jeudi, mai 21, 2026
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Catherine Gerst,« Des pays consacrent une part considérable de leurs ressources à juste payer les intérêts de la dette »

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L’ancienne Directrice générale de Moody’s France, invitée au séminaire sur les financements structurés, répond aux questions de Défis Actuels sur les mécanismes de financements des Etats, la dette et la notation financière.

Experte en stratégie financière, vous encouragez les Etats à faire recours à la titrisation pour se financer. Comment appréciez-vous  aujourd’hui l’usage de ce mécanisme de financement dans la zone Cemac en comparaison de la zone Uemoa ?

La zone Uemoa a commencé la titrisation comme un moyen récurrent de financement aussi bien pour les Etats que pour les entreprises et les banques il y a quelques années,  avec un cadre réglementaire tout à fait adéquat. Semble-t-il, suite à ce séminaire que le Cameroun et plus largement la zone Cemac ait l’intention de se lancer également dans ce type de financement. Et je pense que c’est une excellente chose. Comme je l’ai expliqué, c’est une source de diversification de financement dans des zones qui ont besoin de diversifier les financements  au regard de ce que les organisations multilatérales disent qu’elles allaient manquer elles-mêmes des financements dans le futur, et que  donc il fallait attirer des financements privés. La titrisation est un très bon  moyen de le faire. Et on le voit par ce que ça fonctionne bien dans la zone Uemoa. Il n y a pas de raison que ça ne se passe pas de la même façon ici.

 Qu’est ce qui selon vous fait de la titrisation, un meilleur mécanisme de levée de fonds comparé aux autres ?

Ce que la titrisation apporte de différent et de nouveau, c’est qu’elle permet de se servir des portefeuilles que l’on a à l’actif de son bilan : des portefeuilles de crédit pour les banques, ou de créance pour les entreprises, que l’on vend à une structure spéciale, qui lève l’argent dans le marché. La titrisation permet de transformer des actifs illiquides, tels que les créances, en titres négociables. Ça existe depuis très longtemps. C’est pratique. Sauf qu’autrefois, ce sont les banques qui apportaient l’argent. Maintenant, à travers cette technique, ce sont les marchés financiers. C’est-à-dire, aller chercher dans les marchés financiers, des ressources venant d’investissements privés, institutionnels, fonds de pension, fonds souverains, qui ne sont pas des ressources bancaires.

Le Cameroun est effectivement aujourd’hui  engagé dans une démarche de diversification de ses sources de financements, allant au-delà du secteur bancaire. Quels conseils pouvez-vous donner pour optimiser l’utilisation de la titrisation?

Premièrement, il faut que le Cameroun se montre. C’est-à-dire créer  une sorte de visibilité pour faire venir les investisseurs.  Leur donner confiance et leur montrer qu’on est prêt à mettre en place des produits innovants comme les opérations de titrisation, par ce qu’il y a longtemps eu cette demande de diversification. Les investisseurs veulent bien venir à  condition qu’on leur offre aussi en plus de la dette de l’Etat d’autres produits de financements  qui leur permettent de diversifier leurs apports. C’est très important de donner confiance par le cadre réglementaire. Le désir de le faire, le fait de montrer qu’on peut le faire aussi bien que les autres.

Au cours de ce séminaire, vous avez également abordé la question de la notation financière. On va dire, qui suscite beaucoup de polémique notamment sur la note souveraine des Etats africains.  Qu’est ce qui explique cela, vous qui avez dirigé Moody’s France?

La polémique  autour des agences de notation sur les notes souveraines des Etats,  n’est absolument pas propre à l’Afrique. On l’a connu dans la zone Euro. Et on continue de le connaître je dirai dans le monde entier par le fait qu’un État souverain a besoin de se faire noter s’il veut attirer des investisseurs internationaux. Dans ce domaine-là,  il existe trois grands notateurs qui sont les plus anciens, qui ont établi une certaine sorte de standards. Mais, ils l’ont établi en accord avec  investisseurs,  pas tous seuls. Et ce sont des standards qui conviennent aux investisseurs internationaux pour l’instant, en dépit parfois de quelques erreurs. Donc si un pays africain ou d’une autre zone, souhaite faire venir des investisseurs internationaux, aujourd’hui il n’existe pas d’autres possibilités que de se faire noter par l’une des agences acceptées  par les investisseurs internationaux  qui sont les trois agences essentiels. Maintenant, vous allez noter comme moi que l’Afrique vient d’annoncer la création d’une agence panafricaine. Je salue cette initiative. J’ai déjà dit que dans la zone euro nous ne sommes jamais arrivés à faire cela, à créer une agence paneuropéenne. Si  l’Afrique y arrive je dis bravo. Je sais que la route est semée de défis et l’un des défis c’est que si l’Afrique crée cette agence  comme elle l’a annoncée, il faudrait qu’elle envisage la quasi obligation de ne pas noter uniquement ses propres Etats mais de noter le reste du monde. Qu’elle devra noter la dette des États-Unis ou la dette de l’Europe ou des pays asiatiques. C’est assez savoureux  comme  idée. Si  une agence veut être crédible auprès des investisseurs internationaux il faut qu’elle note les autres zones. Vous imaginez bien qu’une agence panafricaine qui ne note que l’Afrique ça devient une agence locale. J’espère qu’une fois qu’elle sera établie, de venir noter  la France,  le Brésil etc. Et j’attends avec curiosité que  cela se fasse.Sortons par la dette souveraine des Etats.

