mercredi, mai 20, 2026
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Commerce International : Le Cameroun prépare la 14e Conférence ministérielle de l’OMC

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Dans la perspective de la 14ᵉ Conférence Ministérielle (CM14) de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), le Ministre du Commerce du Cameroun, Luc Magloire Mbarga Atangana, a mené deux entretiens déterminants le 11 avril 2025 à Genève, en Suisse soulignant ainsi l’ambition du pays de jouer un rôle de premier plan dans la réforme du système commercial international. Le premier rendez-vous du Ministre a été marqué par une réunion avec la Taskforce de l’OMC chargée de la CM14, dont l’objectif principal était d’établir les prochaines étapes clés de l’organisation, notamment la visite imminente de la Directrice Générale de l’OMC au Cameroun, la finalisation du Cahier des Charges, indispensable pour encadrer les travaux préparatoires, ainsi que la conclusion d’un Accord-Cadre entre l’OMC et le pays hôte, assurant un partenariat structuré et solide. « Cette collaboration avec le Secrétariat de l’OMC est essentielle pour garantir le succès et le bon déroulement de la 14ᵉ Conférence Ministérielle », a affirmé le Ministre camerounais du Commerce, insistant sur la nécessité d’un dialogue constructif pour répondre aux défis d’un commerce mondial en pleine mutation.

Dans la continuité de cette démarche, le Ministre a ensuite rencontré le Chef de Délégation de l’Australie à l’OMC. Cet entretien a permis d’explorer les voies par lesquelles l’Australie pourrait accompagner le Cameroun dans l’organisation de la CM14. L’Ambassadeur australien a réitéré l’engagement de son pays à appuyer le Cameroun dans plusieurs domaines clés, notamment l’agriculture et la gestion des subventions à la pêche, le développement économique, le commerce électronique, ainsi que la facilitation des investissements visant à stimuler le développement. Ce partenariat, fondé sur une vision commune d’un commerce plus inclusif et équilibré, illustre la volonté des acteurs internationaux d’appuyer le Cameroun dans sa mission d’hôte et de réformateur du système commercial mondial.

UNE OMC EN QUÊTE DE RÉFORME PROFONDE

 Lors de la 13ème Conférence ministérielle de l’OMC qui s’est déroulée du 26 février au 1er mars 2024 à Abou Dhabi, aux Émirats Arabes Unis, il était attendu des réponses aux problèmes posés par les politiques agricoles, notamment à travers des engagements importants des membres concernant les subventions agricoles, la concurrence à l’exportation, l’accès au marché, les restrictions sur les exportations de produits alimentaires, la détention de stocks publics, et autres, les résultats se sont avérés finalement très mitigés. Les Ministres n’ont pas réussi à trouver de points de convergence sur les disciplines relatives à ces politiques agricoles. Néanmoins, ils ont accepté de poursuivre les travaux qui pourraient se faire au Cameroun en mars 2026, en vue de rendre les marchés plus équitables et plus compétitifs, tout en prenant en compte des préoccupations telles que la sécurité alimentaire en faveur des pays les moins avancés (PMA) et des pays en développement (PED). Lors d’une réunion tenue par le Conseil général de l’OMC les 18 et 19 février 2025, la Directrice Générale, Ngozi OkonjoIweala, a récemment appelé à accélérer la réforme de l’organisation, en réponse à une « nouvelle réalité » caractérisée par des politiques commerciales protectionnistes, notamment l’usage intensif des droits de douane par le président américain. Elle a souligné l’urgence de repenser les mécanismes existants pour identifier ce qui fonctionne et ce qui doit être transformé. « Il me semble que c’est un moment opportun pour lancer des réflexions sérieuses sur le système… », a-t-elle déclaré, insistant sur l’importance d’une réforme en profondeur qui transcende les ajustements mineurs.

LE CAMEROUN : ACTEUR CLÉ D’UNE RÉFORME MONDIALE

En accueillant la CM14, le Cameroun se positionne non seulement comme un hôte capable d’organiser un événement de grande envergure, mais aussi comme un acteur stratégique dans le processus de réforme de l’OMC. La démarche initiée par le Ministre du Commerce traduit une ambition de faire du pays une plateforme d’échanges et d’innovation dans le domaine du commerce international, à un moment où les règles du jeu se redéfinissent. Ainsi, entre dialogues bilatéraux et prises de position sur la scène internationale, le Cameroun entend jouer un rôle moteur pour insuffler une dynamique nouvelle à l’OMC, adaptée aux défis du 21ᵉ siècle et aux réalités d’un monde en pleine mutation économique. De retour de Genève, Luc Magloire Mbarga Atangana a rappelé samedi dernier à l’occasion de la clôture de la 10ème édition du Cocoa and Coffee Festival : « Nous devons susciter un New Deal à Yaoundé, un nouveau départ du commerce mondial. Nous devons rendre au peuple ce qui lui appartient. Les premiers acteurs du commerce sont les producteurs, et non ceux qui achètent nos produits. Nous devons repenser notre modèle et revenir aux sources ».

