mercredi, juin 3, 2026
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Septentrion : Le projet Swedd autonomise 30 000 jeunes filles

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Au moment où le premier trimestre rentre en gare, le projet Swedd boucle la caravane de distribution de kits scolaires à 30 000 élèves filles des trois régions septentrionales issues des familles pauvres. Lancée en octobre dernier à Gashiga dans la région du Nord, l’opération a été bouclée en fin de semaine dernière dans la région de l’Extrême-Nord. Ces kits comprennent des fournitures scolaires, notamment 12 cahiers de différents formats, une calculatrice, un kit de géométrie, 15 stylos à bille de différentes couleurs, un paquet de crayons de couleurs, deux crayons à papier, deux taille-crayons, deux gommes, une trousse. Et surtout d’un sac scolaire équipé du matériel électrique à l’énergie solaire. Ce dispositif permet de recharger les lampes torches contenues dans ces sacs pour faciliter les études des jeunes filles issues des familles démunies, la nuit venue. Plusieurs localités du Grand-Nord subissant le diktat des coupures électriques intempestives, pour les plus chanceuses car la zone en grande partie n’est pas connectée au réseau électrique.

De la joue à Meri

Un cadeau de Noël pour tat de familles démunies. « Depuis que j’ai reçu ce cadeau, j’étudie tranquillement sans attendre que ma mère finisse d’abord les occupations à la cuisine. La petite lampe torche m’éclaire au besoin. Je n’ai plus de stress comme avant », se réjouit Jolie Djibrilla, élève au lycée classique de Méri. C’est que « nous sommes dans une zone où il n’y a pas de lumière. Les parents se battent avec les lampes traditionnelles, qu’on achète sur le marché », souligne Andoana Biauwaï, inspecteur d’arrondissement de Meri. « Nous sommes très enclavés ici à Meri. Les ménages n’ont pas assez de moyens pour s’acheter plusieurs lampes tempêtes. Ce qui réduit les chances de réussite de nos enfants », appuie S.M Godola Avaï, chef traditionnel de 2ème degré de Meri.

« Cette cérémonie s’inscrit dans le cadre des actions holistiques globales que mène l’Etat du Cameroun à travers le Minepat et le Minproff et le but du projet est de maintenir la jeune fille à l’école. Selon les études menées par le Swedd en 2021, il s’avère qu’en moyenne 30% des jeunes filles des trois régions septentrionales décrochent, avec 10% dans les zones rurales», explique Dr Alphonse Glory Mbah Ngami, coordonnateur national du Swedd Cameroun. En effet, les études menées par le Swedd révèlent un taux de décrochage de 3,0% pour l’ensemble des régions septentrionales, avec un pic de 10,4% en milieu rural. Ainsi, près de 7 filles sur 10 en situation de décrochage sont encore au premier cycle, tandis que « 63,9% des filles décrochées sont chrétiennes et un peu plus du tiers d’entre elles (67,6%) sont âgées de 16 à 18 ans ». Ces données sont contenues dans le rapport d’étude intitulé « Etude sur le décrochage scolaire et les stratégies de maintien des filles à l’école dans les régions septentrionales du Cameroun ».

Le projet Swedd est un projet régional d’autonomisation des femmes et dividende démographique au Sahel. Mis en œuvre par le gouvernement camerounais, il est financé à hauteur de 45 milliards Fcfa par la Banque mondiale, à travers un accord signé le 12 octobre 2021. Le projet bénéficie de l’assistance technique du Fond des nations unies pour la population (Unfpa). Il vise à apporter des réponses aux différents problèmes identifiés dans ces différentes régions comme le manque ou l’instabilité de l’électricité qui réduit le taux de réussite scolaire et de rendement du travail ainsi dégradant l’épanouissement de la jeunes filles vulnérables, aussi la précarité de vies des familles. Avec parmi les conséquences les mariages précoce.

Yaoundé : Plaidoyer pour une humanisation de la loi sur les migrations

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« Toute personne qui entre au Cameroun ou qui en sort, est tenue de se soumettre au contrôle de la police des frontières » ; « Tout Camerounais qui désire quitter le territoire national doit présenter à l’autorité compétente de police un passeport en cours de validité » ; « Est puni d’un emprisonnement de 6 mois à 2 ans et d’une amende de 100.000 à 2 millions de francs tout camerounais ou étranger qui sort du territoire nonobstant réquisition des ministres chargés du contrôle de l’Etat, dûment notifiée des autorités judiciaires, des finances, de la fonction publique et du travail et de la prévoyance sociale ». Tels sont respectivement les articles 1, 2 et 3 de la loi 90/043 du 19 décembre 1990, fixant les conditions d’entrée, de séjour et de sortie du territoire camerounais. Ces textes ont fait l’objet de critiques ce 19 décembre 2024, au cours d’une conférence organisée par l’Organisation non gouvernementale (ONG) Un Monde Avenir.

