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Le débarcadère de Youpwé : Un nouveau marché aux poissons pour améliorer la qualité et la sécurité alimentaire

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 « Ce débarcadère permettra au Cameroun de renforcer sa sécurité alimentaire tout en conquérant les marchés de la sous-région », a assuré Joseph Dion Ngute, chef du gouvernement, lors de la cérémonie d’inauguration vendredi dernier. Cette réalisation, espèrent les acteurs, stimulera le commerce des produits de la pêche dans toute la région, contribuant ainsi à dynamiser l’économie locale et à élever les standards de qualité du secteur.

Cette infrastructure, financée à hauteur de 7,2 milliards de FCFA par la Japan International Corporation Agency (JICA), symbolise un pas significatif vers la modernisation de la pêche maritime au Cameroun. Érigé sur un terrain de 6 100 mètres carrés, le complexe promet d’améliorer les conditions de travail de la communauté des pêcheurs de Youpwé et la qualité du poisson offert aux consommateurs. Conçu pour accueillir jusqu’à 70 pirogues simultanément. Sa création illustre la volonté du Cameroun de renforcer la sécurité alimentaire tout en dynamisant son secteur halieutique pour répondre aux défis actuels et futurs.

Doté d’une direction équipée de mobilier de bureau, le Débarcadère et marché aux poissons de Youpwé intègre diverses installations : stations de pesée du poisson, équipements pour le transport des palettes et du poisson, dispositifs de prise de température et laboratoires pour la dissection d’échantillons à des fins d’analyse. Christiane Laure Wondje Ntonè, directrice du site, souligne que toutes les infrastructures ont été conçues pour assurer le confort des commerçants et des clients. Par ailleurs, le circuit de commercialisation et de distribution sera strictement contrôlé. Un service d’inspection du poisson, appuyé par une inspection sanitaire du ministère des Pêches et des Industries Animales (Minepia), garantira la qualité irréprochable des produits.

Le site intègre également un entrepôt frigorifique pour la conservation des produits halieutiques, un dépôt de déchets, ainsi qu’un centre d’épuration des eaux usées. Un espace restaurant vient compléter ces installations modernes. D’après la Commission régionale des pêches du Golfe de Guinée, cette nouvelle infrastructure constitue une avancée majeure, permettant de réduire significativement les pertes post-captures dues au manque d’équipements adaptés. Ce projet incarne la détermination des pouvoirs publics camerounais à renforcer la sécurité alimentaire et à améliorer l’efficacité logistique dans le secteur halieutique.

L’ambassadeur du Japon au Cameroun, Son Excellence Kentaro Minami, présent lors de l’événement, a exprimé sa satisfaction : « Nous sommes heureux que le Japon ait contribué à la réalisation de ce projet dans un pays où environ 300 000 tonnes de poissons proviennent chaque année de la pêche artisanale. »  Le débarcadère s’inscrit dans le cadre de l’ambition d’import-substitution de la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30) du Cameroun. Il facilitera non seulement la liaison avec la commune de Douala 6ème, mais améliorera aussi les équipements et les infrastructures nécessaires à la production, à la transformation, à la conservation et à la mise en marché des produits halieutiques.

LE PAD CONSACRÉ PAR LA COBAC COMME ENTREPRISE DE GRAND STANDING POUR 2025

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Port-de-Douala-Bonaberi www.newsducamer.com
Port-de-Douala-Bonaberi www.newsducamer.com

Par sa décision n° D-2024/418 du 12 décembre 2024, la Commission Bancaire de l’Afrique Centrale (COBAC) a renouvelé le statut du Port Autonome de Douala (PAD) en tant qu’entreprise de Grand Standing et d’Importance Nationale pour l’exercice 2025. Cette reconnaissance consacre la place stratégique de cet établissement public dans l’économie camerounaise et régionale, tout en soulignant sa gestion exemplaire.

Le Port Autonome de Douala se distingue comme le leader parmi les entreprises camerounaises inscrites sur cette liste sélective, incluant des sociétés à capitaux privés. Il est également la seule entreprise détenue entièrement par l’État à figurer dans ce classement, ce qui témoigne de son importance stratégique et de sa compétitivité au sein d’un environnement marqué par une forte présence d’acteurs privés.

Ce renouvellement est le fruit d’une évaluation rigoureuse menée par la COBAC, fondée sur des critères tels que la performance financière, le respect des engagements bancaires et la qualité de la gouvernance. Ces analyses confirment la solidité du PAD, déjà reconnue par des entités comme la Caisse Autonome d’Amortissement (CAA) et l’agence internationale de notation BLOOMFIELD. Ces deux institutions ont confirmé la santé financière du PAD et sa capacité à exécuter efficacement son plan de développement.

Depuis 2016, sous la direction de Cyrus NGO’O, le PAD a adopté une vision stratégique clairement définie dans son Schéma Directeur de Développement. Cette orientation, alignée sur les objectifs portuaires nationaux, a permis au PAD de renforcer son efficacité et d’améliorer sa gouvernance. Le diagnostic réalisé par le cabinet MORROW SODALI, avec le soutien de l’Agence Française de Développement, a salué ces avancées et recommandé la poursuite de cette dynamique.

