mercredi, juin 3, 2026
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BVMAC: la BDEAC va distribuer 29 milliards aux investisseurs

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Il s’agit d’une opération de remboursement de la troisième échéance de l’emprunt obligataire « BDEAC 5,6% net 2021-2028 ».

  Comme à la même période l’année dernière, la Banque de développement des États de l’Afrique centrale (Bdeac)  va procéder au remboursement des intérêts liés à l’emprunt obligataire « BDEAC 5,6% net 2021-2028 ». Le Directeur général de la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (Bvmac), Louis Banga Ntolo,  a  annoncé cette opération prévue le 8 décembre 2024 à Douala.  Mais les opérations d’encaissement débuteront le 9 décembre 2024 auprès des guichets des Sociétés de Bourse.

 L’opération porte sur  le  « remboursement de la troisième échéance » de l’emprunt obligataire « BDEAC 5,6% net 2021-2028 », précise le DG de la BVMAC.    Il est question de la mise à disposition de 22 974 682 000 FCFA au titre de l’amortissement du principal et à la mise en paiement des intérêts pour un montant de 6 432 910 960 FCFA. Soit un total de plus de 29 milliards FCFA à percevoir par les investisseurs.  Le coupon net à percevoir par obligation s’élève à 2 560 FCFA  à raison de  2 000 FCFA au titre de l’amortissement du principal et 560 FCFA pour les intérêts.

Lancé le 15 novembre 2021, l’emprunt obligataire « BDEAC 5,60 % Net 2021-2028 »  avait permis de mobiliser 100 milliards de FCFA. La valeur nominale était  de 10 000 FCFA pour une souscription minimale de dix obligations. L’opération se situait dans le cadre de la seconde phase d’un plan de financement de 300 milliards de FCFA  lancé par la BDEAC sur la période 2020-2022.  Globalement, la banque recherche des  ressources pour le financement de son plan Stratégique 2022-2027 « Azobé ». Les fonds doivent permettre de financer de nombreux projets de diversification économique ainsi que les infrastructures. Il est aussi question de financer la santé et l’éducation dans les pays de l’Afrique Centrale.

BGFI Bank Cameroun inaugure son  siège social le 6 décembre 2024

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 L’édifice en construction depuis 2021 pour un coût estimé à 10 milliards de FCFA, est situé  au quartier Bonapriso à Douala.

Annoncé depuis quelques mois, le nouveau siège du groupe BGFIBank au Cameroun sera opérationnel dans quelques jours.Des sources au sein de la banque font savoir que la cérémonie officielle d’inauguration de l’édifice est prévue  6 décembre prochain à Douala. 

 Il s’agit d’un holding de huit étages  bâti sur un espace de 2 500 mètres carrés.  Baptisé « Sirius Building », l’immeuble  situé au quartier Bonapriso à Douala abrite par ailleurs l’agence « Emeraude » de la banque.  L’investissement évalué à 10 milliards de FCFA aura pris trois ans pour se concrétiser. Car, les travaux ont démarré le 21 septembre 2021.

Henri-Claude Oyima, Président directeur général du Groupe bancaire BGFI Bank avait déjà annoncé la fin des travaux pour cette fin d’année.  En séjour au Cameroun en juillet 2024, il avait fait la déclaration à la presse au sortir d’une entrevue avec Alamine Ousmane Mey, ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire.  «Au Cameroun nous sommes en train d’édifier notre siège social qui sera inauguré au mois de décembre, pour montrer l’implication du groupe BGFI Bank ici au Cameroun », avait  affirmé Henri-Claude Oyima.

 Présent dans 12 pays, BGFI holding corporation est  un groupe bancaire basé au Gabon. Détenu à 100% par le privé, le groupe a lancé ses activités au  Cameroun  en 2011.  Avec 71 employés au départ, il compte à date plus de 300 collaborateurs. Une couverture des 10 régions du pays via un réseau de d’une vingtaine d’agences.   La holding est aussi active à travers la Fondation BGFIBank  qui s’est donnée pour mission d’œuvrer pour une éducation de qualité, une transmission des connaissances dans des conditions sereines et pour l’égalité des chances pour tous, en développant des projets ayant un impact fort et durable sur les populations bénéficiaires.

