mercredi, juin 3, 2026
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L’impact potentiel de la présidentielle de 2025 sur les grandes entreprises locales

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Par  Haiwang Djamo, analyste de recherche & Sonia Kouam, Administrateur Civile

Introduction

La prochaine élection présidentielle d’octobre 2025 au Cameroun suscite des inquiétudes quant à son impact sur l’économie locale, en particulier sur les grandes entreprises. Dans un contexte politique souvent marqué par des tensions et des incertitudes, les élections peuvent influencer la vision des investisseurs sur la stabilité du pays (Banque mondiale, 2017). Historiquement, les périodes électorales au Cameroun ont été marquées par une instabilité politique. Les élections présidentielles de 1992 et de 2018, ont été particulièrement marquées par des tensions politiques et des violences, notamment dans les régions anglophones du pays. Depuis 2018 jusqu’à nos jours, la crise anglophone persiste et à l’approche des élections à venir, le climat politique devient de plus en plus tendu. Ce climat d’incertitude peut avoir des conséquences majeures pour les entreprises, affectant leurs décisions d’investissement et leur performance sur le marché. Puisque ces entreprises contribuent significativement à l’économie camerounaise, il est donc important d’analyser l’impact de l’élection présidentielle à venir sur ces dernières, afin de prendre des mesures appropriées.

1.      L’incertitude politique peut affecter la confiance des investisseurs au Cameroun

a)      Retrait ou report des investissements

Ce serait une évidence que les investisseurs locaux et étrangers puissent choisir de reporter ou de retirer leurs investissements si l’incertitude politique devient trop importante. En effet, avec la crise anglophone non résolue, la multiplication des partis politiques et la coalition qui se dessine, des projets de société diversifiés ainsi que l’inscription massive des citoyens sur les listes électorales, l’incertitude semble bien entretenue. Dans ce contexte, les entreprises internationales en particuliers, pourraient percevoir l’environnement comme risqué et choisir de geler leurs projets en cours au Cameroun. Et, cela pourrait naturellement affecter des secteurs stratégiques comme les infrastructures, les mines ou les télécommunications, où les entreprises étrangères ont un rôle clé.

Les grandes entreprises camerounaises comme la SNH, SABC, pourraient freiner leurs plans d’expansion ou de développement, en attendant des clarifications sur la future direction politique du pays. Cela pourrait réduire la croissance économique locale, affecter l’emploi et réduire la compétitivité du pays.

b)      Volatilité accrue sur le marché financier

Avant les élections, il est difficile de prédire les résultats électoraux et leurs conséquences économiques. Du fait de ces incertitudes, les grandes entreprises camerounaises, notamment celles cotées en bourse (BVMAC) telles que la SEMC, la SOCAPALM, la SOCAFAM etc…, pourraient adopter une attitude attentiste, ce qui entraîne souvent une baisse des volumes des transactions et une possible augmentation de la volatilité. Ces dernières pourraient voir la valeur de leurs actions fluctuer de manière imprévisible en raison des incertitudes électorales. Les investisseurs, cherchant à minimiser leurs risques, pourraient vendre leurs actions et cela affecterait directement la capitalisation boursière et, par extension, la stabilité financière des entreprises concernées. En 2017 par exemple, les élections présidentielles françaises ont été marquées par une forte incertitude et cela a entraîné des fluctuations importantes de l’indice CAC 40, reflétant les craintes et les espoirs des investisseurs quant aux orientations économiques futures du pays (Capucine Caturla, 2022).

2.      L’issue de l’élection pourrait déterminer la direction des politiques économiques au Cameroun

a)      Changements potentiels dans les priorités économiques

La vision économique du président élu dictera quelles seront les priorités économiques du pays. En effet, Les priorités économiques du Cameroun, sous le président Paul Biya, ont principalement visé la diversification de l’économie, la réduction de la pauvreté et l’amélioration des infrastructures (MIEPAT, 2023). Toutefois, l’impact réel de ces politiques a été limité par plusieurs facteurs tels que la corruption, le manque d’efficacité, et des retards dans l’exécution des projets. Et cela empêche les entreprises camerounaises de croître. Compte tenu de ces défis énormes, les futurs candidats pourraient accentuer la diversification au de-là de l’agriculture et des hydrocarbures pour s’orienter davantage vers l’industrialisation et le numérique. Certains projets politiques comme ceux de Maurice Kamto (Leader du MRC) proposent de donner plus d’importance à la modernisation du secteur agricole et au développement des PME pour réduire la dépendance aux importations. De toutes façons, le sort des entreprises pourrait dépendre du vainqueur de l’élection. 

b)      Réformes potentielles du climat des affaires

Les entreprises camerounaises font face à de nombreux défis, notamment une réglementation complexe et changeante, une corruption rampante, des infrastructures insuffisantes, un système judiciaire inefficace, la bureaucratie et une pénurie de main-d’œuvre qualifiée. L’insécurité dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest affecte plus de 88% des entreprisesPrès de 65% des grandes entreprises ont connu des difficultés en 2019. Face à ces défis persistants, la résolution du conflit constitue une priorité pour les futurs candidats à l’élection et des réformes importantes pourraient être entreprises par le nouveau gouvernement pour stimuler les entreprises locales et attirer des investissements étrangers.

3.      Le choix des dirigeants pourrait avoir un impact direct sur les politiques fiscales et réglementaires

a)      Les grandes entreprises pourraient être affectées par des ajustements de la politique fiscale

Actuellement, les entreprises camerounaises font face à une pression fiscale relativement élevée. Selon le rapport Doing Business 2020, le taux d’imposition totale pour une entreprise au Cameroun est d’environ 57% des bénéfices, ce qui freine la compétitivité des entreprises locales. Un nouveau gouvernement favorable au secteur privé pourrait envisager de réduire considérablement la pression fiscale sur les entreprises. Cela permettrait aux grandes entreprises locales de réinvestir leurs profits dans la modernisation et l’expansion de leurs activités.

