vendredi, juin 5, 2026
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Promote :le Premier ministre attendu ce jour

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La journée officielle de Promote c’est ce jour. Après l’ouverture officielle samedi dernier, le Premier ministre, est annoncé par le Comité d’organisation, pour le lancement de cette activité. Entre dispositions sécuritaires et conforts des festivaliers, des mesures ont été prises par l’organisation, en partenariat avec des institutions locales pour offrir une belle fête économique aux entreprises. Pour cette 9e édition, le comité d’organisation renseigne que près de 1000 exposants ont déjà des stands et plus de 200.000 festivaliers sont attendus. Au regard du volume sans cesse croissant d’entreprises qui participent à cette bisannuelle, Promote apparait comme une vitrine économique. Des pays se sont déplacés avec d’importantes délégations d’entreprises. L’Italie en est d’ailleurs une belle illustration. Car à travers son Bureau ICE, qui promeut les exportations italiennes, le pays organisé la participation de 19 entreprises italiennes au salon Promote.

Avec cette présence considérable d’entreprises italiennes, qui démontre le grand intérêt que représente le marché camerounais pour le marché italien, l’Italie entend stimuler l’accroissement des relations commerciales entre les deux pays, en favorisant le renforcement des partenariats et la réalisation d’accords susceptibles de favoriser les entreprises italiennes, camerounaises et africaines en général. Pour ce qui est des objectifs visés par cette 9e édition, le président de l’organisation mandaté explique: “L’observation du milieu des affaires nous conduit à présumer que Promote 2024 sera un bon millésime. (…)Promote 2024, nous aidera tous à tourner le dos aux ravages de la pandémie (…) La 9ème édition de PROMOTE vise à vous permettre comme entreprise, de saisir toutes les opportunités d’affaires, de nouer des partenariats multiformes techniques et financiers, de valoriser votre savoir-faire, d’améliorer votre positionnement dans vos cercles d’activités, de vous comparer à la concurrence, de mieux accéder à des marchés proches et lointains, de multiplier les rencontres, de saisir et comprendre l’essentiel des économies des 8 zones économiques du Continent, selon les décisions de l’Union Africaine, d’initier des débats et des rendez-vous d’affaires participant au développement de votre entreprise. Nous sommes là pour vous accompagner dans cette expérience”.

Energie électrique: 18 milliards en 2 mois pour faire fonctionner les centrales thermiques

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vue partielle d'une centrale thermique installée au Cameroun

Dans une correspondance adressée au directeur général d’Eneo, le distributeur exclusif de l’énergie électrique au Cameroun, le gouvernement, par le biais du ministère de l’Eau et de l’énergie (Minee) a demandé à cette entreprise de mettre à contribution les centrales thermiques afin de réduire l’impact des délestages sur les ménages et les entreprises. Cette demande, qui avait plutôt l’air d’une injonction, a été formulée afin de prévenir tout mouvement d’humeur qui résulterait de cette politique de rationnement mise en œuvre depuis le mois de janvier, en raison du déficit de production au niveau du barrage de Memve’ele. «Il est important de vous rappeler que ces délestages répétés pourraient donner lieu à des troubles sociaux, et pour lesquels votre responsabilité sera engagée » peut-on lire dans la lettre susmentionnée. D’après des confessions obtenues auprès du top management d’Eneo, ces infrastructures ont été relancées bien avant la sortie du Minee, conformément au plan d’atténuation annoncé en janvier 2024 par l’entreprise. Ce dernier prévoyait non seulement la mise à contribution des centrales thermiques, mais également celle des industriels qu’on invitait par ailleurs, à réduire leur consommation à des heures spécifiques pour satisfaire la demande des ménages.

Annoncé implicitement comme une sorte de solide alternative aux délestages par le gouvernement, la mise en service des centrales thermiques est loin d’être une panacée. C’est du moins  ce que semble indiquer Eneo, contacté par votre bihebdomadaire. En effet, gourmandes en fuel, leur fonctionnement va nécessiter le déblocage d’une somme de 18 milliards de Fcfa entre les mois de février et mars pour l’achat de carburant. Soit 10 milliards en février et 8 milliards en mars.  « Ça coûte beaucoup d’argent de produire de l’électricité avec de l’énergie thermique donc du fuel. Aujourd’hui on estime que simplement pour le mois de février, le surcoût lié à cet engagement des installations thermiques c’est 10 milliards de Fcfa. Pour le mois de mars, ça va être à peu près 8 milliards de FCFA. Ça veut dire qu’en deux mois, ça va coûter 18 milliards de FCFA. Qui va supporter ces 18 milliards ? Eneo dans un premier temps, mais in fine, c’est l’Etat qui va supporter», indique Eneo.

Malheureusement ces investissements colossaux consentis pour la mise en route des centrales thermiques pourraient se révéler improductifs en raison de plusieurs détails qui, semble-t-il, n’ont pas été pris en compte par le gouvernement. « Nous avons relancé les centrales thermiques à la demande de M. le ministre de l’Eau et de l’énergie pour pouvoir se substituer à ce déficit de production de Memve’ele. Sauf que malgré la mise en route de ces centrales d’appoint, ça ne permet pas de couvrir la totalité. Ensuite les centrales thermiques ne sont pas au même endroit  que les centrales de production hydroélectrique. Donc on n’injecte pas au même endroit. Ce qui veut dire qu’on peut vouloir ce qu’on veut, mais on ne peut injecter plus dans un tuyau que ce qu’il est capable de faire transiter. Donc on est aussi limité par les infrastructures de transport», souligne Eneo

