mercredi, mai 27, 2026
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Carnet noir: Joseph Pokossy Doumbè n’est plus

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Joseph-Dipita-Pokossi-Doumbe de son vivant

Joseph Dipita Pokossy Ndoumbè est mort. L’ancien délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Douala a cassé sa pipe dans la nuit de mardi à mercredi des suites de maladie. L’information a été donnée par le poste national de la Crtv, sans détails. Toujours est-il que l’âge de l’homme était déjà assez avancé. L’homme est décédé à 89 ans. Avec ce départ, les Aéroports du Cameroun (ADC) sont orphelines. D’autant plus que le défunt était Président du conseil d’administration de cette structure.

Né le 21 août 1932 à Bonamikengue à Douala, l’originaire du canton Akwa a très vite rejoint la France après son CEPE obtenu en 1947. Les études secondaires faites au collège Jules Ferry de Coulommiers et au lycée Michelet de Vanves sont sanctionnées par un baccalauréat en sciences expérimentales en 1954. Puis le jeune Camerounais opta pour la Faculté de pharmacie de Paris. Une fois de retour au pays, Joseph Pokossy Ndoumbè ouvre la Pharmacie du Centre, à Douala. Il sera président du Syndicat des pharmacies du Cameroun, président du conseil de l’Ordre des pharmacies du Cameroun et président de l’Association pharmaceutique Interafricaine (API).

Mais le jeune fonctionnaire a très vite été piqué par le virus de la politique. Membre de l’Union nationale camerounaise (UNC), puis du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), le pharmacien est d’abord conseiller municipal de la commune de Douala de 1962 à 1977. Entre temps, le 7 juin 1970, il est élu député à l’Assemblée nationale fédérale, juste pour trois ans. Devenu 1er adjoint au délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Douala le 6 novembre 1987, Joseph Pokossy Ndoumbè fera le dernier pas pour le fauteuil principal, celui du délégué du gouvernement le 13 avril 1989. Il y trônera jusqu’au 27 février 1996. Membre du bureau politique du Rdpc depuis 1992, Joseph Pokossy Ndoumbè était par ailleurs membre du Conseil économique et social.

Dialogue public-privé : pourquoi le gicam a boudé Jean de Dieu Momo

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Momo indésirable au Gicam

La rencontre manquée du 16 avril dernier au Groupement Inter Patronal du Cameroun (Gicam) ne cesse d’alimenter les conversations. Plusieurs titres de la presse y ont d’ailleurs consacré leurs unes. Le fait, c’est la lettre du président du Gicam adressée au ministre de la Justice, le 15 avril, à la veille de la rencontre à laquelle était invité le membre du gouvernement. Dans cette lettre, Célestin Tawamba fait savoir au ministre d’Etat que le Gicam ne peut « accueillir la délégation qui est annoncée » dans une précédente lettre de Laurent Esso. Ce dernier aurait en effet désigné son ministre délégué Jean de Dieu Momo pour conduire une délégation auprès du patronat à Douala.

Les raisons de ce rejet, le président du Gicam dans sa lettre explique que « cette rencontre était prévue avec le ministre d’Etat, ministre de la Justice, Garde des sceaux ». C’est-à-dire Laurent Esso lui-même. Or, le Garde des sceaux a choisi de se faire représenter. D’aucuns ont vu en cette démarche du Gicam, un refus de recevoir la personne de Jean de Dieu Momo. C’est le cas de l’homme politique Shanda Tonme, pour qui, « cette attitude est de nature à contribuer à amplifier les voeux des esprits malveillants, soucieux de semer le désordre et des querelles inutiles dont la fixation négative ou positive sur certaines personnalités apparait comme le but inavoué ».

Mais il ne s’agit guère d’une affaire de personnes, dit-on dans le milieu des affaires. Cette rencontre, en réalité, se situait dans le cadre du dialogue entre le secteur privé et le gouvernement. Dans ce dialogue, les opérateurs économiques souhaitent avoir en face d’eux un interlocuteur capable de prendre dans l’immédiat des engagements en vue d’impulser des réformes. Pourtant « Jean de Dieu Momo ne serait qu’un messager. Il ne peut prendre aucune décision. En dehors de prendre les notes, les acheminer vers le ministre avec le risque d’omettre certains points ou de ne retenir que ce qui lui semble pertinent sans que cela ne convienne aux deux parties. Mais avoir le ministre en face de nous, c’est déjà une garantie que ce que nous pouvons formuler sera pris en considération », nous confie un homme d’affaires.