Les entreprises camerounaises doivent passer par une série de démarches couteuses et complexe pour obtenir des licences, payer des taxes ou démarrer de nouveaux projets. Un nouveau gouvernement pourrait s’engager à simplifier les réglementations et réduire les lourdeurs bureaucratiques.

b)      Changement dans les régulations sectorielles

Lors des élections présidentielles de 2018, l’ensemble des projets de société des partis politiques avaient déjà ciblé certains secteurs stratégiques tels que les infrastructures, l’agriculture, les énergies etc… Pour Cabral Libii par exemple, candidat à l’élection présidentielle de 2025, il faut un « Cameroun qui protège et libère les énergies ». Dans son projet de société de 2018, celui-ci envisageait fournir 500 MW d’électricité par an, ce qui devrait profiter aux entreprises opérant dans ce secteur. De surcroît, plus de 63 % des communautés locales n’ont toujours pas accès à l’électricité (Mbonteh, 2024). D’autant plus que le Cameroun a connu ces dernières années une hausse successive des prix des produits pétroliers (Djamo &Kouam, 2024), l’accent pourrait être mis sur les énergies renouvelables. De toute évidence, les tendances sont favorables pour une économie de croissance portée par l’agriculture, l’industrie, les infrastructures et les énergies.

4.      Les relations diplomatiques du nouveau gouvernement pourraient influencer l’accès aux marchés internationaux

a)      Accès élargi ou restreint à certains marchés

Le Cameroun entretient des relations économiques avec des partenaires clés tels que la Chine, l’Union Européenne et les Etats-Unis. Ces partenaires sont très importants pour l’économie camerounaise. Le Cameroun a signé avec elle un Accord de Partenariat Economique (APE) en 2009. Mais cet accord n’a visiblement pas contribué significativement à accroitre l’économie camerounaise. Puisqu’il a fait perdre au Cameroun de recettes fiscales d’un montant de 71,18 milliards de FCFA. Si l’ancien régime n’est pas reconduit, le nouveau gouvernement pourrait envisager la renégociation des conditions ou des termes de cet accord de sorte qu’il soit favorable à l’économie camerounaise.

En plus, le nouveau gouvernement pourrait adopter une politique de diplomatie économique pour renforcer les accords commerciaux existants ou en signer d’autres. Une adhésion renforcée à la ZLECAF par exemple est envisageable et cela permettrait aux grandes entreprises locales, notamment dans l’agro-industrie et la production manufacturière d’accéder plus facilement à un marché potentiel de 1,2 milliards de consommateurs.

b)      Attraction de nouveaux investissements étrangers

Les investisseurs étrangers recherchent avant tout la stabilité politique pour garantir la sécurité de leurs investissements. Si l’élection se déroule dans un climat de transparence et de paix, elle pourrait être favorable à la communauté internationale. Un nouveau gouvernement capable de maintenir la stabilité et d’instaurer des réformes économiques favorables à l’investissement pourrait stimuler l’intérêt des entreprises étrangères.

Conclusion

L’élection présidentielle d’octobre 2025 aura un impact considérable sur les grandes entreprises locales. Un environnement politique prévisible, avec des réformes structurelles adéquates, pourraient stimuler l’activité des grandes entreprises, mais une instabilité politique prolongée risquerait de freiner leurs activités et d’aggraver les risques financiers. Quoi qu’il en soit, le sort de ces entreprises dépendra du climat politique et de l’issue de ces élections.

Infrastructures routières: Les CTD veulent 30 milliards de FCFA pour réhabiliter les voiries en 2025

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Le ministère de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire (Minepat) a récemment publié les Cadre de dépenses à moyen terme (CDMT) 2025-2027, outil de programmation qui permet aux administrations de coordonner les dépenses publiques sur plusieurs années. Selon le Minepat, ce cadre pluriannuel est essentiel pour aligner les politiques de développement avec la gestion budgétaire, facilitant ainsi un suivi rigoureux des budgets.

Dans ce document, le ministère de l’Habitat et du Développement Urbain (Minhdu) rappelle que l’année 2025 sera singulière, marquée par un calendrier électoral chargé. «Pour cette année, au regard des enjeux sociopolitiques liés aux échéances électorales, il est apparu évident pour le Minhdu de renforcer les ressources pour réhabiliter les voiries des villes de Douala et Yaoundé», précise le ministère.

UN FOSSÉ ENTRE BESOINS ET FINANCEMENTS DISPONIBLES

 En concertation avec les communes, le Minhdu a estimé les besoins pour la réhabilitation des voiries à 30 milliards de FCFA en 2025. Or, cette enveloppe s’avère irréaliste dans le contexte actuel : «Près de 8 milliards de FCFA seront effectivement consacrés à l’amélioration des services de voirie, bien en deçà des 30 milliards nécessaires», affirme le Minhdu dans le CMDT, en précisant par ailleurs qu’il faudrait au minimum 130 milliards de FCFA pour résoudre durablement le problème de dégradation des voiries dans les grandes villes.

LES PROJETS ENVISAGÉS POUR 2025

Toutefois, malgré ces limites, le Minhdu compte lancer plusieurs chantiers prioritaires dès 2025. Parmi ces derniers figurent, des travaux de désengorgement de la pénétrante nord de Yaoundé, avec une enveloppe de 3,7 milliards de FCFA, et la réhabilitation de la voie reliant le Carrefour Oilibya à Omnisport, estimée à 2 milliards.

En parallèle, des fonds seront alloués à l’entretien des voiries d’environ soixante communes, à hauteur de 5,1 milliards. Le CDMT détaille également des projets d’aménagement de la section urbaine de l’autoroute Yaoundé-Nsimalen et la réhabilitation de certaines routes dans des villes comme Bandjoun, Nanga-Eboko, et Bamenda.

