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Ebolowa : quatre prévenus risquent de lourdes peines pour trafic d’ivoire

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Un coup de filet dans le réseau du braconnage : des sanctions plus sévères pour protéger les éléphants du Cameroun. Le 23 août prochain, le Tribunal de Première Instance d’Ebolowa accueillera le procès de deux ingénieurs et de deux autres prévenus accusés de trafic d’ivoire. Les accusés, trouvés en possession illégale de quatre défenses d’éléphants, devront répondre de leurs actes devant la justice.

Les prévenus incluent un ingénieur forestier, un ingénieur électromécanicien, un enseignant du secondaire et un autre individu. Ils ont été arrêtés le 23 juillet lors d’une opération coup de poing menée par la Délégation Régionale des Forêts et de la Faune du Sud, en collaboration avec la division régionale sud de la police judiciaire.

L’affaire, initialement entendue le 26 juillet, a été reportée au 23 août pour permettre la présence de toutes les parties et l’ouverture des débats. L’organisation LAGA, qui soutient l’application de la loi sur la faune sauvage, assiste les agents du MINFOF dans le suivi de la procédure judiciaire.

Selon l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN), le Cameroun abrite environ 6 830 éléphants, l’une des plus grandes populations d’Afrique. Cependant, cette population est en déclin rapide en raison du braconnage, alimenté par la demande croissante d’ivoire en Asie, notamment en Chine.

Malgré l’interdiction du commerce de l’ivoire, les éléphants continuent d’être abattus. Si les accusés sont reconnus coupables, ils risquent jusqu’à trois ans de prison et une amende de 10 millions de FCFA, conformément à la loi de 1994 sur la faune et la flore. Une nouvelle loi, promulguée le 24 juillet 2024, prévoit des sanctions encore plus sévères, avec des peines pouvant aller jusqu’à 20 ans de prison et des amendes de 50 millions de FCFA.

Ce procès met en lumière les défis persistants de la conservation des éléphants et la lutte contre le trafic d’ivoire au Cameroun.

Sonara : le FMI prescrit de nouvelles études d’ingénierie

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Le 30 novembre 2023, lors de la dernière session parlementaire de l’année consacrée à l’adoption du budget, le Premier ministre, Joseph Dion Ngute était face aux députés. C’était lors de la présentation du programme économique et financier du gouvernement pour le prochain exercice budgétaire. Répondant aux interrogations des élus du peuple concernant le démarrage des travaux de réhabilitation de la Société nationale de raffinage (Sonara) annoncés en 2022 pour un coût estimatif de 250 milliards de FCFA, le chef du gouvernement s’est voulu rassurant. Il a annoncé pour l’année en cours, la réalisation des «études Front End Engineering & Design (études d’ingénierie s’étendant jusqu’aux aspects architecturaux, NDLR)», qui doivent en principe servir de base au lancement des travaux de reconstruction de la Sonara, partiellement détruite par un incendie en 2019. Cette annonce a été confortée quelques jours plus tard par Gaston Eloundou Essomba, le ministre de l’Eau et de l’Energie, devant les membres de la Commission des finances et du budget de l’Assemblée nationale.

« Suite aux nouvelles instructions de monsieur le président de la République, la responsabilité de conduire le projet de réhabilitation-restructuration de cette entreprise, en qualité de maître d’ouvrage, a été confiée à monsieur le directeur général de la Sonara. (…) Il s’en est suivi l’élaboration d’un plan d’actions devant aboutir à la reprise de la production de la raffinerie, qui a été transmis au FMI; ainsi que la sélection du cabinet d’ingénierie pour la réalisation des études Front End Engineering and Design et d’une assistance à la maîtrise d’ouvrage. À cet effet, les entreprises américaine Chemex Global LLC et française Performance Plus Innovation sont respectivement adjudicataires de ces marchés», a-t-il détaillé.

La réalisation desdites études semble se dérouler de manière optimale, en témoigne le satisfecit du Fonds monétaire international (FMI), relayé dans un communiqué datant du 3 juin 2024. Dans ce manifeste , annonçant la fin de la première revue de l’accord au titre de la facilité pour la résilience et la durabilité et les sixièmes revues du programme appuyé par la facilité élargie de crédit et le mécanisme élargi de crédit, l’institution de Bretton Woods salue les efforts allant dans le sens de leur achèvement. «La mission encourage les mesures prises par les autorités pour l’amélioration de la performance et de la gestion financière des entreprises publiques, l’achèvement des études techniques concernant la restructuration de la Sonara et le renforcement du cadre de lutte contre la corruption», peut-on lire dans ce communiqué.

 LE FMI VEUT DE MEILLEURES ETUDES

Les études d’ingénierie susmentionnées ne sont pas nouvelles. En clair, il s’agit d’une version améliorée commandée par le FMI. En effet, dans le cadre du programme économique et financier que mène le Cameroun avec cette institution financière, le cahier de charges de Yaoundé pour l’année 2023, prévoyait le bouclage de 15 réformes structurelles. L’’une d’entre elles consistait en l’élaboration pour la Sonara, d’un plan de restructuration incluant des options industrielles et financières envisagées au lendemain de la destruction de ses installations. Si l’on s’en tient aux informations relayées dans le rapport sur l’économie camerounaise en 2023, rédigé par la direction générale de l’Economie et de la programmation des investissements du ministère de l’Economie, un plan détaillé, annexé au plan de restructuration a été rédigé et validé par le Président de la République.Toutefois, de l’avis du FMI, «ledit plan détaillé ne serait pas exécutable en tout point», ce qui rend «la mesure non exécutée», lit-on dans le rapport susmentionné.

