vendredi, juin 5, 2026
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Banque centrale: Gouvernance et performance, le credo de Sana Bangui à la Beac

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Yvon Sana bangui au milieu, en compagnie du gouverneur sortant Abbas Mahamat Tolli (à droite) et du le directeur général du contrôle général de la Beac, Eugène Nsom (à Gauche

GAP est un acronyme avec lequel les chefs d’Etat de la Cemac ont eu le temps de se familiariser ces derniers mois. Ce sigle qui signifie littéralement Gouvernance, assistance et performance, résume la vision de Yvon Sana Bangui, le nouveau gouverneur de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (Beac). Mais également ses projets pour améliorer le fonctionnement de cette institution financière. C’est aussi sa feuille de route. Elle figure dans son dossier de candidature de 34 pages, soumis à l’analyse des chefs d’Etats de la sous-région, qui, sur la base de ce document, ont validé le choix porté sur lui par le président centrafricain, Faustin-Archange Touadéra. «Le projet GAP est un projet ambitieux qui nécessitera un engagement fort de la BEAC, de ses partenaires au développement et des autorités de la CEMAC. Il a le potentiel de transformer la BEAC en une institution plus efficace et plus performante, au service du développement économique et social des pays de la CEMAC », rappelle le gouverneur dans ce dossier.

Améliorer les services financiers

Au-delà du discours, le nouveau gouverneur de la Beac s’est fixé de nombreux objectifs au cours de son mandat qui va durer 7 ans. Premièrement, il ambitionne d’augmenter de 30%, les réserves de change de la Cemac dans le compte d’opérations, dans un contexte de parité fixe, afin de soutenir la monnaie commune, le FCFA. Le Centrafricain nourrit également l’ambition de renforcer l’inclusion financière. A en croire ce dernier, cela passe par l’augmentation du taux de bancarisation qu’il ambitionne de faire passer de 7% à 20%. Pour y parvenir, il compte promouvoir la diversité des établissements financiers, faciliter le recours à des technologies innovantes et la participation d’établissements non traditionnels tournés vers les nouvelles technologies, encourager le développement de produits financiers bon marché et innovants. L’amélioration de  la circulation fiduciaire constitue également une préoccupation majeure pour le gouverneur.

Dans ce segment, il s’engage à maintenir en permanence, en circulation, des signes monétaires de qualité et en quantité suffisante, dans un contexte marqué par un accroissement continu de la demande des agents économiques. Dans le même temps, son mandat sera également placé sous le signe du renforcement de la lutte contre la contrefaçon.  L’innovation technologique va également constituer une préoccupation majeure de son septennat. A titre d’exemple, Yvon Sana compte poursuivre et certainement finaliser le projet d’émission et de mise en circulation de la monnaie électronique de la banque centrale  baptisée e-Cfa. Dans le même sillage, il compte promouvoir le développement des innovations technologiques financières bancaires, de solutions technologiques financières entre banques et FinTech et enfin, entre les incubateurs et les entreprises FinTech. En outre, l’amélioration de la stabilité financière, le développement d’indicateurs pertinents de surveillance du secteur financier afin d’anticiper sur les conséquences d’une crise,  La modernisation des systèmes de paiement, le maintien des charges d’exploitation à un niveau soutenable, vont également guider l’action de Sana Bangui à la tête de la BEAC

Bonne gouvernance

En abordant cet aspect, Yvon Sana Bangui a tout d’abord posé un constat. D’après lui, les dispositions des statuts de la Beac confèrent trop de pouvoir au gouverneur. «La décision  des autorités de la Cemac depuis 2010 de permettre désormais une rotation du poste de gouverneur entre les pays membres  constitue une avancée majeure vers une plus grande autonomie de la Beac. Cependant les dispositions des statuts confèrent un pouvoir excessif aux dirigeants de l’institution en général, et au gouverneur en particulier. Cet excès de pouvoir est aussi bien perceptible dans le domaine assez technique de la gestion de la politique monétaire que dans celui de l’administration au quotidien de la banque» peut-on lire dans son programme. A en croire l’ancien directeur central des systèmes d’information de la Beac, une telle organisation est de nature «à développer des comportements bureaucratiques au sein de la Beac avec pour principal corollaire, la poursuite des motivations personnelles parallèlement aux objectifs d’intérêt général qui sont assignés à l’équipe dirigeante de la banque». Pour y remédier, mais surtout pour s’assurer de l’efficacité des décisions prises par l’équipe dirigeante de la banque, Yvon Sana préconise l’instauration d’une obligation de rendre compte.