Financement Des Projets : Le Cameroun a utilisé à peine 1/3 des 2900 milliards FCFA de la Banque mondiale

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Déroulement des travaux de la Revue conjointe du portefeuille de coopération Cameroun-Banque mondiale, du 14 au 15 avril 2025 à Yaoundé

Coprésidée par Alamine Ousmane Mey, ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire (MINEPAT), et Cheick Fantamady Kanté, directeur de division Afrique de l’Ouest et Centrale de la Banque mondiale, la session de revue conjointe du portefeuille de coopération Cameroun-Banque mondiale, qui s’est tenue du 14 au 15 avril 2025 à Yaoundé a réuni un panel composé de membres du gouvernement, de coordonnateurs de projets et de hauts responsables de la Banque mondiale. La performance du portefeuille de projets en cours, les obstacles persistants à leur mise en œuvre, et les solutions à mettre en œuvre pour renforcer leur impact sur la croissance économique et la qualité de vie des populations étaient au menu de cette rencontre.

Cette revue s’inscrit dans le cadre des objectifs de la Stratégie Nationale de Développement 2030 (SND30), qui ambitionne de faire du Cameroun un pays émergent et résilient. Le portefeuille examiné comprenait 22 opérations, réparties entre 17 projets nationaux totalisant environ 2 429,4 milliards de FCFA et 5 projets sous-régionaux financés à hauteur de près de 475,43 milliards de FCFA. Ces initiatives couvrent des secteurs prioritaires tels que l’énergie, les infrastructures routières et l’agriculture, avec des projets phares comme le barrage hydroélectrique de Nachtigal, le programme Filets sociaux, et le projet d’urgence contre l’insécurité alimentaire.

Lors de l’ouverture des travaux, Alamine Ousmane Mey a rappelé l’importance de cette revue pour maximiser l’impact des projets sur la croissance et la résilience du pays, en accord avec les objectifs de la Stratégie Nationale de Développement 2030 (SND30). Il a insisté sur la nécessité de mobiliser les acteurs pour une meilleure exécution des projets, afin d’améliorer les conditions de vie des populations. « Nous devons tous nous mobiliser pour atteindre les objectifs de performance », a-t-il déclaré, appelant à une intensification des efforts. Malgré les progrès réalisés, Cheick Fantamady Kanté a identifié plusieurs obstacles entravant l’efficacité du portefeuille, notamment les délais prolongés avant l’entrée en vigueur des projets, les retards dans l’exécution des Plans d’Action de Réinstallation (PAR), les lenteurs administratives dans les procédures de passation des marchés, ainsi qu’un faible taux de décaissement, avec 69 % des financements encore non utilisés.

Pour améliorer la performance du portefeuille, il a proposé plusieurs solutions concrètes, notamment un meilleur alignement des procédures, une simplification des Plans d’Action de Réinstallation (PAR), un recours accru à l’instrument Program for Results (PforR) et un suivi rigoureux de la mise en œuvre des projets. Dans cette dynamique, le Ministre de l’Économie a émis plusieurs recommandations pour accélérer la mise en œuvre des projets, en mettant l’accent sur l’optimisation de leur préparation et maturation, ainsi que sur l’amélioration des procédures de passation des marchés. Il a également souligné la nécessité de renforcer les capacités techniques et humaines des Unités de Gestion des Projets (UGP), tout en instaurant des mécanismes d’alerte précoce et des revues internes régulières pour assurer un suivi efficace.

 Afin de fluidifier l’exécution des initiatives, il a plaidé pour une accélération des Autorisations de Non-Objection (ANO) et des Plans de Travail et de Budget Annuel (PTBA), ainsi que pour une harmonisation des processus de la Banque mondiale avec le cadre national de maturation des projets. La revue conjointe s’inscrit dans le Cadre de Partenariat Pays 2025– 2029, qui vise à favoriser la création d’emplois décents et à améliorer l’accès équitable aux services sociaux de base. À travers ce partenariat renouvelé, le Cameroun et la Banque mondiale réaffirment leur engagement commun à faire du pays un modèle de développement résilient, inclusif et durable.

CHEICK FANTAMADY KANTE, Directeur des opérations de la Banque mondiale au Cameroun

« L’une des priorités est d’accélérer les procédures de passation des marchés »

Il s’agit d’un portefeuille très vaste, couvrant plusieurs secteurs de développement : l’énergie, le transport, les zones rurales, la résilience des populations et le développement du capital humain, pour un montant total de 4,4 milliards de dollars. Ce portefeuille est relativement jeune, avec une moyenne d’âge des projets estimée à quatre ans. Toutefois, en raison de leur nature, les projets d’infrastructure, d’énergie et de transport sont particulièrement complexes à mettre en œuvre. Si la performance globale est jugée satisfaisante, elle pourrait être améliorée. Parmi les défis à surmonter figurent d’importants soldes non décaissés, souvent dus à des retards dans la mise en œuvre des projets, notamment leur entrée en vigueur, qui prend du temps. À cela s’ajoute la gestion des Plans d’Action de Réinstallation (PAR), un aspect nécessitant des décisions rapides et coordonnées.

 Lors de cette revue, les équipes devront identifier les meilleures solutions, tout en respectant la législation nationale, afin d’accélérer les décisions concernant les PAR. Une autre priorité est l’optimisation des procédures de passation des marchés, qui restent longues et complexes, entraînant des retards dans le démarrage des projets, notamment ceux liés aux infrastructures, particulièrement sensibles aux contraintes saisonnières. Par exemple, les projets routiers sont souvent ralentis durant la saison des pluies. L’objectif principal est donc d’accélérer le processus tout en respectant les lois et les procédures de la Banque mondiale, afin que les populations puissent voir rapidement les résultats concrets de ces projets sur le terrain

MTN  Cameroun et WWF soutiennent 3  projets portés des jeunes

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Dans le cadre du PachiPanda Innovation challenge, 3 prix allant de trois millions de FCFA à 1,5 millions de FCFA ont été remis aux porteurs des meilleurs projets technologiques en faveur de l’environnement.

