mercredi, juin 3, 2026
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Rapport de la Chambre des Comptes : les clarifications du Directeur Général du Trésor

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Moh Sylvester Tangongho www.newsducamer.com
Moh Sylvester Tangongho www.newsducamer.com

Défis Actuels : Monsieur le Directeur Général, la chambre des comptes de la cour suprême, dans son rapport sur la certification des comptes au titre de l’exercice clos au 31 décembre 2023 a émis une opinion défavorable. Comment comprendre cet état de chose ?

Moh Sylvester Tangongho : Sur le plan historique, il importe de préciser que depuis plus d’une dizaine d’années, seul un rapport de la Juridiction Financière accompagnait le Projet de Loi de Règlement, celui portant sur  l’exécution de la loi de finances.

Concernant ledit rapport au titre de l’exercice 2023, la Chambre des Comptes de la Cour Suprême a affirmé que « les documents produits connaissent une amélioration sensible ». Par ailleurs, elle a conclu, qu’ « au bénéfice des progrès enregistrés dans le rendu de l’exécution du budget de l’État, elle est d’avis que le Parlement adopte le Projet de Loi de Règlement de l’exercice 2023 ».

L’internalisation des directives communautaires CEMAC dans le droit interne du Cameroun, lesquelles consacrent la réforme comptable, a induit la  tenue d’une comptabilité patrimoniale. Inspirée de la comptabilité des entreprises privées, elle a pour objectif, la maitrise de la richesse exacte du pays, dont ce qu’il possède par rapport à ce qu’il doit. Toutefois, l’atteinte de cet objectif passe impérativement par la réalisation de certains préalables notamment tournés vers le recensement, l’inventaire et l’intégration de tous ces éléments dans les comptes de l’État. 

Depuis le 1er janvier 2022, date de la bascule effective dans la réforme de la Comptabilité Publique, sanctionnée par la production annuelle des états financiers constitués du Bilan, du Compte de Résultat, du Tableau des Flux des Opérations de Trésorerie et de l’état annexé ; la Chambre des Comptes a entrepris de produire un deuxième rapport, le Rapport de la Certification de la régularité, de la sincérité et de la fidélité des comptes de l’État. Dans le cadre de cette activité, elle audite les états financiers annuels et donne par la suite, une opinion à l’image de celle émise par les Commissaires aux Comptes sur les états financiers produits par les entreprises commerciales.

Au titre de la deuxième année consécutive, la Chambre des Comptes a émis une                          « opinion défavorable » au motif que l’information financière et comptable contenue dans les états financiers produits ne retrace notamment pas de façon fidèle et sincère, la situation exacte du patrimoine de l’État.

Cette exigence qui est une innovation forte de la réforme comptable, elle-même inspirée des normes et standards internationaux, impose que l’ensemble du patrimoine de l’État, en l’occurrence l’actif (Terrains bâtis et non bâtis, véhicules, meubles, participations…) et le passif (dettes intérieure et extérieure), soit recensé, valorisé et intégré dans les comptes publics. Pourtant, la réalisation exhaustive d’une telle activité à la fois onéreuse et colossale, rend nécessaire sa planification opérationnelle dans le cadre d’une démarche pluriannuelle.

En l’état actuel de la mise en œuvre de la réforme et du caractère peu significatif des actifs et passifs déjà inventoriés et intégrés dans les comptes, il est logique que l’opinion de la Chambre des Comptes de la Cour Suprême soit défavorable, ce qui pourrait durer aussi longtemps que l’intégralité du patrimoine de l’État (actifs + passifs) ne sera intégré dans les comptes.

Défis Actuels : M. le Directeur Général du Trésor, vous dites que cette opinion pourrait durer aussi longtemps que l’intégralité du Patrimoine de l’État ne sera pas intégré dans les comptes. A quoi cela renvoie concrètement ?

Moh Sylvester Tangongho : La réforme comptable induite par la transposition des directives du cadre harmonisé de gestion des finances publiques mise en œuvre au Cameroun consacre un nouveau paradigme. Désormais, les entités publiques doivent produire les états financiers annuels soumis à la certification par la Juridiction financière agissant en qualité de commissaire aux comptes comme c’est le cas dans les entreprises privées. Lesdits états financiers doivent refléter de manière fidèle et sincère la situation du patrimoine de l’État. Or, aucun recensement du patrimoine de l’État n’a jamais été effectué depuis la naissance de notre Pays.

De manière pratique, il est question de recenser tout ce que l’État possède en terme de terrains, bâtiments, matériel roulant, mobilier, etc dans chaque arrondissement (182), chaque département (58) et chaque Région (10) avant de les intégrer dans le bilan de l’État. Ce qui ne se fera pas en une année.

Face à l’exigence communautaire, il fallait opérer un choix. Soit commencer par recenser et valoriser tous les biens avant de les soumettre, par la suite, à la certification, soit procéder d’abord à la bascule avant de constituer, par la suite, le bilan d’ouverture de manière progressive. C’est cette dernière hypothèse qui a été retenue.

Y faisant suite, les opérations de recensement et d’évaluation du patrimoine de l’État, menées  en  liaison avec le Ministère des Domaines, du Cadastre et des Affaires Foncières (MINDCAF), se sont poursuivies au cours de l’exercice 2024. Elles se sont matérialisées notamment par le lancement de la campagne de recensement et de valorisation des immeubles bâtis et non bâtis de l’État dans les Régions du Sud et de l’Est. Les résultats de cette campagne seront intégrés dans le bilan de l’État.

Il convient de relever que lors de la phase pilote déployée en 2022 dans les départements du MFOUNDI et du WOURI, 3 187 immeubles bâtis recensés, valorisés avaient été intégrés dans le bilan de l’État en 2023 à la somme totale de F CFA 1 469 879 534 910, dont 1 522 immeubles dans le WOURI évalués à F CFA 442 417 956 100 et 1 665 immeubles dans le MFOUNDI évalués à FCFA 1 027 461 578 810.