Selon lui, cela pourrait concrètement se traduire par la tenue régulière de comparutions devant une autorité publique désignée pour rendre compte de la conduite de la politique monétaire ainsi que des résultats obtenus. « Cette responsabilité s’exprimera pleinement lorsque la Beac rendra directement compte  de ses activités au parlement au parlement de la Cemac par le biais d’auditions spéciales  ou bien lors de conférences de presse, comme l’a fait le gouverneur de la Beac lorsqu’il a fallu apporter un démenti à la rumeur sur la dévaluation du Franc CFA», préconise-t-il.

Pour mémoire, c’est le 9 février 2017 que Yvon Sana Bangui a été officiellement porté à la tête de la Beac. Selon une biographie dressée par votre bihebdomadaire, le promu a effectué des études en informatique et en économie et gestion publique au Maroc et en France. Il commence son parcours professionnel comme ingénieur data pour un opérateur de téléphonie, enseigne à l’Université de Bangui [capitale de la Rca], avant de rejoindre la Banque centrale en 2005 comme agent d’encadrement supérieur. De promotion en promotion, il gravit les échelons jusqu’à devenir directeur des systèmes d’information de la Banque en 2017. Cet originaire de la Lobaye-région du Sud-Ouest du pays âgé actuellement de 49 ans fêtera son cinquantenaire au mois de mai prochain.

Transports terrestres : de nouveaux tarifs entrent en vigueur

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Désormais le transport terrestre au Cameroun est régi par un nouveau texte. Un arrêté du ministre du Commerce (Mincommerce) fixe à 350F le coût du transport urbain par taxi : 350F le ramassage de jour et 400F le ramassage de nuit. En ce qui concerne le dépôt, il est de 3000F de jour et 3500F de nuit. Cependant les élèves, étudiants et personnes à mobilité réduite continueront de payer les tarifs anciens que sont 300F de jour et 350F de nuit. Tout comme la desserte des villes universitaires, son prix demeure 300F de jour et 350F de nuit.

En ce qui concerne le transport périurbain et interurbain par autobus, les tarifs sont fixés en fonction de l’âge du client et de sa forme physique. Si les enfants de moins de 7 ans bénéficient de la gratuité du transport, ceux de 8 à 10 ans et les personnes à mobilité réduite payeront 8F par kilomètre. Quant aux voyageurs de 10 à 21 ans, ils paieront 10F, et les adultes paieront désormais 16F le kilomètre. C’est ce dernier tarif qui avait été proposé par les organisations syndicales, globalement pour les transporteurs, en dehors des plus petites catégories.

Sur le même sujet: Transport routier: Ndéfossockeng revient sur les propositions des syndicats

A signaler, le Mincommerce rappelle dans son texte « le principe de base régissant le transport urbain par taxis et périurbain et interurbain par cars et autobus reste inchangé, à savoir que lesdits tarifs sont négociés de gré à gré entre le client et le transporteur, suivant l’itinéraire à parcourir».

Luc Magloire Mbarga Atangana a ainsi mis un terme aux spéculations et polémiques entre les transporteurs et les passagers depuis l’augmentation des prix du carburant et davantage depuis la réunion qui a « acté » les nouveaux tarifs. Les transporteurs avaient hâte de faire bouger les lignes car se sentant lésés dans la prise de décision concernant leur secteur. Ça y est désormais.

C’est la fin d’une longue crise qui dure depuis le 3 février 2024, date de révision à la hausse des prix du super et du gasoil, au terme d’une réunion d’information à laquelle ont pris part les syndicats.

Délestages : les industries appelées à supporter encore un mois

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 Le ministre de l’Eau et de l’Energie  en concertation avec les opérateurs économiques à Douala promet un retour à la normale dès mi-mars prochain,  et une accélération des investissements dans le réseau électrique de Douala pour satisfaire les nouvelles demandes industrielles exprimées à 450 MW.