Investissement immobilier: des solutions de financement

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Restructurer le crédit foncier, renforcer les banques et les établissements de micro-finance, simplifier des démarches administratives… sont entre autres recommandations formulées à l’issue de la troisième édition forum économique de Douala qui s’est tenu il y a quelques jours à Douala.

Au Cameroun, plusieurs institutions interviennent dans le financement de la construction.  Les établissements de microfinance, les banques mais aussi des établissements financiers spécialisés tels que le Crédit Foncier du Cameroun (CFC), la Société Camerounaise des Equipements (SCE). Malgré cette multiplicité d’acteurs, le taux de financement pour l’immobilier reste très faible.  Car, pour avoir accès à leur service, il faut être travailleur qualifié et exercer dans le secteur formel.  Or, bon nombre surtout dans la ville de Douala tirent leurs revenus des activités informelles et parfois, ne disposent pas de compte bancaire. Face à ce constat, les réflexions autour de la problématique de l’immobilier dans la capitale économique lors du récent forum économique de Douala, ont permis de dégager plusieurs options de financement en faveur de ce secteur.

 Renforcer les banques et  EMF

Les acteurs financiers proposent que l’Etat revoit son accompagnement vis-à-vis des établissements financiers (banques et micro-finances) afin qu’ils puissent en retour, accorder facilement des crédits aux promoteurs immobiliers et même aux chefs de famille.  Car, le problème selon eux se trouve dans l’environnement et le profil des postulants.  Les  taux d’intérêt  du crédit foncier en eux-mêmes varient en 1 et 7%, avec des taux préférentiels pour les jeunes. Ils sont donc accessibles mais, les usagers exercent pour la plupart dans le secteur informel. Ce qui rend difficile l’accès à ce crédit. Bien plus, le taux de sinistralité reste  très élevé, relèvent-ils. Sur certains prêts immobiliers, ce taux dépasse 50%.   Une bonne partie des crédits  accordés n’est donc pas remboursée.   D’où l’exigence des garanties assez rigides. Il est donc question en termes de proposition,  de mettre par exemple en place des réformes pour accompagner ces structures.

 Restructurer le crédit foncier du Cameroun

Pour les responsables du Crédit Foncier du Cameroun (CFC), premier établissement financier spécialisé dans les prêts immobiliers, il faut reformer cette structure. D’après eux, le CFC doit se réinventer pour véritablement apporter des financements adaptés aux besoins de la population grandissante. Par ailleurs, l’institution  croule déjà sous le poids de nombreux crédits non remboursés. Le taux de sinistralité avoisine parfois 100%.  Dans la même veine, il est proposé à l’Etat de renforcer le partenariat avec la Magzi.

Simplification des démarches administratives

Les autorités sont appelées à faciliter les procédures d’obtention du titre foncier.  A peine 10% des constructions à Douala en disposent selon la mairie de la ville. Les usagers  se plaignent du nombre d’étapes à franchir pour obtenir une sécurisation complète, mais également des coûts.  Le montant dépensé en moyenne par les propriétaires de logement pour sécuriser leur terrain est de 331 704 FCFA. Les montants sont plus élevés pour les propriétaires qui ont acheté les terrains déjà titrés  (466 546 FCFA)  que ceux qui ont acheté des terrains non titrés  (235 061 FCFA), révèle l’enquête  de Centre for affordable housing finance in Africa réalisée en 2022. Ces coûts élevés sont parfois générés par le manque d’information sur le processus de sécurisation des terrains de même que l’absence d’une tarification officielle des coûts associés à chaque étape du processus. D’où la recommandation de simplifier les procédures mais aussi de promouvoir une transparence dans le processus de délivrance des documents d’urbanisme ( titres fonciers, permis de bâtir etc).

LAURENT SANCHEZ : « Les populations utilisent leurs propres téléphones »

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LAURENT SANCHEZ, chef du projet ‘’Siren’’

Dans l’usage quotidien, comment fonctionne ‘’Siren’’ ?

 Sur le terrain, des pêcheurs ou de simples riverains utilisent ‘’Siren’’ sur leurs téléphones pour observer la faune marine. Une tortue ou un requin qui a échoué sur un rivage peut être filmé, et l’image envoyée instantanément dans notre base de données, qui détermine rapidement la localisation exacte et évalue le type de mesures à mettre en œuvre. Il en est de même des embarcations qui pêchent des espèces protégées, ou bien qui exercent dans des zones interdites. De jour comme de nuit, les observateurs se déploient ; ils ne peuvent pas tricher, car l’outil technologique retrace avec précision les parcours effectués.