La gestion maîtrisée de l’endettement est une autre preuve de la solidité du PAD. La CAA lui a attribué une note « A », confirmant sa capacité à honorer ses engagements financiers tout en suscitant l’intérêt des établissements bancaires. La reconnaissance accordée par la COBAC ouvre également de nouvelles perspectives de financement. Les banques, jusque-là limitées par des seuils de risque, pourront désormais accorder des crédits plus importants au PAD. Cette dérogation permettra d’augmenter les plafonds d’endettement, offrant ainsi au PAD davantage de moyens pour financer ses projets structurants et consolider son rôle de moteur économique national.

Cette décision renforce la crédibilité du PAD auprès de ses partenaires et contribue à son positionnement en tant que pilier essentiel du développement économique au Cameroun et dans la région CEMAC. Le Port Autonome de Douala, en tant que principal hub logistique du pays, consolide ainsi son statut de catalyseur des échanges commerciaux et de la croissance économique nationale.

Pr. Bruno Bekolo Ebe : “Les pays de la CEMAC donnent au FMI l’opportunité d’imposer ses médications dont les effets sont globalement négatifs”

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Bruno Bekolo Ebe www.newsducamer.com

La tenue le 16 Décembre dernier et en urgence à Yaoundé, d’un Sommet des Chefs d’Etats de la CEMAC, et les développements récents, dans nos économies en général, et sur le marché monétaire et financier de la CEMAC en particulier, amènent à s’interroger sur la capacité de celui ci à tenir la route si devaient se poursuivre les tendances actuelles. 

La tendance principale sur le marché monétaire et financier, depuis quelques années, est au développement des émissions de titres, obligations et bons du Trésor, par les six États de la CEMAC. Cette évolution est elle même la conséquence des grandes réformes engagées dans les années 1990, dans le cadre des politiques de sortie de la grave crise qui a frappé les économies de la sous région dans les années 1980 1990, et dont les principales manifestations ont été l’apparition de profonds déséquilibres macroéconomiques touchant, sur le plan extérieur, l’ensemble des balances de paiements du fait notamment de la détérioration des termes de l’échanges, d’une grave crise de la dette et des échanges, affectant le franc CFA, objet par la suite, d’une sévère dévaluation, et sur le plan interne, la chute de la production, la stagnation des économies, la baisse drastique de la croissance, avec des taux de croissance négatifs, et de lourds déficits des finances publiques. La sortie de crise a, de ce fait, impliquéd’importantes réformes, dont celles des finances publiques et de marchés financiers. Ces réformes ont eu pour effets bénéfiques, non seulement la relance de la croissance, mais encore de créer les conditions propices à la formation et à la mobilisation d’une épargne interne pouvant être facilement mobilisée, grâce à un systeme bancaire restructuré et remis à flots, des finances publiques assainies et une crise de la dette totalement résorbée avec l’atteinte du point d’achèvement. 

Du fait de ces évolutions structurelles favorables, et du développement de la liquidité bancaire et financière des intermediaires financiers, les États ont trouvé dans le marché financier régional un important gisement de financement de leurs dépenses. 

Les émissions de titres se sont ainsi considérablement développées et multipliées, d’autant que, après la crise de 2008, la Banque Centrale a épousé la tendance mondiale du développement des politiques monétaires accommodantes, en admettant comme collatéraux, et donc éligibles au refinancement, les titres publics détenus par les banques. Si jusque là, l’évolution a été très positive, permettant aux États de mobiliser rapidement des financements moins onéreux, il semble que s’amorce depuis quelque temps, un retournement de tendance pour le moins inquiétant, l’euphorie des débuts donnant naissance à ce qui apparait manifestement comme des dérapages annonciateurs de crises. 

En effet, dans pratiquement tous les pays de la CEMAC, les dérapages budgétaires redeviennent récurrents, donnant lieu à des deficits budgétaires toujours croissants. La multiplication des émissions des titres, obligations et bons du Trésor dont l’encours s’élève, à fin octobre 2024 à 7167 milliards CFA, fait craindre que le marché ne se sature, d’autant que celle ci s’accompagne de la multiplication des situations de non respect des échéances, ainsi qu’on l’a vu récemment avec le Congo et le Gabon, ce qui pourrait compromettre la santé des banques, principales détentrices des titres émis. Plus grave, alors que la crise de l’endettement avait été totalement résorbée avec la restructuration de la dette extérieure, restructuration consacrée par l’atteinte par les différents États du point d’achèvement, la crise de la dette a resurgi, les États ayant été depuis peu, repris par une frénésie d’endettement telle que dans certains pays comme le Congo, le Gabon, l’encours tend, voire dépasse, 100% du PIB, et les demandes de rééchelonnement sont redevenues d’actualité, alors même que la pénurie des réserves de change s’exacerbe, aggravant la contrainte extérieure. Les taux de croissance, rapprochés aux taux de croissance démographique sont à nouveau végétatifs. On est pratiquement dans une situation de « croissance appauvrissante », selon l’expression de l’économiste indien Bhagwati, la croissance du PIB, ne s’accompagnant pas d’une amélioration significative du niveau de vie de la population, qui au contraire se détériore. On croirait revenu durablement dans les années 1980 1990, donnant l’impression que nos pays n’ont tiré aucune leçon de ces années terribles qui ont été pourtant très douloureuses pour tout le corps social. Ceci est d’autant plus inquiétant que les fonds levés n’ont pas donné lieu, pour l’essentiel, à des réalisations impulsant positivement les économies. 