Concrètement, ledit plan détaillé, qui est en réalité un plan détaillé d’ingénierie, conditionne le début des travaux. C’est du moins ce qu’a laissé entendre Valery Zang, président de la défunte Commission technique de réhabilitation des entreprises et établissements dans le cadre d’une interview accordée à nos confrères de Cameroon Business Today. «S’agissant de la restructuration de la Sonara, le président de la République Paul Biya avait instruit un partenariat public-privé et toutes les diligences afférentes à cette procédure sont en cours d’achèvement au niveau de la Sonara. Il s’agissait de manière concrète de compléter l’étude initiale par une étude détaillée d’ingénierie à partir de laquelle l’on va lancer le processus de recrutement de celui qui va construire la nouvelle raffinerie. Le processus est pratiquement achevé au niveau de la Sonara et les jours qui viennent, on va procéder à la sélection d’un constructeur par le mode public-privé», a-t-il déclaré lors de cet entretien qui date du 4 octobre 2023.

RESTRUCTURATION DE LA DETTE

Le projet de restructuration de la Sonara, a tout de même connu certaines avancées dont le gouvernement peut s’enorgueillir. Il s’agit notamment de la restructuration partielle de la dette de cette entreprise publique due aux traders. En effet, en 2022 et en 2023, Yaoundé a signé plusieurs accords de remboursement avec ces entreprises étrangères. La dernière en date remonte au 12 décembre 2023. A cette occasion, Yaoundé a signé avec Mercuria Energy Trading une convention qui porte sur un montant de plus de 30 millions de dollars (qui correspondrait à environ 20 milliards de FCFA). La convention permet un amortissement de la dette sur 10 ans à un taux fixe de 5,5%. Elle suit d’autres conventions déjà signées avec les traders Vitol (185 milliards de FCFA), PSTV DMCC (8,5 milliards de FCFA), Trafigura Pte Ltd (14,5 milliards de FCFA).

Pour mémoire, après un incendie survenu le 31 mai 2019, l’unique raffinerie du Cameroun s’est retrouvée dans l’impossibilité d’honorer ses engagements à temps convenu envers ses créanciers; étant donné l’arrêt de l’activité de raffinage. Pour rassurer les créanciers, le gouvernement, via le ministère des Finances, et la Sonara ont entrepris de signer des conventions de restructuration et de remboursement de la dette avec les banques et les traders. En soutien à cette initiative et à la mobilisation des fonds pour la reconstruction de la Sonara, le gouvernement a ouvert un compte de soutien à la raffinerie, logé à la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC). Le compte héberge les ressources de la ligne de soutien de 47,88 F CFA (0,073 euro) introduite en 2020 dans la structure des prix des produits pétroliers au Cameroun pour l’assistance de la Sonara.

Industrie pétrolière : Akere Muna conteste le rapport de la SNH

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Muna_Akere veut attaquer la SNH en justice

Akere Muna est convaincu que les chiffres rendu publics par la Société nationale des hydrocarbures (SNH) le 14 août 2024 ne sont pas exacts. « Après le communiqué de la SNH, je suis retourné sur le site (internet de la SNH, Ndlr) et j’ai découvert que les chiffres avaient été modifiés : le rabais pour Glencore a été échangé de 30% à 15%, et pour Vittol de 70% à 35%». Alors « la SNH doit expliquer cette incohérence», exige-t-il. Assurant avoir « des preuves documentées de la date et de l’heure auxquelles ces changements ont été effectués». L’ancien bâtonnier rappelle avoir donné toutes ces informations dans son bureau récemment.

En effet, le 14 août dernier, la SNH a publié un document intitulé « Non à la manipulation» dans lequel elle livrait des chiffres sur les opérations de vente du pétrole camerounais en 2023, laissant croire que Me Akere Muna manipulait l’opinion au sujet de la vente du pétrole au géant suisse Glencore. « Bien que le document contienne des tentatives de me discréditer, son ton général est assez particulier. La SNH qui s’est historiquement abstenue de communiquer sur ses activités, a soudainement trouvé le temps de publier deux déclarations en succession rapide», fait-il remarquer. Indiquant que « auparavant, elle avait communiqué une seule fois lorsque j’avais exposé le scandale de corruption», relève-t-il. En effet, la SNH réfutait avoir vendu le pétrole à Vittol à une décote supérieure à 35%, mais avait ignoré le cas Glencore. Et pourtant, « j’avais rapporté que la SNH avait vendu à Glencore et Vittol à des décotes de 30% et 70% respectivement, sur la base des chiffres obtenus à partir des rapports de la SNH à l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (Itie) qui ont été dument publiés par cette dernière».