Ces observateurs sont-ils formés et dotés gratuitement de téléphones Android ?

 Il s’agit en réalité d’un réseau de sciences participatives, coordonné par l’Ong AMMCO. Les observateurs sont essentiellement des bénévoles, qui au quotidien vaquent à leurs occupations. Ils sont formés en quelques heures à l’utilisation de ‘’Siren’’, qui est très facile. Au regard de leur intérêt qu’ils ont compris dans la préservation des ressources marines, ils mettent à contribution leurs propres téléphones. Ils ne reçoivent pas de rémunération, même si l’on peut prendre en charge les longs déplacements et les grandes patrouilles. Dans leurs communautés ils sont également des relais importants pour la sensibilisation et le partage d’informations.

 En termes d’évaluation, comment apprécier l’apport de cette application ?

Rien n’est parfait, mais la satisfaction est grande, au plan technologique, environnemental, social et scientifique. Nous sommes fiers de la prise de conscience des pêcheurs, dont certains ont par exemple abandonné la pêche à la tortue en comprenant que l’attrait touristique de cette espèce leur apporte des revenus substantiels et durables. Nous relevons aussi l’engouement et le sérieux des volontaires, qui permettent aux équipes de recueillir des informations de première main, y compris sur des espèces rares, voire inconnues. En plus de la protection, les travaux de l’application ‘’Siren’’ pourront contribuer à une meilleure connaissance de la biodiversité aquatique.

Interview menée par André Naoussi

Pêche illicite et menace sur les espèces : Attention, la « SIREN » vous observe !

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En 2014, Aristide Takoukam Kamla, jeune chercheur camerounais, est fatigué de…chercher en vain des lamantins autour du lac Ossa pour son mémoire à l’université. Il se confie à un brave pêcheur de la localité, qui lui ouvre des astuces ancestrales pour retrouver ces mammifères marins. En quelques semaines, il boucle ses études. L’idée germe alors en lui de valoriser ces connaissances, avec une application que les populations elles-mêmes pourraient utiliser facilement pour collecter les données et les envoyer dans une base à distance. Ainsi naît SIREN, baptisée ainsi en référence au mythe de la fée des mers qui est une sirène.

Son champ d’expérimentation est large : espèces malades ou en détresse sur les plages (lamantins, requins, dauphins, raies, baleines, crabes, crevettes, tortues), filets aux normes irrégulières dressés dans la mer, bateaux en situation de pêche illégale (essentiellement des embarcations étrangères, qui agissent de nuit avec des phares éteints et des signaux satellites désactivés).

L’organisation AMMCO, qui s’occupe des mammifères marins africains, gère le déploiement de cet outil. Dès réception d’une alerte de terrain, l’information est envoyée directement à l’autorité la plus proche, comme le Sous-préfet, le Maire, le responsable du Minepia, le chef de village, le commandant de la gendarmerie ou de la police. Si elle vient d’un parc marin ou toute autre zone protégée, l’information est transmise au conservateur, qui sait comment mobiliser les autres acteurs et moyens d’intervention. Cédrick Fogwan, en charge du suivi du projet à Ammco, précise que «les alertes sont par la suite compilées et envoyées à tous les ministères concernés (pêches, environnement, défense, etc.), pour qu’ils apprécient la contribution des acteurs de la pêche et des populations locales dans la préservation des ressources marines».

DÉPLOIEMENT INTERNATIONAL

Plus de 80 pêcheurs volontaires utilisent au quotidien « Siren » sur leurs smartphones dans des villages et campements de pêche du Sud-ouest, du Littoral et du Sud. Les informations transmises sont des textes, des audios, des photos ou des vidéos, dans une base de données et de gestion établie aux États-Unis. En plus des permanents, des volontaires temporaires se prêtent à l’exercice : touristes, étudiants, chercheurs. La mobilisation des observateurs bénéficie de l’accompagnement de Wild Life Fund for Nature. Rien que pour l’année 2024, déjà plus six mille observations enregistrées. En plus des cours d’eau et des plages, les observateurs sillonnent les marchés pour relever les espèces fréquentes, et signaler si elles sont protégées ou bien si elles ont été capturées à la régulière. Une future étape consistera à mettre en place un marché des produits de la mer comme les crevettes, afin de connecter les consommateurs directement aux vendeurs, ce qui permettra de retirer du maillon les «démarcheurs » qui contribuent à la forte hausse des prix de vente finale.