Il faut donc comprendre qu’il s’agit d’une réforme d’envergure qui devra prendre du temps. Aucun pays au monde ayant implémenté la même reforme, celle de la comptabilité patrimoniale, n’a obtenu l’opinion favorable au terme des premières années de certification. La France, pour ne citer que cet exemple, qui a basculé en 2001 en vertu de la loi organique portant lois de finances (LOLF), a soumis ses premiers états financiers à la certification en 2006 ; soit cinq (05) ans après. Jusqu’à ce jour, le rapport de certification produit par la Cour des Comptes Française comporte toujours des réserves. 

Défis Actuels : une certaine opinion pense, au regard du contenu des rapports produits par la Chambre des Comptes, lesquels ont relevé l’existence des comptes inexistants, la sous-estimation de certaines recettes et autres produits, que le Gouvernement maquille les comptes toute chose qui cacherait des détournements de deniers publics. Que pouvez-vous répondre à cet effet ?

Moh Sylvester Tangongho : Si la Chambre des comptes a observé l’inexistence de certains comptes, c’est en raison du changement de référentiel. Il se trouve que certains comptes de l’ancien Plan Comptable en cours de transposition ont été maintenus dans nos livres à cause du caractère sensible des opérations y enregistrées au titre des exercices antérieurs. C’est le cas par exemple de l’ancien Fonds Spécial des Télécommunications, des Retenues CNPS, des Dépôts divers des postes comptables à l’Étranger. Leur transposition dans les nouveaux comptes nécessite un travail d’apurement préalable ; ce qui est en train d’être fait.

Pour ce qui est des montants bas constatés pour certaines catégories de recettes à l’instar des droits et frais administratifs, des redevances sur la vente de biens, des frais de cession, d’agréments et autres, il s’agit pour l’essentiel des recettes affectées à des organismes  pour assurer leur fonctionnement dans le cadre de l’exécution de leur mission. Les montants qui figurent dans la balance en fin d’année constituent des montants résiduels, non significatifs. C’est également le cas concernant la taxe de conditionnement sur le bois, de celle sur les jeux de hasard et de divertissement. À la faveur de la transposition intégrale du nouveau Plan Comptable de l’État, ces montants résiduels font l’objet d’apurement dans la balance des comptes. Nous tenons à rassurer sur  la régularité des enregistrements comptables contenus dans la balance générale des comptes.

Défis Actuels : M. le DGTCFM, pouvez-vous nous dire un mot sur le système d’information comptable du Trésor?

Moh Sylvester Tangongho : Parlant du système d’information de l’État, il faut dire qu’il est bâti autour d’un référentiel dont l’usage quotidien permet de produire mensuellement et annuellement, le principal document d’information comptable qu’est la balance générale des comptes du Trésor, elle-même utilisée pour la production de nos situations statistiques en l’occurrence, le Tableau de Bord des Finances Publiques (TABORD) et la Situation Résumée des Opérations du Trésor (SROT). La qualité et la pertinence des informations qui y sont contenues sont régulièrement appréciées dans le cadre des programmes économique et financier successifs exécutés en liaison avec nos partenaires au développement (la Banque Mondiale et le Fonds Monétaire International). A date, tous les documents de synthèse budgétaire, comptable et financier de l’État sont générés automatiquement sans intervention manuelle par le biais d’une interconnexion entre les systèmes d’information de la Banque centrale, ceux des Administrations d’assiettes (la Direction Générale des Impôts et la Direction Générale des Douanes) et celui de la Direction Générale du Trésor, de la Coopération Financière et Monétaire pour ce qui est de la chaîne de la recette d’une part, et entre ceux des Ministères dépensiers, celui du Trésor Public et celui de la banque centrale pour ce qui est de la chaîne de la dépense, d’autre part.

Infrastructures routières : Clair-obscur autour du coût de la phase II de l’autoroute Yaoundé-Douala

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Quel sera réellement le coût des travaux de construction de la Phase II de l’autoroute Yaoundé-Douala? La réponse à cette question est désormais moins évidente qu’elle ne l’était le 2 octobre 2024 lors du lancement officiel des travaux du second versant de cette infrastructure qui doit relier les deux plus grandes villes du pays.

A cette occasion, les services de communication du ministère des Travaux Publics avaient révélé que cette seconde phase allait coûter 880 milliards de FCFA, tout en précisant que le prestataire retenu pour ce chantier, China First Highway Engineering Company (Cfhec) « sera rémunérée dans le cadre d’un marché public à prix unitaire. C’est-à-dire que les paiements seront faits sur la base des prestations effectivement réalisées et approuvées par une commission de recettes techniques et prise en attachement ».

Ce discours détonne complètement avec les explications fournies par Emmanuel Nganou Djoumessi, ministre des Travaux Publics, aux membres de la Commission des Finances et du budget de l’Assemblée nationale, qui s’inquiétaient du manque de maturation ce projet majeur. Concrètement, il leur a fait savoir qu’à l’heure actuelle, il est impossible de déterminer le coût exact de l’infrastructure, qui d’après lui, découlera des études techniques qui sont entièrement achevées. « C’est sur la base de cette étude que l’on peut déterminer le coût des travaux », a-t-il déclaré. En outre, « le Gouvernement est encore dans les projections qui permettront la mise en place du financement dédié et la conclusion d’un contrat des travaux sur la base des prix unitaires », peut-on lire dans le rapport de la Commission du budget et des finances de l’Assemblée nationale.

Dans le même document, il est précisé que « les contrats des travaux de la deuxième phase ne sont pas encore disponibles. C’est après l’élaboration des prix que les partenaires financiers vont se mobiliser. Les questions de financement seront discutées par le Ministère des Finances, le Ministère de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire et la Caisse Autonome d’Amortissement».

