mercredi, juin 3, 2026
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Santé publique : Le whisky en sachet, ce poison toujours en vente

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Ce lundi 9 septembre, vers 17h30, Mathieu Atangana, vigile dans une agence de téléphonie, se prépare à aller prendre la relève de son collègue de service. Avant cela, ce trentenaire s’arrête devant une petite échoppe de fortune au lieu-dit Mini-ferme, l’un des quartiers les plus animés de Yaoundé. Il y achète deux sachets de Bulleit (whisky en sachet) et une bouteille de Reactor, une boisson énergisante, qu’il mélange avant de consommer. « C’est un rituel pour moi qui date de deux ans aujourd’hui », révèle Mathieu avant de justifier : « cette potion me permet de rester éveiller toute la nuit ». À quelques mètres de là, une dizaine de jeunes, l’air désinvolte, sirotent leur whisky en sachet. Chacun tient entre ses doigts un sachet de plastique translucide, de marques telles que Players, Lions d’or, Vodka, Shooter, Fighter, Rhum, Gin et même Tombo. L’âge ? Entre 18 et 25 ans, difficile de le dire avec précision sous ce halo de désinvolture juvénile. Conscients des risques encourus, ils persistent à consommer ce produit, motivés par la sensation de force et de courage qu’il leur procure.

Pourquoi cette préférence ? « Les whiskies King Arthur, Players, Fighter, Bulleit ont un taux d’alcool beaucoup plus concentré qu’une bière (5%), soit de 43% dans un sachet de 60 ml. Cela signifie qu’une petite quantité de ces sachets équivaut à une consommation importante de bière », rétorque Hamidou, plus connu sous le pseudo de Woosho. « La consommation de ces boissons est un véritable danger pour la santé », alerte la Dr Djomo Kopa sur le site internet allodocteurs.africa. Le président de la Fondation camerounaise des consommateurs (Focaco) renchérit : « leur composition aléatoire et la présence de substances toxiques en font un cocktail détonnant pour l’organisme. L’interaction entre le plastique et l’alcool aggrave encore les risques. Malgré les interdictions répétées, ces produits continuent de circuler librement, mettant en péril la santé de nombreux consommateurs ». Selon lui, le véritable danger réside dans le vide juridique créé par les moratoires successifs, qui permet aux entreprises productrices d’échapper à tout contrôle. « Elles n’obtiennent pas de certificat de conformité et utilisent, entre autres, du méthanol », affirme-t-il.

LES COMMERÇANTS FACE À L’INTERDICTION

Pourtant, en septembre 2014, le gouvernement avait interdit la commercialisation de ces liqueurs, accordant aux producteurs un délai de deux ans pour liquider leurs stocks. Dix ans plus tard, ce « poison lent » continue de se vendre en toute impunité, à un prix compris entre 100 et 150 FCFA. La mesure d’interdiction n’a eu aucun impact tangible sur le terrain, le whisky en sachet étant toujours aussi facilement accessible. « Je suis vendeur, c’est mon gagne-pain. Si on veut interdire ce produit, il faudrait alors fermer les usines. Nous, on constate simplement une augmentation de l’offre, avec des prix de plus en plus bas. Dans ce contexte, il est difficile de résister à la tentation de vendre », nous confie Moussa Yaya, un des commerçants revendeurs populaires de Mini-ferme. Devant son bazar, Kabila, un autre commerçant de la place, nous renseigne que « pour un paquet contenant 20 unités, il est livré à 1700 FCFA. Chaque unité est revendue à 100 FCFA, soit un bénéfice de 300 FCFA ». En effet, depuis l’arrêté gouvernemental interdisant la vente de whisky en sachet, une série de moratoires a été accordée aux producteurs au détriment de la santé des consommateurs. Les ministres du Commerce, de la Santé publique et de l’Industrie ont signé, le 31 octobre 2022, un arrêté prolongeant de quatre ans la période transitoire accordée aux producteurs de whisky en sachet. Ces derniers doivent désormais, disent-ils, mettre en conformité leurs produits en optant pour un conditionnement en bouteilles d’ici octobre 2026.

