mercredi, juin 3, 2026
spot_img
Accueil Blog Page 125

Fintech : 24 000 milliards de FCFA de transactions mobile money en 2023

0
photo générée par Mobile Money

Loin du déclin annoncé lors de l’instauration de la taxe sur les transferts d’argent (TTA) en 2022, le mobile money continue de s’imposer comme le principal canal de transactions financières au Cameroun. Selon le Rapport sur la situation et les perspectives économiques, sociales et financières du Cameroun publié en novembre 2024, l’activité de la monnaie électronique a enregistré une hausse de 24 % en 2023, atteignant une valeur totale de 18 381,6 milliards de FCFA contre 14 822,3 milliards de FCFA en 2022.

 Mieux encore, la valeur des transactions effectuées via le mobile money a bondi de 38,2 %, atteignant 24 331 milliards de FCFA. Cette croissance soutenue du mobile money témoigne de son enracinement dans les habitudes financières des Camerounais. Malgré la taxe de 0,2 % instaurée en 2022 sur les transferts et retraits d’argent, l’attrait pour ce mode de paiement n’a cessé de croître, reflétant un besoin croissant d’inclusion financière et de services accessibles pour une population majoritairement non bancarisée.

En outre, l’essor des services adossés à la monnaie électronique se confirme à l’échelle sous-régionale, porté par une dynamique particulièrement forte au Cameroun. Avec près de 25 millions de comptes de paiement enregistrés, le pays concentre à lui seul plus de 62 % des comptes actifs dans la CEMAC. Cette domination se reflète également dans le volume des transactions traitées par les prestataires de services de paiement, qui représente près des deux tiers de l’ensemble des échanges enregistrés dans la sous-région, en progression notable de 24 % par rapport à l’année précédente.

Le Mobile Money, fer de lance de cette transformation, connaît une accélération remarquable. D’après les données collectées auprès de la BEAC, le nombre de comptes recensés, tous opérateurs confondus, a bondi de 46,4 % en un an pour s’établir à plus de 24,2 millions. Toutefois, si l’adoption du service s’intensifie, l’activité des comptes connaît une légère érosion : le taux d’utilisation, qui mesure la proportion de comptes véritablement actifs, recule à 51,3 %, contre 64 % en 2022.

UNE ADOPTION CROISSANTE DU MOBILE MONEY

L’essor du mobile money au Cameroun n’est pas un phénomène isolé. D’après les résultats de la 5e Enquête camerounaise auprès des ménages (Ecam 5), publiés en avril 2024 par l’Institut national de la statistique (INS), 42,7 % des Camerounais âgés de 15 ans et plus utilisaient le mobile money en 2022, contre 29,9 % en 2017. Une progression de 12,8 points en cinq ans, révélatrice d’une adoption massive des services financiers mobiles. Cette dynamique place le Cameroun en tête des pays de la zone Cemac en matière de transactions électroniques.

Selon la Banque des États de l’Afrique centrale (Beac), 96 % des transactions financières dans la sous-région ont été effectuées via le mobile money en 2022, soit 2,3 milliards d’opérations. Le Cameroun se distingue particulièrement, concentrant 71 % des transactions en volume (1,7 milliard d’opérations) et 55 % en valeur (59 003 milliards de FCFA), loin devant le Congo et le Gabon.

 UNE FISCALITÉ EN CONSTANTE ÉVOLUTION

Malgré son essor, le mobile money fait face à une fiscalité de plus en plus lourde. Après l’instauration de la TTA en 2022, la loi de finances 2025 a introduit un droit spécifique de 4 FCFA par transaction, applicable depuis le 1ᵉʳ janvier 2025. Ce prélèvement supplémentaire concerne non seulement les transactions via mobile money, mais aussi celles effectuées par les banques, établissements de crédit et de microfinance, jusque-là exonérés de la taxe proportionnelle. Par ailleurs, la loi de finances 2025 a relevé le taux de la TTA à 1 % pour les transactions liées aux jeux de hasard et de divertissement, en raison des flux financiers spécifiques à ce secteur. Ces nouvelles dispositions fiscales pourraient impacter le coût des transactions pour les usagers et influencer, à terme, l’évolution du marché.

Télécommunications: Camtel, entre ambitions stratégiques et souveraineté numérique

0

Réuni le 30 décembre 2024 sous la présidence de Mohamadou Saoudi, le Conseil d’administration de Cameroon Telecommunications (Camtel) a adopté les orientations stratégiques de l’entreprise pour la période 2025-2027. Une trajectoire qui se veut résolument tournée vers l’innovation et la consolidation de sa place dans l’écosystème numérique national.