A votre avis, à quel moment peut-on effectivement considérer la dette  d’un pays comme étant soutenable?

Les agences en matière de dette souveraine ne regardent qu’un point très précis,  c’est la capacité d’un État avec ses ressources à amortir son stock de dettes. Ça devient problématique quand une partie importante de ces ressources ne sert plus qu’à payer l’intérêt de la dette.  On en est à ce stade dans certains pays mais notamment en Afrique. Un grand nombre de pays consacre une part considérable de leurs ressources à juste payer les intérêts de la dette.  A partir de ce moment-là, ça ne devient pas juste soutenable. Non pas pour rembourser la dette mais pour développer l’économie du pays et que les gens continuent à vivre.

Présidentielle 2025 : Joshua Osih, candidat du SDF, naturellement

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Au sortir du congrès extraordinaire du 1er mars 2025, Joshua Osih a été officiellement désigné candidat du Social democratic Front (SDF) à la prochaine élection présidentielle prévue en octobre prochain. Les 1600 délégués venus de l’ensemble du pays ont adoubé le candidat du Parti de balance par acclamation. Une simple formalité tant les jeux étaient faits pour le natif d Sud-Ouest. Le rapport de la Cellule nationale des conseillers du SDF, instance chargée d’étudier les dossiers de candidature pour cette investiture, seul le chairman du parti a déposé un dossier de candidature pour la candidature du parti, ainsi que l’a rappelé la réunion du National executive committee (Nec), le directoire du parti, réuni le 1er février dernier à Yaoundé. L’instance avait donné 48h aux candidats pour manifester leur candidature, avec à la clé le versement d’une caution non remboursable de 50 millions de francs Cfa. Et le 28 février dernier, la Cellule des conseillers pour valider les candidatures, n’avait plus qu’à investir l’unique candidat s’étant manifesté, Joshua Osih.

2018, baptême raté

Ce sera la deuxième fois que le député du Littoral se lance dans la course pour le palais présidentiel camerounais. En 2018 déjà, celui qui était alors premier vice-président du SDF, avait été aligné, dans un contexte où le charismatique Fru Ndi, amorti par une santé précaire, avait annoncé sa retraite politique prochaine, et décidé de céder le gouvernail à de nouvelles personnes. L’homme de Ntarinkon avait alors jeté son dévolu sur son premier vice-président, contre la volonté d’une bonne frange de ses cadres d’alors. L’homme qui n’avait pas le soutien de l’aile dure du parti, avait enregistré le pire score du parti à une élection en 26 ans : moins de 5%, exactement 3,36%. Un résultat qui plaçait le candidat du Sdf pour la première fois en 4ème position, loin de son éternelle deuxième place à la présidentielle notamment.

Cette seconde fois arrive après un renouvellement tumultueux des organes du parti. Epreuve qui a mis à l’écart les dernières poches de résistance internes au parti. Joshua Osih a désormais toutes les cartes en main pour tracer son chemin personnel sur le chemin de l’élection présidentielle. « Une fois au pouvoir, le SDF promet de régler la crise dans les régions anglophones en 100 jours, de restaurer la dignité des populations du Grand-Nord en un an ; trois ans pour refonder les institutions et un an pour la transformation socio-économique du Cameroun », indique le candidat du parti, convaincu d’être le futur 3ème président de la République. Misant ainsi sur ce qui est considéré comme une faiblesse du parti, justifiant même en parti la perte de vitesse du parti : la crise dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Crise qui a vu le parti perdre son fief qu’il semble avoir déserté, tant seul le parti au pouvoir y détient des élus. Et du côté de l’opposition, le SDF s’est jusqu’ici montré peu disert en encore moins présent sur ce terrain des régions anglo-saxonnes, à l’opposé d’autres partis tels le MRC et le Pcrn. Parviendra-t-il à sauver des meubles ? Seuls les résultats électoraux à venir pourront en dire un mot concret.

