samedi, mai 30, 2026
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Intérêts financiers: Les avoirs en déshérence un business juteux pour les banques

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«Si la caisse de dépôts et consignations est restée dans les tiroirs pendant près de 20 ans c’est parce que des acteurs du système financier, notamment les banques, n’en veulent pas. Elle met à mal leurs intérêts», ces mots sont ceux d’un observateur averti du marché financier local qui a requis l’anonymat. Cette sortie rejoint celles de plusieurs de ses confrères qui soupçonnent les banques d’avoir mené un ardent plaidoyer auprès de la Commission bancaire de l’Afrique centrale (Cobac), afin qu’elle fasse une sortie annonçant la suspension des transferts des fonds en déshérence dans les banques au profit de la Caisse des Dépôts et Consignations.

Ce discours n’est pas nouveau. En juin 2023, au lendemain de la désignation des premiers dirigeants de la Cdec, Richard Evina Obam, qui avait alors été porté à la tête de cette structure dénonçait déjà, à travers une correspondance adressée à Gwendoline Abunaw, présidente de l’Association Professionnelle des Etablissements de Crédit du Cameroun (Apeccam), le manque de collaboration des Banques.

Concrètement, il indiquait que les établissements de crédit rechignent à déclarer, ou alors font des déclarations partielles des fonds à transférer à la CDEC. «À ce jour, beaucoup d’établissements de crédit n’ont pas effectué cette déclaration, et ceux qui l’ont fait n’ont pas tenu compte des critères arrêtés, minimisant ainsi le volume de fonds destinés à être transférés à la CDEC», s’est-t-il plaint dans un premier temps, avant d’emprunter un ton beaucoup plus menaçant «(…) en vertu de la loi, j’ai l’honneur de vous demander de bien vouloir inviter vos confrères à procéder aux déclarations des fonds dévolus à la CDEC et inscrits dans leurs livres, dès réception de la présente».

Des intérêts financiers conséquents

A l’époque les experts du marché financier indiquaient que la réticence des établissements de crédit à déclarer les fonds destinés à être transférés à la CDEC tient de ce que «l’opérationnalisation de cet organisme financier de l’État va les délester d’un important volume de dépôts, et par conséquent réduira leurs marges de manœuvre en matière de placements. Certaines sources avancent le chiffre de 20% des dépôts actuels, qui quitteront les banques pour la CDEC». Un an plus tard, certaines banques ont procédé in extrémis au transfert des fonds en déshérence qu’elles détiennent.

Toutefois, les sommes reçues sont loin de correspondre aux objectifs de collecte que s’est fixés la Cdec. «Ces fonds en déshérence peuvent représenter une opportunité financière pour les institutions bancaires. Ils sont issus des comptes bancaires, des assurances ou autres placements financiers qui n’ont pas été réclamés par leurs titulaires ou leurs ayants droit pendant une période prolongée. Pour les banques camerounaises, la gestion de ces fonds non réclamés peut générer des revenus supplémentaires, notamment par la perception de frais de gestion et de tenue de compte», souligne un expert contacté par Defis Actuels.

Cependant, «il est important de noter que la réglementation concernant les fonds en déshérence varie d’un pays à l’autre, et au Cameroun, les mécanismes juridiques encadrant cette question sont moins développés ou moins stricts que dans d’autres pays. Ce qui fait que les banques ont peu d’incitations à rechercher activement les titulaires ou leurs héritiers, permettant ainsi à ces fonds de rester dans leurs comptes et de continuer à générer des frais», a-t-il ajouté.

Saison cacaoyère 2024/2025: Les producteurs de cacao espèrent une meilleure rémunération

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Les dernières données publiées par l’Office national du cacao et du café révèlent une augmentation de 1,17 % des volumes de cacao commercialisés au Cameroun au cours de la saison 2023/2024. Ce chiffre s’élève à 266 725 tonnes métriques. C’est à la faveur de cette embellie que Luc Magloire Mbarga Atangana, ministre du Commerce (Mincommerce), a procédé, en présence du ministre de l’Agriculture et du Développement rural (Minader), Gabriel Mbaïrobe, au lancement de la campagne cacaoyère 2024/2025. Désormais, le gouvernement souhaite que les producteurs de cacao bénéficient d’une plus grande part de la richesse créée grâce à leur travail.