Une plainte en vue

On se souvient que dans le document publié par la SNH dans le quotidien Cameroon tribune, l’entreprise pétrolière indiquait que les règles en interne interdisent les pratiques de corruption. « Maintenant, ils affirment avoir déposé une plainte auprès du Tribunal criminel spécial en septembre 2023». Reconnaissant ainsi que des pratiques non réglementaires ont certainement dû être effectuées au sein de l’entreprise. De toutes les façons, le champion de la lutte anticorruption qui a mené ces derniers mois une campagne agressive pour la transparence dans le scandale Glencore, annonce des poursuites judiciaires : « je vais préparer une plainte formelle demandant à la SNH de fournir des réponses concernant [les] modifications » survenues dans les chiffres publiés par la SNH. « Les Camerounais doivent comprendre qu’ils sont en train de se faire dépouiller par un groupe de personnes mal intentionnées. Ils doivent le savoir», a justifié Me Akere Muna. En attendant, l’ancien bâtonnier annonce se rendre dans les prochains jours à Londres et à New-York pour le suivi de l’affaire Glencore dans les juridictions de ces pays, question de chercher à obtenir les noms des personnalités camerounaises citées dans les affaires de corruption par Glencore. Faute d’avoir pu trouver une oreille attentive auprès de la Commission nationale anticorruption (Conac), de la Chambre des comptes de la Cour suprême et de l’Agence nationale d’investigation financière (Anif) qu’il a saisies.

Yaoundé et environs : 300 000m3 d’eau potable de plus par jour

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Le projet Paepys a été mis en service officiellement ce 20 août 2024.

Le Projet d’alimentation en eau potable de Yaoundé et ses environs (Paepys) est désormais une réalité. La mise en service de l’ouvrage a eu lieu ce jour à Batchenga, une localité du département de la Lékié. Au cours d’une cérémonie présidée par le ministre de l’Eau et de l’énergie (Minee), Gaston Eloundou Essomba. Ce sont en tout 300 mille mètres-cubes d’eau supplémentaires, qui seront injectés quotidiennement dans le réseau alimentant la ville de Yaoundé et ses environs, notamment les villes de Batchenga et Obala. Une capacité qui devrait augmenter dans un futur non encore déterminé. Selon le Minee, cette capacité supplémentaire devrait passer à 400 mille m3/jour.

La capitale camerounaise recevait jusqu’ici 185 000 m3 d’eau potable par jour, dont 135 000 m3 provenant de l’usine de traitement d’eau d’Akomnyada à Mbalmayo et 50 000 m3 de l’usine de la Mefou à Yaoundé. Pour une demande évaluée à 250 000 m3/j. Du coup, le Paepys est une solution rêvée pour le besoin en question car allant au-delà du déficit.  

D’un coût de 399 milliards de francs CFA, le Paepys, financé un prêt d’Eximbank China et exécuté par l’entreprise chinoise Sinomach, a été lancé en 2016, pour une livraison prévue en juillet 2019. Il aura fallu attendre cinq ans de plus. «La cérémonie qui nous réunit ce jour…est la matérialisation et la concrétisation de l’engagement du Chef de l’Etat à fournir une eau de qualité et en quantité suffisante, à toutes les populations du Cameroun dont celles des villes de Yaoundé, Batchenga, Obala et bien d’autres pour ce qui est du Paepys (…) », a indiqué Gaston Eloundou Essomba. « C’est avec une joie immense que le maire de la ville de Yaoundé, porteur de la parole des bénéficiaires, prend la parole à l’occasion de la présente cérémonie solennelle de mise en service officielle des installations du Projet d’Alimentation en eau potable de la ville de Yaoundé et ses environs à partir du fleuve Sanaga. Qu’il me soit permis d’exprimer au nom des populations bénéficiaires, notamment celles de Yaoundé et ses environs, nos sincères remerciements et notre profonde gratitude au président de la République, Paul Biya, pour cet ouvrage qui apporte une solution efficace aux problèmes d’insuffisance d’eau potable», a salué Luc Messi Atangana, maire de la ville de Yaoundé.

Régulation : Fin des BTS, HND et DSEP en santé

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Au terme d’une réunion de concertation entre les ministres de l’Enseignement supérieur et de la Santé publique, tenue le 16 août dernier, il a été décidé que les détenteurs des diplômes de formations courtes que sont entre autres le BTS, le HND, le DSEP, doivent désormais passer un examen national d’aptitude à la profession médico-sanitaire, afin d’être intégrés à l’Ordre des professionnels médico-sanitaires (Opms). La première session de cet examen de certification aura lieu en octobre prochain, pour ceux qui viennent de terminer leur formation et ceux exerçant déjà. Par ailleurs, dès la rentrée 2024-2025, le concours d’entrée dans les écoles de formation publiques et privées sera national.

C’était une requête de l’Opms. L’instance avait récemment saisi les autorités de la République pour dénoncer les tares de cette formation courte. Dans une déclaration datée du 7 aout 2024, l’Opms demandait «l’arrêt immédiat et sans délai de la formation des BTS/HND/Dsep/HPD en santé au Cameroun. Car ces diplômes ne répondent pas aux normes de formation requises pour assurer aux lauréats la compétence nécessaire pour garantir la sécurité des patients ». Invitant à « dialogue constructif et inclusif » pour trouver des solutions durables à ces problèmes. Indiquant que toutes les formations ce domaine doivent strictement respecter les dispositions qui régissent la formation médico-sanitaire au Cameroun. Et en invitant les détenteurs des diplômes BTS/HND/Dsep/HPD en santé à se référer aux résolutions de la plateforme Minesup-Minsanté-Opms. Surtout, le signataire de cette déclaration prône «l’encouragement des personnes souhaitant faire carrière dans les filières des personnels médico-sanitaires à postuler au concours organisé par le ministère de la Santé publique en attendant les résolutions de la plateforme interministérielle. Ce concours garantit une sélection rigoureuse et équitable des candidats les plus qualifiés ».