La situation est devenue critique, reconnaît le ministre de l’Eau et de l’Energie face aux patrons d’entreprises.  Gaston  Eloundou Essomba ajoute que les causes de  ces délestages devenus fréquents ces dernières semaines sont notamment l’absence de pluies ajoutée au déficit permanent. « Il y a toujours un déficit qui a été aggravé par la crise hydrologique au niveau du bassin du Ntem parce que nous sommes en période d’étiage.  L’on a observé une baisse drastique de la production de Memve’ele qui est passée de 200 MW en décembre 2023 à 35MWen journée actuellement ».  Le déficit actuel du fait decette baisse de l’hydrologie est d’environ170 MW ajoute le membre du gouvernement.Ce qui explique  que le volume de délestage soit beaucoup plus important.

 Cette situation sera bientôt « un triste souvenir », précise le ministre. Après un retard, Nachtigal va, dit-il, injecter ses premiers mégawatts au mois de mars.  Soit 60 MW avant la mise en service totale du barrage  en fin d’année pour une contribution de 420 MW à l’offre énergétique. « Avec l’arrivée de Nachtigal et l’amélioration de l’hydrologie qui est prévue vers la deuxième quinzaine du mois de mars, on entrevoit une amélioration de la situation avant la fin du mois de mars », tente de rassurer le ministre, s’adressant aux industriels qui citent l’électricité parmi les principaux obstacles  au développement des entreprises.

 Renforcement des investissements sur le réseau de Douala

Après avoir demandé aux chefs d’entreprises de patienter  jusqu’au retour des pluies  le mois prochain, le membre du gouvernement a également fait état des  efforts des pouvoirs publics pour renforcer le réseau électrique de Douala. « Nous avons un programme de stabilisation du réseau de Douala, nous avons un programme de construction de nouveaux ouvrages de transport pour que l’énergie de Nachtigal arrive dans la ville de Douala et permette à notre tissu industriel d’éclore davantage », indique Gaston Eloundou Essomba. Il a notamment fait allusion à  la ligne 225KV Edéa(Béon)-Ngodi Bakoko raccordée à la centrale de Nachtigal et prévue pour octobre 2024 ou encore la ligne 400KV Nachtigal-Bafoussam via la ligne existante 225 KV Bafoussam-Bekoko pour une mise en service prévue pour décembre 2026. Et plus tôt, entre 2024-2026, le gouvernement dit s’activer pour la réalisation des projets de transport et de distribution dans le cadre du Programme Axé sur les Résultats (PforR) financé par la Banque Mondiale. Ces projets permettront d’augmenter les capacités de transformation des postes existants de 2898 à 3136,9 MVA afin de satisfaire les nouvelles demandes industriellesexprimées à 450 MW.

Réaction

Celestin  Tawamba

 « Les industriels sont rassurés  par l’effort de transparence»

« Les attentes du secteur privé et même des ménages en matière d’énergie sont connues. Il s’agit d’avoir l’énergie en quantité, en qualité et en coût. Ces trois données aujourd’hui ne sont pas observées. Au terme de cette rencontre, les industriels sont rassurés, ont une meilleure perspective parce que l’entreprise a besoin de visibilité. Le rendez-vous est pris pour le mois de mars pour qu’on puisse avoir une amélioration visible, palpable au niveau des entreprises mais aussi au niveau des ménages. Nous sommes rassurés par cet effort de transparence, de disponibilité et de faire en sorte que tous les investissements qui sont faits depuis presque 15 ans par le chef de l’État et mis en œuvre par le gouvernement sont une réalité. L’état des dégâts dus aux coupures sont connus : le coût de production augmente, les équipements sont abîmés. Pour 86% des chefs d’entreprises, l’électricité était une faiblesse pour leur secteur d’activité. Nous souhaitons que dans les prochains mois, l’énergie ne soit plus une menace, mais une opportunité pour notre pays. »

Mircro-finance : des techniques pour optimiser le recouvrement

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 Des juristes et agents de recouvrement des Établissements de micro-finance étaient réunis à Douala dans le cadre d’un forum visant à mieux les outiller sur la gestion des crises d’impayés.

 Comme dans le secteur bancaire où on note un fort taux de créances douteuses,  le secteur de la micro finance aussi est sous la menace des risques de crédit. La maîtrise et le contrôle des impayés constituent aujourd’hui des enjeux majeurs de la performance et de la pérennité de ces institutions financières.