Premier maillon de la chaîne de production, le planteur est aussi l’acteur de la filière le moins bien rétribué. En effet, bien que leurs revenus aient augmenté, ils ne reçoivent qu’une petite partie de la valeur totale du cacao, soit selon le Mincommerce, 7 à 8 % de la valeur totale générée par leur travail. Le reste est capté par les différents maillons de la filière, des transporteurs aux distributeurs, en passant par les industriels. « L’équité commande que cette inégalité soit corrigée, non de façon conjoncturelle, mais de manière systémique et dans la durée, au nom de la stabilité du marché et de la pérennité du système, qui appelle à plus d’inclusivité et de transparence. Oui, la transparence, le maître-mot », a plaidé Luc Magloire Mbarga Atangana.

 Pour le membre du Gouvernement, « une baisse des prix en dessous des niveaux actuels, que je situe pour ma part autour de 5 000/6 000 FCFA/kg, serait vécue par les producteurs comme un drame et une remise en cause unilatérale des acquis, au même titre que l’industrie donne le sentiment de vivre mal une poussée des prix au-delà d’un certain seuil ». Avant de poursuivre : « Il nous faut donc, ensemble, production et industrie, trouver le juste équilibre, sous la houlette éventuelle de l’Organisation Internationale du Cacao ». Cependant, le ministre avertit que cette recherche de rétribution plus juste des producteurs ne doit pas compromettre la durabilité environnementale et sociale. « Nous acceptons les exigences du marché, en termes de qualité et toutes autres normes non exorbitantes, en matière notamment de préservation et de sauvegarde de l’environnement ou de durabilité sociale. Mais, nous redisons que la durabilité économique, c’est-à-dire le juste prix et la rémunération conséquente du producteur, doit en être la contrepartie légitime ».

C’est dans cette optique que le gouvernement entend mener « le combat de la transparence du marché », afin de garantir une meilleure distribution de la valeur au sein de la filière. Les données de la saison allant du 1er août 2023 au 15 juillet 2024 révèlent que Telcar Cocoa, une coentreprise de Cargill CARG.UL, a été le principal exportateur de cacao du Cameroun, représentant plus de 35 % des exportations. De son côté, Ofi Cam, une filiale d’Olam International, a acheté près de 25 % du cacao. Selon le NCCB, environ 80 % du cacao de ce pays d’Afrique centrale est exporté vers l’Europe, tandis qu’environ 19 % est destiné au marché asiatique.

Cinquième producteur mondial de l’or brun, derrière la Côte d’Ivoire, le Ghana, l’Équateur et le Nigeria, le secteur du cacao camerounais est libéralisé et n’a pas de prix fixe à la production. Cela a permis aux agriculteurs de négocier des prix plus élevés pour leurs fèves, en profitant des prix mondiaux records, en raison des préoccupations des deux principaux producteurs en matière d’approvisionnement.

CEMAC : Le Cameroun leader des crédits bancaires en 2023

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En 2023, les crédits bancaires décaissés dans la Cemac ont atteint un peu plus de 10 592 milliards de FCFA, marquant une augmentation de 7,9 % sur un an. Cette hausse dans la sous-région résulte de l’accroissement des concours bancaires à long terme (+ 25,4 % après + 3,8 % en 2022), à moyen terme (+ 2,5 % après + 9,5 douze mois plus tôt) et des crédits à court terme (+ 11,2 % après + 4,7 % un an plus tôt). Les contributions des crédits à court, moyen et long termes à l’expansion des concours bancaires à l’économie sont respectivement de 6,0 points, 1,1 point et 0,8 point.