Dans cette optique, un budget de 326,3 milliards FCFA a été validé pour l’exercice 2025, marquant l’ambition de l’opérateur historique de moderniser ses infrastructures et de renforcer ses capacités opérationnelles. Mais au-delà des chiffres, ce projet budgétaire traduit une vision. Celle d’un acteur engagé pour la souveraineté numérique du Cameroun. Dans un contexte où les données sont devenues une ressource stratégique, Camtel se positionne comme un garant de leur sécurité et de leur exploitation dans le respect des intérêts nationaux.

Un opérateur en transformation

Pour accompagner cette dynamique, Camtel mise sur une optimisation de ses investissements et une diversification de ses services. L’extension de son réseau figure parmi ses priorités, avec des projets d’envergure visant à améliorer la couverture sur l’ensemble du territoire. Ces efforts s’inscrivent dans une volonté de sécurisation des infrastructures, souvent soumises à des contraintes externes pesant sur leur performance.

Les résultats financiers enregistrés ces dernières années confirment la pertinence de cette stratégie. En 2023, Camtel a affiché un bénéfice net de 11,2 milliards FCFA, en progression de 21,7 % par rapport à l’année précédente. Le chiffre d’affaires, quant à lui, a connu une hausse continue, passant de 108,8 milliards FCFA en 2018 à 207,4 milliards FCFA en 2023. Des performances qui permettent à l’opérateur de verser, pour la première fois de son histoire, un dividende de 4,65 milliards FCFA à l’État du Cameroun.

Un équilibre à préserver

Si ces indicateurs sont encourageants, ils ne doivent pas occulter certains défis structurels. L’endettement de Camtel, qui s’élevait à 648 milliards FCFA fin 2022, reste un sujet de préoccupation. Cette contrainte financière limite la capacité d’investissement et impose une gestion rigoureuse des ressources. Par ailleurs, la masse salariale, représentant plus du tiers de la valeur ajoutée de l’entreprise, nécessite une réflexion sur l’optimisation des charges pour garantir une rentabilité durable.

L’autre enjeu majeur c’est la qualité du réseau. Dans un environnement où l’exigence des utilisateurs ne cesse de croître, l’amélioration des services est un impératif. Malgré des investissements conséquents – 117 milliards FCFA en 2023 –, des défis subsistent, notamment dans la gestion des infrastructures stratégiques. La modernisation des équipements et le renforcement des capacités techniques seront donc au cœur des actions à venir.

Un acteur clé pour l’avenir numérique du Cameroun

Au-delà des considérations économiques, Camtel joue un rôle central dans l’édification d’un écosystème numérique souverain. Dans un monde où les flux d’informations sont au cœur des rapports de force, la capacité à préserver le contrôle des données constitue un enjeu fondamental. Camtel s’inscrit dans cette démarche, en veillant à ce que les infrastructures nationales demeurent au service des intérêts stratégiques du pays.

Loin de se cantonner à un rôle de simple fournisseur de services, l’opérateur se positionne comme un pilier de l’indépendance numérique du Cameroun. Grâce à une vision de long terme et à une gouvernance repensée, il entend poursuivre sa transformation tout en consolidant son rôle dans le paysage télécom national.

 BGFIBank fixe le cap pour 2025

0

Introduction en bourse, risque de crédit, relation client… le groupe bancaire, leader de la zone Cemac vient de définir ses priorités pour 2025 à l’occasion de la convention des cadres dirigeants tenue à Douala.