Pour Philippe Nanga, coordonnateur de cette organisation, l’article 3 de cette loi pose deux principaux problèmes. D’une part, elle criminalise la migration et d’autre part, elle ne fait pas de différence entre celui qui est parti du Cameroun de manière irrégulière et celui qui est parti de manière régulière. Les deux sont soumis aux mêmes sanctions. « Aujourd’hui, nous pensons qu’il faut surseoir l’application de cette loi dans un premier temps parce qu’il faut protéger les citoyens camerounais quand ils sont de retour chez eux, quelle que soit la situation dans laquelle ils étaient là-bas », a indiqué Philippe Nanga. Et de poursuivre : « nous ne sommes pas en train de dire qu’un citoyen camerounais qui a commis un crime à l’extérieur ne soit pas poursuivi par des juridictions locales. Nous sommes en train de dire qu’un migrant qui, dans le cadre de son parcours migratoire s’est retrouvé en situation dite irrégulière et qui rentre au Cameroun, doit être protégé et accompagné pour être réintégré socialement. C’est important parce que nous gagnons à recevoir un des nôtres qui est parti et qui n’a pas pu s’en sortir et qui revient vers vous. Nous gagnons à l’encadrer et à le réinsérer et à contribuer au développement du pays », a-t-il précisé.

Cette conférence se tient en marge de la journée internationale des migrants qui se célèbre chaque 18 décembre. Elle se tenait sous le thème « Migrants pas criminel ! Non à la double peine : refoulement + incarcération au retour ». En fait, « il est urgent que nous puissions humaniser cette loi pour que plus jamais, on n’ait des doubles peines », a souligné Epoko Epoko, représentant du ministère de la Jeunesse et de l’Education civique (Minjec). Pour Alain Koum, secrétaire des affaires étrangères au ministère des Relations extérieures (Minrex), « c’est une problématique qui est vraiment au cœur de la construction de cette politique migratoire que nous sommes en train de penser ».
Au sortir de cette rencontre, plusieurs plaidoyers ont été formulés parmi lesquels la mise en place par le gouvernement d’un cadre de réflexion qui aboutira à l’abrogation de cette loi ou encore la suspension temporaire de son application en attendant son abrogation définitive. Un Monde Avenir est une organisation camerounaise qui, depuis 20 ans, œuvre pour le développement social et la participation citoyenne. Ses activités sont axées sur l’accès aux droits, la lutte contre les discriminations, la mobilisation des publics et l’éducation à la citoyenneté.

Maladies tropicales négligées: La moxidectine, un nouvel espoir dans la bataille contre l’onchocercose

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Chaque année, l’onchocercose, plus connue sous le nom de « cécité des rivières », affecte des millions de personnes en Afrique subsaharienne, notamment dans les zones rurales où les campagnes de distribution de traitements peinent parfois à endiguer la maladie. Longtemps dominée par l’utilisation de l’Ivermectine (Mectizan), la lutte contre cette affection pourrait connaître un tournant décisif grâce à la Moxidectine, une molécule récente aux propriétés remarquables.

Lors d’un atelier tenu le vendredi 20 décembre 2024 à l’Institut Supérieur de Recherche Scientifique et Médicale (ISM) à Yaoundé, les résultats de deux études capitales sur la moxidectine ont été présentés. Ces travaux, menés dans quatre régions camerounaises (Centre, Littoral, Ouest, Adamaoua), explorent les perceptions des utilisateurs sur les formulations pédiatriques potentielles et confirment l’innocuité du médicament dans des contextes spécifiques.

Une alternative prometteuse

La Moxidectine se distingue par son efficacité prolongée. Contrairement à l’ivermectine, qui nécessite des prises régulières pour contrôler les microfilaires responsables de la transmission, ce nouveau médicament offre une suppression plus durable des parasites, augmentant ainsi les chances d’élimination dans les zones endémiques sévères. « Dans les régions où la prévalence reste élevée malgré des décennies de distribution d’ivermectine, la moxidectine pourrait être l’arme décisive », a expliqué le professeur Joseph Kamgno, directeur de l’ISM.

Étudier pour mieux distribuer

La première étude, réalisée entre juillet 2021 et février 2022, avait pour objectif de comprendre les préférences des utilisateurs finaux pour les formulations orales pédiatriques de la Moxidectine. 508 participants, incluant des mères, soignants et enfants de 6 à 12 ans, ont été interrogés à l’aide de questionnaires, tandis que des entretiens approfondis et des discussions de groupe ont permis d’affiner les résultats.

Deux formes pédiatriques potentielles ont été testées : des comprimés à croquer et des comprimés orodispersibles. Ces derniers, qui se dissolvent rapidement dans la bouche sans nécessiter d’eau, ont recueilli une forte adhésion, avec 78 % des répondants les préférant pour leur facilité d’administration et leur adaptabilité aux enfants. « Les formes orodispersibles sont mieux adaptées, mais il faudra travailler sur l’acceptabilité, notamment en éduquant les communautés pour dissiper les craintes liées aux comprimés », a souligné le Dr Wafeu Guy, médecin chercheur à l’ISM.

La deuxième étude s’est penchée sur l’innocuité de la moxidectine, particulièrement chez les personnes infectées par la loa loa, un parasite courant dans certaines régions d’Afrique centrale. Ces travaux confirment que, comparée à l’ivermectine, la moxidectine ne présente pas de risques supplémentaires significatifs, renforçant ainsi sa viabilité pour une utilisation élargie.

Si ces résultats sont encourageants, ils ne sont pas définitfs. « Ce sont des études préliminaires qui appellent à des recherches plus approfondies pour que la moxidectine puisse être utilisée à grande échelle », a rappelé le Dr Wafeu Guy. Des campagnes de sensibilisation devront également être mises en place pour éduquer les populations et répondre aux attentes des utilisateurs finaux.