LA GESTION DES DÉCHETS, UNE PROBLÉMATIQUE PERSISTANTE

 Au-delà des infrastructures routières, la gestion des ordures ménagères continue de poser de sérieux défis dans les grandes agglomérations, notamment à Yaoundé et Douala. Le Minhdu est conscient de l’urgence de ce problème, malgré les faibles ressources disponibles pour le résoudre. «Yaoundé et Douala « villes propres » pourraient n’être qu’un slogan creux sans une véritable stratégie d’assainissement», constate le ministère dans le CDMT.

A en croire ce département ministériel, les difficultés financières persistantes compliquent les efforts d’assainissement, «malgré les subventions de l’État, logées au ministère des Finances, et les droits d’accises collectés par le Fonds spécial d’équipement et d’intervention intercommunale (FEICOM)». Selon le Minhdu, les communes rencontrent de plus en plus de difficultés à mobiliser les fonds nécessaires, et le ministère, bien que chargé des questions d’assainissement, ne dispose d’aucun levier pour agir directement.

Dans ce contexte, il envisage «une approche plus proactive pour 2025, mobilisant des ressources d’appoint pour des opérations en régie et visant à renforcer les actions de nettoyage des points critiques dans les grandes villes». L’insuffisance des moyens financiers alloués au ramassage des ordures dans la ville de Yaoundé a toujours constitué l’un des principaux points d’achoppement entre les prestataires et l’Etat. Selon des chiffres dévoilés par Jean-Pierre Ymele, le directeur général de Hysacam, lors d’une réunion de concertation organisée le 11 juillet 2023, la ville de Yaoundé a besoin d’un minimum de 15 milliards de FCFA chaque année, pour assurer le ramassage des ordures. Cependant, pour ce service, le gouvernement ne débourse que 4 milliards par an, laissant le soin aux collectivités territoriales décentralisées de régler l’autre partie de lanote. Toutefois, les retards accusés par l’Etat dans la mise à disposition de sa quote part, ainsi que les tensions de trésorerie au niveau de la communauté urbaine de Yaoundé paralysent régulièrement le secteur. «Tous les travaux, que ce soit les travaux routiers ou de gestion des ordures, sont fait par la mairie de la ville sur fonds propres. Leur financement dépend également du compte unique du Trésor, où vous pouvez avoir une provision, mais vous ne pouvez pas en bénéficier du fait des tensions de trésorerie. C’est ce qui fait que si vous ne payez pas ces entreprises, pour qu’elles aussi puissent payer leur personnel, il y a des moments de fatigue, et même des moments de débrayage, que vous avez trouvés» a récemment indiqué Luc Messi Atangana, le maire de la ville de Yaoundé.

LE BLOCAGE DE LA PASSATION DES MARCHÉS

Les efforts pour améliorer la gestion des déchets à Yaoundé sont également entravés par les lourdeurs administratives. En juin 2024, la Communauté urbaine de Yaoundé a lancé un appel d’offres international pour un contrat de gestion des ordures d’un montant prévisionnel de 61,8 milliards de FCFA, réparti en quatre lots couvrant les sept communes de la ville.

Cependant, la procédure, complexe et longue, n’a pas encore abouti à la sélection de nouveaux prestataires, bien que la date limite de soumission ait été prolongée jusqu’en septembre 2024. En attendant la finalisation des contrats, les entreprises précédemment en charge de la collecte des déchets continuent d’opérer à titre provisoire, malgré l’expiration de leurs contrats fin 2023. Luc Messi Atangana, maire de Yaoundé, a exprimé sa frustration face aux délais de contractualisation, qui ralentissent la mise en œuvre d’un service de collecte efficace, au détriment de la qualité de vie des habitants

Financement de l’énergie : le président  d’Afreximbank reçoit une distinction

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 Le Professeur Benedict Okey Oramah est récompensé pour sa contribution exceptionnelle et durable aux secteurs pétrolier, gazier et énergétique en Afrique dont l’appui à l’énergie solaire au Cameroun.

 La plus haute distinction en matière d’énergie africaine décernée à des personnes dont le travail a eu un impact transformateur sur le secteur a été décernée au président d’Afreximbank et du Conseil d’administration de la Banque. Le Professeur Benedict Okey Oramah a reçu le prestigieux Mohammed S. Barkindo Lifetime Achievement Award  à l’occasion des African Energy Awards, tenus en marge de la Semaine africaine de l’énergie (AEW), en Afrique du Sud.

Ce prix  est institué en l’honneur de l’ancien Secrétaire général de l’OPEP,  Dr Mohammed Barkindo. Il récompense les personnes qui ont apporté une contribution exceptionnelle et durable aux secteurs pétrolier, gazier et énergétique de l’Afrique. « Depuis plus de trois décennies, le Professeur Oramah joue un rôle essentiel dans la promotion du développement durable en Afrique en mobilisant des fonds essentiels pour les grands projets pétroliers, gaziers et d’infrastructure. À la tête d’Afreximbank depuis 2015, il a été le pionnier de structures de financement innovantes qui ont démocratisé l’accès à l’énergie et accéléré l’industrialisation et la croissance du secteur énergétique stratégique de l’Afrique », écrit Afreximbank.

Le Professeur Oramah,  a facilité la mobilisation de plus de 70 milliards de dollars US ( près  de 43 000 milliards de FCFA) pour soutenir le secteur de l’énergie en Afrique. Ce montant inclut plus de 5 milliards  de dollars pour les raffineries du Nigeria, de l’Angola et du Sénégal, afin de renforcer l’indépendance de l’Afrique en matière de produits raffinés.  Le Professeur Oramah a  aussi mené l’agenda de la transition énergétique grâce au soutien de la Banque dans les transactions d’énergie renouvelable. Il a également œuvré à la facilité d’importation de panneaux sonar pour l’électrification rurale en Angola, le projet d’énergie solaire du gouvernement du Cameroun de 147 millions d’euros (95,9 milliards de FCFA) et le projet d’extraction et de traitement du gaz de Gasmeth Energy au Rwanda. La majorité de ces projets ont d’ailleurs reçu de nombreux prix du secteur pour leur impact sur le continent.

