Au lieu de 10 millions de FCFA, les lauréats recevront chacun 16,3 millions de FCFA. La récompense introduit également le prix de super lauréat panafricain d’une dotation de 22,9 millions de FCFA.
Les candidatures pour l’édition 2025 du Prix Pierre Castel sont ouvertes dès ce 14 avril. Le prix qui depuis près de 10 ans, récompense les jeunes entrepreneurs africains innove cette année. Déjà, sur les conditions de participation, la compétition met un accès sur les nouvelles technologies appliquées à l’agriculture et à l’agroalimentaire. Notamment les méthodes durables et résilientes sur l’agro-écologie, la bio conservation, la gestion de l’eau, énergies renouvelables ou encore des solutions digitales facilitant l’accès au marché, la traçabilité et la logistique.
Bien plus, les lauréats auront des dotations financières plus importantes que celles des précédentes éditions. Chacun percevra 25 000 euros, soit 16,3 millions de FCFA, au lieu de 15 000 euros (10 millions de FCFA) offerts par le passé. Ceci, en plus des programmes d’accompagnement habituels, combinant formation, mentorat et mise en réseau.
Une autre innovation cette année, est l’introduction du prix de super lauréat panafricain, dont la récompense est fixée à 35 000 euros, soit 22,9 millions de FCFA. Celui-ci bénéficiera d’un an d’accompagnement en tant qu’ambassadeur panafricain du Prix Pierre Castel. Le comité va également prendre en charge ses frais d’adhésion au Patronat de son pays. Il bénéficiera aussi d’une mise en lien avec de potentiels partenaires, des investisseurs ; la participation à des Master Class dispensées par des collaborateurs des filiales du fonds Castel sur des thématiques telles que la communication, les ventes, le marketing, qualité produit, et la sécurité sanitaire des aliments etc.
Pour participer au prix Castel, le candidat doit présenter un CV, un bilan comptable ou compte d’exploitation de l’exercice 2024, un document officiel certifiant l’existence légale de son entreprise, un dossier de présentation de l’entreprise, une présentation détaillée du projet de développement à soutenir (business plan, création de valeur et impact prévu). Pour être éligible, il faut être de nationalité camerounaise et résider au Cameroun, être âgé de 18 et 45 ans, avoir une entreprise ayant au moins une année d’activité, et jouir d’une existence légale.
Le prix est ouvert dans d’autres pays où le fonds Castel est présent notamment en Algérie, en RDC.
Le Cameroun pourrait bientôt rejoindre la liste des pays notés par Bloomfield Investment Corporation, première agence de notation financière d’Afrique francophone. C’est ce qu’a annoncé Eloi Tiigribe, sous-directeur du Plan de trésorerie à la Direction générale du Trésor du ministère des Finances, lors du colloque sur la dette souveraine des États de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) qui s’est tenu à Yaoundé du 10 au 11 avril 2025. « Nous avons actuellement des discussions en cours avec une agence de notation locale, Bloomfield Investment, qui se propose de noter les États de la CEMAC, et le Cameroun a entamé des discussions avec cette agence de notation », a déclaré le responsable du Trésor public.
Pour lui, l’idée de se faire évaluer par une agence locale s’inscrit dans une démarche d’émulation régionale. « Je crois que si nous avons une notation locale et que l’évaluation est faite sur ces notations faites par les agences de notation locale, ce serait une bonne solution. Cet idéal est déjà en pratique en zone UEMOA. Nous cherchons juste à copier ce qu’il se fait de mieux ailleurs », a-t-il déclaré.
UN PRÉCÉDENT EN GUINÉE ÉQUATORIALE
L’annonce du responsable camerounais intervient quelques heures seulement après la présentation officielle, le 11 avril 2025 au Palais du Peuple à Malabo, du rapport de notation financière de la Guinée équatoriale par Bloomfield Investment Corporation. Ce pays d’Afrique centrale a obtenu pour la première fois une notation financière auprès de l’agence ivoirienne. La note attribuée est de « BBB » à long terme et « A2 » à court terme, toutes deux en monnaie locale et assorties de perspectives stables. Selon les autorités équato-guinéennes, il s’agit des notes les plus élevées dans la zone CEMAC parmi les pays notés par cette agence.
Le processus de notation a été conduit à partir des données financières de l’année 2023, fournies par l’État. L’opération a bénéficié de l’appui de la Banque africaine de développement (BAD), de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) et du Fonds monétaire international (FMI). « La collecte d’informations a inclus des entretiens avec l’ensemble des institutions financières nationales », a précisé Stanislas Zézé, directeur général de Bloomfield Investment Corporation. Cette méthodologie illustre la rigueur et la proximité de l’agence dans l’analyse du risque souverain africain.
UNE AGENCE ENRACINÉE EN AFRIQUE FRANCOPHONE
Créée il y a 16 ans, Bloomfield Investment Corporation est la première agence de notation financière implantée en Afrique francophone. Basée à Abidjan, en Côte d’Ivoire, elle dispose également d’une représentation au Cameroun. En un peu plus d’une décennie et demie d’activité, elle a attribué plus de 2 000 notations financières à des États, des entreprises, des institutions financières ou encore des collectivités locales. L’agence se distingue par une approche adaptée aux réalités économiques, sociales et politiques africaines.
Elle évalue le risque de crédit des émetteurs d’obligations, qu’il s’agisse de pays, de banques ou d’entreprises, en tenant compte de leurs spécificités. Les notes qu’elle délivre traduisent le risque de défaillance de ces acteurs, permettant ainsi aux prêteurs – banques et investisseurs obligataires – d’ajuster les marges d’intérêt ou les primes de risque qu’ils appliquent.
Cette capacité d’adaptation aux environnements complexes des marchés africains a fait d’Abidjan une capitale pionnière en matière de notation financière en Afrique francophone. Aujourd’hui, Bloomfield Investment est en pleine phase d’expansion à la fois sur le continent africain et en Europe, avec une expertise de plus en plus sollicitée par les États et les institutions. VERS UNE
SOUVERAINETÉ EN MATIÈRE DE NOTATION ?
Au-delà de la simple volonté de multiplier les sources d’évaluation du risque, le Cameroun cherche aussi à se prémunir contre les effets déstabilisateurs d’une notation extérieure jugée parfois inadaptée. En août 2023, l’agence américaine Standard & Poor’s (S&P) avait dégradé de six crans la note souveraine du Cameroun, plaçant le pays dans la catégorie « SD/SD » (défaut sélectif) en raison de retards de paiement sur des obligations envers Deutsche Bank Spain entre janvier et novembre 2022.
