mercredi, mai 27, 2026
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Vers le licenciement de 7622 agents publics

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immeuble siège du Minfopra

La mise en garde du ministre joseph Le, lors d’un point de presse qu’il a donné le 26 mai dernier à Yaoundé.

Joseph Le n’en a pas fini avec les fonctionnaires absents de leurs postes respectifs. Au contraire, le ministre de la Fonction publique et de la Réforme administrative (Minfopra) entend accélérer le processus de révocation et de licenciement des fonctionnaires et agents de l’État pour cause d’abandon de poste et autres indélicatesses (position administrative inconnue, détachements non signalés, etc.). Après les 493 premiers licenciements et révocations actés et rendus publics le 21 mai dernier, 7622 autres employés de l’Etat sont à présent dans le viseur du ministre. Joseph Le a mis les concernés en garde lors d’un point de presse qu’il a donné jeudi dernier. Le Minfopra a indiqué que «315 agents publics n’ont pas été recensés pour cause de décès, alors que malheureusement leurs familles ont continué à percevoir la solde. Au total, 7 622 agents publics sont demeurés en position d’abandon de poste et n’ont pas cru devoir répondre à nos nombreuses mises en demeure. Ils sont ipso facto à radier des effectifs de notre administration, ces agents publics fautifs ou fictifs qui émargent impunément au budget de l’Etat». Ils étaient 8 766 fonctionnaires et agents de l’Etat appelés à se présenter devant ledit Conseil. Mais selon le ministre Joseph Le, «nonobstant de nombreux communiqués et mises en demeure du ministre des Finances et celui de la Fonction publique et de la Réforme administrative à l’adresse des mis en cause, seuls 601 personnels sur les 8766 concernés ont daigné déférer aux convocations du Conseil permanent de discipline de la Fonction publique». Au terme de leurs auditions, 177 mis en cause ont été réhabilités aux travers des reprises en solde simple assortis d’avertissements, blâmes, abaissements d’échelons, etc. Il convient de souligner que cette importante opération s’inscrit dans le cadre de la lutte contre l’absentéisme chronique des agents publics, qui elle-même rentre dans le cadre de l’Opération de Comptage Physique des Personnels de l’Etat (Coppe). Lancée au milieu de l’année 2018, cette dernière a déjà permis à l’Etat de débusquer 10.000 agents publics fictifs. Ils ont été expurgés du fichier solde de l’Etat et depuis, le Trésor public réalise une économie budgétaire d’environ 30 milliards chaque année. Par ailleurs, cette opération, qui rentre dans le cadre de l’assainissement du fichier solde de l’État, apprend-on officiellement, a permis de recouvrer, en 2020, une enveloppe de 12 milliards de F CFA de salaires et pensions virés dans les comptes des personnes décédées.

Assurances: Une production globale de 210 milliards de FCFA en 2020

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En légère hausse, cette production permet au cameroun de garder le deuxième rang dans la zone de la conférence inter africaine des marchés d’assurances derrière la côte d’ivoire.


Le secteur de l’assurance au Cameroun en 2020 affiche une légère hausse de 0,64 % par rapport à l’année précédente. Les chiffres ont été dévoilés par le président de l’Association des sociétés d’assurances du Cameroun (Asac) au cours du digital Meet up tenue au Gicam le 25 mai dernier. Théophile Moulong renseigne que pour le compte de l’année 2020, le secteur des assurances a enregistré une production globale de 210 milliards contre 209 milliards en 2019. La branche Vie affiche un chiffre d’affaires cumulé de 69,4 milliards de F CFA en 2020 soit un accroissement de 2,31 % en valeur relative par rapport à 2019. L’activité de la branche non Vie quant à elle a plutôt stagné avec un chiffre d’affaires de 140,9 milliards de F CFA, pas loin des 141,2 milliards enregistrés en 2019. Cette petite progression est félicitée par l’Asac compte tenu de la crise sanitaire et sécuritaire. Le marché camerounais de l’assurance est de ce fait le deuxième dans la zone de la Conférence Interafricaine des Marchés d’assurances (Cima), derrière la Côte d’Ivoire et devant le Sénégal et le Gabon.