Une autre lecture c’est que les chefs d’entreprises aimeraient qu’on leur accorde plus de considération. « On ne peut pas dérouler le tapis rouge à d’autres tel que les acteurs de financement comme le FMI et on ne nous déroule pas le même tapis rouge. A la vérité, nous devrions même être reçus par le chef de l’Etat car c’est nous, secteur privé, qui créons de la valeur ajoutée à l’économie » s’indigne un autre opérateur économique de la non considération du secteur privé, créateur de valeur ajoutée.
Par Tatiana Meliedje

Climat des affaires : Ce que le secteur privé attend du système judiciaire

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Siège-du-Gicam

La Justice camerounaise est «de moins en moins efficace et crédible», selon les termes contenus dans le livre blanc du Gicam sur l’économie camerounaise. Les griefs soulignés dans ce document sont nombreux. Entre les processus de règlement des litiges commerciaux jugés « très longs, lourds et préjudiciables » et « l’irrespect des règles et les abus de toutes sortes en matière de procédure voire le recours à des connivences », le secteur privé a du mal à se développer. L’on souligne également l’insuffisance des infrastructures physiques et technologiques notamment l’absence d’archivage numérique des dossiers, un personnel peu en nombre mais aussi en qualité. Pour exemple, le défaut de spécialisation dans certains domaines spécifiques comme la fiscalité.

Dans le domaine commercial, le patronat dit avoir l’impression que les entreprises formelles sont condamnées au seul motif qu’elles sont solvables. « Très fréquemment il est constaté un non-respect flagrant des textes et des procédures dans nombre des décisions rendues sont en outre non motivées ». Ce qui selon eux est un frein à la fois à l’investissement des entreprises déjà en activité mais aussi à l’arrivée de nouveaux investisseurs. Ceci contribue par ailleurs selon eux à limiter l’octroi des crédits par les banques, parce que « les garanties qu’elles obtiennent deviennent régulièrement sans valeur devant les tribunaux ».

Or, la réorganisation du système judiciaire intervenue en 2011 a introduit des chambres commerciales dans les tribunaux de première instance et grande instance en leur donnant la compétence des contestations relatives aux engagements et aux transactions entre commerçants, établissements de crédit, entre associés relatives aux sociétés commerciales etc. Mais cette réforme selon le Gicam reste mal connue des entreprises en raison des procédures judiciaires « coûteuses, longues et complexes ». Bien plus, la plupart de ces chambres restent à pourvoir tant en ressources humaines que matérielles. Le Gicam recommande ainsi à moyen terme l’amélioration de l’exécution des contrats via des tribunaux de commerce spécialisés et les juges formés à cet effet. Mais à court terme le renforcement des modes alternatifs de règlement des litiges commerciaux comme l’arbitrage et la médiation. D’autres propositions de réformes d’ordre général sont contenues dans ce document. Elles sont notamment de systématiser la sanction des magistrats quand il est manifeste que le droit n’a pas été dit, renforcer le dispositif de prévention de l’enrichissement personnel par la déclaration obligatoire du patrimoine individuel des magistrats. De même, encadrer les procédures d’urgence en matière judiciaire et administrative ainsi que les procédures de recouvrement des créances et ou de réalisation de sûreté dans des délais limités.
Par Tatiana Meliedje

Trouble : Pr. Mendo Ze évite une mort par Covid-19

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Gervais Mendo Ze est-il mort de Covid?

Germaine Mendo Ze refuse de parler à la presse, sans doute échaudée par la campagne ratée pour arracher une grâce présidentielle – précisément un arrêt des poursuites – contre son mari dont l’état de santé n’a cessé de se dégrader depuis le 8 novembre 2020. Et même en répudiant le reporter de Défis Actuels, elle n’a pas pu s’empêcher de reprocher à la presse un crime qu’il serait peut-être plus avisé d’imputer au corps médical et au ministère de la Santé.