Selon S&P, ces retards, de deux semaines à dix-huit jours sur certains paiements, constituaient un défaut technique. « Pour éviter tout défaut, les paiements doivent être effectués dans les cinq jours ouvrables suivant la date d’échéance », rappelait alors l’agence. Cette décision avait provoqué une vive réaction au sein de l’administration camerounaise, qui affirmait au même moment que le pays n’accusait aucun retard sur sa dette extérieure. Le ministère des Finances soulignait notamment que 256 milliards de FCFA avaient été remboursés sur la seule période de juin-juillet 2023, portant à 647 milliards de FCFA le montant global des paiements extérieurs réalisés entre janvier et juillet.
Deux jours plus tard, le 16 août 2023, Standard & Poor’s révisait sa position, relevant la note du Cameroun à CCC+/C, soit le premier niveau de la catégorie dite « extrêmement spéculative », située quatre crans au-dessus du défaut de paiement. Malgré ce réajustement, l’épisode avait laissé des traces, relançant un débat de fond sur la pertinence des approches de notation internationales en Afrique. Un rapport du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), publié en mai 2024, indiquait d’ailleurs que les méthodes utilisées par les trois grandes agences occidentales – S&P, Moody’s et Fitch – ne sont pas toujours adaptées aux spécificités des pays africains.
POUR UNE NOTATION CRÉDIBLE ET INDÉPENDANTE
Dans ce contexte, le recours à une agence africaine telle que Bloomfield s’impose comme une réponse stratégique. Mais la question de la crédibilité des agences locales se pose également, reconnaît Eloi Tiigribe. « La question peut être posée dans la mesure où, partout dans le monde, la tendance pour les agences de notation internationales, c’est de faire des agences de notation locales leurs filiales pour essayer d’avoir le contrôle sur elles»,a-t-il expliqué.
Pour être crédibles, selon lui, les agences africaines doivent démontrer une indépendance vis-à-vis des États, tout en assurant une communication régulière de leurs travaux. « Il n’y a que l’indépendance et la communication régulière de ces agences qui pourraient leur donner plus de crédibilité », estime-t-il.
Et de citer l’exemple de la Chine, où une agence de notation locale est aujourd’hui largement consultée par les investisseurs dans l’évaluation du risque souverain. « Il faudrait tout simplement que nous développions cette culture de notation au niveau local, je crois que les Africains en ont la capacité », conclut-il.
Dans un communiqué rendu publique ces derniers jours, Boukar Abdourahim, directeur du cabinet de Cavaye Yeguie Djibril, président de l’Assemblée nationale (PAN), annonce le lancement le 10 mai prochain à Maroua, du mouvement « 100 000 jeunes unis derrière le président Paul Biya en 2025 ». Le coordonnateur de ce mouvement entend ainsi lancer « une mobilisation de soutien indéfectible à la candidature et à la victoire de Son excellence Paul Biya »à la prochaine élection présidentielle prévue en octobre prochain. « Eu égard à la dimension politique, cette grande manifestation connaîtra la participation de plus de 100 000 jeunes issus des 47 arrondissements que compte la région de l’Extrême-Nord, la présence de tous est vivement attendue», souhaite-t-il.
Mais l’appel ne passe pas vraiment. Un communiqué portant la signature de Jacques Fame Ndongo, secrétaire à la communication du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), s’y oppose. Dans le communiqué, feignant d’ignorer l’organisateur, « un certain Elhadj Boukar Abdourahim », il est indiqué que « le Rdpc porte à la connaissance de l’opinion que cette initiative n’a, en aucun cas, été approuvée, ni par les organes compétents du parti au niveau régional, ni par les hautes instances du Comité central». Et d’ajouter que « Le Rdpc rappelle avec toute la clarté, que toute entreprise de mobilisation politique menée en son nom doit rigoureusement respecter les canaux institutionnels établis et faire l’objet d’une validation préalable par les cadres compétents du parti ». Alors « il est formellement demandé à M. Elhadj Boukar Abdourahim de surseoir immédiatement à ladite initiative qui ne relève nullement de sa compétence», embraie-t-il.
Sur ses plateformes numériques et celles de ses proches, Jacques Fame Ndongo dément avoir signé un tel document. De quoi en rajouter une couche de brouillard sur cet événement initié par un homme qui ne détient aucun poste officiel au sein de l’appareil du parti au pouvoir. Et la personne de Boukar Abdouram est très controversée au sein même du Rdpc. Le protégé de Cavaye Yeguie Djibril est un homme clé dans le cercle proche du président de l’Assemblée nationale (PAN). Cela survient au moment où le parti vit des toussotements en interne,en prélude à la prochaine élection présidentielle.
Quoi qu’il en soit, cette interdiction de manifestation interne, si elle n’est pas authentique, pourrait trahir s’il en était encore besoin, des luttes internes, au moment où la question de la tenue d’un congrès divise. Officiellement tous ont les regards rivés vers Paul Biya qui reste muet mais a déjà nommé des membres au Comité central comme le prévoient les textes du parti, en complément de ceux élus au congrès. La vraie fausse interdiction de manifestation sonne ainsi comme un coup dans la guerre de positionnement que se livrent les créatures de Paul Biya. Un parti qui multiplie les initiatives depuis des années, pour maintenir allumée la flame d’un parti de plus en plus contesté, y compris dans ses propres fiefs, comme dans la région de l’Extrême-Nord en proie à une guerre de redistribution des cartes. Avec non seulement un maillage territorial du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) de Maurice Kamto dont le premier vice-président, Mamadou Mota, monte en popularité depuis la dernière présidentielle, mais aussi, des alliés politiques tels le Front de salut national du Cameroun (Fsnc) d’Issa Tchiroma Bakari.
Un homme puissant désormais craint en interne
Boukar Abdourahim n’est autre que le directeur du cabinet de Cavaye Yeguie Djibril, président de l’Assemblée nationale. C’est un homme sulfureux devenu incontournable auprès de la 3ème personnalité du pays. Appartenant au clan familial du PAN comme, Boukar Abdourahim a été au centre d’une crise en novembre 2023. Le tout puissant directeur du cabinet de Cavaye Yeguie Djibril avait été limogé par un arrêté de son patron, le 8 novembre de cette année-là, en même temps que Djibrilla Maliki, le secrétaire particulier. Tsunami au Palais des verres de Ngoa-Ekelle. L’homme qui trône à la tête du cabinet du PAN depuis huit ans, conteste son limogeage et organise la résistance, convaincu qu’il s’agit de « faux documents ». Parlant avec autorité, tant, il est de notoriété publique que Boukar Abdourahim veille sur tout document qui passe par le cabinet de son patron. Retranché dans son bureau, l’homme refuse de libérer les lieux, autant que Djibrilla Maliki. Ils auront gain de cause car l’arrêté lu sur les antennes du poste national de la Crtv, la radio publique nationale ne prendra jamais effet. Jusqu’à nos jours.
