Un mois après la publication des listes définitives des électeurs, Elections Cameroon (Elecam) vient de réintroduire 120 000 électeurs initialement exclus du fichier électoral pour « défaut d’empreintes digitales ». Au cours de la 2ème édition de la Plateforme nationale de concertation permanente entre Elecam et les autres acteurs du processus électoral ce 26 novembre 2024, Erik Essoussè le directeur général des élections à Elecam a indiqué que « le problème a été profondément analysé au sein du conseil électoral et à la direction générale, et tous les électeurs sont pris en compte et seront dans les listes de décembre 2024 ». L’organe en charge de l’organisation des élections au Cameroun admet ainsi que la faute ne revenait pas aux électeurs qui se sont régulièrement inscrits auprès de ses démembrements, mais dont les empreintes digitales devant garantir la fiabilité des données enregistrées au compte de chaque électeur, n’ont pas été prises en compte. A la publication des listes définitives le 18 octobre dernier, le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) avait crié au scandale, dénonçant des manœuvres frauduleuses. Des curieux avaient même constaté que les victimes de ces erreurs étaient généralement issues des fiefs de l’opposition et autres circonscriptions réputées avoir des opposants.
Le MRC de Maurice Kamto n’était pas présent aux travaux auxquels il était formellement invité au même titre que les autres acteurs politiques majeurs. Une absence qu’Elecam a dénoncée, tant le parti est celui qui a le plus contesté la fiabilité du fichier électoral au lendemain de la clôture des inscriptions sur les listes électorales le 31 août dernier. Mais la presse qui a interpellé Erik Essoussè sur cette question qui taraudait les esprits. Elecam étant le seul organe à inscrire les électeurs et donc à introduire les données biométriques dans ses appareils.
Le MRC se félicite de ce rétropédalage d’Elecam : « il s’agit d’un pas, si petit soit-il, dans la bonne direction», a salué Maurice Kamto. « Le MRC se réjouit que le conseil électoral ait décidé d’assumer sa mission de veiller ‘’au respect de la loi électorale par tous les intervenants de manière à assurer la régularité, l’impartialité, l’objectivité, la transparence et la sincérité des scrutins’’», tel que prévoit l’article 10 du Code électoral ; « et que la direction générale d’Elecam ait retrouvé la raison sur cette question», écrit Maurice Kamto. « Le MRC voudrait y voir un signe annonciateur de la volonté de l’organe électoral d’œuvrer au respect strict de la loi électorale par tous les acteurs du processus électoral à commencer par lui-même », poursuit Kamto. Avant d’interpeller ses compatriotes : « si les Camerounais veulent vraiment le changement comme ils le déclarent, ils doivent restés alertés et déterminés », lance-t-il. Estimant que « par le passé, le système a profité de l’indifférence, parfois de l’ignorance de certains acteurs politiques relativement au non-respect du Code électoral ». La prochaine élection est la présidentielle prévue en octobre 2025.
La guerre entre le MRC et Elecam ne date pas d’aujourd’hui. Les deux parties se sont plusieurs fois affrontées lors des inscriptions sur les listes électorales. Alors que le parti d’opposition qui s’était par le passé résigné à mobiliser les citoyens à s’inscrire sur les listes électorales, a fini rejoindre la barque, s’est très souvent confronté à Elecam qui a à un moment restreint ses heures d’inscriptions sur les listes électorales. Contre un engagement massif des électeurs, y compris les week-ends.
Alors que Paul Biya, 91 ans dont 42 passés à la tête de l’Etat, est appelé par ses partisans à se représenter, Maurice Kamto arrivé 2ème en 2018, est annoncé à la tête de l’Alliance patriotique pour le changement (APC), une coalition de l’opposition créée par le député Jean Michel Nitcheu, transfuge du Social democratic front (SDF).
Dans une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux, l’on aperçoit des gendarmes se livrer à des actes de torture sur Me Tamfu Richard. Jeté à ’arrière d’un pick-up de ce corps de la défense, l’avocat se faisait piétiner par les pandores sus le regard d’une foule médusée. L’on peut entendre des voix s’indigner et crier à l’horreur, face à des tortionnaires sourds. On apprend d’une source que l’homme de droit tentait de faire respecter les droits d’une de ses clientes auprès des agents de la gendarmerie.
Aux dernières nouvelles, l’avocat très connu des milieux de défense des droits de l’homme, a été libéré, mais est passé par la case médicale où il consulte des spécialistes pour des examens de routine.
Les images de la torture
Cela survient alors qu’il y a quelques jours le Secrétaire d’Etat à la défense (SED) chargé de la gendarmerie interpellait les éléments de gendarmerie au sujet des actes de tortures envers les citoyens dont ils violent les droits fondamentaux, notamment des détentions illégales. Galla Max Etoga est interpellé sur cet autre cas particulièrement flagrant.
Les suspects, dont un ancien sergent de l’armée révoqué en 2007, ont été interpellés dans le quartier Ekonou, un quartier populaire de la capitale du Cameroun, en possession de trois défenses et demie d’éléphants dissimulées dans un sac à dos militaire. Ils tentaient alors de conclure une vente illégale. Cette opération a bénéficié de l’assistance technique de l’organisation LAGA, spécialisée dans l’appui à l’application des lois sur la faune.
Un réseau organisé mis en lumière
L’enquête révèle que les trois hommes appartiendraient à un réseau de trafic d’ivoire exploitant le statut militaire de certains membres pour dissimuler leurs activités illégales. Le sous-officier, en particulier, aurait résisté violemment à son arrestation avant d’être maîtrisé. Le groupe a été immédiatement placé en garde à vue à la police judiciaire, avant d’être transféré au tribunal militaire pour des enquêtes complémentaires.
Chaque membre du réseau jouait un rôle bien défini : l’un collectait et stockait les défenses, tandis que les autres servaient d’intermédiaires et de vendeurs. Ces pratiques, de plus en plus fréquentes, mettent en lumière une inquiétante implication de certains fonctionnaires, dont des enseignants, des ingénieurs, et des militaires, dans des crimes fauniques.
Une lutte intensifiée contre le trafic d’ivoire
Ce cas s’ajoute à une série d’arrestations récentes, notamment celle d’un enseignant et d’un ingénieur arrêtés à Ebolowa en juillet dernier avec quatre défenses d’éléphants, ou encore celle de trois trafiquants et d’un colonel à la retraite dans la capitale. Ces affaires illustrent l’ampleur du défi que représente le trafic d’ivoire au Cameroun.
L’éléphant, espèce emblématique et totalement protégée dans le pays, joue un rôle crucial dans l’écosystème forestier et savanicole. Sa survie est menacée par la demande croissante pour ses défenses, alimentée par des réseaux criminels sophistiqués. Le gouvernement camerounais a renforcé son arsenal juridique avec l’adoption en 2024 d’une loi stricte sur les espèces sauvages. Ces efforts visent à décourager le commerce illégal de l’ivoire et à protéger les éléphants, éléments essentiels à l’équilibre écologique.