Emmanuel Nganou Djoumessi n’a pas échappé aux sempiternelles questions relatives aux coûts exorbitants des travaux de construction des infrastructures autoroutières à travers le pays. Les membres de la commission susmentionnée se sont même permis une comparaison avec les prix relativement bas pratiqués sous d’autres cieux pour le même type d’infrastructures.

Concernant cette préoccupation, le ministre « a fait savoir que le Cameroun a pris l’option d’aménager des autoroutes du 33,5 m de la plateforme contrairement à certains pays qui le font à 26 m. Bien plus, les autoroutes au Cameroun sont deux voire trois fois extensibles par l’intérieur. Relativement aux éléments qui entrent dans le coût des travaux routiers, il a cité ; la structuration de chaussée, les ouvrages d’art, le niveau de remblais exécutés ». Par ailleurs, « à chaque fois qu’une route est aménagée au Cameroun, il y a un accord en infrastructures socio-économiques de base qui est pris en compte dans le coût de réalisation des routes», a-t-il ajouté.

 D’après le ministère des Travaux publics, l’aménagement de la deuxième phase de l’autoroute Yaoundé-Douala est divisé en cinq tronçons : Bibodi-Bodmon (39,5 km), Bodmon-Edéa Est (34 km), Edéa Est – Edéa Ouest (30 km), Edéa Ouest – Pitti Gare (18 km) et Pitti Gare-Massoumbou (19,5 km). Pour l’heure, l’autoroute part de Yaoundé et est connectée à la nationale n°3 par Boumnyebel

Cybersécurité et cybercriminalité : Le gouvernement s’engage pour la protection des données personnelles

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Ce rendez-vous annuel avait pour objectif d’évaluer les risques auxquels les données de l’écosystème national du numérique sont exposées et de proposer des stratégies de réponse efficaces pour contrer les menaces de cybercriminalité. Placée sous le thème « Cyberespace national et protection des données stratégiques », cette édition du forum s’inscrit dans la mise en œuvre de la politique gouvernementale en matière de sécurité des réseaux et des systèmes d’information. « Nous sommes à l’aube d’une ère où la technologie et l’innovation digitale transforment tous les aspects de notre vie quotidienne, de nos interactions sociales à nos méthodes de travail, en passant par la manière dont les entreprises fonctionnent. Si cette évolution nous ouvre des portes vers de nouvelles opportunités, elle soulève également d’importants défis, notamment en ce qui concerne la protection des données », a averti Minette Libom LI Likeng, ministre des Postes et Télécommunications.

 Les travaux ont été organisés autour de trois panels, chacun composé de quatre interventions, et portaient notamment sur l’écosystème national du numérique au cœur de la menace de la sécurité des données. Le premier panel a dressé l’état des lieux de la protection des données stratégiques dans le cyberespace national. Le débat était axé sur les enjeux et défis de la protection des données, présentant les défis techniques et technologiques. En outre, la question de la protection des données des utilisateurs des médias sociaux face aux défis du profilage à l’ère de l’intelligence artificielle a été abordée. Il s’agissait de présenter des démarches de conformité juridique et des initiatives de remédiation, comme le Privacy Sandbox de Google. Les opportunités et menaces des technologies émergentes pour la protection des données personnelles étaient également au menu de ce forum de sensibilisation. 

RENFORCER LES CAPACITÉS ET SENSIBILISER LES ACTEURS 

Les discussions ont permis de dégager des recommandations pour consolider les politiques, les programmes de cybersécurité et de cyber défense nationale. Les objectifs spécifiques incluaient le recensement des mécanismes de réponse aux risques, la collecte de suggestions et de statistiques, ainsi que le renforcement des capacités des participants en matière de protection des données. Les assises de Bertoua ont servi de cadre de réflexion pour les experts nationaux, permettant d’indiquer les lignes de conduite à adopter pour protéger les données de l’écosystème numérique national. Pour l’État, il s’agissait de recenser les mécanismes de réponse permettant de traiter les risques et d’assurer la protection des données de l’écosystème national du numérique.

 Les pistes de solutions identifiées devront être intégrées aux programmes de sécurité et de défense du cyberespace national. En parallèle, les participants ont été sensibilisés aux menaces pesant sur les données numériques et ont bénéficié d’un renforcement de leurs compétences sur les mécanismes de protection des données. Selon le Minpostel, le troisième Forum National sur la Cybersécurité et la Lutte contre la Cybercriminalité, qui s’est déroulé à Bertoua dans la région de l’Est, a permis de renforcer l’engagement du Cameroun dans la protection des données stratégiques et la lutte contre les menaces numériques, marquant une étape significative vers un cyberespace plus sûr et sécurisé. Il intervient à l’ère de la révolution des données, du big data et de l’intelligence artificielle, qui apportent de nombreux avantages. Cependant, les considérations relatives à la vie privée et à la protection des données demeurent essentielles.

MINETTE LIBOM LI LIKENG, Ministre des Postes et Télécommunications

« La cybersécurité est une source d’opportunités économiques pour nos jeunes »

Le Cameroun se doit d’assurer la sécurité de son cyberespace. Les défis que nous affrontons ne sont pas seulement techniques, ils touchent directement à notre souveraineté et à notre développement. Il est impératif de : (i) Protéger les données stratégiques : Nos systèmes financiers, nos infrastructures critiques et nos données de défense sont des cibles de choix pour des cyberattaques à motivation criminelle ou géopolitique ; (ii) Préserver la stabilité politique : Dans un contexte marqué par une augmentation des cybermenaces, il est crucial de sécuriser les processus électoraux, les systèmes de communication gouvernementaux et les réseaux publics pour garantir une gouvernance sereine et autonome ; (iii) Renforcer la confiance citoyenne : Un cyberespace sécurisé est essentiel pour instaurer une relation de confiance durable entre l’État et ses citoyens, notamment à travers des services numériques tels que l’e-administration ou les transactions électroniques. Les statistiques collectées auprès des services compétents démontrent l’ampleur du phénomène de cybercriminalité dans notre pays. En 2018, 3 388 cas d’usurpation d’identités ont été constatés. 