 Ce prestigieux prix que vient de recevoir le président d’Afreximbank est donc sans surprises. « C’est un grand honneur de recevoir le prix Mohammed S. Barkindo Lifetime Achievement Award. Bien qu’il s’agisse d’un grand honneur pour moi personnellement, ce prix reflète le travail et le dévouement de nombreuses autres personnes, y compris mes collègues d’Afreximbank et nos différents partenaires. À Afreximbank, nous restons profondément attachés à la réduction du déficit énergétique sur le continent et à la garantie de notre autosuffisance », a déclaré le Professeur Benedict Okey Oramah.

Le professeur Oramah a commencé sa carrière à la Nigerian Export-Import Bank (NEXIM), où il a joué un rôle déterminant dans l’élaboration des stratégies de développement des exportations du Nigeria. Il est titulaire d’un doctorat en économie agricole de l’Université Obafemi Awolowo au Nigeria.

Finances Publiques : Le timbre fiscal désormais vendu en ligne

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C’est une transition vers la fiscalité numérique. À partir du 15 novembre prochain, les démarches administratives vont être simplifiées grâce à la dématérialisation du timbre fiscal. Désormais, les Camerounais pourront acquérir leurs timbres fiscaux en ligne, via la plateforme de la direction générale des Impôts (DGI). Cette réforme concerne : « le timbre fiscal requis sur les documents ci-après : le permis de conduire, la carte grise et les duplicata respectifs, le permis de port d’arme, le permis et la licence de chasse sur autres activités cinétiques, le permis de recherche à but scientifique, les contrats de transport (lettre de voiture), la mutation totale, le morcèlement judiciaire, le morcèlement par-devant notaire, le retrait d’indivision, l’immatriculation directe et les duplicatum, sera déclaré payé en ligne, sur la plateforme de la direction générale des Impôts (DGI) », lit-on dans le communiqué de presse signé par Louis Paul Motaze, ministre des Finances, à la date du 1ᵉʳ novembre 2024. Et de poursuivre : « la quittance de paiement de cet impôt remplace l’empreinte physique du timbre concerné, et pourra être authentifié à partir du système de la DGI ».

En dépit de la liste détaillée fournie par le ministre Motaze dans son communiqué, la DGI précise que cette dématérialisation s’applique à tous les types de timbres fiscaux, y compris ceux habituellement apposés sur les photocopies de documents et les « timbres gradués », un impôt, d’un montant forfaitaire de 300 000 FCFA, est payé par la majorité des bénéficiaires d’exonérations fiscales, conformément à la réglementation. Cette démarche de dématérialisation vise avant tout à sécuriser les recettes fiscales en éliminant les transactions en espèces et l’utilisation des machines à timbrer, souvent vulnérables à la fraude. En effet, les enquêtes menées par le ministère des Finances ont révélé des abus, notamment durant les périodes de forte demande, comme les inscriptions aux concours administratifs. Les machines à timbrer, initialement introduites pour contrer la contrefaçon, n’ont pas réussi à enrayer totalement les détournements. Avec la mise en place de ce système numérique, le gouvernement espère renforcer la transparence et l’efficacité dans la collecte des recettes fiscales.

Dans une lettre circulaire signée le 19 août 2021, le gouverneur de la région du Littoral, Samuel Dieudonné Ivaha Diboua, avait annoncé « la découverte d’un vaste réseau de contrefaçon » des timbres fiscaux dans cette circonscription administrative. La falsification des timbres fiscaux, qualifiée par le gouverneur Ivaha Diboua de « gravement nuisible à la santé des finances publiques ». Pour contrer cette fraude, le gouvernement avait cessé d’utiliser les timbres physiques depuis plus de dix ans, les remplaçant par des machines à timbrer. La digitalisation des services des impôts entamée il y a quelques années contribue à l’augmentation des recettes au Cameroun. Selon la direction générale des Impôts (DGI) du ministère des Finances (Minfi), les recettes fiscales mobilisées pour le compte de l’État central ont connu une augmentation de 140% entre 2010 et 2022, passant de 992 milliards de FCFA à 2384 milliards de FCFA. Ce qui correspond à une hausse de 1392 milliards de FCFA en valeur absolue.

Recettes fiscales : 39,2 milliards mobilisés par la CUD à fin septembre 2024

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 En recul par rapport aux réalisations cumulées au cours de la même période en 2023, l’exécutif communautaire   pointe du doigt la situation internationale avec ses incidences au niveau local, ainsi que les tensions de trésorerie de l’Etat central.

La Communauté Urbaine de Douala (CUD), mairie de la ville, vient  de procéder à l’évaluation de l’exécution du budget 2024 au 30 septembre, et à la présentation des orientations budgétaires pour l’exercice 2025.  Roger Mbassa Ndine, chef de l’exécutif municipal a ainsi dressé le bilan des recettes et  dépenses effectuées sous la période revue. Ce bilan de l’exécution du budget initialement voté à 63,9 milliards de FCFA, puis porté à la somme de 77,27 milliards de FCFA a selon lui été influencé par les tensions internationales.

Sur les recouvrements,  le cumul des recettes fiscales mobilisées au troisième trimestre 2024 est  de 39,2 milliards de FCFA. Un montant en recul par rapport à la même période en 2023. Quant aux réalisations, les principaux indicateurs d’exécution budgétaire indiquent un montant de 95,7 milliards de FCFA pour les engagements, 31,1 milliards de FCFA pour les liquidations et 29,7 milliards de FCFA, pour ce qui est des ordonnancements.