Coalition

A l’occasion, Joshua Osih a réitéré la position de son parti au sujet des coalitions qui ont refait surface depuis près d’un an. « Le Sdf est ouvert à toutes les alliances qui ont du sens », a-t-il déclaré. En écartant des partis qu’il ne cite pas, mais dont la référence permet de voir le Mrc de Maurice Kamto. Non sans recadrer la position idéologique du Sdf : « Nous sommes du centre-gauche, nous ne pouvons pas nous allier avec des partis d’extrême droite. Ceux qui prônent l’extrémisme », a-t-il précisé. Toujours est-il que le successeur de Fru Ndi qui sécarte résolument des lignes qui furent celles de son parti dans les années 90, cite dans sa ligne de mire l’Union démocratique du Cameroun de Patricia Tomaïno Ndam Njoya et le Parti camerounais pour la réconciliation nationale (Pcrn) de Cabral Libii. Même s’il reste convaincu que la coalition n’est pas très indispensable pour vaincre le Rdpc : « Si vous parlez de coalition comme condition pour le changement, alors vous faites le jeu du régime », assure-t-il.

Le congrès extraordinaire du 1er mars 2025 s’est tenu en présence d’autres leaders politiques, de la société civile et candidats déjà annoncés à la présidentielle prochaine comme Akéré Muna, candidat du parti Univers, Cabral Libii du Pcrn, l’avocat Agbor Balla,… Pour mieux mettre les délégués dans le bain du combat du premier parti de l’opposition dès le retour du multipartisme, l’organisation a diffué d’entrée de jeu une vidéo sur la vie et les combats de Ni John Fru Ndi, premier président du parti, décédé en 2023 et dont la succession a agité le parti depuis 2025, et donc longtemps avant son décès.

L’Université de Dschang : Pont Culturel entre le Cameroun et l’Italie

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C’est une nouvelle ère de collaboration entre l’Université de Dschang et l’Italie. Son Excellence Fillipo Scamaca Del Murgo, Ambassadeur d’Italie au Cameroun, a honoré l’institution de sa présence, illustrant ainsi la solidité d’un partenariat bâti sur des échanges académiques, culturels et scientifiques depuis près de trois décennies. Ce mardi 25 février, la journée a démarré dans une atmosphère studieuse lors d’une réunion de travail organisée sous la présidence du Professeur Roger Tsafack Nanfosso, Recteur de l’Université de Dschang. Au cours de cette rencontre, le Conseil Rectoral a accueilli l’ambassadeur en mettant en exergue les multiples initiatives qui renforcent, depuis des années, les liens entre l’université et l’Italie. Des échanges universitaires à l’enseignement de la langue italienne, en passant par le développement des sciences biomédicales et de la kinésithérapie, chaque mot prononcé témoignait de l’engagement commun en faveur de l’excellence.


Après ces échanges institutionnels, l’ambassadeur et sa délégation ont découvert plusieurs infrastructures emblématiques de l’université. Leur première escale fut l’hôpital régional annexe de Dschang, dirigé par le Professeur Noubom Michel. Là, au cœur de l’unité de kinésithérapie, ils ont rencontré le Dr Maurice Douryang, le tout premier docteur/PhD formé en Italie et aujourd’hui figure montante à l’UDs. Ce passage symbolique a illustré concrètement la synergie entre formation théorique et application pratique.

La visite s’est ensuite poursuivie ce même jour à la Faculté d’Agronomie et des Sciences Agricoles (FASA). Dans le laboratoire des sciences du sol et au sein de la pépinière, SE Fillipo Scamaca Del Murgo a manifesté un vif intérêt pour un projet de collaboration avec les universités italiennes en vue de développer la production de plants de tomates à Foumbot, projet porteur de nouvelles perspectives pour le secteur agricole camerounais.

L’Excellence en Formation Médicale et Culturelle


La délégation italienne a également eu l’opportunité de visiter la Faculté de Médecine et des Sciences Pharmaceutiques. Les avancées significatives en matière de formation médicale et pharmaceutique ont été saluées, tout comme les partenariats existants avec des institutions prestigieuses telles que Rome Tor Vergata, Camerino et Urbino, renforçant ainsi l’échange des compétences et des savoir-faire.

Le point d’orgue de cette visite fut sans conteste la découverte du Centre Italien de l’Université de Dschang. Sous la coordination du Pr. Colbert Akieudji, ce centre est dédié à la promotion de la langue et de la culture italiennes. Véritable vitrine de l’ouverture internationale de l’université, il symbolise l’ambition partagée de développer des liens académiques et culturels durables entre les deux nations.