Un signal fort aux trafiquants
L’arrestation de ce trio envoie un message clair : aucune position sociale ou professionnelle ne protège contre l’application de la loi. Les autorités réitèrent leur engagement à traquer et punir sévèrement tous ceux qui s’impliquent dans la criminalité liée aux espèces sauvages, rappelant l’importance de préserver la biodiversité pour les générations futures.
Par Henri KOUAM, économiste, Cameroon Economic Policy Institute (CEPI)
Introduction
La Conférence des Nations unies sur le changement climatique (COP29) s’est achevée aujourd’hui sur un nouvel objectif financier visant à aider les pays à protéger leurs populations et leurs économies contre les catastrophes climatiques, et à partager les vastes bénéfices du boom des énergies propres. Cet article montre ce qui a été convenu en matière de financement, le plan carbone, l’accord de Paris et l’adaptation aux changements climatiques.
Qu’est-ce qu’il faut retenir ?
En mettant l’accent sur le financement de la lutte contre le changement climatique, la COP29 a réuni près de 200 pays à Bakou, en Azerbaïdjan, qui promets de tripler le financement des pays en développement, de l’objectif précédent de 100 milliards de dollars par an, à 300 milliards de dollars par an d’ici 2035.
Connu officiellement sous le nom de nouvel objectif collectif quantifié de financement de la lutte contre le changement climatique (NCQG), il a été adopté après deux semaines de négociations intensives et plusieurs années de travaux préparatoires, dans le cadre d’un processus qui exige que toutes les nations s’accordent à l’unanimité sur chaque mot de l’accord.
« Cet objectif est une assurance dans un contexte marqué par un aggravement des impacts climatiques qui touche les pays. Mais cela ne serait pas effectif si les pays développés ne s’investissent pas dans leur promesse », déclare M. Haiwang Djamo, analyste de recherche a CEPI.
Si l’objectif est atteint, quel serait l’impact économique
Cette somme supportera la transition envers les énergies propres, créant ainsi plus d’emploi, une croissance forte et saine et une énergie moins chère pour tous. Il faut appeler toute fois que les investissements mondiaux dans les énergies propres dépasseront pour la première fois les 2 000 milliards d’USD en 2024 d’après L’Agence internationale de l’énergie.
D’où sort le montant de $300 milliards par an ?
Le nouvel objectif de financement de la COP29 s’appuie sur les avancées significatives de l’action climatique mondiale lors de la COP27, qui a adopté un fonds historique pour les pertes et dommages, et de la COP28, qui a abouti à un accord mondial visant à abandonner rapidement et équitablement tous les combustibles fossiles dans les systèmes énergétiques, à tripler les énergies renouvelables et à renforcer la résilience au changement climatique.
La COP29 est également parvenue à un accord sur les marchés du carbone, qui n’a pas été possible au COP auparavant. Ces accords aideront les pays à mettre en œuvre leurs plans climatiques plus rapidement et à moindre coûts, et à progresser plus vite dans la réduction de moitié des émissions mondiales au cours de cette décennie, comme l’exige la science.
Des accords importants ont également été conclus sur la transparence des rapports sur le climat et l’adaptation, comme résumé ci-dessous. L’accord de financement conclu doit être accompagné des plans nationaux pour le climat (contributions déterminées au niveau national ou CDN) plus ambitieux doivent être adoptés par tous les pays l’année prochaine. Ces nouveaux plans doivent couvrir tous les gaz à effet de serre et tous les secteurs, afin de maintenir la limite de 1,5 °C de réchauffement à portée de main. Lors de la COP29, deux pays du G20 – le Royaume-Uni et le Brésil – ont clairement indiqué qu’ils prévoyaient d’intensifier l’action climatique dans leurs CDN 3.0, parce que ces dernières sont entièrement dans l’intérêt de leurs économies et de leurs populations.
Un bref résumé des autres réalisations clés de la COP29
Les progrès réalisés sur les marchés du carbone est notable au cours des deux dernières semaines. Après près d’une décennie de travail, les pays se sont mis d’accord sur les derniers éléments qui définissent comment les marchés du carbone fonctionneront dans le cadre de l’Accord de Paris, rendant les échanges de pays à pays et un mécanisme d’octroi de crédits carbone pleinement opérationnels.
En ce qui concerne les échanges de pays à pays (article 6.2), la décision de la COP29 clarifie la manière dont les pays autoriseront les échanges de crédits carbone et dont les registres qui en assurent le suivi fonctionneront. Il est désormais assuré que l’intégrité environnementale sera garantie en amont par des examens techniques dans le cadre d’un processus transparent.
Le mécanisme d’octroi de crédits de l’accord de Paris, est étayé par des contrôles obligatoires des projets en fonction de solides protections de l’environnement et des droits de l’homme, y compris des sauvegardes qui garantissent qu’un projet ne peut aller de l’avant sans l’accord explicite et éclairé des peuples autochtones.
Adaptation aux changements climatiques
La COP29 a été un moment important pour l’adaptation, avec l’obtention de plusieurs résultats clés. La décision de la COP sur les questions relatives aux pays les moins avancés (PMA) contient une disposition relative à l’établissement d’un programme de soutien à la mise en œuvre des plans nationaux d’adaptation (PNA) pour les PMA. Les parties ont longuement débattu de la deuxième évaluation quinquennale des progrès accomplis dans l’élaboration et la mise en œuvre des PAN, et poursuivront cette évaluation en juin 2025.
Un dialogue de haut niveau sur les plans nationaux d’adaptation a réuni les ministres des pays les moins avancés et des petits États insulaires en développement, des experts financiers et des donateurs internationaux afin de répondre à l’urgence croissante de l’adaptation au changement climatique.
Le résultat de l’objectif global en matière d’adaptation trace une voie claire vers la COP30 pour le programme de travail sur les indicateurs, en prévoyant un processus permettant aux experts de poursuivre leur travail technique avant de passer le relais aux parties. La COP29 a franchi une étape décisive pour faire entendre la voix des peuples autochtones et des communautés locales dans l’action climatique, en adoptant le plan de travail de Bakou et en renouvelant le mandat du groupe de travail de facilitation (GTF) de la plateforme des communautés locales et des peuples autochtones (LCIPP).
Jacqueline Adiaba Nkembe, présidente de la Cosumaf, a présidé des débats essentiels sur la finance digitale et les défis économiques modernes. C’était dans le cadre de la Semaine internationale de l’investisseur de la Cemac (SIIC). Placée sous le thème : « La technologie et la finance digitale, les cryptoactifs et la finance durable », l’enjeu de cette initiative, apprend-on, est de « sensibiliser nos étudiants à l’importance de la finance digitale qui s’invite chez nous à travers les fintechs, la finance participative », justifie la présidente.