Diplômé de l’Ecole nationale d’administration et de magistrature (Enam) et de l’Ecole nationale d’Administration de Paris, Boukar Abdourahim est un allié de longue date de Cavaye Yeguie Djibril qui l’a appelé à ses côtés dès son élection au perchoir en 1992. Secrétaire particulier pendant quatre ans, l’homme sera promu chargé d’études, et plus tard l’homme sera fait conseiller spécial, hit années durant. Le directeur du cabinet de Cavaye Yeguie Djibril est un homme qui a su bâtir sa force dans son obstination à défendre son mentor, bec et ongle, quel qu’en soit le prix. N’hésitant pas à encaisser les coups destinés à celui-ci. C’est donc ce personnage devenu incontournable auprès du patron politique du Mayo-Sava, et même de la région de l’Extrême-Nord, qui est au centre de ce mouvement que semble redouter le sommet du parti. Dans la région de l’Extrême-Nord, Boukar Abdourahim commenc à prendre du volume, et se positionne comme un des hommes qui pourraient jouer dans le leadership du parti au pouvoir dans les prochaines années. On le voit gagner en popularité, notamment à travers le championnat de vacances qu’il organise annuellement à Tokombéré, dans le département du Mayo-Sava.
JEAN-MARC CHÂTAIGNER, Ambassadeur de l’Union Européenne au Cameroun
Vous avez pris part au début de l’année (le 19 février 2025) à une discussion avec la GIZ et les autorités Camerounaises sur « la coopération dans un monde en mutations ». Ce débat est-il déclenché par le chamboulement géopolitique qui bouscule les positions de l’Europe sur le continent africain ? Comment analysez-vous ces évolutions ?
Les positions européennes n’ont pas à être bousculées sur le continent africain. L’Europe et l’Afrique sont des partenaires de longue date et le resteront, dans le cadre d’une relation qui évolue naturellement avec le temps et qui tient compte de l’évolution des relations internationales. Nos deux continents sont en train de réinventer leur relation et leur coopération, pour mieux l’adapter à ce que vous qualifiez justement de « chamboulement géopolitique », de sorte à définir un avenir commun et prospère dans l’intérêt foncier de nos peuples. Plus que jamais, nous travaillons ensemble dans l’écoute et le respect mutuel, loin des solutions de force et des diktats que d’autres cherchent à imposer unilatéralement. Nous sommes deux grands ensembles, deux grands marchés, deux unions avec une seule et même vision : la construction d’un monde plus prospère, plus juste, plus pacifique pour nos enfants et nos petits-enfants.
Redoutez-vous un recul de l’influence de l’Europe au Cameroun particulièrement ? Quelles stratégies mettez-vous en œuvre pour contrer les nouvelles puissances qui prennent pied en Afrique et plus particulièrement au Cameroun ?
L’Europe ne considère par l’Afrique comme une partie du monde qui a besoin de l’influence de qui que ce soit pour s’affirmer. L’Europe voit avant tout le continent africain comme un partenaire fiable avec lequel elle peut échanger d’égal à égal, pour mieux affronter des défis globaux comme la lutte contre la pauvreté et les inégalités ou encore le changement climatique, dans le respect bien évidemment de nos valeurs et de nos différences. En dépit des grandes mutations que connait le monde, l’Union européenne et ses Etats membres sont encore aujourd’hui le premier partenaire économique et commercial du Cameroun. Nous ne voyons pas d’un mauvais œil la diversification des partenariats qui est une bonne option choisie par le gouvernement camerounais. Nous y voyons la possibilité d’une complémentarité positive tant les besoins en développement et particulièrement en infrastructures sont considérables. Plusieurs crises internationales majeures ces dernières années comme celle du COVID-19 ou encore l’invasion de l’Ukraine par la Russie nous ont rappelé la nécessité d’accroitre le dialogue et d’être davantage à l’écoute les uns des autres.
Presentations des lettres de creances devant le chef de l’Etat le president de la Republique SEM Paul Biya de six nouveaux ambassadeurs et haut-commissaires accredites au Cameroun vendredi, 29 decembre 2023 au Palais de l’Unite
L’année 2025 au Cameroun est lourde d’enjeux électoraux. Quelles sont vos appréhensions par rapport à l’échéance majeure qu’est la présidentielle ?
Tout d’abord, l’Union européenne ne s’ingère pas dans les affaires politiques internes du Cameroun. Le peuple camerounais élit ses dirigeants en toute souveraineté et n’a besoin de personne pour lui donner de quelconques conseils. En tant que partenaire et ami du Cameroun, dans le cadre des principes démocratiques que nous partageons à travers l’accord de Samoa, nous souhaitons, tout comme le peuple camerounais, des élections présidentielles et régionales en 2025, puis législatives et municipales en 2026, libres, équitables, transparentes et inclusives.
Quelles sont les retombées de la Cameroon – EU Business Week organisée l’année dernière ?
La visite de Nachtigal l’an dernier pendant la Cameroon – EU Business Week par les responsables des banques européennes de développement, notamment ceux de la Banque Européenne d’Investissement (BEI), les a définitivement convaincus de s’engager pour une centrale hydroélectrique et un barrage encore plus grands, à savoir celui de KIKOT (une puissance de 500 MW). Nous sommes en train de travailler étroitement avec les autorités camerounaises et nos Etats membres à la maturation définitive de ce projet afin que les travaux puissent être lancés. Des milliers d’emplois seront créés. Il s’agit à l’évidence d’une première retombée significative de la Cameroon – EU Business Week. Les visites de la BEI et de la Facilité Européenne AGRIFI (pour le financement de l’agriculture) ont aussi permis de sécuriser un financement de 50 millions d’euros (soit près de 33 milliards de FCFA) pour le financement des chaînes de valeurs agricoles à travers les banques locales. La possibilité de création d’une fenêtre nationale de la Facilité AGRIFI, avec une enveloppe de 9 millions d’euros (environ 6 milliards de FCFA) pour le secteur de l’agriculture, est par ailleurs étudiée et envisagée.
Concernant particulièrement la Team Europe Initiative – Investing in Young Businesses in Africa (en sigle TEI-IYBA), où en est sa mise en oeuvre ? Y a-t-il déjà quelques acquis ?
Il s’agit d’un instrument novateur qui offre à la jeunesse camerounaise l’assistance technique dont elle a besoin en termes d’encadrement, de préparation et d’élaboration des documents de projets (Business Plan). Cet instrument peut aussi fournir une assistance financière à travers des dons en phase de démarrage des activités et un accompagnement vers des financements commerciaux. Le lancement de la Team Europe Initiative – Investing in Young Businesses in Africa (TEI-IYBA), ainsi que du projet Women Entrepreneurship for Africa (WE4A) qui en fait partie, a permis dans une première opération pilote d’appuyer 110 femmes entrepreneures camerounaises qui bénéficient de subventions d’amorçage pour leurs activités. Et nous irons rapidement plus fort et plus loin en élargissant l’accès aux jeunes hommes et femmes qui ont des initiatives dans les différents secteurs d’activités prioritaires pour le développement du pays comme le digital, l’agro-industrie, les services et les infrastructures. .