Une Collaboration Prometteuse
La visite de Son Excellence Fillipo Scamaca Del Murgo marque une étape décisive dans le renforcement des relations entre l’Université de Dschang et l’Italie. Dans un monde où l’internationalisation de l’enseignement supérieur constitue un levier de développement essentiel, cette rencontre ouvre la voie à de nouvelles collaborations prometteuses dans les domaines de la recherche, de la formation et de l’innovation.

Rémunération : Au Cameroun, les femmes touchent 176 FCFA de moins par heure que les hommes

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Une récente enquête de l’Institut national de la statistique dévoile des disparités criantes dans la rémunération horaire entre hommes et femmes au Cameroun. Ces inégalités, présentes dans toutes les catégories socio-professionnelles et accentuées avec l’âge, témoignent d’un déséquilibre persistant qui interpelle économistes et acteurs sociaux. Selon ce document intitulé « Les femmes et les hommes, les filles et les garçons au Cameroun 2024 » rendu public le 21 février dernier, la rémunération horaire moyenne au Cameroun se situe à 589,6 FCFA. Toutefois, une analyse détaillée révèle que cette moyenne masque de fortes disparités : les hommes gagnent en moyenne 672,4 FCFA par heure, tandis que les femmes perçoivent seulement 496,4 FCFA. Autrement dit, il existe un écart de 176 FCFA en faveur des hommes.

Ce fossé salarial n’est pas une exception, mais une réalité constante à travers toutes les tranches d’âge et catégories professionnelles observe l’INS. L’analyse de la situation met en lumière des différences encore plus marquées dans certaines catégories. Par exemple, dans le secteur des employeurs, l’avantage salarial en faveur des hommes atteint 565 FCFA. Chez les cadres moyens ou agents de maîtrise, l’écart se chiffre à 251 FCFA. Ces différences structurelles montrent que la valorisation du travail masculin demeure largement supérieure, quelle que soit la position occupée au sein de la chaîne professionnelle. Un autre aspect préoccupant de l’enquête est l’évolution de l’écart salarial en fonction de l’âge. Les disparités tendent à se creuser avec le temps, culminant à 549,7 FCFA dans la tranche des 60-64 ans. Ce constat suggère qu’avec l’ancienneté, le cumul des inégalités ne fait qu’aggraver la situation, accentuant la vulnérabilité économique des femmes tout au long de leur carrière.

LE POIDS DU TRAVAIL NON RÉMUNÉRÉ

Cet aperçu statistique est destiné à mettre en évidence une partie des données « genrées » produites par plusieurs administrations sectorielles et à faciliter l’identification des éventuelles différences de situation qui existent entre hommes et femmes au Cameroun présente également une dimension souvent méconnue des inégalités salariales : la part du travail non rémunéré. Parmi les personnes âgées de 15 à 49 ans en couple, 99 % des hommes ont travaillé au cours des 12 derniers mois, contre seulement 74 % des femmes. En outre, 63 % des hommes perçoivent exclusivement un salaire en espèces, comparé à 46 % des femmes, tandis qu’une rémunération mixte (en espèces et en nature) concerne 33 % des femmes contre 27 % des hommes. Fait particulièrement notable, environ 17 % des femmes ne sont pas rémunérées pour leur travail, contre seulement 4 % des hommes. Ces données recueillies auprès de 12000 personnes illustrent l’importance du travail non rémunéré pour les femmes et contribuent à leur désavantage économique global.

Le programme d’emplois pour jeunes diplômés du FNE plombé par une dette de 700 millions de FCFA

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Le 11 février 2025, à l’occasion de son discours à la jeunesse, le président Paul Biya a exhorté son gouvernement à accélérer la mise en place d’un cadre réglementaire pour l’aide à l’embauche des primo-demandeurs d’emploi.

 « J’ai à cet égard prescrit au gouvernement de mettre en place un cadre règlementaire régissant l’aide à l’embauche des primo demandeurs d’emploi. Ce dispositif vise à mieux accompagner les jeunes n’ayant jamais eu d’activité professionnelle, dans la recherche de leur premier emploi », a déclaré le chef de l’État.

Quelques jours plus tard, le 18 février, une réunion s’est tenue au Fonds national de l’Emploi (FNE) avec des représentants du ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle (Minefop) et d’autres administrations, pour discuter de la faisabilité de cette initiative. A en croire le directeur général du FNE, Camille Moute à Bidias, il s’agit, pour être plus précis, de la restructuration, voire de la modernisation d’un programme qui existe depuis plus de 30 ans, car mis en place dès 1992, un an après son arrivée à la tête de la structure qu’il dirige.