Le Digital au service des défis environnementaux vient d’être primé à Douala par deux institutions. MTN Cameroonpapiers et World Wide Fund for Nature (WWF)  ont affecté en tout 6,5 millions de FCFA pour soutenir trois projets technologiques proposés par des jeunes camerounais dans le cadre du PachiPanda Innovation Challenge.  

L’initiative lancée en février dernier visait en effet  à récompenser les meilleurs projets de solutions technologiques en faveur de la protection de l’environnement, en accord avec les objectifs de développement durable. Au total, 186 candidatures  ont été reçues. Au terme des sélections, 11 projets ont été retenus pour la phase finale qui s’est déroulée le 15 avril dernier à Douala. Face au jury constitué des responsables d’administrations publiques et des experts,  ces jeunes dont l’âge se situe dans la tranche de 16 à 35 ans ont  défendu leurs projets en présence d’un public. Au terme de l’évaluation portant entre autres sur la pertinence, l’approche innovante, la faisabilité, l’impact potentiel  et la plus-value de leurs projets, 3 d’entre eux ont été primés.

Le premier prix a été remporté par Agrifresh, une solution de gestion de pertes post récolte par un moyen innovant de conservation des produits frais  en direction des producteurs de tomates du bassin de Foumbot dans la région de l’ouest. La solution combine un conteneur frigorifique à énergie solaire pour lequel l’agriculteur doit dépenser 300 FCFA pour 25kg, et une plateforme de mise en relation entre les agriculteurs et les potentiels acheteurs.  Avec cette innovation, les récoltes peuvent ainsi rester intactes pendant 21 jours à bonne température, contre 5 jours maximum en conditions naturelles.  Ce projet a ainsi reçu la somme de 3 millions de FCFA pour financer sa mise en œuvre. Le deuxième prix  d’un montant de 2 millions de FCFA a été remporté par une solution de suivi à distance des ruches pour les apiculteurs afin d’améliorer leurs revenus et lutter contre l’insécurité alimentaire.  Wisecool a décroché le troisième prix pour son innovation qui fournit des unités de stockage à froid  des médicaments  alimentés par l’énergie solaire, pour faciliter l’accès aux soins de santé dans   des zones reculées. Le projet a reçu un financement de 1,5 millions de FCFA.  « PachiPanda Innovation Challenge nous permet d’aller au-delà des initiatives de MTN pour associer les autres parties prenantes. Par ce que nous sommes convaincus que si  on va en groupe pour les problèmes auxquels nous faisons face, nous serons plus efficaces que si on y allait seuls. Donc nous sommes un partenaire et ce challenge a la particularité de solliciter des  solutions technologiques pour pouvoir faire face aux défis environnementaux et c’est aussi la preuve de notre engagement à soutenir la jeunesse, l’innovation », explique Edouard Tamba de MTN Cameroun.

Réactions

AFOPEZI MOSES, lauréat 1er prix

 « Notre solution permet de conserver la tomate pendant une longue période »

« Nous allons faire en sorte que la chambre froide garde une température comprise entre 5 et 10 degrés pour pouvoir garder la tomate fraîche pendant une longue durée. Cette innovation permettra aux agriculteurs de foumbot dans la région de l’ouest de conserver la tomate pendant une longue période et  de la vendre à des prix abordables. Parce que les agriculteurs sont parfois obligés de vendre la tomate à 2000 francs le cageot parce qu’ils ont peur que ça pourrit. Notre technologie a l’avantage de garder les tomates intactes. La couleur ne change pas. Les agriculteurs paient 300 francs pour stocker leurs produits dans notre chambre froide et une fois qu’ils se sont acquittés de ces frais, on leur donne accès à notre plate-forme où on publie leurs vivres frais et on affiche les prix et les quantités disponibles pour les connecter avec les acheteurs des différents marchés. Dans l’avenir, nous pensons même à installer notre technologie dans les camions pour que les produits soient bien conservés pendant qu’ils sont transportés. La solution connecte les agriculteurs aux acheteurs à l’échelle internationale » 

Alain Ononino, Directeur pays WWF 

« Les trois lauréats vont participer à la compétition panafricaine en Afrique du Sud » 

« Cette initiative est conjointe de MTN Cameroon et WWF Cameroon qui vise à connecter des projets développés par des jeunes. Ce sont des projets qui doivent être innovants, contribuer à la protection de l’environnement et doivent avoir un aspect digital. Ce sont des projets qui ont la capacité de répondre à certaines problématiques de l’environnement : la pollution, la lutte contre le changement climatique, la protection de la biodiversité. Nous avons commencé avec un total de 186 projets parmi lesquels 11 ont été sélectionnés et présentés ce jour. Trois ont été retenus. Ce sont des projets vraiment innovants qui portent par exemple sur l’utilisation de panneaux solaires pour la conservation de produits agricoles, de médicaments et les trois lauréats de ce jour vont participer à la compétition panafricaine. Ils vont à l’étape suivante qui est la compétition, qui va les mettre face à leurs pairs de trois autres pays africains : l’Ouganda, le Ghana et la Zambie, afin de déterminer quels seront les projets panafricains réunissant à la fois le côté digital et le côté environnemental. Notre intérêt d’accompagner ce projet c’est parce qu’il contribue à la protection de l’environnement et WWF en tant qu’organisation qui œuvre pour la protection de l’environnement y a trouvé un intérêt, et à trouver en MTN le leader panafricain.  »

