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Commerce extérieur: La France devrait réduire ses exportations de blé vers le Cameroun en 2024

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Dans la zone portuaire de Rouen (76), silo de la SIMAREX / NATUP chargement d'un navire cargo panamen de 60000 Tonnes de bl tendre destination de la Chine

En 2023, le Cameroun a importé 887 400 tonnes de blé à raison de 178,3 milliards de FCFA. L’année précédente, les importations de cette céréale ont culminé à hauteur de 920 400 tonnes pour un coût global de 260,7 milliards. Ce qui correspond à une baisse de 32 600 tonnes (-3,7%) en quantité et 82,4 milliards en valeur (-46,3%). Que ce soit en 2022 ou en 2023, Yaoundé est demeuré largement tributaire de ses partenaires commerciaux pour assurer l’approvisionnement du marché local. La France, premier fournisseur depuis 2022 (30,1% de parts de marché), a conservé sa première place en 2023 (28 %).

La Russie, jadis principal fournisseur de Yaoundé en blé, est restée cantonnée à la 3e place comme en 2022, derrière la Pologne qui est devenue le second exportateur de cette céréale au Cameroun en 2023, en remplacement de l’Argentine qui a quitté le top 10. Cette stagnation des exportations de blé russe est certainement, comme l’année précédente, le résultat direct des difficultés d’acheminement de cette denrée vers le Cameroun, en raison de la guerre en Ukraine.

Ce qui a poussé les importateurs camerounais à se tourner massivement vers le blé français. Cependant, la baisse de la production française prévue pour 2024, annoncée par le ministère français de l’Agriculture, risque de mettre en péril cette relation commerciale. La chute de 60 % des exportations vers les pays tiers annoncés par Argus, une plateforme internationale qui fournit des informations détaillées sur les cours de matières premières, pourrait réduire de manière significative la disponibilité du blé français sur le marché camerounais, obligeant Yaoundé à rechercher des alternatives dans un contexte mondial où les prix des céréales restent volatiles.

IMPACT ÉCONOMIQUE ET STRATÉGIQUE POUR LE CAMEROUN

Au-delà de la France, c’est toute la production céréalière de l’Union européenne (UE) comptant pour la campagne 2024-2025, qui devrait diminuer par rapport au niveau de l’année dernière. C’est ce que prévoient les experts du ministère de l’Agriculture des États-Unis (United States Department of Agriculture, USDA) basés à Madrid.

Concrètement, la production de blé de l’UE au cours de la campagne 2024-2025 devrait diminuer à 127,4 millions de tonnes, contre 130 millions de tonnes dans le rapport USDA de juillet et 134,9 millions de tonnes lors de la campagne précédente. Cette situation affecte notamment la Pologne, deuxième fournisseur de blé du Cameroun avec 25,5 % de parts de marché en 2023, qui connaît une baisse de sa production, annonce Argus sans donner de détails.

Elle pourrait augmenter ses expéditions vers le Cameroun pour combler partiellement le déficit laissé par la France. Toutefois, cette option pourrait s’avérer coûteuse, car les prix du blé polonais pourraient être plus élevés en raison du contexte sus-évoqué. L’Allemagne, troisième fournisseur avec 15,2 % des importations en 2023, représente une autre alternative. Néanmoins, la baisse de la production allemande de blé pour la campagne 2024-2025 qui devrait être inférieure de 13 % par rapport à la campagne précédente, soit 18,76 millions de tonnes, pourrait limiter sa capacité à répondre à une demande accrue du Cameroun. Par ailleurs, les importations en provenance du Canada, bien que représentant seulement 7,2 % des parts de marché en 2023, pourraient également être augmentées.

Cependant, la distance géographique et les coûts logistiques associés rendent cette option moins attrayante. D’autres pays, comme l’Estonie, la Lituanie et la Lettonie, qui ont respectivement fourni 5,3 %, 3,5 % et 1,7 % du blé importé par le Cameroun en 2023, pourraient être sollicités pour augmenter leurs exportations vers le Cameroun. Toutefois, leur capacité à fournir des volumes suffisants pour compenser la baisse des exportations françaises reste incertaine.

L’AUTOSUFFISANCE: UN DÉFI À LONG TERME

L’une des réponses à ces éventuelles difficultés d’approvisionnement qui se profilent à l’horizon, pourrait être une accélération des politiques d’import-substitution et de développement de la production locale de blé au Cameroun. Le pays dispose de vastes terres arables et d’un climat favorable dans certaines régions pour la culture du blé, bien que des défis subsistent en termes d’infrastructures, de technologie et de financement. La Stratégie nationale de développement 2020- 2030 (SND30) du Cameroun prévoit déjà la modernisation de l’agriculture et la promotion de cultures stratégiques pour réduire la dépendance aux importations. Cependant, la mise en œuvre de ces politiques nécessite du temps, des investissements significatifs et un engagement politique fort pour transformer le secteur agricole camerounais.

À court terme, cette option semble difficilement réalisable pour pallier la crise actuelle. Cette conclusion découle des résultats obtenus par le gouvernement, qui a lancé il y a plus de 2 ans, un projet de relance de la culture du blé. En effet, grâce à une subvention présidentielle spéciale d’un peu plus de 10 milliards de FCFA, à décaisser sur une période de 5 ans, l’Institut de recherches agricoles pour le développement (Irad) a mené des recherches approfondies sur des variétés de blé adaptées aux conditions climatiques et pédologiques du Cameroun.

Les premières expérimentations ont été conduites dans les régions du NordOuest et de l’Adamaoua, deux zones présentant des conditions favorables à la culture du blé. Ces recherches se sont révélées prometteuses, ouvrant la voie à la mise en place de champs semenciers à grande échelle. C’est dans ce contexte que la localité de Wassandé, connue pour avoir abrité autrefois les installations de la Sodeble, est redevenue un centre d’attention. En août 2023, l’Irad, avec le soutien financier du gouvernement, a fourni des semences de blé à une coopérative locale. Cette initiative, qui s’inscrit dans la droite ligne des objectifs de relance agricole définis par l’État, a permis d’obtenir une première récolte de 180 tonnes. Une seconde récolte est attendue en 2024. Cette dernière devrait être dans les mêmes proportions que la première.

