mercredi, mai 27, 2026
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Promotion : Angeline Florence Ngomo, nouvelle patronne de l’imprimerie nationale

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Ngomo-Angeline-Florence quitte le ministère du tourisme pour l'Imprimerie nationale

L’Imprimerie nationale a un nouveau dirigeant. Un décret du président de la République vient de nommer le Pr Angeline Florence Ngomo comme nouvelle présidente du conseil d’administration (PCA) de cette entreprise de l’Etat. Celle qui a officié comme secrétaire générale du ministère du Tourisme et des loisirs de 2008 à 2020, remplace à ce poste, Moïse Ngae Moubeke décédé en octobre 2019. Depuis, la structure fonctionnait sans PCA.

Membre d’ l’Institut international de droit d’expression et d’inspiration françaises (IDEF), Angeline Florence Ngomo est diplômée de l’université de Paris 2 où elle a soutenu en 1989 une thèse sur le thème : «Le projet de code des sociétés de l’UDEAC : étude d’une réforme ». Enseignante d’université, le Pr Angeline Florence Ngomo a distillé la science à l’université de Douala, l’université de Dschang, l’université de Ngaoundéré et à l’Ecole nationale d’administration et de magistrature (Enam) et à l’université catholique d’Afrique centrale (UCAC) ; en même temps qu’elle occupait le poste de chef de la cellule juridique du ministère de l’Enseignement supérieur (Minesup) depuis février 1999. Avant d’être promue secrétaire générale du Mintoul qu’elle quitte en 2020.

L’imprimerie nationale est la structure de l’Etat chargée d’imprimer le journal officiel, les documents importants des administrations publiques, les documents d’état civil, les bulletins de votes et de campagne des partis politiques lors des élections, etc. La structure traverse très souvent des périodes de crise qui menacent souvent son fonctionnement quotidien, au point que la Société de presse et d’édition du Cameroun (Sopecam) tend généralement à lui ravir la vedette.

Le Cameroun perd la carte Monjowa Lifaka

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La vice-présidente rdpc de l’Assemblée nationale est décédée en début de semaine dernière. elle laisse en friche le chantier de la résolution du conflit séparatiste .


Emilia Monjowa Lifaka n’est pas à proprement parler le premier nom qui viendrait à l’idée d’un téléspectateur assidu des débats du dimanche. Aussi, la nouvelle de son décès n’a pas vraiment ébranlé la scène politique à la dimension de l’importance de la personnalité dans le jeu parlementaire au Cameroun et dans le Commonwealth au cours de la dernière décennie au moins. C’est vrai que manque de pot pour manque de pot, l’élue de la circonscription de Buea rural dans le Sud-Ouest a rendu l’âme, le 20 avril soit le même jour que le président tchadien Idriss Déby Itno .

Malgré une mort sobre, la disparition de l’honorable Monjowa Lifaka est un coup dur pour les autorités camerounaises embourbées sur le sentier de la résolution politique de la crise au Nord-Ouest et au Sud-Ouest. La vice-présidente de l’Assemblée nationale manœuvrait ces derniers mois en coulisses afin d’inscrire la question de la crise anglophone dans l’agenda des travaux de la Chambre. Un combat que beaucoup dans les couloirs de la l’hémicycle considéraient comme perdu d’avance.

Aussi, lors de la clôture de la session de mars dernier, les journalistes ont-ils été relativement surpris d’entendre Emilia Monjowa Lifaka leur annoncer que les députés allaient se réunir en juin 2021 dans le cadre d’une plénière spéciale consacrée à la question anglophone.

Leadership politique

Le but annoncé d’un tel rendez-vous est de donner aux élus l’opportunité d’interroger l’essentiel des parties prenantes au sein du gouvernement sur l’exécution des politiques publiques destinées à mettre un terme aux violences. Les députés pourraient par exemple interpeller les ministres non seulement sur l’implémentation des recommandations du Grand Dialogue National de septembre 2019, ou encore sur des questions plus infrastructurelles. À ce titre, certains ont d’ores et déjà commencé à remonter leurs inquiétudes sur les atermoiements dans les Centres de désarmement, de démobilisation et de réinsertion des ex-combattants. Des questions que l’honorable Monjowa n’aura pas l’heur d’écouter ou même de formuler elle-même !