Dr Arsène Delors FOYET GANKAM : « La modernisation de la pré-collecte est une nécessité pour sécuriser notre avenir environnemental et la beauté de nos villes »

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Dr Arsène Delors FOYET GANKAM, Environnementaliste, Enseignant-chercheur (Ecole Nationale Supérieure Polytechnique de Maroua), Président du Syndicat National Autonome des Professionnels de l'Assainissement du Cameroun (SYNAPRAC)

De nos jours, le secteur des déchets emplois beaucoup de jeunes, bien que ces derniers travaillent dans des conditions déplorables. Commençons par les précollecteurs, aujourd’hui l’on voit beaucoup de déchets dans les rues. Bien que ces exutoires soient inappropriés, il n’est pas exclu que des personnes travaillent dure au quotidien pour les récupérer chez les ménages, les transporter sur de longue distance, très tôt le matin, longueur de journée ou parfois dans la nuit pour les déposer dans des endroits accessibles aux engins de collecte. Certains transportent des déchets sur la tête, dans des brouettes ou dans des pousse-pousses. Appelé vidé poubelle, ces artisans de l’ombres, bien qu’enlevant les déchets contre faibles rémunération (les abonnement varient de 1000 à 2000 par ménages par mois et les services spontanées sont négocié sur le champ), travaillent avec des équipements rudimentaires et sans encadrement.

Point de départ et maillon fondamental au cœur de tout processus de la gestion des déchets solides urbains, la pré collecte rencontre aujourd’hui des lacunes notables. Le manque d’équipements adaptés, une formation insuffisante des agents chargés de la collecte, un manque d’encadrement, la stigmatisation des agents et une sensibilisation encore trop limitée du grand public sont autant de défis à relever d’urgence. Dans ce contexte, la modernisation de la précollecte ne doit pas être perçue comme une option, mais comme une nécessité stratégique pour sécuriser notre avenir environnemental et la beauté de nos villes. Si les moyens financiers sont suffisamment alloués à cette activité et les acteurs (majoritairement informels) sont encadrés et accompagnés convenablement, très peu de déchets trainerait dans nos rues et des emplois décents seront ainsi crées. Les précollecteurs, non seulement enlèvent les déchets, mais sont aussi de parfaits acteurs du tri et peuvent être de bons agents de sensibilisation car ils sont en contact au quotidien avec les ménages, principaux producteurs des déchets.

A la suite des précollecteurs, nous avons les récupérateurs qui trient les différentes fractions (plastique, fer, os, aluminium, cuivre, or…) qui alimentent l’industrie du recyclage. Ces récupérateurs, ainsi que les artisans transformateurs de déchets, travaillent dans les mêmes conditions que les pré collecteurs. Pourtant, en plus d’être les principaux agents de l’assainissement, ces acteurs sont ceux qui concourent à donner de la valeur au déchet. Faire du déchet solide urbains une ressource est un impératif pour l’assainissement de nos villes et une gestion durable des ressources naturelles. Les pouvoirs publics doivent investir davantage sur ces maillons et faire des déchets fermentescibles une véritable matière première pour les secteurs comme l’agriculture, l’énergie et la dépollution.

Des partenaires de coopérations comme la Fondation Friedrich Ebert (FES) en partenariat avec la Syndicat National de professionnels de l’Assainissement du Cameroun dont je suis la Président œuvre à travers le Projet Just City à améliorer les conditions de travail des acteurs du secteur. Plus de 300 organisations (PME, associations, GIC et coopératives) ainsi que des opérateurs individuels bénéficient des formations régulières sur des thématiques diverses. Du 22 au 24 avril prochain, nous seront à Bertoua pour renforcer les capacités des acteurs de la ville à l’entreprenariat vert et à la conduite des projets d’économie circulaire.

Les acteurs étatiques ainsi que les partenaires au développement doivent davantage accompagner les acteurs de la pré collecte, de la récupération et de la transformation pour une meilleure gestion des déchets dans nos cités.

Pourquoi le Port de Douala s’étend vers Dibamba

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En plus de répondre au besoin d’espace, ce projet a aussi pour enjeu, la modernisation de la gestion portuaire ainsi qu’un soutien à l’économie nationale.

Les 1000 hectares de superficie actuelle du Port Autonome de Douala Bonabéri sont  déjà tous exploités. « Avec ses installations actuelles,  le port de Douala traite près de 13 millions de  tonnes marchandises par an transportées par 3000 navires alors que  ses infrastructures étaient  initialement conçues pour  un volume de 7,5 millions de tonnes »,  avait expliqué Cyrius Ngo’o,  DG du PAD lors de la signature de la convention de partenariat pour l réalisation dudit projet.

L’extension du port vers Dibamba vient  donc répondre au problème de désengorgement du site de Douala Bonabéri. Il permettra ainsi au PAD de déployer toutes les activités prévues dans le plan de modernisation de la plateforme portuaire. Car, en réalité, le projet d’aménagement d’une Zone d’activités industrielles et logistiques portuaires sur la Dibamba est une implémentation du concept moderne de complexe industrialo-portuaire, qui exige des ports qu’ils ne soient plus de simples plateformes logistiques dédiées à la manutention et au transit des cargaisons à l’importation et à l’exportation.  Mais, qu’ils se positionnent comme de véritables industries pour un soutien durable à l’économie nationale. Les ports étant appelés à développer des outils de création de richesses et de la valeur, à créer leur propre potentiel de trafic en développant notamment des activités à caractère industriel et commercial, tant en zone portuaire qu’en zone péri-portuaire.