Industrialisation: le Cameroun devient pays producteur minier

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Le Cameroun se prépare pour accueillir deux évènements dans le secteur minier. Il s’agit de la quatrième édition de la convention internationale des mines et expositions du Cameroun et du Conseil des ministres des pays de l’organisation des Etats d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique. Selon le ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement Technologique par intérim, Fuh Calistus Gentry, qui a, le 15 février dernier, révélé cette information au cours d’une communication gouvernementale à Yaoundé, ces évènements se tiennent du 22 au 24 mai de l’année en cours à Yaoundé.
S’agissant de la première cérémonie susmentionnée, jadis dénommée Conférence internationale des mines et exhibition du Cameroun, elle réunira, apprend-on, des investisseurs nationaux et internationaux, des professionnels de la mine et ceux des métiers connexes. L’enjeu, d’une part, est de présenter le nouveau statut du Cameroun comme pays producteur minier. L’Afrique quitte ainsi le statut de pays potentiel minier. Cette gradation est le fruit, apprend-on, « d’une dynamique impulsée en 2023 ». En effet au cours de cette dernière année, indique-t-on au Minmidt, quatre projets miniers ont effectivement démarré.
Selon les indications, du ministre en charge des mines, il s’agit des projets d’exploitation de fer de Mbalam, de Kribi-Lobe et de Bipindi Grand-Zambi, dont les premières productions commerciales sont attendues cette année [2024], et du projet d’exploitation de la petite mine d’or de Colomine déjà en production. En plus de ces quatre projets en cours, onze autres projets miniers classifiés à court, moyen et long termes, selon les indications de ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement Technologique- par intérim-, feront l’objet de restructuration en vue de leur démarrage effectif le plus tôt possible.


Plus de 150 permis de recherche octroyés


D’autre part, l’évènement qui va se tenir à Yaoundé en mai prochain permettra de faire de la ville aux sept collines un nouveau centre de négociations des financements des projets miniers, au regard de ses atouts qui sont, entre autres, son fort potentiel minier, le bilinguisme de sa population et sa position géographique unique et privilégiée. Enfin, la 4e édition de la convention internationale des Mines et Expositions du Cameroun permettra de mettre un accent sur les opportunités disponibles dans le secteur minier Camerounais, notamment les permis de recherche encore non exploités.
Sur cette question, le Minmidt a octroyé à date plus de 150 permis de recherche pour les travaux d’investigation du sous-sol. Il sera également question de la mise à disposition des zones dédiées à l’exploitation minière semi-mécanisée de l’or suivant un système clos pour l’augmentation de plus de dix fois les recettes issues de cette activité. En effet, selon les instructions du chef de l’Etat sur l’exploitation de l’or dans le cadre de la diversification des ressources financières publiques, apprend-on, le nouveau système clos « Carbon in leach » va permettre un changement drastique de la situation précaire dans les régions de l’Est et l’Adamaoua, afin que l’Etat améliore significativement la collecte de l’impôt dans ce secteur.
En outre, le 4e Cimec permettra de mettre un accent sur les opportunités qu’offrent les données sur les indices du projet de renforcement des capacités dans le secteur minier portant principalement sur les terres-rares et les minéraux critiques de la transition énergétique mondiale, offrant une opportunité au Centre d’information géologique et minière de jouer pleinement son rôle en mettant à disposition des investisseurs intéressés lesdites données. Rappelons que la quatrième édition de la convention internationale des mines et expositions du Cameroun se tient sur le thème « transition du potentiel géologique à la mise en production des gisements miniers comme moyen de renforcement de la croissance économique dans la sous-région ».


Conseil des ministres


En ce qui concerne l’objectif du conseil des ministres de l’Oeacp au Cameroun, il a pour but d’étudier le rapport et les recommandations formulées lors de la réunion des experts de l’Oeacp sur les minéraux critiques nécessaires à la transition énergétique qui s’est tenue à Lusaka en Zambie, en vue de produire un document exposant la position et les options de l’Oeacp face à la proposition de règlement de l’Union Européenne sur la garantie d’un approvisionnement sécurisé et durable en matières premières critiques.
L’enjeu porte sur le choix du lieu de transformation des matières premières critiques qui pourra se faire soit dans les pays de l’UE ou dans les pays de l’Oeacp disposant des ressources minérales critiques, en raison de la disponibilité de l’énergie nécessaire et bien d’autres options.

Délestages: Les coupures d’électricité vont s’étendre jusqu’à la fin du mois de mars

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The electricity meter is illuminated by the light of a candle. Power outage, blackout concept.

Les populations des villes de Douala et de Yaoundé vont continuer à vivre au rythme des coupures d’électricité. Ces interruptions dans la distribution de l’énergie électrique qui ponctuent le quotidien des habitants de ces deux grandes villes depuis le mois de janvier, vont se poursuivre jusqu’à la fin du mois de mars. «La situation dans laquelle on est va durer jusqu’à mi-mars ou fin mars 2024», a confié à Défis Actuels, une source à Eneo, le distributeur exclusif de l’énergie électrique au Cameroun. En effet, C’est à cette période que le concessionnaire de la production, de la distribution et de la vente de l’énergie électrique au Cameroun, espère une amélioration significative de l’hydrologie du fleuve Ntem, qui connaît une baisse de son niveau d’eau. En effet, sur son lit est installé le barrage de Memve’ele (puissance installée 211 Mw) qui, comme les barrages de Songloulou (384 Mw) et Edéa (276,4 Mw) construits sur le fleuve Sanaga, alimentent le réseau interconnecté Sud, qui dessert les régions du  Centre, Sud, Littoral, Ouest, Nord-Ouest et Sud-Ouest.