 La notoriété de cet outil « Siren » a traversé les frontières du Cameroun. En Afrique, plusieurs institutions l’ont adopté dans une dizaine de pays. Au-delà du continent, une agence gouvernementale la déploie aux Émirats Arabes Unis pour documenter la ponte et la vie des tortues marines. D’autres expérimentations sont en cours aux Bermudes et en Amérique latine. Disponible en accès libre, la gratuité de l’application « Siren » est assurée par le soutien de National Geographic (USA).

Par André Naoussi

Made in Camer : 400 millions FCFA déjà investis pour booster 55 start-ups

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Dans le cadre de l’initiative « Start-up 237 : 100 projets made in Camer » : « toutes les startups ont déjà bénéficié d’une formation à l’évaluation et la formulation de leurs besoins. Certains ont même déjà bénéficié des équipements de façon à accélérer leur production », a expliqué Alain Kiyindou, directeur régional de l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF) pour l’Afrique Centrale et Grands lacs.

 C’était le 19 novembre dernier lors de la séance d’évaluation de ce projet lancé en octobre 2023, dont le but est la promotion de l’entrepreneuriat des jeunes et des femmes. Le projet, porté par le Fonds Équipe France, vise à soutenir 100 start-ups camerounaises avec une enveloppe de 1,3 milliard de FCFA. Jusqu’à présent, 102 projets ont été enregistrés, parmi lesquels 55 start-ups ont déjà été financées à hauteur de 400 millions de FCFA. Le tableau de bilan affiche 700 séances de coaching réalisées, en présentiel et en ligne ; 46 mentors recrutés ; 102 plans d’accompagnement élaborés et 20 responsables de structures d’accompagnement formés.

Présent à ce rendez-vous d’évaluation, Thierry Marchand, ambassadeur de France au Cameroun explique que « le projet est un processus d’accompagnement qui se termine in fine par un investissement. Le but du jeu étant d’évaluer à la fin, l’objectif du projet et il faut qu’on soit très sérieux dans le calibrage des outils et des équipements à acheter. Nous sommes à la phase d’accélération du projet et c’est la première fois qu’on joue ce type de partition. En mars 2025 ça fera 18 mois pour boucler tout le processus et faire en suite que chacune des 102 startups soit réellement dans une situation à laquelle on va commencer à pouvoir mesurer l’impact réel de son activité ».

Le projet ambitionne de favoriser l’employabilité et l’entrepreneuriat, notamment parmi les jeunes et les femmes. La sélection des bénéficiaires repose sur des critères rigoureux et scientifiques, gérés par des comités spécialisés. Les start-ups sélectionnées bénéficient d’un fonds de lancement ou d’accélération, ainsi que d’un mentorat continu assuré par des experts locaux et internationaux. D’ici le premier trimestre 2025, apprend-on 47 projets devraient être opérationnels. Le modèle d’accompagnement couvre l’ensemble des aires géographiques et culturelles du Cameroun, en partenariat avec les ministères, régions et communes concernées. Selon l’ambassadeur Thierry Marchand, il est impératif d’accélérer le programme et de l’adapter aux réalités locales pour un impact concret sur l’économie.

Lors de la cérémonie du 19 novembre, deux start-ups ont reçu des prix d’excellence pour leurs projets innovants et à forte valeur sociale. Il s’agit de MicroggTech, issue de l’École polytechnique de Yaoundé, spécialisée dans la fabrication de couveuses néonatales « made in Cameroon » et la New Generation Technologies, basée à Silicon Mountain à Buea, reconnue pour ses solutions technologiques de pointe. Jean Paul Mbia, représentant du Minesup, a exprimé la gratitude du gouvernement envers l’AUF et l’Équipe France. Il a réaffirmé l’engagement des autorités à transformer l’image de l’université camerounaise en un lieu où l’esprit entrepreneurial et la créativité sont valorisés. Il a également appelé les étudiants à saisir les opportunités offertes par ce programme et à s’éloigner de l’attentisme, pour devenir des acteurs majeurs dans la concurrence mondiale de demain.