Cette hausse « reflétant la bonne tenue des activités économiques notamment dans les secteurs du BTP, du commerce général et des services », indique le rapport d’activités 2023 de la Banque des États de l’Afrique centrale (Beac), publié le 5 août 2024. Selon l’institution bancaire, ces financements bancaires ont progressé dans quatre pays de la Cemac, mais ont diminué en République centrafricaine de 0,7 %, atteignant 200,5 milliards de FCFA, et en Guinée équatoriale de 25,9 %, passant de 895,2 à 663,6 milliards de FCFA. Le Congo a enregistré la plus forte progression avec une hausse de 17,2 %, atteignant 1 493 milliards de FCFA. Au Tchad, les crédits bancaires ont augmenté de 10,7 %, atteignant 950,7 milliards de FCFA, marquant la meilleure performance depuis 2021. Ces fonds ont bénéficié aux entreprises et aux particuliers des pays de la sous-région. Parce que « le marché financier de l’Afrique centrale a besoin de pousser les PME à la productivité et à la semi-industrialisation. Ceci passe d’abord par l’accès au financement. Cet accès au financement va nécessairement permettre aux acteurs économiques de créer plus d’emplois, plus de richesses. Mais je pense que les banquiers vont être prudents dans les choix. Mais il faut absolument prendre ce risque pour décoincer l’économie actuelle. », justifie l’expert en Intelligence économique, Honoré Justin Mondomobe.

Si le Cameroun reste le leader incontesté en termes de volume de crédits accordés, c’est le Gabon qui a enregistré la croissance la plus dynamique en 2023, malgré un contexte politique instable. D’après la banque centrale, le Gabon a connu une hausse de 15,9% de son crédit bancaire, contre 11,9% pour le Cameroun. Ce dernier conserve son leadership avec une enveloppe de plus de 5 000 milliards de FCFA de crédits décaissés en 2023, contre 4 490 milliards de Fcfa décaissée au profit des entreprises et des particuliers a culminé en 2022. « L’augmentation de l’octroi du crédit à la consommation et du crédit aux entreprises dans la zone CEMAC se justifié par le fait que la création de la caisse des dépôts et de consignations a fait bouger les lignes au niveau des banques, qui ont eu une pression d’utiliser les stocks leur pour octroyer du crédit aux ménages et aux PME. Alors, les banques n’ont pas d’autre choix que de prendre le meilleur risque, qui est de prêter cet argent aux consommateurs qui en ont besoin », a indiqué Honoré Justin Mondomobe.

 Au 31 décembre 2023, le système bancaire de la CEMAC compte 54 banques en activité. Les dépôts collectés ont augmenté de 11,1 % en variation annuelle, se situant à 16 631 milliards. Les banques de la CEMAC ont dégagé un excédent des capitaux permanents de 817 milliards par rapport aux valeurs immobilisées à fin décembre 2023, contre 869 milliards un an auparavant.

Incidents de Magba : Le sultan roi des Bamoun en messager de paix

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Nabil Mbombo Njoya

« Suite aux malheureux incidents survenus dans l’après-midi du jeudi 8 août 2024, le sultan Mohammed-Nabil Mforifoum Mbombo Njoya, Roi des Bamoun, exhorte les fils et filles du Noun à mettre au-devant de tout ressenti, la paix si chère pour le département du Noun en particulier et le Cameroun en général d’une part et la confiance en Dieu Tout-puissant, le juge-suprême d’autre part». C’est la substance d’un communiqué rendu public ce 9 août 2024. A la suite des violences survenues dans la localité de Magba le 8 août dernier, mettant aux prises Bamoun et Tikar et qui ont laissé sur le carreau un mort, plusieurs blessés et d’importants dégâts matériels, selon des sources concordantes.

Le monarque des Bamoun a ainsi prix on bâton de pèlerin pour prêcher la paix dans son royaume, mais au-delà. Dès le lendemain de l’incident. Dans un contexte marqué par des relents de conflits entre les deux principales communautés du coin, les Bamoun et les Tikar. On se souvient que ces dernières semaines, des messages de haine ont véhiculé sur les réseaux sociaux, au sujet du lancement Ngouon à Magba, dans un élan de mépris de la communauté locale. Et à la survenue des violences, certaines voix ont accusé le sultan des Bamoun d’avoir incité les siens à orchestré ces violences.