Nos pays donnent ainsi au FMI l’opportunité de reprendre ici la main pour imposer ses médications dont les effets sont pourtant, à l’épreuve des faits, globalement négatifs, et alors même qu’ils n’ont pas encore fini de payer le lourd tribut des hypothèques que la politique d’ajustement structurel a fait pesersur nos économies, et sur les populations dont les conditions de vie ne font que se détériorer. On en vient même à parler à nouveau de dévaluation, alors que le bilan négatif de celle de 1994 n’a pas encore été totalement soldé, en particulier s’agissant du délitement du tissu industriel de la sous région, qui a renforcé la dépendance aux matières premières, alors que la mutation aurait dû se faire vers la mise en place d’une économie de production, basée sur une dynamique de diversification sectorielle! 

L’ironie est que cela se produit alors que partout ailleurs, dans les autres régions du monde, non seulement les pays ont résolument pris en main leur destin et la direction de leurs économies, mais qui plus est, l’idée d’un recours à la médication des Institutions de Bretton Woods, y est considéré comme une véritable provocation. Quand les responsables africains en général, ceux de nos pays de la CEMAC en particulier, comprendront il qu’entre leurs mains se jouent la survie et plus encore, le destin de leurs populations et la capacité du Continent à être un acteur véritable de la scène mondiale, maître de son destin et capable de relever les défis existentiels de notre temps?

18 decembre 2024 

*Pr Bekolo Ebé Bruno Agrégé des Facultés de Sciences Économiques et de Gestion, Recteur Honoraire des Universités de Douala et de Yaoundé II– Président de la Société Camerounaise des Agrégés 

Trois sites sur 1xBet Cameroun les plus visités en 2024

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Si tu es au Cameroun et que tu t’intéresses aux paris en ligne, tu as sûrement entendu parler de 1xBet. En 2024, trois sites en particulier retiennent l’attention des parieurs : telecharger1xbet.cm, 1xBet.africafoot.com, et 1xBet.cm. Chacun de ces sites a ses propres atouts qui attirent de plus en plus de visiteurs : les infos sur l’appli, des astuces de pro, ou simplement d’un endroit fiable pour faire ses paris. Ces plateformes ont tout pour plaire. Allez, on fait le tour.

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De plus, ce portail Web propose de nouveaux codes promotionnels quotidiennement, permettant à tous les lecteurs d’obtenir des bonus accrus. Cette combinaison d’informations techniques et d’offres en fait un passage obligé pour les amateurs de paris.

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www.1xBet.africafoot.com est créé pour ceux qui souhaitent explorer en profondeur les services offerts par 1xBet. Ce site, en partenariat avec Africafoot, une plateforme réputée dans le domaine du football africain, fournit des analyses complètes sur l’utilisation de 1xBet au sein du continent. Les utilisateurs peuvent y trouver des informations sur les différentes options de paris chez 1xBet, des conseils pour les parieurs et des instructions sur l’installation de l’app mobile pour parier.

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En effet, ces trois sites Web restent des ressources essentielles pour les parieurs cherchant à tirer le meilleur parti de leurs paris en ligne sur 1xBet.

Chan 2024 : Le Cameroun sombre, la Centrafrique rentre dans l’histoire

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Après avoir dominé à l’aller (0-1) à Abidjan, le Cameroun s’est fait battre à domicile à Bafoussam (1-2) par la République centrafricaine (RCA) ce 28 décembre 2024. Du coup, les Lions indomptables A’ n’iront pas au Championnat d’Afrique des nations (Chan) 2024. Malgré une domination régulière dans le port du ballon, les joueurs camerounais ont buté sur une défense centrafricaine solide et bien organisée. Sur 17 tirs cadrés, un seul a pu trouver le chemin de la cage Après un nul d’un but partout en 80 minutes de jeu, les Lions indomptables A’ ont continué de multiplier les erreurs dans leur camp, et ont pêché par inattention à la fin du jeu. Cherchant un second but tueur, les poulains de Simplice Soh qui avaient pourtant l’avantage grâce à la victoire du match aller, ont concédé un second but aux Fauves du Bas-Oubangui A’ en fin de partie. Tuant les espoirs des Camerounais qui se voyaient déjà au Kenya et au Mozamique en début d’année prochaine.

C’est pourtant le Cameroun qui ouvre le score par Angel Yondjo (30’). Avant de se faire rattraper. L’arbitre ne validera pas un but camerounais sur un hors-jeu objet de débat. Le Cameroun ne s’en remet pas encore. Mais la réalité est imparable : le Cameroun est éliminé à domicile par la RCA.

La réaction de la Fédération centrafricaine de football

Alors que le Cameroun est dans la tristesse, la Centrafrique ouvre une nouvelle page de son histoire. C’est la première qualification de ce pays voisin à cette compétition réservée aux joueurs locaux. En attendant que les uns et les autres tirent les leçons de cette autre déconvenue d’une sélection nationale de football du Cameroun, il y a un fait : le championnat camerounais d’élite qui est aujourd’hui à sa 5ème journée, a observé une trêve de sept mois et demi. Pendant ce temps, les acteurs et la fédération étaient à couteaux tirés : les arbitres réclamant leurs indemnités sur trois saisons, les clubs réclamant le reliquat de leur subvention de la dernière saison (après avoir oublié celui de l’avant-dernière saison), la Fédération exigeant le compte-d’emploi des subventions déjà versées. Des communicants de la fédération laissant croire parfois que Samuel Eto’o dépense de son argent propre pour financer ce football local. La réalité est là : le Cameroun n’ira pas au Chan 2024 qui se joue en 2025. La faute à la Centrafrique qui s’est montée plus forte. Cette même Centrafrique qui a éliminé le Cameroun de la CAN U20.