Autonomisation des jeunes : La jeunesse Sawa à l’école du leadership et de l’entrepreneuriat avec Samuel Ervé Mandeng

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Samuel Ervé Mandeng, lors de sa leçon inaugurale

Pour redonner un élan à la jeunesse Sawa, l’Association pour le développement, l’entraide et la médiation (Adem), en partenariat avec des associations de jeunes locales et de la diaspora, notamment Give Back to Mama (Canada), a organisé une causerie éducative à Douala. Placée sous le parrainage de la Communauté urbaine de Douala (CUD), cette initiative s’inscrit dans une dynamique de formation aux compétences essentielles pour favoriser l’épanouissement personnel et professionnel.

Le thème retenu, « Immigration, migrations, entrepreneuriat et leadership », a été développé par Samuel Ervé Mandeng, fondateur de l’association Give Back to Mama. Ce dernier a insisté sur l’importance pour la jeunesse Sawa de déconstruire les stéréotypes limitants qui freinent leur développement. « Il fallait présenter les différentes formes de leadership, fonctionnel et positionnel, ainsi que les multiples opportunités entrepreneuriales qui existent dans divers secteurs », a-t-il expliqué.

Ce rendez-vous marque ainsi le point de départ d’une démarche durable visant à accompagner les porteurs de projets, depuis l’émergence de l’idée jusqu’à sa concrétisation. Une ambition saluée par plusieurs autorités présentes, dont sa Majesté Pascal Mbedi Ekabouma, chef du village Bonatéki, Dr David Sosso, secrétaire général adjoint du Ngondo, et Samuel Jangwa Solle, représentant de la CUD.

Une plateforme pour catalyser les initiatives

Jean-Pierre Bebey, président de l’Adem et organisateur de l’événement, a souligné que cette initiative répond à un double défi d’éducation et de formation. « Les jeunes sont souvent amorphes ou peu intéressés par ces questions. Nous voulons les inciter à prendre des initiatives, à collaborer, et à monter des projets concrets. »

Ce projet, qui ambitionne de couvrir l’ensemble du Cameroun, s’appuie sur la mobilisation des chefferies locales, capables de fédérer leurs communautés autour d’objectifs communs. La mise en place de Centres de développement de l’entrepreneuriat, soutenue par le maire de la ville de Douala, constituera une étape clé pour pérenniser ces actions. « Ces centres seront dynamisés grâce à la plateforme en cours de création et aux nombreuses séances de travail prévues », a précisé Jean-Pierre Bebey.

Urgent : Le Minfi décaisse 20 milliards FCFA pour les employés de la CDC

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Dans le cadre de la restructuration financière de la Cameroon Development Corporation (CDC), le Ministre des Finances a débloqué une enveloppe de 20 milliards de FCFA destinée à solder partiellement les arriérés de salaires accumulés entre 2018 et 2022. Cette mesure qui s’inscrit dans un plan global visant à apurer la dette sociale et fiscale de la société agro-industrielle publique, est une véritable bouée de sauvetage pour les 20000 employés de cette structure, jadis fleuron de l’agro-industrie Cameroun et désormais destructurée par les attaques répétées des milices séparatistes.

Dans un contexte où les caisses de l’État sont soumises à des pressions accrues, la décision du gouvernement, menée avec rigueur et rapidité par le Ministre des Finances Louis Paul Motaze, traduit une volonté politique forte. Le président Paul Biya aurait également donné des instructions fermes pour éviter tout licenciement au sein de la CDC, malgré les difficultés structurelles et conjoncturelles de l’entreprise. « Ces mesures témoignent de la solidarité de l’État et de son engagement à ne pas abandonner les employés de la CDC, qui sont au cœur de la stabilisation économique et sociale des régions en crise », a affirmé un proche collaborateur du ministre Motaze.

Ce décaissement, tant espéré depuis plusieurs années de détresse, a été accueilli avec soulagement par les employés de la CDC, qui étaient plongés dans une situation critique. Pour ces 20 000 familles, cette bouffée d’oxygène financière marque la fin d’une longue période d’incertitude. « Les poches qui étaient vides depuis des années commencent enfin à se remplir. C’est un signal fort qui redonne de la dignité à ces travailleurs. C’est un véritable cadeau de Noël pour les 20000 familles. Nous remercions le ministre de Finances et à travers lui, le Chef de l’État Paul BIYA », a confié un délégué du personnel.

Outre ce financement initial, une somme additionnelle de 15 milliards de FCFA sera allouée début 2025 pour achever le paiement des arriérés. Parallèlement, le gouvernement prévoit d’honorer les cotisations impayées à la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS), estimées à 30 milliards de FCFA, ainsi que les 49 milliards de FCFA d’impôts dus à l’État. Ces décisions traduisent l’engagement du Président Paul Biya, fidèlement appliquées par le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, pour préserver les emplois des 20 000 travailleurs de la CDC, malgré les crises socio-économiques qui frappent les régions anglophones.

Un plan coordonné pour redresser la CDC

La décision gouvernementale découle des recommandations d’un Groupe de travail créé en août 2023 par le conseil d’administration de la CDC, à travers la Résolution N°1203. Chargé d’évaluer la situation d’endettement de la société et de proposer des solutions concrètes, ce groupe a élaboré un rapport soumis au gouvernement.

Les propositions incluent des mesures urgentes telles que : L’apurement de la dette salariale de 35,75 milliards de FCFA par une opération tripartite impliquant l’État, une banque commerciale et les employés, étalée sur deux ans; La négociation avec la CNPS pour un remboursement échelonné de la dette sociale de 28,1 milliards de FCFA sur sept ans, avec deux années de grâce sans intérêt ; La conversion des dettes fiscales de 31,8 milliards de FCFA en capital pour la CDC, assortie d’une couverture budgétaire pour la Direction générale des impôts.