Faux : « rien à voir ni avec le sultan roi des Bamoun, encore moins avec l’organisation du Ngouon », dément une élite Bamoun. Et « le sultan-roi des Bamoun n’a jamais appelé à la violence», dément une élite Bamoun. «De sources sécuritaires, dans l’après-midi du jeudi 8 août 2024, un groupe de jeunes manifestaient leur mécontentement suite aux informations circulant sur l’annulation des castings liés au Ngouon Magba, au lieu-dit carrefour Ngounso. Deux personnes affrontements s’en sont suivis à travers la ville, faisant un mort et trois blessés », clarifie-t-il.

Pour notre source, proche du sultanat Bamoun, « il s’agirait bel et bien des manœuvres insidieuses et dolosives des personnes tapies dans l’ombre, qui veulent voir Bamoun et Tikar en guerre ». Convaincue que les auteurs des violences ont simplement mis en branle leur agenda caché visant à semer la terreur et causer du tort aux populations ». Indiquant que sur conseil du gouverneur de la région de l’Ouest, le sultan devait maintenir le format de célébration du Ngouon, en concentrant les activités sur Foumban, et donc d’ignorer les arrondissements.

De toutes les façons, Mohammed-Nabil Mforifoum Mbombo Njoya est monté au créneau pour appeler les siens à semer la graine de la paix entre les siens et avec le voisinage. Et mieux que sa seule parole, le guide traditionnel du peuple Bamoun confie cette mission à Dieu. « Dans la même veine que les grandes prières organisées récemment pour la paix au Cameroun, en présence du président de l’Union islamique africaine, le sultan roi des Bamoun instruit la communauté des croyants à élever davantage des prières pour la cohésion sociale et le vivre-ensemble », lance-t-il dans son communiqué.

Douala : des sanctions pour les camions  avec conteneurs sans sécurité

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Il est désormais interdit  à Douala,  la circulation des camions transportant des conteneurs sans sécurité.  C’est ce que stipule un arrêté du maire de la ville daté du  05 août 2024.   Dans ce  texte, Roger Mbassa Ndine fixe des obligations de sécurité à respecter par les transporteurs concernés, précisément ceux qui sont en charge des camions remorques ou semi-remorques transportant des conteneurs. 

 Les transporteurs concernés par cette catégorie d’engins doivent entre autres,  faire inspecter préalablement  le véhicule et les équipements de fixation du conteneur par un centre de visite technique agrée par le ministère des Transports, contrôler les chargements  qui ne doivent pas excéder les parois du conteneur  lors de son dépôt sur la remorque. Ils doivent en outre s’assurer qu’aucun débris des objets transportés ne puisse se retrouver sur la voie publique. « Tout signe d’altération de scellé de sécurité  ou des crochets d’ancrage doit être identifié par le transporteur et réparé avant tout déplacement du conteneur sous peine de sanctions », indique l’arrêté.

 Les conducteurs sont aussi tenus de présenter leurs permis de conduire ainsi que les pièces d’identification du véhicule notamment la carte grise, la police d’assurance et le dossier fiscal du propriétaire.  Le  non respect de ces obligations de sécurité est considéré comme une infraction. Les responsables seront sommés de payer une amende de 25 000 francs pour les personnes physiques et de 100 000 francs pour les personnes morales.

 L’exécutif municipal de la capitale économique entend ainsi réduire le risque d’accidents de circulation impliquant ce type de véhicule. Maintes fois, ils ont été à l’origine des tragédies sur les routes. Les agents de la police  municipale sont appelés à veiller au respect de ces nouvelles mesures. Ils peuvent être aidés par la police nationale et la gendarmerie.

 Le maire rappelle que tout dépotage sur la voie publique doit être soumis à l’autorisation du maire de la ville à la suite d’une demande qui doit préciser la nature de la marchandise, la date probable d’arrivée du conteneur, le propriétaire ou garant du conteneur.

Fonds en déshérence : La Cobac trublion ou fidèle exécutant de ses missions ?