Climat politique : l’appel de Bapooh Lipot à l’union autour de Biya

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Bapooh-Lipot en campagne pour Paul Biya

Plusieurs semaines après la commémoration du 80ème anniversaire du Débarquement de Provence, Robert Bapooh Lipot n’en a pas fini de célébrer le « Discours d’espérance » attribué par le président Emmanuel Macron à son homologue Paul Biya à cette occasion. Le président de la République du Cameroun était le « porte-parole » de l’Afrique à cette occasion, et a servi une leçon de paix, « dans un monde où la sinistrose des guerres entre le Nations et les peuples réapparait pour fonder de nouveau, les relations internationales », souligne le secrétaire général de l’UPC reconnu par l’Administration territoriale. Justement, au moment où la France, épicentre de la guerre meurtrière qu’a été la 2ème Guerre mondiale (1939-1945), se souvient des moments atroces connus par son peuple, elle est engagée comme bon nombre de pays occidentaux, à une nouvelle course aux armements, comme ce fut déjà le cas lors des deux premières Guerres mondiales.

Robert Bapooh Lipot croit qu’il faut davantage donner un écho à ce discours, mieux, à la gouvernance d’un « sage » d’Afrique. « La classe politique camerounaise a le devoir historique aujourd’hui de se réconcilier avec le président Paul Biya qui, devant la sublime porte de l’histoire a besoin de toutes les dynamiques républicaines pour construire une symphonie à même de vaincre définitivement tous les plans de déstabilisation du Cameroun », lance l’homme politique. « Les multiples attaques visant la déstabilisation de notre Pays exigent de la classe politique camerounaise, une attitude de pardon et de rédemption par rapport à la sauvegarde de la souveraineté de notre Nation», pousse-t-il plus loin.

Le pont est vite trouvé pour appeler à une union autour de la personne de Paul Biya, face aux menaces de division et d’atteinte à l’intégrité territoriale du Cameroun : « l’Alliance pour la symphonie républicaine s’éloigne des marécages et laboratoires de promotion des clivages et toutes autres formes d’exclusion issus d’une mauvaise appréhension du multipartisme», relève-t-il. « C’est une cure de jouvence politique qui permettra à l’opposition camerounaise de sortir de sa déchéance pour être véritablement utile au Cameroun », clame-t-il.

UPC

Pour sa part, l’UPC version Bapooh Lipot se voit en visionnaire : « L’engagement de l’UPC dans l’extension de cette symphonie républicaine et son déploiement en alliances vise à éloigner du Cameroun le péril qui frappe à nos frontières et à maitriser définitivement les dissonances internes qui puisent leur énergie dans la gestion des ambitions subjectives», se vante Robert Bapooh Lipot. Evoquant l’alliance de son parti (l’ex-UPC version Augustin Frédéric Kodock), avec le Rdpc de Paul Biya. C’est que, « il n y a jamais eu dans l’Histoire de notre Nation, un moment où notre peuple a choisi de démissionner de ses responsabilités quant à l’affirmation de sa souveraineté. Oui, cela a toujours été l’identité remarquable et immuable du peuple camerounais. Cette indomptabilité d’un attachement viscéral à la souveraineté de notre peuple a toujours servi de boussole aux Pères fondateurs de notre Nation », enseigne-t-il.

A lire aussi: Débarquement en Provence: la leçon de paix de Paul Biya au monde

Alors « vouloir tourner le dos à ce repère historique de l’engagement politique de notre peuple, ce pourquoi certains ont payé de leur vie, c’est véritablement arborer le statut d’ennemi du Cameroun», soutient Bapooh Lipot. Pour l’Upéciste qui prône une démarche « contraire » à l’extrémisme des pères-fondateurs, en évoquant un contexte différent, « telle qu’elle est déterminée aujourd’hui, une certaine partie de l’opposition camerounaise est une menace pour la paix, la souveraineté et l’unité du Cameroun ». Et de conclure que « les humiliés, les haïs, les victimes, ne doivent pas se transformer en humiliants, haïssants, oppresseurs ».

Paul Biya sollicite les financements chinois pour les routes Douala-Bafoussam, Ebolowa-Kribi, Ngaoundéré-Garoua, …

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Paul Biya et Xi Jinping www.newsducamer.com
Paul Biya et Xi Jinping www.newsducamer.com

Monsieur le Président de la République Populaire de Chine, Secrétaire Général du Parti Communiste,

Je voudrais tout d’abord vous remercier pour l’accueil chaleureux et l’hospitalité que les autorités et le peuple chinois ont bien voulu me réserver, ainsi qu’à mon épouse et à la délégation qui m’accompagne, depuis notre arrivée dans votre beau et grand pays. Je tiens aussi à vous exprimer notre gratitude pour cet entretien bilatéral, qui nous donne l’occasion d’évoquer nos principaux dossiers et projets conjoints.

La participation du Cameroun au 4e Sommet du Forum sur la Coopération Sino-Africaine, s’inscrit dans le sillage de la longue tradition des excellentes relations qu’entretiennent nos deux pays.

La fructueuse coopération entre la République du Cameroun et la République Populaire de Chine, ainsi que l’amitié toujours plus grande entre nos peuples, ont hissé notre partenariat à un niveau élevé que nous souhaitons stratégique. Il me plaît de saisir l’opportunité de ce séjour, qui est mon huitième en terre chinoise, pour vous réitérer mon invitation à effectuer une visite d’Etat au Cameroun. Ce sera une bonne occasion de célébrer nos relations diplomatiques, déjà vielles de 53 ans, et de consolider le partenariat gagnant-gagnant entre la Chine et le Cameroun. S’il est vrai que le niveau actuel de nos échanges est déjà appréciable, je reste convaincu qu’avec une stratégie mieux ciblée, les produits échangés, leur tonnage et leur valeur, pourront encore augmenter de manière significative.