Une stratégie a été pensée à l’issue de la onzième convention des cadres dirigeants du groupe BGFI Bank tenue du 29 au 31 Janvier 2025 sous la houlette d’Henri-Claude Oyima, Président-Directeur Général. Près de 120 professionnels du Groupe  se sont penchés sur diverses questions. Notamment le bilan de l’année 2024, les mécanismes de renforcement de la performance du groupe, l’approche par les risques, le Plan d’action en 2025 etc. En plus, des cadres dirigeants, les acteurs des filières commercial, engagements, trésorerie & ALM du Groupe BGFIBank étaient également réunis. L’accent  a donc été mis sur ces métiers porteurs de la productivité de l’entreprise, question selon Henri-Claude Oyima de «  renforcer l’efficacité opérationnelle  et de faire en sorte que les besoins des clients soient mis en avant ».  Il faut dire que le taux de sinistralité des crédits bancaires au Cameroun selon les données des acteurs du secteur  avoisinait 15% en 2022.
 L’une des grandes actions en 2025 sera l’introduction en bourse du Groupe. Son PDG l’avait déjà annoncé en décembre dernier, lors de la cérémonie d’inauguration du siège social de BGFIBank Cameroun.  «  BGFIBank s’apprête à franchir une étape stratégique de son histoire en procédant par l’introduction en bourse de sa société mère BGFIBank holding corporation auprès de la BVMAC par une offre publique spéciale en 2025 », avait indiqué Henri-Claude Oyima.
Cette rencontre des dirigeants du Groupe BGFI Bank se tenait dans un contexte où 2025, marque  la clôture du projet d’entreprise « Dynamique 2025 ».  Adopté par le groupe en septembre 2020, ce projet s’appuie sur 05 piliers stratégiques : renforcer la gouvernance, transformer le capital humain, garantir les ressources, maîtriser les risques et assurer le développement du Groupe. Les objectifs initialement fixés dans la mise en œuvre de ce projet ont été tous atteints, deux ans avant son terme.  BGFIHolding Corporation travaille depuis 50 ans auprès de la clientèle institutionnelle, des grandes entreprises, des particuliers haut de Gamme et PMEs/PMIs à fort potentiel.  Le groupe financier compte des sociétés spécialisées dans les métiers de la banque commerciale, la banque d’investissement, les services financiers spécialisés et les assurances. Il est présent dans 12 pays   d’Europe(France) en plus de l’Afrique centrale et de l’ouest ; notamment au Bénin,  en Côte d’Ivoire, au Gabon, Guinée Equatoriale, Madagascar, République Démocratique du
Congo, Sao Tomé et Principe.
réaction

 Henri Claude OYIMA, PDG BGFIBank
 « 2025 nous permettra de concevoir ensemble le plan 2026-2030« 
 «  Le Groupe BGFIBank est ici à Douala pour la deuxième fois consécutive afin de lancer les activités de l’année 2025. Et comme  il est de tradition dans notre Groupe, lorsque les organes délibérant de nos différentes entités ont décidé du budget de l’année,  je réunis tous les cadres dirigeants pour ordonner les outils, les mécanismes pour que  l’année se passe dans les bonnes conditions selon le budget arrêté ». Donc cette année l’objectif est de renforcer l’efficacité opérationnelle pour consolider les acquis. Par ce que 2025 c est la dernière année de notre projet d’entreprise dynamique 2025. Et c’est aussi  l’année qui nous permettra de concevoir ensemble le plan 2026 2030. Voilà pourquoi nous sommes au Cameroun. Le Cameroun est un pays très accueillant. Nous avons une équipe très dynamique ici. Nous avons inauguré notre siège et nous avons pensé que tous les collaborateurs voient ce que nous avons fait au Cameroun qui est un exemple dans le groupe BGFIBank. Ce que nous avons décidé  pour cette session d’amener des commerciaux, des équipes de trésorerie et des engagements. C’est par rapport aux objectifs de 2025. L’efficacité opérationnelle c’est d’abord le client. Nous avons mis le client en avant pour mieux l’accompagner,  mieux le servir. Nous avons décidé de faire en sorte que les besoins de nos clients, les financements de nos économies soient mis en avant. Et pour cela nous avons privilégié les commerciaux par ce que le risque de crédit est notre principal risque au niveau de notre métier de banquier. Quand on parle de commerciaux c’est tous ceux qui contribuent à la construction du produit net bancaire c’est à dire que les commerciaux, les engagements et la trésorerie qui apporte la ressource nécessaire pour accompagner cette belle aventure.  »

Secteur minier: L’Etat redoute un flop du fer camerounais sur les marchés internationaux

0
image générée par l'intelligence artificielle

À la fin du mois de janvier, le ministre par intérim des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique, Fuh Calistus Gentry a dressé un état des lieux des projets miniers de fer en cours dans le pays. Parmi les plus importants figure l’exploitation du gisement transfrontalier de Mbalam-Nabeba, partagé entre le Cameroun et le Congo. La Cameroon Mining Company (CMC), en charge du volet camerounais, « a déjà sélectionné six transporteurs, dont deux entreprises locales, tandis que cent camions destinés au transport du minerai sont en route vers le pays. Par ailleurs, les travaux de bitumage de 40 kilomètres de route reliant Sangmélima, Ebolowa, Mengueme et Kribi avancent, en attendant la construction des voies ferrées nécessaires pour acheminer le minerai vers le Port Autonome de Kribi (PAK) », a révélé le membre du gouvernement.