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Marcel Ondélé, secrétaire général de la Commission bancaire de l'Afrique centrale

Cet organe qui exerce sa compétence dans les six États membres de la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) est convaincu de ne remplir que le pouvoir de contrôle qui lui est dévolu. C’est du moins ce qui transparaît de la correspondance qu’elle a adressée aux responsables des établissements de paiement exerçant au Cameroun. Dans ce document, elle leur demande de surseoir au transfert des fonds susmentionnés au profit du Cdec. Marcel Ondélé, le secrétaire général de la Cobac explique que cette démarche vise à clarifier la nature et à définir les modalités de conservation, de gestion, voire de restitution de ces avoirs avant toute action de transfert. Car, selon lui, il n’existe pas de cadre réglementaire communautaire qui définit les modalités de ces transferts. La Cobac, ajoute-t-il, a engagé des travaux pour instituer un cadre réglementaire. Celui-ci va permettre de «préserver la stabilité financière dans la Cemac, de maîtriser les risques opérationnels liés à la conservation et la gestion de ces valeurs, ainsi que les risques de contentieux entre les institutions nationales, les institutions financières et les titulaires de ces avoirs ou leurs ayants droit», écrit Marcel Ondele.

LES raisons D’une opposition

 Selon un expert contacté par Défis Actuels, la Cobac s’oppose probablement à ce transfert en raison de préoccupations concernant la conformité réglementaire, la protection des droits des déposants, la stabilité du système bancaire, et la gestion appropriée des fonds en déshérence. «La Cobac est l’organisme de régulation bancaire dans la zone Cemac (Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale), qui inclut le Cameroun. Elle a pour mission de veiller à la solidité du système bancaire. Le transfert de fonds en déshérence vers une autre entité, même publique, pourrait poser des problèmes de conformité avec les normes bancaires en vigueur dans la région. La Cobac doit s’assurer que les fonds des déposants sont gérés selon des règles strictes et que les banques respectent les obligations de sécurité financière», argue notre interlocuteur. A en croire ce dernier, la décision de la Cobac peut également être motivée par le fait que «les fonds en déshérence sont des dépôts dont les propriétaires n’ont pas été identifiés ou ne se sont pas manifestés pendant une période donnée. La question de la propriété de ces fonds reste sensible. La Cobac pourrait craindre que le transfert vers la Cdec ne respecte pas les droits des déposants potentiels ou de leurs héritiers, d’autant plus que la Cdec est une entité différente des institutions bancaires où ces fonds ont été initialement déposés».

 En outre, ajoute-t-il, «Les régulateurs comme la Cobac sont souvent très prudents lorsqu’il s’agit de changements qui peuvent affecter la confiance du public dans le système bancaire. Si les déposants commencent à percevoir que leurs fonds peuvent être transférés à d’autres institutions sans leur consentement explicite, cela pourrait nuire à la confiance dans les banques et, par extension, à la stabilité du système financier». Toutefois, le 7 août dernier, la Cdec a donné son accord pour participer à des négociations pilotées par la Beac dans le but de trouver des solutions consensuelles à la crise autour des avoirs en déshérence.

Gestion des avoirs en déshérence: Le vent d’apaisement qui vient de la Beac

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vue partielle du siège de la Beac à Yaoundé

Pourquoi se faire la guerre, si l’on peut négocier pour trouver des solutions consensuelles? C’est le sens que l’on peut donner à la réunion qui s’est tenue le 07 août 2024 à Yaoundé. Présidée par Yvon Sana Bangui, le Gouverneur de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (Beac), cette séance de travail à laquelle a été conviée Richard Evina Obam, le directeur de la Caisse des dépôts et consignations du Cameroun (Cdec), avait pour but «d’apaiser les tensions liées au transfert des avoirs en déshérence et des comptes inactifs vers la Cdec», et à «préserver la stabilité financière de la communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (Cemac)», peut-on lire dans le communiqué qui a sanctionné les travaux. Pour ce faire, les discussions ont essentiellement porté sur «les divergences d’interprétation des textes régissant la gestion des dépôts et consignations au Cameroun, notamment en ce qui concerne les avoirs en déshérence et les comptes inactifs», a indiqué le gouverneur, qui précise par ailleurs qu’il est «nécessaire d’harmoniser le cadre réglementaire de la supervision bancaire au sein de la Cemac, afin de mieux encadrer les activités des caisses des dépôts et consignations».