Je me félicite de la part prépondérante qu’occupent les investissements directs chinois dans le développement de mon pays. Cela est observable à travers la construction de diverses infrastructures d’envergure, notamment : les barrages hydroélectriques, les centrales à gaz, les infrastructures routières, hospitalières, portuaires, sportives, etc., sans oublier l’immeuble futuriste qui va abriter l’Assemblée Nationale du Cameroun.

Malgré les effets des multiples crises exogènes et endogènes auxquelles il fait face, le Cameroun demeure un pays attractif, du fait de sa position géostratégique en Afrique Centrale, de sa stabilité institutionnelle, de son capital humain, et de la diversité de ses ressources naturelles entre autres.

Dans sa quête de progrès et de modernité, le Cameroun a besoin de financements additionnels, importants, pour poursuivre sa vision d’émergence à l’horizon 2035. Notre objectif est de bâtir une économie plus solide, basée sur des industries locales compétitives, capables de transformer nos ressources minières et agricoles en vue de satisfaire les besoins endogènes et d’exporter des produits en grande quantité. J’invite donc votre gouvernement ainsi que le secteur privé chinois, à continuer à nous accompagner sur cette voie, en densifiant leurs investissements directs au Cameroun. Dans ce cadre, mon pays a besoin par exemple, dans le domaine militaire, d’une gamme variée d’équipements et de matériels modernes, y compris de l’assistance technique pour faire fonctionner et entretenir tout cela.

Dans le domaine infrastructurel, nos attentes sont énormes. Nous envisageons le lancement imminent de nos projets structurants de deuxième génération, à l’instar de la phase 2 de l’autoroute Yaoundé-Douala, de l’autoroute Edéa-Kribi, de la route Douala-Bafoussam, de la voie de contournement de la ville de Yaoundé, de la route Ebolowa-Akom 2-Kribi, de la route Ngaoundéré-Garoua et enfin, de celle reliant Maroua à Kousseri. Ces projets – et bien d’autres – constituent des niches d’opportunités à saisir pour le gouvernement et les grandes entreprises chinoises. Je souhaite vivement que les négociations avec EXIMBANK Chine aboutissent dorénavant à des conventions de financement dont les clauses seront exemptes de toute ambiguïté, pour éviter des incompréhensions qui sont parfois de nature à ralentir l’exécution des projets. www.newsducamer.com 

Au cours des échanges entre nos délégations durant ce FOCAC, des exposés plus détaillés pourront être présentés sur nos projets prioritaires, dans des domaines précis, et des négociations engagées. Au plan multilatéral et international, le Cameroun soutient l’idée d’une seule Chine, et je me félicite de notre convergence de vues sur la nécessité de réformer l’ONU afin de l’adapter au monde d’aujourd’hui, et d’en faire un outil efficace pour la résolution des conflits et la préservation de la paix.  Je salue par ailleurs les multiples initiatives de la Chine en faveur du dialogue, de l’avènement d’un monde plus juste, plus sûr, et de la construction d’une paix durable, socle du développement. Je ne saurais terminer sans vous remercier, une fois encore, pour le soutien que la Chine nous apporte, sans discontinuer, sur la scène diplomatique. La récente élection du Cameroun à la présidence de la 79e Assemblée Générale de l’ONU en a constitué l’occasion d’une nouvelle illustration.

Je vous remercie de votre attention.

BEAC : le Cameroun a remboursé plus de 700 milliards de FCFA en 2023 sur le marché des titres publics 

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Louis Paul Motaze www.newsducamer.com
ministre-des-finances-motaze-veut voir clair dans la gestion des fonds Covid

En 2023, le Cameroun a réaffirmé son engagement à honorer ses échéances de remboursement sur le marché des titres publics de la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC), en remboursant un montant total de 712,2 milliards de FCFA. Cette somme, détaillée dans le dernier rapport d’activités de la BEAC, comprend à la fois les Bons du Trésor assimilables (BTA) et les Obligations du Trésor assimilables (OTA).

Les BTA, des titres à court terme destinés à résoudre des problèmes de trésorerie ponctuels, ont représenté une part importante de ces remboursements, avec 553,7 milliards de FCFA. Cette somme correspond à 28,3% des remboursements de BTA réalisés par l’ensemble des pays de la Cemac. En termes de remboursement, le Cameroun surpasse ses voisins, le Congo (545,7 milliards de FCFA), le Gabon (452,3 milliards de FCFA) et le Tchad (248,2 milliards de FCFA).

Concernant les OTA, qui sont des titres à plus long terme destinés à financer des projets d’infrastructure, le Cameroun a remboursé 158,4 milliards de FCFA en 2023. Bien que ce montant soit inférieur aux 261 milliards de FCFA remboursés par le Congo et aux 255,3 milliards de FCFA remboursés par le Gabon, il représente tout de même 17,7% des remboursements de cette catégorie de titres sur le marché de la BEAC.

A Yaoundé, le respect des engagements financiers par le pays sur le marché des titres publics est un facteur crucial pour maintenir la confiance des investisseurs. Depuis l’introduction de ce marché en 2011, le Cameroun n’a jamais enregistré de défaut de paiement, ce qui lui permet d’emprunter à des taux d’intérêt très compétitifs. Avant la hausse des taux en 2022, le pays pouvait s’endetter à moins de 3% pour les BTA et à moins de 7% pour les OTA. Bien que les taux aient augmenté, le Cameroun continue d’offrir les conditions d’emprunt les plus favorables de la sous-région, consolidant ainsi sa position de leader sur le marché des titres publics de la BEAC.

Cette discipline financière rigoureuse, dans un contexte marqué par le resserrement de la politique monétaire de la BEAC reflète non seulement la crédibilité financière du Cameroun, mais aussi son rôle central sur le marché des capitaux de la sous-région.