Dans un entretien il y a un an avec Défis Actuels, vous indiquiez que certaines possibilités de financement offertes par les institutions financières européennes sont souvent méconnues. Quelles sont-elles et comment saisir ces opportunités ?
C’est une question très ouverte. Les réponses peuvent en effet varier selon le domaines d’intervention. L’Union européenne a un portefeuille de projets et programmes très diversifié. Elle est aussi représentée par plusieurs institutions et agences de coopération qui interviennent pour son compte. Donc, j’invite vos nombreux lecteurs à visiter nos sites et nos plateformes de communication digitale, pour mieux comprendre ce que nous faisons et quelles opportunités nous offrons en lien toujours avec les priorités du Cameroun, en termes d’investissement, de développement durable et de promotion de l’emploi.
Presentations des lettres de creances devant le chef de l’Etat le president de la Republique SEM Paul Biya de six nouveaux ambassadeurs et haut-commissaires accredites au Cameroun vendredi, 29 decembre 2023 au Palais de l’Unite
Un des projets les plus attendus de l’UE au Cameroun est celui du BRT de Yaoundé. Quelles sont les avancées dans ce projet qui devrait changer le visage de la capitale Camerounaise ?
Le programme « Yaoundé Move » de l’Agence Française de Développement (AFD), avec notre appui financier, est en pleine phase de recrutement de personnel camerounais qui sera amené à suivre le développement du bus à transit rapide (BRT), en partant bien sûr des indispensables études de faisabilité et consultations des usagers jusqu’à la mise en service définitive de ce nouveau moyen de transport. Alors que les études sont en cours, les formations pour les personnels, pour assurer un meilleur suivi du projet, se mettent en place. Comme tous les autres partenaires engagés dans ce processus, nous sommes enthousiastes à l’idée de voir ce projet passer du rêve à la réalité. Les exemples développés dans d’autres pays, comme la Colombie et le Sénégal, sont très encourageants. Il s’agit très concrètement de créer un système de transport répondant aux besoins des usagers locaux, diminuant à la fois les embouteillages de la ville de Yaoundé et les impacts environnementaux du transport urbain, tout en améliorant la qualité de vie des citoyens.
Dans le cadre du développement des infrastructures et de la stratégie d’investissement ‘‘Global Gateway’’, quels sont les autres projets mis en place ou envisagés par l’Union Européenne au Cameroun ?
Il faut déjà d’abord expliquer que le « Global Gateway », ou « portail mondial » en bon français, est une initiative européenne qui ambitionne de connecter les pays et les peuples à travers le monde, avec des projets innovants et structurants dans des domaines clés comme ceux des infrastructures, de l’énergie, du transport, du digital… Nous croyons en effet à la force de projets communs, qui nous rapprochent et qui nous permettent de tirer ensemble des bénéfices économiques et commerciaux plus importants. Le protectionnisme, les barrières douanières et l’unilatéralisme n’ont jamais constitué, nulle part, des moteurs de développement. Ils sont au contraire des freins et des facteurs d’isolement. Pour la mise en œuvre de « Global Gateway » au Cameroun, outre les projets que j’ai déjà évoqués, comme ceux des barrages de Nachtigal et demain Kikot, ou encore le BRT dans le cadre du programme « Yaoundé Move », nous avons défini avec le Gouvernement un portefeuille ambitieux d’investissements. Je ne vous en citerai que trois exemples qui répondent au développement de corridors commerciaux stratégiques entre le Cameroun et les pays de la région : la construction déjà achevée du pont sur le fleuve Logone avec le Tchad reliant Yagoua à Bongor, la construction de la voie de contournement de Yaoundé et enfin la construction du pont sur le Ntem pour faciliter l’accès à la partie continentale de la Guinée Equatoriale.
Avez-vous mené avec vos partenaires du Cameroun une évaluation de la mise en œuvre de l’APE ? Quels sont les indicateurs et les impressions de part et d’autres ?
Chaque année, les parties européennes et camerounaises élaborent un rapport de suivi basé sur les informations et les statistiques de leurs services respectifs. Le rapport se base sur une quarantaine d’indicateurs qui vont de l’évaluation de la mise en œuvre jusqu’au climat des investissements, en passant par la coopération au développement, le commerce général, les parts de marché, l’impact de la libéralisation, l’impact fiscal, l’impact socio-économique et la diversification. Je note pour ma part que le Cameroun a une balance commerciale excédentaire avec l’Union européenne, c’est-à-dire que le niveau de ses exportations dépasse celui de ses importations. L’Accord de Partenariat Economique (APE) est un véritable atout pour certaines filières agricoles du pays comme la banane ou le cacao. Alors que nous risquons une guerre commerciale mondiale, l’APE permet au Cameroun d’exporter vers l’Europe sans verser un seul franc CFA de droits de douane. Vers les Etats Unis, depuis quelques jours, c’est 11%. L’APE est donc un avantage pour le Cameroun, comme pour la Cote d’Ivoire et plus récemment le Kenya.
L’Union européenne soutenait un mécanisme de mise à niveau des industries camerounaises pour qu’elles ne s’effondrent pas avec l’arrivée des produits plus compétitifs de l’industrie européenne. Où en est ce processus ?
L’APE Union européenne-Cameroun est ce qu’on appelle un accord asymétrique qui exclut plus de 20% des marchandises européenne du bénéfice de l’Accord. Cette exclusion est basée sur le fait que ces marchandises sont produites ou bien susceptibles d’être produites au Cameroun. En cela, l’Accord ne crée pas de stress compétitif et il n’y devrait pas y avoir de raison particulière de soutenir les entreprises camerounaises en raison de l’Accord. D’ailleurs, l’effondrement annoncé par certains n’a jamais eu lieu. Aussi, l’Union européenne représente 50% des exportations camerounaises à qui l’APE permet de rester compétitives sur le marché européen grâce aux droits de douanes nuls et à l’absence de quotas. Notre coopération met par ailleurs l’accent sur le soutien au secteur privé camerounais, la mise en place de facilités de crédits dans le système bancaire pour le financement des PME, la mise à niveau qualitative des chaînes de production.
Vous êtes probablement très attentif à l’évolution de la situation politico-militaire en République démocratique du Congo où vous avez servi précédemment comme ambassadeur. On y assiste à une progression du M23 appuyé par les forces Rwandaises. Quelle solution selon vous ? L’Union Européenne va-t-elle voler au secours de la RDC ?