LA PROLIFÉRATION DES BOISSONS FRELATÉES

Face aux prolongations répétées, le collectif des organisations de consommateurs du Cameroun (COC) est monté au créneau et a porté l’affaire en justice. « Nous avons attendu jusqu’en 2022, où nous avons dit : trop c’est trop ! Nous avons pris notre responsabilité en tant qu’association des consommateurs, nous avons intenté une action en justice et saisi le tribunal administratif afin de rapporter cet arrêté des trois ministres (Minsanté, Mincommerce et Minmidt, Ndlr) pour dire que nous ne voulons plus de cette prorogation de trop, car il faut que les Camerounais puissent consommer sainement. Depuis pratiquement deux ans, le dossier traîne au niveau du tribunal administratif », nous souffle Simon Kaldjob, président du COC. C’est en effet la Société camerounaise de fermentation (Fermencam), pionnière et leader dans la production de whisky en sachet au Cameroun, qui incarne la démocratisation de la consommation de whisky dans le pays, dit-on. Les emballages en sachets, accessibles à tous, ont permis à Fermencam de réaliser un chiffre d’affaires record de 12 milliards de FCFA en 2013. À cette entreprise, on peut citer entre autres la société Starming Silatchom Industries et la Star Menchum, qui se sont aussi spécialisées dans la fabrication des whiskies en sachet. Malheureusement, cette innovation a favorisé une surconsommation, transformant le whisky en sachet en un véritable problème de société au Cameroun.

D’une manière générale, l’industrie de la boisson alcoolisée est l’une des plus impactées au Cameroun. La démocratisation des whiskies en sachets a favorisé la prolifération des boissons frelatées. Cette accessibilité à coûts réduits a une inflexion sur les produits fabriqués dans des conditions régulières. Selon la Chambre camerounaise de commerce, de l’industrie, des mines et de l’artisanat, la contrebande et la contrefaçon font perdre chaque année plus de 200 milliards de FCFA à l’économie camerounaise.

OPCVM : Corridor, AB Avenir et Sogefist dominent le marché de la gestion d’actifs en zone Cemac au T2 2024

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Le marché des OPCVM (Organismes de Placement Collectif en Valeurs Mobilières) dans la zone CEMAC continue d’afficher une croissance soutenue, malgré un environnement macroéconomique encore incertain. Sur le 2e trimestre 2024, plusieurs fonds ont su tirer profit des conditions favorables sur le marché obligataire régional. Sur les 34 OPCVM enregistrés dans la région, trois fonds se sont démarqués avec des performances excédant 2%, et 28 ont progressé de plus de 1%. Néanmoins, un fonds a affiché une régression significative de 2,9%, soulignant la diversité des stratégies et des risques dans ce marché.

En tête du classement figure le FCP Corridor Rendement, géré par Corridor Asset Management, qui a enregistré une progression impressionnante de 4,64%. Ce fonds diversifié a su combiner intelligemment des investissements sur les marchés obligataires et actions, permettant ainsi de réduire les risques tout en maximisant les rendements. Cette approche diversifiée, typique des fonds à la recherche de stabilité tout en capitalisant sur les opportunités, a permis d’attirer une clientèle en quête de sécurité et de rentabilité.

Le FCP AB Avenir, avec une performance de 2,81%, occupe la deuxième place. Géré par Africa Bright Asset Management, ce fonds diversifié montre la résilience de la stratégie multi-actifs dans un contexte de volatilité accrue. En troisième position, le FCP Sogefirst, un fonds obligataire de la Société Générale, lancé en début d’année, a enregistré une hausse de 2,71%, confirmant l’attractivité des titres à revenus fixes dans un marché marqué par une remontée des taux.

Cependant, cette dynamique positive n’a pas profité à tous. Le FCP Rapec de l’Archer Capital Asset Management a enregistré une contre-performance notable de -2,90%, rappelant l’importance de la gestion du risque et de la diversification dans un environnement en constante évolution.