En 2019, 2 050 plaintes relatives au spamming et au phishing ont été enregistrées, avec environ 11 milliards FCFA de pertes financières, et 11 617 vulnérabilités ont été détectées sur les sites web des administrations publiques. Le Cameroun dispose d’une Politique Nationale de Sécurité des Réseaux et des Systèmes d’information, qui fixe les orientations stratégiques et les initiatives prioritaires à mettre en œuvre pour contrer l’utilisation malveillante du cyberespace camerounais. Il s’agit du renforcement du dispositif légal et réglementaire destiné à réprimer les déviances potentielles dues à une utilisation malsaine des technologies de l’information et de la communication. La politique comprend également le développement des infrastructures de cybersécurité pour mettre en place des outils permettant la prévention, la détection et la neutralisation des menaces qui pèsent sur les réseaux et les systèmes d’information.

Enfin, la sensibilisation, le renforcement des capacités et la gestion du changement visent à accroître les aptitudes des usagers à une meilleure utilisation du cyberespace. Une campagne nationale pilotée par le ministère a touché un large public, avec des sessions de formation destinées aux jeunes dans les écoles et universités. Ces initiatives ont mis l’accent sur l’utilisation responsable des technologies et la protection des données personnelles, comme en témoignent les Journées nationales de cybersécurité à Garoua, qui ont rassemblé des centaines de jeunes autour de conférences et d’ateliers pratiques. Cet événement a montré que la cybersécurité n’est pas seulement une nécessité technique, mais également une source d’opportunités économiques pour nos jeunes talents.

Commerce Illicite : les Douanes saisissent 8 milliards FCFA de marchandises en 9 mois 

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Carburant frelaté, médicaments contrefaits, métaux précieux et alcools dangereux…les trafiquants mettent la vie des Camerounais en danger. La douane, en première ligne pour protéger la santé et la sécurité de tous. Entre janvier et septembre 2024, elle a frappé un grand coup dans sa lutte contre le commerce illicite. Huit milliards de FCFA. C’est le montant faramineux des marchandises saisies, révélé par le Premier ministre, Joseph Dion Ngute, lors de son discours du 1er décembre devant l’Assemblée nationale. Ce chiffre, qui illustre l’ampleur de l’effort déployé, s’inscrit dans une stratégie gouvernementale visant à assainir le commerce national et à renforcer la sécurité aux frontières. « L’administration douanière a intensifié les opérations de lutte contre les trafics illicites et la criminalité transnationale organisée, ayant abouti à plusieurs saisies de marchandises pour une valeur estimée à près de huit milliards de FCFA », a déclaré le chef du gouvernement. 

Cette annonce vient éclairer les efforts d’un corps opérationnel souvent dans l’ombre mais jouant un rôle crucial dans la préservation des intérêts économiques et de sécurité du pays. Les équipes de la Douane camerounaise ne manquent pas de défis. Les saisies récentes révèlent un large éventail de marchandises issues de trafics, parfois étroitement liés à des réseaux internationaux. L’opération « Halte au commerce illicite » (Halcomi III), pilier de cette lutte, s’est déployée à travers le pays avec des postes de commandement stratégiques à Douala, Yaoundé et Garoua. Son but : neutraliser les flux illégaux et démanteler les circuits clandestins qui gangrènent l’économie nationale. à titre illustratif, le 10 décembre dernier, 950 téléphones portables, introduits frauduleusement sur le marché camerounais, ont été saisis. Cette opération s’inscrit dans le cadre de la lutte contre la contrebande et le commerce illicite. Les zones frontalières, en particulier celles jouxtant le Nigeria et la Guinée équatoriale, demeurent des points chauds. Mais la ville de Douala et ses criques le long du fleuve Wouri concentrent aussi une part importante des activités illicites, offrant des cachettes idéales aux trafiquants. 

Ces régions illustrent la complexité d’une lutte où la géographie et l’ingéniosité des contrebandiers ajoutent une dimension supplémentaire au combat des douaniers. Au-delà de son impact sur la sécurité, le commerce illicite pèse lourdement sur l’économie camerounaise. Les pertes fiscales, estimées entre 200 et 250 milliards de FCFA par an, privent l’État de ressources essentielles pour financer les infrastructures et les services publics. En 2021 déjà, les saisies opérées dans le cadre de l’opération Halcomi III atteignaient 10 milliards de FCFA, soulignant l’ampleur d’un phénomène qui ne faiblit pas. L’effet domino est aussi perceptible dans le secteur privé : les entreprises locales, notamment les industries agroalimentaires et pharmaceutiques, subissent une concurrence déloyale de la part de produits contrefaits ou introduits frauduleusement sur le marché. Ce cercle vicieux affaiblit non seulement les recettes fiscales mais érode également la confiance des investisseurs.

E-Visa: 29 milliards de FCFA collectés en un an

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La digitalisation du processus de délivrance des visas au Cameroun commence à porter ses fruits. Lors de son passage devant la Commission des finances et du budget de l’Assemblée nationale, le ministre des Relations Extérieures, Lejeune Mbella Mbella, a révélé que le déploiement du visa électronique a permis à l’Etat du Cameroun de collecter 29 milliards de FCFA entre avril 2023 et octobre 2024.  « Ce système a apporté une célérité inédite dans le traitement des demandes, une traçabilité accrue et une meilleure maîtrise des flux entrants et sortants », a expliqué le ministre. Outre son efficacité opérationnelle, l’e-visa contribue également à « sécuriser le territoire en renforçant le contrôle des identités à l’entrée et à la sortie du pays », pense-t-il.