Selon ses dires, ses « problèmes avec les gens » sont nés de ce qu’elle a refusé d’accepter que son mari est décédé des suites du coronavirus. Elle assure avoir reçu des pressions de toute part. Des interventions de partout pour la convaincre d’accepter d’inscrire son époux dans les statistiques à la mode. Une campagne d’information – mieux de désinformation – aurait d’ailleurs été initiée dans le sens de la covidité avant qu’elle ne soit étouffée. Madame Mendo Ze aurait répondu niet à ses interlocuteurs et ces derniers en aurait profité pour cimenter leur inimitié envers elle. Mais qu’importe !

« Ils voulaient qu’on enterre Gervais vendredi dernier (Ndlr. le 16 avril). », s’emeut-elle toujours choquée que des gens aient eu l’outrecuidance de penser qu’on peut mettre un homme de l’envergure d’un Mendo Ze en terre à la va-vite. À travers le journaliste, elle semble parler à quelques-uns de ces émissaires embusqués. Mais qui peut bien vouloir faire avaler une cause de mort précise à une veuve et pour quels intérêts ? La réponse à cette question reste un mystère. Mais peut-être pas pour longtemps au regard de la colère qui habite madame veuve Mendo Ze. Une colère qui pourrait exploser à tout moment, au plus grand malheur de certains tenants de la stratégie de la fabrication d’un certificat de genre de mort fallacieux dont le seul bénéfice visible est la promotion d’une psychose toujours plus grande au sein de l’opinion publique.
Par Jean Omb Njéé

Sécurité alimentaire : 2,7 millions de Camerounais menacés par la famine

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L'illusion d'une suffisance alimentaire

Près de 2,7 millions de Camerounais sont en situation d’insécurité alimentaire, 260 558 autres sont en situation d’urgence et 17 millions peuvent manger à satiété. Ce sont les principales données récemment communiquées par le ministre de l’Agriculture et du Développement rural (Minader) au cours de la présentation des résultats de « l’analyse du cadre harmonisé d’identification des zones à risques et d’analyse des populations en insécurité alimentaire au Cameroun », pour le compte du mois de mars 2021. Selon Gabriel Mbairobe, ce chiffre connaît une baisse en ce qui concerne les personnes en situation d’insécurité alimentaire, et ce malgré la persistance de la crise socio- politique dans les régions du Nord- Ouest et du Sud-Ouest, des exactions de Boko Haram, des inondations dans la partie septentrionale du Cameroun et de l’insécurité en Centrafrique… En mai 2018 par exemple, le Programme Alimentaire Mondiale (PAM) avait recensé 3,9 millions de personnes confrontées à l’insécurité alimentaire sur le territoire camerounais. La situation des personnes ne disposant pas d’assez de nourriture est passée de 15 % en 2017 à 10,2 % au cours de la période sous revue (mars 2021), soit une baisse de 1,2 million de personnes.

«Au cours de la période courante, de mars à mai 2021, la situation alimentaire peut être qualifiée de bonne dans 11 départements classés en phase minimale, et relativement acceptable dans 33 départements classés sous-pression. On note cependant que 14 départements sont en phase de crise dans les régions du Nord-Ouest, du Sud-Ouest, du Centre et du Littoral », a précisé le ministre en charge de l’Agriculture. Aucun département n’est actuellement en situation d’urgence ou de famine au Cameroun. Pour ce qui est des départements qui figurent dans cette catégorie, l’on cite notamment le Mbam-et-Inoubou dans la région du Centre, dont les ressources ont subi une forte pression du fait, entre autres, des déplacés internes de la crise sociopolitique dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Ces deux régions sont classées parmi les zones en situation d’urgence alimentaire. Pour le ministre, loin d’être alarmant, les résultats présentés sont un outil d’analyse et de diagnostic de la situation de la sécurité alimentaire et nutritionnelle dans le pays, dont l’objectif fondamental est de cibler sans complaisance les populations vulnérables et proposer les réponses les mieux appropriées.
Par Jean Luc Fassi

Finances : Trois nouveaux conseils en investissement financier agréés

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Yellow-card-Cameroon, un des conseillers financiers de la CEMAC

Personnes physiques ou morales dont l’activité consiste à fournir des conseils à un investisseur dans le cadre d’opérations d’investissement portant sur des valeurs mobilières ou autres produits de placement émis dans le cadre d’un appel public à l’épargne ou d’un placement privé, les conseillers en investissements financiers ont besoin d’agrément pour pouvoir exercer. Dans les six pays membres de la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC), c’est la Commission de Surveillance des Marchés Financiers de l’Afrique Centrale qui délivre les agréments. Les derniers en date ont été octroyés à trois entités : Yellow Card Cameroon, Merces Invest et Nelly Chatué Diop. Les deux premières structures ont ceci de particuliers qu’elles promeuvent l’investissement dans la crypto-monnaie, un secteur peu voire mal connu en Afrique centrale, et ce du fait notamment de la multiplication des cas d’arnaques en son nom.