Pistes de solutions

S’agissant spécifiquement du Cameroun, où la Commission Bancaire de l’Afrique centrale (Cobac) qui a comme président statutaire Yvon Sana Bangui, a ordonné aux banques de surseoir à l’injonction de la Cdec qui leur exige de lui transférer les fonds en déshérence qu’elles détiennent, la Beac privilégie le dialogue. En effet, à l’issue de la réunion susmentionnée, Yvon Sana Bangui et Richard Evina Obam se sont accordés sur la mise en place d’un groupe de travail. Cette unité opérationnelle qui sera composée des responsables de la Beac, de la Cobac, de la Cdec et de l’Association professionnelle des Etablissements de Crédit du Cameroun (Apeccam) est placée sous la supervision de la Beac. Sa mission est d’identifier les pistes de convergence et de formuler des recommandations concrètes pour lever les obstacles et renforcer la confiance des acteurs de la place financière.

Quelle attitude va adopter la Cdec ?

 Le communiqué de la Beac indique que la Cdec a réaffirmé son engagement à collaborer étroitement avec les parties prenantes pour parvenir à un consensus. Toutefois, il faut rappeler que l’établissement public s’était farouchement opposé à l’injonction de la Cobac indiquant qu’elle n’avait pas la compétence pour «s’immiscer dans un domaine souverain de l’État». Son directeur estimait par ailleurs que «l’absence de réglementation communautaire dans ce domaine purement souverain reflète la volonté des États de conserver la compétence sur ces matières et de ne pas la transférer à la Communauté»

BVMAC: avec sa dernière cotation, la BDEAC s’arroge 31,5% de part de marché

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Le siège de la Bourse des Valeurs Mobilières de l’Afrique Centrale (BVMAC)  à Douala, a accueilli  le 07 août dernier la cérémonie de la première cotation de l’emprunt Obligataire « BDEAC (6,20% – 5,95% – 4,70%) NET 2024-2031». Il s’agit là  de l’emprunt par Appel Public à l’Epargne  de la  Banque de Développement des Etats de l’Afrique Centrale  (BDEAC).  

 La valeur a été inscrite dans le compartiment C de la bourse  régionale. Elle  porte sur 5 476 971 obligations émises par la BDEAC à l’issue de son opération de levée de fonds par appel public à l’épargne conduite du 04 mars au 26 avril 2024. L’opération s’était clôturée avec succès récoltant un montant de 54 769 710 000 FCFA soit une sursouscription de 9,54%.

Avec les 5 476 971 obligations de la BDEAC admises à la côte, le Compartiment C de la Bourse s’enrichit de 3 lignes d’emprunt supplémentaires passant ainsi de 16 à 19 lignes.  Il est donc désormais possible d’acheter ou vendre les nouveaux actifs financiers de la BDEAC qui sont « BDEAC 4,70% 2024-2027 », « BDEAC 5,95% 2024-2029 » et « BDEAC 6,20% 2024-2031 ». Avec cette opération, l’encours des dettes cotées en Bourse va augmenter de 54 769 710 000 FCFA pour se hisser à 1 232 299 459 448 de FCFA, soit une progression de 5%.  Les  performances de la BDEAC sur le marché connaissent aussi une forte hausse.

La banque enregistre désormais 6 lignes d’emprunt cotées sur les 19 que compte le Compartiment C de la BVMAC, correspondant à une part de marché de 31,5% pour la BDEAC. La banque totalise par ailleurs  365 877 557 835 FCFA d’encours de dettes cotées sur un total général de 1 232 299 459 448 FCFA. Soit de 30% de part de marché pour la BDEAC qui arrive  ainsi en deuxième position derrière l’Etat du Cameroun (33,3%) et devant l’Etat du Gabon (23,8%).

La BDEAC a décidé de positionner le marché financier régional comme l’un des canaux privilégiés de mobilisation des financements de son Plan Stratégique 2023-2027.  Son emprunt obligataire a permis de financer de nombreux projets de diversification économique ainsi que les infrastructures, la santé et l’éducation dans les pays de l’Afrique Centrale. Dans son allocution,  Dieudonné EVOU MEKOU, président de la BDEAC a annoncé le lancement au cours de cette année d’un nouvel emprunt obligataire pour continuer à mobiliser les ressources nécessaires au financement de ce plan stratégique baptisé « Azobé». 

Karéwa-Figuil : Quatre enfants meurent par noyade.