Concrètement, le programme Emplois-Diplômés repose sur un principe simple. Cette initiative vise à offrir aux jeunes diplômés une première expérience professionnelle via un stage en entreprise. Le FNE s’engage à payer 50 % de l’indemnité du stagiaire, tandis que l’entreprise prend en charge le reste ainsi que le transport. « Depuis sa création, ce programme a permis de placer plus de 14 000 jeunes dans des entreprises », assure Camille Moute à Bidias.

Toutefois, au fil des années, le dispositif s’est essoufflé. Principalement en raison des arriérés de paiement accumulés par le FNE, qui n’a pas versé sa part des indemnités aux entreprises partenaires. « Nous avons une dette de plus de 700 millions de FCFA sur les 50 % que nous devions payer aux entreprises. Cela a entraîné un désengagement progressif des employeurs, qui ont commencé à bouder le programme », confie le directeur du FNE. Faute de financements suffisants, l’initiative a perdu en efficacité et les jeunes ont vu leurs opportunités se réduire.

Face à cette impasse, le FNE a décidé de remodeler son dispositif sous une nouvelle appellation : le programme Diplômé-Citoyen. Son objectif reste le même, mais avec un cadre financier plus solide pour éviter les erreurs du passé. « Citoyen, parce qu’une entreprise camerounaise ou africaine ne doit pas fonctionner comme des entreprises d’ailleurs. Nous avons des traditions. Une entreprise qui a une certaine santé financière doit pouvoir donner la possibilité aux jeunes de venir apprendre un métier. Si l’entreprise recrute le jeune, nous nous sommes engagés à payer les trois premiers mois de salaire », révèle Camille Moute à Bidias.

UNE RELANCE NÉCESSAIRE

La relance de ce programme intervient dans un contexte particulièrement tendu sur le marché de l’emploi au Cameroun. Selon l’Institut national de la statistique (INS), le taux de chômage atteignait 74 % en 2024. Les diplômés de l’enseignement supérieur sont les plus touchés, avec un taux de 14,8 %, soit cinq fois plus élevé que celui des non-scolarisés de la même tranche d’âge (25-35 ans).

Conscient de ces défis, le FNE a dévoilé un programme ambitieux pour les cinq prochaines années. Il ambitionne de mobiliser 150 milliards de FCFA entre 2025 et 2030 pour créer 2,5 millions d’emplois, notamment dans l’agriculture, l’agro-pastoral et l’environnement.

« Le Programme d’emplois à moyen terme (Pémot) sera soumis au ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle dans les prochains jours pour validation », a annoncé le directeur général du FNE le 16 février dernier. Si le gouvernement valide cette initiative, une première enveloppe de 20 milliards de FCFA devrait être débloquée dès 2025, avec pour objectif immédiat la création de 150 000 à 200 000 emplois.

Au Cameroun,  le coût du crédit recule de près de 1% en un an

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Le coût du crédit a reculé au Cameroun entre les deuxièmes trimestres 2023 et 2024, d’après des données récentes de la Banque des Etats de l’Afrique centrale que Défis Actuels a pu consulter. En moyenne, les taux effectifs globaux (TEG), qui correspondent au taux d’intérêt total payé par un emprunteur (intégrant le taux nominal, les frais de dossier et autres coûts annexes), ont baissé de 82 points de base, passant de 9,06 % à 8,16 % sur un an. Sur le plan trimestriel, la tendance est également à la baisse, avec une diminution de 64 points de base par rapport aux 8,88 % observés au premier trimestre 2024.

Cette baisse s’explique par une concurrence accrue entre les banques, qui tentent d’attirer davantage de clients, mais aussi par le renforcement des contrôles du Comité National Économique et Financier (CNEF) pour éviter que les taux pratiqués ne dépassent les seuils réglementaires fixés par la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC). Si les banques ont vu leurs taux débiteurs moyens reculer, passant de 8,97 % à 8,16 % en un an, la situation est différente pour les établissements financiers spécialisés (leasing, crédit-bail, etc.). Ces derniers ont au contraire vu leurs taux moyens légèrement augmenter à 19,27 %, contre 19,05 % un an plus tôt.

Pourquoi un tel écart ? Les établissements financiers, qui n’ont pas accès aux mêmes sources de financement que les banques, doivent emprunter à des coûts plus élevés et répercutent ces charges sur leurs clients. De plus, les risques de non-remboursement étant souvent plus importants pour leur clientèle, ils appliquent des primes de risque plus élevées, ce qui se traduit par des taux plus importants.