Il existe pourtant un cadre juridique et réglementaire accompagné de bonnes pratiques autour de l’activité de micro-finance. Ces derniers prévoient des mécanismes visant à  prémunir les établissements de crédit et de micro-finance contre les risques de crédit pouvant déboucher sur des impayés. Mais,  leur mise en œuvre pose parfois des problèmes qui tendent plutôt à desservir l’établissement de crédit ou de micro-finance. C’est pour revisiter ces textes et trouver des astuces de protection  qu’un forum a été organisé à Douala  du 20 au 21 Février 2024.  Cet évènement initié par Micro finance Academy a  réuni des agents de recouvrement et des juristes opérationnels  pour échanger sur comment optimiser le recouvrement de crédit par des techniques et astuces innovants en évitant les pièges des procédures et des emprunteurs véreux.

 Y ont pris part, des chefs de département juridique et contentieux ; managers/chefs d’agence/superviseurs ; agents de recouvrement ; juristes opérationnels auditeurs, inspecteurs, contrôleurs. Ils ont été formés sur  les techniques et astuces de recouvrement ;  les ratios et indicateurs clés de la qualité du portefeuille de crédit et balance âgée, l’acte uniforme OHADA etc. Au bout, chacun d’eux devrait être capable de maîtriser les profils les plus récurrents des emprunteurs délinquants ; maîtriser les techniques, astuces et règles de base à adopter à chaque profil de client en impayé pour réussir une action de recouvrement ; maîtriser le calcul des ratios prudentiels COBAC et des ratios analytiques de la qualité du portefeuille de crédit et faire la différence. De même, savoir quand et comment privilégier le recouvrement à l’amiable ou le contentieux.

Réactions

 David KUATE,  expert judiciaire

 « Le personnel qui s’occupe du processus de crédit doit  être bien formé »

«  Le crédit aujourd’hui est l’un des produits essentiels pour une institution financière. Le crédit consiste à prendre de l’argent déposé par d’autres clients dans des comptes à vue ou à terme pour les mettre à disposition d’autres clients qui ont besoin de financement sous forme de crédit. Et à ce titre, il est utile que le personnel qui s’occupe de ce processus de crédit soit bien formé. Depuis l’ouverture du compte jusqu’au recouvrement. Parce qu’à l’ouverture du compte, généralement, il faut identifier formellement le client. Quand c’est une personne physique, est-ce que la carte d’identité est valide ? Quels sont ses noms ? Où est-ce qu’il habite ? Qu’est-ce qu’il fait comme activité ? Quelle est la localisation de son domicile ? De son lieu d’activité etc. Maintenant, en ce qui concerne la mise en place du crédit, c’est le client qui sollicite le crédit. Et la loi du 24 décembre 2019 prévoit désormais que lorsque le client demande le crédit, ce n’est pas à lui de choisir le type de crédit, c’est à la banque, à l’institution financière ou à l’institution de microfinance d’analyser en fonction de son activité si un encours peut lui être accordé. Si c’est un employé, par exemple, il peut avoir besoin d’acheter un petit équipement, peut-être un réfrigérateur, une télévision. Il peut avoir besoin de l’argent pour achever peut-être une ouvrage qu’il a commencé. Il peut avoir besoin du presse-courrière ou d’une avance sur salaire. Quand c’est, par exemple, un auto-entrepreneur, il peut avoir besoin de renforcer son fonds de roulement ou d’autres types de crédits. Et la loi aujourd’hui oblige le client qui sollicite un concours à fournir un certain nombre d’informations sur lui-même et son activité. Il y a également les obligations qui incombent à l’institution financière. Essentiellement dans l’analyse, est-ce que ce client a des capacités d’autofinancement ? Quelle est la capacité d’endettement de ce client ? En d’autres termes, quelles sont les autres capacités ? Quelles sont les institutions, les autres personnes physiques ou morales auprès desquelles ce client a des engagements ? Donc il y a une batterie de ratios qui sont calculés. C’est une obligation dans la loi du 24 décembre 2019. Le banquier ou l’institution financière doit vérifier ces informations. En plus, pour recueillir les garanties également, il est fait obligation à l’institution financière de remettre d’abord au client les précontrats, que ce soit le contrat de gage, que ce soit le contrat de cautionnement, le contrat d’hypothèque afin qu’avec son conseil, il puisse comprendre les tenants et les aboutissants avant de s’engager.»