À travers cet événement sur l’éducation financière, elle a voulu inculquer à la jeunesse des pays membres les bonnes attitudes de l’investisseur intelligent pour booster les économies. Les amphithéâtres : de l’Université catholique de l’Afrique centrale, de l’Institut des Relations Internationales du Cameroun (Iric), de l’École supérieure des sciences et techniques de l’information et de la communication (Esstic) et de l’École nationale d’administration et de magistrature (Enam), ont accueillis cet événement sous-régional.
Il s’est agi, entre autres, d’apprendre aux étudiants comment fonctionne le marché financier et la culture boursière. « Elle n’est pas propre au marché financier de l’Afrique centrale. L’objectif premier, c’est de sensibiliser les investisseurs à ces instruments et surtout aux risques associés à leur manipulation, car on a coutume de dire que lorsqu’un rendement est élevé, le risque l’est aussi », a-t-elle précisé alors qu’elle entamait les débats à l’Université catholique de l’Afrique centrale le 19 novembre dernier.
6,76 % DES CAMEROUNAIS SE LANCENT DANS LES CRYPTOMONNAIES
Cet événement intervient dans un contexte où l’entrée en scène de la digitalisation dans la collecte de l’épargne publique, conjoncturelle pendant la crise sanitaire, est devenue structurelle pour s’installer durablement. Le nombre d’alertes du régulateur, consécutives à des fraudes et escroqueries en ligne en Afrique centrale, a augmenté. Ces fraudes et escroqueries tirent profit notamment de la forte démocratisation de l’argent mobile (monnaie électronique), qui s’impose comme une alternative au faible taux de bancarisation en zone Cemac pour inviter le public à rentabiliser son épargne. Notamment, le phénomène des cryptomonnaies prend une ampleur impressionnante au Cameroun. Selon une étude du ministère des Finances de 2022, près de 900 000 Camerounais, soit 6,76 % de la population active, se lancent dans les cryptos actifs, avec des investissements moyens avoisinant les 800 000 francs CFA par personne. Et pour cause : les promesses de gains alléchants, parfois jusqu’à 150 000 francs CFA par semaine, séduisent un nombre croissant d’investisseurs. Mais derrière cet engouement, un danger guette : sans une régulation stricte, le risque de dérives comme les systèmes de Ponzi demeure bien réel.
LA GESTION FINANCIÈRE ET LES CRYPTO-ACTIFS
Dans une logique où « les étudiants utilisent beaucoup ces produits et joueront un rôle clé dans nos économies », souligne la présidente de la Cosumaf, avant de rappeler qu’ils devront, en tant que futurs investisseurs ou entrepreneurs, comprendre ces outils et se rappeler qu’un bon investisseur est celui qui connaît les risques liés aux instruments financiers. « Le chef de l’État a prescrit une collaboration étroite entre le milieu universitaire et les structures de formation professionnelle, également appelées le milieu socio-professionnel. Cette initiative de la Cosumaf est pertinente, car elle cible les étudiants, qui représentent les opérateurs financiers de demain. Il est essentiel de sensibiliser cette future génération. Dans des États comme les nôtres, cette question est relativement nouvelle et peut susciter des inquiétudes. Des sujets tels que l’avenir de la monnaie, la gestion financière et les crypto-actifs nécessitent des approches mesurées et prudentes », a indiqué Pr Edgar Patrick Abane Engolo, inspecteur général des services au ministère de l’Enseignement supérieur (Minesup), représentant du ministre d’État Pr Jacques Fame Ndongo.
Au-delà des cryptomonnaies, l’édition 2024 de la SIIC met également en lumière la finance durable. Selon la présidente de la Cosumaf, cette approche est particulièrement pertinente pour la région, confrontée à des défis environnementaux tels que les inondations. « La durabilité est un enjeu crucial pour nos économies », a-t-elle expliqué, soulignant l’importance de sensibiliser les futurs investisseurs à l’impact environnemental de leurs choix financiers. À travers des initiatives comme la SIIC24, la Cemac se donne les moyens de développer son marché financier tout en favorisant la croissance économique. En misant sur l’éducation, l’encadrement et l’innovation, la région entend tirer profit des avancées technologiques pour améliorer le bien-être de ses États membres.
JACQUELINE ADIABA NKEMBE, présidente de la Commission de surveillance du marché financier de l’Afrique centrale (Cosumaf)
« Sensibiliser les étudiants aux enjeux de régulation, sécurité et risques des transactions financières »
Dans un monde en perpétuelle mutation, la technologie transforme en profondeur le paysage financier. La finance digitale émerge comme un puissant levier, non seulement pour améliorer l’accès aux services financiers, mais aussi pour rendre les transactions plus rapides, plus sûres et moins coûteuses. Les étudiants, futurs professionnels, sont au cœur de cette révolution. Leur curiosité et leur engagement sont essentiels pour naviguer dans cette ère numérique, où chaque innovation peut ouvrir de nouvelles perspectives.
La finance digitale, quant à elle, représente à la fois une opportunité fascinante et un défi considérable. Elle change notre manière de concevoir la valeur et de réaliser des transactions. Cependant, elle soulève aussi des questions cruciales en matière de régulation, de sécurité et des risques. Il est impératif pour eux, en tant que futurs leaders de la finance, de comprendre ces enjeux. Leur capacité à intégrer l’innovation tout en préservant la confiance des investisseurs sera déterminante pour l’avenir de notre marché. En outre, la finance durable est un impératif que nous ne pouvons ignorer.
Face aux défis environnementaux et sociaux actuels, il est crucial que notre système financier s’oriente vers des pratiques responsables. Investir dans la durabilité n’est pas seulement un choix éthique, c’est aussi une stratégie d’avenir. En tant qu’étudiants, ils ont le pouvoir de façonner un monde où le profit et la responsabilité sociale vont de pair.
La gestion collective, thème central de cette journée ( du 19 novembre, ndlr) offre plusieurs innovations destinées à diversifier les produits et à renforcer la sécurité des placements. Pour la Cosumaf, il s’agit d’un levier pour la mobilisation de l’épargne au service de notre économie et répond aux besoins des différentes catégories d’investisseurs, notamment les particuliers, les jeunes.
Epsilon Composite, une entreprise française spécialisée dans les matériaux composites, a été sélectionnée par la Société nationale de transport de l’électricité (Sonatrel) pour fournir ses conducteurs HVCRC, une innovation clé qui promet d’optimiser le transport de l’énergie sur la future ligne haute tension de 225 kV entre le barrage de Nachtigal et Wouro Soua. C’est du moins ce qui ressort d’un communiqué publié par l’entreprise française, repris par nos confrères d’Usine Nouvelle.