Une stratégie pour relancer l’activité et stabiliser les régions affectées

Ces mesures, qualifiées d’historiques, visent à restaurer la viabilité financière de la CDC tout en contribuant à la stabilisation des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, durement affectées par la crise anglophone. Selon Fai Yengo Emmanuel, président du Groupe de travail, leur mise en œuvre renforcerait la confiance et accélérerait le processus de pacification.

Le président du conseil d’administration de la CDC, Hope Sona Ebai, a salué ces efforts du gouvernement, soulignant l’importance stratégique de la société. « La CDC, en tant que deuxième employeur après l’État, est essentielle non seulement pour l’économie nationale mais aussi pour la stabilité des régions en crise », a-t-il déclaré.

Toutefois, Ebai et le directeur général de la CDC, Franklin Ngoni Njie, rappellent que la relance durable de la société passe par une modernisation de ses plantations, usines et équipements. La crise a gravement affecté les cultures, notamment la filière bananière, qui générait un chiffre d’affaires annuel de 35 milliards de FCFA.

Pour assurer un avenir pérenne, le gouvernement s’engage également à financer de nouvelles infrastructures, telles qu’une huilerie et une usine de caoutchouc. Cependant, comme le souligne Franklin Njie, « la clé de la relance réside dans les plantations. L’agriculture ne tolère pas l’inactivité ; nous devons réhabiliter et diversifier nos exploitations pour garantir leur productivité ».

La CDC, autrefois un fleuron de l’économie camerounaise, lutte depuis plusieurs années pour sortir du marasme causé par les milices séparatistes. Les observateurs estiment que l’engagement financier du gouvernement pourrait marquer un tournant décisif pour sa relance, permettant à la fois de préserver l’emploi et de contribuer à la reconstruction économique et sociale des régions anglophones.

Avec ces mesures ambitieuses, la CDC semble en bonne voie pour retrouver son rôle de moteur économique et stabilisateur social, malgré les nombreux défis qui subsistent.

  La fondation BGFIBank soutient les écoles primaires publiques de Mboppi

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Des bâtiments entièrement réfectionnés, un point d’eau reconstruit ainsi que 300 kits scolaires pour les élèves font partie de l’élan de cœur du collectif de qui  s’est manifesté sous la conduite de Henri Claude Oyima.

 Comme chaque année, les  employés du groupe BGFIBank ont posé un geste de solidarité. Le complexe éducatif a été choisi comme bénéficiaire dans le cadre du  BGFIDay,  un rendez-vous qui permet  chaque année au moins de Décembre, à plus de 2600 collaborateurs du groupe repartis dans chacune de ses filiales de s’engager auprès des couches défavorisées.

Pour cette journée de solidarité qui s’est tenue le  07 décembre 2024,  le Président Directeur Général du Groupe BGFIBank, Henri-Claude Oyima était lui-même présent, aux côtés de l’Administrateur Directeur Général,  représentant local de la fondation BGFIBank, Abakal Mahamat. Le public a ainsi pu apprécier la consistance du don aux écoles  primaires publiques de Mboppi.  Il s’agit entre autres des bâtiments de salles de classe entièrement réfectionnés, des toilettes aménagées, cour de récréation aménagée ainsi que les bureaux des directrices rénovés. De même, le point d’eau a été renouvelé et 22 tables et chaises pour enseignants. Et  300 kits scolaires ont été offerts aux jeunes élèves de cette école.  « Il s’agit là d’un apport bénéfique pour l’épanouissement et le développement du potentiel des élèves, un geste qui permettra aux enseignants de dispenser les cours en toute sérénité en toute sérénité», a déclaré Abakal Mahamat.

La fondation BGFI Bank reste ainsi fidèle à son engagement à soutenir les communautés défavorisées. L’année dernière,  la banque a posé un geste similaire en faveur de l’école Maternelle et Primaire Publique de Okoa-Maria à Mbankomo dans la région du Centre.  Des salles de classe et sanitaires entièrement refectionnés, ainsi que 200 kits scolaires pour les pensionnaires  constituaient pour l’essentiel le don des employés de BGFI Bank Cameroun.

Tout au long de l’année 2024, BGFIBank Cameroun a posé diverses actions liées à l’éducation.  Une convention de mécénat a notamment été signée avec l’Ecole Nationale Supérieure Polytechnique de Douala

MTN Cameroun va investir plus de 60 milliards sur son réseau en 2025

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Ce montant représente pratiquement le double des fonds mobilisés en 2024  par l’opérateur pour améliorer la qualité de  son service au Cameroun.

Le Président directeur général du Groupe MTN Ralph Mupita, en visite de travail au Cameroun a fait des annonces concernant le déploiement de la multinationale.  Au terme de sa tournée qui s’est étendue du 10 au 11 décembre dernier, il a indiqué que la filiale locale du groupe va augmenter son budget alloué à l’investissement  l’année prochaine.

Ralph Mupita  révèle qu’une enveloppe de près de 62 milliards FCFA sera  dédiée  aux investissements en 2025. Notamment  pour l’extension et le renforcement du réseau en vue d’améliorer la qualité de service au Cameroun.  C’est dire que ce budget sera pratiquement doublé, comparé à 2024.  Car, ce sont une  trentaine de milliards de FCFA  qui ont été investis par l’entreprise l’année dernière pour renforcer son réseau sur l’ensemble du territoire national.  Cette démarche intervient dans le cadre d’un programme d’investissement  triennal  couvrant 2023, 2024 et 2025 pour un coût estimé à plus de 180 milliards de FCFA. « Le plan était d’investir au moins 225 millions de dollars au Cameroun sur trois ans, à savoir 2023, 2024 et 2025. Nous sommes sur la bonne voie en ce qui concerne ce profil d’investissement », avait indiqué Mitwa Ng’ambi,  CEO de MTN Cameroun lors d’une sortie dans la presse en septembre dernier.