David KENGNE, expert financier

 « Le taux d’impayés dans les institutions financières est très élevé »

« Il y a un constat qui a été fait dans la zone cemac en général et au Cameroun en particulier : le taux d’impayés dans les institutions financières, plus particulièrement les banques et les microfinances, est très élevé. Certaines statistiques situent le taux d’impayés des crédits entre 20 et 40%. Ce qui est grave. Parce que si le client ne rembourse pas, l’institution financière n’aura plus de ressources pour accorder de nouveaux crédits. Et nous savons que c’est le crédit qui crée la richesse. Les acteurs des micro-finances ne sont plus encouragés à accorder des crédits dans ces cas-là. Sur la base de ce constat, nous avons pensé qu’il était important de réunir les professionnels de la microfinance pendant deux jours, pour échanger avec eux sur les enjeux et les défis du recouvrement des EMF en zone cemac en général et au Cameroun en particulier. L’objectif  est d’outiller les professionnels pour pouvoir identifier les signes annonciateurs d’un impayé chez un client, lors d’une visite ou d’un entretien d’analyse de crédit. Mais aussi, maîtriser le profil des clients en impayés. Parce que lorsqu’un client tombe en impayé, il faut distinguer celui qui coopère et celui de mauvaise foi. Lorsqu’on analyse un dossier de demande de crédit, la première garantie du crédit c’est l’activité. Elle doit être rentable, licite, opérationnelle. »

Exposition : Camtel en mode séduction à Promote

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Présente à la 9e édition du Salon International de l’Entreprise, de la Pme et du Partenariat de Yaoundé-Promote-, la Cameroon Telecommunications a exposé ses infrastructures et ses solutions aux visiteurs. Le 24 février dernier, son directeur général a reçu le Secrétaire général à la Présidence de la République, Ferdinand Ngoh Ngoh. Judith Yah Sunday Achidi lui a présenté la carte des infrastructures du réseau Camtel. « Alors que je lui faisais découvrir la carte des infrastructures du réseau de Camtel, il n’a pas manqué d’exprimer sa satisfaction quant aux efforts frénétiques investis dans la transformation de l’entreprise dont j’ai la charge », a-t-elle indiqué.

Selon ses dirigeants, l’opérateur public du secteur de télécommunication présente trois solutions aux visiteurs. D’abord la marque Blue qu’elle met en service dans le mobile. Ensuite la fibre optique dans les secteurs du transport et du fixe. Enfin le Data Center qui, apprend-on, offre aux entreprises des capacités extraordinaires en matière de stockage, d’hébergement et de disponibilité pour pouvoir se déployer dans un monde en pleine transformation afin de permettre à nos économies de s’arrimer à la transformation digitale. Opérateur public de téléphonie du Cameroun, Camtel est détenue à 100% par l’Etat. Cette société a été créée dans le cadre de la restructuration du secteur des télécommunication en septembre 1998.

Dépenses fiscales: Une mesure gouvernementale budgétivore pour faciliter l’importation de 190 000 tonnes de riz

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Au Cameroun, 11 % de la population est confrontée à une insécurité alimentaire aiguë

On a des nouvelles de la cargaison de 190 000 tonnes de riz en provenance de l’Inde,  dont l’arrivée sur le territoire camerounais a été annoncée par le ministre du Commerce en octobre 2023. Cette marchandise qui, en principe, devait garantir la disponibilité de ce produit de grande consommation sur le marché local pendant les fêtes de fin d’année,  sera finalement réceptionnée au courant de cette année. C’est du moins le discours qu’a tenu le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, lors d’une réunion de concertation organisée le 21 février 2024 à Yaoundé, entre le membre du gouvernement et des opérateurs économiques ayant bénéficié des quotas d’importation. L’assurance affichée par le chef de ce département ministériel, est confortée par les mesures mises en œuvre par le gouvernement pour faciliter l’importation de ce riz. En effet, à titre exceptionnel,  la cargaison évoquée supra va bénéficier d’une exonération totale de droit de douanes appliquée à l’importation du riz.