UN PARTENARIAT PUBLICPRIVÉ PROMETTEUR

Au cœur de cette révolution numérique se trouve la société ivoirienne Impact Palmarès R&D SAS. Sélectionnée en 2022 dans le cadre d’un partenariat public-privé, cette entreprise s’est engagée pour une période de dix ans renouvelables à moderniser les services consulaires camerounais. L’un des projets phares de ce partenariat est la construction d’un centre de transformation digitale à Yaoundé, dont la première pierre a été posée le 16 avril 2024.

« Ce centre sera doté d’un data center de pointe et d’un système informatique intégré pour uniformiser et sécuriser les prestations consulaires », a précisé Patrice Koe Jr., directeur de la communication au ministère des Relations Extérieures (Minrex). Selon lui, ce chantier est essentiel pour garantir l’efficacité et la pérennité de l’e-visa, tout en offrant des infrastructures adaptées aux besoins croissants du pays en matière de gestion numérique.

DES AVANCÉES TANGIBLES MALGRÉ QUELQUES COUACS

D’après les données les plus récentes, 157 688 visiteurs ont été enregistrés entre avril 2023 et mars 2024. Cependant, tout n’a pas été parfait. Des usagers ont signalé des bugs sur la plateforme, ce qui a parfois compliqué les démarches. Malgré ces critiques, le Minrex reste optimiste et met en avant les nombreuses réalisations concrètes depuis la signature du contrat avec Impact Palmarès R&D SAS.

Parmi celles-ci figurent l’équipement de 44 postes diplomatiques et consulaires, ainsi que le déploiement d’équipements sur 19 des 25 postes-frontières prévus dans une première phase. « Le projet e-visa ne se limite pas à la simple digitalisation. Il s’inscrit dans une vision plus large d’uniformisation des services consulaires, qui comprend la mise en place d’une infrastructure numérique complète et une modernisation des équipements. Pour le gouvernement, cette démarche vise non seulement à améliorer l’expérience des usagers, mais aussi à accroître les recettes publiques, tout en renforçant la sécurité nationale », souligne le ministère des Relations Extérieures

Promotion: Joël Hounsinou est le nouveau directeur général de Camrail

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Joël Hounsinou, nouveau directeur général de Camrail

Camrail, opérateur historique du réseau ferroviaire camerounais, ouvre une nouvelle page de son histoire avec la nomination officielle de Joël Hounsinou au poste de Directeur Général. Ancien Directeur Général de Africa Global Logistics (AGL) Côte d’Ivoire, ce cadre chevronné, auréolé d’une carrière de près de trois décennies, est bien connu du secteur ferroviaire en Afrique. «Camrail est heureuse d’annoncer la nomination de Joël Hounsinou en tant que Directeur Général. Ancien Directeur Général de Africa Global Logistics Côte d’Ivoire, il apporte plus de 25 ans d’expérience dans le secteur ferroviaire et logistique», peut-on lire sur le compte Facebook officiel de l’entreprise.

Diplômé de l’École Supérieure de Commerce d’Abidjan (ESCA) et titulaire d’un Executive Certificate en stratégie d’entreprise délivré par HEC Paris, Joël Hounsinou s’est imposé comme une figure incontournable de la logistique sur le continent. Son ascension commence au sein des cabinets Arthur Andersen et Coopers & Lybrand. Il rejoint ensuite, en 1995, le groupe Bolloré, devenu récemment Africa Global Logistics après son acquisition par l’Italo-suisse MSC.

Au fil des années, il a occupé des postes stratégiques, notamment celui de directeur général de Sitarail, l’équivalent ivoirien de Camrail, où il a consolidé son expertise ferroviaire. «Je suis honoré de rejoindre Camrail et de retrouver ce monde du ferroviaire qui m’a vu grandir professionnellement. Je compte sur l’engagement de toutes les équipes pour relever les défis qui nous attendent et continuer à renforcer l’impact socio-économique de Camrail» a déclaré Joël Hounsinou lors de sa prise de fonction.

DES DÉFIS AMBITIEUX SUR FOND D’INVESTISSEMENTS MASSIFS

Joël Hounsinou prend les rênes de Camrail, au moment où cette entreprise est engagée dans un vaste programme d’investissements destiné à moderniser le réseau ferroviaire national. Parmi les projets phares, l’acquisition de 64 voitures voyageurs et cinq locomotives, récemment annoncée par le ministre des Transports, Jean Ernest Massena Ngalle Bibehe, dans le cadre du plan quinquennal 2024-2029.

Ces acquisitions visent à répondre à une demande croissante en matière de transport ferroviaire, et devraient, permettre à l’entreprise d’ouvrir une seconde ligne pour le train express reliant Douala à Ngaoundéré, en complément de celle qui dessert déjà Yaoundé et Douala. «Ces investissements permettront de renforcer nos capacités et d’améliorer l’expérience des passagers. Nous visons une meilleure performance et un impact socio-économique accru », souligne Camrail.

Mais au-delà des acquisitions, le nouveau DG devra s’attaquer à des dossiers plus complexes. Il s’agit notamment de la réhabilitation des principales lignes, à l’instar de Douala-Yaoundé et Douala-Ngaoundéré, l’extension du réseau vers le Tchad et d’autres corridors stratégiques comme Édéa-Kribi-Lolabé etc.

UN OPÉRATEUR STRATÉGIQUE

Depuis sa création en 1999, Camrail se positionne comme un acteur clé du transport camerounais. L’entreprise revendique 12 milliards de FCFA d’investissements annuels et 10 milliards de FCFA de contributions fiscales, tout en employant directement 1 500 personnes et mobilisant 4 000 autres via la sous-traitance.