C’est l’aboutissement d’un combat de longue haleine. En novembre 2020, l’Opms avait déjà attiré l’attention de l’opinion sur le caractère illégal du BTS en santé. « Nous tenons à souligner que ces recommandations sont dans l’intérêt supérieur de la protection de la santé du public et de la qualité des soins au Cameroun. L’Opms est engagé à travailler de concert avec les autorités compétentes pour améliorer les standards de formation et garantir que seuls les professionnels qualifiés exercent dans le domaine de la santé », avait expliqué Dr Fobasso Dzeuta Melkior, ancien président de l’Opms. Le message n’était pas passé. Les discussions se sont poursuivies avec les autorités étatiques. Jusqu’à l’issue actuelle.

Prenaient également part, outre les hauts responsables des deux ministères, le président du conseil de l’Ordre des professionnels médico-sanitaires et le secrétaire exécutif de l’Association nationale d’institutions privées de l’Enseignement supérieur. La réunion avait trois points majeures à l’ordre du jour : l’inscription des titulaires de licence professionnelle, BTS, HND, Dsep et HPD en santé, au tableau de l’Ordre de professionnels médico-sanitaires; de la délivrance de titres académiques équivalents respectivement aux grades de Baccalauréat/GCE Advanced Level plus 3 et Baccalauréat/GCE Advanced Level plus 5 aux titulaires de diplômes d’Etat délivrés par le Minsanté au terme des formations de trois et cinq années après le baccalauréat; et surtout la question des titres d’ingénieurs médico-sanitaires non disponibles au Cameroun suivant les cycles actuels de formation.

GAËL WILLIAM TCHOKOSSA : « Les participants du programme Africa Up Horizon bénéficient d’un accompagnement pendant et après la formation »

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GAËL WILLIAM TCHOKOSSA président national de l’Association Future Horizon

Quelles sont les spécificités de la formation proposée par le programme Africa up Horizon ?

Africa Up Horizon est un programme de sensibilisation, de formation technique et professionnelle et d’accompagnement des jeunes vers des emplois stables et durables. Le programme vise à fournir aux jeunes les compétences nécessaires en 90 jours pour réussir dans les métiers du numérique et du digital, notamment à travers des formations spécifiques dans les filières Marketing Commerce Vente, Marketing Digital, Photographie, Vidéographie, Design graphique et Montage Vidéo. En 90 jours, les ateliers pratiques sur le terrain sont dispensés par des professionnels et experts des différentes filières en formation, leur donnant ainsi des bases solides pour répondre aux différentes problématiques liées à la communication des entreprises, à la valorisation de leurs produits et services, etc. Ce programme s’inscrit dans une initiative plus large visant à autonomiser les jeunes, à renforcer les capacités des jeunes entrepreneurs, à réduire le chômage et la pauvreté, et à diminuer le taux de fermeture des entreprises.

 Les participants bénéficient-ils d’un accompagnement tout au long de leur parcours ?

Oui ! Les participants bénéficient d’un accompagnement durant toute la formation et même après. Durant la formation, le programme leur offre toutes les clés utiles pour qu’ils soient autonomes et aptes à monter leur entreprise. Les exercices sont des simulations pratiques de création d’entreprises, et des ateliers de conception des différents supports de communication et de commercialisation de leurs produits ou services. D’autres ateliers sont axés sur l’utilisation des outils liés à l’intelligence artificielle et sur l’exploitation maximale des smartphones. Après la formation, grâce à nos 385 entreprises partenaires au Cameroun et en Afrique centrale, les étudiants sont intégrés pour des stages leur permettant de mieux comprendre leur formation et, par la suite, d’être embauchés. Cette année, nous avons pu intégrer 10 jeunes boursiers du programme Africa Up Horizon dans des entreprises des pays voisins (Ghana, Togo, Côte d’Ivoire). En matière de financement, les 5 meilleurs de la promotion ayant correctement monté leurs projets bénéficient d’un accompagnement financier à hauteur de 35 % du coût réel de mise en œuvre de leur projet.

Comment le programme Africa up Horizon contribue-t-il à la réduction du chômage des jeunes au Cameroun ?

Le programme contribue à la réduction du taux de chômage des jeunes grâce aux compétences spécifiques qu’il leur transmet dans les domaines du numérique et du digital, leur procurant un savoir-faire pratique qu’ils peuvent mettre en pratique dans les entreprises (TPE, PME, GE) de leur quartier, de leur arrondissement et même de leur village. En effet, ils ne sont pas obligés de travailler pour une entreprise physique, mais disposent des clés pour vendre ou mettre en avant n’importe quel type de produit ou de service. Actuellement, la plupart des étudiants bénéficiaires de ces bourses parviennent à gagner en moyenne 5000 FCFA par jour grâce aux techniques dispensées sur le digital.