Ce projet revêt aussi un enjeu stratégique lié à la SND 30 qui préconise la transformation structurelle de l’économie nationale, à travers le développement des industries et des services destinés à la transformation locale des matières premières. C’est pourquoi 09 secteurs et sous-secteurs prioritaires du volet transformation locale de matières premières ont été choisis pour intégrer la zone. Entre autres, l’agro-industrie pour la transformation du cacao, café, coton, manioc, banane plantain, palmier à huile, soja ; la filière forêt bois ; le textile-confection-cuir ; les mines ; la production d’électricité à base de biomasse etc.

La zone logistique et industrielle portuaire de le Dibamba pourrait générer, à la fin de toutes les phases, environ 15 000 emplois directs. Les terres agricoles exploitées pour fournir les intrants à la zone industrielle, vont générer environ 500.000 emplois directs et indirects selon les simulations.

Par ailleurs, c’est aussi une réponse structurante à la problématique de la décongestion routière, à l’entrée Est de la ville de Douala.

Dibamba: le Port de Douala va débourser 1,2 milliard pour les indemnisations 

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Plus de 100 personnes vont percevoir leurs droits dans le cadre du projet de construction d’une zone industrialo portuaire de 500 hectares  dans la localité de Missolè I, sur les berges de la Dibamba.    

La liste de bénéficiaires des personnes impactées par le projet d’extension du  Port autonome de Douala (PAD) est connue.  Cette liste  qui résulte d’un premier rapport rendu en septembre 2024 par la commission de constatation et d’évaluation des biens, concerne 127 personnes.  Elles vont en tout recevoir une somme de 1,242 milliard de FCFA du PAD au titre d’indemnisations.

Les versements ont attendus dès ce mois d’avril avant le démarrage des travaux sur les berges de la Dibamba, à Missolè I à quelques kilomètres de Douala. Il est question  de créer une zone d’activités industrielles et logistiques portuaires sur un espace de 500 hectares sur les berges du  fleuve  Dibamba.

Une convention de Partenariat  a été signée  à ce titre, le 30 novembre  2024 entre le PAD et ARISE IIP Integrated Industrial Platforms (IIP), un groupe indien en vue d’aménager la Zone Logistique Multimodale et d’une Plateforme Industrielle Intégrée. Cette zone Logistique Multimodale s’étendra sur une superficie d’environ 120 hectares. Elle sera composée de diverses installations. Notamment, une jetée de 250 m de long, des entrepôts y compris sous douane d’environ 50.000 m², un parc à conteneurs avec pare vides d’environ 35 hectares, un parc a Bois de 35 hectares ;  une aire de stationnement pour les camions etc.

La Plateforme Industrielle Intégrée  quant à elle sera construite sur une superficie d’environ 950 hectares, où seront aménagés des espaces  pour l’installation des investisseurs répartis dans 9 secteurs d’activités.

Le projet va se dérouler en  deux phases. La première sera consacrée à la Zone Logistique Multimodale, et la seconde phase portera sur l’aménagement de la Plateforme Industrielle Intégrée. Le coût des investissements pour la première phase est estimé  à environ 230 milliards de FCFA hors taxes.

Le projet, annonce –t-on,  permettra de décongestionner la pénétrante est de Douala, grâce à une liaison directe entre le port et la Dibamba.

Le cacao : un levier contre l’émigration des jeunes

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Derrière la richesse aromatique du cacao et du café camerounais se cache un enjeu bien plus vaste, celui de la survie économique, de la souveraineté commerciale, et surtout, de la dignité humaine. À l’occasion de la clôture du Cocoa & Coffee Festival, organisé par Conseil Interprofessionnel du Cacao et du Café, Luc Magloire Mbarga Atangana, ministre du Commerce a sonné l’alerte de transformer localement pour se développer durablement afin de lutter contre l’immigration des jeunes. « Si nous ne permettons pas à nos jeunes de vivre décemment en cultivant le cacao et le café, alors toutes les lois anti-immigration, tous les murs qu’on pourra ériger, ne serviront à rien », a lancé le ministre camerounais du Commerce, dans une déclaration forte adressée à la communauté internationale. Un cri du cœur qui résonne alors que le pays fait face à une véritable fuite des cerveaux.

 UNE HÉMORRAGIE SILENCIEUSE

 En seulement quatre mois, entre janvier et avril 2024, près de 6 000 Camerounais ont quitté le pays pour le Canada, selon le Groupement des Entreprises du Cameroun (GECAM). En toile de fond, un chiffre plus inquiétant encore : 23 000 professionnels qualifiés perdus en 2020, selon un rapport de l’Organisation Internationale du Travail (OIT). Soit plus de 2 % de la population active. Une saignée continue qui menace la stabilité et le potentiel de développement du pays. Pour contrer cette tendance, le membre du gouvernement propose une approche structurelle adossée sur la filière cacao et par extension celle du café. Pour lui, il faut produire, transformer et consommer localement. Reprenant les orientations du président Paul Biya, le ministre du Commerce a défendu une vision que « le développement passe par la valeur ajoutée locale ».

