lundi, juin 1, 2026
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Droit : Les droits des journalistes menacés

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Travailler comme journaliste au Cameroun n’est pas totalement rassurant. Ces derniers mois, plusieurs d’entre eux ont arrêtés ou brutalisés dans l’exercice de leur fonction. En janvier dernier, deux journalistes du quotidien Le Jour, ont été arrêtés alors qu’ils couvraient la réunion du MRC qui se tenait au domicile d’Albert Dzongang à Douala. Ils ont été conduits à Yaoundé et détenus pendant plusieurs jours à la direction de la police judiciaire. A la suite de ces arrestations, le SNJC avait estimé qu’il s’agissait d’une tentative d’intimidation et avait dénoncé les arrestations des journalistes depuis le début de la campagne à la présidentielle.

Avant eux, c’est la journaliste Mimi Mefo qui avaient été arrêtée. Interpellée pour une publication qu’elle avait faite sur sa page Facebook, la rédactrice en chef de Equinoxe télévision en langue anglaise a été déférée le même jour à la prison centrale de New-Bell. Le Syndicat National des Journalistes du Cameroun qui avait clairement indiqué que la journaliste n’avait commis aucune faute, avait alors décidé du boycott de toutes les activités du gouvernement pendant 10 jours. Les Organisations travaillant pour la liberté d’expression sont inquiètes. L’Ong African Freedom of Expression Exchange comptabilise à 12 le nombre de journalistes arrêtés entre 2017 et 2019. Selon Arnaud Froger, directeur Afrique de l’Ong Reporters Sans Frontières, les entraves à la liberté de presse au Cameroun sont significatives. Il cite les coupures d’internet, les exactions commises à l’encontre des journalistes et des médias, les menaces, les agressions, les intimidations. Il note en outre que « les détentions arbitraires de journalistes et les poursuites devant les tribunaux militaires ou des juridictions spéciales, restent très fréquentes dans le pays ». Citant le cas Ahmed Abba correspondant de RFI, il indique que « la loi antiterroriste avait été utilisée pour maintenir le journaliste en prison ».

Par Joseph Essama

Libertés publiques : Le grand bond en arrière

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La bourse des modèles de démocratie, le Cameroun est l’un des pires élèves. Dans le dernier classement des Etats du monde par indice de démocratie, The Economist Intelligence Unit, classe le pays de Paul Biya 132e sur 167 pays. Le fait est que depuis la dernière élection présidentielle, un vent autoritaire souffle dans le pays. En une année seulement, la marche vers la démocratie semble avoir changé de cap. Interdiction systématique des manifestations de l’opposition, arrestations arbitraires, répression sont entre autres dérives qui caractérisent désormais les autorités camerounaises.

Les partis politiques pris pour cibles

Pas de manifestation autorisée autre que celle du parti au pouvoir. C’est en tout cas l’ordre tacite qui semble avoir été donné aux autorités administratives. En un mois depuis la sortie de prison de Maurice Kamto et certains de ses alliés, le MRC a vu près de 10 demandes de manifestations rejetées par les autorités administratives. Pas plus tard que vendredi dernier, le meeting du MRC qui devait se tenir samedi au stade de Bonamoussadi a été annulé par le sous-préfet, qui évoque les risques de troubles à l’ordre public. Une délégation du directoire du MRC s’est rendue chez le préfet du Wouri pour tenter d’obtenir la levée de cette interdiction, mais le préfet s’est opposé et le MRC a saisi la justice qui a confirmé l’interdiction de la manifestation. La même semaine, une conférence de presse organisée par Christian Penda Ekoka, président du Mouvement AGIR a été interdite à Yaoundé pour « objet non précisé ». Avant cela, les autorités ont refusé que se tienne un meeting que le Parti Camerounais pour la Réconciliation Nationale de Cabral Libii entendait organiser à Ngambe, sous le prétexte que le dossier de demande introduit dans le cabinet du sous-prefet ne contenait pas une pièce attestant que Cabral Libii est le président de cette formation politique.