Comme l’explique Eneo, contrairement aux deux dernières infrastructures énergétiques à qui on a adjoint des barrages de rétention pour juguler les conséquences des périodes d’étiage, Memve’ele n’a pas bénéficié de ces structures d’appoint. Il est par conséquent confronté 2 fois par an, à la baisse du niveau d’eau du fleuve Ntem entraînant une chute de la production qui atteint parfois les 0 MW. Ce qui d’emblée cause un déficit criard dans l’offre en énergie  électrique. A en croire Eneo, c’est dans cette situation que l’on se trouve actuellement. «On est descendu à 30 Mw, on va même descendre à 0 Mw dans quelques jours», précise l’entreprise, qui ajoute en sus que   «Si la demande augmente, la production doit augmenter pour s’adapter. Si la production est limitée, on est obligé de réduire la demande. Comment on réduit la demande ? En négociant avec les industriels leur effacement pour préserver l’alimentation des ménages», explique-t-il. Ce qui est loin d’être suffisant pour normaliser la situation, d’où la nécessité d’arrêter «l’alimentation de certains quartiers dans des villes comme Douala et Yaoundé».

Ces opérations de délestage électrique se déroulent selon un programme de rotation établi par Eneo. Il est soutenu par les centrales thermiques qui ont été relancées à la demande du ministère de l’Eau et de l’Energie, mais qui non seulement sont gourmandes en carburant, ce qui induit des dépenses colossales, mais n’arrivent pas à combler le déficit de production du barrage de Memve’ele

Pourparlers : Vers une augmentation des tarifs des transports routiers

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Le ministre du Commerce a convoqué une réunion dans ce sens avec les syndicats et défenseurs des droits des consommateurs.
Les présidents des syndicats des transports urbain et interurbain, et les associations de défense des droits des consommateurs, rencontrent le ministre du Commerce (Mincommerce) ce jour au siège de la Caisse de stabilisation des prix des hydrocarbures (Csph). Pour une « réunion de concertation, dans la logique du dialogue permanent et constructif entre le gouvernement et ces organisations ». Luc Magloire Mbarga Atangana n’est pas précis sur le menu desdites concertations ; mais il est clair que le contexte et la qualité des invités aux travaux laisse imaginer ce qui préoccupera le Mincommerce et ses hôtes. De toutes les façons, «nous allons à la rencontre initiée par le ministre du Commerce demain pour réfléchir avec le gouvernement sur les propositions que nous avons faites au sujet de l’augmentation des prix des carburants », confie Jean Collins Ndéfossockeng, président du Syndicat national des employeurs des transports terrestre (Synester).

En clair, la révision à la hausse des prix des transports par route vont être débattus. Sur la base des propositions faites par les syndicats du transport terrestre, au lendemain de l’augmentation des prix des carburants (super et gasoil). Selon Jean Collins Ndéfossockeng, les syndicats ont proposé que le tarif du ramassage par taxi passe de 300F à 350F en journée, et de 350F à 400F la nuit. Pour ce qui est du dépôt, il est proposé qu’il passe de 2500F à 3000F en journée, et de 3000F à 3500F la nuit. Pour ce qui est du transport interurbain, les syndicalistes ont proposé au gouvernement une augmentation de 4F sur le kilomètre de route, passant de 14F à 18F le kilomètre. Lors de la dernière augmentation des tarifs de transport en février 2023, le transport interurbain n’avait pas été touché.

Le gouvernement est sous pression qu’il a décidé unilatéralement de réviser à la hausse les prix du super et du gasoil. Les transporteurs qui avaient été conviés à une réunion qu’ils n’avaient pas préparée, et au cours de laquelle ils ont juste été informés de la mesure gouvernementale, n’ont pas digéré ce coup encaissé et des mouvements de grève ont été lancés, avant d’être désamorcés par le gouvernement qui avait juste annoncé des mesures fiscales en guise de compensation aux transporteurs. « L’inflation ne peut pas s’expliquer par l’augmentation du prix du carburant», s’est évertué à expliquer Ndoumbè Mbida, secrétaire général de la Confédération générale des transports terrestres (Cgtt) sur les antennes de Vision 4 TV. Effectivement, « l’augmentation du prix du carburant est un épiphénomène. Le problème fondamental…c’est la structuration du prix », corrobore Jean Collins Ndéfossockeng. Pour autant, les professionnels du transport à titre onéreux ne veulent pas se contenter de ces mesures fiscales ; d’où les propositions de nouveaux tarifs de transport. « Ces prix sont non négociables», prévient Jean Collins Ndéfossockeng. On en saura davantage au sortir de la rencontre de ce jour.

Jean Collins Ndéfossockeng : «Nos propositions de solutions portent prioritairement sur les infrastructures »

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De quoi parlerez-vous demain avec le gouvernement ?

Nous allons à la rencontre initiée par le ministre du Commerce demain pour réfléchir avec le gouvernement sur les propositions que nous avons faites au sujet de l’augmentation des prix des carburants. Nous avons proposé de nouveaux tarifs pour les transports. Pour ce qui est du transport urbain, concernant le ramassage passe de 300F à 350F par jour et de 350F à 400F la nuit. Pour ce qui est du dépôt, que le tarif passe de 2500F à 3000F le jour et de 3500F la nuit à 4000F. Et la course en journée de 3500F à 4000F l’heure. En ce qui concerne le transport interurbain, nous avons proposé que le prix du km passe de 14F à 18F. Vous savez que lors de la dernière augmentation du prix du transport, celui du transport interurbain n’était pas été touché. Ce ne sera que justice. Ces tarifs-là ne seront pas négociables.