Les résultats sont là. À fin 2023, le Cameroun a exporté plus de 180 000 tonnes de fèves de cacao, générant 360 milliards de FCFA de recettes, selon l’Institut national de la statistique (INS). Mais ce qui retient l’attention, c’est la progression de la transformation locale. Le pays a également exporté 49 411 tonnes de pâte de cacao pour une enveloppe de plus de 97,4 milliards de FCFA et 23 825 tonnes de beurre de cacao pour un peu plus de 55,5 milliards de FCFA. Un tournant économique et industriel encourageant. Autre signal fort : les prix du cacao sur le marché local ont atteint des sommets. Dans certains bassins de production, le kilogramme s’est échangé à 6 000 FCFA, du jamais vu. De nombreux producteurs touchent désormais plus de 5 000 FCFA/kg. Cette hausse spectaculaire des prix constitue un véritable levier de motivation pour les cacaoculteurs, qui voient enfin leur travail reconnu à sa juste valeur.

Dans les coulisses des discussions de la 111ᵉ session du Conseil international du cacao, l’un des enjeux majeurs abordés à Yaoundé était la gestion de l’offre. L’objectif était de garantir un équilibre entre l’offre et la demande, de stabiliser les prix actuels et d’assurer aux producteurs une part équitable de la valeur générée par la filière.

UNE JEUNESSE QUI RÉPOND PRÉSENTE

À travers des programmes comme New Generation, une nouvelle vague de jeunes Camerounais s’engagent résolument dans la transformation du cacao et du café. Ces initiatives, portées par le Conseil Interprofessionnel du cacao et du café (CICC), offrent des formations, des outils, et surtout une vision d’avenir à une jeunesse souvent tentée par l’exil. Le Cocoa & Coffee Festival n’est donc pas qu’une vitrine de produits. C’est un acte politique, une déclaration d’intention : celle de bâtir un commerce international plus équitable, où les pays producteurs ne sont plus de simples fournisseurs de matières premières, mais des acteurs clés de la transformation et du développement. Alors que le Cameroun s’apprête à accueillir, en mars 2026, la 14e Conférence ministérielle de l’OMC, le pays entend poser les bases d’un « New Deal » du commerce mondial, axé sur la justice économique, la souveraineté des nations et la coopération Sud-Sud.

Le Cameroun, voix des pays producteurs de cacao face aux puissances consommatrices

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« Nous devons procéder, et je fais le lien avec cette cérémonie, à ce que j’appelle aggiornamento : un retour aux sources, où la production, la transformation et la consommation se font localement », a lancé Luc Magloire Mbarga Atangana, ministre du Commerce alors qu’il procédait à la clôture du Cocoa & Coffee Festival qui s’est tenu du 10 au 12 avril en marge de la 111ème session Conseil international du cacao (Icco) qu’a accueillie Yaoundé. Le président en exercice de l’Icco appelle la communauté internationale à un retour à une logique de commerce fondée sur le développement des États producteurs, et non plus seulement sur les parts de marché dominées par les puissances consommatrices. « Le vrai commerce, c’est celui qui promeut le développement », a-t-il martelé, en rappelant les idéaux du Kennedy-Round, ancêtre des grands cycles de négociation de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

Cérémonie de clôture de la 10ème édition du Cocoa and Coffee Festival lancé le 10 avril 2025.

 En accueillant ces assises internationales, le Cameroun ne parle pas que pour lui-même. Le Ministre l’a souligné d’entrée : « Quand je dis le Cameroun, ce n’est pas uniquement le Cameroun, c’est l’ensemble des pays producteurs ». Cette solidarité Sud-Sud transparaît dans les nombreux stands du festival, où les savoir-faire locaux, les produits transformés et les initiatives jeunes ont montré que l’Afrique sait faire, et entend faire localement. « Nous sommes un marché, une force. L’Afrique compte 1,3 milliard de consommateurs, ce qui constitue un marché considérable. Imaginez : entre la Côte d’Ivoire, le Ghana et le Cameroun, nous produisons environ 3 millions de tonnes de cacao. Nous avons la capacité d’absorber notre propre production, tout en exportant une partie. C’est ainsi que nous renforcerons notre position commerciale », a précisé Luc Magloire Mbarga Atangana.

VERS UNE RÉVOLUTION DU COMMERCE MONDIAL ?

À quelques mois de la 14e Conférence ministérielle de l’OMC, prévue en mars 2026 à Yaoundé, le Cameroun entend bien imprimer une nouvelle vision du commerce mondial. Le Ministre l’affirme : « Nous sommes peut-être à la croisée des chemins ». Et cette croisée, selon lui, doit se traduire par une réinvention du système commercial international, en remettant le développement au cœur des échanges. Il appelle ainsi à une harmonisation des politiques de mise en marché entre pays producteurs de cacao, et à une coopération renforcée pour créer un véritable rapport de force en leur faveur. « Nous devons apprendre à travailler ensemble, à être transparents entre nous, à partager les expériences », a-t-il insisté, reprenant une idée chère à l’Organisation internationale du cacao.

LUC MAGLOIRE MBARGA ATANGANA : « Avec 1,3 milliard de consommateurs, l’Afrique peut absorber sa production de cacao »

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Comment les pays producteurs de cacao et de café peuvent-ils aller au-delà de l’événementiel, notamment le Cocoa & Coffee Festival qui s’est déroulé du 10 au 12 avril 2025, et les travaux de la 111ème session du Conseil international du cacao qui se sont déroulés du 7 au 10 avril dernier à Yaoundé, pour inscrire durablement leur production et leur transformation dans une logique de développement économique et social ?