Elle s’en va après avoir pourtant fourni un effort immense pour parvenir à convaincre le bureau de l’Assemblée nationale – c’est-à-dire Cavaye Yeguié Djibril et le groupe Rdpc – d’aller vers cette plénière ! D’abord parce que dans l’esprit de beaucoup, une telle sortie ne peut être validée que si le président Paul Biya marque explicitement son accord. Et surtout, la revendication d’une session spécialement consacrée à la crise anglophone est en réalité un combat que porte l’aile radicale du Social Democratic Front depuis la dernière législature. On se rappelle encore des saillies de Joseph Wirba devant ses collègues en 2016 au tout début de la crise. L’ancien député, désormais réfugié à Londres, a d’ailleurs depuis rejoint les rangs des hérauts de l’irrédentisme au Noso.

Pour madame Monjowa donc, arriver à dépasser ce contexte et à récupérer cette idée a été un tour de force politique. Un tour de force qu’en réalité, elle était la seule à pouvoir impulser dans le contexte actuel, souligne un député .

Pétition américaine

Patronne politique de fait de la région avec le désengagement progressif du Mfon Mukete, ces dernières années, elle a pu assister aux premières loges à la complication de la situation sur le terrain. Son initiative n’a pas pu être soupçonnée d’arrière-pensées puisqu’en même temps, madame Monjowa Lifaka était considérée, jusqu’à sa mort subite, comme l’une des militantes les plus fidèles au Rdpc et au président Biya – malgré quelques couleuvres qu’il lui aura fait avaler .

C’est elle qui est à la manœuvre au mois de février dernier pour apporter une réponse à la pétition des membres du Congrès américain initiée par des associations d’immigrés camerounais. La démarche est certes très polémique et ne convainc pas tout le monde, même dans les rangs du Rdpc. Qu’importe ! L’enjeu pour Emilia Monjowa Lifaka est de faire une contre-pression au gouvernement américain afin qu’il rapatrie les Camerounais en situation irrégulière aux États-Unis où une frange de compatriotes expatriés est soupçonnée de financer les insurgés dans le bush.

Accessoirement ( ?), elle a pris le lead politique sur la question anglophone jusqu’ici restée la chasse-gardée de quelques faucons de la trempe de Paul Atanga Nji. Preuve de son efficacité, la femme forte de Bonjongo à Buea avait réussi à convaincre son collègue Joshua Osih, accessoirement 1er vice-président du SDF à signer cette lettre. Un baroud d’honneur avant d’être emportée par un malaise quelques semaines plus tard.

Par Jean Omb Njéé

Gabriel Mbairobe en ordre de bataille

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Le ministre en charge de l’Agriculture veut augmenter les capacités de labour de la Semry et changer l’unité de production de la Société de Développement de la haute Vallée du noun.


Il faut croire que le ministre de l’Agriculture et du Développement rural (Minader) est en train de semer de bonnes graines pour sauver la filière riz. Engagé dans un vaste programme de relance de la production locale, Gabriel Mbairobe concentre son attention sur les deux établissements publics présents dans ces secteurs. Il s’agit de la Société d’Expansion et de Modernisation de la Riziculture (Semry) de Yagoua et la Société de Développement de la Haute Vallée du Noun (Unvda). La première verra son potentiel passer de 12.000 ha de périmètres à 15.000 ha à travers le Projet d’Aménagement et de Valorisation des Investissements dans la Vallée du Logone (Viva Logone). Confrontée à plusieurs problèmes notamment celui de la faible capacité de culture, la Semry sera également bientôt dotée de tracteurs flambant neuf. L’achat de ces engins en cours au Minader, a pour objectif d’augmenter la capacité de labour de la Semry.

L’Unvda quant à elle, fait face à de nombreuses difficultés comme l’insuffisance des machines de labour, l’état défectueux de la décortiqueuse et surtout le manque de moyens financiers. Toutes choses qui expliquent la faible capacité de production réduite à 11.000 tonnes de riz par an. L’unité de transformation en place étant vétuste, car vieille de plus de 30 ans, le ministre Gabriel Mbairobe ambitionne de la changer complètement. C’est ce qu’il a indiqué vendredi dernier, au micro du Poste National de la Crtv : «Nous allons remplacer toute cette unité de transformation de riz de l’Unvda qui, du fait de sa position stratégique doit avoir un fonds de roulement pour éviter que le riz Paddy soit exporté vers les pays voisins».