Par là, vous confirmez que le tarif du transport est tributaire du coût du carburant ?

L’augmentation du prix du carburant est un épiphénomène. Le problème fondamental n’est pas l’augmentation du prix du carburant ; mais la structuration du prix. On peut payer de la main droite et récupérer de la main gauche. Nos propositions de solutions portent prioritairement sur les infrastructures. La faute à nos dirigeants.

Concrètement il s’agit de quoi ?

Ceux qui détruisent le Cameroun sont les agents publics. Pour ce qui est de la Sonara par exemple, depuis près de 20 ans nous avons demandé qu’on la capacite de manière à ce qu’elle puisse raffiner le pétrole camerounais, malheureusement on n’a pas été suivi. Les fonctionnaires camerounais ont du plaisir à importer le pétrole pour des intérêts égoïstes. Lorsque le Chef de l’Etat dit que l’année dernière on est parti de mille milliards de francs de subvention à 600 milliards de francs, ça veut dire que nous avons fait plus de 400 milliards de gains. Cette année on sera pratiquement à 800 milliards de gain. A terme cet argent nous servira à quoi ? Est-ce qu’on va voir les dividendes de cet argent ? Au Nigéria, le président Tinubu dans sa campagne électorale a avait promis aux Nigérians la levée de la subvention du prix du carburant, les Nigérians l’ont élu parce qu’il leur avait expliqué à quoi servira cet argent et le peuple a compris que cette levée de la subvention lui sera bénéfique. Au Cameroun, est-ce que après cinq ans, dix ans, on va voir des autoroutes ? De Ngaoundéré à Garoua, 240km de route, on fait dix heures de voyage. Si on a une route viable entre Ngaoundéré et Garoua, on pourra faire 4h. Ça fait des économies en termes de carburant… La route appartient au conducteur ; nous sommes les premiers utilisateurs de la route. Le chef de l’Etat a créé le Conaroute (Conseil national de la route, Ndlr), et c’est l’instance où les problématiques de la route se discutent ; le Ministre des Travaux publics n’est qu’un exécutant de ce qui sort du Conaroute. Malheureusement, dans ce Conaroute, tu trouves tout le monde sauf les syndicats des conducteurs. Le fonds routier a été créé pour être la banque de la route adossée au Conaroute. C’est là qu’on retrouve l’argent du payage routier, l’argent du pesage routier. C’était un fonds autonome qui ne devait pas être subordonné à la décision du ministre des Finances et donc dans la caisse unique.

Mais est-ce que les problèmes des infrastructures que vous posez peuvent être résolus du jour au lendemain ?

Il faut déjà que nous intégrons le Conaroute. Il faut être en capacité d’informer le chef de l’Etat de l’état des routes du Cameroun, parce que c’est nous qui pouvons lui donner la bonne information. Malheureusement nous ne sommes pas au Conaroute, et il faut combler ce vide. Il faut que le fonds routier retrouve sa stature d’origine. Et il faut que les syndicats des conducteurs que nous sommes retrouvions le Fonds routier pour bloquer toute velléité de siphonage de l’argent public. C’est donc de ça qu’on va parler demain.

 Eau potable: bientôt une usine de fabrication de tuyaux et d’assemblage des compteurs

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 Prévue dans la localité de Yato, dans la région du Littoral, cette infrastructure annoncée par la Camwater vise à garantir  la disponibilité, la maîtrise des coûts et la réduction de l’importation des matériels pour les projets d’alimentation en eau potable.

 On ne sait pas si l’infrastructure sera opérationnelle à la fin de cette année. Mais,  c’est l’un des projets phares du  Programme prioritaire quinquennal d’investissement (PPQI) 2023-2027  de la Cameroon Water Utilities (Camwater).  L’entreprise publique en charge de la production et de la distribution de l’eau potable annonce  la  mise en place d’une usine de fabrication des tuyaux et des matériels de branchement et d’assemblage des compteurs à Yato, localité située dans la région du Littoral.

 Les informations concernant ce projet ont été dévoilées à l’occasion du conseil d’administration de l’entreprise  tenu les 30 et 31 janvier 2024 à Douala.  Par cette démarche, la Camwater promeut ainsi la chaîne de valeur locale dans son sous-secteur d’activités.  Ce projet, apprend-on, sera réalisé sous forme d’un partenariat public privé.  Le coût de l’investissement n’a cependant pas été révélé.

Le projet de construction d’une usine de fabrication de tuyauteries, de matériels de branchements et d’assemblage des compteurs vise à garantir la disponibilité, la maîtrise des coûts et la réduction de l’importation des matériels de branchement et compteurs pour les projets d’alimentation en eau potable dans le pays.   Car,  ces matériels acquis dans les délais, permettront d’assurer des travaux et la continuité de service. Avec ce projet, la Camwater compte  ainsi améliorer ses performances d’exploitation à travers l’utilisation de conduites, accessoires et matériels de comptage de qualité, acquis à des coûts compétitifs. Cela va aussi répondre à une problématique de compteurs vieillissants, et de de la flambée des prix des fournitures à l’importation. Le projet permettra aussi d’améliorer le chiffre d’affaires vente eau  et de contribuer à la politique de l’Import-substitution.

Pour cette année, la Camwater a un budget de 84,6 milliards FCFAdont 40% consacrés au développement des infrastructures. D’autres projets annoncés sont notamment le Projet de réhabilitation et de construction de nouveaux Systèmes d’alimentation en eau potable (SAEP) dans 13 centres secondaires au Cameroun, le Projet d’approvisionnement et de réhabilitation en eau potable dans 20 villes du Cameroun. Il y a également un ensemble de programmes visant à  lutter contre la fraude.