Je crois qu’il faut aller au-delà de l’événementiel. Le Conseil international du cacao est une réunion statutaire qui intervient dans un contexte particulier. Le Cocoa & Coffee Festival relève également du registre événementiel. Cependant, il faut savoir lire le temps. Ces deux événements, d’une grande importance, interviennent à un moment spécial, où on s’interroge sur l’avenir du commerce, notamment celui du cacao et du café. Organiser des événements est une bonne chose, mais cela ne suffit pas si l’on ne s’inscrit pas dans une perspective durable.

C’est à ce titre que je fais le lien avec l’actualité récente, qui ébranle les fondements du commerce mondial. Qu’il s’agisse du cacao, du café, du bois ou d’autres matières, y compris les services, nous devons saisir ces instants pour nous projeter vers un avenir nouveau et novateur, où ces activités deviennent des leviers de développement. Quand je parle de développement, je veux dire que ces activités doivent être bénéfiques aux producteurs, qu’ils soient individuels ou organisés, mais aussi aux pays producteurs. J’aime à rappeler que le multilatéralisme commercial reposait à l’origine sur ce principe : le commerce devait servir le développement des États. On ne faisait pas du commerce pour qu’un chocolatier s’octroie la plus grande part du marché, ni pour qu’un industriel ou un agent économique domine. Ce n’était pas non plus pour que certains États accaparent des parts de marché, mais plutôt pour promouvoir le développement. Ces remises en question et ces événements sont donc l’occasion de repenser l’intérêt et la substance de la production et de la transformation du cacao et du café. Je salue, bien sûr, Cacao & Coffee festival, qui nous encourage à transformer localement, à être capable nous-même d’être les premiers consommateurs et les premiers promoteurs de nos produits.

Mais si nous nous contentons de produire uniquement pour les autres, je crains que pour nos paysans, les choses soient davantage compliquées avec la fluctuation des marchés et les exigences toujours plus nombreuses des acheteurs. Certains invoquent la lutte contre la déforestation comme critère d’accès au marché, d’autres imposent des droits de douane exorbitants. Si on avance dans cette direction, il est évident que l’avenir peut se lire en noir. Je ne suis pas pessimiste, mais réaliste et il faut savoir tirer les leçons de ce qui nous arrive et il faut aussi savoir tirer avantages de ceux que nous représentons. Nous sommes un marché, une force. L’Afrique compte 1,3 milliard de consommateurs, ce qui constitue un marché considérable. Imaginez : entre la Côte d’Ivoire, le Ghana et le Cameroun, nous produisons environ 3 millions de tonnes de cacao. Nous avons la capacité d’absorber notre propre production, tout en exportant une partie. C’est ainsi que nous renforcerons notre position commerciale. Fondamentalement, il est impératif de dépasser l’émotion et la logique événementielle pour réfléchir, pour repenser les choses.

Le Cameroun aura bientôt l’honneur d’accueillir la 14ᵉ conférence ministérielle de l’OMC. De retour de Genève, j’ai évoqué cette opportunité avec la directrice générale de l’Organisation mondiale du Commerce. Nous devons susciter un New Deal à Yaoundé, un nouveau départ du commerce mondial. Nous devons rendre au peuple ce qui lui appartient. Les premiers acteurs du commerce sont les producteurs, et non ceux qui achètent nos produits. Nous devons repenser notre modèle et revenir aux sources.

Pendant votre disposition de l’ouverture de ces assises, vous avez insisté sur la transparence. Pourquoi est-ce simple dans ces produits-là ?

 La transparence est essentielle, c’est le maître mot. Elle commence d’abord entre les pays producteurs. Comme on dit, « comptezvous d’abord » avant de vous confronter aux autres. Il est impératif de savoir qui nous sommes et ce que nous représentons en tant que pays producteurs. Imaginez qu’on annonce prochainement un excédent de production. Vous savez ce que cela signifie : rien que cette annonce peut bouleverser les marchés boursiers. Un marché est à la fois mécanique, basé sur les volumes, et psychologique, influencé par les informations et les annonces. Ainsi, une fausse annonce a un impact dévastateur. Elle peut signifier que l’on cherche à empêcher une amélioration de la situation des producteurs, notamment en termes de rémunération. Cette transparence doit donc être une obligation entre nous, producteurs. Mais elle doit également s’étendre au marché et à l’industrie.

Les informations concernant la production sont souvent publiques, bien qu’elles puissent parfois être biaisées. Malgré cela, on dispose d’une certaine idée des prévisions de production. En revanche, concernant l’industrie, nous sommes dans l’obscurité totale. Nous ignorons l’état des stocks, la capacité de broyage ou encore les nouvelles capacités de broyage dans les pays consommateurs. Cette absence de données déséquilibre et fausse le jeu dès le départ. Si on nous dit qu’il existe des stocks trop importants, cela entraîne automatiquement une baisse des prix. À l’inverse, disposer d’informations fiables nous permettrait d’adapter nos politiques de production et de mise en marché. C’est précisément ce défi que le directeur exécutif de l’Organisation internationale du cacao cherche à relever. Actuellement, le marché manque de transparence et, par conséquent, de justice. Il est clair que cela doit changer.

Agriculture: l’Afrique se mobilise pour faire face aux défis de la filière coton

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Revenu décent pour les producteurs, chute des prix mondiaux, aléas climatiques, respect des normes environnementales… les acteurs de la filière en conclave à Douala ont souligné l’importance d’une réponse concertée.