Une série d’interdictions qui inquiète les partis de l’opposition. « C’est comme si le pouvoir est entrain de regretter d’avoir consenti des espaces de libertés, l’une des preuves c’est cette loi du 23 décembre 2014, où, sous prétexte de combattre le terrorisme, on arrache aux populations ce qui est contenu dans la Constitution et dans les lois de 1990 comme libertés fondamentales », regrette Adamou Mongwat, militant de l’UDC. Pourtant le 06 novembre dernier, le Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais a fêté, sur toute l’étendue du territoire, le 37e anniversaire de l’accession de Paul Biya au pouvoir.

Répression et arrestations

En moins d’un an, plus de 400 personnes soupçonnées d’être des militants du MRC ont été arrêtés, plusieurs ont été libérés à l’immédiat et près de 250 ont été jetés en prison. 164 ont été libérés entre le 15 juillet et le 18 octobre et plus d’une cinquantaine se trouvent encore derrière les barreaux. La plupart des personnes ont été arrêtés lors des manifestations organisées par le MRC, mais d’autres ont été interpellées de façon arbitraire et dans des conditions n’ayant aucun lien avec les manifestations. C’est le cas de Wilfried Siewe arrêté le 18 février alors qu’il prenait des photos dans le centre-ville de Yaoundé, ou encore du pasteur Tsafack, interpellé le 8 juin alors qu’il rentrait de son travail et embastillé pendant 47 jours sans mandat de dépôt. En plus des arrestations, plusieurs personnes ont été brutalisées ou blessées lors des manifestations. Au cours de la marche du 26 janvier, Célestin Djamen et Michelle Ndocki ont été atteints par balles.

Le gouvernement n’est pas prêt à lâcher du lest

Sauf quelque dérogation, toutes les manifestations et réunions de l’opposition ont été interdites. Et au regard de l’actualité, les autorités administratives ne semblent pas disposées à lâcher prise. Leur commandant en chef, Paul Atanga Nji ministre de l’Administration Territoriale l’a d’ailleurs dit il y’a quelques mois : « Les activités des partis politiques légalisés au Cameroun sont encadrées par des textes en vigueur, qui seront désormais scrupuleusement respectés. Ceux qui ont l’habitude de défier l’autorité de l’Etat vont désormais se heurter à la rigueur de la loi. Et la loi dans le cas d’espèce sera appliquée avec toute sa rigueur». Si les autorités s’appuient sur la loi pour interdire les manifestations, certains experts estiment qu’il s’agit tout simplement d’une violation flagrante des libertés fondamentales. Pour ces experts, selon la loi de 1990 sur le régime des réunions et des manifestations publiques, il n’existe pas d’autorisation de manifestation publique au Cameroun.

Par Joseph Essama

Législatives et municipales : Paul Biya, les élections et la sécession

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Paul Biya toujours annoncé en pompier, mais éloigné du terrain

Paul Biya a décidé. Le Corps électoral est convoqué pour le 9 février 2020, pour élire de nouveaux députés et conseillers municipaux. Le décret présidentiel coupe net le débat sur ce sujet. Une partie de la classe politique l’appelant à proroger le mandat de ces élus. Le temps de régler quelques préalables, notamment le toilettage du Code électoral, et surtout de ramener la paix dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest. Et sur cette question, l’opposition a cru devoir militer en faveur d’une solution politique face au droit. Et ainsi accepter que le président de la République proroge le mandat des conseillers municipaux, contre le Code la loi qui n’autorise que deux prorogations. Paul Biya n’a pas prêté attention à cette revendication, et a préféré foncer droit.

Si l’opposition peut faiblir et concourir avec ce Code électoral dont elle dénonce la fiabilité, la question de la sécurité dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest demeure énigmatique et aléatoire. Au moment où l’homme convoque le corps électoral, la guerre se porte bien entre les Forces de défense et de sécurité et les séparatistes qui prennent en otage diverses localités de la République. Il est clair que dans cette ambiance, les élections ne pourront pas se tenir dans ces deux régions. Du moins pas sur l’ensemble du territoire. Lors des échéances passées, les opérations avaient été délocalisées. Pour la présidentielle d’octobre 2018, de hautes personnalités originaires des coins reculés de ces deux régions avaient dû changer de bureau de vote. L’ancien Premier ministre Yang Philemon par exemple avait délocalisé son vote de pour Bamenda. La situation avait été plus facile à gérer lors des sénatoriales tenues en 2018. La circonscription étant départementale, Election’s Cameroon (Elecam), l’organe chargé de l’organisation des élections, avait déplacé les bureaux de vote sur des sites sécurisés et a eu recours aux facilités du ministère de la Défense pour diligenter les opérations électorales.