Cameroun-Namibie : Grâce au Premier ministre, Les Lions indomptables optent pour Garoua

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joseph-dion-ngute-sauve les meubles

Le match Cameroun-Namibie se jouera donc à Garoua. C’est la nouvelle qui est parvenue en scoop ce jour au sortir de l’audience que le Premier ministre Joseph Dion Ngute a accordée aux joueurs accompagnés par le ministre des Sports et de l’éducation physique (Minsep). Selon Equinoxe radio qui a suivi de près les derniers événements de la tanière des Lions indomptables, le Chef du gouvernement est allé droit au but en demandant aux joueurs s’ils souhaitent que le Cameroun perde à domicile contre la Namibie sur tapis vert. Une question à laquelle les joueurs ont vite fait de répondre par la négative. Alors « où voulez-vous jouer ?», aurait demandé le patron de l’Immeuble Etoile. Sans hésiter, les joueurs par la voix de leur capitaine, ont répondu « à Garoua». Du côté du poste national de la Crtv, on informe que le Premier ministre et les joueurs se sont accordés sur le fait que « que ce soit Yaoundé ou Garoua, ça reste le Cameroun». Et surtout que les joueurs ont dit s’en remettre à la Fédération, mais surtout à la Confédération africaine de football (CAF) à qui revient le dernier mot. Pour l’instant, la Fécafoot a déjà décidé que ce sera à Garoua. La CAF reste attendue en dernier recours. Toujours est-il qu’un pas est désormais franchi. La possibilité d’un voyage à Garoua est acceptée par les Lions indomptables, comme l’exige la Fécafoot. Facilitant la tâche au Premier ministre qui malgré son agenda chargé, a tenu à accorder de l’espace dans son temps pour cette cause en passe de déstabiliser la paix sociale.

Deux équipes nationales A

Cependant, les joueurs qui ont résolument choisi le camp de leur sélectionneur Marc Brys et donc du ministre Narcisse Mouelle Kombi, ont tenu à exprimer leurs doléances au Chef du gouvernement. On apprend que les joueurs qui consentent à se rendre à Garoua, coupant ainsi la poire en deux pour concéder une parcelle de pouvoir à la Fécafoot, n’entendent pas beaucoup collaborer avec cette institution qui pourtant est l’interlocutrice de la CAF et de la Fédération internationale de football association (Fifa). Pas d’équipements venant de la Fécafoot, pas de rafraichissements venant de la Fécafoot, ni même de matériel d’entrainement. En clair, les joueurs veulent sauver l’honneur déjà très écornée du Cameroun, et de ne pas définitivement tourner le dos à leur fédération. Lors du regroupement de juin dernier, les joueurs avaient déjà opté pour du matériel acheté sur le marché par les pouvoirs publics. La Fécafoot ayant refusé de remettre lesdits équipements à l’encadrement technique nommé par la Fécafoot, après avoir été éconduite du Hilton hôtel au profit de la délégation désignée par le ministère.

Cela survient au moment où Samuel Eto’o avait déjà engagé un plan B. Le président de la Fécafoot a fait préparer une équipe nationale fanion bis, constituée essentiellement des Lions indomptables U20 renforcés par quelques joueurs du championnat Elite one dont Nathan Douala et Malcom Bokélé qui ont déjà connu un passage dans la sélection A. Cette équipe nationale bis avait déjà pris la route hier soir à l’aéroport international de Douala, à bord d’un vol de la compagnie nationale Camair-Co, avant d’être débarqués sur instruction des autorités étatiques. Ainsi, Vincent Aboubakar et ses coéquipiers restent l’unique équipe nationale de football fanion du Cameroun.

Avant les Lions indomptables, Joseph Dion Ngute avait déjà au préalable écouté le Minsep la veille, et ce matin, c’était au tour de Marc Brys le sélectionneur national, d’être entendu par le Chef du gouvernement. Rien n’a filtré de ces autres entretiens. Ce n’est pas première fois que le Premier ministre joue les arbitres dans ce feuilleton. Fin février dernier, Dion Ngute avait essayé de désamorcer la bombe alors que le Minsep et la Fécafoot se tiraillaient au sujet de la nomination du nouveau staff des Lions indomptables.

En attendant la suite du feuilleton, les Lions indomptables poursuivent leurs entraînements au stade annexe 1 du stade Ahmadou Ahidjo de Yaoundé. La Namibie, elle, a manqué son vol de Johannesburg hier nuit. Les Brave warriors qui ont pris des dispositions pour jouer au stade Roumde Adjia de Garoua, devraient arriver entre ce mercredi soir et jeudi matin. le match Cameroun-Namibie compte pour la première journée des éliminatoires de la CAN 2025.

Crise Minsep-Fécafoot : L’ultimatum de Samuel Eto’o aux Lions indomptables

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Samuel-Etoo-est nostalgique de ces moments

« Qu’il soit bien entendu que les 24 joueurs régulièrement convoqués par l’entraîneur-sélectionneur national sont attendus au plus tard le 04 septembre 2024 à 8h à l’hôtel la Falaise Bonanjo à Douala. Faute pour eux de se conformer à cette prescription, la Fécafoot prendra toutes ses responsabilités sans états d’âmes conformément au cadre juridique en vigueur». La menace est de la Fédération camerounaise de football (Fécafoot), à travers un communiqué rendu public ce 3 septembre 2024 au soir et signé de Blaise Djounang son secrétaire général. Las d’espérer un retour à de meilleurs sentiments de la part des joueurs de l’équipe nationale de football fanion du Cameroun, qui ont rejoint l’entraîneur sélectionneur Marc Brys à Yaoundé où le ministère des Sports et de l’éducation physique (Minsep) a aménagé la tanière des Lions indomptables au Hilton, alors que la Fécafoot avait prévu le regroupement à Douala.