 Raph Mupita a également déclaré avoir versé 155 milliards de FCFA à l’Etat du Cameroun au titre de contribution directe aux recettes entre janvier et octobre 2024.  La preuve d’une bonne performance de la filiale locale. Mais aussi d’un environnement d’affaires propice. «Nous exprimons notre profonde gratitude au Gouvernement Camerounais, pour l’environnement propice au développement des communications électroniques au Cameroun et pour la confiance accordée à MTN. Nous sommes Africains et le Cameroun est notre maison. Nous sommes heureux d’investir et de renforcer nos investissements ici, afin d’apporter plus d’opportunités aux populations du Cameroun », a déclaré le  PDG du Groupe MTN.

Le groupe MTN célèbre ses 25 ans au Cameroun en 2025.  Ses solutions sont bénéfiques à 13 millions de Camerounais. Le groupe revendique aussi plus d’un millier d’emplois  directs et indirects créés et plus de 1000 milliards de FCFA d’impôts, taxes et redevances versés à l’Etat ces dix dernières années.

Lin Dieudonné Onana Ndoh, « la RTC va reverser 20 milliards de redevances au PAD cette année »

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Le Directeur Général de la Régie du terminal à conteneurs du Port de Douala (RTC) nous livre le bilan et les perspectives de cette structure créée il y a 5 ans .

En décembre 2019, par une résolution du conseil d’administration,  la RTC a  été créée pour reprendre la gestion et l’exploitation du terminal à conteneurs du port de Douala après la fin de la concession de Douala international terminal (DIT), détenue par le consortium Bolloré-APMT. Quel  bilan en faites-vous  5 ans plus tard ?

5  ans après que nous ayons repris le terminal à conteneurs, il y a beaucoup de choses qui ont changé. Déjà au niveau des investissements, nous avons suivi le programme d’investissement que l’Etat nous a prescrit. On nous avait demandé de rééquiper le terminal, de le réaménager, de  réparer tout ce que nous avons trouvé en panne…Tout cela nous l’avons fait. Le nombre de portiques est resté à trois, mais nous avons ajouté deux quais. Les portiques de parcs sont passés à 12, les autres équipements de manutention ont été ajoutés, les infrastructures ont été complètement refaites, ceux qui sont passés ici ce fameux 31 décembre 2019 savent comment le terminal était. Aujourd’hui je crois que si on dégage les conteneurs, un avion peut atterrir et décoller d’ici (rires). Au niveau du personnel, nous avons été les premiers à envoyer notre personnel en mission de formation… Depuis 17 ans, personne n’était sorti du terminal pour aller se faire former. Nous avons ouvert cette piste là, tout comme on a ouvert la piste des soins à 100% du personnel. On refait la formation du personnel en ce qui concerne la qualification pour travailler sur un certain nombre d’engins etc.

Au niveau des TIC, il y a beaucoup d’acquisitions pour gérer l’informatique dans le terminal. Tous les systèmes de communication entre les équipements centraux et de communication ont été acquis, les systèmes de positionnement en GPS ont été acquis, tout comme tout ce qui est système de gestion de personnel, comptabilité, facturation, etc.

 Comment évaluez-vous l’impact de ces aménagements sur les usagers de la place portuaire ?

Au niveau de nos relations avec nos clients, les choses ont changé. Nous avons refait complètement la division commerciale qui est devenue aujourd’hui un outil de fierté pour le port. Nos clients ont la possibilité de demander leur facture à distance, de la recevoir et de payer à distance… Et nous avons mis en place un suivi personnalisé de nos clients cargo et pour reconnaître tout l’apport de nos clients, nous avons changé le mode de rétribution et reconnaissance de nos clients. Avant, on ne reconnaissait que les lignes maritimes, aujourd’hui on reconnaît les chargeurs, parce que ce sont eux qui nous font plus de 70% de notre chiffre d’affaires et puis nous avons instauré des ristournes qui sont données aux chargeurs chaque année.

Quant à notre relation avec notre concierge c’est-à-dire le PAD, les exigences avec le PAD ont été triplées. Là où les uns donnaient 4,5 millions comme redevance, nous sommes montés. Cette année nous allons atteindre les 20 milliards de redevances. Au niveau fiscal, c’est pareil, donc toutes ces choses-là  ont évolué, et aujourd’hui le tissu économique national tire de son terminal toute la valeur nécessaire qui aurait dû être tirée dans les 15 ans qui ont précédé notre arrivée.

Quelle est l’évolution des performances de la RTC ?     

Au plan financier, nous sommes passés d’un chiffre d’affaires de 49 milliards et nous tutoyons aujourd’hui 61 milliards  de FCFA. Le trafic est passé de 320 000 boîtes et nous allons frôler les 380 000 boîtes à la fin de cette année. Voilà les grands agrégats cette année. Comme je l’ai dit, nous sommes passés d’une redevance de 4,5 milliards  versés au PAD à pratiquement 20 milliards cette année. Sur la cadence navire, nous sommes aujourd’hui à 27 mouvements par navire, nous avons ce que nous appelons ici le temps de livraison au Cameroun, parce que ça c’était une grosse plainte. Aujourd’hui, quand un camion arrive ici, il fait à peine 1 heure, il prend son conteneur  et peut sortir. Il faut toujours se rappeler que le terminal est une zone sous Douane, donc nous ne pouvons pas sortir les marchandises ici sans qu’elles aient été vérifiées par la Douane. On a installé tout un nouveau système de télécommunications. On a fait une LTE comme ils appellent ce qui fait qu’aujourd’hui la communication est fluide.