Inclusion financière : la BEAC veut accroître le taux de  60% d’ici 2027

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 La banque centrale mise sur la stratégie régionale d’inclusion financière qui repose sur plusieurs axes, parmi lesquels le  soutien à l’innovation et au développement des  services financiers numériques dans la sous-région.

 En 2021, le taux d’inclusion financière  est  de 32% dans la zone Cemac, selon les données de la Banque des Etats de l’Afrique Centrale (BEAC). Soit  47% pour le Gabon, 45% pour le Cameroun,   10% pour la Guinée Equatoriale, 5% pour le Tchad,  4% pour le Congo    et 3% pour la RCA.  Pour les autorités, ces chiffrent restent très faibles et doivent être revus à la hausse, en favorisant l’accès des services financiers au plus grand nombre.

L’approche de la BEAC  pour augmenter ces taux, repose  sur la stratégie régionale d’inclusion financière  élaborée sur la période 2023-2027 avec l’appui de la Banque mondiale.  Cette stratégie comporte six axes parmi lesquels l’éducation  et la protection des consommateurs des services financiers,  la  promotion et  la facilitation de l’innovation de l’utilisation des services financiers numériques. Ce dernier point concerne essentiellement l’aide au développement des fintechs qui apportent  aujourd’hui des  solutions financières digitales, allant au-delà de ce proposent les institutions financières classiques.  La stratégie d’inclusion financière de la BEAC 2023-2027 prévoit donc diverses actions pour booster  l’innovation et  l’éducation financière des populations. Il s’agit entre autres de la mise en place  d’un fonds d’investissement pour les start-up  dans le secteur des services financiers numériques (fintech), ainsi que des dispositions pour encourager l’assistance technique et financier des acteurs de la finance digitale.   Il y a aussi la mise en place du bureau régional  d’innovation  chargé d’organiser des conférences sur l’innovation  dans le domaine de la finance numérique.

 Cela s’accompagne  des réformes au plan réglementaire.  On peut citer l’adoption  du règlement sur les établissements de paiement  et celui sur la protection des consommateurs,  l’introduction  en  2018, d’une nouvelle catégorie  d’établissements autorisés  à fournir des  services de paiement sans être adossés à une banque.

L’objectif global  de la stratégie est d’accroître de  à 60%  d’ici 2027 le taux d’inclusion financière dans la Cemac, et  de 75% d’ici 2030.  « Nous voulons que 75% de la population de la cemac puisse avoir un compte bancaire, un compte de paiement et un instrument électronique de paiement. On a commencé  à déployer cette année notre stratégie d’inclusion financière  qui a été adoptée par tous les pays  de la Cemac.   Il reste une petite brique pour que l’écosystème, l’infrastructure soit complète.  Celle-là c’est le paiement. On ne sait pas encore faire l’acceptation  avec le mobile money comme on le fait avec les cartes» explique le directeur de l’exploitation  de la BEAC, Jean-Clary Otoumou.

 Quatre segments de la population sont ciblés par cette stratégie : les femmes, les jeunes, les MPME et les populations rurales. Ces catégories sont considérées comme des franges vulnérables de la population ou exclues financièrement.  L’objectif de la BEAC aujourd’hui est donc de permettre l’accès et l’utilisation d’une gamme de produits et services financiers adaptés  et abordables à ces cibles. Et cela devrait aussi passer par la promotion des stratégies nationales d’inclusion financière.  Mais, actuellement, seuls le Tchad, la RCA et le Cameroun  disposent d’une stratégie nationale de finance inclusive ou de microfinance, relève la banque centrale.

Cemac : un plan stratégique  pour la recherche agricole

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 Le Pôle régional de recherche appliquée au développement des systèmes agricoles d’Afrique centrale (PRASAC), institution de la Cemac, vient d’élaborer un document boussole pour les dix prochaines années.

 Une autre étape vient d’être franchie dans le processus d’amélioration de la sécurité alimentaire dans la sous-région.  Le Pôle régional de recherche appliquée au développement des systèmes agricoles d’Afrique centrale (PRASAC),  institution  spécialisée de la Cemac basée à N’djaména  au Tchad vient de se doter de son plan stratégique. Il s’agit d’un  document qui définit des axes, projets et activités  capables de  soutenir les missions assignées au Prasac sur 10 ans, notamment le développement des systèmes agricoles de l’Afrique centrale.

Depuis plus d’une vingtaine d’années, le Prasac mobilise en effet des chercheurs  des six pays de la Cemac pour l’élaboration et la mise en œuvre de ses programmes et projets de recherche dans les domaines ciblés comme pouvant améliorer  la sécurité alimentaire et nutritionnelle  dans la sous-région.  Mais il était nécessaire  d’élaborer un plan stratégique définissant les programmes et projets prioritaires, avec le consensus de l’ensemble des chercheurs.   Ce document était attendu depuis 2019.  Un document de base a  finalement été conçu et soumis aux systèmes nationaux de recherche agricole des pays de la Cemac  en 2023 pour amendements.  Et c’est à la suite de cela que s’est tenu à Douala  début février dernier, un atelier de validation dudit document.  Ce plan stratégique qui concentre la vision partagée des six pays de la Cemac, est un document consensuel devant servir de mobilisation des fonds auprès des partenaires financiers.  Car, il est en réalité  adapté aux contraintes des partenaires techniques et financiers.