C’est dans ce contexte que rentrent en activité Yellow Card Cameroon, qui se présente comme une plateforme d’échange de cryptomonnaie récemment installée au Cameroun avec pour objectif d’apporter « la liberté financière pour tous» aux Camerounais. Leur point d’encrage, la promotion de l’utilisation du Bitcoin comme outils financier accessible sur la plateforme à travers un téléphone mobile. Elle a été fondée en 2016 par Chris Maurice et Justin Puiroux, ses activités se rapprochent aussi de celles de Nelly Chatué épouse Diop, l’experte informatique en data et BlockChain. Après de plusieurs années comme Chief Data Officer (CDO) chez Betclic en France, elle est revenue dans son pays le Cameroun où elle a créé la société Ejara.IO. Il s’agit d’une plateforme permettant à l’Afrique et à ses diasporas d’accéder à diverses offres d’investissement tels que les fractions d’actions, matières premières (or, argent…) la crypto-monnaies et bien d’autres. « Aujourd’hui, à travers la Blockchain, les cryptos monnaies, les cryptos actifs, il est possible de « démocratiser » l’accès à des marchés » explique-t-elle. La troisième entreprise à bénéficier de l’agrément est Merces Invest. Cabinet financier déjà implanté au Cameroun, il étend, grâce à cet agrément, ses activités dans segment du conseil.

Ces trois structures peuvent désormais déployer leurs activités de conseil financier auprès des particuliers et des entreprises, dans les pays de la sous-région Afrique centrale. Une activité que se limitera aux conseils sur le placement de capitaux. Elles ne devront se substituer en ordonnateur que si elles en détiennent l’autorisation aussi. « En cas de manquement à ses obligations réglementaires et déontologiques, la Cosumaf prononcera des sanctions pouvant aller jusqu’au retrait de son agrément » prévient le régulateur.
Par Jean Luc Fassi

Covid-19 : au-delà de l’épidémie, combattre l’infodémie

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Louis Marie Kakdeu

Comme le remarquait le Dr Sylvie Briand dans un article paru sur Agence Science-Presse le 13 novembre 2020, chaque épidémie s’accompagne de nos jours d’une infodémie. Il s’agit d’une propagation maladive d’un mélange d’informations à la fois exactes et inexactes sur le sujet. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), « les informations trompeuses se comportent comme des agents pathogènes pendant une épidémie : elles se propagent plus rapidement et à plus grande échelle, complexifiant la conduite des interventions d’urgence ». L’infodémie se révèle aujourd’hui comme étant aussi dangereuse que l’épidémie. En sciences du langage et de la communication, au-delà des mots et du discours persuasifs, il s’agit d’une réelle pathologie de la communication.

Théorie du complot

A titre d’illustration, le premier ravage de l’infodémie au sujet de la Covid-19 est la propagation rapide de la théorie du complot. Pour ce qui nous concerne, il y aurait un complot mondial contre l’Afrique en particulier et les Noirs en général. Ainsi en Côte d’Ivoire par exemple, l’on diffuse le montage d’une vidéo retouchée dans laquelle l’on voit comment un employé de race blanche du Système de Nations Unies ne reçoit pas le vaccin tandis que l’on l’administre à un employé de race noire. Au Cameroun, l’on cherche à montrer que le ministre de la Santé publique n’a pas reçu sa dose de vaccin. Cette infodémie vise à démobiliser en jouant sur des antagonismes sociaux pour instaurer un sentiment de méfiance. Le problème pathologique qui se pose est que la fausse information est de nature à orienter les populations vers le pogrom.