L’exécutif municipal affirme que cette faible exécution du budget est due aux incidences de la situation au niveau international. « Les tensions internationales et les conflits en Ukraine et au Moyen-Orient, ont un impact sur le commerce mondial, provoquant une incidence négative dans le recouvrement des recettes fiscales, et rendant difficile l’exécution de ce budget. Aussi, l’augmentation des coûts des transactions qui en découle, affecte significativement les activités tributaires de flux d’approvisionnements extérieurs. Malheureusement la Ville de Douala subit de plein fouet les effets néfastes de ces perturbations aggravées par les difficultés de trésorerie de l’Etat central»,  souligne  Roger Mbassa Ndine.

C’est depuis plusieurs mois que le conseil de communauté parle de l’impact de la trésorerie centrale et de la conjoncture internationale sur son budget. « Force est de constater que les tensions de trésorerie sur les finances publiques de notre pays sont demeurées très fortes au cours du premier semestre de l’année, avec toutes les répercussions induites sur la trésorerie de la CUD et leurs conséquences directes ou indirectes sur l’exécution du budget », avait indiqué Roger Mbassa Ndiné en juin dernier.  Faisant le bilan à mi-parcours de l’exercice budgétaire en cours, il avait alors renseigné que l’inflation avait d’ailleurs menacé la bonne exécution des chantiers routiers dans la ville.

Le chef de l’exécutif communautaire compte atténuer le gap au dernier trimestre  en cours.  Pour 2025, les priorités sont aussi déjà fixées.  Les actions  seront orientées sur des projets à efficacité mesurable, selon Roger Mbassa Ndiné.

Finance durable: Access Bank crée un programme en direction des femmes

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Lancée au sein de la filiale locale de la banque, l’initiative vise à soutenir et connecter les femmes dans différents secteurs aux opportunités de financement.

Access Bank Cameroon souhaite contribuer de manière positive à l’autonomisation des femmes dans un contexte où l’accès au crédit est souvent limité pour ce genre.  La filiale camerounaise de cette banque  vient de lancer officiellement  un réseau dédié aux femmes.  Dénommé, Access Women Network, ce réseau selon la banque vient établir un équilibre socio-économique. L’objectif est de «  promouvoir l’équité entre les hommes et les femmes et à renforcer l’autonomie des femmes dans le monde de l’entreprise », souligne Access Bank Cameroon.  

 Concrètement, il est question à travers cette initiative d’investir sur les meilleurs talents et de favoriser une culture d’inclusion et de diversité. « Ce réseau est inclusif, accueillant les anciens employés d’Access Bank, les anciens élèves, les épouses des employés masculins de la banque, et d’autres femmes professionnelles au Cameroun. L’objectif est  de créer un écosystème de soutien où les femmes peuvent progresser tant sur le plan professionnel que personnel. En donnant accès à des opportunités de mentorat, de formation et de réseautage« , explique Doris Ateh,  responsable des Ressources Humaines, Access Bank Cameroon.

Le réseau va accompagner essentiellement des projets innovants portés par les femmes et espère toucher certaines communautés à travers ces femmes. « Cette initiative innovante est conçue pour soutenir, renforcer et connecter les femmes dans différents secteurs, ce qui représente une avancée significative dans la promotion de la diversité et de l’égalité des genres au sein de la banque », ajoute Access Bank Cameroon. C’est donc une occasion d’encourager les femmes qui excellent chacune dans son domaine malgré les nombreux challenges.  « Il est essentiel d’équilibrer les aspirations professionnelles et les engagements personnels. La famille et Dieu ont une valeur inestimable, et j’encourage toutes les femmes à exceller dans leurs activités professionnelles tout en prenant soin de leur vie personnelle », indique la banque.

Les femmes sont encouragées à libérer leur plein potentiel et saisir les diverses opportunités offertes par la banque. Access Bank facilite en effet l’accès aux marchés internationaux, soutient les paiements internationaux et fournit des financements du commerce international et des crédits à ses clients. En outre, Access Bank Cameroon se consacre à l’autonomisation des PME, des femmes d’affaires et des jeunes entrepreneurs au Cameroun en offrant des solutions innovantes, une éducation financière et des facilités personnalisées pour répondre à leurs besoins spécifiques.

Access Bank Cameroon  est une banque commerciale polyvalente spécialisée dans les services bancaires de masse, services bancaires digitaux ainsi que des services aux particuliers. La banque a reçu son agrément du gouvernement du Cameroun le 3 février 2022, et a officiellement démarré ses activités le 23 mai 2022, à partir de son siège à Akwa, Douala.  L’établissement de crédit exploite actuellement trois agences au Cameroun : Akwa, Bonamoussadi et Intendance. Sa société mère, Access Bank Plc, est présente sur trois continents, dans 24 pays dont 16 en Afrique.

Transport des marchandises. Un accord entre les Douanes et les chargeurs tchadiens

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Ce cadre de collaboration établi entre les deux parties, va entre autres, permettre d’accompagner les chargeurs dans leurs procédures des opérations douanières de transit sur le territoire camerounais  et de contribuer à la réduction des coûts et délais de passage des marchandises.

La Direction Générale des Douanes du Cameroun et le Conseil des Chargeurs du Tchad (Coc-Tchad) sont désormais partenaires. Le protocole d’accord à cet effet a été signé le 08 novembre 2024 par FONGOD Edwin NUVAGA, DG des Douanes du Cameroun, et Hamid DJOUMINO, DG du Conseil des Chargeurs du Tchad. Le protocole d’accord fixe un cadre de collaboration, de consultation, d’échanges d’informations et de données entre les parties.

Le Protocole vise spécifiquement à accompagner les chargeurs dans leurs procédures des opérations douanières de transit sur le territoire camerounais ; à maîtriser les statistiques des marchandises en transit et dresser la cartographie des chargeurs spécialisés dans les opérations de transit sur les corridors camerounais. Il permettra ainsi de contribuer à la réduction des coûts et délais de passage des marchandises  et de sécuriser davantage les mouvements desdites marchandises.