Cette ligne, longue de 524 km, constitue la colonne vertébrale d’un projet qui vise non seulement à connecter le réseau électrique du Sud et du Nord du Cameroun, mais aussi à alimenter le Tchad voisin en électricité. Pour cette infrastructure, Sonatrel a, selon le communiqué susmentionné, «délaissé les conducteurs traditionnels en acier-aluminium (ACSR) au profit des conducteurs à âme composite développés par Epsilon Cable, une division d’Epsilon Composite».
Ces conducteurs, apprend-t-on, utilisent un noyau en fibre de carbone, à la fois solide et léger, en remplacement du traditionnel noyau en acier. «Résultat : une capacité thermique doublée, une conductivité accrue et une réduction de 30 % de la résistance électrique. En intégrant plus d’aluminium recuit dans la structure, le transport de l’électricité devient non seulement plus performant, mais aussi plus écologique, avec une diminution significative des émissions de gaz à effet de serre», peut-on lire dans le manifeste susmentionné.
Selon Ousmane Diagana, vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, le projet d’interconnexion électrique entre le Cameroun et le Tchad sera opérationnel en 2027, conformément aux prévisions des parties impliquées. Ce projet titanesque, d’un coût total de 557,5 milliards de FCFA, mobilise une large coalition de bailleurs de fonds. La Banque mondiale reste le principal financier avec une enveloppe de 385 millions de dollars, soit 231,7 milliards de FCFA.
Elle est suivie par la Banque africaine de développement (258 millions d’euros, soit 169,2 milliards de FCFA), la Banque islamique de développement (123 millions d’euros, soit 80,7 milliards de FCFA), et l’Union européenne (30 millions d’euros, soit 19,7 milliards de FCFA). Les deux États concernés, le Cameroun et le Tchad, complètent ce montage financier avec une contribution de 93,5 millions de dollars pour le premier, soit 56,2 milliards de FCFA.
Au Cameroun, ce vaste projet se décline en deux composantes majeures. La première composante, cofinancée par la Banque mondiale et la Banque islamique de développement, vise la construction d’une ligne aérienne de 524 km à double terne de 225 KV entre Ntui (Centre) et Wouro Soua (Adamaoua). Quatre postes de transformation verront également le jour à Ntui, Yoko, Tibati et Wouro Soua. À cela s’ajoute l’électrification de 110 villages dans les régions concernées, intégrant des mesures sociales pour améliorer l’accès à l’énergie.
La deuxième composante a une vocation stratégique. En connectant le Réseau Interconnecté Sud (RIS), couvrant six régions du Cameroun, et le Réseau Interconnecté Nord (RIN), regroupant les trois régions septentrionales, elle permettra au pays d’exporter de l’électricité. Le Cameroun ambitionne ainsi de fournir 100 MW d’énergie au Tchad, issus du barrage de Nachtigal, actuellement en construction dans la région du Centre.
DES CONDUCTEURS RÉVOLUTIONNAIRES À BASE DE CARBONE
Le projet Pirect nécessitera plus de 6 000 km de ces conducteurs HVCRC, faisant de cette initiative l’une des plus importantes au monde pour l’installation de câbles à âme composite, indiquent nos confrères de Cable Technology News. Pour le Pirect, Epsilon Composite pourra compter sur le soutien de partenaires comme Dervaux, une société française spécialisée dans les accessoires de compression, qui garantira la fiabilité des connexions sur l’âme composite.
LE BARRAGE NACHTIGAL : UN MAILLON ESSENTIEL
Ce projet d’interconnexion s’inscrit dans une dynamique de transformation énergétique amorcée par le Cameroun avec le barrage hydroélectrique de Nachtigal. Actuellement en phase finale, cet ouvrage injecte déjà 240 MW dans le Réseau interconnecté Sud (RIS), grâce à la mise en service de quatre groupes de 60 MW chacun. À pleine capacité, la centrale produira 420 MW, couvrant près de 30 % de la consommation du RIS. Cependant, pour que cette énergie soit pleinement exploitée, l’achèvement des infrastructures de transport, dont la ligne Nachtigal-Wouro Soua, est indispensable.
Le 20 novembre, à Yaoundé, les projecteurs des Journées technologiques nationales (JTN) éclairent une scène où la technologie et la tradition se rencontrent. Bright Teboh Ndikah, ingénieur électricien et inventeur, s’apprête à recevoir le 3ᵉ prix pour son invention révolutionnaire : une trancheuse automatique qui promet de changer la vie des agriculteurs et des vendeuses de légumes au Cameroun. L’idée de cette trancheuse ne sort pas d’un laboratoire sophistiqué. Elle vient des marchés poussiéreux du Cameroun, là où des femmes passent des heures, accroupies, à hacher les feuilles d’Eru à la main. Ces longues journées de travail, souvent éprouvantes, ont marqué Bright. « Il fallait une solution », se souvient-il. Avec un esprit curieux et une passion pour la technologie, Bright s’est lancé dans ce projet comme un défi personnel. Autodidacte en informatique et en programmation, il a conçu une machine robuste mais accessible.
UNE INNOVATION PENSÉE POUR DURER
La trancheuse repose sur une structure métallique simple mais ingénieuse. Elle est équipée d’un moteur principal et de deux moteurs à courant continu qui assurent la découpe précise des feuilles. Mais ce qui rend l’invention unique, c’est le logiciel personnalisé développé par Bright. Écrit dans un langage informatique qu’il a appris lui-même, ce programme permet de contrôler chaque aspect de la découpe : la taille, la forme, et même le séchage. « Mon objectif est de produire quelque chose de durable, avec un faible coût d’entretien, pour que les gens en profitent sans dépenser plus », explique Bright, qui a luimême financé le projet grâce à ses revenus de travailleur indépendant en ingénierie électrique. Avec un coût de fabrication estimé à 350 000 FCFA, cette trancheuse est pensée pour être abordable aux PME et aux coopératives agricoles. Un appareil qui, en quelques minutes, effectue un travail qui prenait autrefois des heures.
UNE VISION PORTÉE PAR LA PASSION
Bright n’est pas seulement un ingénieur ; c’est un rêveur inspiré par des figures comme Elon Musk et Steve Jobs. « J’aime créer des choses, transformer les défis en opportunités. L’innovation n’est pas juste un métier pour moi, c’est une mission », affirme-t-il, avec détermination. Il voit au-delà de son invention. Pour lui, cette trancheuse est un outil pour moderniser l’agriculture, alléger le fardeau des agriculteurs et stimuler la productivité. « Avec cette machine, les vendeuses et agriculteurs gagneront du temps et amélioreront leur rendement, ce qui aura un impact direct sur l’économie locale », précise-t-il.