Africa Up Horizon : un programme pour booster l’employabilité des jeunes

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« Après ces 90 jours, nous maîtrisons désormais les nouvelles technologies, notamment les intelligences artificielles. La manipulation et la gestion des intelligences artificielles étaient au cœur de notre formation. En matière de marketing digital, ces compétences sont essentielles pour prospérer dans notre domaine », a révélé Jean Pierre Bertrand Mboutou, l’un des lauréats de la première cuvée du programme Africa Up Horizon au Cameroun. En lançant le programme « Un jeune, Un métier, Un emploi », l’association Future Horizon veut contribuer à la reduction du chômage des jeunes en leur offrant des formations de pointe en communication digitale.

Ce projet forme les jeunes dans les domaines de la photographie, de l’audiovisuel, du design graphique, du marketing digital, ainsi que du commerce et de la vente. « En plus d’une attestation de formation reconnue par le ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle (Minefop) et l’accès aux réseaux d’affaires constitués de plus de 385 entreprises, le programme garantit un suivi et un accompagnement sur projet personnel », a confié une source au sein du projet. Cette initiative intervient dans un contexte où « les compétences numériques sont désormais au cœur du développement économique régional et national. Elles sont essentielles pour répondre aux exigences du marché du travail moderne et pour stimuler l’innovation. Ce programme a non seulement fourni des compétences précieuses, mais il a aussi ouvert la voie à de nouvelles opportunités pour les jeunes. Nous devons continuer à soutenir et à promouvoir ces compétences, car elles représentent un atout majeur pour notre économie et pour notre société », a déclaré Théodore Jules Roger Nlend, délégué régional de l’Emploi et de la Formation professionnelle du Centre. C’était le 14 août dernier à Yaoundé, lors de la cérémonie de remise de parchemins de la première promotion constituée de jeunes âgés de 18 à 35 ans venant de l’ensemble du territoire national, mais aussi des pays voisins tels que la République Centrafricaine, le Tchad et la Côte d’Ivoire.

Grâce à ce programme, les jeunes acquerront les compétences recherchées par les entreprises du numérique, favorisant ainsi leur insertion professionnelle et la création de nouvelles entreprises. L’enjeu de l’association est de former plus de 1000 jeunes dans les domaines du digital afin de relever le niveau de compétence du Cameroun. « Cette initiative est rendue possible grâce au généreux soutien de nos partenaires et à l’engagement sans faille de nos formateurs. Elle s’inscrit dans notre volonté commune de propulser notre pays vers la transformation numérique », a précisé Gaël William Tchokossa, président national de l’Association Future Horizon.

Industrie musicale : symphonie de talents, cacophonie de revenus

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La musique camerounaise est riche, mais son musicien est pauvre », décriait le pianiste, arrangeur et chanteur Julius Essoka dans une tribune intitulée « Pour sortir des 12 plaies de la musique camerounaise ». Décédé le 26 juin 2021 à Douala, l’artiste s’indignait du fait que « ce pays (le Cameroun, Ndlr) produit parmi les meilleurs artistes de ce monde sans conservatoires ni écoles de musique dignes de ce nom, voilà ce qui est scandaleux !». Dans cette réflexion publiée en août 2019, il poursuivait en disant : « Et je m’avancerais à dire que si notre musique était structurée, elle ferait des envieux au-delà de nos frontières ».

Pour apporter des solutions à cette préoccupation, le Conseil Camerounais de la musique (CCM) a initié « Les chantiers musicaux ». Une initiative qui donne « un nouvel élan pour l’industrie musicale », souffle Didier Toko, président du CCM. En effet, ce projet a pour objectif de restructurer le secteur. Pour cela, les acteurs et professionnels locaux du quatrième art ont bénéficié d’une série de formations à Douala et Yaoundé. Le renforcement des compétences dans leurs domaines respectifs vise à enrichir les pratiques locales et à accélérer le développement de l’industrie musicale camerounaise.

Mais avant cela, l’association a fait un diagnostic de l’univers musical à l’échelle nationale. À en croire les résultats de l’étude livrée dans le cadre des « Chantiers musicaux », l’informel prédomine dans l’industrie musicale camerounaise. Selon le CCM, 89% des professionnels de la musique œuvrent dans la production d’œuvres musicales, tandis que seulement 6% sont impliqués dans la diffusion et 5% dans la promotion.

Pourtant, avec plus de 15 000 artistes, ce secteur recèle un potentiel économique considérable. Les données statistiques d’internet pour 2024 révèlent un paysage numérique en pleine mutation au Cameroun. Le taux de pénétration d’internet s’élève à 43,9%, soit 12,73 millions d’internautes, et 5,05 millions d’utilisateurs de médias sociaux, soit 17,4% de la population totale estimée à plus de 28 millions d’habitants. « Imaginez le potentiel en termes d’apport économique, il faut juste encadrer tout ça », souligne le musicien Richard Eboa, mettant en lumière l’immense potentiel économique de la filière musicale camerounaise. En outre, la gestion collective des droits d’auteur, assurée par la Société civile camerounaise de l’art musical (SOCAM), est sujette à controverses. De nombreux artistes critiquent vivement son fonctionnement. Ils pointent du doigt un manque flagrant de transparence dans la collecte et la distribution des redevances, ainsi qu’une inefficacité chronique dans la protection de leurs œuvres.