Le secteur de l’assurance participe au développement de l’économie nationale à travers le règlement des sinistres, les placements financiers, le paiement des impôts, les opérations immobilières etc. Le chiffre d’affaires des compagnies d’assurance représente environ 1 % du PIB et leurs placements contribuent à hauteur de 2% pour 1600 emplois directs. Mais le marché de l’assurance affiche un taux de pénétration de seulement 3 % au Cameroun. « Cette faible performance laisse entrevoir un énorme potentiel non exploité » d’après Théophile Moulong. Cette quatrième édition du Digital meet up était donc axée sur les opportunités qu’offre notamment le numérique. Le Digital meet up est en effet, une rencontre habituellement organisée par la commission numérique du Gicam en vue d’échanger sur les défis et les possibilités de réseautage d’un secteur d’activités.

Douala face à l’occupation anarchique du sol

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Des maisons d’habitations et des marchés occupent des espaces inappropriés avec des risques d’inondation et de naissance de bidonvilles.


Selon les données fournies par la mairie de la ville de Douala, les demandes de permis de bâtir ne représentent pas 10% des constructions existantes. Le constat est donc clair. L’occupation du sol se fait de manière anarchique. En plus de la mauvaise volonté pour certains et pour d’autres la méconnaissance des textes, les urbanistes pensent que cette situation est également causée par des imprévus démographiques. Selon l’Ordre National des Urbanistes du Cameroun, environ 500 000 personnes ont migré ces dernières années vers les villes de Yaoundé et Douala. La capitale économique à elle seule accueillerait le plus de flux des personnes qui y viennent pour chercher du travail dans les nombreuses industries qui y sont installées ou se lancer dans une activité économique. La conséquence directe de ces imprévus démographiques est finalement la difficulté pour ces nouvelles personnes à se loger. Elles sont donc pour la plupart contraintes de s’installer sur des espaces inappropriés pour l’habitat comme les zones humides qu’on appelle généralement marécages.

90 000 titres fonciers sur plus de 800 000 constructions

Plusieurs secteurs de la ville de Douala identifiés comme non propices à l’habitat sont aujourd’hui envahis par des maisons d’habitation. Entre autres, le quartier grand hangar et Bonabéri dans l’arrondissement de Douala 4 eme, le front nord avec les quartiers comme PK 20 et la zone de Yassa et Japoma. La ville entame ainsi une sorte d’urbanisation vers les périphéries et la plupart des habitants de ces zones n’ont pas d’actes d’urbanisme. La ville dispose à ce jour d’environ 90 000 titres fonciers tandis que les données font état d’au moins 800 000 constructions. Soit un gap important entre les titres fonciers délivrés et les constructions existantes. L’autre occupation anarchique des sols a trait à la prolifération des marchés. Dans plusieurs zones de la ville, sont nés des marchés spontanés. L’essentiel des activités économiques relevant du secteur informel. Les conséquences de cette extension urbaine non contrôlée au plan environnemental sont notamment les inondations récurrentes. Au plan socioéconomique, les ménages se retrouvent exposés à ces dangers environnementaux mais aussi à un coût plus élevé de la vie. En allant plus loin de la ville, des coûts supplémentaires de transport par exemple surviennent. Il devient également plus difficile d’accéder à certains services sociaux de base comme l’éducation ou la santé, tout comme pour l’Etat d’offrir à la population des services comme les logements décents, l’énergie ou des infrastructures éducatives et sanitaires.

Les solutions de la mairie de la ville

La communauté urbaine de Douala s’est dotée en 2015 d’un plan  de l’occupation des sols,  qui selon l’exécutif actuel n’est malheureusement pas respecté. Le maire Roger Mbassa Ndiné a fait savoir au dernier forum économique Douala qu’il est prévu cette année de réviser ce plan qui ne cadre plus avec les réalités.

 Au plan organisationnel, il a été créé à la CUD, un guichet unique de facilitation des  actes d’urbanisme comme dans d’autres Communautés urbaines tel que prévu par un décret du premier ministre du  10 décembre 2018.  Les objectifs de cette structure sont de  simplifier les procédures d’accès et réduire les délais de délivrance des différents actes. Soit à 15 jours pour les certificats d’urbanisme et 30 jours pour les permis de construire. Ce guichet fonctionne depuis deux ans mais ne détient pas encore tous les instruments prévus. La Mairie de la ville envisage de les mettre tous en place d’ici 2022.

Malgré les efforts fournis, le nombre de personnes détentrices de titres fonciers est toujours faible. «  En 2020, nous avons reçu 637 dossiers de demandes de permis de construire tandis que les constructions dans la ville de Douala se font à un rythme annuel d’au moins 6000 à 7000 constructions », explique  le coordonnateur de ce guichet, Beb A Ikoue.  L’exécutif compte désormais changer d’approche en vue d’amener la majorité de la population à  se conformer aux lois en termes d’urbanisme pour éviter cette occupation anarchique du sol. Il est question notamment de sensibiliser sur les risques et  mettre en place des facilités d’accès aux documents fonciers.