DES CONDITIONS FAVORABLES

La baisse des TEG moyens ne profite pas à toutes les catégories d’emprunteurs de la même manière. Les grandes entreprises (GE) bénéficient des conditions les plus avantageuses, avec un taux moyen de 6,86 % au deuxième trimestre 2024, contre 7,05 % un an plus tôt. Cette diminution, bien que modérée, s’explique par leur capacité de négociation accrue et leur profil de risque plus faible aux yeux des banques. En revanche, les PME, qui sont souvent perçues comme plus risquées, se voient appliquer des taux plus élevés.

Leur TEG moyen a baissé en glissement annuel, passant de 11,38 % à 10,40 %, mais reste nettement supérieur à celui des grandes entreprises. Pour les particuliers, la tendance est contrastée : sur un an, les taux ont baissé de 16,62 % à 15,29 %, mais ils ont augmenté de 77 points de base par rapport au premier trimestre 2024.

Cette hausse récente peut s’expliquer par une politique plus restrictive des banques sur les crédits à la consommation, dont le risque de défaut de paiement est plus élevé. Un fait marquant du deuxième trimestre 2024 est l’effondrement des taux appliqués aux administrations publiques et collectivités locales. Ces derniers sont passés de 13,92 % au deuxième trimestre 2023 à seulement 5,56 % un an plus tard. Cette baisse spectaculaire, de plus de 8 points de pourcentage, traduit un assouplissement des conditions de financement du secteur public.

Douala : Réflexion pour un meilleur endettement du Cameroun

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 Organisé par le « G&M Finance », la rencontre vise à donner aux participants des clés pour maitriser les instruments financiers adaptés aux projets d’infrastructures notamment.

« Maitriser les financements structurés pour le développement des infrastructures dans les pays de la CEMAC : cas du Cameroun ». C’est le thème qui guide depuis le 26 février dernier, les échanges en cours à Douala initiés par le cabinet « G&M Finance ».  L’idée est de promouvoir le recours  aux financements structurés.  Le cabinet définit cette notion comme «  des instruments financiers complexes combinant des prêts, des actions, des obligations et des produits dérivés pour créer un produit financier à la carte, correspondant aux besoins spécifiques d’un pays ou d’une entreprise ».

Le cabinet « G&M Finance », note en effet que face au manque de ressources financières internes, à l’accès limité aux marchés financiers traditionnels, et un grand besoin de financement à long terme, les pays de la CEMAC, en particulier le Cameroun ont besoin des financements qui offrent une plus grande flexibilité. « Dans le budget en cours de l’Etat du Cameroun, il est prévu de lever la dette pour 1795 milliards de FCFA : 70,8 % de la dette extérieure proviendra des Prêts Projets, et 29,2% des appuis budgétaires. Le besoin d’endettement de l’Etat pour le triennat 2025-2027 est quant à lui estimé à FCFA 5407 milliards de FCFA qu’il faudra trouver hors des sentiers battus, en maitrisant notamment des financements innovants à travers une multitude de mécanismes qui atténuent les risques tout en améliorant les rendements», fait remarquer G&M Finance.

Les Cadres financiers de l’administration publique camerounaise, des entreprises privées et des banques sont donc réunis à Douala pendant deux jours afin de maitriser les financements structurés, utiles pour diversifier leurs sources de financement, et pour obtenir des ressources financières à long terme pour les projets d’infrastructures et de développement.

Les principaux intervenants ont une expérience internationale et ont occupé des fonctions de haut niveau au sein des cabinets reconnus  tels que PWC, Ernst & Young, Moody’s, Aircraft Portfolio Management, Citigate Dewe Rogerson, DBRS Europe etc.  Ils ont aussi des expériences dans des banques et institutions financières (BAD, BM, Banque de l’UE, Banque Atlantique, Union Bank, Fonds d’Investissement Africain …) et d’entreprises de divers secteurs. On peut notamment citer Hubert  Otele Essomba, expert financier, Directeur associé du Cabinet G&M Finance. L’expert est un produit d’écoles  de référence à l’international telles que l’Université Jean Moulin, Lyon III,  l’Institut de Haute Finance de France ou encore l’Université Paris I Panthéon Sorbonne. Catherine Gerst, Experte en stratégie financière (Titrisation, Analyse financière, communication financière et corporate, notation risque de crédit)  est aussi de la partie. Ancienne Directrice générale de Moodys France, elle est Professeur à l’Institut de Haute Finance de Paris et d’Abidjan, Professeur à l’Institut Supérieur de Finance de Dakar.