 En 2023, elle a transporté plus de 1,5 million de tonnes de fret et près de 860 000 passagers, enregistrant une hausse de 16 % sur un an. Cependant, un défi subsiste : améliorer la rentabilité. Malgré des décennies d’opérations, Camrail n’a versé qu’une seule fois des dividendes, privilégiant le réinvestissement dans ses infrastructures. Une stratégie qui, selon les dirigeants, est nécessaire pour garantir la pérennité des activités.

Transport de l’électricité : 9,5 milliards de FCFA pour installer 10 000 poteaux en béton dans les 10 régions

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image générée à l'aide de l'intelligence artificielle

Le ministère de l’Eau et de l’Énergie (Minee) a lancé, en procédure d’urgence, un appel d’offres national pour la fourniture et la pose de 10 000 poteaux en béton dans les dix régions du Cameroun. Cette initiative s’inscrit dans le cadre du Programme d’appui au redressement du secteur de l’électricité (Parsec), qui vise à résoudre les nombreux problèmes structurels du secteur énergétique national.

Ce projet, réparti en dix lots régionaux, a pour objectif de remplacer les anciens poteaux en bois par des structures plus durables en béton armé. Les prestations attendues des futurs prestataires comprennent non seulement la fourniture et l’installation des poteaux, mais aussi leur armement métallique et l’intégration d’isolateurs rigides ou en chaîne.

RÉPARTITION RÉGIONALE ET COÛTS DES TRAVAUX

La consistance des travaux prévoit une allocation spécifique par région. Ainsi, la région du Centre se taille la part du lion avec 3 410 poteaux à poser, suivie du Littoral avec 2 585. Les autres régions bénéficiaires sont l’Est (897), le Sud (1 105), l’Ouest (340), l’Extrême-Nord (646), l’Adamaoua (325), le Nord (229), le Nord-Ouest (190) et le Sud-Ouest (273).

Le coût global du projet est estimé à 9,5 milliards de FCFA, répartis entre les dix lots. Le Lot 1 qui correspondant à la région du Centre, est le plus onéreux, avec une prévision de 3,27 milliards de FCFA. Les coûts décroissent ensuite, variant de 2,56 milliards (Lot 2, Littoral) à 189 millions de FCFA (Lot 9, Nord-Ouest). Rappelons que le Parsec a récemment bénéficié  d’un prêt de 74,25 millions d’euros (environ 49 milliards de FCFA) accordé par la Banque africaine de développement (BAD). Ce financement a été autorisé par le président Paul Biya le 3 décembre 2024, suivant l’approbation du conseil d’administration de la BAD en décembre 2023.

UNE RÉFORME STRUCTURANTE

Conçu pour couvrir la période 2024- 2025, le Parsec vise à redresser le secteur de l’électricité tout en posant les bases d’une transition énergétique. À terme, le gouvernement ambitionne de porter la capacité de production électrique à 5 000 MW, un niveau suffisant pour répondre à la demande nationale et permettre au Cameroun d’exporter de l’énergie, notamment vers le Tchad. Pour y parvenir, le programme prévoit plusieurs mesures phares, telles que l’installation de compteurs prépayés et intelligents, principalement dans les bâtiments publics.

Ces dispositifs permettront de limiter les pertes commerciales et de renforcer le recouvrement des paiements. Une campagne de sensibilisation accompagnera cette initiative, afin d’aider les usagers à s’approprier ce nouveau système. Par ailleurs, un accent particulier est mis sur le développement des compétences humaines.

Des programmes de formation seront déployés pour renforcer la qualification du personnel tout au long de la chaîne de valeur, de la production à la distribution. Malgré ces efforts, le secteur de l’électricité reste confronté à des obstacles structurels. Le déséquilibre financier chronique, le faible taux d’accès à l’électricité et la sous-performance des opérateurs du secteur compromettent encore son efficacité.

Compétitivité: une charte de contenu local pour les PME et TPE

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 Il s’agit d’un document d’engagement des multinationales à donner la priorité  aux Très   Petites, Petites et Moyennes entreprises camerounaises pour les achats de fournitures et services locaux, aux emplois et à la formation.

La charte de contenu local pour les PME et TPE camerounaises vient d’être finalisée et adoptée lors d’un atelier tenu du 4 au 5 novembre dernier à Douala. Il est le fruit des efforts conjoints du ministère des Petites et Moyennes Entreprises, de l’Economie Sociale et de l’Artisanat, l’Organisation Internationale du Travail (OIT), la Bourse de Sous-traitance et de Partenariat du Cameroun (BSTP CMR)  et l’ONUDI.

Le gouvernement dans le code gazier et le code minier du Cameroun définit le contenu local comme « l’ensemble des activités axées sur le développement des capacités locales, l’utilisation des ressources humaines et matérielles locales, le transfert de technologies, l’utilisation des sociétés industrielles et de services locaux, et la création des valeurs additionnelles mesurables à l’économie locale ». Le contenu local intègre donc le développement de la main-d’œuvre ; l’emploi de la main-d’œuvre locale;  la formation de la main-d’œuvre locale ;  les investissements dans le développement des fournisseurs ;  le développement de l’offre et des services locaux ; et les  achats de fournitures et services locaux. « Par exemple dans le domaine de l’emploi, ça veut  dire qu’une grande entreprise doit  par exemple disposer d’une politique de promotion des emplois locaux. Dans  la formation, les grandes entreprises doivent par exemple renforcer les capacités de leurs entreprises sous-traitantes », explique Rodrigue Zuchuon, représentant du directeur du BIT Cameroun.

Cette charte de promotion du contenu local  consiste en effet à donner la priorité aux PME et TPE dans les rapports commerciaux. Le document est une recommandation issue de l’atelier national tripartite sur la promotion de la déclaration de l’OIT des principes tripartites sur les entreprises multinationales et la politique sociale (Déclaration sur les EMN), tenu à Douala en août 2024. Cette déclaration de l’OIT permet de renforcer les effets positifs sur le plan social et du travail des activités et de la gouvernance des entreprises multinationales.  Cela concerne des domaines  tels que l’emploi, la formation, les conditions de travail et de vie, les relations professionnelles etc. 