Autre projet clé, celui de Bipindi-Grand Zambi, piloté par la société G-stones. « L’entreprise a récemment assemblé un concasseur principal d’une capacité de 1 000 tonnes par heure, en complément d’un concasseur mobile de 300 tonnes par heure déjà opérationnel », a indiqué le ministre. Avec un objectif de production de 6 millions de tonnes de minerai de fer à 30 %, enrichies en 2 millions de tonnes de concentré à 65 %, ce projet devrait voir ses premières exportations dès juin 2025, selon une annonce faite lors d’une visite du PAK sur le site en janvier dernier.

Quant au projet Kribi-Lobé, « la société chinoise Sinosteel a déjà reçu l’ensemble des autorisations requises, y compris le certificat de conformité environnementale. À ce jour, 60 % des équipements miniers et des infrastructures énergétiques (dont une centrale de 60 MW) sont en place, et l’arrivée des unités d’enrichissement est imminente » a déclaré Fuh Calistus Gentry. Avec des réserves prouvées de 632 millions de tonnes, Sinosteel prévoit une production annuelle de 10 millions de tonnes de minerai à 33 %, enrichies en 4 millions de tonnes de concentré à 65 %.

Enfin, des études avancées sur le gisement de Ngovayang ont permis d’estimer des ressources exploitables à 111,42 millions de tonnes. Ces chiffres, issus du rapport de la quatrième édition de la Convention internationale des mines et exposition du Cameroun (CIMEC) tenue en mai 2024, soulignent le potentiel minier du pays. Mais derrière ces perspectives prometteuses, des menaces pèsent sur la rentabilité de ces projets. C’est ce qu’a révélé le rapport gouvernemental sur la situation et les perspectives économiques, sociales et financières du Cameroun, publié en novembre 2024.

DES RISQUES MAJEURS SUR LA RENTABILITÉ DES PROJETS DE FER

Si la montée en puissance de l’industrie du fer au Cameroun est indéniable, elle intervient dans un contexte mondial particulièrement fragile. Le rapport évoqué supra, alerte sur plusieurs risques pesant sur l’écoulement du minerai. Le premier obstacle est la chute des cours du fer. Après un pic à 158,2 dollars la tonne en 2021, le prix du minerai est passé sous la barre des 100 dollars en 2024, atteignant son plus bas niveau en trois ans. Et la tendance ne semble pas près de s’inverser. Selon des projections du ministère des Finances et du Fonds monétaire international, le prix moyen devrait se stabiliser à 95,5 dollars en 2025, puis descendre à 90,6 dollars en 2027. « Cette baisse pourrait affecter directement la rentabilité des nouveaux projets camerounais, dont les modèles économiques reposaient sur des prévisions plus optimistes », souligne les deux institutions

D’après le gouvernement camerounais et le FMI, ce recul des prix s’explique en grande partie par la crise du secteur de la construction en Chine, premier consommateur mondial de fer. L’effondrement du géant immobilier Evergrande, placé en liquidation judiciaire en janvier 2024, avec une dette abyssale de 260 milliards d’euros, a entraîné dans sa chute tout le secteur de la construction en Chine, premier consommateur mondial de minerai de fer. « Pékin tente de stabiliser la situation, mais les sidérurgistes chinois peinent à absorber les chocs successifs. En plus d’un ralentissement de la demande, la surproduction d’acier en Chine accentue la pression sur les prix et réduit les marges des industriels, tandis que de nouvelles réglementations environnementales favorisent une production d’acier à faible empreinte carbone, moins gourmande en minerai de fer », peut-on lire dans le rapport susmentionné.

Le Cameroun, dont les projets miniers s’appuient largement sur des investisseurs chinois, pourrait subir de plein fouet ces turbulences, prédit Yaoundé. En effet, la Chine représentait plus de 70 % des importations mondiales de fer. Si l’appétit de l’Empire du Milieu diminue, la diversification des débouchés devient un impératif stratégique. Le Cameroun, en phase de lancement de sa production, arrive dans un contexte déjà saturé où les alternatives à la Chine restent limitées. Certes, d’autres pays comme le Japon (7,3 %), la Corée du Sud (4,9 %), l’Allemagne (2,8 %), Taïwan (1,7 %) et la France (1 %) – importent du fer, mais leurs volumes restent marginaux aux besoins chinois.

QUELLES ALTERNATIVES POUR SÉCURISER L’AVENIR DU SECTEUR ?

Toutefois, face à ces risques, le gouvernement camerounais explore plusieurs pistes pour sécuriser l’avenir de ses projets de fer. Il encourage les entreprises minières à investir dans des technologies d’enrichissement du minerai pour augmenter sa valeur ajoutée. Cette stratégie permettrait de compenser partiellement la baisse des cours mondiaux en produisant des concentrés de fer de haute qualité, plus demandés sur le marché international. Enfin, Yaoundé mise sur la construction d’infrastructures locales pour réduire les coûts de production et de transport. Le bitumage des routes et la construction de voies ferrées entre Kribi, Ebolowa et le Congo sont des étapes clés pour optimiser la logistique et rendre les projets plus compétitifs.