En plus des projets et activités  arrêtés dans le plan stratégique, une feuille de route des activités restantes  a  été élaborée et sera soumise à l’approbation des instances de la Cemac, de même  qu’un mécanisme de suivi évaluation  de cette feuille de route.  L’atelier a réuni les responsables  des institutions de recherche nationale agricoles des six pays de la Cemac.  

Réaction

Jean Louis MIHINDOU DOUKAGA, DG Prasac

 « Ce document va permettre  de programmer les financements »

« Toutes les organisations qui veulent être performantes aujourd’hui  dans le monde fonctionnent avec des plans stratégiques. Et donc, il y a eu tout un processus, l’étape de Douala c’est l’étape qui consiste à mettre les chercheurs devant leurs responsabilités. C’est simplement leur demander de mettre un place un document qui va permettre  de programmer désormais les financements en matière  de recherche scientifique. Donc au lieu de faire du pilotage à vue il faut  qu’on ait une vision. 10 ans c’est long c’est vrai. Mais le plan stratégique dont on parle va se décliner en deux plans opérationnels sur 5 ans chacun. Il sera évalué tous les 5 ans pour qu’on sache d’où on part et quels sont les états obtenus. Donc, c’est pouvoir donner aux chercheurs de la sous-région un outil pour piloter la recherche en Afrique Centrale.  Et cet outil c’est pour qu’ils puissent discuter avec les partenaires qui seront prêts à les accompagner ; mais les partenaires aujourd’hui aiment quand les choses sont prévues d’avance. Sur 1 an, deux ans etc. C’est l’intérêt d’avoir un plan stratégique. »

Jean-Marc Châtaigner : « Nous voulons renforcer l’appui de l’Union Européenne aux PME et aux entrepreneurs du Cameroun»

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Vous organisez la « Cameroon-EU Business Week », à l’occasion du salon PROMOTE. Quels sont les objectifs de cet évènement ?

Cet événement a pour vocation de promouvoir les opportunités commerciales et d’investissements dans votre pays. Il doit aussi permettre de favoriser un dialogue public-privé privilégié, autour des relations économiques entre le Cameroun et l’Union européenne et ses Etats membres. 

Organisée autour du thème « Saisir les Opportunités d’Investissement et Commerciales au Cameroun », cette rencontre permettra à tous les participants d’explorer les avantages stratégiques du Cameroun en tant que pôle d’investissement et des affaires dans la sous-région Afrique Centrale. Il représentera une opportunité unique pour échanger sur l’environnement des affaires et les investissements dans de nombreux secteurs d’avenir du Cameroun, tels que l’énergie, des infrastructures, du transport, du digital, de l’agro-business, de l’économie circulaire, l’industrie. 

La Cameroon – EU Business Week donnera aussi l’occasion de découvrir les possibilités de financement offertes par les institutions financières européennes qui sont souvent méconnues. Les entreprises européennes et camerounaises pourront échanger entre elles et chercher des partenariats. Elles pourront également mener des discussions stratégiques avec les membres du Gouvernement. Nous lancerons notamment à l’occasion de la « Business Week », ce qui pour moi reflète tout l’esprit de ce magnifique événement, une initiative européenne au bénéfice des jeunes entreprises en Afrique : la Team Europe Initiative – Investing in Young Businesses in Africa (en sigle TEI-IYBA). 

La « Cameroon-EU Business Week » aura enfin une vraie dimension internationale, avec notamment l’organisation le 21 février d’un atelier régional présentant les nouveaux instruments financiers de l’UE, avec les institutions financières de la sous-région et les banques de développement européennes. Cet atelier permettra d’informer les banques et le secteur privé des opportunités qui se présentent dans le cadre de l’initiative européenne Global Gateway. Ce « portail mondial » est en effet de mon point de vue un instrument très intéressant dont peuvent bénéficier le Cameroun et ses entreprises pour contribuer au financement de grandes infrastructures et avoir ainsi une action décisive pour agir sur les facteurs structurels de la croissance, comme le désenclavement ou l’approvisionnement en énergie.

La Cameroon – EU Business Week est l’occasion de découvrir les possibilités de financement offertes par les institutions financières européennes

Jean-Marc Châtaigner, Ambassadeur UE au Cameroun

Quelques mois après votre arrivée au Cameroun, comment appréciez-vous l’accueil et vos débuts?

Je suis absolument enthousiaste d’avoir été nommé ambassadeur de l’Union européenne au Cameroun, un pays fascinant qui tient une place cruciale dans la région. Je découvre son fabuleux patrimoine culturel, des compétences impressionnantes en ressources humaines, un potentiel énorme en termes de développement économique et social, comparable ou pouvant même dépasser les pays les plus dynamiques du continent… A la fin du mois de novembre, j’étais dans cette capitale économique active et vibrionnante qu’est Douala. J’ai également visité une bananeraie dans la région du Sud-Ouest, ainsi qu’une zone cacaoyère dans le centre du pays. Je reviens il y a quelques jours d’une mission à Maroua et dans l’Extrême-Nord. A chaque fois, je dois vous avouer que j’ai fait des rencontres passionnantes avec des leaders et des chefs d’entreprises inspirants et totalement engagés pour la réussite du Cameroun. Mes échanges avec les autorités administratives et traditionnelles, avec des acteurs politiques et des organisations de la société civile me renvoie l’image positive de votre pays. Une nation accueillante, courageuse et entreprenante.

Quels sont les axes prioritaires de la coopération telle que vous allez l’impulser ?