Situation intenable

La communication pathologique consiste à mettre l’auditoire dans une situation intenable. Comme on le dit de façon triviale, l’auditeur ne sait pas s’il doit avancer ou reculer, aller à gauche ou aller à droite ; il est confus. L’infodémie sur la Covid-19 place les Africains dans une situation où ils ont de la peine à distinguer le vrai du faux. Par exemple, qu’est-ce qui est vrai vaccin, qu’est-ce qui est faux vaccin ? Qu’est-ce qui est bon traitement, qu’est-ce qui est faux traitement ? Quel chercheur a raison, quel chercheur a tort ? Pis, lorsqu’on joue sur la fibre patriotique et/ou nationaliste, l’Africain ne sait plus s’il doit être fier de la médecine traditionnelle ou non. Il ne sait pas s’il ne trahit pas le continent en adoptant la médecine « venue d’ailleurs ». Il ne sait pas s’il doit militer pour l’Afrique et ne prendre que des potions traditionnelles quitte à en mourir « dignement ». Il ne sait pas avec exactitude pour qui et contre quoi militer. Il est dans une situation intenable qui le pousse souvent à s’abstenir et donc, « à confier son sort à Dieu ».

Triomphe du populisme

Le discours populiste s’empare du terrain. Il est axé sur la prétention de rechercher la « vérité » : « On nous cache la vérité » ; « Dites-nous la vérité » ; « On nous ment », etc. Le discours populiste puise sa source dans la mémoire collective ou un passé commun (environnement cognitif) marqué par la domination de l’Afrique d’une part, et l’abus de confiance de l’élite dirigeante d’autre part « Ne faisons plus confiance à ces gens », entend-on. Deux approches prospèrent autour de nous : Le populisme identitaire qui consiste à opposer Blancs et Noirs, Africains et Occidentaux, etc., et le populisme interclassiste qui consiste à opposer les masses à l’élite dite « prédatrice ». Et ça cristallise beaucoup d’attention ! Sauf qu’au-delà du discours persuasif, voire même logique en apparence, il se développe un vrai cancer qui annule tout effort d’éradication de l’épidémie et donc, de développement social.

Recommandations

Il convient de faire de l’infodémie un véritable sujet de préoccupation face à la riposte contre la Covid-19. En l’état, elle déplace le débat autour de la Covid-19 voire même en dehors de la maladie. La création d’un Groupe de travail technique s’impose pour traiter convenablement de ce sujet. Il permettra de développer une communication proactive pour permettre au corps de la santé de se concentrer sur leur métier. Le risque à éviter est que l’on passe le temps à répondre aux rumeurs qu’à soigner la maladie.
Par Louis Marie Kakdeu, PhD et MPA

Comeci : le désarroi des épargnants

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Les épargnants de Comeci inquiets

Les épargnants de la Compagnie équatoriale pour l’épargne et le crédit d’investissement (Comeci) ne savent plus à quel Saint se vouer. Plus le temps passe, plus l’espoir qu’ils ont de récupérer les fonds qu’ils ont durement gagné et déposé dans les comptes de cet établissement de microfinance laisse place au doute. Et le cauchemar est loin d’être fini. Le stress qui les habite depuis le début de la procédure de liquidation de la Comeci, et le calvaire lié aux allers et retours entre leurs lieux de résidence respectifs et Douala, dans le cadre des opérations de déclaration des créances engagées en mars dernier ont cédé la place au désarroi : monsieur Towoua, le liquidateur de la Comeci est mort. Conséquence : la Direction Générale de cette microfinance est fermée et les opérations d’identification des épargnants suspendue jusqu’à nouvel ordre. Il faut se rendre au siège social de Comeci, au quartier Akwa à Douala, pour être informé des changements survenus. Une disposition qui a le don d’énerver de nombreux épargnants.

C’est le cas de Mathieu. Le commerçant de 62 ans venu de Bafoussam dans l’espoir d’être enfin enregistré. Et pour la deuxième fois, il a dû rebrousser chemin… un nœud dans la gorge. «C’est vraiment énervant, dit-il, en cette matinée du mardi 20 avril 2021. C’est la deuxième fois que je paie le transport de Bafoussam pour Douala, et que je rentre sans avoir été servi. S’il faut prendre en compte les frais de transport et les risques liés au voyage, je pense qu’à un moment je vais abandonner cet argent à la Comeci». L’homme, la soixantaine, dit avoir épargné près de 3,5 millions dans cette microfinance. «Et maintenant, que va-t-il se passer pour la suite ?», se demande-t-il comme nombre d’épargnants. A la Direction Générale de Comeci, il n’y a personne pour répondre. Si ce n’est cette note qui annonce le décès du liquidateur. Monsieur Towoua est décédé de suites de coronavirus, renseigne un communiqué de la Comeci. Il avait été désigné syndic aux côtés de Marthe Sévérine Bella Mendo, juge au Tribunal de Grande Instance du Wouri, pour conduire la liquidation de cette microfinance déclarée en cessation de paiement en avril 2019 par le même tribunal.