Prometal renforce sa stratégie de conquête du marché régional

0

Le leader de la sidérurgie au Cameroun, vient d’augmenter son capital social de 5 milliards de Fcfa, portant ainsi son total à 25 milliards  afin de  faciliter sa croissance sur le continent.

Lors de son Assemblée générale du 18 juin 2024, Prometal a validé une augmentation de son capital social de 20 à 25 milliards de FCFA. La décision a été officialisée il y a quelques jours par une annonce légale publiée dans la presse.   Elle  se situe dans une dynamique d’expansion de cette entreprise sur le marché régional.  Le leader de la sidérurgie au Cameroun et en Afrique centrale entend conquérir le continent.

 L’année dernière, Prometal a renforcé ses capacités de production avec l’inauguration de deux nouvelles unités de transformation: Prometal 4, d’un investissement de 45 milliards de FCFA, spécialisée dans la production de fer à béton et de fil machine ; et Prometal 5, d’un coût de 12 milliards de Fcfa, constitué de deux unités de production ( Progaz, dédiée à la fabrication de bouteilles de gaz, et Profab, spécialisée dans les structures métalliques).

L’entreprise a également affiché un autre ambitieux projet. En août 2024, un accord  a été signé avec l’État camerounais  en vue du lancement de Proalu, une filiale dédiée à la transformation de l’aluminium.  L’investissement d’une valeur de 88 milliards de FCFA porte sur une usine d’une capacité annuelle de 60 000 tonnes, située dans la zone industrielle de Douala-Bassa. Cette unité permettra la création d’une filière complète allant de la bauxite à l’aluminium, a-t-on annoncé. Prometal poursuit également le développement de son complexe sidérurgique au port en eau profonde de Kribi, où sera installée une unité spécialisée dans la transformation du fer. Une sixième unité de production est également en cours de finalisation pour le traitement des métaux non ferreux à Douala-Bassa.

Cette augmentation de capital accompagne donc les ambitions de Prometal qui compte  accélérer son développement industriel pour dominer le marché continental. Des exportations, notamment dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf), sont en perspectives.

Recrutement d’universitaires : Frustrés, des candidats du Septentrion annoncent une marche

0

Le Premier ministre a à peine annoncé les résultats de la seconde phase du recrutement spécial d’enseignants (150 en tout) dans les jeunes universités d’Etat de Garoua, Bertoua et Ngaoundéré, que des voix s’élèvent pour contester le travail effectué par le ministre de l’Enseignement supérieur. Réunis autour du Collectif des titulaires du doctorat/Ph.D du Grand-Nord, candidats au recrutement spécial dans les trois universités de Bertoua, de Garoua et d’Ebolowa (Cotigrano), des candidats issus des régions septentrionales du pays annoncent une marche pacifique dans les rues de Ngaoundéré pour le 21 février prochain. La marche partira du commissariat central de la capitale de l’Adamaoua pour les Services du gouverneur, en passant par la Place de l’Indépendance.

Ce « pour exprimer la profonde et douloureuse indignation de la jeunesse du Grand-Nord Cameroun et des titulaires du Doctorat Ph.D sans emploi, outrancièrement choqués, clochardisés ». Le collectif dit avoir « pris connaissance des résultats du recrutement avec effarement, tellement ces résultats renferment d’injustices sociales inacceptables sans tenir compte de la discrimination positive ». En clair, « ce recrutement étant lancé pour les titulaires du Doctorat sans emploi, des fonctionnaires sont recrutés au détriment des sans-emploi que nous sommes. Pire encore, des candidats ayant juste soutenu leurs thèses deux jours avant la fermeture du dossier sont recrutés au détriment des candidats qui ont soutenu leur thèses il y a de cela cinq ans ». A cela, « ils ont choisi de galvauder et de fouler au pied le principe supérieur et sacrosaint de l’équilibre régional ». Autant de motifs de vexation qui ont amené les recalés du Grand-Nord à envisager la marche de protestation du 21 février prochain, pour manifester leur colère. Mais au-delà de la marche, les frustrés demandent une liste additive dans laquelle ils espèrent avoir une chance d’être recrutés.