Samuel Kotto Ndoumbe, expert Financier et directeur associé du Cabinet G&M Finance, fait également partie des intervenants.  Ancien Directeur Général de la Banque Atlantique, du Fonds d’Investissement Africain, Directeur de mission senior chez Ernst & Young et PwC et Consultant BAD, Banque Mondiale, son expertise est mondialement reconnue. Il livre ses réflexions aux côtés de Patrick Provenzo, expert en Stratégie-Transformation et Efficience des Organisations et  Professeur Associé et Coordonnateur du pôle « Gouvernance et Stratégie » de l’Université Catholique d’Afrique Centrale etc.

PDCVEP : 24 mois de plus pour moderniser l’élevage et la pisciculture

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« Compte tenu du retard considérable constaté, je vous demande une fois de plus de vous mettre résolument au travail, vous et tous les experts du projet. Traitez les dossiers prioritaires avec célérité et sérieux », a ainsi exhorté le Dr Taïga, ministre de l’Élevage, des Pêches et des Industries animales, à l’attention du coordonnateur national du Projet de Développement de la Chaîne de Valeur de l’Élevage et de la Pisciculture (PDCVEP). C’était lors de la 5ème session ordinaire du Comité de Pilotage de ce projet tenue le 21 février dernier à Yaoundé.

Au cours de cette rencontre, le ministre Dr TAÏGA a examiné avec attention l’évaluation du travail réalisé par la coordination, l’équipe du projet et l’ensemble des partenaires impliqués dans sa mise en œuvre. Il a également été question de faire le point sur l’état d’avancement d’importantes activités destinées à renforcer la compétitivité des produits bovins, porcins et piscicoles, tout en intégrant pleinement la dimension de la politique d’import substitution. Cette session s’inscrit dans un contexte marqué par la décision conjointe du gouvernement et de la Banque Africaine de Développement (BAD) de proroger de vingt-quatre mois la date limite du dernier décaissement du Projet, désormais fixée au 31 décembre 2026.

Dans ce cadre, le ministre Dr TAÏGA a exigé du coordonnateur national et de son équipe de redoubler d’efforts afin de rattraper les retards constatés dans la mise en œuvre des activités, en parfaite synergie avec l’ensemble des partenaires. Cette extension de délai a été accordée pour permettre au Projet d’atteindre les résultats escomptés, notamment par la construction de trois abattoirs industriels à Bamenda, Douala et Yaoundé, la mise en place de la Facilité de Refinancement au profit des producteurs en partenariat avec la Commercial Bank Cameroun, le lancement effectif de l’incubation des jeunes agripreneurs agropastoraux ainsi que l’approvisionnement des producteurs en porcelets de races performantes, visant à améliorer le potentiel génétique du cheptel national.

Il s’agit également de finaliser la création de vingt-six marchés de viandes dans diverses localités, notamment dans la commune de Meiganga (région de l’Adamaoua), la commune de Bafia (Centre), la commune de Bertoua 1er à Abong-bang (région de l’Est), les communes de Kaelé et de Mokolo (Extrême Nord), la commune de Guider (Nord), celle de Kambé (Nord-Ouest), ainsi que les communes de Peté Bandjoun, Dschang et Foumban (Ouest), sans oublier les communes d’Ambam et de Sangmelima (Sud) et de Limbé (SudOuest). Par ailleurs, la création de deux marchés de poissons dans les communes d’Ebolowa et d’Idenau (région du Sud-Ouest) est également prévue.

 Le PDCVEP, un projet quinquennal au coût total de 99,27 millions d’euros, dont 84 millions d’euros sont financés par la Banque Africaine de Développement (BAD), a pour objectif de moderniser l’appareil productif afin d’assurer la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations tout en garantissant la rentabilité des exploitations bovines, porcines et piscicoles. Par ailleurs, ce projet ambitionne de renforcer la contribution significative de ce sous-secteur à une croissance économique durable et inclusive, permettant ainsi au Cameroun de consolider son rôle de principal bassin de production au sein de la sous-région d’Afrique Centrale.

Filière Porcine : Le marché du porc atteint 231 milliards de FCFA en 2024

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Le cabinet Trends & Poor a récemment mené une étude approfondie sur la filière porcine au Cameroun, évaluant la taille du marché du porc en 2024 et établissant une prévision pour les cinq années à venir à partir des hypothèses les plus éclairées du marché local. D’après leurs estimations centrales, et en se fondant sur les prix de détail en vigueur, le marché du porc était évalué à 231 milliards de FCFA, correspondant à un volume de 77 000 tonnes. Selon cette même investigation, la consommation par habitant en 2024 oscille entre 0,5 kg et 4,11 kg, la région Ouest se hissant ainsi en tête du classement, tandis que la région Nord se retrouve en queue de peloton.