UNE SOIRÉE QUI MARQUE UN TOURNANT
Sous les acclamations, Bright reçoit son enveloppe d’un million de FCFA. Mais pour lui, ce prix n’est qu’un début. « Je veux rendre ce produit accessible à toutes les communautés agricoles et améliorer leurs conditions de vie », déclare-t-il avec un sourire rempli d’espoir. Ce soir-là, Bright ne célèbre pas seulement une victoire personnelle. Il célèbre une idée qui illustre comment une technologie bien pensée peut transformer des vies tout en honorant les traditions.
Monsieur le Président National du RDPC Moi, Babissakana, né le 4 mars 1965 à Bongando, village mythique du Canton Elip, Arrondissement de Bokito, Département du Mbam et Inoubou, Ingénieur Financier, Laïc Spiritain Associé, j’ai l’honneur de vous adresser la présente lettre de réforme en ma qualité de modeste citoyen camerounais, pauvre serviteur du Créateur du ciel et de la terre. En cette matinée du 6 novembre 2024, lors de la prière matinale de ma famille, l’Esprit Saint de Dieu m’interpelle en m’indiquant de vous écrire sur l’avenir du peuple de Dieu établi au Cameroun. J’ai donc investi 17 jours de travail pour écrire la présente lettre.
En cette veille de l’élection présidentielle au Cameroun en 2025, la question de l’avenir du pays est au centre des préoccupations des citoyens et des autres parties prenantes nationales, continentales et internationales. Quelles innovations, quels programmes, quelles performances et quelle place pour le Cameroun dans le contexte de la vision de l’Union Africaine qui est de devenir à l’horizon 2063 une Afrique intégrée, prospère et pacifique, dirigée par ses propres citoyens et représentant une force dynamique dans l’arène internationale ?
Dans ce contexte, la présente lettre de réforme est un appel au Patriarche Politique Senior que vous êtes à passer la main, le plus tôt possible, à une autre Signature du RDPC pour porter l’offre de gouvernement de cette entreprise politique en position dominante, mais qui a un grand besoin de renouvellement de son leadership. Cette réforme peut désenclaver, décloisonner et dynamiser le marché politique national pour une concurrence saine et loyale à même de faciliter l’accès à cette haute charge publique visant la satisfaction des besoins et des attentes politiques, économiques, sociales et environnementales des camerounais.
La lettre est structurée en trois points : (i) le constat d’échec de la vision du Cameroun à l’horizon 2035 ; (ii) l’urgence d’une nouvelle vision à l’horizon de l’agenda de l’Union Africaine et (iii) l’impérieuse nécessité d’un nouveau leadership politique fort, innovant et réformateur.
CONSTAT D’ÉCHEC D’UN CAMEROUN, NOUVEAU PAYS INDUSTRIALISÉ À L’HORIZON 2035
La trajectoire des performances économiques et sociales du Cameroun pour les quinze dernières années et les perspectives à moyen terme au rythme actuel, nous indiquent l’impossibilité mathématique et statistique de réaliser l’ambition de devenir un nouveau pays industrialisé (un pays à revenue intermédiaire) à l’horizon de 2035. En utilisant les données publiées par la Banque Mondiale, en 2008, notre PIB par habitant était de 1 476 $US courants. En 2023, le PIB/habitant n’était que de 1 674 $US soit une hausse minable de 198$US ou 13,41% en 15 ans, c’est-à-dire une croissance moyenne annuelle de 0,9% qui est largement inférieure à la croissance de démographique annuelle pas loin de 3%. En 2023, le PIB/habitant des pays à revenu intermédiaire était de 6 267 $US avec 2 414 $US pour la tranche inférieure. Il est donc clair qu’au rythme actuel et prévisible, l’écart de croissance du PIB par rapport à la tranche intérieure étant de 740 $US, il faut une cinquantaine d’années pour y parvenir. Quatre (4) principaux facteurs peuvent justifier ce cercle vicieux auto-entretenu de contre-performances économiques structurelles.
I.1. Le renoncement à bâtir un Etat-Industriel et créateur de prospérité partagée
Le niveau d’industrialisation du Cameroun reste en quasi-stagnation depuis plus de 12 ans en référence notamment à l’année 2010. Quatre (4) indicateurs usuels de la performance industrielle élaborés par l’ONUDI peuvent être utilisés pour confirmer ce constat amer. (i) La part de la valeur ajoutée manufacturière dans le PIB du Cameroun est passée de 15,1% en 2010 à 14,08% en 2015 et à 15,7% en 2021. (ii) La valeur ajoutée manufacturière par habitant est passée de 172 $US en 2010 à 184 $US en 2015 et à 213$US en 2021. (iii) La part des exportations manufacturées dans les exportations totales est passée de 32,80% en 2010 à 26,25% en 2015 et à 24,70% en 2020. (iv) Les exportations manufacturées par habitant sont passées de 62$US en 2010 à 46$US en 2015. Cette contreperformance industrielle du Cameroun peut, en l’occurrence, être illustrée par quatre (4) entreprises industrielles publiques pour lesquelles l’Etat du Cameroun s’illustre comme un actionnaire majoritaire défaillant : (i) l’ALUCAM contrôlée à 94% par l’Etat n’arrive pas à déployer son plan d’investissement avec son projet d’extension de 100 000 à 300 000 tonnes ; (ii) le CNIC contrôlé à 99,51% par l’Etat n’arrive pas à mettre en œuvre son plan stratégique d’investissement et à achever le projet de Yard Pétrolier de Limbé ; (iii) la CICAM contrôlée à 100% par l’Etat s’illustre par un plan de restructuration devenu un serpent de mer et (iv) la SONARA contrôlée à 96% par l’Etat dont l’outil industriel s’est effondré en 2019, est devenue à ce jour un simple marketeur de produits pétroliers.
L’industrie reste le principal levier de compétitivité et de prospérité des pays. La compétitivité d’un pays étant définie comme son aptitude à atteindre durablement un niveau élevé de PIB par habitant, celle-ci reste déterminée principalement par les progrès réalisés par son secteur industriel. Les Etats industrialisés de la planète ne le sont principalement que par leur capacité à offrir aux populations ou ménages des biens et services de plus en plus élaborés, c’est-à-dire à fort contenu d’intelligence ou de science pour satisfaire leurs besoins. Au regard des faibles performances constatées, vous avez de fait renoncé à bâtir un Etat-industriel, seul capable de porter et de stimuler la prospérité et de la partager entre ses citoyens.
I.2. La préférence pour un Etat dépensier et protecteur de scandales financiers
Comme le retrace le tableau ci-après tiré des lois de finances, le choix de la préférence des dépenses courantes en comparaison aux dépenses d’investissement est le reflet de la prédominance d’un Etat dépensier, non-économe, ayant un train de vie anormalement élevé, et offrant paradoxalement des services publics à un grand nombre de citoyens pauvres (10,1 millions en 2022). Ainsi, le budget d’investissement public est passé de 25,9% du budget total en 2009 à seulement 18% en 2022 et à l’inverse, le budget des dépenses de fonctionnement est passé de 74,1% en 2009 à 81,95% en 2022.