Zambo Anguissa

C’est que dans le cadre de la guerre que se livrent le ministère et la fédération pour le contrôle de la sélection nationale A, les joueurs ont choisi le camp de l’Etat, comme ils l’avaient déjà fait en juin dernier dans le cadre des éliminatoires de la Coupe du monde 2026. « Impliqués parfois contre leur volonté dans cette entreprise de manipulation, un grand nombre de joueurs ont été sortis de l’encadrement prévu par la fédération et communiqué à leurs clubs respectifs », dénonce le secrétaire général de la Fécafoot. De sources introduites, tous les joueurs n’étaient pas disposés à suivre Dany Nounkeu, le coordonnateur général nommé par le ministre Narcisse Mouelle Kombi. Citant notamment Franck Zambo Anguissa qui a longtemps traîné dans la salle Vip de l’aéroport international de Douala avec quelques joueurs arrivés peu après 21h le 02 septembre dernier, échangeant longuement au téléphone, puis avec Dany Nounkeu. « Zambo essayait de conduire les joueurs avec qui il était, de suivre la Fécafoot», renseigne nos sources. Le sociétaire de Naples finira par suivre les pas des autres.

Pour comprendre: la guerre fait rage entre Mouelle Kombi et Eto’o Fils

Ce sous le regard impuissant des responsables de la Fécafoot venus les accueillir et tenus en respect par des éléments de la police. Plutôt que l’hôtel La Falaise où la Fécafoot avait prévu leur regroupement, les joueurs qui ont passé la nuit à Douala, seront conduits dans un autre hôtel, avant d’être convoyés à Yaoundé au petit matin. « Des personnes animées d’intentions malveillantes, se sont arrogées les moyens de l’Etat pour livrer au monde entier un spectacle indigne ternissant l’image de notre pays, tout en exposant les joueurs », regrette le patron de l’administration de la Fécafoot. « En prenant à témoin l’opinion publique sur la volonté sur la volonté de perturber et de nuire qui animant certains acteurs, la Fécafoot relève que ces manœuvres impactent négativement son fonctionnement et ses résultats en cette période de recherche de la performance », relève le communiqué.

Lettre à Vincent Aboubakar

La Fécafoot n’entend pas se laisser malmener outre mesure : « Elle invite les auteurs à cesser leurs menées irresponsables susceptibles de déstabiliser la sérénité de la sélection à la veille de deux échéances importantes », lit-on dans le communiqué. « Les acteurs de ces agissements coupables seront tenus pour responsables des actes punissables dont ils seront les instigateurs. Dans l’absolu, ils assumeront tôt ou tard l’entière responsabilité de l’ensemble de leurs œuvres néfastes pour notre pays», prévient la Fécafoot. Et les premières actions sont déjà engagées. La Fécafoot qui a adonné un ultimatum aux joueurs de rejoindre on camp ce 4 septembre, a déjà pris des dispositions pour saisir les clubs employeurs des joueurs pour les informer du choix de ces derniers. Question de décliner sa responsabilité sur un éventuel incident qui surviendrait à l’occasion du stage qui se déroule à Yaoundé actuellement ; mais surtout faire sanctionner les joueurs que le cadre juridique en vigueur à la Fifa, met à la disposition de la fédération lors des périodes rencontres internationales.

Avant le début de l’actuel stage, et en prévention de ce nouvel épisode de la guerre déclenchée avec la nomination par le ministre des Sports du remplaçant de Rigobert Song Bahanag, le président de la Fécafoot avait écrit aux Lions indomptables via leur capitaine Vincent Aboubakar, leur rappelant l’obligation qu’ils ont, de se mettre à la disposition de la Fécafoot, seul interlocuteur de la CAF et de la Fifa au Cameroun.

Les Lions indomptables se préparent à affronter les Braves guerriers de Namibie le 7 septembre prochain, en éliminatoires de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2025. Match que la Fécafoot a prévu au stade Roumde Adjia de Garoua. L’entraîneur sélectionneur national, lui, a opté pour le stade Ahmadou Ahidjo de Yaoundé. Le ministère en charge des Sports a penché pour l’entraîneur. La Namibie, elle, a déjà pris ses marques à Garoua et entend suivre la Fécafoot.

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Coopération : Que va faire Biya en Chine ?

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Paul Biya et son épouse quittant Yaoundé

Le président de la République est à Beijing depuis la mi-journée du 2 septembre 2024. Paul Biya qu’accompagnait son épouse, assiste au 4ème Forum de la coopération sino-africaine (Focac) qui s’ouvre ce jour. Placée sous le thème « Travailler ensemble à promouvoir la modernisation et à construire une communauté d’avenir partagée Chine-Afrique de haut niveau », ce forum offre l’opportunité aux deux parties de revisiter leurs relations commerciales et d’autres questions liées aux relations entre le géant asiatique et les pays africains.

En marge des travaux, Paul Biya et Xi Jinping auront un entretien en aparté. Ce sera certainement l’occasion pour les deux présidents de parler de la coopération bilatérale entre le Cameroun et la Chine. Une coopération dynamique et très accentuée sur le plan commercial. Les statistiques de l’Institut national de la statistique (INS) font état de ce qu’en 2023, les échanges commerciaux entre les deux pays ont atteint la barre de 1 178,1 milliards de Fcfa, soit une hausse de 24,1 % par rapport à 2022. La Chine reste le premier fournisseur du Cameroun, avec une part de marché de 18,9 %, devant l’Inde et la France. Les principaux produits importés par le Cameroun de la Chine sont les herbicides et inhibiteurs de germination (4,9%), la pneumatique (3,1%), les carreaux et autres produits en céramique (2,7%), le polyéthylène téréphtalate (1,8 %),… Des chiffres qui trahissent aisément le déficit commercial en défaveur du pays de Paul Biya : à peine 714,3 milliards Fcfa en 2023, en augmentation de 18,5 % par rapport à 2022. Le Cameroun exporte vers la Chine des produits miniers et forestiers, comme le pétrole brut et le gaz naturel liquéfié.