C’est une situation profondément regrettable, qui ne peut laisser indifférent ou insensible. Les populations civiles congolaises sont les premières victimes de cette agression, dont on ne peut trouver, pas plus que pour l’Ukraine, aucune justification dans le droit international. La souveraineté, l’intégrité territoriale, l’indépendance politique de la République démocratique du Congo (RDC) ne doivent souffrir d’aucun compromis. Nous appelons toutes les parties concernées à reprendre le chemin de la discussion et de la négociation pour trouver une solution pacifique à ce conflit. Ceux qui s’opposent à l’ouverture d’un dialogue sincère sur cette crise vont devoir faire face aux sanctions européennes, telles que celles prises le 17 mars dernier contre plusieurs dirigeants rebelles et contre des généraux de l’armée rwandaise.
Le Groupe d’Action Financière (GAFI), organisme international chargé de la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, se trouve malgré lui au cœur d’une affaire de falsification documentaire aux relents de manipulation politique. Un prétendu « Rapport 2024 », largement partagé sur les réseaux sociaux et certains médias, tente d’imiter les publications officielles de l’institution. À y regarder de près, pourtant, le document s’avère truffé d’incohérences et d’éléments apocryphes.
Une fausse signature du GAFI
Dès la couverture et les premières pages, le document donne le ton : une mise en page désuète, des tournures maladroites, des fautes de style et des erreurs factuelles (telles qu’un rapport d’évaluation mutuelle daté de 2021 mais présenté comme un rapport 2024) sèment le doute sur l’authenticité du texte. Plus troublant encore, à la page 53, le document liste nommément des personnalités camerounaises prétendument « placées sur liste noire » — une pratique formellement exclue des méthodes et principes du GAFI.
Le GAFI ne cible jamais les individus
Comme le rappelle son site officiel, le GAFI travaille exclusivement sur les juridictions étatiques et ne publie jamais de listes nominatives d’individus. Ses évaluations mutuelles, ses listes grises ou noires, ainsi que ses plans d’action, ne concernent que les États et sont rédigés selon une méthodologie rigoureuse et standardisée, validée en plénière par ses membres. Aucune mention de personnes physiques ou de soupçons individuels n’y figure jamais, pour éviter toute forme d’arbitraire ou de diffamation.
Une manipulation ciblée et dangereuse
Le passage incriminé du faux rapport évoque une prétendue traque de fonds publics détournés, transitant par une « valise diplomatique » ou vers la ville israélienne de Herzliya, et accuse même un haut fonctionnaire proche du président Paul Biya d’avoir utilisé la signature présidentielle pour des opérations de blanchiment. De telles allégations, formulées sans preuve et en marge de tout cadre judiciaire ou institutionnel, relèvent clairement d’une entreprise de déstabilisation.
Le vrai rapport est accessible au public
Le véritable rapport du GAFI sur le Cameroun, fruit d’une évaluation mutuelle menée en 2021 et publié via le GABAC, est librement consultable sur le site www.fatf-gafi.org. Il ne comporte aucune accusation nominative, ni évocation de valises diplomatiques, encore moins de « personnalités ciblées ». Le document officiel se contente d’analyser la conformité technique du Cameroun aux 40 recommandations du GAFI, et d’indiquer les axes d’amélioration attendus.
La vigilance s’impose
La diffusion de ce faux rapport est une tentative manifeste de manipulation de l’opinion publique et de discrédit de certaines figures publiques, sous le couvert d’un rapport international. Elle démontre l’urgence d’un travail de vérification rigoureux face aux documents circulant en ligne. À l’heure de la désinformation numérique, il est vital de rappeler que seule la consultation des sources officielles garantit l’intégrité de l’information.
C’est un discours ferme, empreint de responsabilité et d’engagement, que Luc Magloire Mbarga Atangana, ministre du Commerce a prononcé ce mardi 8 avril 2025 à l’occasion des travaux de la 111ᵉ session du Conseil International du Cacao, accueillie par Yaoundé. Face à des enjeux économiques, sociaux et environnementaux majeurs, le président en exercice du Conseil a vigoureusement pris la défense des cacaoculteurs, appelant à une refonte profonde de la chaîne de valeur mondiale du cacao. « Nous n’avons pas le droit de décevoir », a-t-il lancé, s’adressant à l’ensemble des parties prenantes de la filière. Le ton est donné : il est temps d’agir, et l’histoire jugera ceux qui n’auront pas su écouter les attentes légitimes des producteurs.
Le Ministre n’a pas mâché ses mots. Selon les chiffres partagés, les producteurs de cacao ne perçoivent en moyenne que 7 % de la valeur générée par l’industrie du cacao. « C’est trop peu, reconnaissons-le. Au demeurant, les producteurs ne sont plus les seuls à s’en plaindre », a-t-il déclaré. Une réalité « indéniablement trop faible », qui soulève l’indignation croissante bien au-delà des seuls milieux agricoles. Il a notamment rappelé les mots forts de la Reine Mathilde de Belgique, prononcés lors de la 5ᵉ Conférence Mondiale du Cacao à Bruxelles en avril 2024 : « Lutter contre la pauvreté des petits producteurs de cacao […] est un impératif répondant à de nombreux Objectifs de Développement Durable. » Un appel clair à une redistribution plus équitable de la richesse créée par la filière. Le Ministre a tenu à souligner que si la durabilité environnementale reste un enjeu clé, elle ne saurait éclipser les urgences économiques et sociales. Les cacaoculteurs, a-t-il rappelé, sont attachés à une filière responsable mais demandent en retour transparence, prévisibilité des marchés, et prix justes.
Face à eux, industriels et consommateurs expriment d’autres inquiétudes : réduction des marges d’un côté, pouvoir d’achat en berne de l’autre. Le Ministre a reconnu la légitimité de ces préoccupations, tout en appelant à un dialogue équilibré, pour que l’équité ne soit pas un slogan, mais une réalité partagée. Autre point critique soulevé : le manque de fiabilité des données statistiques sur le cacao. « Les incohérences flagrantes d’une année sur l’autre nuisent à notre crédibilité », a reconnu le président du Conseil. Il a plaidé pour une réforme en profondeur des outils de suivi et d’évaluation, estimant que la transparence doit devenir le pilier central de la gouvernance de la filière. Les mécanismes existent Comité économique, groupes de travail mais doivent être renforcés pour aller au-delà de la seule gestion de l’offre.
Les travaux de cette session qui s’est achevé ce jeudi 10 avril ont été ainsi présentés comme un tournant stratégique. Le Ministre appelle à bâtir une filière économiquement viable, socialement juste et écologiquement durable, reposant sur une profitabilité partagée entre tous les acteurs du petit producteur à l’industriel, en passant par le consommateur. Un message fort, qui pourrait marquer un changement de cap décisif dans un secteur longtemps miné par les inégalités et le manque de dialogue.