Toutes ces actions visent à augmenter la production locale de riz qui est de 140.170 tonnes pour une demande évaluée à 576.949 tonnes en 2020, soit un gap estimé à 436.779 tonnes. D’où la ruée vers le riz importé. Le riz est en effet la denrée alimentaire la plus importée par le Cameroun. Officiellement, entre 2015 et 2018, les importations de riz se sont chiffrées à 652,6 milliards francs CFA, soit en moyenne 163 milliards chaque année. Au cours de l’exercice 2019, l’Institut National de la Statistique (INS) indique que le compteur des importations de riz au Cameroun a pratiquement explosé. Elles sont passées de 561.112 tonnes en 2018 à près de 894.000 tonnes en 2019, soit une hausse de 59 %. En valeur, la facture des importations du riz s’élève à 231,8 milliards de francs CFA, en hausse de 60,9 % par rapport à l’année 2018 .

La banque islamique accorde 477 milliards au Cameroun

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Le cadre triennal de coopération avec cette institution se voit ainsi renouvelé, grâce aux deux accords récemment signés entre le ministre en charge de l’economie et le partenaire financier et technique.


Un peu plus de 477 milliards de francs CFA. C’est en cela que tient les deux accords de coopération signés entre Alamine Ousmane Mey, ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire (Minepat), et la Société Internationale Islamique de Développement (Itfc). L’institution spécialisée de la Banque Islamique de Développement (BID) renouvelaient ainsi avec le Cameroun, leur cadre triennal de coopération le 12 avril dernier, par visioconférence.

Selon le communiqué récemment publié par le ministre Alamine Ousmane Mey, le premier accord est d’une valeur de 750 millions de dollars américains soit 413 milliards de francs CFA. Ce financement que reçoit le Cameroun marque le renouvellement du cadre triennal de coopération entre le pays et la Société Internationale Islamique de Financement du Commerce. Le cadre qui s’étend sur la période 2021-2023, servira au « financement des projets et programmes prioritaires à convenir d’accord parties, dans les secteurs stratégique de l’agriculture, de l’Energie, des mines ainsi que le secteur de la santé, avec la fourniture de produits et équipements médicaux », renseigne le communiqué du Minepat. Le financement devant s’étaler sur la période du triennat, l’économie camerounaise bénéficiera donc de 250 millions de dollars américains chaque année, soit un peu plus de 137 milliards de francs CFA.

Le crédit de 64 milliards renouvelé à la Sodeoton.

L’autre acte de coopération signé ce même jour entre les deux partenaires concerne le financement accordé à la Société Camerounaise de Développement du Coton (Sodecoton). L’entreprise publique bénéficie de 98 millions d’euros, soit 64,3 milliards de francs CFA de prêt Murabaha (sans intérêt). Un financement lui-même renouvelé. Car pour la campagne cotonnière 2020-2021, l’institution spécialisée de la BID avait déjà conclu le même accord avec la société camerounaise. Il devra permettre, cette année aussi, un accès facile de la Sodecoton aux intrants agricoles tels que les herbicides, les pesticides et les engrais notamment. Le même financement permettra aussi à la Sodecoton, de commercialiser du coton-graine et du soja auprès des coopératives et ou des paysans .

Ce crédit dont bénéficie la Sodecoton est un privilège qu’accorde la Société Islamique de Financement du Commerce (Itfc) à ses pays membres, tels que le Cameroun, souligne le communiqué du ministre Alamine Ousmane Mey. Mais bien plus, il rentre dans le cadre du dispositif gouvernemental de l’appui aux filières stratégiques, parmi lesquelles l’agriculture .

Ce partenariat avec la Sodecoton dure depuis des années déjà, et les résultats sont visibles. Selon l’Itfc qui a elle aussi publié un communiqué annonçant cet accord avec le Minepat, «le financement de l’ITFC, à ce jour, a permis au pays d’atteindre une production record de 328454 tonnes de coton graine collectées en 2019-2020, dont 115 000 tonnes de coton fibre exportées malgré la pandémie du Covid-19».

Prévision : la Beac moins optimiste sur la croissance en Afrique centrale

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Le siège de la BEAC

Vue par la Banque des Etats de l’Afrique Centrale (Beac), la croissance dans la sous-région Afrique centrale pourrait être de 1, 9 % en fin 2021. Soit moins 1 % de ce qu’elle prévoyait sur la même période en décembre 2020. Autrement dit, la croissance projetée au Cameroun, au Congo, en Guinée Equatoriale, en Centrafrique, au Gabon, au Tchad et en Guinée Equatoriale est passée de 2, 8 % en décembre 2020 à 1,9% en avril 2021. Ce sont là les prévisions du Comité Politique et Monétaire de la Beac réunit le 13 avril dernier. Selon le Comité, contrairement aux prévisions de décembre dernier, celle d’avril prend en considération l’évolution de la pandémie, avec notamment « les nouvelles vagues d’infection à la Covid-19 et la multiplication des variants du virus ». Mais la Beac fait l’hypothèse que la pandémie impactera moins l’économie de la sous-région cette année qu’en 2020 où elle a plongé la Cemac dans la récession (-2,1% de taux de croissance).