Yagoua : le pont sur le Danay s’effondre

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Un pan du pont effondré

La ville de Yagoua est coupée en deux parties depuis les premières heures de ce 12 septembre 2024. Le pont sur le fleuve Danay qui arrose le département du Mayo-Danay s’est effondré sous la pression des eaux de pluies, divisant d’ailleurs le département en deux parties : « deux départements dans le sud du département sont coupés des autres par cet accident», renseigne une source locale qui rapporte que « pour le moment, seule la pirogue permet de se déplacer entre les différents arrondissements ; il n’y a plus de route ».

A lire aussi: Extrême-Nord: la rentrée scolaire sous le diktat des eaux

Depuis un peu plus d’un mois, la région de l’Extrême-Nord est inondée par des pluies torrentielles qui s’abattent sur la région très régulièrement. En fin de semaine dernière, le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU faisait état de 8600 habitations déjà détruites par ces pluies ; affectant près de 19 000 ménages, soit environ 159 000 personnes. Si l’ensemble de la région est touché, le département du Mayo-Danay est le plus sinistré, avec environ 60 000 âmes en détresse, selon le préfet Lazare Ndongo Ndongo.

Le pont effondré

Alertées dès la survenue de l’accident, les autorités administratives du Mayo-Danay se sont mobilisées sur le lieu pour se rendre compte de la situation. « Les autorités ont terminé leurs constats et sont reparties. En attendant des mesures adéquates, c’est la pirogue qui va assurer la traversée du fleuve», renseigne un confrère local.

Extrême-Nord : L’école en otage entre les inondations et Boko Haram

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Au moment où l’Observatoire national des changements climatiques (Onacc) rend publiques ses nouvelles prévisions météorologiques prévenant sur des risques d’inondations sur une bonne partie du territoire, les régions de l’Extrême-Nord et du Nord sont déjà en plein dans ces inondations. Les départements les plus touchés sont le Mayo-Danay, le Diamaré, le Logone et Chari et le Mayo-Tsanaga. Selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (Ocha), les pluies torrentielles ont détruit plus de 8 600 maisons, inondées des milliers d’hectares de cultures, et causées la perte de milliers d’animaux. Près de 19 000 ménages, soit environ 159 000 personnes, ont été affectés.


Le département le plus sinistré est le Mayo-Danay. Contrairement aux années antérieures, les pluies diluviennes ont touché tous les 11 arrondissements du Mayo-Danay. Routes coupées, maisons détruites, animaux et biens emportés, écoles envahies par les eaux en furie,… Yagoua est coupé de plusieurs arrondissements. C’est la conséquence des pluies qui s’abattent sans arrêt sur cette partie du pays depuis le début du mois de juillet. En tout, le préfet Lazare Ndongo Ndongo, évalue à 60 000 personnes qui sont sans-abris dans ce département.

Cela survient dans un contexte de rentrée scolaire, compliquant la situation tant pour les populations que pour les autorités administratives. Il faut parer au plus pressé. « J’ai échangé avec le sous-préfet qui avait déjà mis en place un comité avec tous les chefs de villages, les Lawanes, pour recenser tous les dégâts sur le plan agricole et de l’élevage, car ces inondations ont emporté des poulets, des moutons,… », témoigne le maire de la commune de Datchéka, Jean-Claude Karmo, dans les colonnes du tri-hebdomadaire L’œil du Sahel. Dans tous les arrondissements sinistrés, on est à la riposte depuis la semaine dernière. Entre temps, l’école a repris depuis lundi. « La principale mesure pour les écoles et établissements inondés est de les délocaliser dans la mesure du possible », annonçait déjà Lazare Ndongo Ndongo au sortir d’une réunion de crise qu’il a présidée le 2 septembre dernier. Indiquant que « l’année dernière, le gouvernement a construit des salles de classe en matériaux provisoires dans certains arrondissements ; ces salles sont encore en très bon état et nous allons les utiliser pour faciliter la délocalisation des écoles inondées. Nous avons également reçu des tentes l’année dernière, qui peuvent servir à abriter les élèves des établissements délocalisés », peut-on lire dans L’œil du Sahel.