Après avoir fait passer cette taxe de 20 à 5% en 2016, le gouvernement renonce cette fois à toutes les recettes douanières que génère en temps normal ce type d’opération.  Ceci, afin d’éviter une pénurie de riz sur l’ensemble du territoire national et s’assurer du maintien de son  prix à un niveau relativement bas dans les marchés. C’est d’ailleurs cette volonté qui conforte l’Etat dans le maintien de cette politique qui le prive chaque année d’importantes recettes dans un contexte marqué par des contraintes budgétaires. Selon les données de la Direction générale des impôts,  «à travers des dépenses fiscales telles que la réduction ou l’exonération des impôts et taxes, le gouvernement camerounais se prive chaque année de 52 milliards de FCFA, pour s’assurer de l’approvisionnement du marché en riz et de la pratique des prix à la portée de la majorité».  Sans aucun doute, l’exonération totale accordée aux opérateurs économiques dans le cadre de l’opération d’importation de la cargaison de 190 000 tonnes de riz en provenance de l’Inde, vient aggraver ce manque à gagner, qui de 2016  à 2022, est estimé à près de 1000 milliards de FCFA. Ce chiffre tient également compte des exonérations accordées aux importateurs de poissons congelés et de blé.

Dans les hautes sphères de l’Etat la réduction voire la suppression de ce type d’exonération meuble les débats depuis de nombreuses années. En attendant la matérialisation de ces aspirations, le gouvernement veut renforcer la production nationale en produits de grande consommation, dont l’insuffisance contribue à alourdir la facture des importations. Les espoirs de l’Etat reposent sur un programme baptisé «politique d’import-substitution» qui consiste à abandonner l’importation de biens pouvant être produits localement.

Import-substitution: la filière bois en exhibition au Palais des congrès

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Une carte de visite faite en bois. Cela ne court pas les rues. A la 9e édition du Salon International de l’Entreprise, de la Pme et du Partenariat de Yaoundé qui se tient du 17 au 25 février au Palais des congrès, des spécimens de ce produit sont à portée de vue. Il en est de même des stylos et autres objets faits en bois [meubles, salle à manger, salon, etc].

La transformation locale du bois s’accélère au Cameroun. Ferdinand Raimondi Enama Alima est chargé de l’étude et de la conception au bureau d’étude Wood Tech Mobiliers. « Nous transformons du bois pour la consommation finale », indique ingénieur de travaux en ameublements et conception bois formé à l’Iut-Bois de Mbalmayo.
Pour cette structure, le bois n’a plus de secret. « Nous exerçons dans trois domaines précis que sont l’ameublement [placards, salle à manger et même salons], la décoration extérieure c’est-à-dire que nous aménageons des espaces commerciaux et nous accompagnons les clients de la conception à la réalisation. Enfin, nous nous déployons dans la construction c’est-à-dire que nous faisons la réalisation des charpentes et des boukarous en bois, etc. ».
Comme cette structure, la société Dino et Fils, spécialisée également dans la transformation locale du bois expose ses produits à Promote 2024. Portes et meubles faits aux différentes essences du pays. « Nous avons là [pointant du doigt des meubles dans son stand], des portes en Ayos, sapelli et Bibinga », indique-t-il. Il s’agit du bois extrait, d’après Cyrille Bamen, l’un des responsables, des forêts de l’Est.
Fortement recommandée par les pouvoirs publics, la transformation locale du bois fait encore face à certaines difficultés. « Les clients jugent trop chers nos produits et ceux-ci ne se sont pas encore accommodés aux constructions en bois travaillé », déplore Ferdinand Raimondi Enama Alima. Pour Cyrille Bamen, le renchérissement des prix des carburants ne rend pas également la tâche aisée. « Tous nos générateurs fonctionnent à l’aide des carburants. La hausse des prix des produits pétroliers a donc un impact sur les coûts de nos produits qui déjà sont jugés chers par nos clients ».
Dans la loi de Finances 2023, l’Etat a relevé le taux du droit de sortie applicable aux bois en grumes à 60% contre 50% un an plus tôt, puis de 60% à 75% pour la loi 2024. Par ailleurs, le plan directeur d’industrialisation ambitionne une revalorisation de la valeur ajoutée manufacturière de 14,7% à 25% en 2030 et la part des exportations à 54,5%. Le secteur forêt-bois et dérivés est considéré comme un des piliers industriels structurants pour atteindre cet objectif.