Débarquement de Provence : la leçon de Paul Biya au monde

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« Presque partout, la grande question qui se pose est de savoir si nous devons capituler devant le pessimisme de l’inévitabilité de la guerre ou si nous pouvons encore bâtir un avenir plein d’espoir où la guerre appartiendra définitivement à l’histoire.» Paul Biya l’a demandé à l’auditoire qui assistait à la commémoration du Débarquement de la Provence hier 15 août 2024. Le président camerounais est formel « que les organisations internationales et le système mis sur pied au lendemain des deux guerres mondiales et notamment de la Deuxième guerre mondiale, restent et demeurent perfectibles». Faisant le constat selon lequel « la guerre que l’on pensait à jamais éloignée, frappe aux portes de l’Europe. Elle est désormais plus proche de nous. Des hommes se battent à nouveau à quelques heures d’ici », parlant certainement de la guerre entre la Russie et l’Ukraine, qui est en train d’embarquer de nombreux pays occidentaux, avec des conséquences au-delà de l’Europe. « Oui les fantômes de l’esprit de revanche, la violation flagrante de la souveraineté des Etats, l’intolérable mépris des peuples resurgissent du passé pour s’imposer dans notre quotidien. Le droit international diversement interprété, l’instrumentalisation des droits de l’homme, l’oubli ou le défi des autres guerres, la volonté permanente de dominer, d’exploiter, de construire un monde à son unique avantage », dénonce Paul Biya. Autant d’«ombres qui nous guettent et dont notre présence devrait révéler les lueurs », lance-t-il.

Le cas Bakassi

« Le plus vieux président en fonction dans le monde », comme aiment à le relever la presse occidentale (Paul Biya a 92 ans dont 42 passés à la tête du pays), regrette que « malheureusement la géopolitique et la géostratégie mondiales restent dominées par la course aux armements. La construction des blocs fait son retour. La guerre froide dont la chute du Mur de Berlin a sonné le glas, est à nouveau d’actualité. De nouveaux acteurs à l‘instar de sociétés paramilitaires agissent çà et là et la guerre se fait par procuration ». Du coup, « si rien n’est fait, le monde se dirige de nouveau vers une ou plusieurs guerres aux conséquences incalculables», met-il en garde la communauté internationale. Celui que les laudateurs voient plutôt comme un sage, enseigne sa méthode aux partisans de la guerre : « le Cameroun pour ce qui le concerne, a de tout temps fait recours au dialogue, aux solutions concertées. Il a fait de la résolution pacifique des différends la clé de sa démarche pour faire échec à la guerre et résoudre les conflits», a-t-il rappelé. Lui qui, malgré l’obstination du Nigéria voisin à faire la guerre pour le contrôle de la presqu’ile de Bakassi, a persisté et fait valoir la raison du dialogue. Aboutissant à une résolution pacifique de ce conflit frontalier, sous l’égide des Nations unies. Avec une issue favorable à son pays en 2002.

Pour ce qui est de l’événement qui réunissait le monde en France, le défenseur de la cause africaine soutient qu’« il n’y aurait pas eu de victoire alliée sans la contribution des autres peuples, sans les étrangers et autres tirailleurs». Du haut du pupitre de la nécropole de Boulouris, à Saint Raphaël, cet endroit mythique qui a vu tomber 464 combattants de l’armée française, le président camerounais a appelé le monde à revenir à la raison et à plus d’humanité. « Aujourd’hui encore, nous sommes là pour nous souvenir de leur vaillance, pour convoquer le souvenir d’une guerre du passé, pour la liberté et rendre à ces héros un hommage appuyé », a-t-il rappelé. « Les milliers d’hommes qui ont combattu avec bravoure étaient pour un grand nombre originaires de l’empire colonial français ; ils venaient entre autres de l’Afrique subsaharienne. C’est dire si la contribution de l’Afrique été significative pour rompre les chaînes de l’occupation allemande», a-t-il souligné. « Cette lutte a été menée ensemble, pour défendre les valeurs et idéaux universels de paix et de justice. Elle exprimait une vision de l’homme et du monde qui nous est commune. Nous les avons combattu cote-à-côte. Cette vision était respectueuse de nos différences, respectueuse de l’infinie diversité des hommes, des cultures, des religions, des civilisations. Cette vision-là reconnaît à chacun de nous un droit égal à la dignité. La solidarité exemplaire qui a ainsi prévalu, reste et demeure une leçon précieuse que nous devons perpétuer et transmettre aux générations futures, afin d’éviter les erreurs commises par le passé », a-t-il sensibilisé la France.

Reconnaissance

S’adressant à une France qui rechigne à accorder la même considération à tous les combattants qui l’ont aidée à retrouver sa souveraineté. Quatre-vingt ans après. Le Débarquement de Provence a souvent été minorée à côté du Débarquement en Normandie qui avait sur la scène entre autres les forces américaines, canadiennes, britanniques,… Mais la France, rattrapée par l’histoire, est obligée de reconnaître cet autre exploit des forces multinationales à sa juste valeur. Cette opération militaire baptisée « Anvil Dragoon » qui a mobilisé 350 000 combattants dont 230 000 Français, et plus de 120 000 combattants venus d’Afrique, pour se battre entre Toulon et Cannes, et parvenir à libérer la Provence. C’était dès la nuit du 14 au 15 août 1944.