A Yagoua, « on a trouvé un site de plus de 30 hectares pour recaser les gens de Yagoua centre. On a déjà aménagé ». Sur le terrain, c’est de la débrouillardise. A Yagoua, la pirogue est à la mode. On s’en sert pour les déplacements en plein cœur de la ville. « Nous avons fait fabriquer quatre pirogues, il y a également des élites qui en ont fabriqué quatre, et il y a également des pirogues de fortune dans la ville. En plus des pirogues, il y a les pick-up de l’Etat », indique Pierre Larawa, maire de Yagoua, sur les antennes de la radio nationale. C’est pareil pour diverses localités où les écoles sont submergées.

A cela s’ajoute la crise sécuritaire causée par la secte Boko Haram. Laquelle a déjà fait fermer 63 établissements primaires et maternels dans la région, selon les statistiques de la délégation régionale de l’Education de base. Les départements les plus touchées étant le Mayo-Tsanaga et le Logone et Chari.

Brouille CNC/Equinoxe TV: Séverin Tchounkeu s’exprime sur la crise entre les deux parties.

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Sévérin_Tchounkeu tente de recadrer les choses entre Equinoxe et le CNC

« Equinoxe n’est pas sur le pied de guerre contre le CNC». Séverin Tchounkeu l’a réitéré ce 11 septembre 2024 sur les antennes d’Equinoxe TV. Invité du journal de 20h de la chaîne de télévision de son groupe de presse, l’homme a cru devoir placer un mot sur la déferlante qui s’abat sur la « Chaîne du peuple» depuis quelques semaines. Ce depuis le clash entre la délégation conduite par Joe Chebonkeng Kalabubsu, président du Conseil national de la communication (CNC), et le personnel d’Equinoxe. Alors que le patron de l’organe de régulation des médias camerounais effectue une tournée dans les chaînes de télévision privées nationales depuis quelques temps, son passage dans la chaine détenue par Séverin Tchounkeu, a fait long feu, du fait d’une incompréhension. Joe Chebonkeng et sa bande ont vidé les lieux illico presto, lorsque dans son speech de bienvenue, Serge Alain Attou le rédacteur-en-chef, a indiqué que « nous sommes en deuil». Le porte-parole du groupe dont les employés étaient tous vêtus de noir et l’un, Pierre Laverdure Ombang, se bandant la bouche avec un ruban rouge en signe de protestation, a déroulé un chapelet d’actes pris par le CNC à l’encontre d’Equinoxe TV. Pour conclure à un « acharnement » du CNC contre une chaîne qui « ne fait que son travail», et qui d’ailleurs « applique les sanctions avant même notifications».

A lire aussi: clash entre le CNC et Equinoxe TV

Une attitude que le patron de la régulation n’a pas appréciée avec fair-play : « nous ne sommes pas venus faire la guerre», a réagi l’ancien journaliste de la Crtv. Condamnant le fait que Serge Alain Ottou évoque le non-respect du CNC et de ses décisions par certains confrères, sans que cela n’émeuve le CNC, alors qu’Equinoxe respecte toutes les décisions du CNC, « quelles qu’elles soient ». Avant de s’énerver et quitter la salle de rédaction de Mobil Bonakouamouang. Le week-end, des voix se sont levées lors d’émissions de débat dominicales pour fusiller Equinoxe TV. Sans que la chaîne ainsi privée d’un espace abondamment disputé par la concurrence, ne puisse se défendre.

Severin Tchounkeu n’a pas laissé passer cette « forfaiture » et a décidé de monter au créneau pour se défendre : Le fondateur du groupe La Nouvelle Expression dénonce «la manipulation du médiateur par des personnes tapies dans l’ombre, pour d’autres fins». On peut imaginer la main noire que l’homme voit derrière les ennuis de sa chaîne. Equinoxe est régulièrement classée par diverses institutions comme la chaîne de télévision la plus regardée. Mais sa « liberté de ton » connue de notoriété publique dérange le pouvoir de Yaoundé, et le ministre de l’Administration territoriale (Minat), Paul Atanga Nii, ne s’est pas souvent caché pour menacer de fermer cette chaîne qui « au-delà de l’image, rend compte« . Plusieurs fois ses émissions phares, notamment droit de réponses, sont susêndues, ainsi que leurs animateurs.