Pas seulement le Grand-Nord

C’est un problème récurrent dans les recrutements dans les universités d’Etat. Les mêmes griefs reviennent. Et si les ressortissants du Grand-Nord sont les seuls à dénoncer officiellement, ils ne sont pas les seuls frustrés. « Ils ont peut-être leur façon de poser collectivement leurs problèmes ; mais c’est une affaire de tout le pays. Ces gens foulent au pied les instructions du chef de l’Etat à chaque fois», peste un candidat recalé à l’université de Bertoua. « Nous étions huit dans notre filière et jusqu’à la mi-janvier, je savais que j’étais dans la liste. Au final, mon nom a disparu. Je ne sais plus où mettre de la tête. Nous autres qui n’avons personne ne serons donc jamais rien dans ce pays ? », se morfond-il. En 2020, face à une situation pareille, les frustrés ont assiégé le ministère de l’Enseignement supérieur des semaines durant. Finalement, de nouveaux recrutements avaient été effectués, et la solution des remplacements numériques avait été proposée pour résorber.

Lions indomptables : le nouvel équipementier s’appelle Fourteen

0

Dans un communiqué rendu public ce 4 février au soir, le secrétaire général de la Fédération camerounaise de football (Fécafoot) annonce que « la marque sportive suisse Fourteen, a été sélectionnée comme nouvel équipementier des sélections nationales de football du Cameroun ». Indiquant que « la sélection a été faite ce jour par le comité d’urgence de la Fécafoot sur recommandation de la commission interne de passation des marchés de la Fédération, au terme d’un processus professionnel et objectif de dépouillement, d’examen, d’analyse et d’admission regroupant six offres de candidature». Sans pour autant citer les six concurrents. La Fécafoot y voit déjà une opération réussie, de par « la qualité des engagements contractuels et de la future collaboration partenariale avec la marque Fourteen dont la crédibilité et les états de service sont remarquables».

C’est la fin d’un long passage à vide des sélections nationales. La Fécafoot avait mis fin unilatéralement au contrat qui la liait à One all sports en juillet 2024. Annonçant le lancement prochain d’un appel d’offre pour un nouvel équipementier. En attendant, la fédération avait indiqué que la marque One all sport allait continuer d’habiller les Lions indomptables jusqu’au 10 septembre 2024. A cette date, rien n’a été fait. Les élections nationales jouaient avec des maillots no name. L’appel d’offre lancé finalement a été déclarée infructueuse, et depuis, Samuel Eto’o le président de la Fécafoot, est resté muet sur la question. Des sources ont annoncé Bee a Lion, un habilleur national, ainsi qu’Edimo, partenaire de One all sport en matière de distribution, en course. Samuel Eto’o qui a fait de la préférence national son cheval de bataille, n’a finalement pas tenu sa promesse. Les Lions indomptables joueront désormais avec Fourteen. Jusqu’à quand ? Rien n’est précis, tant le communiqué d’Isaac Mandong, ne mentionne pas la durée du contrat.

Nkoteng et Mbandjock : Au moins un mort et des blessés à la Sosucam

0

Comme un film d’horreur. Du feu sur la chaussée, des plantations de canne à sucre en feu. Ici des policiers et gendarmes encagoulés, tirant du gaz lacrymogène pour disperser des manifestants déchainés et leur lançant des cailloux… Telles sont des scènes vécues ce 04 février 2025 à Mbandjock et Nkoteng, deux villes du département de la Haute-Sanaga abritant les plantations et le siège de la Société sucrière du Cameroun (Sosucam). A la clé, au moins un mort le nommé Djora, un ouvrier saisonnier de la Sosucam, travaillant à Nkoteng. Le corps gît dans la cour extérieure de la Sosucam à Nkoteng. Une femme présentée comme son épouse, porte le deuil non loin du corps, au mépris des forces de l’ordre venues à l’appel des dirigeants de l’entreprise, pour mater la grève des ouvriers.

Depuis une semaine, les ouvriers saisonniers de la Sosucam observent une grève pacifique. Mais tout est allé à un rythme accéléré au cours de la journée de mardi. « Aux environs de 9h ce matin (hier, Ndlr), les Forces de maintien de l’ordre (FMO) déployées à Nkoteng ont décidé de disperser les foules. Pourtant les travailleurs depuis une semaine se mettent en groupe tous les matins pour mieux organiser leur grève initialement non violente. Les FMO  par la suite, ont tiré environ 20 coups de bombes lacrymogènes pour disperser les foules. Ensuite, c’est le camion-citerne anti-émeutes qui leur a déversé le ‘’mamy wayter’’. Les travailleurs entremêlés aux populations, ont riposté et lancé des caillasses aux FMO », raconte Adonis Fébé, organisateur syndical, proche de la Sosucam. Une situation qui a eu pour effet de radicaliser les manifestants. Lesquels ont opposé une résistance. Selon des sources concordantes, la gendarmerie est rentrée en scène : « la gendarmerie a tiré alors à balles réelles et a abattu Djora à bout portant. Un coup de kalachnikov du côté de la poitrine. Djora est décédé sur place», précise Adonis Febe.

