c’est plus de 150 000 utilisateurs, un peu plus de 30 000 entreprises qui sont enregistrées sur la plate-forme. Quand on rejoint Orange Fab c’est pour pouvoir passer à grande échelle. Par exemple, on achète des poulets chez les producteurs et on les livre chez les personnes qui transforment le poulet. Et quand on le fait à petite échelle ça avance mais à grande échelle il faut avoir des contrats. Pour des entreprises à la taille des supermarchés, il faut avoir un certain niveau de qualité. Et on doit aussi se rassurer que nos entreprises partenaires respectent la réglementation dans le domaine de l’agrobusiness etc. Donc le programme nous a apporté cet accompagnement au plan juridique pour nous permettre de nous déployer sans avoir de craintes. Nos ambitions c’est de passer à 1 million d’utilisateurs d’ici la fin de cette année.»

Maela BOUGHA,   chef des opérations, Koree

«  Nous allons lancer une autre version de notre application »

«Koree répond  principalement  au problème de monnaie. Le principe  c’est d’avoir l’application  dans son téléphone ;  et il y a des cartes des espaces marchands avec lesquels nous sommes partenaires.  Si vous faites des achats de 20 mille ou 10 mille FCFA dans ces espaces,  vous recevez un pourcentage de cash back.  Et dans  l’avenir, avec l’accumulation  de tous les cash back, vous avez la possibilité d’en faire d’autres achats.  C’était cela la première version de notre application,  mais avec l’accompagnement  d’Orange Fab, on est sur le lancement  de notre marketplace qui va permettre aux utilisateurs  de commander de se faire livrer. Et vous aurez une carte de fidélité qui va vous donner des cash back que vous pourrez dépenser même ailleurs  dans d’autres commerces ou de faire le retrait de tous ces cash back. »

Corine Fonkoue, responsable  des projets entrepreneuriat, Orange Digital Center

« Notre programme vise à soutenir la croissance des start-up »

« Orange Fab  est un programme  d’accompagnement  de développement  et de croissance des start-up. Généralement, nous commençons par un appel à projets  et on fait une évaluation  des projets reçus. Cette année, nous avons une cinquantaine de projets qui sont passés par une sélection  du comité d’évaluateurs de projets. Et on s’est limité à trois start-up depuis les deux saisons à cause des contraintes budgétaires. Notre offre d’accompagnement comporte des sessions de coaching, de mentoring  d’appui technique  et logistique des start-up, l’ouverture de notre espace co working, la mise en relation avec des experts nationaux et internationaux  et un fonds d’appui de 5 millions par start-up pour leur permettre d’adresser  toutes leurs problématiques  financières  du moment. Nous les accompagnons aussi dans des levées de fonds pour renforcer leurs moyens financiers. Aussi, la mise en relation avec des partenaires avec qui ils peuvent conclure des partenaires d’affaires  et développer leur chiffre d’affaires. »

Sonamines: les obstacles à la performance

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Hervé Boyogueno directeur général de la Sonamines.

La non libération intégrale du capital social, et l’absence d’un texte précisant les modalités de rémunération des bénéficiaires de l’impôt libératoire minier sont citées comme les principales contraintes de cette entreprise publique selon un rapport de la CTR.

 Pour atteindre ses objectifs, notamment la mise en place d’une unité d’affinage de l’or au Cameroun, la Société Nationale des Mines (Sonamines)  doit relever plusieurs défis.  D’après la Commission Technique de Réhabilitation des Entreprises du secteur public et parapublic (CTR), cette société créée en 14 décembre 2020  a du mal à s’envoler du fait  de la non libération intégrale du capital social, et l’absence d’un texte précisant les modalités de rémunérations des bénéficiaires de l’impôt libératoire miner.  Car, la Sonamines a été mandatée pour la collecte et la sécurisation de l’or via l’Impôt Synthétique Minier Libératoire (ISML) dû par les entreprises engagées dans l’exploitation minière. Or, le mandat spécifique pour cette activité reste à régulariser,  bien qu’au terme de l’exercice 2022, les ressources collectées par cette société proviennent essentiellement de l’ISML.

 De janvier à décembre 2022,  la SONAMINES a collecté et sécurisé 218, 506 kg d’or contre 55,59 kg d’or pour la période allant du 17 janvier au 31 décembre 2021. Soit une augmentation de 262,5%. Cette cargaison collectée sur une période de 16 mois, a été présentée par le ministre des Finances comme  l’équivalent de 30% de la quantité totale  d’or matière collectée sur une période de 11 ans.   Au mois d’octobre 2023, la Sonamines a rétrocédé à l’Etat du Cameroun à travers le ministère des Finances ce stock d’un carat moyen de 20,03.Constitués  via des opérations de suivi des activités artisanales dans les régions du Sud, de l’Est, de l’Adamaoua et du Nord, ces 218, 506 kg d’or sont évalués au 31 décembre 2022 à 6,4 milliardsFCFA.

Le rapport de la CTR relève que la SONAMINES a enregistré des gains de change de 6 398 772 FCFA  en 2022. Mais, pour maintenir une courbe croissante, l’entreprise  doit surmonter les défis financiers et parvenir à une autonomie.  Car, « malgré une nouvelle libération partielle du capital de FCFA 3 500 000 000 et l’ouverture du compte SCB Capital qui présente un solde de FCFA 1 500 000 000 portant le capital libéré à FCFA 5 000 000 000, la trésorerie de départ ne permet pas de couvrir les charges d’exploitation, financer le fonds de roulement (dont le besoin est estimé à FCFA 5,12 milliards) », souligne la CTR.

 Le rapport recommande que l’Etat actionnaire accompagne la Sonamines dans la recherche des partenariats et solutions nécessaires pour la formalisation des activités génératrices de recettes.  Il faudra surtout intensifier la recherche des financements afin de réaliser des projets susceptibles d’améliorer son autonomie financière. Il s’agit entre autres de la mise en place d’une unité d’affinage de l’or au Cameroun ; la mise en place d’une unité d’exploitation, de conditionnement et de commercialisation de l’eau minérale ;  les projets d’exploitation du Calcaire à Sikoum et de la pouzzolane à Loum. La libéralisation intégrale du Capital social reste aussi un impératif selon la CTR.

La Sonamines a pour mission de gérer les intérêts de l’Etat dans le domaine minier. Après une première année  consacrée à l’implantation de ses bureaux et des organes de gestion, la société a obtenu le permis de reconnaissance calcaire en mai 2022 préalable à l’exploration et l’exploitation des substances minérales. Cette même année a également été marquée par la participation de l’entreprise aux négociations des conventions minières de CAMALCO pour la bauxite de Mini Martap et CAMINCO pour l’or de Mborguéné.

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