Yaoundé : 78 jeunes de plus sur le marché de l’emploi

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« Je vais emprunter à l’adage contemporain qui dit qu’«à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. C’est de haute lutte qu’on a pu réaliser ce que vous avez vu. Ça n’a pas été facile, avec des apprenants qui parfois viennent de familles pas du tout aisées, qui, vu la conjoncture, n’ont pas parfois les moyens de supporter les frais de formation ». Jourdain Fotso Ngassam a de quoi souffler. Le directeur de l’Institut de formation professionnelle d’Afrique centrale (Ifpac) vient de boucler la formation de la cuvée 2023-2024 de ses apprenants. Ce sont exactement 78 apprenants qui ont bouclé leur formation le 20 décembre dernier, en recevant leurs parchemins. Preuve qu’ils sont prêts à l’emploi. Et l’Ifpac peut se targuer d’avoir donné le meilleur pour atteindre son but : « Comme première garantie, il y a la qualité de la formation que nous leur donnons. Nous travaillons à 99% avec les corps de métiers, avec des personnes qui maitrisent les environnements professionnels, qui maitrisent les environnements de corps de métiers, qui peuvent transférer des compétences pratiques, techniques et opérationnels à nos apprenants ; de sorte que nos apprenants sur le marché pourront répondre de manière efficace aux exigences de l’emploi », assure Jourdain Fotso Ngassam.

Il y a de l’’espoir dans ce sens : « J’ai effectué mon stage à l’hôpital général de Yaoundé. A l’occasion, j’ai développé un site qui est déjà opérationnel. Dans ce site, lequel on annonce les activités de l’hôpital, les campagnes de sensibilisation, mais j’ai beaucoup plus travaillé sur le cancer du sein », se réjouit Mappe Talla Manuelle, lauréate en filière marketing digital. Comme elle, beaucoup ont une idée claire et précise de ce qui les attend sur le marché de l’emploi, après une année de formation alternée entre cours théoriques et pratique lors du stage.

De quoi faire la fierté de l’Ifpac : « C’est un sentiment de joie, de fierté ; et puis c’est un challenge supplémentaire pour avoir pu amener les apprenants à ce niveau de formation ; c’est un challenge supplémentaire pour la promotion qui entre, c’est un challenge supplémentaire pour nous, d’avoir emmené à ce niveau ces apprenants, afin qu’au terme de leur formation, ils puissent pouvoir s’insérer sur le terrain professionnel, puisque l’aboutissement ultime des processus de formation dans le secteur de la formation professionnelle au Cameroun», s’est exprimé le directeur de l’Ifpac. A l’occasion, l’homme peut se vanter d’avoir assuré sa mission, doublée d’engagement socio-humanitaire : « Notre action relève aussi à un certain niveau du social car il faut s’inscrire dans la politique gouvernementale d’accompagnement de formation de la jeunesse. Nous nous positionnons comme l’outil technique de l’Etat pour donner la compétence à ces jeunes qui parfois n’ont pas de formation universitaire ou académique, pour qu’ils puissent faire valoir leurs compétences sur le marché de l’emploi au Cameroun », a-t-il souligné.

Les conséquences du règlement européen sur la déforestation pour les PME camerounaises

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Par Sonia Kouam, chargé de recherche, CEPI

Introduction

À partir de décembre 2024, l’Union européenne (UE) veillera à ce que tous les produits qui entrent sur son marché proviennent de terres non déboisées. Cela signifie que le cacao, le savon ou les produits de beauté camerounais devront garantir qu’ils sont produits sans déforestation. À ce jour, le règlement de l’UE sur la déforestation (EUDR) est l’un des plus ambitieux au monde. En outre, le nouveau règlement de l’UE sur la déforestation (EUDR) garantit que sept produits de base ((le soja, le bœuf, l’huile de palme, le bois, le cacao, le café et le caoutchouc) tous les principaux moteurs de la déforestation à travers le monde n’entreront plus sur les marchés de l’UE s’ils proviennent de zones déforestées.

Cet article décrit cette nouvelle loi, les étapes à suivre pour négocier dans le cadre de la nouvelle loi européenne sur la déforestation, les conséquences pour les PME et la difficulté dans la misent en œuvre. Les PME camerounaise seront affectées et ont besoin de plus de temps pour s’ajuster à cette nouvelle loi. 

Le règlement de l’UE sur la déforestation en bref

Le règlement de l’UE sur la déforestation stipule que tout produit entrant dans l’UE doit provenir d’une zone qui n’a pas été déboisée après 2020. Cela signifie que les petits et les grands producteurs devront se soumettre à cette nouvelle règlementation et s’assurer que leurs produits sont conformes. Jusqu’à présent, la production agricole représente environ 80% de la conversion forestière. La demande croissante de produits agricoles entraine la déforestation, réduisant les efforts d’adaptation au changement climatique. L’UE est à elle seule responsable de l’importation de produits qui représentent environ 13 à 16 % de déforestation associé au commerce mondial ou 203 000 hectares de forêt défrichée et116 millions de tonnes de CO2.