Les défis sont grands et nécessitent l’union des producteurs, des chercheurs et des  Etats  africains pour une filière cotonnière durable, résiliente et prospère. C’est une déclaration dite  à l’unisson par les institutionnels et les acteurs de lafilière cotonnière africaine à Douala.  Ils étaient mobilisés à l’occasion de la 17ème réunion bilan du Programme de Production Intégrée du Coton en Afrique (PR-PICA), qui s’est tenu du 8 au 11 avril  dernier.  Une rencontre qui a vu la participation de huit pays. Le Bénin,  le Burkina Faso,  le Cameroun,  la Côte d’Ivoire, le Mali,  le Sénégal, le Tchad et  le Togo.

Les défis de la production cotonnière sur le continent sont nombreux selon les participants.  En plus de la chute des prix mondiaux et la fluctuation du dollar américain, des enjeux au niveau local sont divers.  Le défi économique porte notamment sur la nécessité de garantir un revenu décent aux producteurs tout en renforçant la compétitivité du coton africain sur le marché mondial. Il faut par exemple améliorer la productivité, réduire les coûts de production ou encore diversifier les marchés. Il y a aussi un défi climatique.  La sécheresse,  les inondations,  les variations de température perturbent les calendriers agricoles, affectent les rendements et compliquent la gestion de l’eau.  Au plan environnemental, il faut aussi promouvoir une culture du coton respectueuse des écosystèmes. Ce qui implique l’adoption de pratiques agricoles durables, la réduction de l’utilisation des intrants chimiques et la préservation de la biodiversité.  Le défi phytosanitaire est aussi de taille.  La recrudescence de ravageurs tels que les jassides inquiète. Ces insectes se nourrissent de la sève des plants de coton, causent des dommages considérables aux feuilles, réduisant la photosynthèse et affectant le développement des capsules.  Ce qui occasionne une baisse des rendements.

Ces défis nécessitent des réponses coordonnées à l’échelle régionale. D’où le PR-PICA qui se veut être un cadre de concertation, de coopération et de partage d’expériences entre les pays producteurs. Les assises de Douala ont permis d’analyser les  menaces et de tracer des perspectives communes pour la filière en Afrique centrale et de l’Ouest.

Réactions

Gabriel MBAIROBE, ministre de l’Agriculture et du Développement rural

« Le développement de l’industrie textile locale est une priorité »

 «  La filière coton africaine joue un rôle essentiel dans l’économie et le développement de nombreux pays africains. Elle constitue l’une des principales sources de revenu pour des millions de producteurs et leurs familles, contribuant ainsi à réduire la pauvreté et à améliorer les conditions de vie dans les communautés rurales. Toutefois, depuis quelques temps, cette filière est confrontée à de nombreux défis, notamment la fluctuation des prix sur le marché mondial, les impacts de changement climatique, les infestations parasitaires, l’accès au financement et la concurrence avec des matières synthétiques. Face à ces défis, le Gouvernement camerounais, sous la haute impulsion du Président Paul Biya, réaffirme son engagement à œuvrer avec les pays membres du PR-PICA pour renforcer la recherche agronomique régionale. Il est crucial d’investir dans la recherche pour développer des variétés résistantes aux ravageurs et adaptées aux conditions climatiques locales, ainsi que pour mettre au point des méthodes de lutte intégrée efficaces et respectueuses de l’environnement. Le partage des résultats de la recherche est également essentiel pour accélérer l’adoption de ces innovations par les producteurs. Une gestion raisonnée des intrants, combinée à des pratiques culturales adaptées, est indispensable pour limiter l’impact des ravageurs sur les cultures de coton. Les producteurs doivent être formés aux bonnes pratiques agricoles et accompagnés dans l’adoption de nouvelles technologies. Un appui technique de qualité est essentiel pour améliorer la productivité, réduire les coûts et préserver l’environnement.  Nous engageons aussi à encourager la transformation locale du coton: la transformation de la fibre de coton en produits finis (tissus, vêtements, etc.) permet d’augmenter la valeur ajoutée au sein des économies africaines et de créer des emplois. Le développement de l’industrie textile locale est donc une priorité pour assurer la prospérité de la filière cotonnière. »

Mohamadou BAYERO, DG SODECOTON 

«Nous devons repenser nos stratégies de marché »

« La baisse continue des cours mondiaux du coton a exacerbé les difficultés économiques pour nos filières. Depuis trois ans, les prix du coton ont chuté de manière significative, en grande partie en raison d’une offre excédentaire et d’une demande mondiale stagnante. Cette situation nous oblige à repenser nos stratégies de marché et à explorer de nouvelles opportunités pour maintenir la viabilité de notre industrie. Je pense ici à la transformation locale de fibre. Enfin, la fluctuation du dollar américain a également entraîné des répercussions sur notre secteur. Les variations de la valeur du dollar influencent directement les coûts d’importation des intrants et les revenus d’exportation, créant une incertitude supplémentaire pour nos producteurs et nos entreprises. Il est essentiel que nous restions vigilants et résilients face à ces fluctuations pour minimiser leur impact sur nos filières. Malgré ces défis, je suis convaincu que notre résilience et notre détermination nous permettront de surmonter ces obstacles. Ensemble, nous pouvons continuer à renforcer notre secteur cotonnier et à assurer un avenir prospère pour tous nos acteurs. »

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