MICHEL ARRION, directeur exécutif de l'Organisation Internationale du Cacao (ICCO)
Nous traversons actuellement une période particulièrement propice, marquée par des prix élevés au niveau mondial, ce qui offre de nombreuses opportunités à nos membres pour tenir leurs engagements pris dès 2019, à savoir augmenter le revenu des petits producteurs. Cela est absolument essentiel. Cet objectif est au cœur du programme d’action stratégique 2019-2024.
Cette semaine, nous espérons, et je suis convaincu que cela sera le cas, approuver le prochain plan d’action stratégique 2025-2029, qui réitérera cet objectif primordial : l’atteinte d’un revenu décent. J’apprécie ce mot « décent ». En espagnol, on dit « digne ». Pour les producteurs, cela est absolument essentiel. Il n’y aura pas de durabilité du secteur si nous n’avons pas une économie cacaoyère florissante, avec des producteurs qui peuvent vivre dignement de leur travail et de la vente de leurs produits. Cet objectif était déjà au cœur des discussions lors de la Conférence mondiale de Bruxelles, organisée il y a exactement un an, en avril 2024. Le thème principal de cette conférence était « Payer plus pour un cacao durable », un thème qui établissait le lien crucial entre les prix et la durabilité. Je pense qu’il est essentiel de rappeler encore et encore que les prix et la durabilité sont les deux faces d’une même médaille. Les prix dépendent de l’offre et de la demande. Concernant l’offre, nous avons abordé les difficultés à prévoir la production.
L’autre aspect fondamental est le développement de la consommation. Les marchés traditionnels de consommation, comme l’Europe et l’Amérique du Nord, sont saturés. C’est pourquoi une expansion des marchés est essentielle. Comme vous l’avez justement mentionné, l’Asie constitue clairement le continent du futur. L’Indonésie, la Malaisie et Singapour représentent déjà des partenaires clés : ce sont les seconds clients de la Côte d’Ivoire après l’Europe, avant les États-Unis, ainsi que du Ghana et de l’Équateur. Une industrie de transformation se développe pour répondre à une consommation croissante. Les géants tels que la Chine, et surtout l’Inde, sont cruciaux pour absorber potentiellement des centaines de milliers de tonnes de cacao grâce à leur classe moyenne en pleine expansion et disposant d’un pouvoir d’achat croissant. Ces économies émergentes joueront, selon moi, un rôle central dans l’expansion des marchés.
Un point qui me tient particulièrement à cœur : l’accès au marché. Il est impératif d’améliorer cet accès, notamment dans les grandes zones de consommation. L’accès au marché américain et européen est en partie entravé par des droits de douane, mais aussi par des mesures plus insidieuses qui ne sont pas des tarifs mais qui sont des réglementations. Ces obstacles non tarifaires sont essentiels à aborder. Nous discuterons, lors du conseil, du groupe de travail sur la sécurité alimentaire qui vise à protéger la santé des consommateurs et des producteurs. Il ne faut pas oublier que les pesticides affectent en premier lieu ceux qui les appliquent, puis ceux qui les consomment.
Néanmoins, il faut également être vigilant face à la multiplication des réglementations sanitaires et phytosanitaires concernant les toxines, les métaux lourds et les huiles minérales. Toutes ces menaces représentent des défis sérieux pour l’accès au marché et seront un point clé lors du Conseil.
Cinq mois après avoir été nommé secrétaire général adjoint de la Fédération camerounaise de football (Fécafoot), Benoît Angbwa Essomeyang jette l’éponge : « Cette décision mûrement réfléchie, est motivée par des conditions de travail devenues exécrables et incompatibles avec l’exercice serein et efficace de mes missions, en raison du harcèlement moral et psychologique dont j’ai été victime de la part du Secrétaire général en fonction. Malgré mon engagement, ma rigueur et mon attachement aux valeurs de la Fédération, l’environnement professionnel actuel ne me permet plus d’évoluer dans un cadre propice à l’épanouissement et à la performance », justifie-t-il. L’homme cite des « propos méprisants et dévalorisants, parfois insultants», ainsi que « des restrictions excessives entravant l’exercice de mes fonctions» ; sans oublier « [le] refus manifeste de collaboration et [de l’]archarnement injustifié». C’est dire que l’ancien Lion indomptable ne bénéficiait pas de la confiance de son supérieur hiérarchique qu’est le secrétaire général de la Fécafoot.
Avant ce poste dans l’ombre du patron de l’administration de la fédération, Benoît Angbwa était coordonnateur général des équipes nationales de football du Cameroun depuis juillet 2022, en remplacement d’un autre ancien Lion indomptable, Bill Tchato. Un poste que l’homme a occupé dans des conditions difficiles, tant il devait batailler au propre comme au figuré pour exister. L’Etat du Cameroun ayant nommé à tous les postes de l’encadrement de la sélection nationale fanion de football du Cameroun. Et à son poste, l’ancien défenseur des Lions indomptables était en concurrence avec Benjamin Banlock, ancien secrétaire général de la Fécafoot. Humilié en marge de la double confrontation entre le Cameroun et l’Angola et le Cap vert, en éliminatoires de la Coupe du monde 2026, l’homme verra les Lions indomptables l’ignore à l’aéroport de Douala, pour suivre l’équipe nommée par le ministre des Sports. Mais l’homme essaiera en vain d’y résister. Jusqu’à la fusion des deux staffs. Et Samuel Eto’o a remobilisé son ancien coéquipier d’Anzhy Makaschkala (en Russie), au secrétariat général de la Fécafoot. Mais l’homme y trouvera un patron peu enclin à collaborer.
Guerre de staffs
Des mois que cela dure. L’homme qui n’avait pas été proposé par Samuel Eto’o dans le staff unifié des Lions indomptables, malgré ses états de services et donc son sacrifice dans ce « combat », n’a certainement pas digéré ce manque de confiance auquel le patron de la Fécafoot n’est certainement pas étranger, ne pouvait que jeter l’éponge. A un moment où Samuel Eto’o souffle le chaud et le froid, avec une vague de démissions.
C’est un des fervents lieutenants de Samuel Eto’o qui quitte le navire. Au moment même où d’autres démissions en cascade sont enregistrées dans le navire du football camerounais. En l’espace de deux semaines, deux présidents de clubs ont jeté l’éponge : Kenmogne de l’Union sportive de Douala, a abandonné la barque des Gamakaï, et le capitaine Joseph Feutcheu a purement et simplement choisi de se retirer du football. Si l’un et l’autre accusent la mauvaise gestion du football, le militaire à la retraite, passionné de football, ne ferme pas définitivement la porte à l’objet de sa passion. Le fondateur de Djiko FC de Bandjoun compte revenir au football après l’ère Samuel Eto’o. Et des sources crédibles annoncent le tour de Camille Loé, directeur de cabinet du président de la Fécafoot.