Par rapport à l’année dernière, la zone devrait gagner 4% de croissance. Cette reprise économique est, selon la Beac, le fait du « dynamisme de l’agriculture, des industries, des BTP, des services marchands et de la reprise des investissements, favorisés par les réformes structurelles engagées par les États ». La Beac se montre ainsi plus prudente que le Fond Monétaire International. L’institution internationale prévoie 3 % de taux de croissance dans la sous-région en fin 2021.
Par Canicha Djakba

Profil : La menace Nnamdi Kanu

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Nnamdi Kanu, une réelle menace pour l'unité du Nigeria

Ce n’est peut-être pas la preuve absolue de la dangerosité d’une personnalité publique. Mais c’est une case à cocher. Facebook a bloqué le compte de l’activiste Nnamdi Kanu en février dernier. Il avait posté une vidéo où il se satisfaisait du massacre de cheptels entiers dans le Sud-Est du Nigeria. Les auteurs de ce carnage appartiendraient à la Eastern Security Network (ESN), une milice mise en place par le leader de l’IPOB pour, dit-il, protéger le peuple Igbo. À tout hasard, ces miliciens ciblent principalement les bergers peuls. La firme de réseautage social a expliqué que M. Kanu était allé trop loin dans la « rhétorique de la haine ».

ESN est la nouvelle bête noire des autorités nigérianes. Entre sa création en décembre 2020 et mars 2021, la force paramilitaire est en confrontation permanente avec les forces de sécurité. Le pic des affrontements a été atteint en janvier lors de la « crise d’Orlu ». Face à la puissance de feu imposée par les hommes de Nnamdi Kanu, la 34e brigade d’artillerie de l’armée nigériane a dû demander un soutien aérien forçant l’Ipob a déclaré un cessez-le-feu unilatéral.

Cette défaite semble paradoxalement avoir donné des ailes à Kanu et à ses hommes. Entre février et mars, ils se sont illustrés par des attaques violentes contre les communautés peuls installées dans la région. Le Nigeria a arrêté Nnamdi Kanu en 2015 pour des faits allégués de « haute trahison ». Mais il a été relâché sans jugement un an et demi plus tard. Et malgré l’interdiction de l’Ipob en 2017, le mouvement continue de prendre de l’ampleur. Le lancement de l’ESN en fin d’année dernière est un tournant déterminant en matière de retour de la violence insurrectionnelle dans la baie du Biafra.

Par Jean Omb Njéé

Baie du Biafra : Les autorités tentent de calmer le jeu

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buhari refuse d'être va-t-en guerre

Les gouverneurs des États du Sud-Est du Nigeria ont lancé une alliance sécuritaire le week-end dernier pour faire face ensemble à la montée des violences sur leur territoire. La conférence a réuni les gouverneurs des États d’Abia, d’Anambra, d’Enugu, d’Ebonyi et d’Imo. Ils ont décidé de proposer une solution politico-sécuritaire pour ramener la paix et la coexistence pacifique entre les communautés.

D’un côté, ils disent vouloir mutualiser les forces et les informations pour désormais empêcher le ciblage des institutions policières et militaires dans la région. L’objectif de cette stratégie est de contrer l’Eastern Security Network alors que la milice est en train de se transformer en armée en tant que telle. À en croire la déclaration finale de la rencontre, les insurgés devront désormais faire face à des forces de police fédérées réunies au sein d’une « zone unifiée anticriminelle ». Plusieurs hauts responsables des agences de sécurité ont d’ailleurs assisté à la rencontre.