Qu’en sera-t-il le 9 février ? Difficile de le savoir. Toujours est-il que si l’Armée ne parvient pas à assurer une paix durable dans les deux régions en crise, et que les opérations électorales ne s’y tiennent pas, Paul Biya aura acté à sa manière la sécession du Cameroun. D’autant plus qu’une partie des Camerounais ne sera plus concernée par la marche des affaires de la République du Cameroun.

Poésie: Severin Mebenga célèbre la renaissance

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Simples, élégantes, parlantes et surtout actuelles les rimes de Severin Mebenga entrainent son lecteur dans des sensations et des vibrations d’un dialogue interne empreint de rationalité. Un dialogue qui combine à la fois, subjectivité, engagement et surtout optimisme. « Je rends hommage à tous les Hommes-mages qui ont initié ce voyage. Nous sommes des hommes en marche et non des ombres en marge. Nous ne sommes pas en retard non nous entamons seulement un autre départ », écrit-il à la page 32. Ecrire pour dévoiler à travers les rimes, un monde où l’homme est en guerre permanente contre lui-même, son frère et la société dans laquelle il vit. Ecrire aussi pour traduire un monde dominé par l’égoïsme, la méchanceté, l’intolérance, le mauvais cœur, le racisme et le tribalisme, bref le refus du vivre-ensemble diffèrent, telle est la mission que se donne ce poète. Ainsi écrit-il : « après tout, l’écriture reste une aventure, où l’Homme se bat contre ce qui le tue. L’écriture est une ombre qui se dévoile dans sa tension vers l’altérité. Une espérance d’amitié pour l’éternité ». En trois séquences : « paroles et pensées » ; « signes des temps » ; « les mots en fleur », Severin Mebenga transporte son lecteur vers les chemins de la renaissance. Une renaissance de l’homme, de son milieu de vie et de son continent. Cette nouvelle naissance revêt à la fois un caractère matériel et spirituel. Elle est donc très loin de la simple émergence, principalement encrée sur un matérialisme à outrance que proposent ce monde de consommation. Comme l’immortel Osiris, Severin Mebenga revêt une tunique qui est le symbole de la victoire du bien sur le mal. « Du nouveau, le tout puissant dans sa gloire foule la terre de son divin pied et fait voir au monde entier son pouvoir. Emoussé Satan convertit voit ses ailes repoussées. Ses yeux levés qui lui tend la main, le sourire radieux ». Cette victoire que clame le poète est aussi le symbole de la rédemption de l’Afrique qui a connu la colonisation, la pseudo indépendance, qui connait la nouvelle colonisation et qui doit impérativement briser les chaines qui l’avilissent pour se repositionner dans ses relations avec l’autre. Il s’agit d’une culture qui prône l’altérité, la fraternité, l’amour universel. Severin Mebenga se classe par sa poésie, à la suite des grands poètes comme Engelbert Mveng, ou Leopold Sédar Senghor qui avait déjà dessiné à travers leurs vers ce monde meilleur que l’on implore toujours de tous nos vœux.
En 111 pages, « Jet de mots » écrit par le jeune enseignant de français originaire de la région du Centre Cameroun se positionne comme un bréviaire de la fraternité universel.