Cela survient à un moment où le football camerounais vit une de ses périodes de vives tourmentes. A côté de la bataille pour le contrôle de la sélection nationale fanion A qui échappe de plus en plus à la Fécafoot dont le patron s’est agrippé sur l’assistant du sélectionneur, le Congolais Joachim Mununga, il y a le football amateur qui est presque à l’agonie, car ne se pratiquant plus du tout. Le football professionnel tente de survivre, dans une opacité où les clubs réclament en vain la subvention de l’Etat depuis trois saisons, les arbitres réclament leurs primes depuis l’arrivée de Samuel Eto’o à la tête de la Fécafoot. Ce dernier, pose comme condition les preuves du paiement des salaires des joueurs. Preuves apportées par quelques-uns, qui continuent pourtant de vivre la même misère que les autres.
Les deux parties ont signé le contrat d’accès au réseau de transport permettant à l’industriel de faire passer sa puissance énergétique de 50MVA à 75 MVA, et de bénéficier des conditions spécifiques adaptées à son profil, notamment sur la tarification.
En septembre 2022, le transformateur 50MVA de la Société Nationale de Transport d’Electricité (Sonatrel), qui dessert la zone industrielle de Douala Bassa a pris feu. Les industriels de cette zone parmi lesquels Prometal ont passé plus de 20 jours sans électricité. Depuis, le groupe Prometal ( Prometal et Proalu) envisagent des solutions durables pour être moins dépendants en termes de fourniture électrique.
Le groupe a ainsi décidé de se raccorder au réseau haute tension de la Sonatrel et bénéficie désormais d’un poste de transformation d’une capacité totale de 90/15kv-75MVA. La cérémonie de signature du contrat d’accès au réseau de transport entre la Sonatrel et le Groupe Prometal a eu lieu le 7 avril dernier à Douala. Cet acte qui répond aux normes dans le secteur d’électricité au Cameroun va permettre au groupe industriel d’augmenter sa capacité énergétique passant de 50 MVA à 75MVA. Mais surtout, de bénéficier des conditions spécifiques adaptées à son profil d’acheteur d’énergie de grande taille. Prometal va dorénavant payer directement le transport de son énergie chez Sonatrel, même si une partie de sa facture couvrant la production sera reversée chez Eneo ou chez un autre producteur. « La signature de ce contrat permettra au groupe Prometal d’avoir une meilleure qualité de service ; de bénéficier d’une tarification plus abordable comparativement aux clients MT (retrait des charges distributions) ; de négocier avec le producteur de son choix et d’avoir une diminution de sa facture », renseigne le ministre de l’Eau et de l’Energie Gaston Eloundou Essomba qui a présidé la cérémonie.
En se raccordant au réseau de Sonatrel, Prometal entend trouver une stabilité dans la fourniture électrique Car, contrairement à Eneo qui doit parfois déconnecter les industriels pour alimenter les ménages à la demande du gouvernement, Sonatrel se plie rarement à cette exigence gouvernementale. Prometal pourrait ainsi sereinement poursuivre ses objectifs de production. En janvier 2024, l’entreprise a inauguré deux nouvelles usines. L’une pour la transformation de l’acier qui devra porter la production annuelle du groupe à 360 000 tonnes métriques de produits en acier finis, tandis que l’autre unité est spécialisée dans la production de bouteilles de gaz et de structures métalliques. Le groupe leader de la sidérurgie et de la métallurgie en Afrique centrale vise le marché de la Zlecaf. Il a par ailleurs annoncé son intention d’investir 150 milliards de FCFA au Gabon les cinq prochaines années, dont 30 milliards FCFA cette année, après une convention signée avec le gouvernement gabonais en février dernier.
Pour Sonatrel, ce contrat va augmenter ses revenus et faciliter le financement de nouveaux investissements dans un secteur en crise financière. Elle s’arrache en effet la deuxième grande industrie consommatrice d’énergie au Cameroun dotée de cinq unités de production dans la zone industrielle de Bassa, pour un besoin en énergie de 45,5 MW.
Réactions
Hayssam El Jammal, PDG de Prometal
« Nos outils de production vont tourner à plein régime »
« L’histoire qui s’écrit ce jour nous invite à tous apprécier la détermination du gouvernement de la république à encourager et soutenir l’industrialisation de notre pays, un des piliers de notre développement planifié. Je suis particulièrement sensible et reconnaissant à toutes les parties prenantes qui ont œuvré à la résolution de cette problématique énergétique pour nos entreprises. Notre basculement à la haute tension de la sonatrel est un coup de puissance productive donné à notre industrie. De 50 MVA à 75 MVA avec proalu dans les travaux ont démarré, nos outils de production vont tourner à plein régime garantissant un marché couvert et fluide. Grâce à ce nouveau transformateur, l’Etat du Cameroun nous permet de promouvoir davantage le made in Cameroun et même le made in Cemac en vue d’une conquête forte et compétitive du marché commun de la Zlecaf. Ayant en ligne de mire, le cluster du port autonome de Kribi, nos besoins passeront dans un avenir proche à 100 MVA supplémentaire. Ce qui amènera Prometal groupe à une capacité d’environ 175 MVA. C’est pour les sociétés du secteur de l’énergie un bénéfice assuré de trésorerie permanente en marge des autres avantages circulaires y liés. »
Gaston ELOUNDOU ESSOMBA, ministre de l’Eau et de l’Energie
« Le gouvernement entend accompagner les industriels »
« En soutenant des industriels comme Prometal, le gouvernement entend construire le Cameroun de demain qui se veut émergent, industrialisé, et influent sur l’échiquier géostratégique de l’Afrique. A ce titre, la recherche des financements se poursuit au niveau gouvernemental pour développer de nouvelles infrastructures énergétiques. C’est ainsi que dans le cadre d’un appui budgétaire reçu de la Banque Mondiale, une provision a été retenue pour la construction d’un poste neuf de 75 MVA sur le site de Prometal, pour améliorer sa fourniture en électricité. Dans la même lancée, nous avons instruit à la Sonatrel, l’extension du poste de Logbaba pour raccorder ladite industrie. Je voudrais donc profiter de l’occasion qui m’est ainsi offerte pour rassurer l’ensemble des industries, notamment celles de la ville de Douala, que des travaux similaires sont actuellement en cours en vue de permettre l’évacuation de l’énergie de Nachtigal vers ce pôle industriel. En outre, les travaux de renforcement et de stabilisation des réseaux électriques de ladite ville se poursuivent pour assurer une meilleure gestion des flux d’énergie. »
Par Ferdinand Haiwang Djamo, Coordonnateur National & Analyste de Recherche Cameroon Economic Policy Institute (CEPI)
Introduction
L’administration Trump a décidé d’introduire une série de droits de douane inédits visant plusieurs pays africains. Ces mesures tarifaires, allant de 30% à 50%, affectent directement les produits textiles, agricoles, métallurgiques et automobiles exportés vers les États-Unis. Cette décision, perçue comme une rupture avec la politique de coopération économique mise en place depuis les années 2000, met en péril les acquis de l’African Growth and Opportunity Act
(AGOA), un programme clé de partenariat commercial entre les États-Unis et l’Afrique subsaharienne. Le secteur du textile est parmi les plus touchés, notamment au Lesotho, où 12 000 emplois sont aujourd’hui menacés. En Afrique du Sud, les exportateurs automobiles et agroalimentaires dénoncent une décision unilatérale qui neutralise les bénéfices offerts par l’AGOA.