Le nouveau règlement de l’UE est essentiel pour lutter contre la déforestation de l’UE et pour signaler au secteur privé et aux autres consommateurs que les chaînes d’approvisionnement sans déforestation deviennent norme. La clé d’une mise en œuvre réussie du règlement EUDR réside dans l’article 30. L’UE a signé un accord de coopération avec les producteurs de matières premières, qui prévoit que l’UE coopèrera avec eux pour les aider à se conformer à la nouvelle règlementation. Bien que les détails de cette mise en œuvre soient encore en cours d’élaboration, elle offre la plus grande opportunité pour des pays comme le Cameroun, dont les PME pourraient avoir du mal à se conformer à la nouvelle règlementation.

Les étapes à suivre pour négocier dans le cadre de la nouvelle loi européenne sur la déforestation

Plusieurs étapes sont nécessaires pour commercialiser des produits dans le cadre du nouveau règlement de l’UE sur les exportations. Si les grandes entreprises ont la capacité juridique et financière de faire face à des procédures bureaucratiques supplémentaires, les petites entreprises peuvent avoir des difficultés à le faire. Prouver que les matériaux ne proviennent pas de terres déboisées nécessite certaines connaissances techniques, comme l’exploitation de la technologie satellite ou d’autres formes de preuves qui ne sont pas facilement accessibles aux PME. Voici les étapes à suivre pour exporter dans le cadre du nouveau règlement de l’UE sur les exportations.

Les entreprises et les producteurs doivent collecter des données de géolocalisation de leur zone de production ou d’exploitation.

Les marchandises légales et exemptes de déforestation doivent être séparées des autres marchandises lors de leur exportation vers l’UE. Cela augmentera les coûts et les délais de conformité pour les entreprises de logistique.

L’importateur dans l’UE doit effectuer une vérification diligente avant d’accepter d’acheter un produit.

Les grands fabricants de biens dans l’UE (par exemple les fabricants de chocolat) doivent vérifier que la diligence raisonnable a été effectuée tout au long de leur chaîne de valeur.

Les grands détaillants doivent vérifier que la diligence raisonnable a été exercée en amont de la chaîne d’approvisionnement avant de vendre des produits dans l’UE.

Conséquences de cette loi sur les PME

Les procédures d’exportation au Cameroun sont déjà longues et assez lourdes. Très peu de producteurs exportent directement, mais ils font plutôt recours à une multitude d’agences qui facturent des prix élevés pour l’exportation de leurs marchandises vers d’autres pays. Au Cameroun, chaque producteur doit franchir au moins 17 étapes avant que son produit ne soit exporté, ce qui comprend des processus coûteux tels que l’obtention de certificats de conformité phytosanitaire.

Il faut rappeler que les producteurs de matières premières sont toujours confrontés à des obstacles importants, notamment des défis institutionnels, économiques et technologiques, lorsqu’ils tentent de se tourner vers ces options alternatives. Ainsi, l’adoption des procédures supplémentaires prévues par le nouveau règlement EUDR réduira leurs bénéfices ou augmentera la dette des PME qui ne disposent pas de suffisamment de marge de manœuvre pour s’adapter aux nouveaux coûts associés au règlement EUDR. 

En outre, le règlement EUDR deviendra loi après la signature par le Cameroun de l’Accord de partenariat économique (APE), ce qui signifie que les produits de l’UE seront facilement conformes à cette législation même si les entreprises camerounaises ont du mal à exporter vers les marchés de l’UE. Prenons l’exemple d’un nouveau producteur de céréales qui a commencé à cultiver en 2021 et qui possède plus de 5 hectares : il ne pourra pas exporter vers l’UE, ce qui réduira le marché potentiel de ses produits.

La mise en œuvre de cette loi ne sera pas si facile

L’amélioration des capacités de traçabilité est l’un des aspects les plus difficiles de ce règlement. Si les directives fournissent des orientations, les commerçants de pays comme le Cameroun vont devoir se perfectionner pour mettre en œuvre efficacement ce règlement. 

« L’application de cette réglementation sera coûteuse et difficile pour les PME camerounaises, car les chaînes d’approvisionnement en matières premières sont souvent fragmentées et impliquent de multiples acteurs. En outre, les exigences de traçabilité peuvent être difficiles à respecter pour les agriculteurs qui n’ont pas accès aux équipements technologiques ou au savoir-faire de base, mais qui fournissent aux PME des intrants essentiels comme la banane plantain et le manioc pour la farine ».

Il faut reconnaître que des plateformes de traçabilité et de surveillance pour des produits de base clés comme le bœuf, le soja ou le cacao sont en train d’émerger, rassemblant les principaux acteurs impliqués dans l’industrie pour établir des régimes de traçabilité efficaces. Cependant, l’article 30 devrait être utilisé pour améliorer la capacité des pays producteurs à se conformer à ce règlement. Dans le cas contraire, une part importante des agriculteurs peut être exclue des chaînes de valeur mondiales, quelle que soit la noblesse de la raison. Il est donc important que les partenaires locaux, les gouvernements et les ONG soutiennent la mise en œuvre de l’EUDR. À CEPI, nous organisons une série de formations en 2025 pour expliquer les étapes de conformité impliquées par l’EUDR.