 Concrètement,  la Direction générale des Douanes  du Cameroun va contribuer au renforcement des capacités, à la facilitation des échanges et à l’accompagnement des chargeurs tchadiens. Elle va également élaborer un manuel de procédures et des coûts de passage des marchandises en provenance ou à destination du Tchad ; désigner des points focaux auprès du Coc-Tchad pour le suivi personnalisé des chargeurs éprouvés. La Direction des Douanes va aussi jouer un rôle dans  l’amélioration des contrôles,  la sécurisation des opérations du commerce extérieur et l’optimisation des recettes.  Elle va par exemple optimiser, en collaboration avec le Coc-Tchad, la lutte contre la fraude. L’accord prévoit aussi un échange d’informations et la construction d’un entrepôt de données. Sur cet aspect, la partie camerounaise va mettre à la disposition du Coc-Tchad à travers la plateforme dédiée, tous les manifestes /titres de transports des cargaisons à destination ou en provenance de la République du Tchad ainsi que toutes les modifications subséquentes ; transmettre toutes Décisions, Notes de Service et autres actes réglementaires utiles afférents aux procédures du commerce extérieur et de transit  etc.

 De son côté, le Conseil des Chargeurs du Tchad est engagé à transmettre le fichier actif des chargeurs tchadiens à la Direction Générale de Douanes ; communiquer de manière systématique sur la plateforme les données contenues dans le Bordereau Electronique de Suivi des Cargaisons (BESC) et faciliter la réconciliation desdites données avec celles contenues dans les déclarations en douane (transit).

Pour ce qui est de la sécurisation des opérations du commerce extérieur et l’optimisation des recettes, il s’agira de produire des outils permettant de s’assurer de l’authenticité des BESC ; mettre à la disposition des Douanes camerounaises , une cartographie de chargeurs tchadiens spécialisés dans le transit et en exploiter les données afin de sécuriser et fluidifier les opérations de transit sur les corridors ; interfacer le système de gestion du BESC avec le système d’information CAMCIS et celui de la collecte de la Redevance maritime du Tchad.

Sur le renforcement des capacités et de l’accompagnement des chargeurs, il s’agira d’assister les chargeurs faisant l’objet d’un suivi personnalisé du Coc-Tchad, afin que ceux-ci bénéficient d’un accompagnement des Douanes camerounaises. Le conseil devra aussi porter périodiquement à la connaissance des Douanes du Cameroun, les préoccupations exprimées par les chargeurs tchadiens etc.

MICHEL BAYEBEK : « Nous accompagnons l’Etat dans la lutte contre la pauvreté et la protection de l’environnement »

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Que visent les programmes es programmes Africa Green Impact (AGI) et Relais Multimédia de Développement (Remudev) dont vous procédé au lancement ?

En fait, vous savez, les objectifs du développement durable ont été adoptés par l’Assemblée générale des Nations unies en septembre 2015. Cela signifie que nous en sommes à peu près à 9 ans, et leur évaluation se fera en 2030, ce qui nous laisse 6 ans. La raison d’être de notre séance de travail d’aujourd’hui, qui marque le début d’une caravane lancée pour un mois et qui se prolongera par la suite, est de mettre en œuvre les actions définies par les Nations unies et d’accompagner l’État du Cameroun à poser les bases nécessaires pour les respecter. Il faut préciser que parmi ces 17 objectifs, il y a la lutte contre la pauvreté et la protection de l’environnement, par exemple. On ne peut pas lutter contre la pauvreté en restant dans les bureaux ou en clamant que nous voulons qu’elle disparaisse. Il faut poser des actions concrètes qui vont dans ce sens. Le premier élément de cette lutte est la faim. Si vous ne pouvez pas manger, vous allez automatiquement tomber malade, et les problèmes s’enchaîneront. Le projet que nous portons vise à accompagner notre État dans la lutte contre tous ces éléments en accord avec les objectifs du développement durable.

Quelle est la raison derrière cette initiative ?

Lorsque les ODD ont été lancés en 2015, cela signifiait que nous avions 15 ans. Nous avons déjà passé 8 ans, il nous reste 6 ans. Qu’avons-nous besoin de capitaliser pour réussir dans les 6 ans qui restent ? Aujourd’hui, si l’ONU venait nous évaluer, nous ne serions pas à 2 sur 17 objectifs à atteindre. Les 2 objectifs montrent que nous sommes encore loin. Mais est-ce possible de faire en 6 ans ce que nous n’avons pas pu faire en 8 ans ? Bien sûr. Ce qui a été défini pour être fait en 15 ans est possible. Entre celui qui évalue et celui qui met en œuvre pour atteindre le but, il y a des choses qui peuvent être faites et qui se feront. Nous avons la foi et le rêve, et derrière ce rêve, nous mettons les moyens. Ceux qui ont défini les objectifs nous donnent les moyens de les atteindre. Donc, tant que nous avons les moyens d’action, nous pourrons y arriver. Je pense que dans six ans, nous les aurons atteints. Mais attendons six ans pour évaluer si nous aurons réussi. Moi, je crois que nous y arriverons.

Monsieur le directeur, quelles sont concrètement les actions que vous allez mener sur le terrain pour atteindre ces objectifs ?