L’UE et la FAO veulent augmenter les revenus des producteurs de cacao

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Le Cameroun pose les bases d’un nouveau modèle de développement pour sa filière cacao, plus équitable et plus durable. Vendredi dernier à Yaoundé, les premiers résultats d’une enquête sur les revenus des ménages cacaoculteurs ont été dévoilés, amorçant un tournant crucial dans les efforts visant à garantir un revenu décent pour ces travailleurs essentiels de la chaîne de production mondiale. Menée par l’Union européenne (UE) à travers son Centre commun de recherche (Joint Research Centre – JRC) et l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), cette enquête bénéficie du soutien actif des autorités camerounaises, notamment l’Office National du Cacao et du Café (ONCC).

Son objectif ? Définir le revenu minimum permettant aux producteurs de cacao de vivre dignement, tout en identifiant le prix du cacao qui rendrait cet objectif réalisable. Selon Athman Mravili, représentant de la FAO au Cameroun, cette étude représente une avancée majeure : « Définir l’écart entre le niveau de revenu décent et le revenu réel des ménages producteurs de cacao permettra aux autorités de concevoir des politiques favorables à une filière durable, tant sur le plan économique que social. », explique-t-il. Entamée en 2023, l’étude s’articule autour de deux phases majeures.

 La première, menée en collaboration avec l’Institut pour la Recherche, le Développement Socio-économique et la Communication (IRESCO), a permis de définir les dimensions d’une « vie décente » : alimentation, logement, éducation et santé. La seconde phase, réalisée avec le Centre d’Études et de Recherche pour le Développement (CERD), a consisté en une enquête approfondie auprès des ménages producteurs et des prestataires de services. L’enjeu était d’évaluer le revenu réel des cacaoculteurs et déterminer le différentiel entre ce revenu et le seuil d’un revenu décent.

DES ATELIERS POUR LA TRANSPARENCE ET L’INCLUSION

Pour garantir une large adhésion, plusieurs ateliers ont été organisés, de Yaoundé à Ebolowa, réunissant producteurs, chercheurs, décideurs publics et acteurs du secteur privé. Ces rencontres ont permis des discussions approfondies sur les résultats préliminaires et la méthodologie adoptée. Les résultats finaux, attendus pour début 2025, intégreront les observations issues de ces échanges. Pour les producteurs, cette initiative représente un espoir concret de pouvoir négocier un prix plus équitable pour leur cacao, en se basant sur des données solides et transparentes.

Ce projet s’inscrit dans la continuité des Cocoa Talks, un dialogue multipartite lancé par l’Union européenne en 2021 dans le cadre de son Initiative cacao durable. Ces discussions ont débouché sur des engagements concrets, dont cette étude sur le revenu décent. À terme, les parties prenantes espèrent que les conclusions permettront de jeter les bases d’une économie cacaoyère plus équitable, où chaque acteur de la chaîne de valeur, à commencer par les producteurs, pourra aspirer à une meilleure qualité de vie.

Paul Biya autorise un emprunt de 41,5 milliards de FCFA pour la promotion de l’entrepreneuriat

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Par décret signé le 25 novembre 2024, le président Paul Biya a officiellement autorisé le ministre de l’Économie, Alamine Ousmane Mey, à conclure un accord de prêt de 63,09 millions d’euros (environ 41,5 milliards de FCFA) avec la Banque Africaine de Développement (BAD). Ce financement marque une étape clé pour le Projet d’Appui à la Promotion de l’Entrepreneuriat et à l’Amélioration des Compétences (PEAC), un programme ambitieux qui promet de transformer le paysage socio-économique du pays.

UNE INITIATIVE VALIDÉE À ABIDJAN

La genèse de cet accord de financement remonte au 14 juillet 2023, lorsque le Conseil d’administration de la BAD, réuni à Abidjan, a approuvé le prêt susmentionné au bénéfice du Cameroun. Objectif affiché : accompagner le pays dans la formation de sa main-d’œuvre et dans la promotion de l’entrepreneuriat, en ciblant les jeunes et les femmes. Le PEAC s’inscrit dans une stratégie nationale de développement des compétences, répondant aux besoins pressants de secteurs porteurs tels que les BTP, les transports, l’énergie, l’agro-industrie, les métiers verts et les TIC.