Recommandations politiques

Des clauses de rendez-vous devraient être établies pour garantir que les gouvernements soutiennent les petits producteurs. Les producteurs camerounais ont encore un an pour mettre en œuvre le règlement EUDR, car ils doivent renforcer leurs capacités d’adaptation à la nouvelle règlementation. Ne pas accorder plus de temps aux producteurs augmentera le coût des échanges, car ils devront s’appuyer sur des exportateurs coûteux.

Conclusion

Le nouveau règlement EUDR réduira la déforestation dans le monde et obligera les producteurs à adopter des pratiques durables. Toutefois, les producteurs et les exportateurs ont six mois pour renforcer les capacités nécessaires pour se conformer au règlement. Alors que l’UE répond à ses engagements climatiques, il est important de se concentrer à nouveau sur les implications du règlement EUDR pour protéger les consommateurs locaux. Il n’existe pas de règlement parfait, mais le règlement EUDR réduira la déforestation aux dépens des petits agriculteurs du Cameroun. Cependant, il pourrait obliger une plus grande partie de la population à se familiariser avec les technologies pertinentes pour saisir les opportunités latentes du règlement EUDR.

Ayah Paul Abine : Un combat inachevé

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Ayah Paul Abine n’est plus. L’ancien avocat général à a Cour suprême du Cameroun s’est éteint ce 24 décembre 2024 à Buéa, des suites de maladie. Le magistrat à la retraite avait une santé précaire depuis son passage par la prison. La nouvelle est rendue publique par sa famille. C’est la fin d’un combat inachevé qu’a engagé l’ancien député, pour le désenclavement d’Akwaya. D’autant plus qu’à ce jour, cette localité demeure l’une des plus pauvres du Cameroun. Le mandat de député que le magistrat avait obtenu n’ayant pas permis qu’il fasse entendre la voix des siens, « oubliés». Et c’est d’ailleurs ce combat qui occasionera un virage en vitesse dans la carrière et la vie de l’homme. Faute d’avoir pu se faire entendre comme député du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), parti au pouvoir, Ayah Paul empruntera le chemin de la contestation, demandant le retour au fédéralisme. Un fédéralisme à deux Etats fondés sur les langues officielles que sont le français et l’anglais. Soupçonné de pactiser avec les séparatistes, Ayah Paul qui avait déjà claqué avec fracas les portes du Rdpc, après avoir boycotté en 2008 la plénière consacrée à la révision constitutionnelle, avait été arrêté et incarcéré, le 17 janvier 2017, alors qu’il est juge à la Cour suprême. Soit quelques mois après le déclenchement de la phase armée de la crise séparatiste dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Sans jugement, Ayah Paul passa huit mois derrière les barreaux, sans être également inculpé. Une détention pendant laquelle sa santé se détériora, avec notamment avec des problèmes cardiaques et une paralysie des pieds depuis la hanche. Ce qui le coinçait désormais sur un fauteuil roulant. Malheureusement, le compte bancaire est gelé et l’homme désormais à la retraite forcée et qui a rejoint le barreau, est privé de sa pension retraite ainsi que de ses avoirs. Du coup, il ne peut facilement se soigner. C’est dans cette triste situation que l’ancien avocat général à la Cour suprême du Cameroun, a quitté la scène.

A lire aussi: Yaoundé aux trousses du fils d’Ayah Paul

Dans ce contexte, Yaoundé réprimait avec force toute opinion opposée à la décentralisation. Beaucoup de fédéralistes en avaient également pâti. Depuis son refus de cautionner la non limitation des mandats présidentiels et surtout une rallonge du bail de Paul Biya à la tête du pays, l’ancien député d’Akwaya, département de la Manyu, région du Sud-Ouest, était une bête à abattre pour le régime de Yaoundé. Le démissionnaire du Rdpc créa le People’s action party (PAP) aura de la peine à faire fonctionner son parti. Son compte bancaire gelé, Ayah Paul, malade, poursuivra son combat pour l’alternance et surtout pour un retour au fédéralisme. Lorsqu’éclate la crise dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest en novembre 2016, Ayah Paul critique vertement la répression et les frustrations des Camerounais originaires de cette partie du pays.

Rencontre manquée avec Paul Biya

Paul Ayah Abine est originaire d’Akwaya dans le département de la Manuy, région du Sud-Ouest. Diplômé de l’université de Yaoundé en 1976, puis de l’Ecole nationale d’administration et de magistrature (Enam) deux ans plus tard, Paul Ayah Abine gravit les échelons de la magistrature et devient vice-président de la Cour d’appel du Sud-Ouest. Mais l’homme va virer à la politique. En 2002, l’élite est sollicitée par les populations d’Akwaya pour défendre leurs intérêts. « Je devais me servir de ma position à Yaoundé pour œuvrer à désenclaver une région oubliée des politiques publiques», déclinait-il en 2021, le mandat qui lui avait été confié, chez Jeune Afrique. Soulignant que « Akwaya à cette époque ne disposait d’aucune route. La seule acceptable était celle qui reliait la localité au Nigéria. Nous n’avions que deux centres de santé et deux écoles ». Durant son mandat, Paul Ayah ne parvint jamais à rencontrer Paul Biya pour porter les doléances de sa contrée. Il se contentera en 2008 d’une audience avec Martin Bélinga Eboutou, ancien Directeur du Cabinet civil de la présidence de la République, de regrettée mémoire. Pour une suite sans issue. Une frustration que l’homme n’a jamais digérée.