Pour autant, « il n’a jamais été question pour le personnel et le top management d’Equinoxe de mépriser le CNC», rassure-t-il. Pour le reste, « que toutes les règles éthiques et déontologiques de notre profession soient respectées et que cette institution soit indépendante», appelle-t-il.

Affaire Glencore : La justice britannique refuse de livrer les noms des Camerounais corrompus

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Siège de la SNH www.newsducamer.com
Le siège de la SNH www.newsducamer.com

L’affaire Glencore, qui a secoué plusieurs pays africains, dont le Cameroun, refait surface avec un nouvel élément marquant : la justice britannique refuse de révéler les noms des Camerounais soupçonnés d’avoir été corrompus par le géant pétrolier suisse. Malgré les efforts soutenus du gouvernement camerounais, à travers le Ministère des Finances et la Société Nationale des Hydrocarbures (SNH), les noms des responsables locaux impliqués dans cette vaste affaire de corruption restent cachés, protégés par une « clause d’anonymat », a-t-on appris d’un communiqué signé le 10 septembre 2024 par Adolphe Moudiki, l’Administrateur Directeur Général de la Société Nationale des Hydrocarbures. 

L’affaire remonte à la période entre 2012 et 2018, pendant laquelle Glencore aurait corrompu des responsables dans plusieurs pays africains, dont le Cameroun, pour obtenir des contrats avantageux dans le secteur pétrolier. L’enquête menée par le Serious Fraud Office (SFO) britannique a révélé que la multinationale suisse aurait versé des pots-de-vin conséquents à des fonctionnaires camerounais via des transactions opaques, afin de sécuriser des faveurs commerciales liées à l’exploitation du pétrole brut.

En novembre 2022, Glencore a été condamnée par la Southwark Crown Court à Londres pour des pratiques de corruption avérées dans plusieurs pays, y compris le Cameroun. Cependant, les détails précis concernant les personnes impliquées au niveau national n’ont jamais été révélés. La confidentialité autour de ces noms a été justifiée par les autorités britanniques sous le prétexte d’une « clause d’anonymat » convenue entre Glencore et le SFO, un fait qui jette un voile opaque sur le volet Camerounais de l’affaire.

Face à cette situation, le Cameroun n’est pas resté passif. Dans son communiqué publié le 10 septembre 2024, Adolphe Moudiki a révèle que « depuis la révélation de cette affaire, en mai 2022, la SNH a gelé toutes ses activités avec Glencore, aussi bien dans le domaine de l’exploration/production qu’au plan commercial. » Ce gel des relations démontre l’engagement de la SNH à adopter une posture ferme vis-à-vis de toute entreprise impliquée dans des actes de corruption.

En mai 2022, puis à nouveau en juin 2023 après la condamnation de Glencore, la SNH a officiellement demandé à la société de lui fournir les noms des employés camerounais impliqués dans ces actes de corruption. Glencore a refusé de répondre à ces requêtes, invoquant une nouvelle fois une obligation de confidentialité imposée par le SFO.

Le 6 novembre 2023, la SNH a franchi une nouvelle étape en portant plainte devant le Tribunal Criminel Spécial (TCS) du Cameroun. L’objectif de cette plainte est d’identifier, poursuivre et faire condamner les personnes impliquées dans cette affaire de corruption, conformément au Code Pénal camerounais. Adolphe Moudiki a réaffirmé que la SNH attend son audition avec l’espoir que les responsables seront démasqués et traduits en justice : « En tout état de cause, la SNH reste dans l’attente de son audition par le Tribunal Criminel Spécial, suite à sa plainte déposée le 6 novembre 2023, avec l’espoir que toutes les personnes impliquées dans ces crimes économiques seront démasquées et poursuivies conformément au Code Pénal camerounais », a-t-il souligné.