Emmanuel Macron le président français, qui quelques jours avant, a reconnu six « tirailleurs sénégalais », rien que six, parmi les victimes, n’avait pas d’autre choix que de saluer l’exploit de soldats africains « qui grimpaient la falaise à main pour affronter l’armée allemande ». Egrenant quelques noms, François, Boudjéma, Nyakara,…le président français soulignera que les libérateurs de la France « venaient de Corse et du Poitou, du Pacifique et d’Algérie, du Sénégal, du Maroc et des Ardennes. Officiers de l’Empire ou du Sahara, natifs de la Casamance ou de Madagascar, anciens poilus de Verdun, ou jeunes hommes précipités dans les tranches des fêtes, ils n’étaient pas de même génération, ils n’étaient pas de la même confession, ils n’étaient de la même condition, ils étaient pourtant l’armée de la nation, armée la plus bigarrée et la plus fervente…les portes de la liberté s’ouvrirent sur leurs pas», a-t-il reconnu.

Conflit Banques/Cdec : le sort des épargnants aux oubliettes

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Comment l’usager qui a déposé son argent dans une banque pourra-t-il rentrer en possession de ses fonds une fois que ceux-ci sont transférés pour divers motifs à la Caisse des Dépôts et Consignations (CDEC) ? Depuis que la CDEC et les banques bataillent pour le contrôle des fonds en déshérence, soit environ 1500 milliards de Francs CFA laissés par les déposants dans les comptes bancaires inactifs, aucune des parties n’aborde cette question pourtant essentielle : comment s’assurer que le titulaire du compte bancaire ou ses ayants droit puissent accéder à leurs ressources en temps voulu, comme l’exige le décret du Premier ministre ? Ainsi, qu’il s’agisse de la Caisse des Dépôts et Consignations ou des banques, chacune des parties lorgne la juteuse cagnotte oisive qui permettrait aux banques de disposer des ressources à fructifier via des crédits ou à la CDEC de constituer des fonds à placer pour générer des plus-values. Même le communiqué du gouverneur de la BEAC du 7 août dernier, en plus d’ajouter à la confusion par son refus de trancher, s’est curieusement abstenu d’aborder la question centrale du sort de l’usager de banque. Selon des sources proches de la COBAC, ce communiqué du gouverneur intervient quelques jours après une réunion infructueuse à Libreville entre la COBAC et les caisses de dépôt de la zone CEMAC, y compris celle du Cameroun. La tension est montée d’un cran, et la réunion aurait tourné court lorsque le patron de la CDEC du Cameroun a conditionné sa participation au retrait des termes de la lettre de la COBAC suspendant les transferts à la CDEC.

Un encadrement Juridique en vue

Alors que quelques banques camerounaises avaient déjà obtempéré aux injonctions de la CDEC et transféré les fonds réclamés, et que certaines hésitaient encore, se plaçant sous la menace d’un recouvrement forcé, la Commission Bancaire de l’Afrique Centrale (COBAC, le régulateur du secteur bancaire) est intervenue le 11 juillet 2024 pour demander aux banques « de surseoir au processus de transfert des avoirs en déshérence au profit de la CDEC du Cameroun en attendant la clarification de la nature de ces avoirs, ainsi que la définition des modalités de conservation, de gestion, voire de restitution de ces valeurs ». L’objectif de la COBAC, à en croire Marcel Ondele, son secrétaire général, est de mettre préalablement sur pied un encadrement juridique pour « maîtriser les risques opérationnels liés à la conservation et la gestion de ces valeurs, ainsi que les risques de contentieux entre les institutions nationales, les institutions financières et les titulaires de ces avoirs ou leurs ayants droit ».

 Il n’en fallait pas davantage pour faire bondir le secrétaire général de la présidence camerounaise pour qui la gestion de la CDEC est une affaire camerouno-camerounaise qui ne saurait, selon lui, souffrir l’ingérence de la COBAC. C’est ainsi qu’il a enjoint le MINFI d’« inviter la COBAC à rapporter sa correspondance du 11 juillet 2024 relative à la suspension du processus de transfert des avoirs en déshérence ». À ce jour, le MINFI, destinataire de ces injonctions du SGPR, n’a donné aucune suite connue à la missive comminatoire du SGPR, et les derniers développements, avec notamment la mise sur pied d’un groupe de travail chapeauté par la BEAC pour aplanir les divergences, ne laissent pas présager d’une entrée du MINFI dans le conflit avec la Commission Bancaire de l’Afrique Centrale. Surtout que, pour le ministre des Finances Louis-Paul Motaze, il est plutôt impérieux de créer et entretenir un climat de confiance relativement aux rôles et missions de la Caisse des Dépôts et Consignations. « Il est important de travailler à dissiper toute forme de suspicion, méfiance et même des réticences à l’égard de l’opérationnalisation de cette nouvelle structure », indiquait-il déjà le 29 janvier dernier à l’occasion de la conférence annuelle des services du MINFI.