 Il couvre cinq régions : le Centre, le Littoral, le Sud, le Sud-Ouest et l’Extrême Nord, des zones clés où les défis de l’emploi et de la formation sont particulièrement prégnants. Selon la BAD, le PEAC entend révolutionner le système national de formation professionnelle. En ligne de mire, une meilleure adéquation entre les offres de formation et les exigences du marché de l’emploi.

Cela passera par la construction d’infrastructures modernes, le renforcement des capacités des acteurs du secteur éducatif et l’implication accrue du secteur privé dans la gestion des centres de formation. Mais le projet ne s’arrête pas là. Il ambitionne également de promouvoir l’entrepreneuriat, en particulier parmi les jeunes et les femmes, à travers des appuis techniques et financiers. L’objectif à long terme ? Créer 28 000 emplois supplémentaires d’ici 2050, soit une moyenne de 1 120 emplois par an dès 2027.

Douala : le financement de l’immobilier reste tiré par les tontines

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Malgré une forte demande en logement décent du fait d’une population  grandissante, les investisseurs éprouvent des difficultés à obtenir des prêts immobiliers dans les canaux formels tels que les banques et les EMF.

En 2018, la population du Cameroun est estimée à environ 25 millions, dont près de 25% concentré dans les deux plus grandes villes (Douala et Yaoundé). Ces  données de l’Institut National de la Statistique (INS) renseignent également que le taux de croissance de la population est de 2.5%. Dans la ville de Douala, l’accroissement démographique évolue à un rythme accéléré.  Les migrations massives  sont  de plus favorisées ces dernières années par des crises,  notamment dans les régions du sud-ouest. Conséquence, l’accès au logement devient de plus en plus limité. 

 Cette crise de logement est pourtant bien perçue par les investisseurs qui y voient une opportunité de marché. Sur l’ensemble du territoire, le déficit de logement est estimé à plus d’un million d’unités en 2018.  49.8% de la population habite dans des logements en matériaux définitifs, et la proportion de la population habitant dans des logements disposant d’installations sanitaires améliorées (WC avec chasse d’eau, latrines aménagées) n’est que de 40,4%.

 Mais face à ce potentiel marché, les investisseurs disent éprouver des difficultés à lever des fonds auprès des banques pour financer des projets immobiliers. Les analyses faites par divers acteurs au cours de la troisième édition  du forum économique de Douala, soutiennent que  les canaux de financement informel sont le plus utilisés par les investisseurs dans le logement au Cameroun. Les tontines sont sollicitées dans plus de 50% des cas. Ce qui corrobore une enquête publiée en 2022 sur les investissements dans le logement abordable au Cameroun par Centre for affordable housing finance in Africa (CAHF). Les résultats de cette enquête révèlent que  les financements formels sont très peu utilisés de manière générale dans le pays. Seulement 19% des personnes interrogées déclarent avoir sollicité au moins un financement formel. Les banques apparaissent comme les institutions qui offrent le plus de crédit. Elles sont suivies par les institutions de micro-finance (14%) et les établissements financiers (SCE, CFC, etc.) avec un taux de 13%.  Les données renseignent également que moins de 50% des propriétaires de logement ont reçu au moins un crédit durant leur processus de construction.

Les investissements dans le secteur de l’immobilier sont importants. Car les  coûts de construction  pour les familles restent très élevés comparés à leurs  revenus.  Les revenus des ménages proviennent essentiellement du commerce (38,79%), du salaire (33,10%) et de la pension retraite (12,31%). D’où la nécessité de la mise en place des mécanismes de financement adaptés pour la population à faibles revenus.

Infrastructure énergétique: Barrage de Mekin, le dysfonctionnement de trop

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La Centrale hydroélectrique de mekin mise sous-tension

Lors de la réunion interministérielle présidée par le Premier ministre Joseph Dion Ngute le 21 novembre 2024, une décision majeure a été prise : réhabiliter d’urgence le barrage hydroélectrique de Mekin, à l’arrêt depuis septembre, suite à un dysfonctionnement des pompes à eau du 1er étage à la suite d’une inondation, a-t-on appris de sources concordantes. Cette infrastructure, pourtant présentée comme l’une des pièces maîtresses de l’électrification rurale dans le Sud et le Centre du Cameroun, illustre aujourd’hui l’échec cuisant d’une gestion hasardeuse et de problèmes techniques à répétition.