La CUD s’est par ailleurs dotée d’un plan directeur d’urbanisme à l’horizon 2025 dont le financement par des fonds publics uniquement reste insuffisant. La mairie de la ville entend se tourner vers  d’autres mécanismes de financement comme le partenariat public privé.

Réaction

Guy Clarck, urbaniste

« Développer des logements accessibles à la classe moyenne »

« La population de Douala d’après les projections devrait passer de 2 ,1 à 3,7 millions d’habitants entre 2010 et 2020. Au vu des imprévus démographiques, on pourrait se situer  aujourd’hui autour de 4 millions d’habitants. Du coup, les espaces humides vont souffrir, ce  qui va engendrer la prolifération des bidonvilles. La collectivité doit anticiper sur l’occupation anarchique de l’espace. Il sera par exemple convenable de revoir le modèle d’occupation des sols, identifier les domaines qui sont la propriété de la collectivité et y développer des logements accessibles à la classe moyenne pour pouvoir endiguer l’expansion anarchique.

Il ya trois ans la CUD avait livré son projet de drains. Ces servitudes pour moi constituent des plus values foncières qu’il faudrait penser à valoriser. Nous constatons que ces emprises libérées commencent à être réaffectées à l’habitat et sont de plus en plus empruntées comme des voies de secours par les mototaxis pourtant ce sont des couloirs qui peuvent être aménagés en espaces verts par exemple. Nous invitons aussi les autorités à faire de la sensibilisation décentralisée auprès des regroupements de quartiers. Faire comprendre que lorsqu’un individu veut un lopin de terre, avant d’aller chercher le démarcheur, il faut d’abord se diriger vers la communauté urbaine, pour avoir le certificat d’urbanisme. Question d’être sûr que le terrain est convenable à la construction. Plus de 50% du tissu urbain de la ville est sous structurée et sans accessibilité, c’est pourquoi la CUD n’arrive pas à tirer les recettes des constructions qui sont faites. La Cud doit recenser les constructions qui ont des permis de construire ainsi se rassurer qu’elles ont des certificats de conformité cela permettra d’avoir une redevance qui permettra de financer les projets. »

Le nouveau programme avec le Fmi dévoilé

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Il s’étendra sur trois ans et aura pour priorité la reprise de la croissance économique, a annoncé l’institution monétaire le 27 mai dernier.


Le Cameroun et le Fonds Monétaire International (FMI) pourraient conclure un nouveau programme économique et financier. En attendant l’avis du conseil d’administration qui devra se pencher sur la question d’ici fin juin, le document est quant à lui déjà prêt. Les deux parties sont parvenues à un accord le 21 mai dernier, à l’issue des séances de travail avec les autorités camerounaises entamées depuis le 13 mai dernier. « Les services du FMI ont achevé les discussions de politique générale avec les autorités sur un nouveau programme de 36 mois, qui pourrait être soutenu par des ressources du FMI, au titre de la Facilité Elargie de Crédit (FEC) et du Mécanisme Elargi de crédit (Medc) », a annoncé l’institution de Bretton Woods dans un communiqué officiel signé le 27 mai dernier. Autrement dit, en plus de la Facilité élargie de crédit (FEC), le prochain programme devrait également inclure le Mécanisme Élargi de Crédit (Medc). En supplément au premier qui vise qui vise à aider les pays bénéficiaires à rétablir la stabilité et la viabilité macroéconomique tout en favorisant une croissance vigoureuse au travers des appuis budgétaires, le second quant à lui (Medc) est un accord plus prolongé à l’accompagnement d’un programme, avec des délais de paiement plus longs. « Lorsqu’un pays se heurte à de graves problèmes de balance des paiements à moyen terme, en raison de faiblesses structurelles qui tarderont à être corrigées, le FMI peut apporter son concours au moyen du mécanisme élargi de crédit (MEDC). Par comparaison à l’assistance au titre d’un accord de confirmation, le MEDC prévoit un accompagnement plus prolongé du FMI à l’appui d’un programme, ainsi que des délais de remboursement plus longs », explique le communiqué du FMI. Ce nouvel accompagnement rentre dans le cadre de la mise en oeuvre de la Stratégie nationale de développement 20-30 (SND) et prend en compte les objectifs de croissance attendus par ce document et regroupés en quatre points principaux. Le programme à moyen terme des autorités est axé sur la reprise post-Covid-19, la viabilité macroéconomique et un ambitieux programme de réformes structurelles. « Dans ce contexte, le programme supporté par le FMI s’appuie sur la SND-30 des autorités, avec un accent transversal sur les mesures de renforcement de la bonne gouvernance, de transparence et de lutte contre la corruption. Il se base sur quatre principaux piliers : atténuer les conséquences de la pandémie, tout en garantissant la durabilité macroéconomique ; accélérer les réformes pour moderniser l’administration fiscale et douanière, mobiliser les recettes, améliorer la gestion des finances publiques, accroître l’efficacité des investissements et réduire les risques fiscaux des entreprises publiques ; renforcer la viabilité et la gestion de la dette ; et intensifier les réformes structurelles pour stimuler la diversification économique et la résilience du secteur financier. Le soutien financier du FMI devrait également contribuer à stimuler les investissements du secteur privé et à catalyser des financements supplémentaires de la part des partenaires de développement», liste l’institution monétaire.