Liberté d’expression: PEN international demande la libération de Paul Chouta

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« Les autorités camerounaises doivent libérer le journaliste Paul Chouta immédiatement et sans condition et abandonner les poursuites à son encontre », a déclaré intransigeante l’ONG PEN International. Cette organisation américaine estime que « Paul Chouta est en détention depuis cinq mois en vertu de lois qui restreignent sévèrement et indûment la liberté d’expression ». Salil Tripathi, le président du comité des écrivains en prison de PEN International, indique que « PEN a longtemps soutenu que, lorsque des questions de réputation sont en jeu, les auteurs de la plainte doivent utiliser des moyens civils, et non des lois pénales, pour demander réparation. Nous pensons donc que Chouta devrait être immédiatement libéré et autorisé à poursuivre ses reportages, même si c’est essentiel »

Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), présente Paul Chouta comme « un critique du gouvernement, bien connu dans notamment pour ses interviews en vidéo et ses reportages en direct. Il a rapporté sur des sujets sensibles tels que l’arrestation d’un ancien fonctionnaire du gouvernement et des allégations d’abus contre la police. Son arrestation s’inscrit également dans un contexte plus large de répression des voix critiques (voir ci-dessous). Chouta étudie également le journalisme à l’ISTIC (Institut supérieur de traduction, d’interprétation et de communication) ».

Un procès qui se complique

« Le procès de Chouta a été soumis à de nombreux reports et complications », selon l’organisation. « Lors de l’audience du 10 septembre, les avocats de Chouta ont été informés qu’une demande de jonction de l’affaire de Chouta avec une autre affaire avait été présentée à la Cour. La demande de jonction concerne une autre personne qui avait également été accusée de diffamation et de fausses nouvelles par l’écrivaine franco-camerounaise. Les avocats de Chouta se sont opposés à la jonction. Toutefois, le juge a décidé de joindre les deux affaires et a ajourné l’audience au 8 octobre 2019. Lors de la dernière audience du 8 octobre, Paul Chouta n’était pas présent dans la salle d’audience et son équipe d’avocats a appris que les avocats du deuxième accusé avaient interjeté appel de la décision de joindre les dossiers. Son dossier est actuellement devant la cour d’appel pour examen. La raison de l’appel n’est pas claire ».

Ainsi : « PEN International s’oppose à l’utilisation de lois sur la diffamation pénale et les fausses informations pour restreindre la dissidence et appelle les autorités camerounaises à abolir rapidement leurs lois sur les fausses informations et la diffamation et à mettre en place des garanties suffisantes pour protéger le droit à la réputation par le droit civil, notamment en empêchant d’amendes excessives ou de dommages-intérêts ».

Joseph Essama

Afrique centrale : un Sommet de la Cemac imminent à Yaoundé

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Rien n’est encore officiel, mais en observant les dernières actualités de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale (Cemac), tout laisse croire que la Conférence des chefs d’Etats de la sous-région est proche. La semaine dernière, une réunion du Comité inter-Etats de la Cemac s’est tenue à Yaoundé en présence des experts dudit Comité. Avant elle, une autre réunion du Collège des commissaires de la Cemac avait eu lieu à Malabo le 26 octobre. Présidée par Daniel Ona Ondo, président de la Commission de la Cemac, cette assise a arrêté quelques sujets qui pourront être soumis à l’attention des chefs d’Etats, lors de la conférence sous-régionale. Entre autres : « la problématique de la réforme du franc CFA, qui en échos à la déclaration du ministre des Finances français lors de la réunion ministérielle de la zone franc, pourrait être examiné par la Conférence des chefs d’Etats annoncée », indiquait le communiqué final. A la suite de cette réunion, le ministre des Finances camerounais Louis Paul Motaze a été dépêché par le président de la République auprès des chefs d’Etats équato-guinéen et Congolais. Porteur d’un pli fermé envoyé par Paul Biya à son homologue, Louis Paul Motaze a été reçu le 29 octobre dernier en audience par Theodoro Obiang Nguema au Palais du peuple à Malabo. Une audience au cours de laquelle, le dirigeant équato-guinéen et l’émissaire de Paul Biya ont tablé, devant le ministre équato-guinéen des Affaires Etrangères et l’ambassadeur du Cameroun en Guinée équatoriale, sur le renforcement de la coopération et des liens d’amitié qui existent entre les deux pays.
Ensuite Louis Paul Motaze s’est envolé pour Oyo au Congo où il a été reçu le 31 octobre dernier par le président Denis Sassou N’Guesso. Au sortir de l’audience que lui accordée l’homme fort de Brazzaville, Louis Paul Motaze a affirmé qu’il était « porteur d’un message du président Paul Biya du Cameroun ». Un message qui dit-il a été transmis au président congolais. Il a en outre révélé que Paul Biya et ses homologues aiment, à intervalles réguliers parler des problèmes de la Cemac. Et a ajouté qu’il « est fort possible qu’en tant que président en exercice de la Cémac, le président Biya reçoive un jour ses pairs pour parler des problèmes de la sous-région »
C’est depuis le mois de mars au sortir du 14e sommet de la Cemac qui s’est tenu à Ndjamena, que le président Paul Biya préside aux destinées de l’union sous-régionale. Désigné pour un mandat de 2 ans, il avait été chargé par ses pairs d’organiser la quinzième session ordinaire de la Conférence des Chefs d’Etat de la Cemac.
Joseph Essama