Ces dernières années, le fonctionnement de l’Etat du Cameroun s’illustre par une forte propension à générer les scandales financiers (Fonds du COVID-19, Fonds de la CAN, Fonds du pétrole avec Glencore, Fonds des lignes 65 et 94, etc.) dans un contexte de corruption rampante confirmée par les rapports successifs de la CONAC. Le comble tant que ces scandales financiers s’accumulent et les structures de l’Etat s’illustrent par l’incapacité d’assainissement et de sanctions, bref une sorte de protection et d’encouragement des acteurs impliqués qui se pavanent allègrement en se moquant des auditeurs juridictionnels et des inspecteurs d’Etat.
I.3. L’entretien du cercle vicieux de pauvreté et démission à construire un modèle social basé sur l’unité et la solidité des familles
L’Etat s’illustre par une sorte de maintenance et d’entretien du cercle vicieux de pauvreté au Cameroun. Le taux de pauvreté selon les statistiques de l’INS, est passé de 39,9% de la population en 2007 à 37,5% en 2014 et à 37,7% en 2022 soit environ quatre personnes sur dix. La population camerounaise étant estimée à 26,7 millions d’habitants en 2022, il est établi que 10,1 millions de citoyens sont pauvres et vivent avec moins de 813 FCFA par jour, soit 24 724 FCFA par mois. Pour ces 10,1 millions de camerounais, un bon nombre n’a pas d’emploi et donc de revenus. Ils ne vivent que de l’assistance sociale fournie essentiellement par leurs familles.
Dans chaque pays moderne, le choix d’un modèle social ou de société se traduit par l’adoption d’un système d’imposition et de redistribution des revenus marqué par la définition de l’unité pertinente pour évaluer les besoins et le pouvoir d’achat en vue de prendre les mesures correctrices ou préventives nécessaires. Il y a donc une alternative entre l’individu (individualisation) ou la famille (familiarisation) comme unité de référence pour le système fiscal et redistributif. Par la promulgation de la loi n°2002/014 du 30 décembre 2002 portant loi de finances de la République du Cameroun pour l’exercice 2003, vous avez adopté l’individualisation de l’impôt sur le revenu des personnes physiques et ses implications nocives pour les familles (une famille = deux déclarations annuelles de revenus) en supprimant l’article 26 de la loi n° 2002/003 du 19 avril 2002 portant code général des impôts qui disposait : « Chaque chef de famille est soumis à l’impôt sur le revenu des personnes physiques, tant à raison de ses revenus personnels que ceux de sa femme et de ses enfants considérés comme étant à sa charge au sens de l’article 99 ci-après ». L’article 99 qui a été aussi supprimé disposait : « Sont considérés comme étant à la charge du contribuable, à condition de n’avoir pas de revenus distincts de ceux qui servent de base à l’imposition de ce dernier, ses enfants légitimes, adoptifs ou légalement reconnus, inscrits à l’état civil et âgés de moins de dix-huit ans, ou infirmes ou élèves d’un établissement public ou privé d’enseignement ». L’article 100 a également été supprimé : « La situation et les charges de la famille dont il doit être tenu compte sont celles existant au 1er janvier de l’année d’imposition. »
Pourtant, l’unité de référence constitutive de la société est bel et bien la famille au sens large. La famille correspond bien au concept de foyer familial ou alors de foyer fiscal ou de ménage au sens économique. Dans la mesure où la famille est la cellule de base de la société dans laquelle se partage ses ressources, c’est bien sa situation globale qui doit être à la base non seulement de la détermination des impôts qu’elle doit payer, mais aussi des transferts redistributifs (allocations sociales) auxquels elle peut avoir droit. Le respect de l’autonomie de chaque membre de la famille doit pouvoir être compatible et aligné avec la reconnaissance et la valorisation des solidarités familiales. D’où l’importance d’un code de la famille comme instrument juridique clé consacrant le choix du modèle social ou de société dans un pays. En 42 ans de règne, vous n’avez pas pu promulguer la loi sur le code de la famille.
I.4. Essoufflement et déclin de votre leadership en tant que Président de la République et Président National du RDPC
La courbe d’évolution de l’expertise, la compétence et l’expérience d’un dirigeant a la forme d’un « U » inversé. En bout de cycle, il y a obligatoirement une phase d’essoufflement et de déclin traduisant l’incapacité et l’impossibilité du dirigeant d’exercer de manière effective et efficiente son rôle de direction, de pilotage et de leader. Pour le leader politique de premier plan que vous êtes, nous sommes en plein depuis quelques années à cette phase d’essoufflement et de déclin. Pour chaque année qui s’ajoute, le déclin s’alourdi. Ce déclin se constate en l’occurrence par quelques faits saillants d’exercice de votre leadership. Le dernier congrès de votre entreprise politique le RDPC date de septembre 2011, il y a presque 13 ans. Son bureau politique composé de 23 membres et dont les réunions sont rares, compte au moins 5 membres décédés et un membre prisonnier. Son comité central, organe chargé de diriger l’entreprise, composé de 326 membres dont plusieurs décédés et prisonniers, ne se réuni presque pas. Une entreprise dont les organes de direction et de gouvernance ne se réunissent pas régulièrement est de fait en léthargie et ne peut se targuer de bonnes performances. Au niveau de l’Etat, le dernier réaménagement du gouvernement date du 4 janvier 2019 et le dernier conseil ministériel date du 16 janvier 2019, ces actes de leadership datent de plus de cinq ans déjà. Le dernier conseil supérieur de la magistrature date du 10 août 2020.
URGENCE D’UNE NOUVELLE VISION À L’HORIZON 2050 : LE CAMEROUN, USINE DE LA NOUVELLE AFRIQUE INDUSTRIELLE ?
La prospective et la planification stratégique sont des technologies de gouvernance et de management à la disposition du leader et ses équipes pour toute organisation moderne en l’occurrence un Etat. Ces technologies sont mobilisées pour formater les trajectoires délibérément choisies et des futurs possibles, souhaités et partagés. Les visions et les plans stratégiques sont ainsi des instruments dont se dotent les Etats modernes pour créer des futurs possibles et meilleurs pour leurs citoyens. Lorsque la vision qu’un Etat a adopté pour créer un futur ou un avenir meilleur devient non pertinente et totalement irréaliste, il est impératif pour le leader visionnaire et son équipe de la reformater.