Les actions menées

Les autorités camerounaises et le FMI se sont accordées pour poursuivre les réformes entamées dans le cadre du Programme Economique et Financier 2017-2020, achevé en septembre dernier, mais aussi, à mettre en oeuvre de nouvelles initiatives. Sur le plan de la politique budgétaire, il sera question d’élargir la base des recettes non pétrolières, réduire les exonérations fiscales discrétionnaires, lutter contre la fraude et l’évasion fiscale et améliorer l’administration fiscale et douanière. L’achèvement de la réforme du compte unique du Trésor et le recours réduit aux interventions directes et aux procédures de dépenses exceptionnelles contribueront à améliorer la gestion de la trésorerie et l’exécution du budget et à renforcer la transparence budgétaire et la crédibilité budgétaire», renseigne le document.Dans le cadre de la gestion des entreprises publiques, « le programme vise également à faire face aux risques financiers et fiscaux associés aux entreprises publiques. Les efforts de restructuration de la raffinerie nationale de pétrole (Sonara) seront fondés sur une analyse coûts-avantages approfondie de toutes les options disponibles. Les audits prévus des grandes entreprises publiques et l’apurement des dettes croisées du gouvernement avec les entreprises publiques et des arriérés de l’État contribueront à atténuer les risques éventuels», indique le FMI. Au sujet de l’endettement du Cameroun, le FMI précise que « compte tenu du risque élevé de surendettement du Cameroun, les efforts visant à renforcer la gestion de la dette publique et à limiter les emprunts non concessionnels restent essentiels pour assurer la viabilité extérieure. En conséquence, le programme limitera les emprunts non concessionnels aux projets qui sont essentiels pour le développement national et qui font partie intégrante de la SND-30 et pour lesquels un financement concessionnel n’est pas disponible». Une emphase devra aussi être mise sur l’amélioration du climat des affaires. Selon des indiscrétions, si le nouvel accord est approuvé par le FMI, le Cameroun pourrait bénéficier de 375 milliards de francs CFA, devant lui permettre de remettre son économie sur les rails de la croissance les trois prochaines années.

Des secrets d’État se répandent sur internet

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De l’agent de bureau au ministre, tous règlent désormais leurs comptes ou plaident leurs causes en diffusant des documents confidentiels de l’Etat sur les réseaux sociaux.


La récente fuite du rapport d’étape de la chambre des Comptes n’est qu’un élément à verser dans le dossier toujours plus épais des « révélations » de documents qui pullulent dans les réseaux sociaux ces dernières années. Si on s’en tient seulement aux années 2020 et 2021, le nombre de fichiers plus ou moins confidentiels jetés dans l’opinion publique est vertigineux.

Cela va de la composition putative du prochain gouvernement aux notes de service en passant par les factures de notes de frais versés il y a dix ans ! À croire que la multiplication des réseaux sur internet annule définitivement la frontière qui existerait entre la confidence, le secret et la diffusion de tout aux quatre vents.

La machine des leaks tourne à plein régime. Difficile de ne pas y voir une mode voire une arme. Petit tour d’horizon des fuites relayées avec succès sur les réseaux sociaux ces derniers mois.

Le Gicam contre le Minjustice

Les Camerounais ont appris à la mi-avril que le Groupement Inter Patronal du Cameroun et Laurent Esso entretiennent des relations houleuses après la fuite d’une correspondance adressée au Garde des Sceaux.