Juste préciser que le temps de passage d’un conteneur  ne relève pas seulement de la responsabilité du terminal à conteneur. Donc je préférais que de plus en plus on qualifie le terminal par rapport à sa réactivité, c’est-à-dire quand vous êtes prêts, je dispose de combien de temps pour vous donner votre marchandise, là cela devient ma responsabilité. Mais tant que vous trainez en Douane, la BEAC, au Guichet Unique, la SGS, tout ce monde-là qui intervient avant moi, pendant tout ce temps votre conteneur est ici.  

Quels sont les objectifs déjà réalisés?

On a dépassé tous nos objectifs. Je me souviens quand on m’a nommé ici. On m’a donné des objectifs en ce qui concerne la gestion du personnel, la réhabilitation, les équipements, la transformation du terminal… Je suis ingénieure des structures et chaussée, donc on a consulté nos anciennes entreprises Labogenie et autres pour changer un peu la manière de construire les structures au niveau du terminal et même au plan des coûts, on a utilisé tout cela pour accélérer, c’est ce qui nous a permis d’aller un peu plus vite.

Sur le plan financier on a dépassé les objectifs… le PAD s’attendait à 4 milliard, voir 16 et on est monté à 20 milliards de redevances, ça aussi c’est grâce à nos clients. C’est pour cela que nous avons entre autres innovations qui n’étaient pas prévues dans notre cahier de charges, proposé la ristourne et je remercie la hiérarchie d’avoir accepté ces mesures d’incitations et je dis à nos clients que nous sommes ensemble et nous allons continuer à aller main dans la main à évoluer, à faire progresser le trafic au port de Douala et déjà nous essayons de faire tout ce qu’il faut pour leur donner les conditions d’accueil et traitement qui sont dignes de nos clients.

Dans cette mutation, quels sont vos perspectives et  les défis  majeurs à relever ? 

Si le bail a été prorogé, le mérite revient au personnel. C’est lui qui a permis que la très haute hiérarchie se rende compte que les Camerounais peuvent le faire. Maintenant pour l’avenir, toujours en suivant les prescriptions de l’Etat, nous ambitionnons de prolonger le terminal au niveau de ce que nous appelons le poste 17 de 250 mètres linéaire et de faire 6 hectares de terres pleines additionnels à l’arrière. Une fois qu’on a fait ce prolongement, là il va être accompagné de l’acquisition d’au moins deux portiques de quai et de quatre autres portiques de parcs que nous appelons les RTG pour couvrir cette zone. Nous avons aussi pour ambition de voir si à terme, on ne peut pas transformer le mode de fonctionnement de nos portiques qu’ils soient des quais ou des parcs en portiques électriques, parce qu’aujourd’hui nous sommes au gasoil avec tout ce qu’il y a comme problème de pollution. La prolongation du terminal au poste 17 si tout se passe bien, devrait commencer l’année prochaine. Cette prolongation est prévue pour 26 mois.

 

Alternance : Que reste-t-il de l’Ahidjoïsme ?

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paul-biya-et-ahmadou-ahidjo

Ce 30 novembre 2024 marquait le 35ème anniversaire de la mort d’Ahmadou Ahidjo. En évoquant le souvenir du premier président camerounais mort en exil, il est loisible de revisiter le chemin parcouru depuis le décès de ce fils de Garoua dans la région du Nord. Ce qu’est devenu l’Ahidjoïsme, vu comme le système politique implémenté par celui qui aura passé 23 ans au pouvoir, avant de céder le fauteuil présidentiel à Paul Biya par démission. En commençant par l’axe imaginaire « Nord-Sud » présenté autrefois comme celui de la dévolution et de la gestion du pouvoir politique au Cameroun. 35 ans après la mort du « Père de la nation », nombre d’observateurs et d’analystes s’accordent à dire que « l’Ahidjoïsme n’est pas mort». En ce sens que, « ce sont les mêmes modes de gouvernance basées sur la cooptation au sein des mêmes familles, les mêmes méthodes de fonctionnement avec des ‘’appels ou motions de soutien’’, un règne dans la peur », selon Vincent Sosthène Fouda, politologue. Aussi, Maïdadi Saïdou Yaya, membre du Bureau politique de l’Union nationale pour la démocratie et le progrès (Undp), affirme que « les clivages politiques d’aujourd’hui ne sont que la continuité de ce qui se faisait avant les indépendances » même. Expliquant qu’«en dehors de l’UPC qui avait ses positions tranchées sur l’avenir du Cameroun, les autres avaient presque la même vision, avec quelques divergences de vue légères. Puis sous la bannière de l’UNC, parti unique, tous les autres étaient soumis à la même vision ; et vous voyez que dès le multipartisme, tous ceux qui n’étaient pas fondamentalement d’accord avec Ahidjo, se sont aussitôt détachés pour créer le SDF, l’UDC, ainsi de suite. Et maintenant, un parti comme l’Undp est un allié historique du Rdpc, parce qu’ils ont le même substrat politique, et vous verrez que tous les partis issus de l’éclatement de l’Undp comme l’Andp, le Fsnc, évoluent dans la même tendance ». Mieux que les autres, les politiques du Grand-Nord sont restés attachés à la figure d’Ahidjo, selon le Dr Aristide Mono. Le politologue est formel en ce que « l’Ahidjoïsme reste assez ancré dans l’esprit dans tous les politiciens, mais disons, de la plupart des politiciens du Grand-Nord, y compris ceux qui font aujourd’hui allégeance au Renouveau ».