L’action déterminée du Ministère des Finances

Outre les initiatives de la SNH, le Ministre des Finances Louis Paul Motaze, a également pris des mesures concrètes pour sauvegarder les intérêts de l’État du Cameroun. Suite aux dénonciations de Maître Akere Muna, un groupe de travail a été mis en place par le ministre des Finances pour évaluer les pertes fiscales découlant des fraudes reconnues par Glencore. Ce groupe qui a mené de larges investigations et analyses sur les agissements de Glencore et de sa filiale camerounaise aurait estimé le préjudice fiscal à environ 20 milliards de francs CFA, un montant qui, selon un cadre du Minfi, sera probablement alourdi par des pénalités conséquentes.

Ce groupe de travail du MINFI a rapidement formulé des recommandations pour récupérer les montants perdus et sanctionner les coupables. L’une des propositions centrales du groupe de travail concerne la taxation des sommes occultes, conformément à l’article 45 du Code général des impôts camerounais. Ce texte prévoit que les sociétés ou autres personnes morales qui versent des sommes à des individus dont elles ne révèlent pas l’identité sont soumises à l’impôt sur le revenu des personnes physiques. Cette mesure vise à récupérer un maximum de recettes fiscales, majorées de lourds intérêts. Ces fraudes, basées sur des écritures comptables erronées, pourraient également être sanctionnées par des amendes fiscales. Pour obtenir réparation, le Cameroun devra de toute évidence se porter partie civile dans la procédure judiciaire en cours à Londres. Le Minfi envisagerait également des procédures judiciaires au Cameroun contre le groupe Glencore et sa filiale camerounaise pour fraude fiscale et douanière en raison des importantes pertes fiscales subies par le Cameroun.

Néanmoins, certaines avancées ont été réalisées. Les autorités camerounaises ont déjà identifié les infractions liées à cette affaire. Le cadre juridique entourant ces infractions a été clairement défini, ce qui a permis de mieux circonscrire les responsabilités et d’entamer des poursuites ciblées. Ces précisions devraient accélérer les procédures judiciaires et renforcer les chances de récupération des montants détournés

Avec l’accord du chef de l’État, Louis Paul Motaze a également saisi les autorités compétentes de la Confédération helvétique et du Royaume-Uni, notamment le Serious Fraud Office (SFO), dans le but d’obtenir des informations plus complètes sur les acteurs camerounais impliqués dans cette affaire. «Les demandes d’informations destinées aux autorités suisses et britanniques ont été transmises à l’Unité d’échange international des renseignements. Le but est d’obtenir des éléments du dossier d’enquête du Serious Fraud Office (SFO) », soutient un responsable des Finances. À ce jour, le sort réservé à ces correspondances demeure inconnu.

Ces actions visent non seulement à révéler les noms des fonctionnaires corrompus, mais également à évaluer l’étendue des pertes fiscales et économiques subies par le Cameroun à la suite de cette fraude. Comme le souligne un cadre du Ministère des Finances “Cette affaire constitue un enjeu majeur pour le MINFI, qui cherche à obtenir réparation non seulement des pertes fiscales, mais aussi de l’atteinte à sa souveraineté et à l’intégrité de ses institutions économiques. Les autorités camerounaises s’efforcent de redresser la situation, avec l’espoir que la justice internationale, malgré ses complexités, permettra de faire la lumière sur les faits et d’obtenir des compensations justes”.

La justice britannique, entre confidentialité et blocage

La décision de la justice britannique de ne pas divulguer les noms des responsables camerounais incriminés dans l’affaire Glencore a de quoi frustrer l’opinion Camerounaise, dont des figures marquantes telles que Me Akere Muna œuvrent inlassablement à la manifestation de la vérité. Pour beaucoup, il est inacceptable que les fonctionnaires impliqués dans un scandale de cette ampleur soient protégés par une clause de confidentialité. Les critiques estiment que cette protection constitue un obstacle majeur à la lutte contre la corruption en Afrique et qu’elle prive les États concernés des informations nécessaires pour juger et sanctionner leurs citoyens.