Le courrier diffusé sur les réseaux sociaux et signé de Célestin Tawamba expliquait grosso modo que le syndicat patronal refusait d’accueillir le ministre délégué auprès du ministre de la Justice que Laurent Esso envoyait à Douala le représenter. Non seulement la réunion a donc été annulée, mais l’opinion publique a pris connaissance de cette défiance. Accessoirement, le ministre délégué Jean de Dieu Momo a dû apprécier la politesse.

Fort heureusement, tous les aspects des relations du Gicam avec le gouvernement ne sortent pas de manière incontrôlée sur la place publique. Le Premier ministre a d’ailleurs remis la balle au centre en faisant le déplacement de Douala pour le siège même du Gicam le 18 mai dernier. Au menu de la visite de Dion Ngute : la reconstruction des régions du Nord-Ouest et du SudOuest.

Épreuves de Baccalauréat

Le Baccalauréat 2020 a été un cas d’école de la manière avec laquelle les réseaux sociaux exploitent la porosité de l’administration camerounaise. Les épreuves de Physique, Sciences de la Vie et de la Terre et de Chimie des filières C, D et TI ont été reprogrammées pour le début du mois d’août 2020 du fait de l’abondance et de la clarté de «l’eau ». Ici, le ministère de l’Enseignement secondaire et la Justice ont identifié les premiers coupables. Pour le ministère, la fuite est venue d’abord du service de reprographie de l’Office du Bac. Les épreuves se sont retrouvées sur les réseaux sociaux avant d’être ventilées dans les groupes WhatsApp pertinents. Rien ne laisse présager qu’un tel impair ne va pas se reproduire cette année…

Amougou Belinga contre le reste du monde

Qui avait intérêt à enregistrer et qui a tiré profit de la diffusion des enregistrements de conversations téléphoniques du patron de Vision 4 courant août 2020 ? L’épisode est allé plus loin que la simple divulgation de documents. Ici, ce sont carrément des discussions a priori privées qui sont tombées dans le domaine public éclaboussant au passage des personnalités aussi diverses que l’ambassadeur du Cameroun en RCA ou le secrétaire général de la Délégation générale à Sûreté nationale voire le patron de la police lui-même que M. Amougou soupçonnait de manœuvres pour l’interpeller.

Comme toujours, des informations inattendues jalonnent ce type de sortie destinée à nuire. Qui aurait pu croire que des hautes personnalités de la République en seraient à se défier sur des questions aussi importantes que celles de savoir lesquelles d’entre elles ont déjà pris un jet privé ?

Au-delà des barres de rire que les échanges n’ont pas manqué de susciter, ces écoutes ont donné l’impression que l’homme d’affaires s’inscrit dans une logique de capture de l’État et n’hésite pas à user de menaces contre d’éventuels agresseurs. Le hasard a voulu que les documents sonores soient éventés dans la foulée du licenciement rocambolesque du directeur de sa télé, sorti des locaux de Vision 4 Manu militari. Cet épisode a aussi montré que les leaks dépassent largement le cadre des seules relations officielles au sein de l’administration.

Carnet noir : Koung à Bessike est morte

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Jacqueline Koung Bessike

Jacqueline Koung à Bessike n’est plus. L’ex ministre du Domaine et des affaires foncières (Mindcaf) est morte cette mi-journée à Yaoundé des suites de maladie. Rien d’officiel sur les circonstances du décès de ce haut commis de l’Etat. Toujours est-il que des sources concordantes, cette ponte du régime est décédée des suites d’une courte maladie.

Ce décès survient presque un an jour pour jour après le déclenchement d’une procédure judiciaire à son encontre devant le Tribunal criminel spécial (TCS), dans le cadre d’une vente illicite présumée d’un terrain appartenant à l’ex ONCPB (Office National de Commercialisation des Produits de Base). C’était le 3 juin 2019. En même temps, l’on annonçait des enquêteurs du Contrôle supérieur de l’Etat (Consupe) au Mindcaf, pour voir clair sur la gestion de ce ministère qui focalise beaucoup de regards depuis quelques années du fait des litiges fonciers dont est empêtré l’Etat à travers ce département ministériel chargé de la gestion du domaine et du patrimoine de l’Etat. On sait que sous le passage de Jacqueline Koung à Bessike au Mindcaf, ces litiges ont fait florès. L’Etat a par ailleurs perdu plusieurs procès sur le terrain des immatriculations foncières. La native du Mbam et Inoubou a officié comme Mindcaf de 2012 au 4 janvier 2019. Lorsqu’elle quitte le gouvernement, elle est remplacée au poste par Henri Eyebe Ayissi.