De façon concrète, nous lançons une caravane aujourd’hui. Nous commençons par la formation des acteurs. L’acteur, ce n’est pas l’État gouvernant qui définit les orientations, mais les acteurs sur le terrain. Je prends deux ou trois exemples. Lorsque l’État du Cameroun voulait éradiquer la faim, il a créé des ministères : le Ministère de l’Agriculture, le Ministère de l’Élevage, le Ministère de l’Environnement et le Ministère de la Forêt et de la Faune. Tous ces ministères existent et ont des programmes à l’intérieur. Il revient aux acteurs privés de mettre en œuvre ces actions et de les implémenter. Ce que nous faisons, ce n’est pas une baguette magique, nous allons vers les acteurs du monde agricole et de l’élevage pour leur dire : « Voilà ce que vous avez fait par le passé pour détruire ce qui vous nourrit. Maintenant, adoptez ces nouvelles habitudes. » Nous avons lancé un premier plan sur cinq ans, avant l’étape d’évaluation. Nous recrutons 20 100 jeunes que nous formons. L’un des problèmes majeurs est le manque de formation. Parfois, on blâme les acteurs sans savoir s’ils ont été formés. Nous voulons les former avec des outils et des ingénieurs dans différents domaines d’activité. En un mois, le message sera clair. Ensuite, nous irons dans les différents arrondissements. L’avantage que nous avons, c’est que toutes ces entités nous ont donné leur accord et ont désigné des points focaux pour nous accompagner. Nous pensons que le résultat sera atteint.

Autoroute Yaoundé-Nsimalen phase II: 6,1 milliards de FCFA pour des travaux de déviation

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vue partielle de la maquette de la section urbaine de l'autoroute Yaoundé-Nsimalen

Depuis quelque temps, les engins de chantier ont pris possession du Bois Sainte Anastasie, un espace vert bien connu du centre de Yaoundé. Ce site est devenu le théâtre des travaux préparatoires de la section urbaine de l’autoroute Yaoundé-Nsimalen. Financé à hauteur de 6,1 milliards de FCFA par le budget d’investissement public du ministère de l’Habitat et du Développement Urbain (Minhdu), ce chantier a été attribué sans appel d’offres à l’entreprise française Razel.

Sa mission principale est de détourner le canal du Bois Sainte Anastasie pour permettre la construction de la route et aménager des espaces de relocalisation à Olezoa, un quartier de la capitale. La ministre de l’Habitat et du Développement Urbain, Célestine Ketcha Courtès, a indiqué que ces travaux visent à connecter l’ancienne voie à la route de Bastos tout en contournant le Bois Sainte Anastasie, pour fluidifier la circulation. «Il s’agit de permettre à l’ancienne voie d’aboutir directement à la nouvelle route de Bastos, en contournant le Bois Sainte Anastasie», a-t-elle déclaré

UNE RELANCE TANT ATTENDUE

Les travaux d’aménagement des sites de relocalisation, annoncés en mars 2024, ont pris du retard. En effet, c’est lors d’une réunion présidée le 15 mars 2024 par Mathurin Nna, Secrétaire général du Minhdu, qu’ils avaient été annoncés. Lors de la même réunion, il avait également dévoilé de manière plus précise, le tracé de la section urbaine de l’autoroute Yaoundé-Nsimalen, insistant même sur le lieu où seront donnés les premiers coups de pelle. A en croire ce dernier, c’est au Carrefour des 3 statues dans le quartier de Mvolyé que les travaux vont débuter.

Là, un échangeur doit voir le jour pour améliorer la circulation dans cette zone dynamique du 3e arrondissement de Yaoundé. Ces «travaux vont perturber l’activité économique sur le site». Selon les prévisions du ministère, les commerçants de meubles et autres vont être déplacés vers Etoa ou vers l’arrière du marché de Mvog Atangana Mballa, non loin du tracé de la future autoroute.

D’autres personnes par contre, devraient être relogées près de l’hôpital Bethesda, en périphérie de la nouvelle route Bastos. Si le Minhdu a lancé les travaux au niveau du Bois Sainte Anastasie, c’est certainement parce que le ministère des Domaines, du Cadastre et des Affaires Foncières (Mindcaf) a finalement bouclé les procédures foncières.

A en croire Mathurin Nna, cette démarche préalable était essentielle «pour permettre à Razel de lancer les aménagements destinés aux commerçants déplacés». Par ailleurs, pour les habitants directement impactés, le Minhdu prévoit une évaluation sur le terrain avant tout versement d’indemnités, une promesse qui, jusqu’à présent, n’a pas encore été concrétisée. RESPECT DES

NORMES ENVIRONNEMENTALES

 Avant de lancer ces opérations de construction, le Minhdu a obtenu les autorisations environnementales nécessaires. Entre le 13 et le 18 mai 2024, des audiences publiques se sont tenues pour présenter l’étude d’impact environnemental et social du projet. Ces rencontres, organisées à la Maison des anciens combattants et à la Centrale des mouvements d’action catholique de Yaoundé, ont permis aux citoyens de partager leurs observations. Les avis et préoccupations exprimés lors de ces audiences ont été consignés dans un rapport validé par le ministère de l’Environnement, qui a délivré un certificat de conformité environnementale en faveur du projet. UN

PROJET EN SUSPENS DEPUIS DES ANNÉES

La section urbaine de l’autoroute Yaoundé-Nsimalen, longue de 12,3 km, a vu sa réalisation bloquée pendant plus de cinq ans, principalement pour des raisons de financement. La pose de la première pierre le 18 décembre 2023, suivie des instructions du Premier ministre Joseph Ngute lors d’un Conseil de cabinet en février 2024, ont marqué une étape décisive dans la relance de ce projet.

«Le Premier ministre a donné des consignes pour que toutes les conditions soient réunies et permettre ainsi le démarrage effectif des travaux dès avril 2024», avait déclaré la ministre Célestine Ketcha Courtès. Cependant, huit mois après cette annonce et plusieurs mois après la date prévue de lancement, les travaux avancent lentement, ce qui laisse planer des doutes sur le calendrier initial.

DES ÉTAPES COMPLEXES POUR UNE MODERNISATION URBAINE

Pour mémoire, la section urbaine de l’autoroute Yaoundé Nsimalen est longue de 12,3 km. Elle part de l’échangeur Ahala situé dans l’arrondissement de Yaoundé III, pour rejoindre la sous-préfecture Tsinga dans la commune de Yaoundé II, en passant par la Poste centrale. Le projet a été subdivisé en 3 lots. La construction du premier tronçon qui va de l’échangeur Ahala à Échangeur 3 statues, en passant par Obam-ongola sur un linéaire de 6,2 Km a été confiée à l’entreprise Buns. Quant aux lots 2 (3 statues-Poste centrale) et 3 (Boulevard du 20 mai – carrefour Tsinga) ils ont été confiés à Razel comme mentionnés plus haut.