Policiers et gendarmes blessés

La mort de cet ouvrier saisonnier, natif du département du Mayo-Danay dans la région de l’Extrême-Nord, a jeté de l’huile sur du feu. « Tous les Massa et même les autres Nordistes sont sortis pour venger leur frère. Ils ont commencé à tout casser et brûler à Nkoteng et à Mbandjock», rapporte un témoin. Des policiers et gendarmes blessés, parmi eux, le commissaire de sécurité publique de Mbandjock. D’autres sources parlent de décès parmi les éléments des FMO, mais une source officielle qui a requis l’anonymat, dément cette information. Les renforts venus de Yaoundé, notamment les éléments du Groupement mobile d’intervention (GMI), ont vite été dépassés.

La situation survient dans un contexte d’installation du nouveau directeur général, en la personne du Français Jean Louis Liscio, il y a quelques jours seulement. Mais le Français a trouvé sur sa table un passif lourd, fait de frustrations qu’un léger retard de salaire a vite enflammé.«Les saisonniers sont rémunérés en deux tranches : la première tranche est appelée acompte, mais ça représente la quinzaine. Entre 1998 et novembre 2023, ils percevaient la quinzaine le 20 de chaque mois, et le reste de la mensualité le 5 de chaque mois, jusqu’à l’arrivée de Jean Pierre Champeaux. A son arrivée, il a modifié complètement le mode de paie. On est quitté du 20 au 25, et du 5 au 10 pour certains travailleurs et au 15 pour d’autres. C’est ça la cause immédiate du déclenchement de la crise au sein de l’entreprise », renseigne Adonis Febe. « Pour le mois qui vient de s’écouler, les gars ont attendu jusqu’au 26, ils n’ont pas reçu d’acompte, le lendemain, les manœuvres agricoles ont refusé d’aller travailler. C’est en soirée qu’ils ont pu avoir les acomptes », poursuit-il. « La colère était déjà exprimée. Partis de la revendication du retard des acomptes, ils sont allés exhumer les cadavres, notamment le fait qu’ils ont vu leurs échelons diminuer à la Sosucam en 2023-2024, sans aucune consultation », confie ce leader de la société civile très introduit à la Sosucam. « Quelqu’un pouvait partir de 3ème A pour se retrouver en 2ème A (catégories, Ndlr), sans aucune explication au préalable », souligne-t-il. Déjà que le travail des saisonniers à la Sosucam s’arrête aux périodes de grandes activités, notamment entre novembre et mai, avec possible extension mi-juin, apprend-on. Ces changements engagés par Jean-Pierre Champeaux ont donc été mal vus par les travailleurs qui ruminaient leur colère et n’attendaient que le déclic pour exploser.

Une scène des émeutes de Nkoteng

De sources crédibles, des arrestations ont eu lieu, et les manifestants calmés par la force. Le temps d’y voir clair, le préfet de la Haute-Sanaga a pris des mesures conservatoires, notamment la fermeture des débits de boisson traditionnels dans son territoire de commandement, jusqu’à nouvel avis. Il est de notoriété que ces débits de boisson traditionnels sont tenus par les ressortissants du Grand-Nord.

Toutes les tentatives de la rédaction de joindre la Sosucam sont restées vaines. André Avom le directeur de la communication est resté sourds aux appels et messages à lui adressés.

Elite one : Le match Union-Dynamo s’achève à la gendarmerie

0

Joué depuis hier dimanche au stade annexe de la Réunification de Douala, le match Union sportive de Douala contre Dynamo (1-0) de la même ville se poursuit encore dans les bureaux de la gendarmerie. La Fédération camerounaise de football (Fécafoot) et l’Union de Douala ne s’accordent pas sur la répartition de la recette. Il s’agit concrètement de la somme de 2 072 000F. Union de Douala a refusé les 23% de la recette que le représentant de la Fécafoot, lui remettait, exigeant 70% du magot. Coincé dans les vestiaires, Dika l’agent de la Fécafoot, ne trouvera sa liberté que grâce à l’intervention des éléments de la brigade de gendarmerie de Bépanda.