Notre action vise à appuyer les autorités camerounaises, dans le cadre des accords de partenariat qui nous régissent, pour débrider et libérer toutes les énergies créatrices que je viens d’évoquer. Nous intervenons en soutien aux Gouvernement sur trois axes que nous avons déterminés conjointement : la gouvernance, un développement économique soutenable et ce que nous appelons le « Pacte vert », qui vise à intégrer l’environnement comme un moteur d’une croissance verte et vertueuse. Ce sont des priorités communes pour lesquelles nous mettons en œuvre des programmes d’appui et un dialogue constant dans le respect des valeurs que nous partageons. L’essentiel pour moi est que nous puissions obtenir ensemble des résultats concrets et visibles pour la population. Au-delà de nos investissements en infrastructures, je souhaite inciter mon équipe à lancer des initiatives pour favoriser la création d’emplois décents, pour les jeunes et les femmes notamment. Le facteur humain est trop souvent sous-estimé dans les stratégies de développement. Cette action passe notamment par un renforcement de notre appui aux PME et aux entrepreneurs, en leur permettant d’accéder à des financements ou des garanties à taux compétitifs. Le défi n’est pas facile, car l’environnement bancaire est souvent peu favorable. Je souhaiterai notamment que nous puissions davantage travailler avec les banques camerounaises pour s’assurer que les financements que l’Union européenne met en place parviennent effectivement aux entreprises qui en ont besoin pour accroitre leurs capacités productives. Je m’y impliquerai, s’il le faut, personnellement, car il y a là, me disent tous les chefs d’entreprise que je rencontre, un véritable goulot d’étranglement pour le développement du secteur privé au Cameroun.

je souhaite inciter mon équipe à lancer des initiatives pour favoriser la création d’emplois décents, pour les jeunes et les femmes notamment.

Jean-Marc Châtaigner, Ambassadeur UE au Cameroun

Qu’apportent l’instrument financier ‘‘Global Europe’’ et la stratégie d’investissement ‘‘Global Gateway’’?

Le Global Gateway est l’initiative de l’Union européenne qui vise à développer un partenariat stratégique et d’égal à égal avec tous les pays dans le monde qui souhaitent investir massivement dans les domaines du numérique, de l’énergie et des transports et à renforcer leurs systèmes de santé, d’éducation et de recherche. Cette stratégie s’appuie notamment sur la capacité européenne à lever des financements beaucoup plus importants pour les programmes concernés. Le but étant la recherche systématique d’un effet de levier des subventions que nous apportons, le financement des études d’impact et l’accroissement de la concessionnalité des prêts apportés par nos Banques de Développement, comme la Banque Européenne d’Investissement (BEI).

En Afrique Centrale et pour le Cameroun en particulier, deux corridors stratégiques sont directement concernés par le Global Gateway. Il s’agit du corridor Libreville – Ndjamena et du corridor Douala/Kribi – Kampala. Au Cameroun, il existe d’ores et déjà plusieurs projets Global Gateway notamment la voie de contournement de Yaoundé, le Pont sur la Logone, que je viens de visiter, ou encore le BRT (Bus Rapid Transit) de Yaoundé. D’autres investissements sont en préparation et seront bientôt annoncés.

Au nombre de vos projets il y a le Dispositif d’appui à la compétitivité du Cameroun (DACC). Quelle en est la vocation, quels sont ses moyens, et quel bilan à ce jour ?

Le Dispositif d’appui à la compétitivité du Cameroun est actuellement le projet phare de l’Union européenne en matière d’appui au secteur privé et vise à améliorer la compétitivité des entreprises nationales. Il s’inscrit dans le cadre des mesures d’accompagnement à l’Accord de Partenariat Economique entre le Cameroun et l’Union européenne. Le programme a notamment soutenu les filières riz, farine de manioc, tomate, cuir. Il soutient l’écosystème des start-up notamment du secteur numérique et appuie l’innovation. Il propose des solutions pratiques pour améliorer l’accès au financement aux entreprises. En partenariat avec la Banque européenne d’investissement (BEI), des lignes de crédit subventionnées d’un montant de 25 millions d’euros en soutien au entreprises ont été mises en place avec deux banques commerciales camerounaises.

Le DACC arrive à la fin de mise en œuvre cette année et un prochain programme d’appui au secteur privé, au climat des investissements et aux chaines de valeur sera aussi lancé lors de la « Cameroon-EU Business Week ».

Vous avez récemment annoncé un soutien au projet de BRT (Bus Rapid Transit) de Yaoundé. Pouvez-vous nous en dire davantage sur les modalités et montant de ce concours, ainsi que sur la consistance et les délais des travaux ?

Nous avons lancé au mois de janvier avec Mme Célestine Ketcha Courtes, Ministre de l’Habitat et du Développement Urbain, le projet Yaoundé MoVe. C’est une démarche conduite en lien étroit nos partenaires de la coopération allemande (GIZ) et de l’Agence Française de Développement (AFD). Nous apportons donc notre soutien aux autorités camerounaises sous un format que nous appelons Team Europe pour renforcer les synergies et démultiplier nos moyens. Le projet intègre d’une part la modernisation du centre-ville à travers la rénovation des voies et la création de couloirs verts et trottoirs réaménagés. Il s’agit de fluidifier le trafic et de permettre aux piétons de se déplacer plus facilement et plus agréablement. D’autre part, il consiste à préparer l’arrivée du Bus Rapid Transit (BRT) également appelé TransYaoundé en conduisant des études techniques et environnementales indispensables au démarrage des travaux

Le volet BRT du projet Yaoundé MoVe consiste à mettre en place d’ici 2028 un trajet en bus électrique de 65 minutes entre Olembé et Ahala (corridor nord-sud) à un prix inférieur à 500 FCFA. Ce type de projet expérimenté à Bogota en Colombie et lancé à Dakar le mois dernier constitue un instrument très efficace de désengorgement urbain et de réduction de la circulation de véhicules individuels. Il contribue à réduire la pollution urbaine et les émissions de CO2. 