Ce qu’était devenu Ayah Paul

On comprend pourquoi l’homme qui sentait sa mission tourner à l’échec, refusa de voter pour la révision constitutionnelle en 2008. Il en paiera le prix. De sa vie ! A Buéa, où il résidait désormais depuis sa sortie de prison. Lui qui a refusé l’exil comme d’autres figures de la contestation au Cameroun. Sans avoir vu la Terre promise dont il rêvait : ce retour au fédéralisme, comme une des solutions au sous-développement de sa contrée, et à la marginalisation de la minorité anglophone du pays. « Ayah Paul is gone… A true leader, father and icon… A man to be celebrated. Go well dear Dad », peut-on lire sur la page facebook d’Ayah W. Abine, celui-là même qui dirige désormais la fondation créée par le défunt et qui subit également les foudres de Yaoundé. Traduction : « Ayah Paul est parti… Un vrai leader, père et icône… Un homme à célébrer. Bonne route papa».

Survivre à la maltraitance : le cri audacieux des victimes en BD

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Le poids du silence, les échos de la violence et l’humour comme exutoire… Tel est le fil rouge de « Survivre à un parent toxique et violent », un roman graphique atypique qui plonge avec audace et autodérision dans les méandres d’une enfance marquée par la maltraitance. Le projet qui sera publié par la maison d’édition Teham, est une idée originale et un scénario de Carine Bahanag, scénariste et féministe camerounaise engagée dans les mobilisations politiques collectives des femmes africaines à travers les arts. Les illustrations seront réalisées par Nade et Karamba Dramé.

Selon le document de présentation, la bande dessinée (BD) aborde, avec un ton oscillant entre satire et gravité, les violences intrafamiliales, les violences conjugales et le développement émotionnel de l’enfant. « Un regard rétrospectif sur mon enfance, précisément sur les mécanismes inconscients déployés pour survivre dans un contexte violent, » explique Carine Bahanag, l’autrice de cette bande dessinée. L’ouvrage dénonce les « punitions socialement acceptables » qui masquent des abus bien réels et interroge une société encore trop complaisante face aux violences intrafamiliales et conjugales qui restent souvent taboues. Le récit, structuré en trois parties correspondant à différentes tranches d’âge de l’enfance de la protagoniste, alterne entre scènes de survie désespérément créatives et introspections poignantes. Chaque partie présente dix gags, autant de leçons de résilience qui dépeignent avec une ironie mordante le quotidien d’ »une petite fille » confrontée à un parent violent. Inspirées par les méthodes de développement personnel, ces saynètes détournent des situations banales.

La BD promet, apprend-on, de rendre visible l’invisible. Il s’agit de la peur omniprésente, de la honte tenace et de la haine de soi qui colonisent l’enfance maltraitée. L’imaginaire de la jeune protagoniste devient un refuge où la résilience s’exprime avec ingéniosité et humour. Parfois digne de MacGyver, elle invente des stratégies pour éviter les foudres de son parent, tout en trouvant des complicités salvatrices auprès d’allié.e.s improbables, explique l’autrice.

Les violences intrafamiliales et conjugales vont au-delà du Cameroun, pays natal de l’autrice, Carine Bahanag. L’Organisation Mondiale de la Santé estime qu’un milliard d’enfants, soit près d’un sur deux dans le monde, ont subi des violences physiques, émotionnelles ou des négligences en 2023. Ces expériences traumatisantes laissent des traces profondes sur la santé mentale et le bien-être à long terme. « Survivre à un parent toxique et violent » n’ambitionne pas de résoudre ce problème systémique, mais de contribuer à lever le voile sur ces réalités taboues.

La bande dessinée, qui verra probablement le jour en 2025, dont le cadre de création respectueux a été mobilisé par AFIRI Studio, bénéficie du soutien des organisations internationales telles que la Conférence des Ministres de la Jeunesse et des Sports de la Francophonie (CONFEJES) et l’Association Internationale des Maires Francophones (AIMF), qui offrent aux auteur.e.s de la BD une aide à la création. Elle bénéficie également de l’accompagnement de la fédération France Victimes (FV), qui promeut et renforce l’aide et l’accompagnement des victimes de violences et développe des mesures contribuant à améliorer leur reconnaissance. Cette fédération offre le relais de l’information et la promotion de la BD au sein de leurs réseaux composés de 130 associations et de 1700 professionnel.le.s (juristes, psychologues, travailleurs sociaux).

CAF : Samuel Eto’o affrontera Seidou Mbombo Njoya

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L’élection du président de la Confédération africaine de football (CAF) est prévue en mars prochain. Patrice Motsepe le candidat sortant, sera seul en lice pour sa succession. Samuel Eto’o n’en est pas partant. L’homme que des sources proches de la Fédération camerounaise de football (Fécafoot) dont il est le président, annonçaient sur la ligne de départ, n’a pas déposé sa candidature le 12 novembre, date de clôture de recevabilité des dossiers. D’ailleurs Samuel Eto’o qui, après avoir mis un terme à sa carrière, avait nourri la guerre contre les différents exécutifs à la tête de la Fécafoot, avait assuré qu’il n’ambitionne ni diriger la CAF, ni la Fécafoot.