 Cette charte non contraignante devra être validée par les  entreprises multinationales mais aussi par le gouvernement. Le gouvernement est d’ailleurs appelé à définir un cadre législatif sur la promotion du contenu local. En attendant,  la charte reste un important outil. « Avec l’OIT et l’ONUDI, nous avons scruté en profondeur l’écosystème réglementaire, analysé les goulots d’étranglement et en sommes arrivés à la conclusion que «disposer au préalable d’une charte du contenu local validée, en faire ensuite la promotion et veiller à son application constitue la meilleure approche. D’où cet atelier qui durera deux jours », précise  Evariste Yameni, Directeur Exécutif de la BSTP-CMR.

Réactions

 Joseph Tchana, SG Minpmesa

 « Cette charge  permet de préserver notre tissu économique »

« L’idée de cette charte pour les PME et TPE au  Cameroun est de leur permettre de faire face à la concurrence internationale dans un monde devenu village planétaire qui se traduit notamment par le démantèlement progressif des frontières. Il est important que l’on puisse préserver notre tissu économique en donnant à nos petites et moyennes entreprises, les possibilités mais aussi les rescousses d’un point de vue juridique pour pouvoir se maintenir à flot et pouvoir faire face à cette concurrence qui est parfois déloyale. Donc  l’objectif que nous visons en réunissant autant de participants venus d’horizons divers est que chacun apporte son concours pour que le document qui doit être issu de ces deux jours de travaux, reflète l’assentiment de  l’ensemble des parties prenantes mais aussi soit pertinent de par son contenu et emporter l’adhésion des pouvoirs publics par son adoption afin qu’elle devient effective.»

Evariste YAMENI, Directeur Exécutif de la BSTP-CMR

 «  La préférence nationale est bénéfique pour les sous-traitants et l’Etat »

 « Le  « local content » ou contenu local est promu d’une part pour rééquilibrer les richesses  tirées de l’exploitation des ressources locales en faveur des Etats, avec l’objectif de faire émerger une main-d’œuvre qualifiée et de constituer un tissu de sous-traitance. 
La question du  « local content » semble représenter à suffisance le sens véritable du terme « gagnant-gagnant » pour le développement durable. C’est la portion locale obligatoire en rapport avec l’emploi ou les activités économiques. C’est la part obligatoire à réserver à la préférence nationale dans le cadre d’une activité́ économique donnée. Sa finalité, c’est la  réduction de la pauvreté, l’augmentation des connaissances et du niveau de vie locale, le développement d’une industrie locale, la réduction des inégalités et un meilleur partage des retombées économiques. La BSTP a entre autres missions la promotion et le développement de la Sous-traitance. Le développement de ce dernier est inévitablement lié à la promotion d’une véritable prise en compte de la préférence nationale. En guise d’exemple, si la part réservée aux entreprises locales de sous-traitance dans le cadre de tout projet, des grands travaux ou de tout investissement se situe par exemple à 50 ou 60 %, et que cela devient contraignant au travers d’une loi, alors quel que soit l’entreprise chinoise, française, canadienne qui exécute un marché au Cameroun, l’économie camerounaise à travers ses PME/PMI recevra une valeur ajoutée équivalente à ce pourcentage. Pour un marché d’1 milliard, ce sera 500 à 600 millions qui sera redistribué au niveau local avec de multiples impôts payés qui vont développer notre pays. »

  Rodrigue Zuchuon, Représentant du directeur du BIT Cameroun

 « La Charte incite les entreprises signataires au respect des droits de l’homme »

 « L’OIT ne peut qu’accompagner la forte volonté politique du Cameroun de disposer d’une charte de charte de contenu local pour les TPME camerounaises.
La charte est un instrument susceptible de favoriser la mise en œuvre et la promotion des pratiques d’entreprises durables et responsables pour la réalisation du travail décent, en tenant en compte des lignes directrices offertes par la Déclaration de l’OIT sur les entreprises multinationales. Une ligne directrice est par exemple d’encourager les entreprises multinationales à envisager chaque fois que cela possible de conclure avec des entreprises nationales des contrats pour la fabrication de pièces et d’équipements, d’utiliser des matières premières locales et d’encourager progressivement la transformation sur place des matières premières. Les entreprises multinationales figurent parmi les principaux donneurs d’ordre dans les marchés de sous-traitance. La Charte est également un instrument qui incite les entreprises signataires au respect des droits de l’homme. Le respect des droits et principes fondamentaux au travail par les entreprises nationales est essentiel pour que celles-ci puissent accéder à de nouveaux marchés et intégrer la chaîne d’approvisionnement d’une entreprise multinationale. »  

Eneo: des médailles de travail décernées  à plus de 1000 agents

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 La ville de Douala avec près de 500 agents décorés par le ministre du Travail et de la Sécurité Sociale, a clôturé  le 06 décembre dernier la caravane de distribution des médailles en cours au sein de l’entreprise depuis octobre 2024.  

 Pour la troisième année consécutive, l’énergéticien Eneo Cameroun décerne des  médailles d’honneur du travail à ses anciens et actuels employés.   L’entreprise tente en effet depuis 2022 de  rétablir une justice sociale. Car, aucune médaille n’avait été remise à un personnel  de l’entreprise depuis 2012. Soit 10 ans. Ils sont donc nombreux, dont plusieurs déjà à la retraite qui reçoivent ainsi la reconnaissance de la patrie pour leurs loyaux services.