MoVE Yaoundé comporte un travail en profondeur avec les taxis de Yaoundé pour les rendre plus sûrs et plus fiables et complémentaires avec le futur BRT. Nous allons également retravailler le tissu urbain, en concertation étroite avec les parties prenantes concernées et les autorités camerounaises concernées, pour donner plus de place aux piétons afin qu’il soit facile d’accéder au BRT à pied. 

Quels sont les autres projets mis en place par l’Union Européenne dans le cadre de la coopération avec le Cameroun, et quelle évaluation en faites-vous ?

Le partenariat entre le Cameroun et l’Union européenne couvre un très large spectre. Nous venons de parler économie, en abordant la Business week, mais notre action cible également des secteurs comme la gouvernance politique, à travers la décentralisation, les droits humains, la lutte contre les violences faites aux femmes, l’état de droit, la protection de l’environnement et la lutte contre le changement climatique, sans oublier les infrastructures et corridors stratégiques. Le choix de ces actions correspond évidemment aux priorités identifiées par le Gouvernement camerounais dans sa stratégie et ses objectifs de développement. Il vise à accompagner le Cameroun dans son ambition de développement économique et social durable. Cette coopération bilatérale a déjà fourni d’excellents résultats au bénéfice des populations et à l’amélioration de leurs conditions de vie, dans toutes les régions du pays. Nous nous attelons mes équipes et moi à toujours renforcer davantage l’efficacité et la pérennité de nos programmes et bien sûr, parce que c’est la clé du succès, être à l’écoute de nos partenaires.

Sur un autre plan, le gouvernement camerounais s’est montré préoccupé par le financement de la Stratégie nationale de mise en œuvre de l’APE bilatéral. Qu’en est-il ?

La réduction des droits de douanes dynamise le marché de la consommation et l’activité économique, générant de nouveaux revenus fiscaux. Aussi, la mise en œuvre de l’Accord de Partenariat Economique est davantage une question de réforme fiscale que de financement à proprement parler dans un contexte où les recettes douanières camerounaises ont tout de même progressé de plus de 13% en 2023.

Plus fondamentalement, le Cameroun et l’Union européenne travaillent ensemble à la mise en place d’une fiscalité réformée et tournée vers l’avenir, une fiscalité qui compensera à terme une potentielle baisse de recettes aux frontières et qui reflètera la volonté du Cameroun d’être un pays émergent à l’horizon 2035.

pour la période 2016-2021, ce sont 125 Milliards de francs CFA de droits non-payés par les acteurs économiques camerounais qui ont exporté vers l’Europe,

Jean-Marc Châtaigner, Ambassadeur UE au Cameroun

Quelle évaluation faites-vous de la mise en œuvre de l’APE ?

Bien qu’ayant accusé un report de plusieurs mois en raison de la crise COVID, le plan de démantèlement tarifaire suit son cours. Les marchandises des groupes 1 et 2 sont désormais totalement détaxées et celles du groupe 3 bénéficient actuellement d’une réduction des droits de 40%.  Cependant, l’Union européenne est préoccupée par l’instauration de droits d’accises sur certaines marchandises importées. Cela entre en contradiction avec l’accord signé. Je suis confiant qu’une solution sera trouvée avec le Gouvernement camerounais par la discussion et le dialogue.

Par ailleurs, comme je l’ai écrit dans une tribune publiée en fin d’année dernière avec mes collègues de l’Allemagne, de la Belgique, de l’Espagne, de la France et de l’Italie, l’Accord de Partenariat Economique entre le Cameroun et l’Union européenne doit encore livrer tout son potentiel. Comme tout partenariat, l’accord prévoit une relation basée sur la poursuite d’intérêts en commun dans le cadre d’un approche paritaire, basé sur des concessions réciproques. Près de 99% des marchandises camerounaises exportées vers l’Union européenne le sont sans droits de douane. C’est le but de l’accord. D’ailleurs, rien que pour la période 2016-2021, ce sont 125 Milliards de francs CFA de droits non-payés par les acteurs économiques camerounais qui ont exporté vers l’Europe, favorisant de fait leur compétitivité sur le marché européen et l’accroissement de leur chiffre d’affaires. Les profits ainsi générés au Cameroun permettent aux entreprises de grandir et d’embaucher et contribuent aux recettes budgétaires et à la consommation intérieure.

On parle beaucoup de ce que gagne le Cameroun dans l’APE. Mais sachant que c’est un partenariat gagnant-gagnant, qu’y gagne l’Europe ?

L’Accord de Partenariat Economique est une bonne nouvelle pour les consommateurs européens qui peuvent plus facilement accéder à ces produits camerounais de qualité, à des prix avantageux. En dynamisant le commerce bilatéral, qui a cru de 68% depuis son entrée en vigueur en 2014, l’Accord établit des ponts et renforce les liens commerciaux et humains. L’Europe tient à renforcer ses relations avec un pays qui lui est cher.  

Finalement, à travers cet accord avec l’Union européenne, le Cameroun fait le choix de favoriser l’accès à son marché national de produits et de biens d’équipements réputés pour leur qualité et leur fiabilité. Ces derniers permettront à l’industrie camerounaise de produire des biens transformés de qualité qui pourront à leur tour être exportés dans de meilleures conditions en Europe, avec des prix de revient compétitifs. C’est donc bien un partenariat gagnant-gagnant.

Propos recueillis par François BAMBOU, Défis Actuels

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