Réalisations chinoises au Cameroun

Le Cameroun compte par exemple côté infrastructures, de nombreuses réalisations chinoises sur ses terres : le Palais des Congrès de Yaoundé inauguré le 12 mai 1982, le Palais polyvalent des sports de Yaoundé inauguré en 2009, le nouvel immeuble-siège de l’Assemblée nationale à Yaoundé (dont les travaux de construction s’achèvent en principe à la fin de l’année en cours), les hôpitaux Gynéco-obstétrique et pédiatriques de Yaoundé et Douala inaugurés respectivement en 2003 et en 2015, les stades omnisports de Limbé et Kouékong-Bafoussam, le Port en eau profonde de Kribi, les logements sociaux, les infrastructures routières et autoroutières, hydroélectriques et hydrauliques. Et plus frais dans les mémoires, le Projet d’alimentation en eau potable de la ville de Yaoundé et ses environs à partir du fleuve Sanaga (Paepys), mis en service le 20 août dernier.
L’avenir s’annonce plus radieux entre les deux pays. En janvier dernier, le chef de l’État avait exprimé le désir du Cameroun de renforcer sa coopération avec l’Empire du milieu. C’était à l’occasion de la visite au Cameroun du Vice-Premier ministre chinois, Liu Guozhong.

La délégation présidentielle est composée de Joseph Beti Assomo (ministre de la Défense), Lejeune Mbella Mbella (ministre des Relations extérieures), Paul Atanga Nji (ministre de l’Administration territoriale), Mengot Victor Arrey Nkongho’, ministre chargé de mission à la présidence, Emmanuel Nganou Djoumessi (ministre des Travaux publics), Alamine Ousmane Mey (ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire), Gabriel Mbairobe (ministre de l’Agriculture et du Développement rural), Jean Ernest Massena Ngalle Bibehe (ministre des Transports), Fuh Calixtus Gentry (ministre par intérim des Mines et du développement technologique), le contre-amiral Joseph Fouda (conseiller spécial du président de la République), Simon Pierre Bikele (chef du protocole d’Etat), Martin Mpana (ambassadeur du Cameroun en Chine), Jean Christophe Ella Nguéma (directeur général de Camair-Co), Christophe Eken (président de la Chambre de Commerce, de l’industrie, des mines et de l’artisanat) et de Samuel Mvondo Ayolo (directeur du cabinet civil de la présidence de la République).

Liberté d’expression : Un nouveau clash entre Joe Chebonkeng et Equinoxe TV

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Ce qui s’annonçait comme un moment d’échange entre le président du Conseil national de la communication (CNC) et les dirigeants d’Equinoxe TV, a vite tourné court. La faute à Joe Chebonkeng Kalabubse, le président du CNC, refusant la contradiction, ou du moins toute manifestation de mécontentement par ses contradicteurs. On apprend de sources internes à Equinoexe TV que « Joe Chebonkeng s’était déjà installé, avec ses interlocuteurs ; Pierre Laverdure Ombang est entré la bouche bandée par un morceau de tissu rouge; ensuite le rédacteur-en-chef Serge Alain Ottou a introduit la partie, en indiquant que ‘’nous sommes en deuil, monsieur le président’’ ». Dénonçant pêle-mêle les actes d’intimidations du CNC contre le groupe Equinoxe, les convocations abusives, les multiples suspensions d’émissions et de journalistes.

Ce que n’a pas apprécié l’ancien journaliste de la Crtv. « Je ne suis pas venu ici pour la guerre», a rétorqué le patron du CNC. Avant de vider les lieux. A peine dix minutes de rencontre entre les deux parties, et tout s’est gâté. C’est un nouvel épisode dans la bataille que le CNC livre contre la « télévision du peuple » depuis quelques années.

Le président du CNC a entamé une tournée dans les organes de presse audiovisuelle, notamment les télévisions, pour les sensibiliser contre les « dérives » dans les émissions de débats, en cette veille d’échéances électorales, particulièrement agitée. Mardi était consacré à Equinoxe TV. La Chaine du peuple est sous le coup d’une triple sanction. Après la suspension pour une durée d’un mois de l’émission populaire Droit de réponse et de son présentateur principal Duval Fangwa, le CNC s’en est pris à 237 le débat, une émission qui a repris l’espace horaire qu’occupait Droit de réponse, et qui était animée par Pierre Laverdure Ombang. Sans autre forme de procès.

Ce n’est pas la première fois que le groupe Equinoxe subit les intimidations du ministre de l’Administration territoriale, et des sanctions du CNC depuis 2018. Cette chaîne à la liberté de ton reconnue, est régulièrement frappée de sanctions, notamment l’émission Droit de réponse. C’est cet état de choses que le patron de la rédaction a voulu exposer devant le régulateur de plus en plus porté à sanctionner qu’à réguler.

Industrie Brassicole: Boissons du Cameroun contribue à 23,6% au chiffre d’affaires de Castel Afrique en 2023

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Selon les données financières publiées dans son rapport RSE 2023, Castel Afrique a réalisé un chiffre d’affaires de 3 083,16 milliards FCFA en 2023 (soit 4700,8 millions d’euros). Cet indicateur est en baisse de 54,69 milliards de FCFA par rapport à 2022, où il s’est établi à 3 137,85 milliards de FCFA (soit 4784,5 millions d’euros). Cette régression est certainement la conséquence de la chute de la production de boissons. En effet, les données qui figurent dans le rapport susmentionné, indiquent que la production des différentes filiales de Castel Afrique réparties à travers 25 pays en Afrique, a culminé à hauteur de 70 867 hectolitres en 2023.