Malgré cela, la Southwark Crown Court, qui a condamné Glencore en novembre 2022, a maintenu que la confidentialité des témoins et des collaborateurs dans cette affaire devait être respectée pour des raisons légales. Une nouvelle audience est prévue en octobre 2024, et les autorités camerounaises espèrent que de nouveaux éléments pourront être révélés à cette occasion.

Santé : Malachie Manaouda fait le point de la situation épidémiologique

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C’est la variole du singe désormais appelée mpox qui a particulièrement intéressé la presse que Malachie Manaouda a rencontrée ce 10 septembre 2024 au Centre de coordination des opérations d’urgences de santé publique (Cousp). A propos, le ministre de la Santé publique (Minsanté) annonce que depuis le début de l’année en cours, le Cameroun a enregistré 30 cas suspects, 05 cas confirmés et 02 décès. Avec comme foyers actifs les régions du Sud-Ouest (districts de santé de Mbonge, Buea et Limbé) et Nord-Ouest (districts de santé de Njikwa et Bamenda). Face à cette situation, le Minsanté a pris des mesures nécessaires pour circonscrire et maîtriser la propagation de l’épidémie au Cameroun, et surtout d’éviter l’importation de cas supplémentaires. Ce avec le concours des administrations connexes et de ses Partenaires techniques et financiers (PTF).

Le Cameroun n’est pas le seul pays touché par cette maladie de l’heure. En effet, le 13 août dernier, Africa CDC, l’agence de santé de l’Union africaine, a déclaré une « urgence sanitaire publique de sécurité continentale ». Indiquant renforcer le niveau d’alerte du continent face à l’épidémie de mpox. Par la suite, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a emboité le pas en déclarant une « urgence de santé publique de portée internationale ». Du coup, le Cameroun a activé une batterie de mesures en riposte. On apprend que les régions les plus touchées sont celles du Sud-Ouest, du Nord-Ouest, du Littoral, du Centre et de l’Est.

A l’occasion, Malachie Manaouda a fait le point de la situation épidémiologique générale au Cameroun, avec un focus sur le covid-19, le choléra, la diphtérie et la coqueluche. Toutes des maladies évitables grâce à la vaccination. En ce qui concerne le covid-19, début de cette année, 300 cas ont déjà été enregistrés sur le territoire national ; mais aucun décès enregistré. Par ailleurs, 708 cas de rougeole ont été enregistrés dans la même période. La riposte vaccinale a été engagée dans les districts de santé concernés.

En attendant de trouver une thérapie capable de neutraliser le virus du mpox, ainsi que les autres pathologies qui menacent la santé publique au Cameroun, le ministre de la Santé publique invite les parties prenantes de l’action gouvernementale à travailler en collaboration pour tenter de juguler la situation. «Je voudrais rappeler qu’il est essentiel d’adhérer aux mesures de prévention, notamment le respect des règles d’hygiène, l’éviction des contacts étroits avec les malades et l’acceptation de la vaccination », a sensibilisé Malachie Manaouda. « C’est à ce prix et celui de la solidarité, couplée à la vigilance que nous réussirons à garder notre pays indemne de ces menaces réelles mais bien que lointaines», a-t-il indiqué.

Cameroun : Hamadou Sali nommé PCA du Terminal Bois du Port de Douala

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Hamadou Sali a été nommé Président du Conseil d’administration (PCA) du Terminal Bois du Port autonome de Douala (TBPD) lors du Conseil d’administration du 2 mai 2024. L’annonce a été faite mardi, à travers une annonce légale publiée dans les colonnes du journal à capitaux publics, Cameroon Tribune. Il remplace à ce poste Aoudou Dandjouma, décédé en septembre 2023. Avec plus de dix ans d’expérience dans le transport et la logistique, Hamadou Sali est plus ou moins appelé à la rescousse pour résoudre les difficultés financières actuelles du terminal.