Son passage dans la haute administration débute par le poste de secrétaire générale des ministères du Tourisme (1995-2001), de l’Emploi, du travail et de la prévoyance sociale (2001-2003), de la Condition féminine (2003-2007) et de l’Emploi et de la formation professionnelle (2007-2009). Admise alors à faire valoir ses droits à la retraite, cette proche de Chantal Biya, devenue alors secrétaire générale du Cercle des amis du Cameroun (CERAC), sera très vite appelée au gouvernement pour occuper la fonction de ministre en charge des questions foncières. Pour sept ans.

Lions indomptables : Fabrice Ondoa est blessé

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Fabrice Ondoa ne se sent pas bien. Le gardien N°2 des Lions indomptables s’est blessé lors de la deuxième séance d’entraînement de l’équipe nationale hier soir. Selon la communication des Lions indomptables A, le portier principal actuel de la sélection souffre d’une blessure à un doigt de sa main droite. Un endroit délicat d’autant plus que la main est la partie la plus importante du corps d’un gardien de buts. Des examens médicaux sont prévus pour « déterminer la gravité de sa blessure ».

En attendant, l’homme ne s’est pas entraîné avec le groupe ce matin. Si le mal est grave, et que le champion d’Afrique 2017 est forfait pour le match de vendredi contre le Nigéria, la place serait alors en jeu pour les trois autres concurrents au poste, que sont Simon Omossola, Jean Effala Komguep, Blondy Noukeu et Delvis Epassy.

Les Lions indomptables sont en stage à Vienne en Autriche dans le cadre de la période FIFA de juin 2021. Après le report des deux matchs éliminatoires de la Coupe du monde 2022 pour Octobre et novembre prochain, la période a été meublée de matchs amicaux. Les Lions indomptables affronteront en aller et retour le Nigeria les 4 et 8 juin 2021.

Fonction publique : 493 agents de l’Etat licenciés

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Joseph-LE, le ministre de la Fonction publique

Les premières sanctions liées à l’absentéisme chronique des fonctionnaires et agents publics sont tombées. Dans un communiqué rendu public le 21 mai 2021, le ministre de la Fonction publique et de la Réforme administrative (Minfopra) annonce le licenciement de 493 fonctionnaires et agents de l’Etat relevant du Code du travail. Joseph Le indique que ces sanctions sont prises conformément aux dispositions des décrets N°78/484 du 9 novembre 1978 et N°94/199 du 7 octobre 1994 portant respectivement Code du travail et Statut général de la Fonction publique. Les mis en cause sont accusés de n’avoir pas déféré aux convocations du Conseil permanent de discipline de la Fonction publique.

En effet, ils étaient 8 766 fonctionnaires et agents de l’Etat appelés à se présenter devant ledit Conseil. Mais selon le ministre Joseph Le, «nonobstant de nombreux communiqués et mises en demeure du ministre des Finances et celui de la Fonction publique et de la Réforme administrative (Minfopra) à l’adresse des mis en cause, seuls 601 personnels sur les 8766 concernés ont daigné déférer aux convocations du Conseil permanent de discipline de la Fonction publique». Au terme de leurs auditions, 177 mis en cause ont été réhabilités aux travers des reprises en solde simple assortis d’avertissements, blâmes, abaissements d’échelons, etc. Il convient de souligner, rappelle le ministre de la Fonction publique, que cette importante opération s’inscrit dans le cadre de la lutte contre l’absentéisme chronique des agents publics, qui elle-même rentre dans le cadre de l’opération de Comptage Physique des Personnels de l’Etat (Coppe). Lancée au milieu de l’année 2018, cette dernière a déjà permis à l’Etat de débusquer 10.000 agents publics fictifs. Ils ont été expurgés du fichier solde de l’Etat et depuis, le Trésor public réalise une économie budgétaire d’environ 30 milliards chaque année.

Toutefois, précise le communiqué du ministre de la Fonction publique dans le cadre du licenciement des 493 fonctionnaires et agents publics sus évoqués, les mis en cause qui s’estimeraient injustement sanctionnés pourront saisir à titre de recours le Conseil supérieur de la Fonction publique. Ces premières sanctions tombent quelques mois seulement après que le président de la République a dénoncé l’absentéisme des fonctionnaires, et instruit le Premier ministre de sanctionner sévèrement les auteurs de ce délit qui touchent leurs salaires sans travailler. Dans une note adressée au secrétaire général de la Primature le 9 mars 2021 en effet, le secrétaire général de la présidence indiquait que «la très haute attention du président de la République a été appelée sur le problème de l’absentéisme chronique des fonctionnaires et agents de l’Etat. Certains pour éviter d’être placés en situation irrégulière, ne travailleraient que quelques jours par mois». Ferdinand Ngoh Ngoh invitait à cette occasion le PM à instruire le ministre de la Fonction publique de veiller à la tenue régulière des Conseils régionaux de discipline de la Fonction publique.
Par Jean Luc Fassi