Sur le front politique, les gouverneurs ont décidé d’interdire la pratique des pâturages ouverts, en usage dans les communautés de pasteurs peuls. C’était l’une des principales revendications de l’IPOB qui accusent les pasteurs de conduire leurs bêtes à travers les plantations des populations autochtones et de détruire des mois de labeur impunément.
Par Jean Omb Njéé

Ambazonie-Biafra : Une alliance contre les peuls du Cameroun et du Nigeria

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biafra_et_ambazonie unissent leurs forces

Être seuls ensemble. Telle pourrait être résumée la toute nouvelle alliance entre les sécessionnistes du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun et ceux des États du Sud-est du Nigeria. Lucas Cho Ayaba et Nnamdi Kanu ont multiplié les arguments xénophobes contre leurs compatriotes des États qu’ils souhaitent quitter. Principale cible de leurs attaques : les Peuls.

N. Kanu considère cette communauté originaire du nord du Nigeria comme le principal responsable du « viol de la terre du Biafra » depuis l’indépendance du pays. Un argument aux apparences historiques à la résonnance toute actuelle. Le président Muhammadu Buhari a fait classer l’Indigenous People of Biafra (IPOB), le principal mouvement irrédentiste du sud-est du Nigeria, comme un mouvement terroriste et l’a fait interdire en 2017. Et le fait que le chef de l’État fédéral soit Peul plaide globalement contre sa communauté.

D’une manière plus surprenante, le Camerounais Ayaba Cho développe des arguments encore plus virulents contre cette communauté pourtant considérée comme un peuple autochtone au Nord-Ouest. Comme pour satisfaire à un parallélisme des formes vis-à-vis de son interlocuteur du jour, sa cible est Ahmadou Ahidjo. Quel crime a commis le premier président de la République du Cameroun ? Avoir pactisé avec ses « frères du Nigeria » pour couper les régions de l’actuel NoSo des États du Sud-est du Nigeria, des peuples qui sont « génétiquement et culturellement » liés.

Il considère qu’en tenant la frontière au moment de la guerre du Biafra (1967-1970), le président Ahidjo a inauguré une césure toujours plus importante entre les populations des deux pays. La conséquence directe a été la mise à l’agonie de l’économie locale. Selon lui, sans cette politique d’endiguement, les ports de Tiko et de Victoria (lire Limbe) seraient aujourd’hui à l’image de Port Harcourt au Nigeria. De quoi expliquer le ciblage quasi-systématique des communautés de pasteurs Bororo – Peuls nomades – par les groupes sécessionnistes au Nord-Ouest !

« Alliance Vitale »

Si l’objectif final est de parvenir à une hypothétique indépendance, les deux hommes visent à moyen terme la création d’un groupe homogène qui transcende les frontières issues de la décolonisation. Exactement « comme les groupes terroristes peuls qui sévissent à la fois au Nigeria, au Cameroun, en RCA, au Niger, – avec des relais jusqu’au Mali ou comme les Yorouba soutenus par leurs frères du Benin », plaide Nnamdi Kanu. Les deux partenaires sont d’accord que cette « alliance est vitale pour la survie du peuple biafrais et ambazonien », et ils affichent la même détermination.

Devant les caméras, cependant, Nnamdi Kanu se satisfait d’une plus grande reconnaissance internationale de son activisme – notamment par les médias américains, tandis que Cho Ayaba insiste sur l’urgence pour ses interlocuteurs de conquérir la liberté les armes à la main à l’image de ce qui se passe au NoSo. « Biafrais ne laissez pas les étrangers utiliser vos ressources pour s’armer et vous chasser de vos terres. Vous devez vous défendre », leur a-t-il suggéré.
Par Jean Omb Njéé

Cemac : un Bureau d’informations sur le crédit en gestation

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La beac recherche un partenaire technique et stratégique pour l’établissement d’un service de reporting d’information sur le crédit, les consommateurs et les entreprises.


La Banque des États de l’Afrique centrale (Beac) souhaite ouvrir un Bureau d’informations sur le crédit (BIC) régional dans la Cemac (Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon, Guinée équatoriale et Tchad). Selon la Beac ,le partenaire devra mettre en place un procédé qui permette de produire un reporting d’informations sur le crédit, sur les consommateurs et les entreprises. Il a à cet effet lancé le 20 avril dernier, un avis de pré-qualification pour la sélection d’un partenaire technique et stratégique. Selon la Banque centrale, « Le processus de pré-qualification doit aboutir à la sélection de l’investisseur approprié qui travaillera avec la Beac, la Cobac, les acteurs du système financier (établissements de crédit, établissements de microfinance et établissement de paiement), les grands facturiers (opérateurs de téléphonie fixe et mobile, société de distribution d’eau et d’électricité, etc.) et d’autres acteurs pertinents pour établir, détenir, gérer et exploiter un BIC adapté aux besoins des fournisseurs et des utilisateurs d’informations sur le crédit dans la Cemac», précise le Beac .