En revanche, le patron du football camerounais est en course pour une place au Comité exécutif de la CAF. Et face à lui, Séidou Mbombo Njoya, son prédécesseur à la Fécafoot. Ils sont en tout quatre candidats pour le compte de la zone Uniffac (Afrique centrale). les deux Camerounais étant visiblement les poids lourds. Ce sera la suite de la guerre électorale de 2021. et déjà, Samuel Eto’o redoute une manœuvre pour l’écarter de la course pour la CAF. « Mais Christophe, je crois que nous avons la vidéo de mon audition la dernière fois à la CAF et c’était un simulacre, c’était tout sauf la justice. Nous aimons notre continent et nous prônons que les choses soient faites politiquement d’une certaine façon mais les règles de base doivent être respectées. Que ce soit à la CAF ou ailleurs, nous avons ait appel et personne ne peut m’interdire d’être candidat au Comité exécutif parce qu’il y a encore plusieurs instances qui doivent se prononcer et tant qu’elles ne se sont pas prononcées, je ne suis pas condamné et je dois pouvoir être candidat », avait-il répondu à Christophe Boisbouvier au détour d’une interview. Parlant de l’affaire le concernant devant les tribunaux sportifs. Samuel Eto’o est poursuivi pour une affaire de matchs truqués en championnat de première division camerounais, et un contrat signé avec 1Xbet, une société de paris sportifs. Ce qui est proscrit par les textes de la CAF et de la Fifa. Le jury disciplinaire de la CAF avait condamné le président de la Fécafoot à une amende de 20 mille dollars US. Sentence dont il a fait appel devant le jury d’appel de la CAF. La décision est prévue le 8 janvier 2025. Avant cela, Samuel Eto’o a été condamné à 20 mois de prison par la justice espagnole pour fraude fiscale.

Combats juridiques

En attendant, l’homme redoute un complot visant à l’écarter de la course : « Si jamais l’instance ultime me condamne, et je sais que je ne serai pas condamné parce que nous avons assez d’éléments pour prouver mon innocence, alors je ne sais pas pourquoi on essaiera politiquement de m’empêcher d’apporter ma contribution au football africain », se demande-t-il. Mais l’homme a déjà engagé son plaidoyer en direction même de Patrice Motsepe, le président de la CAF, se donnant un rôle qu’il dit jouer déjà à la Fécafoot : « Je l’ai dit au président Motsepe : je lui ai dit papa, il est bon et beau d’avoir un Samuel Eto’o qui essaie de bousculer les mentalités dans votre comité exécutif», confie-t-il.

En clair, Samuel Eto’o se donne une mission révolutionnaire au sein du gouvernement de la CAF. La même qu’il avait annoncée à la tête du football camerounais ; mais qui depuis trois ans, peine à montrer une nouvelle couleur. Avec des arriérés de paiement de primes aux arbitres des championnats professionnels, des arriérés de paiement de subventions aux clubs professionnels, de l’argent versé par l’Etat et de sponsors. Avec des championnats professionnels organisés par la Fécafoot, après avoir retiré suspendu définitivement la Ligue de football professionnelle qui organisait ce championnat depuis la saison 2011-2012.
Il faudra attendre que les listes de candidatures soient étudiées par la commission électorale. Si l’article 18, alinéa 2a des Statuts de la CAF prévoit qu’« les noms des candidats au Comité exécutif de la Caf, et ceux des candidats au conseil de la Fifa doivent être transmis par leur association nationale au Secrétariat général de la CAF… », le même texte prévoit par ailleurs que « tous les membres sortants sont rééligibles sous réserve de l’application de l’article 22 para 8a et 8b de ces statuts». Lequel article 8b qui dispose que « …le président et les membres du Comité exécutif ne peuvent être élus pour plus de trois mandats (consécutifs ou non». C’est ici que sera réglé la confrontation entre Samuel Eto’o et son prédécesseur Séidou Mbombo Njoya. Les deux hommes font partie des quatre engagés en zone Uniffac. La candidature de Séidou Mbombo Njoya n’a pas été transmise par la Fécafoot, mais l’homme est membre sortant et donc d’office candidat. Entre affaires en justice et textes de la CAF, un seul devra être retenu.

Liste des candidats au Comité exécutif

1-Union nord-africaine de football (UNAF) C

  • Hussein Jenayah (Tunisie)
  • Walid Sadi (Algérie)
    2 – Centre-Est (CECAFA)
  • Wallace Karia (Tanzanie)
  • Moses Hassim Magogo (Ouganda)
    3 – Union des fédérations de football d’Afrique centrale (UNIFFAC)
  • Samuel Eto’o Fils (Cameroun)
  • Jean Guy Blaise Mayolas (Congo)
  • Seidou Mbombo Njoya
  • Célestin Yanindji (République centrafricaine)
    4 – Conseil des Associations de Football en Afrique Australe (Cosafa)
  • Elvis Raja Chetty (Seychelles)
  • Sobha Mohamad Ally Samir (Île Maurice)
  • Mac Lean C. Letshwiti (Botswana)
  • Feizal Ismael Sidat (Mozambique)
  • Alfred Randriamanampisoa (Madagascar)
    5 – Union des fédérations ouest-africaines de football (UFOA) A
  • Mustapha Raji
    6 – Union des fédérations ouest-africaines de football (UFOA) B
  • Kurt Edwin Simeon Okraku (Ghana)
    7 – Football féminin
  • Bestime Kazadi Ditabala (RD Congo)
  • Anastacia Tsichlas (Afrique du Sud)
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