Handicap dans la course pour la succession

Sauf que, aujourd’hui, alors que l’on approche la présidentielle de 2025, des lignes de fracture peuvent se dessiner. La succession de Paul Biya charrie beaucoup de passion. Agé de 91 ans dont 42 passés à la tête du pays, Paul Biya est l’objet de toutes les attentions. Appelé à se représenter, l’homme n’a pas encore répondu, mais reste le « candidat naturel » de son parti à l’élection présidentielle, soutenu en cela par les partis de la majorité présidentielle. Tant en interne qu’à l’extérieur de son parti le Rdpc, le successeur d’Ahmadou Ahidjo est le déclic qui pourrait mobiliser une lutte acharnée pour le palais d’Etoudi. Une course qui, en 2025 ou plus tard, aura lieu. Si Biya clame que le dauphinat relève de la monarchie, et avance que « les Camerounais sont mâtures ; le moment venu, ils choisiront librement » son successeur. Eclipsant ainsi l’éventualité d’une succession au gré-à-gré, ou comme la sienne. Et donc que la démocratie sera la voie à emprunter.

Et c’est dans cette perspective que semble s’effriter l’Ahidjoïsme. Le Grand-Nord semble avoir moins de chances de concourir efficacement pour la conquête du palais présidentiel. Et pourtant, il reste le principal vivier électoral. « Quand on pense à l’après-Biya, on réalise que les fils du Grand-Nord ne figurent pas parmi les têtes présentées par la presse et les analystes politiques, même si on reste dans le gré à gré », croit Aristide Mono. « L’opération Epervier s’est affirmée comme un rouleau compresseur dont l’objectif principal visait en quelque sorte la rupture de cet axe Nord-Sud», accuse-t-il. Relevant la vacuité des dossiers qui ont conduit ente autres Marafa Hamidou Yaya et Amadou Vamoulke derrière les barreaux, comme des crocs-en-jambe sur la ligne de départ de la course pour la succession de Biya. A ce sujet, même s’il ne s’oppose pas à un retour aux affaires d’un natif du Grand-Nord après Biya, Maïdadi Saïdou Yaya soutient l’idée que « le Grand-Nord n’est pas une entité homogène ni sur le plan politique, ni sur le plan religieux, ni même sur le plan sociologique. En l’état actuel, je ne vois aucun fils du Grand-Nord, fédérer toutes les énergies ; pas même Bello Bouba le plus populaire de par les résultats électoraux».

Enclavement et sous-développement

Et pourtant, Guibaï Gatama, journaliste et défenseur patenté de la cause du Grand-Nord, est convaincu que « seul un natif du Grand-Nord peut mieux comprendre sa situation et y trouver des solutions. En l’assimilant, il peut plus facilement inscrire les problèmes du Grand-Nord dans une politique nationale, de sorte à savoir que pendant qu’on résout tel problème dans telle région, on peut également le faire dans le Grand-Nord ».
C’est que la partie septentrionale du pays est à la traîne du développement. « Le Grand-Nord est la seule partie du pays qui est coupée des pays voisins, alors qu’il est frontalier avec le Nigéria, le Tchad, la RCA. Le premier partenaire économique sous-régional est le Nigéria, mais aucune route bitumée ne relie les deux pays, sur toute une ligne depuis l’Adamaoua jusqu’au lac Tchad. Tous les indicateurs de l’INS et autres institutions montrent que le Grand-Nord est dernier en matière d’électrification, d’accès à l’eau potable,…», fait observer Guibaï Gatama. Alors que des fils du Grand-Nord trônent à des postes « privilégiés » au sommet de l’Etat, Aristide Mono soutient que « le Septentrion n’a pas grand-chose à apprécier dans sa relation avec Biya». Et de relever que « sans polémique, si on prend le cas de l’Adamaoua, l’allocation des postes gouvernants n’est pas proportionnelle à la hauteur géographique et démographique et au niveau de son allégeance politique, comparativement à certaines contrées qui ont été bien nanties».

Issa Tchiroma et Bello Bouba, deux Ahidjoïstes

« Elite politique apprivoisée»