 Sur ce tronçon, «il y a trois nouveaux ouvrages qui font leur entrée dans le projet et qu’il faudra nécessairement construire pour fluidifier le trafic urbain dans la ville de Yaoundé. Il s’agit de l’échangeur au niveau de 3 Statues : l’autoroute va passer sous terrain sur le rond-point actuel de 3 Statuts, un peu comme à Nlongkak, ensuite l’échangeur au niveau de Messe des officiers, et enfin au niveau de la Poste centrale, l’autoroute passe au-dessus sur un pont et le rond-point de la poste sera réaménagé» a indiqué Razel lors de la cérémonie de pose de la première pierre. D’après le Document de programme d’investissement prioritaire (PIP) 2024-2026, les travaux, qui, en principe doivent débuter cette année, vont s’achever en 2027, pour un coût global de 379 milliards de FCFA

Fonds Vert : Rader S.A. mobilise 189,6 milliards de FCFA pour l’agriculture durable

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La Banque mondiale estime que l’agriculture et le changement d’usage des terres représentent 25 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Au Cameroun, ce secteur reste le principal pourvoyeur d’emplois, employant environ 60 % de la population active, principalement dans des exploitations familiales, selon l’Institut national de la statistique (INS). Cependant, les pratiques agricoles traditionnelles impactent l’environnement et accélèrent le changement climatique, d’où la nécessité urgente de repenser l’agriculture dans le pays. Pour répondre à ce défi, l’Organisation non gouvernementale Rader, a lancé le 7 novembre dernier à Yaoundé, les programmes Africa Green Impact (AGI) et Relais Multimédia de Développement (Remudev). 189,6 milliards de FCFA, soit 310 millions de dollars mobilisés par ces programmes sur une période de cinq ans.

 Il s’agit des financements accessibles et flexibles aux agriculteurs, éleveurs, coopératives et institutions de microfinance. Avec des crédits couvrant 80 à 90 % des coûts initiaux, les bénéficiaires peuvent ainsi investir dans des infrastructures et innovations vitales pour améliorer leur productivité. C’est « à la suite des accords de Paris et avec l’adoption des Objectifs de développement durable, il y a un ensemble de fonds, notamment le Fonds vert pour le climat, qui a été voté par les institutions internationales. Ce sont des viviers de financement qui accompagnent les initiatives allant dans le cadre du développement durable.

Rader, ayant cette capacité et cette compétence, portée par des Camerounais, a pu obtenir des financements dans ce cadre afin d’aider le citoyen camerounais à se développer et à améliorer ses conditions de vie », a précisé Dr Florent Menyene, coordonnateur de Rader. Le projet se focalise sur la promotion d’une « agriculture climato-intelligente » qui aide les agriculteurs à accroître leur productivité, renforcer leur résilience face aux changements climatiques et réduire les émissions de gaz à effet de serre issues des cultures, de l’élevage et de la gestion des terres. La feuille de route de ces programmes cible les ODD 13 et 15, qui visent respectivement à lutter contre le changement climatique et à préserver les écosystèmes terrestres.

En parallèle, AGI et Remudev souhaitent mettre en place une transformation numérique pour une agriculture régénératrice et durable. L’objectif : garantir la sécurité alimentaire, encourager l’économie circulaire et réduire les émissions, tout en favorisant une meilleure adaptation au climat pour les producteurs du Cameroun. « De façon concrète, nous lançons une caravane aujourd’hui. Nous commençons par la formation des acteurs. Nous avons lancé un premier plan sur cinq ans, avant l’étape d’évaluation. Nous recrutons 20 100 jeunes que nous formons. Les former, nous avons des outils, nous avons des acteurs déjà qui sont des ingénieurs dans différents domaines d’activité. Et en un mois déjà, le message sera un message explicatif. Et par la suite, nous irons dans les différents arrondissements. L’avantage que nous avons, c’est que toutes ces entités nous ont donné leur OK », a expliqué Michel Bayebek directeur général de Rader. Il poursuit en insistant sur l’importance d’accélérer les efforts : « Les ODD nous ont donné 15 ans, mais il nous reste seulement six ans pour atteindre nos objectifs. Même si nous avons pris du retard, je crois fermement que nous pouvons réussir. Nous disposons des moyens nécessaires et, en unissant nos forces, nous atteindrons nos cibles. »

 Pour appuyer cette transition, le programme AGI propose trois services : Rader Afolu pour une production agropastorale régénérative et intelligente face au climat, Rader Food pour valoriser les produits locaux et réduire les importations, et Rader Cleantech pour transformer les déchets en engrais et gaz de cuisson, tout en vulgarisant l’énergie solaire. Remudev facilitera l’acquisition de matériel numérique et le développement de formations à distance pour accélérer l’inclusion numérique et soutenir l’éducation et l’agropastoral. Ces programmes, soutenus apprend-on par le partenaire stratégique MTN Cameroon ainsi qu’une vingtaine de partenaires technologiques d’Amérique, d’Europe et d’Asie, seront promus à travers une caravane marketing nationale qui se déroule au cours de ce mois novembre 2024.

Cette campagne sera marquée par des sessions de formation pour les utilisateurs dans les chefs-lieux des 10 régions du pays. Enfin, dans le cadre de ce programme, 20 100 jeunes « Green Drivers » seront formés et mobilisés pour faciliter l’accès des agriculteurs aux nouvelles technologies agricoles. En distribuant localement les produits et services d’AGI, ces jeunes entrepreneurs joueront un rôle essentiel dans le renforcement de l’agriculture durable et la transition vers un modèle plus respectueux du climat.

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