06 Novembre 2018-2019: Paul Biya une année agitée

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La première année du magistère du président de la République n’a pas été un long fleuve tranquille. A peine élu, Paul Biya n’a même pas pris le temps de jubiler sa victoire qu’il s’est confronté aux réalités de son mandat. Le 16 octobre 2018, la Commission nationale de recensement rend le résultat provisoire de l’élection présidentielle du 07 octobre. Ce résultat donne le candidat du Rdpc vainqueur avec 71.28% des suffrages exprimés en sa faveur. Aussitôt, connu, les principaux partis de l’opposition saisissent le Conseil constitutionnel pour l’annulation partielle et ou totale de ces résultats. Dès le premier jour, 16 des 18 requêtes introduites par l’opposition vont essuyer une fin de non-recevoir. Le 22 octobre, après un contentieux électoral houleux, l’organe chargé de la proclamer les résultats confirme la victoire de Paul Biya, une victoire rejetée par l’opposition notamment le MRC qui crie au hold-up électoral et lance un programme qu’il baptise « plan de Resistance National ». Le 19 janvier Maurice Kamto l’Union Africaine pour demander l’annulation des résultats de la présidentielle du 07 octobre 2018 et quelques jours plus tard, après avoir organisé à l’avance quelques manifestations sporadiques, il lance à Douala, le 26 janvier une grande marche, à la suite de laquelle plusieurs représentations diplomatiques du Cameroun à l’étranger sont saccagés. Maurice Kamto et plusieurs de ses alliés sont arrêtés et envoyés en prison.
Pendant que le pouvoir se bat contre Maurice Kamto et les siens qui envahissent les rues des grandes villes du pays, La Confédération Africaine de Football annonce début décembre 2018, le retrait de la Can que devait organiser le Cameroun au mois de juin 2019. Le gouvernement dénonce une injustice flagrante et les populations ne cachent pas leur mécontentement. Au même moment, du coté du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, la crise anglophone bat son plein. Un prêtre Kenyan et un pasteur américain sont tués en l’espace de quelques jours. A côté de cela, plusieurs villages sont brulés, des civils et des militaires sont tués. Dans l’avalanche des assassinats, l’on constate avec regret une certaine banalisation de l’horreur. Des hommes sont tués, décapités et les parties de leur corps exhibé en trophée. Pour apaiser la situation, le président de la République prend certaines mesures dont : le plan d’assistance humanitaire, le programme de désarmement dans les zones en conflit, l’arrêt des poursuites contre plus de 300 personnes incarcérées dans le cadre de la crise anglophone. Malgré la volonté affichée du gouvernement de mettre fin à la crise sociopolitique que traverse le Cameroun, la communauté internationale ne se montre pas satisfaite. Dans leurs différents rapports, les ONG notamment Human Rights Whatch et Crisis Group critiquent violemment le gouvernement camerounais et les forces de défense qu’elles accusent de violer les droits de l’Homme dans le cadre de la crise anglophone et de la lutte contre Boko Haram, qui malgré une certaine accalmie continue de faire des morts. De leur côté, les Etats-Unis, l’Union Européenne et la France accentue la pression pour demander la libération de Maurice Kamto et ses alliés. Sous le feu des critiques, le gouvernement camerounais tente de se dédouaner en répondant, par la voix de Rene Emmanuel Sadi, ministre de la Communication, à toutes les critiques qui sont lancées contre lui. Il accuse ses détracteurs de faire preuve « d’une méconnaissance des enjeux et des réalités …concernant l’arrestation de Kamto et de la situation dans les régions anglophones » et dénonce une « immixtion à peine voilée et inadmissible dans les affaires intérieures du Cameroun ». Pour se montrer de bonne foi, le gouvernement déclare être prêt à accueillir tous ceux de ses partenaires qui souhaitent venir au Cameroun toucher du doigt la situation. Dans cette main tendue, le sous-secrétaire des Etats-Unis chargé des affaires africaines, Tibor Nagy et Michelle Bachelet le Haut-commissaire des Nations-Unis aux droits de l’Homme vont se rendre tour à tour au Cameroun.
La première année du nouveau septennat de Paul Biya aura aussi été émaillé par plusieurs mouvements d’humeur, dont les émeutes d’Obala, celle de Sangmelima, la mutinerie à la prison centrale de Kondengui, ou encore les éboulements de Gouache survenu à Bafoussam il y’a quelques jours.
Joseph Essama