Bien en deçà des 72 933 hectolitres produits en 2022. De manière détaillée, les bières constituent plus de la moitié de la production de boissons des filiales de Castel Afrique en 2023, soit 58%. Elles sont suivies par les boissons gazeuses (20%), les eaux (17%) et les autres boissons (5%). Le classement est quasiment le même lorsqu’on essaie de quantifier la contribution globale de ces différents produits au chiffre d’affaires global de Castel Afrique en 2023. Les bières trônent toujours à la première place avec une contribution de l’ordre de 69%. Elles sont suivies par les boissons gazeuses (16%), les autres boissons (10%) et les eaux (5%). Un

Pilier Essentiel dans le chiffre d’affaires de Castel Afrique en 2023

Le document d’information produit par Castel Afrique ne donne pas d’indications précises sur la contribution de chaque filiale au chiffre d’affaires global de l’entreprise française. Toutefois, la Société anonyme des boissons du Cameroun (SABC) a récemment dévoilé les résultats de son exercice 2023, marqués par un chiffre d’affaires de l’ordre de 729 milliards de francs CFA, soit une contribution de 23,64% au chiffre d’affaires global de Castel Afrique. Cette performance, bien que légèrement en retrait par rapport à l’année précédente (-4 milliards de FCFA), traduit la capacité de l’entreprise à résister à un environnement économique particulièrement contraignant. Stéphane Descazeaud, Directeur Général de la SABC, s’est dit satisfait de ce bilan, qu’il attribue aux importants investissements réalisés au cours des dernières années, malgré les obstacles considérables.

Résilience et performance

En effet, la SABC a dû naviguer à travers une série de défis majeurs. L’inflation élevée a pesé lourdement sur les coûts des intrants, renchérissant les charges de production de plus de 33 milliards de FCFA entre 2021 et 2023. L’entreprise a également dû faire face à une pression fiscale intense, payant plus de 367 milliards de FCFA de taxes diverses en 2023, ce qui représente 50,3 % de son chiffre d’affaires total. Cette situation fiscale souligne la contribution significative de la SABC aux finances publiques camerounaises, mais illustre aussi la lourdeur de la charge fiscale qui pèse sur l’entreprise. Le contexte économique est d’autant plus complexe que les prix sur le marché stagnent depuis cinq ans, limitant la capacité de l’entreprise à répercuter les hausses de coûts sur les consommateurs.

À cela s’ajoute la crise anglophone qui prive la SABC d’une partie importante du marché camerounais. Ce conflit, qui affecte les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, a des répercussions directes sur les opérations de l’entreprise, réduisant son accès à ces zones stratégiques pour ses activités. Malgré ces défis, la SABC a su maintenir sa position de leader sur le marché camerounais des boissons grâce à une stratégie d’investissements soutenue. En 2023, la filiale du groupe français Castel a produit et écoulé 1,1 milliard de litres de boissons, légèrement au-dessus des 1095 889 800 litres vendus en 2022. Cette progression modeste mais significative témoigne de la résilience de l’entreprise.

Travaux supplémentaires

Pour accompagner cette croissance, la SABC a entrepris d’importants travaux de modernisation et d’extension de ses capacités de production. L’usine de Yaoundé a ainsi bénéficié d’une extension avec l’installation d’une chaîne mixte dédiée à la production de bières, d’eaux minérales et de boissons gazeuses. Cette nouvelle installation permet de booster la cadence de production, atteignant désormais 35 000 bouteilles par heure, soit une augmentation potentielle de la production de 18 %. En outre, des travaux sont en cours à Bafoussam, dans la région de l’Ouest, où une nouvelle chaîne de conditionnement sera mise en service avant la fin de l’année 2024. Garoua, dans le Nord, et Ndokoti, dans la région du Littoral, suivront avec des installations similaires prévues pour 2025.

Au total, la SABC prévoit d’ajouter 2,5 millions d’hectolitres de capacité de conditionnement de bouteilles en verre consigné dans les 12 prochains mois, ce qui représenterait une augmentation de plus de 30 % par rapport à la capacité actuelle. Cette stratégie d’expansion s’inscrit dans la volonté de la SABC de consolider sa position sur le marché national tout en préparant l’avenir. Stéphane Descazeaud souligne que ces investissements sont cruciaux pour permettre à l’entreprise de répondre à la demande croissante, tout en maintenant des standards de qualité élevés. Toutefois, ces efforts d’investissement doivent être replacés dans un contexte de rentabilité sous pression. L’entreprise doit en effet jongler avec des coûts en hausse et une marge de manœuvre limitée par la stagnation des prix. Le Directeur Général reste cependant confiant en la capacité de la SABC à surmonter ces défis, grâce à une gestion rigoureuse et une vision stratégique à long terme.

Conflit Starlink/Gouvernement: Entre souveraineté et réduction de la fracture numérique

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A DirecTV technician removes a satellite TV dish while performing a new installation for a tenant at a apartment building in Lynwood, California, U.S., on Monday, May 5, 2014. DirecTV beat analysts' first-quarter profit estimates on higher bills for U.S. customers and more subscriber sign-ups than expected in Latin America. Photographer: Patrick T. Fallon/Bloomberg via Getty Images

Il est 8h45, le jeudi 29 août 2023. Comme à l’accoutumée, Salomon M. qui dirige une entreprise de communication, préside la deuxième et dernière réunion de coordination de la semaine. La séance de travail bat son plein, mais les discussions achoppent sur des questions qui nécessitent des éclaircissements plus approfondies. Salomon saisit alors son téléphone afin d’effectuer des recherches sur internet. «Pas de connexion internet», litil dans son téléphone, après avoir mis en marche à plusieurs reprises son Wi-fi. Après s’être rassuré que ses employés faisaient face au même problème, l’entrepreneur laisse échapper quelques mots durs, témoignant de sa frustration. Quelques minutes plus tard, le mécontentement laisse place au calme, et surtout à la recherche d’alternatives. C’est alors qu’il se souvient qu’on lui avait présenté il y a quelques mois, les services de Starlink, un service internet par satellite que propose Spacex, l’entreprise d’Elon Musk, le milliardaire sud-africain.

 Une alternative solide pour les Start-up

 Son visage qui s’illumine alors, se renfrogne quelques instants plus tard lorsqu’il apprend que le gouvernement camerounais a interdit la commercialisation et même l’utilisation de ces équipements sur l’ensemble du territoire national. En effet, dans un communiqué publié au mois d’avril, Minette Libom Li Likeng, ministre des Postes et Télécommunications (Minpostel) a demandé au groupe américain de suspendre ses activités, qui ne pourront reprendre qu’après l’obtention d’une licence.