Une grille de répartition existe depuis quelques semaines, élaborée unilatéralement par l’instance faîtière du football camerounais, à laquelle les clubs engagés en championnats doivent simplement se soumettre. Laquelle prévoit que le « propriétaire » encaisse 70% de la recette, contre 23% pour l’équipe évoluant à domicile, et 7% pour l’adversaire. Dans un contexte où généralement c’est la fédération qui loue les stades pour son championnat. Sauf que face à d’éternels grincements de dents, la Fécafoot a demandé à chaque club de désigner le stade dans lequel il devra recevoir ses matchs à domicile. La plupart des clubs ne disposant pas de terrains propres. Ici, Union de Douala qui s’est manifesté tardivement, avait sollicité le stade Mbape Leppe, alors que la Fécafoot avait déjà loué le stade annexe de l’Omnisport à Bépanda, à hauteur de 350 000F. L’Union s’y opposera. La Fecafoot exigea d’être remboursée. Une somme de 352 000F lui est retournée, en guise de remboursement, via Orange money. Sauf que la Fécafoot avait déjà ses calculs faits. On apprendra dans les coulisses que la Fécafoot ne reconnaissait pas avoir reçu le remboursement. En face, l’on a sorti le message témoin de l’envoi. Mais l’agent de la Fécafoot dit niet, et exige d’attendre le lendemain pour la distribution de ladite somme. Butant sur des représentants de l’Union déterminés à ne pas céder. Les recettes de la saison dernière ayant été ramenées à la Fécafoot durant toute la saison, pour n’être redistribuées qu’à la fin de la saison.

Finalement, la recette querellée a été placée sous séquestre par la gendarmerie nationale, le temps de voir clair, ou du moins, le temps pour les acteurs de s’accorder. Mais le lendemain, les deux parties ne se sont pas accordées. Les positions sont restées rigides. La gendarmerie a renvoyé les parties à demain mercredi. Les représentants des Nassara Gamakaï tiennent à ne pas laisser un seul radis dans leurs 70%.

Développement Urbain : 84,08% des travaux d’équipements de proximité réalisés à Ngaoundéré

0

Où en est le grand projet de développement urbain dans la ville de Ngaoundéré ? C’est pour répondre à cette question que Célestine Ketcha Courtes, ministre de l’Habitat et du Développement Urbain a effectué une mission d’évaluation de l’état d’avancement du projet de développement des Villes Inclusives et Résilientes (Pdvir) à Ngaoundéré, chef-lieu de l’Adamaoua et de lancer officiellement les Travaux d’Investissements Publics (BIP) pour l’année 2025.

Le 27 janvier, Ketcha Courtès a visité les différents chantiers à Ngaoundéré afin de s’assurer du respect des engagements contractuels. Si les travaux portant sur les équipements de proximité, ont affiché un taux d’avancement satisfaisant de 84,08 % au 31 décembre 2024, ceux des voiries dans les quartiers Gada Mabanga et Djalingo dans le deuxième arrondissement de la ville, ont pris du retard, observe le ministre. A cet effet, il est prévu que dans les trois prochains mois soient livrés 2,7 km de voiries tertiaires, la construction de 2 dalots, l’extension de 4 km du réseau d’eau potable, 1 forage, 4 bornes fontaine, 1 centre multifonctionnel, 2 hangars de marché de 40 et 60 places, 1 bloc latrines, 1 bloc de 10 boutiques, 1 espace vert et 1 terrain de football. La première phase du Pdvir s’est achevée en décembre 2023 avec la réception des ouvrages financés par la Banque mondiale. Ce programme a permis la construction de 7,5 km de voiries, d’ouvrages d’assainissement, d’un pont, de trottoirs et de caniveaux, ainsi que l’aménagement de plateformes pour la gestion des déchets, la mise en place de l’éclairage public et l’amélioration des réseaux d’approvisionnement en eau potable.

Au-delà de cet aspect technique, la visite a été l’occasion de sensibiliser les populations locales aux bénéfices des infrastructures réalisées et à l’importance de leur entretien. Le Ministre a également identifié des difficultés et proposé des actions correctives pour garantir la bonne marche des travaux. Ces infrastructures de proximité visent à rendre Ngaoundéré totalement inclusive et résiliente. Le Projet de développement des Villes inclusives et résilientes est un programme sous tutelle du Ministère de l’Habitat et du Développement Urbain (Minhdu), qui appuie les collectivités territoriales décentralisées dans la mise en œuvre des activités, grâce à un financement de la Banque mondiale d’un montant de 93,6 milliards FCFA.

L’objectif de développement du Projet est « d’améliorer la gestion urbaine et l’accès à l’infrastructure dans des zones urbaines sélectionnées, en particulier pour les quartiers sous-équipés, et, accroître la résilience aux aléas naturels et autres crises admissibles ».

- Publicité -
Google search engine