Sport : Yaoundé accueille un tournoi de boxe

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Les boxeurs camerounais s’apprêtent à monter sur le ring, à l’occasion du tournoi baptisé « Tournoi de l’unité », une compétition de trois jours organisée par la Fédération Camerounaise de Boxe qui se déroulera du 08 au 10 novembre à partir de 16heures chaque jour, au camp de l’unité, apprend-on de la Fédération Camerounaise de Boxe. Selon les organisateurs du tournoi, la compétition réunira les cinquante meilleurs boxeurs du Cameroun repartis en huit catégories de poids. Et aura un double enjeu : « permettre le repérage des jeunes talents qui pourront intégrer l’équipe nationale de boxe et servir de tournoi de mise en jambe de des athlètes en vue des compétitions internationales qui se profilent à l’horizon notamment le Championnat d’Afrique de boxe amateur prévu en République Démocratique du Congo en janvier prochain et le dernier tournoi qualificatif des Jeux Olympiques de Tokyo 2020 au Sénégal au mois de février prochain », indique une source auprès de la cellule de communication de l’instance nationale de boxe. Ce tournoi mettra en lice des athlètes internationaux et locaux, et du côté de la fédération, l’on se dit déjà fier du fait que plusieurs boxeurs de renommé ont déjà confirmé leur présence à cette compétition, notamment Dieudonné Tebokbe et Issouhou Mahaman, respectivement médaillé d’or et médaillé d’argent dans le championnat d’Afrique de Boxe Amateur de la « Zone 3 » à Libreville au mois de Mai 2019; Donatien Kond, médaillé d’or lors du Championnat d’Afrique de Boxe « Zone 2 » à Praia Cap Vert dans les 91kg ; ou encore Dorine Mambou, triple médaillée d’or dans les Championnats d’Afrique de Boxe Amateurs Zones 2 et 3 à Praia, Libreville et aux récents Jeux Africains de Casablanca. Au cotés de ces internationaux, d’autres talents locaux sont aussi attendus. A en croire le comité d’organisation, le tournoi qui s’ouvre dans quelques jours sera supervisé, coté technique par le collège d’entraineurs nationaux, et coté management par le président de la Fédération Camerounaise de Boxe.

Lions indomptables U17 : Thomas Libiih sacrifié

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Thomas Libiih n’est plus l’entraîneur national des Lions indomptables cadets. Une décision du président de la fédération camerounaise de football (Fécafoot) met un terme aux fonctions du technicien qui assurait l’intérim depuis plus d’un an, depuis le décès de Diallo Siewe. L’ancien Lion indomptable emporte avec lui l’ensemble du staff technique, médical et administratif. Il leur est reproché d’une part l’élimination précoce de la Coupe du monde des cadets, Brésil 2019 ; et d’autre part « le refus de signature de l’acte d’adhésion à la charte des sélections nationales de football ».