Dans le cadre de leur analyse, il est de nouveau rappelé que, avec les prix de détail en vigueur, le marché du porc s’établissait à 231 milliards de FCFA. Par ailleurs, l’étude met en lumière une disparité significative des prix au détail en fonction des régions pour la période examinée : le kilogramme est coté à 3500 FCFA dans les régions du Littoral et du Centre, à 3000 FCFA dans celles du Sud, du Sud-Ouest et de l’Ouest, à 2800 FCFA dans les régions de l’Adamaoua et de l’Est, et se vend respectivement 2500, 2000 et 1400 FCFA par kilogramme dans les régions du NordOuest, du Nord et de l’Extrême-Nord. L’analyse approfondie révèle que le marché du porc ne se distingue pas uniquement par son importance en termes de valeur économique, mais aussi par sa structuration autour de pôles régionaux clés. En effet, les régions du Littoral et du Centre représentent les principaux pôles de taille de marché, tandis que les régions du Nord-Ouest, de l’Extrême-Nord et de l’Ouest constituent les bassins d’approvisionnement les plus stratégiques.

Le cabinet, co-fondé par le Camerounais Ludovic Feumo, indique par ailleurs que ce marché devrait croître de façon régulière, avec un taux de croissance annuel moyen projeté d’environ 9 %, pour atteindre près de 490 milliards de FCFA d’ici 2030. Cette tendance, fondée sur la dynamique historique du marché, est également soutenue par les prévisions relatives à la croissance de la population et à l’augmentation des revenus dans les différentes régions du Cameroun. Au-delà des chiffres, d’immenses opportunités de création de valeur se dessinent le long de la chaîne de valeur porcine. Les segments encore sous-exploités, conjugués aux perspectives d’exportation, permettent de dégager des marges bénéficiaires attrayantes tout en assurant une liquidité élevée. Ce contexte particulièrement favorable ouvre ainsi la voie à l’élaboration de programmes efficaces de réduction de la pauvreté, notamment dans les zones rurales, en tirant profit d’un secteur qui requiert une expertise technique relativement modeste comparée à d’autres filières.

Ainsi, selon le résultat de l’analyse de Trends & Poor – cabinet cofondé à Londres par Ludovic Feumo, spécialiste en modélisation macroéconomique ayant dirigé de nombreux projets internationaux – d’énormes opportunités de création de valeur se présentent dans la filière porcine, tant par le potentiel d’exportation que par l’exploitation de segments inexploités, permettant le développement de programmes ciblés de réduction de la pauvreté, en particulier dans les zones rurales.

Football professionnel : Valentin Nkwain aux arrêts

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Valentin Nkwain a été arrêté et détenu à la Brigade de gendarmerie de Limbé hier dans l’après-midi. Le président de Victoria united devra répondre des accusations de séquestration et torture sur la personne d’Eric Parfait Djomeni, le gardien de son club. Ce sur la base d’une plainte déposée auprès de la 2ème Région de gendarmerie par Marthe Bakam, mère du joueur. Aux dernières nouvelles, Pi Diddy, petit nom du président d’Opopo, a passé la nuit dans ces locaux de la gendarmerie, en attendant les suites de l’affaire.

Tout se déclenche lundi dernier lorsque Valentin Nkwain accuse son gardien de but de « vendre les matchs ». Des accusations qui, dit-on, conduisent le joueur devant le procureur de la République, à Limbé. Le joueur « blanchi », son président décidera de régler la situation à sa manière. Le président du club séquestre son employé qu’il torture pendant trois jours. Selon les informations difusées par le lanceur d’alertes Paul Chouta, « après moult recherches, la maman du gardien de but Eric Parfait Djomeni s’est rendue chez Valentin Nkwain à Limbé afin de s’en quérir de la situation de son fils. Elle constatera que son fils lance les cris de détresse depuis une pièce». Dans une vidéo en circulation sur la toile, on peut découvrir la pauvre maman supplier en vain le ravisseur de son fils de libérer son fils.

La plainte contre Valentin Nkwain

Affaire de matchs truqués

La suite sera une délivrance pour le jeune footballeur. Du moins l’homme qui n’avait plus été aperçu en public depuis dimanche soir, est réapparu, et une plainte annoncée devant les tribunaux pour séquestration et torture. Lui qui est un habitué des tacles par derrière dans le football professionnel au Cameroun, avec parfois des intrusions sur l’aire de jeu pour arrêter un match, avec des menaces contre des arbitres,… Lui qui s’est déjà retrouvé au centre de l’affaire de matchs truqués ayant failli coûter sa place à Samuel Eto’o, président de la Fécafoot. L’affaire est confiée à Me Djemeni, conseil d’Eric Parfait Djomeni. Entre temps, Victoria united a commis un communiqué pour réfuter les faits.

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