Au regard de la déviation importante des réalisations et performances par rapport à la trajectoire de référence retenue en 2009, la vision du Cameroun à l’horizon 2035 est devenue de fait le brouillard du Cameroun à l’horizon 2035. Le futur possible du Cameroun et devenu le futur impossible du Cameroun. Il y a donc urgence pour tout leader politique robuste qui envisage de diriger le pays dans les prochaines années, de proposer d’une nouvelle vision plus pertinente, partagée et mobilisatrice pour bâtir un Cameroun de prospérité partagée avec la grande majorité de ses populations.
Malgré la pertinence de l’alinéa (e) de l’article 26 de la constitution du 18 janvier 1996 qui dispose que : « La loi est votée par le Parlement. Sont du domaine de la loi : (e) La programmation des objectifs de l’action économique et sociale », vous n’avez pas pu promulguer une loi fixant le régime de planification stratégique de l’Etat au Cameroun, en cohérence avec les bonnes pratiques internationales. Dans le contexte de la préparation de l’élection présidentielle au Cameroun en 2025, en alignement avec la vision de l’Union Africaine définie dans le Document Cadre de l’Agenda 2063, il nous semble plus indiquer de cibler l’horizon 2050 pour définir une nouvelle vision pour le Cameroun, c’est-à-dire treize (13) ans avant celui de l’Union Africaine. Les offres politiques de gouvernement attenues des camerounais pour l’élection présidentielle de 2025 doivent comporter la proposition d’une nouvelle vision pertinente, ambitieuse et réaliste pour l’avenir du pays. Par exemple : Cameroun 2050 : Usine de la Nouvelle Afrique Industrielle ?
III. IMPÉRIEUSE NÉCESSITÉ D’UN NOUVEAU LEADERSHIP POLITIQUE FORT, INNOVANT ET RÉFORMATEUR
Au regard de la phase actuelle de votre cycle d’expertise, de compétence, d’expérience et de leadership, vous avez sincèrement déjà tout donné. Vous êtes un Patriarche Dirigeant d’Etat hors pair du marché politique camerounais et Africain. Tous ceux qui souhaitent ou attendent encore de vous des efforts additionnels de leadership de premier plan pour assurer les fonctions de Président de la République du Cameroun pour le prochain septennat 2025-2032, vous attribuent des capacités surhumaines et honnêtement hors de votre portée réelle. Sur ces faits, en toute humilité, nous avons l’honneur de vous adresser par la présente lettre un vibrant appel à passer la main à une autre Personnalité du RDPC pour porter une nouvelle offre de gouvernement de votre parti pour la prochaine élection présidentielle. Du point de vue de l’analyse du marché politique camerounais actuel et son évolution prévisible, l’on note une très forte demande politique des citoyens de voir le Patriarche Paul BIYA battre campagne pour un nouveau Leader du RDPC, candidat à l’élection présidentielle de 2025.
Pour le prochain septennat 2025-2032, au regard des enjeux et défis de la création d’un nouveau futur de prospérité partagée, dans la dynamique de construction de la nouvelle Afrique, il y a une impérieuse nécessité pour le Cameroun de se doter d’un nouveau leadership politique fort, innovant et réformateur. Le renouvellement du leadership politique du RDPC est un facteur déterminant pour impulser une nouvelle dynamique d’innovation, d’alliance, de restructuration et d’évolution du marché politique camerounais. Il est indispensable de créer les conditions d’une concurrence saine et loyale entre les entreprises politiques du pays (notamment le RDPC, le MRC, le PCRN, le SDF) pour l’accès à la haute fonction de Président de la République. Il en est de même pour les autres fonctions électives. La qualité et l’intensité de la concurrence politique constitue un moyen crédible pour ouvrir la voie à la satisfaction de nos besoins et attentes politiques, économiques, sociales et environnementales. Veuillez agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de notre très haute considération.
Babissakana* Ingénieur Financier, Laïc Spiritain Associé Bongando, le 22 novembre 2024.babissakana@yahoo.fr
Étudiant en génie mécanique à l’École nationale supérieure des mines et des industries pétrolières, située dans la ville de Kaélé, une commune de la région de l’Extrême-Nord, le jeune camerounais Martial Bitang Sifa fait face à un défi de taille : des coupures d’électricité incessantes, paralysant les études et la vie quotidienne de toute la communauté. « Nous avons passé près de deux mois sans électricité. Les élèves ne pouvaient plus étudier le soir, et mes recherches avançaient au ralenti, » se remémore-t-il. Mais là où d’autres se résignent, Martial trouve l’étincelle de l’innovation. Il se lance d’abord dans un projet audacieux : un réchaud capable de générer de l’électricité grâce à l’effet Peltier, un phénomène physique de déplacement de chaleur en présence d’un courant électrique. Bien que prometteur, ce dispositif montre vite ses limites. Refusant l’échec, Martial retourne au laboratoire, animé par une ambition claire : concevoir une solution énergétique accessible, durable et adaptée aux réalités locales.
C’est ainsi qu’il met au point une invention révolutionnaire : un groupe électrogène fonctionnant à l’air comprimé. L’idée paraît simple, presque intuitive. « L’air est partout, il est économique et non polluant. Pourquoi ne pas l’utiliser comme source d’énergie ? » dit-il. C’est ainsi qu’il développe un prototype capable de produire 500 watts, une puissance suffisante pour alimenter les besoins essentiels en électricité. Ce projet, devenu son mémoire de fin d’études, ouvre les portes d’une carrière prometteuse.
L’ABOUTISSEMENT D’UN RÊVE
Aujourd’hui fonctionnaire au ministère des Mines, Martial a vu son projet prendre une nouvelle dimension. Avec le premier prix de la Journée Technologie Nationale 2024, assorti d’une enveloppe de trois millions de FCFA et d’un brevet, il se lance dans une nouvelle étape : rendre son invention accessible au plus grand nombre. « Nous travaillons à réduire les coûts de production pour que ce groupe électrogène soit vendu à partir de 150 000 FCFA. Cela le rendra abordable pour la majorité des Camerounais, » précise-t-il. Sa création désormais sponsorisée par l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (Oapi), a obtenu une note de 80 points sur 100 (80/100) du jury. Ce prix n’est pas son premier coup d’éclat. Martial a déjà été doublement récompensé par le Fonds Proton en 2022 et 2023 et a reçu le prix spécial du meilleur jeune talent. Chaque reconnaissance renforce sa conviction que la technologie peut transformer les défis en opportunités.
UN INGÉNIEUR PORTÉ PAR UNE MISSION
Au-delà de ses prouesses techniques, Martial est un visionnaire. Suivre les avancées en énergies renouvelables, expérimenter des projets DIY ou perfectionner son groupe électrogène, tout découle d’une même passion : apporter des solutions concrètes à des problèmes réels. « Pour moi, l’innovation n’est pas un métier, c’est une mission, » conclut-il avec détermination. Martial Bitang incarne cette génération d’ingénieurs africains prêts à façonner un avenir durable, alliant savoir-faire local et ambitions globales.