Promote 2024 : des automobiles made in Cameroon à portée de vue

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Entrée du Palais des congrès de Yaoundé le 23 février 2024. Il est environ 8h. Des individus sont alignés au pied de la colline. Du bas jusqu’au sommet de cette dernière, sont installées des tentes ; le salon Promote bat son plein. Quelques minutes plus tard, débarque un bus de couleur blanche, estampillé made in Cameroon. Le chauffeur achève à peine sa manœuvre que l’engin fait son plein. Direction le sommet de la colline. Toute la journée le mouvement se répète par intermittence.
En effet, la Société de transformation de bus Mickel, pour la 9e édition du Salon International de l’Entreprise, de la Pme et du Partenariat de Yaoundé qui se tient du 17 au 25 février, a mis à disposition, pour le transport des visiteurs, deux bus. La particularité de ces dernières, ils sont montés au Cameroun.
Selon Michèle Ludvine Peyiembouo, commerciale dans cette société, Sotrabus est spécialisé dans la construction du bus. « Nous importons uniquement le châssis. Les autres pièces sont faites surplace, tout comme l’assemblage et l’habillage desdits véhicules ». La société qui a ouvert ses portes dans la zone portuaire en 2014, à en croire ses dirigeants, met sur le marché local et sous-régional des bus adaptés aux routes africaines.
Comme Sotrabus, la société Ingenium est également spécialisée dans l’automobile, en occurrence sur la motricité électrique, indique Lucien Feuzeu-responsable de l’entreprise dans le cadre de la foire Promote. Dans son stand non loin de l’entrée principal du bâtiment abritant le Palais de congrès deux motos sont stationnées. Le nom inscrit sur le châssis renseigne sur l’origine : « 237 Babana ». Il s’agit des motos électriques montées au Cameroun. « Nous importons le châssis, le siège et les pneus. Le reste est fabriqué localement ».
La moto équipée d’une batterie rechargeable fonctionne, d’après ses concepteurs, avec une autonomie pouvant aller jusqu’à 120 kilomètres. Conçue en 2016, l’idée de mettre sur pied une moto électrique, fait savoir l’un des responsables de la société, est accélérée avec l’augmentation des prix des carburants ces deux dernières années. Pour l’instant, le produit n’est pas encore mis sur le marché. « Nous sommes en train de régler les dernières formalités d’ordres administratif et technique ».
Ces deux cas ne sont que des morceaux choisis de la filière automobile locale qui se développe bien que timidement. L’on se rappelle qu’au mois de janvier dernier, le conglomérat indien Hinduja Group annonçait vouloir développer ses activités au Cameroun. D’autres initiatives portées par des locaux sont également connues. C’est le cas de Gaspard Mpondo, ancien professeur de mathématique et entrepreneur basé en France qui a lancé en 2019 une usine de construction de véhicule. Le projet -aujourd’hui- ronge son frein.
Soulignons que dans la loi de Finances 2024, la production locale des automobiles est fortement encouragée. C’est dans ce sens qu’on retrouve les abattements de 50% sur les importations des parties d’automobiles destinés à la fabrication locale.

Jean Marc BIKOKO, Président de la Centrale Syndicale du Secteur Public au Cameroun : « La revalorisation de la rémunération mensuelle des personnels civils et militaires participe de la stratégie du dilatoire habituel »

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A la suite de la hausse des prix des carburants, le gouvernement a annoncé des mesures d’accompagnement visant à soutenir les ménages. Ainsi le 21 février dernier, le Président de la République a augmenté les salaires de 5% et revalorisé les allocations familiales à 4500 par enfant. Quelle appréciation faites-vous de cette mesure ?


Permettez-moi d’entrée de jeu d’informer l’opinion publique que l’annonce par le gouvernement des mesures d’accompagnement après une hausse illégale des prix des carburants est un mépris inacceptable vis-à-vis des populations camerounaises.
Ensuite, je tiens à relever que ces deux mesures à savoir une augmentation de 5% des salaires des agents de l’Etat et la revalorisation du montant des allocations familiales à 4500 Fcfa, non seulement participent de la stratégie du dilatoire habituel, mais surtout ne sont en rien d’autre que de la poudre aux yeux.
Quel pourcentage les agents de l’Etat représentent-ils par rapport à l’ensemble de la population active ? Rien du tout. Ainsi donc, selon vous quel peut être l’impact de cette décision lorsque 90% des populations affectées par la hausse des prix des carburants ne sont pas bénéficiaires ?
Pour ce qui est de la revalorisation du montant des allocations familiales, elle non plus ne répond aux attentes des Camerounais, étant donné que, seuls les enfants des parents salariés disposant d’un matricule ou affilés à la CNPS en sont bénéficiaires.