L’AGOA : un pilier du commerce afro-américain menacé
Adoptée en 2000, l’AGOA a permis à plus de 35 pays africains d’exporter plus de 6 500 produits vers les États-Unis sans droits de douane. Le textile, les produits agricoles transformés, les pièces automobiles, mais aussi certains produits artisanaux en ont largement bénéficié. En 2019, les exportations africaines vers les États-Unis dans le cadre de l’AGOA représentaient environ 6,7 milliards USD. Mais la montée du protectionnisme américain sous Trump, notamment à l’égard de pays à faible revenu, a remis en cause l’avenir de ce partenariat. Le retrait partiel de l’AGOA pour certains pays africains et l’imposition de tarifs punitifs ont provoqué une perte de confiance et vont entraver une baisse des exportations.
Le Lesotho sous le poids des tarifs
Le cas du Lesotho est emblématique. Ce petit pays, enclavé dans l’Afrique du Sud, dépend fortement de ses exportations textiles vers les États-Unis. Grâce à l’AGOA, de nombreuses usines s’étaient installées, employant principalement des femmes. En 2024, 95 % des vêtements
exportés du Lesotho étaient destinés au marché américain. Mais l’imposition inattendue et brutale de droits de douane de 50% sur ces produits a provoqué un effondrement des commandes. Des milliers d’emplois sont aujourd’hui en suspens, avec des risques sociaux majeurs : paupérisation, instabilité, et hausse du chômage chez les jeunes.
Quelles sont les réactions des pays africains ?
Face à cette situation, les réactions africaines sont restées timides et hétérogènes. L’Afrique du
Sud, principal partenaire commercial des États-Unis sur le continent, a dénoncé une politique commerciale « injuste et destructrice », tout en explorant des voies diplomatiques pour obtenir
une exemption. Cependant, pour la plupart des pays africains, le rapport de force est défavorable. Le continent reste fragmenté, et l’absence d’un cadre commercial continental unifié réduirait la capacité de négociation collective. C’est ici que la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) pourrait jouer un rôle décisif.
La ZLECAf constituerait une solution africaine face au choc extérieur. Entrée en vigueur en janvier 2021, la ZLECAf vise à créer un marché unique de 1,4 milliard de personnes, en supprimant progressivement 90 % des droits de douane entre pays africains. Si elle est pleinement mise en œuvre, cette initiative pourrait accroître le commerce intra-africain de plus de 50 % d’ici 2030, selon la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA).
Dans le contexte actuel, la ZLECAf offre une alternative stratégique aux marchés extérieurs instables, en réduisant la dépendance des pays africains vis-à-vis des grandes puissances. Le développement des chaînes de valeur régionales, l’amélioration des infrastructures et la coordination des politiques industrielles pourraient permettre au continent de gagner en résilience face aux chocs externes comme celui provoqué par les tarifs de Trump.
De la dépendance à l’autonomisation
Les tensions commerciales avec les États-Unis doivent inciter les États africains à accélérer la mise en œuvre de la ZLECAf et à investir dans l’industrialisation locale. Le développement des capacités de transformation sur le continent permettrait non seulement de créer des emplois, mais aussi de mieux capter la valeur ajoutée. « Les lois et mécanismes de commerce sont bien simule à travers l’initiative du Commerce Guide, il est donc temps de former les officiers douanières et mettre en œuvre des approches opérationnelles propice à l’implémentation », Sonia Kouam, Chercheur Associe CEPI.
Par exemple, au lieu d’exporter du coton brut vers les États-Unis ou l’Europe, les pays africains pourraient transformer ce coton localement en textiles finis destinés aux marchés régionaux. Ce
type de logique, encouragée par la ZLECAf, réduirait les risques liés aux décisions politiques imprévisibles des partenaires commerciaux traditionnels.
Les femmes et les PME : principales victimes ?
Il est important de souligner que les PME et les femmes entrepreneures sont souvent les premières victimes de ce type de chocs commerciaux. Le secteur textile, largement féminisé dans de nombreux pays africains, souffre de manière disproportionnée des ruptures de contrats et de la fermeture des usines. La ZLECAf offre une opportunité de soutien ciblé à ces acteurs vulnérables, notamment à travers des mesures spécifiques de financement, de formation et d’accès au marché. Une attention particulière à l’inclusion économique sera essentielle pour faire de cette zone de libre-échange un levier de développement équitable.
Dans le cade de la ZLECAf, il est important d’implémenter et accentuer le Protocol des femmes et jeunes qui seront impacte par des nouvelles tarifs douanières des Etats-Unis. Il est important de favoriser une approche qui facilitent l’inclusion des femmes et jeunes a traves des politiques, formations et financement ciblée pour créer des nouvelle marche en Afrique.
Conclusion
La décision de l’administration Trump d’imposer des droits de douane élevés sur les produits africains exportés vers les États-Unis constitue un signal fort et aurait un impact dévastateur sur le commerce et le développement inclusif en Afrique. Elle rappelle à l’Afrique la nécessité de bâtir une autonomie commerciale et d’assurer sa résilience économique. Le CEPI réitère que le libre-échange à cause des bénéfices pour les consommateurs du monde entier et à favoriser le développent de l’Afrique et les pays en développement. Le leadeurship et la crédibilité des états unis ont pris du recul – sans doute – mais il est important maintenant de favoriser un débat constructif dans le cade du commence internationale. La ZLECAf représente aujourd’hui l’une des réponses les plus prometteuses à ces défis. En misant sur l’intégration régionale, la montée en gamme industrielle et la diversification des marchés, l’Afrique peut tourner cette crise en opportunité. L’urgence est désormais à la coordination, à la mise en œuvre rapide des réformes et à la construction d’un modèle commercial africain par et pour les Africains. Face à ce grand choc extérieur, l’Afrique doit plus que jamais repenser sa stratégie commerciale en misant sur la ZLECAf, par exemple.