Il avait donc, fin mars dernier, démarré la phase de déclaration des créances. L’opération consistait pour chaque créancier de fournir des pièces justificatives auprès de la direction générale, seule agence de Comeci encore ouverte. « Après cette phase je dois m’atteler à trouver par des recouvrements et la réalisation d’actifs les ressources nécessaires au paiement des créances, ce que je fais en même temps », nous disait Sieur Towoua au cours d’une interview en début de ce mois. Il s’était également illustré par un combat contre les escrocs qui utilisaient son identité pour arnaquer les créanciers via les réseaux sociaux. Il avait fait plusieurs communications à ce titre invitant les usagers à être prudents. Les épargnants résidant au Cameroun avaient 60 jours pour déclarer leurs créances. Soit jusqu’au mois de juin. Ils devront pour le moment prendre leur mal en patience comme l’indique le communiqué de la Comeci.
Par Tatiana Meliedje

Sodecoton : objectif 600 000 tonnes/an

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Extension des surfaces cultivées, optimisation de la productivité, renouvellement de l’outil industriel : la Sodecoton investit massivement pour doper sa production et améliorer son classement mondial.


Cinquième producteur mondial de coton, la Sodecoton (Société de Développement du Coton, dont le siège est à Garoua) vise la quatrième place à l’horizon 2025, pour un objectif de production de 600000 tonnes de coton graines, fixé par le gouvernement. Pour ce faire, la société devra accroître substantiellement la production des cotonculteurs, améliorer le rendement des plantations, mais surtout, augmenter et mettre à jour ses capacités industrielles. Pour le moment, les installations industrielles de la Sodecoton comprennent neuf usines d’égrenage cumulant une capacité nominale de 320.000 tonnes de coton graine/an, et deux huileries dont la capacité annuelle de trituration est évaluée à 150 000 tonnes de graines de coton. A quoi il faut ajouter en matière de logistique, un parc de 600 véhicules roulants et matériels de génie civil.

Il faut dire que la firme est passée par une grave crise qui a inversé sa croissance pendant quelques années. Au milieu des années 2000, la production est passée de 300 000 tonnes à moins de 120 000 tonnes. « Après la crise de 2005 avec la baisse de la production du coton qui ne permettait même plus de faire tourner les usines, on a pensé qu’avec les OMG (Organisations Génétiquement Modifiables, Ndlr.) les rendements pouvaient être remontés. Des cultures d’essai ont été engagés mais, tirant les enseignements de la triste expérience burkinabé avec cette culture de coton OGM, le Sodecoton a mis un terme à cette aventure et nettoyé ses sites : tous les essais sur les cotons OGM ont été arrêtés et tout le matériel s’y rapportant a été détruit. Nous sommes plus que jamais engagés dans la culture du coton biologique », rassure-t-on à la Direction de la Production Agricole (DPA).

Plus grave, durant les campagnes agricoles allant de 2013/14 à 2015/16, la Sodecoton a cumulé des pertes d’environ 36 milliards à cause des intempéries ayant occasionné la mouille de la matière première et une décote de la qualité des fibres et graines. Les comptes d’exploitation étaient tellement plombés que, les fonds propres étant devenus quasi nuls, la société a dû réduire son capital de 23 à 1,5 milliards pour éviter le dépôt de bilan. « Aujourd’hui, cette crise est de l’histoire ancienne », se réjouit un cadre de la Sodecoton, intarissable sur les mesures de redressement mise en œuvre par le directeur général Mohamadou Bayero Bounou, et les résultats positifs engrangés. « On observe une tendance croissante de la production grâce à un assainissement de la gestion courante de l’entreprise, une modernisation des structures de production, et un renforcement de la compétitivité sur le marché national et international. Nous enregistrons également une productivité croissante grâce à une amélioration des paramètres de production et des revenus des producteurs », détaille Adoum Yaouba, Chargé de Mission en charge de la gestion des projets à la Sodecoton.