Son désarroi est aussi celui d’autres entrepreneurs camerounais qui ont trouvé en Starlink, l’alternative idéale pour faire face aux interruptions fréquentes dans la fourniture d’internet et à son faible débit. C’est notamment le cas d’Olivier Madiba, fondateur et président-directeur général de Kiro’o Games, premier studio de jeux vidéo en Afrique centrale, qui milite activement pour la démocratisation de cet accès à internet.

Il mène un plaidoyer actif auprès du Minpostel dans le but d’obtenir la levée de la suspension de cette solution qui, pour de nombreux experts, «représente une alternative solide pour les startups camerounaises, surtout pour celles opérant dans des zones mal desservies par l’infrastructure Internet traditionnelle.» indique l’un d’entre eux contacté par Défis Actuels. «Toutefois, il est essentiel de bien évaluer les coûts et la disponibilité avant de s’engager», ajoute-t-il.

«Ces derniers temps, c’est la coupure généralisée, tous ceux qui utilisaient le forfait régional voient juste leur connexion désactivée, bref c’est pratiquement tout le monde, sauf Ceux qui viennent d’installer ou qui utilisent un forfait Roaming Global qui est pratiquement à 250 000F le mois, En effet, c’est le résultat d’une bataille entre notre gouvernement et Starlink, la conséquence c’est le retour massif chez nos piètres opérateurs locaux, il y aura sans doute chute de débit. L’activité de certaines personnes repose uniquement sur la bonne connexion internet», rappelle un opérateur économique courroucé.

 Sa colère est compréhensible. Surtout si l’on se rappelle que Starlink utilise une constellation de satellites en orbite basse pour «fournir une connexion Internet à haut débit, même dans les zones rurales ou mal desservies». Pour les startups au Cameroun, cela signifie un accès «à une connexion Internet plus rapide et plus fiable que les options terrestres, souvent limitées par l’infrastructure locale».

Contrairement aux fournisseurs locaux qui peuvent être sujets à des coupures fréquentes, cette solution internet américaine «offre une plus grande stabilité grâce à sa technologie satellitaire. Cela est particulièrement crucial pour les startups qui dépendent d’une connexion continue pour les transactions, la communication avec des clients internationaux, ou l’accès à des services en cloud», explique un second expert installé en France. En outre, elle peut aussi, selon lui, «être un avantage pour les startups opérant dans différentes régions du Cameroun, ou pour celles ayant besoin d’une connectivité temporaire dans des zones où l’Internet traditionnel est indisponible ou peu fiable», ajoute-t-il

Protection de la Souveraineté numérique nationale

Les avantages de Starlink sont incontestables. Toutefois, le gouvernement camerounais leur oppose des préoccupations qui semblent tout à fait légitimes. Yaoundé, tout comme les pays africains qui ont interdit l’utilisation de ce moyen de connexion internet par satellite, souhaitent surtout exercer un contrôle strict sur ces outils qui échappent encore à leur régulation. Ils craignent notamment que l’arrivée de Starlink échappe à leur contrôle et complique la régulation du secteur des télécommunications.

«L’entrée de Starlink pourrait menacer les entreprises locales de télécommunications et d’internet, ce qui pourrait entraîner une perte de revenus pour ces opérateurs. En conséquence, certains gouvernements protègent leurs industries locales en limitant ou en interdisant l’accès à Starlink», ajoute notre expert. «Certains gouvernements africains craignent que Starlink puisse être utilisé pour contourner les systèmes de surveillance et de censure d’Internet mis en place dans leurs pays, ce qui pourrait poser des risques pour la sécurité nationale», a-t-il ajouté.

Pour un autre observateur averti,  cela peut aussi être considéré comme une forme de protectionnisme. Surtout que le Minpostel a récemment déclaré qu’elle voulait également protéger Camtel, l’opérateur national de télécommunications, qui pâtira certainement de cette concurrence venue des Etats-Unis.«Malgré les défis persistants rencontrés par Camtel (Cameroun Telecommunications), le ministère des Postes et Télécommunications a exprimé son intention de protéger l’opérateur national contre la concurrence de Starlink, le service internet satellitaire d’Elon Musk. Camtel, qui a longtemps été critiqué pour son service de qualité variable et ses difficultés financières, reste néanmoins un acteur clé du secteur des télécommunications au Cameroun. Le gouvernement craint peut-être que l’arrivée de Starlink ne mette en péril les investissements réalisés par Camtel et ne complique davantage la situation financière de l’opérateur», indique-t-il.

Une politique honnie par certains opérateurs économiques locaux. «On va parler des intérêts des locaux, quels locaux? Camtel qu’on pouvait valoriser fait quoi ? Pardon les consommateurs aiment la concurrence ! Surtout si ça nous permet de faire des choix qui peuvent nous aider à booster nos business», rappelle l’un d’entre eux qui a requis l’anonymat.

Starlink durcit l’accès à ces équipements

Selon le Minpostel, Starlink avait entamé des négociations pour régulariser sa situation au Cameroun. Ces dernières semblent aujourd’hui s’enliser. En attendant le dénouement,  Space X a mis en place de nouveaux verrous qui pourraient compliquer l’acquisition de ces équipements au Cameroun. En effet, selon un article publié par nos confrères de Fandroid, l’entreprise américaine a introduit de nouveaux frais qui s’appliquent lors de l’activation du matériel en dehors de la région dans laquelle il a été acheté. 

«Mais qu’est-ce que ça signifie concrètement ? Imaginons que vous achetiez votre kit Starlink aux États-Unis, où les prix sont souvent plus avantageux, pour l’utiliser en Europe. Désormais, vous devrez vous acquitter de frais supplémentaires au moment de l’activation. C’est ce qu’on appelle les frais hors région», précisent nos confrères. Toutefois, souligne un observateur averti, «bien que la décision de Starlink de lutter contre les scalpers puisse être perçue positivement dans les marchés où ses services sont légaux, elle pourrait compliquer davantage l’accès à Internet pour les utilisateurs au Cameroun»

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