Veiller à la résilience du système bancaire

Que vient donc faire la COBAC dans une affaire camerouno-camerounaise ? Pour un expert contacté par Défis Actuels, la Commission Bancaire de l’Afrique Centrale, qui a été mise sur pied suite à la triste expérience des faillites bancaires des années 90, a pour mission de garantir dans tous les pays de la zone CEMAC l’intégrité des dépôts de la clientèle en veillant à la résilience du système bancaire. « Le simple fait que les fonds à transférer par les banques soient des dépôts de la clientèle suffit pour asseoir la compétence de la COBAC sur le sujet. Elle peut légitimement s’intéresser à l’usage que peut en faire la CDEC et chercher à encadrer les risques que peut prendre la CDEC avec cet argent qui, malgré le transfert, reste la propriété du titulaire initial du compte bancaire, celui-ci devant pouvoir obtenir restitution “à la première demande” comme le stipule le décret du Premier ministre. » Reste que le réveil brutal de la Commission Bancaire a de quoi intriguer. Il existe au Gabon une Caisse des Dépôts qui pose les mêmes exigences que celle du Cameroun, et depuis des années, elle a mené ses activités en roue libre. Pourquoi n’y a-t-il jamais eu de levée de boucliers comme c’est le cas avec celle du Cameroun, s’interrogent légitimement les observateurs ? « C’est une lenteur caractéristique de la COBAC, défend un cadre d’institutions sous-régionales. Elle a davantage tendance à réagir qu’à anticiper. Cette institution a malheureusement toujours fonctionné de cette manière, probablement en raison de ses effectifs limités.

On constate que la COBAC a souvent accusé des retards dans la mise en place d’une régulation adéquate pour certains segments ou opérations. Par exemple, la régulation des microcrédits (pico et nano crédits) ou celle des paiements en ligne, qu’ils soient effectués par des plateformes ou des télécommunications, ont pris du retard. Cependant, il est clair que certains domaines, comme celui des CDEC, nécessitent une régulation régionale », explique notre interlocuteur. Pour nombre d’analystes, il est contreproductif de laisser mariner la CDEC dans une ambiance conflictuelle, et surtout pas contre une instance supranationale qui a toute compétence pour surveiller tout ce qui peut mettre en péril l’épargne des déposants. Ces déposants dont justement aucune des parties en conflit ne parle. Pourtant, les fameux fonds en déshérence qui sont l’objet de la convoitise entre les banques et la Caisse des Dépôts et Consignations sont bel et bien les ressources des déposants. Et ces fonds ne cessent pas d’appartenir à leurs légitimes propriétaires ou ayants droit sous prétexte qu’ils auraient été transférés à la Caisse des Dépôts et Consignations. Or, jusqu’ici, ni les banques, ni la CDEC n’en font un sujet central dans leurs démarches.

Absence de communication

La campagne de communication plutôt chétive qui a annoncé les transferts de fonds à la Caisse des Dépôts et Consignations ne dit pas comment les Banques et CDEC s’affrontent pour le contrôle de la cagnotte des fonds oisif estimée à 1500 milliards de Francs CFA, sans un mot pour rassurer les propriétaires de ces fonds que sont les déposants.légitimes propriétaires ou ayants droit pourraient rentrer en possession de leurs avoirs s’ils le désiraient. Alors même que le décret du Premier ministre du 1er décembre 2023 fixant les modalités de transfert des fonds dévolus à la CDEC précise que « les fonds et/ou valeurs transférés à la CDEC sont conservés dans le délai légal et font l’objet d’une restitution à première demande du bénéficiaire ». Comment se passe la restitution ? L’usager qui possédait un compte dans une banque à Kousseri devra-t-il se déplacer à Yaoundé pour faire sa demande de restitution ? Comment se passe cette demande ? En ligne comme dans d’autres pays ? Via un formulaire physique ? Comment le citoyen lambda est-il informé de l’existence et de la disponibilité de ses avoirs à la CDEC ? 

Aucune de ces informations essentielles n’est communiquée et tout porte à croire que le dispositif de restitution n’existe pas encore. Pourtant, la mise en place d’un tel procédé de rétrocession, suivie d’une abondante et longue campagne d’information, aurait dû être des préalables absolus au lancement de la campagne de transfert des fonds.

Plutôt défenseur des intérêts des banques dans ce conflit, cet autre analyste préfère souligner le risque de fragilisation des banques si elles sont privées de ces ressources : « Le Cameroun est actuellement engagé dans une réforme liée à l’instauration du compte unique du Trésor, visant à regrouper dans le compte du Trésor à la Banque centrale tous les avoirs de l’État et de ses démembrements dans les banques. Cette réforme a des implications importantes sur la trésorerie des banques. Il a été décidé d’adopter une approche graduelle pour la fermeture des comptes dans les banques et leur transfert vers le compte du Trésor à la Banque centrale. Ce processus n’est pas simple. Déposséder les banques de ces fonds oisifs en plein contexte de compte unique du Trésor pourrait assécher la trésorerie des banques. Par ailleurs, il convient de considérer les difficultés potentielles de la CDEC, comme le risque qu’elle devienne trop coûteuse en fonctionnement, et soit contrainte de piocher dans des avoirs dont elle n’est que gardienne».

Un argumentaire qui ressemble à du dilatoire. Il est clair que les banques feraient tout ce qui est possible pour conserver la haute main sur ces ressources qui génèrent des intérêts précieux pour les actionnaires. D’autre part, l’argument sur la trésorerie ne tient pas non plus. Car le transfert des fonds à la CDEC ne consiste pas à sortir l’argent de la banque pour aller le placer dans un coffre-fort de la CDEC. Selon le décret du Premier ministre, il s’agit simplement d’un jeu d’écriture consistant à virer ces sommes dans un compte ouvert au nom de la CDEC dans la même banque.

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