Assainissement de la gestion

Depuis la campagne cotonnière 2010/11 la production est repartie à la hausse et aujourd’hui, la firme affiche des prévisions de collecte de 342.000 tonnes de cotongraine en 2020/21 pour un rendement de 1.514 kg/ha. Par ailleurs, la société a amorcé un redressement de ses comptes à partir de 2016/17, avec une hausse du chiffre d’Affaires qui part de 59 milliards FCFA en 2010 à 148 milliards en 2020. Ce retour de la croissance entre la période 2017 – 2019 résulte principalement de l’amélioration des capacités de transport et des usines d’égrenage autant que de la reprise des ventes d’huile et de tourteaux (15 % du chiffre d’affaires pour les cinq dernières années). « La Marge après Remboursement des Intrants (MARI) a connu une croissance de 150 % en dix ans », se réjouit le Directeur Général, Mohamadou Bayero Bounou. « Grâce à une amélioration de la productivité en champ, la production cotonnière camerounaise connaît une relance soutenue depuis la campagne agricole 2016/2017. Des records de collecte de coton graine sont ainsi enregistrés année après année et dépassent désormais 340.000 tonnes. Les récents rendements obtenus constituent une référence pour le coton africain », explique M. Bayero Bounou. En effet, témoigne un responsable de la confédération des producteurs de coton, le rendement à l’hectare est parmi les meilleurs au monde, de même que la qualité de la fibre s’est améliorée. Les semences camerounaises sont à ce point performantes qu’elles sont exportées vers d’autres pays producteurs, notamment en Afrique de l’Ouest.

Cette dynamique de croissance a été brisée en 2020 par les effets de la pandémie du Coronavirus : fermeture des filatures asiatiques qui constituent les principaux débouchés du coton camerounais ; baisse des cours de la fibre ; ralentissement des exportations entraînant des retards d’encaissement de plus de 80 milliards de FCFA ; augmentation des volumes stockées avec des coûts supplémentaires de stockage et de manutention, et même des difficultés d’approvisionnement en facteurs de production. Du fait de ce contexte difficile, l’année 2020 s’est soldée sur une perte estimée à 5,7 milliards, à contre-courant des résultats positifs de 5,1 milliards et 3 milliards obtenus respectivement en 2018 et 2019.

Augmenter les capacités industrielles

Malgré ce retournement de conjoncture, le top management de la firme maintient ses ambitions : augmenter substantiellement la production et moderniser l’outil industriel. Si le gouvernement dans la Stratégie de développement durable de la filière coton au Cameroun assigne à l’entreprise un objectif de 600 000 tonnes de coton graine à l’horizon 2025, les dirigeants de la société se veulent plus réalistes et visent 450 000 tonnes à la même échéance. Une prudence indispensable dans la mesure où les quantités achetées doivent être compatibles avec les capacités industrielles installées. Or les projets de rénovation des usines existantes ou de création de nouvelles unités industrielles ne pourront pas absorber 600 000 tonnes de coton graine à l’horizon 2025. « Nous en sommes à tempérer l’ardeur des paysans pour ne pas être débordés par la production et perdre inutilement des volumes achetés », explique un cadre qui souligne ainsi l’urgence de l’installation de nouvelles usines d’égrenage.

La Sodecoton doit relever plusieurs défis pour atteindre ces objectifs stratégiques : parvenir à collecter, évacuer et égrener la production avant les pluies (au 30 avril) pour minimiser les pertes (mouille du coton) ; satisfaire les producteurs par des paiements rapides et valoriser la production attendue de graines de coton. Elle doit également faire face au déficit énergétique récurrent pour le fonctionnement de ses usines, et surtout, continuer d’appuyer l’amélioration de la productivité de la culture.