Jusqu’à date, les principales sources d’informations sur le crédit pour les prêteurs dans la Cemac sont : la centrale récapitulative des risques bancaires de la Beac, mise en place au début des années 1990 et périodiquement alimentée par les établissements de crédit, et la centrale des risques des établissements de microfinance développés par le Conseil national du crédit du Cameroun, uniquement ouverte aux institutions financières implantées au Cameroun. D’autres plateformes de même nature sont disponibles et/ou en cours de développement. Elles fournissent aussi des informations financières. Ce sont notamment la Centrale des bilans de la Cemac, opérationnelle depuis 2018, qui diffuse les données financières des entreprises non financières, et la Centrale des incidents de paiement qui fournira des informations sur les incidents enregistrés sur les instruments de paiement circulant dans la Cemac.

Toutefois, indique la Beac, «bien que contenant des informations utiles à l’évaluation du risque de crédit, ces différentes centrales d’information financières ne sont pas en mesure de proposer au secteur du crédit des services de crédit reporting avancés. Il existe donc un besoin commercial impérieux d’un Bureau d’informations sur le crédit moderne et fiable pour améliorer la qualité de la prise des décisions relatives au crédit, élargir l’inclusion financière et la base des clients emprunteurs, améliorer les performances en termes de risque de crédit et réduire les pertes sur prêts ». Les dossiers de candidature pour la pré-qualification doivent parvenir à la Banque centrale avant le 20 mai 2021.

Ce que le secteur privé attend du système judiciaire

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Dans un document publié en février 2020, le Groupement inter patronal du Cameroun (Gicam) relevait déjà les obstacles judiciaires à l’environnement des affaires et les axes d’amélioration attendus du gouvernement.


La Justice camerounaise est «de moins en moins efficace et crédible», selon les termes contenus dans le livre blanc du Gicam sur l’économie camerounaise. Les griefs soulignés dans ce document sont nombreux. Entre les processus de règlement des litiges commerciaux jugés « très longs, lourds et préjudiciables » et « l’irrespect des règles et les abus de toutes sortes en matière de procédure voire le recours à des connivences », le secteur privé a du mal à se développer. L’on souligne également l’insuffisance des infrastructures physiques et technologiques notamment l’absence d’archivage numérique des dossiers, un personnel peu en nombre mais aussi en qualité. Pour exemple, le défaut de spécialisation dans certains domaines spécifiques comme la fiscalité .

Dans le domaine commercial, le patronat dit avoir l’impression que les entreprises formelles sont condamnées au seul motif qu’elles sont solvables. « Très fréquemment il est constaté un non-respect flagrant des textes et des procédures dans nombre des décisions rendues sont en outre non motivées ». Ce qui selon eux est un frein à la fois à l’investissement des entreprises déjà en activité mais aussi à l’arrivée de nouveaux investisseurs. Ceci contribue par ailleurs selon eux à limiter l’octroi des crédits par les banques, parce que « les garanties qu’elles obtiennent deviennent régulièrement sans valeur devant les tribunaux ».

Or, la réorganisation du système judiciaire intervenue en 2011 a introduit des chambres commerciales dans les tribunaux de première instance et grande instance en leur donnant la compétence des contestations relatives aux engagements et aux transactions entre commerçants, établissements de crédit, entre associés relatives aux sociétés commerciales etc. Mais cette réforme selon le Gicam reste mal connue des entreprises en raison des procédures judiciaires « couteuses, longues et complexes ». Bien plus, la plupart de ces chambres restent à pourvoir tant en ressources humaines que matérielles. Le Gicam recommande ainsi à moyen terme l’amélioration de l’exécution des contrats via des tribunaux de commerce spécialisés et les juges formés à cet effet. Mais à court terme le renforcement des modes alternatifs de règlement des litiges commerciaux comme l’arbitrage et la médiation. D’autres propositions de réformes d’ordre général sont contenues dans ce document. Elles sont notamment de systématiser la sanction des magistrats quand il est manifeste que le droit n’a pas été dit, renforcer le dispositif de prévention de l’enrichissement personnel par la déclaration obligatoire du patrimoine individuel des magistrats. De même, encadrer les procédures d’urgence en matière judiciaire et administrative ainsi que les procédures de recouvrement des créances et ou de réalisation de sureté dans des délais limités.

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