Un décret du Premier ministre signé le 23 février fixe le SMIG à 43 969 Fcfa. Ce montant est en déphasage total avec les 100 000 Fcfa proposés par les syndicalistes. Quelle lecture en faites-vous ?


Le gouvernement du Cameroun tel qu’il fonctionne démontre clairement qu’il est dépassé. En balayant d’un revers de la main, la proposition de 100 000 Fcfa faite par la Plateforme constituée de 11 Confédérations syndicales sur les 12 qui existent à ce jour au Cameroun (CAWOF) sur la base des statistiques officielles de l’Institut National de la Statistique (INS).
Sans s’être assuré que cette mesure est appliquée, il brandit déjà le SMIG qui venait d’être plafonné à 43 969 Fcfa par le Premier Ministre, on ne sait sur quelle base, ni dans quel cadre encore moins avec quel interlocuteur. Quand bien même la révision du SMIG serait effective, à quel pourcentage de la population active profiterait-elle ? Quand on sait que plus 80% de la population active évolue dans l’informel. Vous convenez donc avec moi que tout cela ne participe que de la distraction du peuple, à qui on veut laisser l’impression d’être soucieux de ses problèmes.
Et pourtant, le gouvernement dispose d’une panoplie de solutions pouvant lui permettre d’améliorer le quotidien et les conditions de vie des Camerounais.

Pouvez-vous nous en dire plus sur les mesures dont vous venez d’invoquer ?

Effectivement, parmi ces mesures nous avons :
la réduction du train de vie du Gouvernement qui passe par la diminution du nombre de ministères, y compris les salaires et autres avantages exorbitants que ceux-ci drainent ;
La suppression de la majorité des taxes non pertinentes qui constituent la structure des prix des carburants depuis des années ;
La révision du traitement des parlementaires qui bénéficient non seulement des rémunérations mensuelles comme s’ils étaient des employés, mais surtout des financements supplémentaires sous le prétexte du soutien aux communautés ;
La reconstruction de la SONARA afin que le Cameroun, pays producteur depuis 1967, puisse enfin raffiner son pétrole et cesse d’importer le carburant et tous les autres produits pétroliers, etc.

Nécrologie : Deux anciens ministres sont morts

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François-Xavier Ngoubeyou

François-Xavier Ngoubeyou n’est plus. Le sénateur e la région de l’Ouest s’est éteint ce samedi, des suites de maladie, a-t-on appris. Ancien ministre des Relations extérieures, l’homme quitte la scène à 87 ans. Il était pressenti pour remplacer tant le sultan roi des Bamoun Ibrahim Mbombo Njoya comme patron du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) à l’Ouest que Marcel Niat Njifenji comme président du sénat. L’un étant parti avant lui, il y a un près de deux ans ; et l’autre vivant une situation sanitaire pour le moins préoccupant. Alors qu’il attendait encore le strapontin du parti, François-Xavier Ngoubeyou a quitté la scène avant son ainé Niat Njifenji.

Hubert Nkoulou

Ce samedi, l’on a également appris le décès d’Hubert Nkoulou. L’ancien ministre de la Santé (juin 1983-février 1984) s’est éteint dans l’anonymat. L’ingénieur et professeur agrégé de médecine a été pourtant un bâtisseur durant une quarantaine d’années de présence dans les hautes sphères de l’administration. Administrateur des hôpitaux, l’homme a été directeur général de l’hôpital général de Yaoundé (février 1996-février 1998) dont il a avait été un des concepteurs de la construction. Des sources voient par ailleurs la main de ce professeur de médecine dans la muse sur pied du service de pédiatrie de l’hôpital central de Yaoundé, la création du Centre des handicapés d’Etoug-Ebe -Yaoundé- l’orphelinat de Soa, et de Mbalmayo, la léproserie de Mbalmayo. Tout comme le natif de la Lékié a participé à la construction de l’hôpital général de Douala et de l’hôpital gynéco-obstétrique de Yaoundé ; a refait les hôpitaux Laquintinie de Douala, d’Edéa, de Mbalmayo, d’Ebolowa d’Obala et de Ngaoundéré. C’est donc un bâtisseur qui vivait une retraite bien méritée, qui s’en va, à l’âge de 95 ans. L’homme est né le 18 octobre 1929.

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