Pour l’instant donc, explique le directeur général de la firme, il s’agit de mettre en place une agriculture intelligente face au climat, diversifier les cultures à travers le développement du soja et de l’anacarde, réhabiliter les terres dégradées, accélérer la mécanisation (déjà un quart de la production est fourni par dix mille grands exploitants qui utilisent la mécanisation), et produire de l’énergie solaire photovoltaïque pour mettre les unités industrielles de production à l’abri de la pénurie d’énergie. Dans la même dynamique deux nouvelles usines d’égrenage de 45000 tonnes chacune vont être installées, de même qu’une troisième huilerie en plus de la modernisation et de l’augmentation des capacités des deux huileries existantes et de la construction de nouveaux sites de stockage pour sécuriser les produits à l’ami des pluies. Le tout pour un investissement à court terme d’environ 67,1 milliards de FCFA. Déjà, en mars dernier, la société a lancé la construction du complexe industriel de Gouna, sur une superficie de 31 ha. « Ce complexe industriel financé par l’Etat sera doté d’une usine d’égrenage moderne de dernière génération, adaptée aux conditions climatiques d’exploitation de la région du Nord, et capable d’égrener 335 tonnes de coton par jour. Avec une capacité d’égrenage de 50.000 tonnes de coton graine par an, cette nouvelle usine permettra d’accroitre les capacités industrielles nominales de la Sodecoton. Cette usine située aux confins des départements de la Bénoué, du Faro et du Mayo Rey permettra de répondre à la croissance soutenue de la production cotonnière dans ces grands bassins agricoles. Son installation s’inscrit ainsi en droite ligne de la stratégie de développement durable de la filière coton validée par le gouvernement dans le cadre de la Stratégie Nationale de Développement 2020 – 2030 (SND30). En plus de l’usine d’égrenage, le site industriel accueillera des entrepôts, une base vie, une infirmerie et des œuvres sociales diverses », se réjouit le Directeur Général, Mohamadou Bayero Bounou.

Siarc : Le Salon international de l’Artisanat se prépare

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Le ministre Achille Bassilekin III s’est entretenu avec l’ambassadeur du Sénégal au Cameroun, avec qui il a abordé les questions liées à l’organisation de cet événement dont son pays est invité d’honneur.


La date de la tenue de la 7e édition du Salon International de l’Artisanat de l’Artisanat de Cameroun (Siarc) reste inconnue. Mais ce dont est certain Achille Bassilekin III, ministre des Petites et Moyennes entreprises, de l’Economie Sociale et de l’Artisanat (Minpmeesa), c’est qu’il se tiendra en fin d’année, ou en début 2022, précisément au cours de la Coupe d’Afrique des Nation de football qu’organise le Cameroun de janvier à février 2022. Mais en attendant, au Minpmeesa, on semble avoir pris la mesure de l’intérêt de l’évènement. Pour qu’il soit une réussite, le ministre Achille Bassilekin mobilise les parties prenantes. L’une d’entre elles est le Sénégal, qui est attendu à cet événement en tant qu’invité d’honneur. A ce titre, le ministre Achille Bassilekin III a recu Khare Diouf, l’ambassadeur du Sénégal au Cameroun. Si l’invitation avait été transmise à ce pays du fait notamment du développement notoire de son secteur artisanal qui repose entre autres sur la transformation du cuir, la bijouterie, l’audience du 22 avril dernier reposait quant à elle sur la présentation du niveau des préparatifs du Cameroun pour cette grande messe de l’artisanat camerounais. « Depuis plus d’un an, nous sommes en train de préparer ensemble le Siarc. C’est dans cet esprit que je me suis entretenu avec le ministre et ses collaborateurs sur le niveau de préparation. La détermination reste pour que cet événement puisse se tenir et soit une réussite», a indiqué Khare Diouf.

Bien au-delà des préparatifs du Siarc, le ministre souhaite nouer une véritable coopération entre les deux pays, du moins en ce qui concerne le secteur de l’artisanat. A cet effet, indique Achille Bassilekin III, « le Sénégal dispose d’un grand potentiel artisanal avec un maillage et un dispositif institutionnels importants. Ce pays, au-delà de la chambre des arts et des métiers, dispose d’une agence de promotion de l’artisanat. Et je pense qu’à la lumière de ce dispositif d’encadrement, il sera possible, dans le cadre de la tenue de ce Siarc, d’explorer la possibilité de signer un accord sur l’artisanat entre nos deux pays, sous réserve du très haut accord de notre hiérarchie». Mais déjà, il est prévu des ateliers permettant à des maîtres artisans sénégalais de distiller leur savoir faire à leurs confrères du Cameroun.

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