Mairie de Njombe Penja : Comment René Manfo a succédé à Paul Eric Kingue

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Me René Manfo

Contrairement aux élections des maires dans d’autres localités, qui ont connu des péripéties, l’élection du nouveau maire de la commune de Njombe Penja s’est déroulée sans complications. Entamé vers 10h vendredi 21 mai dernier, au foyer municipal de Penja, le conseil municipal pour l’élection du nouveau maire s’est achevé peu après 12 heures, donnant comme vainqueur, l’avocat René Manfo plébiscité de 16 voix contre 8, 6 et 4 voix pour chacun de ses adversaires. Sous la supervision du Préfet du département du Moungo, Yves Bertrand Noel Ndjana et la coordination du doyen d’âge, le scrutin de vendredi dernier a connu deux tours. Quatre candidats étaient au départ de la course. Deux candidats du Mouvement Patriotique pour un Cameroun Nouveau (Mpcn) ; un candidat du Social Democratic Front (SDF) et un candidat du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (Rdpc).

Le Mouvement Patriotique pour un Cameroun Nouveau, la formation politique fondée par le défunt Paul Eric Kingue, a désigné Maitre René Manfo comme candidat. Mais celui-ci a été surpris par son propre camarade de parti, M Tcheunte qui a publiquement contesté le choix de sa formation politique. Coté du Social Democratic Front, c’est le candidat Nkahack qui a été choisi, tandis que le candidat Nsasso a représenté le Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais. Résultat des urnes, les 34 conseillers municipaux ont majoritairement plébiscité Me Manfo du Mpcn. Il a ainsi récolté 16 voix, contre 8 pour Nsasso le candidat du Rdpc, 6 pour Tchuente du Mpcn et 4 pour Nkahack du SDF. Conformément à la loi, qui stipule que le maire doit être élu à la majorité absolue, un second tour s’est imposé puis qu’aucun candidat n’a obtenu la majorité absolue. Celui-ci a mis aux prises les candidats Me Manfo du Mpcn et Nsasso du RDPC ayant respectivement occupé la première et la deuxième place. A l’issue de ce second tour, Me Manfo s’est nettement imposé avec 28 voix contre 7 pour Nsasso. Un électeur a voté bulletin nul.

L’avocat au barreau du Cameroun, succède ainsi à Paul Eric Kingué, décédé dans l’exercice de ses fonctions dans la nuit du 21 au 22 mars 2021 des suites de maladie à Douala. Le parti qu’il a fondé, est majoritaire au sein du Conseil municipal, suivi du Social Democratic Front qui compte cinq conseillers, puis le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), quatre conseillers et deux élus pour l’Union Nationale Démocratique du Peuple Camerounais (Undpc).

Défis

Confronté à l’affaire dite d’exploitation illégale des carrières pouzzolane dans la localité de Njombe Penja, le nouveau maire qui est d’ailleurs à la tête du collectif des avocats de cette commune doit impérativement mettre les bouchées doubles afin de mettre fin à cette affaire qui traine devant les tribunaux. Le 11 mai dernier, le collectif des avocats conduit par le nouveau maire était devant le juge de Mbanga. La date du 25 mai prochain a été arrêtée pour donner une suite définitive à cette affaire qui plombe le développement de la commune de Njombe Penja. René Manfo a donc intérêt à gagner ce procès pour se donner un départ honorable à la tête de cette commune dont la gestion n’a pas toujours été un long fleuve tranquille pour son prédécesseur.
Par Joseph Essama

Les fuites au service des réseaux

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Le ministre de la communication a commenté le rapport de synthèse de la chambre des comptes vendredi dernier, dans une tentative de reprendre la main sur le dossier.


René Emmanuel Sadi a signé son communiqué ce 29 mai. Il y critique globalement l’emballement médiatique consécutif à la publication – par inadvertance présumée – d’un rapport de synthèse de la chambre des Comptes de la Cour suprême relatif à la gestion des fonds Covid. À la lecture dudit communiqué, l’observateur pourrait se demander pour quelle raison le porte-parole du gouvernement réagi à une fuite et surtout pourquoi il a attendu une semaine pour donner son point de vue.