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Le fleuve Mayo-Louti dans le département éponyme, région de l’Extrême-Nord, vient d’engloutir des vies humaines. Madou Eullyai, Eveline Madeukeu, Hamadou Sitimpa et Tive Gadji. « Quatre jeunes filles dont l’âge varie entre 13 et 18 ans, ont trouvé la mort par noyade dans la rivière Mayo-Louti », rapporte L’œil du Sahel dans son édition de ce matin. Les faits se sont déroulés ce 10 août 2024, dans le village Karéwa-Figuil, situé dans la commune de Figuil. On apprend que ce sont les victimes elles-mêmes qui sont allées vers les eaux. Cinq enfants au total. « Le matin (le 10 août 2024, Ndlr), les cinq jeunes filles sont sorties de la maison pour aller chercher les légumes comme d’habitude dans la rivière Mayo-Louti. Après avoir trouvé les légumes, elles ont décidé de se laver et de nager un peu. C’était aux environs de 8h-9h et là, elles ne sont plus rentrées et il y avait des inquiétudes sur le temps inhabituel passé à la recherche des légumes. C’est de là qu’une de leurs sœurs qui s’est échappée arrive à la maison et informe sur ce qui s’est passé », rapporte Ferdinand James Lankissa, président du conseil municipal jeune à la commune de Figuil et proche de la famille des défuntes, dans les colonnes de L’œil du Sahel.

Les fouilles opérations de « secours » se sont organisées aussitôt. Mais il se faisait tard. Une seule a pu échapper aux furies des eaux, la nommée Maïramou Gadji. « Sur place, deux ont été retrouvées mortes, une autre retrouvée finit par décéder sur place. La dernière a été retrouvée ce matin (11 août 2024, Ndlr) étant déjà morte », indique la même source familiale. Toutes des enfants d’une même famille.

On apprend que Maïmounatou Ballo, le 2ème adjoint au maire de Guider, s’est rendu sur les lieux pour réconforter la famille éplorée. Les quatre corps ont été inhumés selon la tradition locale, à savoir sur les lieux du drame. « Selon la tradition Guidar, on ne ramène pas les corps par noyade à la maison, raison pour laquelle on les a inhumés au bord de la rivière », explique Ferdinand James Lankissa. La survivante, elle, a été conduite à l’hôpital, pour des examens de routine.

Les contribuables dénoncent les difficultés d’accès à la plateforme de la DGI

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L’Association Camerounaise pour la défense des Droits des Contribuables (ACDC) sollicite l’intervention de la Direction générale des Impôts (DGI). Dans une lettre adressée à son DG, le président de cette association  étale les difficultés que rencontrent ses membres  dans la réalisation de leurs affaires à cause des dysfonctionnements de l’administration fiscale camerounaise.

Les plaintes portent principalement sur la plateforme web mise sur pied par la DGI pour faciliter l’acquisition de différents documents. « Il est très difficile d’avoir accès à son  compte sur une période de trois mois d’affilé sans besoin de solliciter l’administration fiscale pour la réinitialisation du mot de passe. Cette dernière nécessitant très souvent le déplacement vers son centre divisionnaire des Impôts, surtout moyennant quelque chose alors que le changement de mot de passe pouvait se faire directement par le contribuable », écrit l’association.

 L’ACDC révèle que de nombreux contribuables rencontrent aussi des difficultés pour l’obtention de l’Attestation de conformité fiscale. « Il est devenu pratiquement impossible de l’obtenir depuis plus de deux mois. Le système répond « défaut de DSF » même aux contribuables de l’impôt libératoire  et même ceux venant à peine de  créer leurs entreprises. »  Au sujet du 8200,  les contribuables se plaignent du fait qu’on exige la présence du promoteur pour bénéficier des conseils des centres de gestion agrées.

 Il y a pourtant deux ans,  l’Association  saluait les réformes initiées par la DGI  et qui selon elle « facilitent la vie des contribuables ». La dématérialisation des procédures aux moyens digitaux de paiement est perçue par ces contribuables comme un « un succès ».  L’ACDC avait déclaré que le mobile tax  a notamment permis de « réduire les actes de corruption dans les centres des impôts et leur permet de gagner du temps dans leurs activités ».

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