Les deux donneurs d’ordre ont présenté chacun à Douala, les différents projets en cours et en perspective dans son entité, nécessitant le concours des PME et PMI dans le cadre d’un partenariat de sous-traitance.
D’importantes parts de marché peuvent être captées par les Petites et moyennes Entreprises (PME) ainsi que les Petites Moyennes Industries (PMI) à la mairie de la ville de Douala mais aussi au Port Autonome de Kribi (PAK). Ces opportunités d’affaires ont été présentées lors de la journée fournisseur consacrée à ces deux entités le 21 novembre 2024 à Douala.
Initiée par la Bourse de Sous-traitance et de Partenariat du Cameroun (BSTP CMR), la journée fournisseurs est une plateforme qui met en relation les donneurs d’ordre et les PME, avec B to B ciblées. C’est en effet un des outils utilisé par la BSTP pour aider les PME de sa base de données à avoir accès à des opportunités de marché. « La BSTP prend contact avec une grande entreprise de la place et lui propose de se prêter au jeu d’une journée fournisseurs avec les PME locales. Il est ensuite demandé à la Grande entreprise de fournir une liste de projets qu’elle a par devers elle. La BSTP va identifier dans sa base de données les PME susceptibles d’exécuter les marchés en question et les inviter à la rencontre de la Grande entreprise, dans le cadre des « journées fournisseurs », expliquent les responsables de la bourse.
Pour cette énième édition de ce concept de la Bourse de sous-traitance, deux donneurs d’ordre étaient face aux PME et PMI tous secteurs confondus. Le Port Autonome de Kribi (PAK) société à capitaux publics, a ainsi présenté ses différents projets de transformation et de modernisation visant à devenir un port de référence. Avec une zone industrialo portuaire, l’entreprise comporte divers centres d’intérêt d’affaires pour les entreprises actives dans la sous-traitance. Tous les projets en cours et les perspectives de la structure ont été mis en exergue, ainsi que les critères pour soumissionner. La BSTP et le PAK ont par ailleurs signé en mai 2023, une convention fixant les modalités de collaboration entre les parties dans le cadre de la promotion des activités de sous-traitance dans la zone d’influence du PAK. « Il y a trois accord spécifiques qui ont été signés après cet accord cadre. Parmi lesquels, un accord relatif à la sous-traitance. Il vise en fait à harmoniser la mobilisation des sous-traitants locaux et nationaux dans le domaine du port de kribi, c’est dire atout l’intérêt que le port porte sur cette activité », a déclaré le représentant du PAK.
A son tour, la mairie de la ville de Douala a effectué le même exercice. L’entité est d’ailleurs considérée comme l’un des grands donneurs d’ordre dans la capitale économique. La collectivité dit exécuter chaque année, des projets pour plusieurs dizaines de milliards, pouvant impliquer les entreprises locales de sous-traitance. La journée fournisseurs est aussi une occasion pour les donneurs d’ordre et les exécutants d’aborder les difficultés qui surviennent couramment dans la mise en œuvre des contrats de sous-traitance avec ces entités. En l’occurrence les délais de paiement par les grandes entreprises et la mauvaise exécution des marchés par les PME. La journée s’achève par des rencontres B2B pendant lesquelles les représentants des PME échangent en tête à tête avec les responsables de la grande entreprise. La BSTP a déjà organisé une quinzaine de journées fournisseurs avec des grandes entreprises et institutions telles que la SONARA, KPDC, EDC, PETROLEX, AER, BLESSING PETROLEUM etc. La structure enregistre à date, 2 373 mises en relation ; 43,8 milliards FCFA de contrats et 8 939 emplois créés.
réactions
Evariste YAMENI, Directeur Exécutif de la BSTP-CMR
« Les PME/PMI ont l’occasion de se positionner dans des secteurs plus porteurs »
« Réunir sur la même table et le même jour, deux donneurs d’ordre de haute facture comme la Mairie de la ville de Douala et le PAK est un atout indéniable. Connaître les exigences de ces deux donneurs d’ordre et se mettre à niveau pour pouvoir les satisfaire place automatiquement la PME en capacité de travailler avec n’importe quel autre donneur d’ordre opérant dans ces domaines. La Journée Fournisseur peut également permettre à des PME/PMI de réorienter leurs activités pour se positionner dans des secteurs plus porteurs et dans lesquels de gros projets sont imminents. Devenir un partenaire privilégié de ces deux mastodontes ou de l’une d’entre elles, constitue une opportunité à saisir afin que prospère les PME/PMI. La BSTP déploie ainsi au profit des PME/PMI des activités de -profilage, de Benchmarking, de renforcement des capacités des fournisseurs -de développement des opportunités de sous-traitance, de recherche de partenariat et de facilitation d’accès au financement. La finalité étant de hisser les PME/PMI de notre pays à un niveau de compétitivité internationale et leur permettre à terme de sous-traiter auprès des grands donneurs d’ordre nationaux et internationaux.»
Joseph Tchana, SG Minpmesa
« Nous allons accompagner techniquement les PME »
« L’objectif est de permettre aux PME d’accroître leur chiffre d’affaires, de participer plus que par le passé au développement de notre pays. Mais dans ce processus, il est évident que les PME rencontrent un certain nombre de difficultés, notamment les difficultés d’accès à l’information, les difficultés techniques, parce qu’il ne s’agit pas seulement d’avoir des parts de marché, parce qu’il faudrait qu’elles exécutent convenablement ces marchés donc c’est pour cela que nous mettons l’accent non seulement sur l’information et ensuite sur les rouages pour permettre de postuler et mener à bien les missions. Autre difficultés, le rallongement parfois incompréhensif des délais de paiement. Nous avons pour objectif de leur donner toutes les informations nécessaires, après on va les accompagner techniquement. Voilà les deux éléments nouveaux que nous associons à ces journées fournisseurs. »
Jérémie SOLLE, 1er adjoint à la mairie de douala
« A la CUD nous travaillons à réduire les délais de paiement »
« La CUD a une chaîne financière qui n’est pas toujours optimale, parce qu’avant d’accuser les autres, il faut s’accuser à l’intérieur. Nous avons pris conscience de cela et nous sommes en train de travailler très activement pour que toutes les causes de retard qui sont liées au traitement de dossier par notre chaîne soient minimisées. C’est pour cela que nous avons achevé la mise en place de tout un manuel de procédures, qui fixe les procédures clairement mais définit les délais à chaque étape. Nous sommes en train de mettre un système de lutte contre la corruption au niveau de la CUD et nous sommes aussi dans un processus de dématérialisation de nos procédures, pour que l’intervention humaine soit la moins possible, voilà ce que nous faisons. »