 L’entreprise a effectué une caravane de remise de ces médailles dans plusieurs villes du pays. Garoua, Maroua, Ngaoundéré, Bertoua, Ebolowa, Obala, Yaoundé, Bafoussam, Kribi, Limbé et Douala. La capitale économique Douala a servi de clôture le 06 décembre dernier, à cette caravane de décoration qui a débuté au mois d’octobre 2024.  Ce sont au total plus de 1000 personnels d’Eneo qui ont reçu des médailles d’or, de vermeil et d’argent.   Pour le représentant des employés, cette cérémonie marque les efforts du management de l’entreprise à rendre  ses agents épanouis. Joséphine Nga Bekara a particulièrement salué quelques actions menées par la direction d’Eneo Cameroun.   «  L’amélioration de la couverture des soins médicaux de 80 à 90% a été accueillie avec beaucoup de gratitude, la politique d’ouverture  au dialogue  et aux explications  sur nos inquiétudes est très  appréciée », a-t-elle déclaré.

Le ministre du Travail et de la Sécurité Sociale,  Grégoire Owona a pour sa part indiqué que cette démarche contribue à apaiser le climat social au sein de l’entreprise.  Grégoire Owonaindique que l’action démontre la volonté du top management d’Eneo à  « consolider  un environnement  de travail apaisé et valorisant  propice au bien-être  du personnel et la productivité  de l’entreprise. Dans la même veine, je voudrais  apprécier toutes les initiatives prises en vue d’améliorer les conditions de travail, notamment en matière de santé et de sécurité », a-t-il déclaré.

Les employés ont saisi l’occasion pour faire part de leurs inquiétudes au sujet notamment du rachat par l’Etat du Cameroun, des parts d’actis dans le capital de l’entreprise. De même, les questions telles que l’assurance maladie  et la gratification des postes ont été abordées.

Réaction

 Amine Homan LUDIYE , DG D’Eneo

 « Le rachat par l’Etat des actions d’Actis ne devrait causer de stress à personne »

 « C’est avec une grande fierté et une profonde satisfaction que je prends la parole, à l’occasion de cette troisième année consécutive de remise des médailles d’honneur du travail chez ENEO. Cette tradition, réactivée il y a deux ans après une longue période d’interruption, illustre notre engagement renouvelé envers la valorisation du mérite et de la fidélité de nos Travailleuses et Travailleurs. Sur le changement d’actionnariat : les pourparlers entre l’Etat et Actis concernant le rachat par l’Etat des actions d’Actis ont commencé il y a plusieurs mois. Ce processus suit son cours. Je tiens cependant à souligner que cela ne devrait causer de stress à personne. Je suis convaincu que les deux parties ont pour priorités, à l’issue des négociations, de garantir la pérennité et la croissance d’ENEO, de sauvegarder les intérêts du personnel et de nos clients, et enfin, de continuer à remplir nos missions de service public pour relever les défis énergétiques du Cameroun. »

 

Agriculture :  7 milliards de FCFA pour la production de semences améliorées en 2025

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Après une réduction de 46,6% de l’enveloppe dédiée au financement de la production de semences améliorées en 2024, le ministère de l’Agriculture et du Développement Rural (Minader) a décidé de l’augmenter de 191,67% en 2025. En valeur absolue, cette poche de dépense va passer de 2,4 milliards de FCFA en 2024, à 7 milliards de FCFA en 2025, soit une hausse de 4,6 milliards de FCFA, d’après les dernières confidences de Gabriel Mbairobe, ministre de l’Agriculture et du Développement Rural (Minader).

C’est du moins ce qu’a laissé entendre ce membre du gouvernement après son passage devant les membres de la Commission des finances et du budget de l’Assemblée nationale, pour défendre son budget d’un montant de 106,5 milliards de FCFA. « Nous allons continuer avec la politique de subvention des intrants agricoles. Nous envisageons en 2025, subventionner 85 000 tonnes d’engrais et mettre à la disposition des producteurs des semences améliorées d’une valeur de 7 milliards de F CFA », a-t-il déclaré.

Cette hausse est certainement dictée par les exigences du Plan intégré d’import-substitution agropastoral et halieutique (Piisah) 2024-2026, dont l’objectif principal est de permettre au Cameroun de rompre avec la dépendance aux importations, en dopant la production agricole nationale. Ce cadre de référence d’un coût global de plus de 1000 milliards de FCFA, prescrit au cours du triennat 2024-2026, une production annuelle de 8 102 tonnes de semences certifiées et améliorées. Ce matériel végétal de qualité sera ensuite mis à la disposition des agriculteurs, aux fins d’amélioration de la production agricole du Cameroun.

Cependant, au terme de la première année de mise en œuvre, les résultats obtenus sont loin de correspondre aux objectifs initiaux. En effet d’après Joseph Dion Ngute, le Premier ministre, au cours des 9 premiers mois de l’année finissante, le Cameroun n’a réussi à mettre que 452 tonnes de semences améliorées à la disposition des agriculteurs. En augmentant le financement dédié à la production de semences améliorées, le Minader espère ainsi corriger le démarrage poussif de cette composante essentielle du Piisah. « La priorité en 2025, c’est de renforcer la politique d’import-substitution », a déclaré Gabriel Mbairobe Au Cameroun, l’un des obstacles majeurs au développement agricole reste l’accès limité aux semences améliorées, pourtant essentielles pour booster les rendements.

Pour changer la donne, le gouvernement multiplie les initiatives visant à démocratiser l’usage de ces semences dans tout le pays. Parmi ces actions figurent la réhabilitation des fermes semencières nationales, l’expérimentation de techniques novatrices pour accroître la production, ainsi que la recherche active de financements destinés à soutenir ce secteur clé. Un exemple marquant de ces efforts remonte à mai 2022, lorsque le Cameroun a bénéficié d’une partie des 900 milliards de FCFA (1,5 milliard de dollars) débloqués par la Banque africaine de développement. Cette enveloppe, dédiée à plusieurs pays africains, vise à faciliter l’accès de 20 millions de petits agriculteurs à des semences de qualité.

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