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C’est une décision qui était attendue. La Fécafoot préparait l’éviction de Thomas Libiih, vu les ennuis que traverse le staff technique des Lions indomptables cadets depuis plusieurs mois. Malgré le trophée continental arraché en Tanzanie, le staff n’a pas bénéficié des mêmes égards que les entraîneurs des autres sélections nationales. Thomas Libiih est resté intérimaire, sans contrat, pendant que de nouveaux entraîneurs étaient recrutés dans d’autres sélections, contrats en main. Et pour ne rien faciliter à celui qui subissait déjà des pressions suite à son « insoumission » face aux misères infligées à son équipe après cette Coupe d’Afrique remportée en Tanzanie en février dernier, il lui a été tendu le piège des joueurs expatriés lors du dernier stage préparatoire au Mondial. Thomas Libiih a invité ses « bourreaux » à lui donner une autorisation écrite pour contourner le décret présidentiel qui restreint les sélections U17 et inférieures aux joueurs locaux. Faute de garantie, Thomas Libiih avait livré sa liste à la Fifa sans les six joueurs expatriés dont les fils de Samuel Eto’o et Bill Tchato. Dans un contexte où la Fécafoot et le ministère des Sports et de l’éducation physique (Minsep) ne s’accordaient pas sur l’option à prendre. Le Cameroun sortira du Mondial sur trois défaites.

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Alternance : Penda Ekoka a déjà tourné la page Biya…

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« Agir soutien MK2018 ». Le message floqué sur les T-shirt arborés par les membres du Comité d’organisation de la conférence de presse de Christian Penda Ekoka a vite tranché sur la rumeur annonçant la rupture entre Penda Ekoka et Maurice Kamto. D’ailleurs, l’échange avec la presse a vu la participation de plusieurs cadres du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc). « Agir est en partenariat avec un mouvement politique. Et nous allons faire des partenariats avec le Mrc dans la perspective des élections à venir», a rassuré l’orateur. La prison n’a donc pas effrité le lien entre l’ex conseiller spécial de Paul Biya et le président du Mrc. Au contraire. « Étant en prison, on comprend mieux la situation : le régime a tout fait pour cacher son visage hideux », a confié Penda Ekoka. Et l’économiste croit que, « on ne peut changer ce régime que par une lutte politique». Du coup, la voie institutionnelle n’est pas la principale voie à emprunter car« la justice est aux ordres». Penda Ekoka rappelle que « même l’apartheid était régi par une loi ; Mandela et les autres l’ont compris ». Alors, « nous devons d’abord conscientiser l’opinion ». A celle-ci de faire le reste.

Penda Ekoka n’a pas lâché KAmto

Christian Penda Ekoka s’est livré à un exercice d’évaluation du bilan du Renouveau en 37 ans. Un échec selon l’homme. Arguments à l’appui : « en 40 ans, le réseau ferroviaire s’est rétréci au lieu de s’étendre. A Mentchum, on n’a que les chutes, alors que le projet de barrage existe depuis des décennies. La route Bafoussam-Bamenda qui relie deux villes populaires, devrait déjà être une autoroute pour faciliter les échanges, mais la route existante s’est dégragée et n’existe même plus du tout. Le barrage de Lagdo a quatre turbines, mais à ce jour une seule fonctionne,… », passe-t-il en revue quelques domaines. « On fait la politique pour qu’il y ait développement politique, économique et social, mais sous le Renouveau, ce n’est pas ça», regrette-t-il. Accusant en partie les institutions financières internationales et les partenaires au développement. «Si vous êtes au chevet d’un malade pendant vingt à 25 ans et que le malade ne guérit pas, et que vous ne vous inquiétez pas, ça veut dire que vous-mêmes ne cherchent pas à savoir si le malade avance vers la guérison », pense-t-il.

Cette conférence de presse s’est déroulée au domicile de Christian Penda Ekoka. Faute d’avoir pu accéder à la Fondation Muna qui avait été retenue pour cet exercice. Le sous-préfet de Yaoundé 1er ayant opposé une fin de non recevoir à la déclaration de manifestation déposée par le mouvement Agir. Au motif qu’elle n’a pas précisé « l’objet » de la conférence de presse.

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