Mais M. Sadi n’est pas n’importe qui justement. Ancien secrétaire général du Comité central du Rdpc et ancien ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, l’on pourrait dire que l’homme sait les enjeux des fuites organisées dans le sérail sans grand risque de se tromper.

Ses services confirment d’ailleurs cette option. Un haut cadre du ministère de la Communication explique que le communiqué du ministre Sadi « clôt le débat sur l’authenticité ou non du rapport de la chambre des Comptes ». La même source soutient que la procédure de l’évaluation de l’utilisation des fonds publics est une pratique usuelle. « L’ouverture des enquêtes judiciaires s’est faite sur la base de ces rapports qui ont été initialement transmis au président de la République », souffle-t-ton. Dans tous les cas, le but n’est donc pas d’éteindre quelque feu qui soit.

Ces explications montrent clairement que le gouvernement a intégré les fuites dans dans son mode de fonctionnement et ne se gêne plus pour y apporter des confirmations officielles. Pourrait-il en être autrement quand le moindre document officiel se retrouve dans les réseaux sociaux avant même que la mesure qu’il annonce ne soit implémentée ?

DUEL DE FOCON

Le fait est que les fuites sont utilisées comme des armes pour s’attirer les faveurs de l’opinion et du président (?). Le record des correspondances qui ont « fuité » ces derniers temps proviennent de deux administrations en général réputées pour leur discrétion légendaire. Il s’agit du secrétariat général de la présidence de la République et du ministère de la Justice.

Tout le pays est au courant du contenu des lettres que Ferdinand Ngoh Ngoh envoient à Laurent Esso. De la même manière, les réponses de Laurent Esso semblent d’abord destinées aux commères des groupes WhatsApp avant d’atterrir sur la table du SG/PR. Et le manège n’a pas attendu les dénonciations liées à la gestion des fonds destinés à la riposte contre le coronavirus.

Pour ne prendre que les derniers mois, les demandes de libération de prisonniers VIP se sont retrouvées dans les téléphones alors même que les prisonniers de trouvaient encore en cellule. On se rappelle en la matière des « hautes instructions du président de la République » relatives à l’abandon des poursuites judiciaires en faveur de Basile Atangana Kouna. Le secrétaire général de la présidence a saisi le Garde des Sceaux afin qu’il procède à la libération de l’ancien ministre de l’Eau et de l’Énergie et ancien DG de la Camwater le 2 décembre 2020. Une instruction que M. Esso a superbement ignoré. La preuve, le prévenu prétendument bénéficiaire de la gentillesse présidentielle est toujours derrière les barreaux six mois plus tard. Le même manège s’est répété avec l’affaire Gervais Mendo Ze. Ici, la dose de cynisme est allée un peu plus loin. La nouvelle de la libération de l’ancien ministre et ancien DG a été propagée alors que l’homme était à l’agonie à l’hôpital général de Yaoundé.

La fuite des documents relatifs à la grâce présidentielle qui lui aurait été accordée n’a convaincu que quelques crédules tant il est vrai que le chef de l’État, malgré sa bonne volonté présumée, ne peut pas gracier un prévenu qui n’a pas encore été condamné.

Contre-Fuites

Si les services du SG/PR et du ministère de la Justice remportent par acclamations le championnat national des fuites, les autres administrations camerounaises savent également défendre leur honneur en laissant négligemment traîner quelques documents. Et les accusations des magistrats de la chambre des Comptes ont démontré ce que le ministère de la Recherche scientifique et de l’innovation était capable de faire.

Les documents naguère en sécurité dans les archives du Minresi se sont brusquement retrouvés sur la place publique alors que les rapporteurs de la juridiction financière épinglaient, à tord ou à raison, la gestion de Madeleine Tchuente des fonds Covid mis à sa disposition.

Et ces fuites-là ne se sont pas faites au hasard. Les lettres que le chroniqueur a consultées répondent point par point aux accusations qui ciblent la ministre. Les enquêteurs se demandent comment le ministère aurait utilisé 4 milliards de francs ? Un courrier de la présidence demandant l’arrêt d’un programme est brandi suivi d’une kyrielle de lettres aux services rattachés.

Au regard de la précision de la réponse et des documents mis à la disposition du public, difficile de ne pas y voir la volonté manifeste de la ministre de se défendre par ses propres moyens. Dans ce cas précis, peut-on encore vraiment parler de fuites ? Des fuites officielles que les agents du ministère assument en catimini. À la guerre comme à la guerre.

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