Du coup, Aristide Mono qui relativise la portion accordée au Grand-Nord dans le fichier électoral, en raison conclut que « la fraude électorale a toujours été le ciment des logiques électorales au Cameroun », et donc qu’« il faut donc prendre avec des pincettes ces résultats qui font du Grand-Nord un bastion incontesté et imprenable du Rdpc», le politologue est convaincu que « le Grand-Nord a tous les arguments pour tourner le dos au régime de Yaoundé». Sans être partisan de cet axe Nord-Sud, l’universitaire estime que « jusqu’à l’arrivée de Biya, cet axe a toujours été la dorsale principale de gestion politique des composantes sociales et ethno-régionales du pays. Cet axe a brisé, rompu l’équilibre par de mauvaises pratiques managériales qui au lieu d’un axe horizontal, a opté pour l’assimilation, la corruption et le bâillonnement du Grand-Nord ». Faisant remarquer que « les élites politiques ont été apprivoisés, y compris les élites qui présentaient les tendances oppositionnelles accentuées, ceux qui donnaient l’impression d’être âprement opposés à l’ordre du Renouveau. Elles ont été rapidement domestiquées par les offres clientélistes de Yaoundé. Vous avez vu des apparatchiks des partis d’opposition du Grand Nord qui ont rapidement rejoint la majorité présidentielle et constituent d’ailleurs les effectifs les plus nombreux de la majorité présidentielle », fait-il constater. Citant notamment Ahmadou Moustapha, Bello Bouba Maigari, Issa Tchiroma Bakary, Garga Haman Adji, Daïkolé Daïssala. A cela, Aristide Mono ajoute qu’« il y a également l’assimilation des élites traditionnelles. Les chefs traditionnels, les imams, les sultans, les lawanes, les blamas, sont pratiquement des tacherons du Rdpc. Et, ils profitent de leur emprise sur les communautés pour continuer à récolter les voix pour le compte du Rdpc ». Et « récolter également les soumissions au Rdpc ça veut dire tout simplement que les allégeances que les populations font aux autorités traditionnelles sont immédiatement recyclées par ces dernières en bétails électoraux pour le compte du Rdpc», enfonce-t-il. Pour autant, « il serait naïf de penser que les allégeances des élites politiques, religieuses, traditionnelles et économiques au Renouveau, ont substantiellement annihilé l’Ahidjoïsme dans les veines politiques des uns et des autres. Il y a un certain opportunisme qui est assez remarquable, mais il y a que l’hypocrisie politique des Ahidjoïstes restent un déterminant à considérer chez les élites et hommes politiques du Grand Nord».

En relativisant la place attribuée au Grand-Nord par le système politico-électoral : « Déjà il est important d’interroger la crédibilité des chiffres électoraux du Rdpc dans la région du Grand Nord. Lorsqu’on sait que les élections au Cameroun n’ont jamais été transparentes, que la fraude électorale a toujours été le ciment des logiques électorales au Cameroun, il faut donc prendre ces résultats qui font du Grand-Nord un bastion incontesté et imprenable du Rdpc. Il faut interroger la crédibilité des acteurs en charge de l’organisation et de l’arbitrage du jeu électoral, pour voir si effectivement les données électorales qui sont offertes à la communauté nationale et internationale concordent avec la réalité du terrain », questionne-t-il. De toutes les façons, «…au-delà de la fraude électorale, il y a la logique de l’assimilation des élites du Grand Nord», insiste-t-il.

Réhabilitation de la Sonara : l’Etat évalue le coût de l’intégration  d’une unité d’hydrocraquage à la future raffinerie

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Depuis l’incendie qui a ravagé ses installations en 2019, la réhabilitation de la Sonara occupe une place centrale dans les discussions budgétaires annuelles au Parlement. Lors de la session parlementaire de fin d’année, le projet a de nouveau été évoqué, le 1er décembre 2024, par le Premier ministre, Joseph Dion Ngute. Présentant le Programme économique et financier pour l’exercice 2025, il a indiqué que «Pour l’année 2025, le gouvernement camerounais envisage plusieurs actions, dont deux mesures prioritaires dans le segment eau et énergie. En ce qui concerne les produits pétroliers et le gaz, il est particulièrement prévu le lancement des études technico-économiques et financières approfondies ainsi que des études de base pour la réhabilitation de la Sonara».

 Cependant, le chef du gouvernement n’a pas précisé que ces études ont déjà commencé. En effet, un rapport du FMI publié en novembre 2024 révèle qu’une «étude approfondie de faisabilité technico-économique et financière est en cours concernant l’option d’une raffinerie complexe équipée d’une unité d’hydrocraquage». Cette étude inclut également les plans et la conception validés par le président de la République. Le FMI indique par ailleurs que le Comité interministériel pour la réhabilitation de la Sonara a finalisé et validé un plan de restructuration. Toutefois, l’institution précise que l’étude complète de faisabilité technico-économique n’a pas encore été soumise à ses services.

UNE DETTE COLOSSALE EN COURS D’APUREMENT

 Parallèlement à ces études, la Sonara continue de faire face à une situation financière critique. Devant les députés, le 4 décembre 2024, le ministre de l’Eau et de l’Énergie a fait le point sur la dette de l’entreprise, estimée à 1 000 milliards de FCFA lors de l’introduction, en 2020, de la taxe dédiée à son apurement. Cette taxe, fixée à 47,8 FCFA par litre de carburant vendu à la pompe, a permis de collecter environ 353 milliards de FCFA au 31 octobre 2024, contre 270 milliards en 2023 et 194,7 milliards en 2022.

Ces fonds sont versés sur un compte ouvert à la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), exclusivement dédié au remboursement de la dette. Grâce à ce mécanisme, la Sonara a pu honorer certains engagements, notamment envers le trader suisse Trafigura, à hauteur de 14 milliards de FCFA en septembre 2023.Prévu pour s’étendre sur dix ans, ce dispositif vise à mobiliser un total de 780 milliards de FCFA.

Inaugurée en 1981, la Sonara, située dans la région du Sud-Ouest, représente un pilier de l’industrie pétrolière camerounaise. Mais ses infrastructures vétustes, combinées à l’incendie de 2019, ont exacerbé ses difficultés financières et opérationnelles. Pour maintenir l’approvisionnement national en produits pétroliers, le Cameroun a importé 1,6 million de tonnes métriques de produits pétroliers en 2024. Cette dépendance aux importations souligne l’urgence de la réhabilitation de la raffinerie, qui devrait permettre de réduire la facture énergétique du pays tout en renforçant la souveraineté énergétique.

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