Député depuis 1997, Hamadou Sali possède également une expertise reconnue à l’international, ayant occupé des postes dans plusieurs entreprises telles que Camrail, Africa Global Logistics et Havas Cameroun. Diplômé du Centre stratégique africain d’études (CESA) et de l’École nationale d’administration (ENA) de Paris, il a aussi été vice-président de l’Union parlementaire de l’OCI.

Zimbabwé-Cameroun : les Lions accrochés par les Guerriers

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Le Cameroun a ramené juste un point de Kampala où il affrontait le Zimbabwé ce soir, en éliminatoires de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2025. Un point obtenu au terme du nul vierge qui a sanctionné la partie. Un match qui a vu les poulains de Marc Brys en peine devant les buts adverses. Si la défense a rarement plié, l’attaque non plus n’a pu faire parler la poudre. Après soixante-cinq minutes infructueuses, le technicien belge injecte du sang neuf sur tous les compartiments. En défense, Nouhou Tollo qui n’avait déjà pas terminé le match contre la Namibie à Garoua en raison d’une blessure, est remplacé par Kilama. Au milieu, Kunde Malong remplace Zambo Anguissa, tandis qu’Yvan Neyou rentre à la place de Martin Hongla. Et en attaque, Christian Bassogog assez remuant sur le flanc gauche est remplacé par Franck Magri.

Peine perdue. Les Warriors du Zimbabwé s’accrochent sur les Lions indomptables et leur imposent un nul vierge à domicile. Une prestation peu convaincante que Vincent Aboubakar le capitaine des Lions indomptables, met au compte de l’absence d’entraînement en terre ougandaise. En effet, alors que le Zimbabwé y a passé quelques jours et s’est acclimaté, le Cameroun arrivé seulement samedi nuitamment, déjà en proie à une guerre de leadership dans sa tanière entre le ministère des Sports et de l’éducation physique et la Fédération camerounaise de football (Fécafoot), n’aura jamais pu faire corps avec la pelouse du National stadium de Kampala. Aucune séance d’entraînement même.

Pour autant, avec le point ramené de Kampala, le Cameroun est co-leader avec le Kenya qui a battu la Namibie. Avec quatre points. Lors de la prochaine journée, les deux premiers vont s’affronter pour déterminer le plus fort du groupe.

La BVMAC sollicite une expertise pour évaluer son système de cotation

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La Bourse des Valeurs Mobilières de l’Afrique Centrale (BVMAC) vient de lancer un appel d’offres pour une mission d’audit externe de son système de cotation. Le Directeur Général justifie cette opération par la volonté de se rassurer d’avoir une  plateforme  dédiée à la cotation conforme aux normes. « La BVMAC dispose d’une infrastructure de cotation éditée par EURONEXT dénommée ‘’NSC V 900’’, mais n’étant plus sous maintenance de cet éditeur depuis plusieurs années », écrit Louis Banga Ntolo.

 Il est donc question de réaliser un « audit complet des usages en vigueur du système de cotation NSC V900 de la BVMAC »,  à lire l’avis d’appel d’offres. L’objectif  confiée à la mission  est d’évaluer la conformité de la plateforme aux normes règlementaires locales ;  identifier les points forts et les points de faiblesse actuels du système, notamment dans la gestion des tâches,  sur les connexions des User, les processus d’insertion de données, de validation, d’annulation et de suppression des paramétrages etc.  

L’audit  portera donc sur plusieurs  aspects.  Les systèmes informatiques et la sécurité, le processus de cotation, la conformité réglementaire, la gestion des risques. La mission va à terme formuler des recommandations pour l’amélioration et l’optimisation du système. Pour les responsables de la BVMAC, cet audit est un enjeu majeur pour la crédibilité de la place boursière. « La fiabilité et la transparence du système de cotation étant essentielles pour garantir la confiance des investisseurs et la fluidité des transactions boursières, la BVMAC souhaite engager un audit externe pour évaluer les processus, systèmes et pratiques des usagers internes de son système de cotation », affirme Louis Banga Ntolo.

 Les  intéressés  doivent soumettre leurs offres au plus tard le 18 septembre 2024.

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