En juillet 2023, l’infrastructure avait pourtant été officiellement réceptionnée, marquant une étape censée clore un chantier débuté en 2010. Mais cette réception n’a pas empêché les dysfonctionnements de perdurer, au point de rendre le barrage incapable de fonctionner. «C’est le dysfonctionnement de trop», souffle un cadre du ministère de l’Eau et de l’Énergie (MINEE). UNE

PRODUCTION ÉNERGÉTIQUE LIMITÉE ET INÉGALE

 Depuis sa mise en service initiale en 2016, le barrage de Mekin n’a jamais atteint son objectif de production de 15 MW. Selon les données communiquées en juin 2022 par le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, la centrale injectait 11,2 MW par jour dans le Réseau Interconnecté Sud (RIS). Une production insuffisante pour répondre aux besoins de la région du Dja-et-Lobo et d’une partie de la région du Centre, qu’elle était censée alimenter. En cause, des pannes récurrentes sur la turbine et le transformateur principal, signalées dès les premières années d’exploitation.

 Les responsables du projet, à l’époque, avaient évoqué des « contraintes techniques », sans jamais apporter de solutions pérennes. Le constat est resté inchangé jusqu’à l’arrêt complet de l’infrastructure en septembre 2024.

UN FLOU PERSISTANT SUR LA GESTION ET LA COMMERCIALISATION

Outre les problèmes techniques, le barrage de Mekin souffre également de l’absence d’un cadre légal clair pour sa gestion. En juillet 2023, Fréderic Biya Motto, directeur général de la Société Hydro Mekin, révélait que le contrat de concession de l’infrastructure n’avait toujours pas été signé. «C’est une urgence à résoudre pour permettre à Mekin de vendre sa production sur le marché, non seulement à Eneo, mais aussi à des grands consommateurs», avait-il déclaré.

Cette situation administrative floue «limite les possibilités de rentabilisation de l’ouvrage, renforçant les critiques sur le manque de vision stratégique autour de cet investissement», renseigne une autre source au sein du gouvernement qui a requis l’anonymat

UN LOURD PASSIF FINANCIER ET SOCIAL

 Le barrage de Mekin est aussi devenu un symbole des dépassements budgétaires et de conflits sociaux. Initialement estimé à 25 milliards de FCFA, financés à hauteur de 75 % par EximBank of China et 25 % par l’État du Cameroun, le coût du projet avait déjà atteint 34,5 milliards de FCFA en 2020, selon Hydro Mekin. Sur le plan social, la mise en eau du barrage en 2016 a engendré des dégâts considérables : des villages environnants ont été submergés, obligeant des centaines d’habitants à se déplacer.

Huit ans plus tard, les indemnisations promises restent en grande partie impayées, alimentant un sentiment d’injustice parmi les populations locales. Par ailleurs, le barrage est également pointé du doigt par l’Unesco pour son impact sur la Réserve de Faune du Dja, classée au patrimoine mondial. Les organisations de protection de l’environnement dénoncent une mise en œuvre du projet sans considération suffisante pour les normes environnementales internationales.

LE SIGNAL D’UN ÉCHEC STRUCTUREL

La récente décision du Premier ministre de réhabiliter le barrage de Mekin souligne l’ampleur de l’échec. «C’est un projet qui symbolise les défis structurels de nos infrastructures énergétiques : une planification inadéquate, une exécution médiocre et une exploitation non optimale», analyse un expert du secteur. Pour Joseph Dion Ngute, c’est peut-être l’occasion de sauver ce qui peut encore l’être.

Mais pour de nombreux observateurs, le cas de Mekin doit également servir de leçon pour éviter que d’autres projets stratégiques ne subissent le même sort. QUELLE VOIE POUR L’AVENIR ? La réhabilitation du barrage, désormais priorisée, ne sera pas sans défis. Les réparations techniques, vont contraindre le gouvernement à mobiliser des fonds supplémentaires qui vont venir gonfler la facture de ce barrage fortement décrié

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