vendredi, mai 22, 2026
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Football professionnel : Jeu trouble entre Bamboutos FC et la Fécafoot

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Plus rien ne va entre les deux hommes

Après Djiko FC de Bandjoun, c’est au tour de Bamboutos FC de Mbouda de se retirer du championnat MTN elite one, le championnat professionnel de football du Cameroun. Dans le courrier adressé à la Fédération camerounaise de football (Fécafoot) qui gère le football professionnel par le truchement d’un Comité transitoire, Deschateaux Kamdoum, président délégué de Bamboutos FC de Mbouda, réclame «la prime réservée au vainqueur de la Super coupe du Cameroun, édition 2022-2023 représentant la somme de 50 000 000 Fcfa ; la prime de vice-champion édition 2023, soit 25 000 000 Fcfa ; la prime de finaliste malheureux de la Coupe du Cameroun édition 2022, soit 15 000 000 Fcfa ; sans oublier de mentionner notre quote-part de la prime de sponsoring et la rétrocession pour le compte de notre club la somme représentant le pourcentage de 50% des entrées financières en termes de billetterie », pour les matchs de championnat. Sur les antennes de Radio France international, le président délégué de Bamboutos FC indique que pour la saison dernière, le club le plus populaire du Cameroun a reçu en fin de saison la somme d’un millions 92 mille francs représentant sa quote-part de la vente de la billetterie sur l’ensemble de la saison, alors que par le passé, le club encaissait parfois plus de cette somme pour une seule journée de championnat.

Démenti de la Fécafoot

Mais l’annonce fait des vagues. La ne l’entend pas de cette oreille. Dans un communiqué rendu public ce 18 avril 2025, la Fécafoot ne reconnaît pas avoir reçu un courrier du genre des dirigeants des Mangwa boys. En admettant avoir découvert des documents du genre circulant sur les réseaux sociaux, le secrétaire général de la Fécafoot parle de « motifs au demeurant infondés et de prétendues négociations entre les responsables dudit club et ceux de la Fécafoot à l’effet du retour dudit club à la compétition », écrit Isaac Mandong, secrétaire général de la Fécafoot. Aussitôt, le club des monts Bamboutos a brandi la décharge de son courrier, qui circule sur les réseaux sociaux.

Le retrait de Bamboutos FC survient dans un contexte d’un vent de retraits et de démissions qui souffle sur la Fécafoot. Après une première série qui a vu partir les anciens secrétaires généraux Parfait Siki et Benjamin Banlock, et des membres du Comité exécutif tels le capitaine Joseph Feutcheu, Njalla Quan Junior, une seconde vague en cours a vu quitter le navire le directeur marketing,… Puis Djiko FC de Bandjoun du capitaine Feutcheu a annoncé son retrait du championnat professionnel. Bamboutos FC dont le président Justin Tagouh, actionnaire majoritaire, a déjà jeté l’éponge, a suivi. Et des sources crédibles annoncent d’autres clubs aussi désabusés, dans la même direction. Un retrait du championnat en cours vaut au club une rétrogradation de deux divisions, au cas où ledit club entend poursuivre dans le football. Joseph Feutcheu a d’ores et déjà libéré ses joueurs et ne compte pas revenir tant que Samuel Eto’o est président de la Fécafoot. A la Fécafoot, on s’accroche sur Bamboutos FC. En ignorant le courrier qui a reçu officiellement la décharge du service courrier de la fédération, Tsinga menace de poursuivre le club pour diffamation, déclarations mensongères, au sujet d’une dénonciation du club au motif d’un émissaire de la Fécafoot qui serait allé à Mbouda pour inciter les moto-taximen à des troubles à l’ordre public.

En attendant, aussi bien Djiko de Bandjoun que Bamboutos de Mbouda, continuent d’être programmés pour la suite du championnat professionnel Elite one. Toujours est-il que du côté de Mbouda, des élites politiques sont mises à contribution pour essayer de ramener le club à poursuivre le championnat.

Luttes : Le Rdpc s’embrase autour d’une mobilisation en faveur de Paul Biya

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L’opération « Extrême-Nord : 100 000 jeunes unis derrière le président Paul Biya », prévue le 10 mai 2025 à Maroua a mobilisation en faveur de la candidature de Paul Biya à l’élection présidentielle 2025, projetée par Boukar Abdourahim, directeur de cabinet (Dircab) de Cavaye Yeguie Djibril, président de l’Assemblée nationale (PAN), continue de faire des vagues. Contestations et contre-contestations se multiplient. Et c’est un texte signé de Jacques Fame Ndongo, ministre de l’Enseignement supérieur et secrétaire à la communication du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) qui en donne le ton : « Le rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) tient à porter à la connaissance de l’opinion publique que cette initiative n’a en aucun cas, été approuvée ni par les organes compétents du parti au niveau régional, ni par les hautes instances du comité central», peut-on y lire. «En conséquence, il est formellement demandé à M. Elhadj Boukar Abdourahim, de sursoir immédiatement à ladite initiative qui ne relève nullement de sa compétence, et dont la poursuite contreviendrait aux principes fondamentaux du fonctionnement du Rdpc», poursuit-il.

Aussitôt, à fort renfort de soutiens, son prétendu auteur l’a méconnu, dénonçant une manipulation. La ligne était déjà tracée. Un autre communiqué attribué à S.M Abdoulaye Yérima Bakari, lamido de Maroua, nouvellement nommé membre du Comité central du parti, dénonce le fait que les organisateurs n’ont «ni pris en compte des forces vives du département du Diamaré, ni consulté les autorités traditionnelles, politiques et militantes locales qui constituent pourtant l’ossature de la légitimité d’un tel rassemblement dans la capitale régionale ». Aussi, « bien qu’affichée comme régionale, cette mobilisation s’apparente davantage à une initiative strictement circonscrite aux militants et ressortissants du Mayo Sava, département d’origine du promoteur». Plus grave, le document soutient que le rassemblement projeté va « relancer les tensions et divisions que certains acteurs, notamment du Mayo Sava, ont contribué à alimenter ces dernières années entre les élites du Diamaré». Comme Fame Ndongo, le lamido de Maroua n’a pas attendu longtemps pour dénoncer l’authenticité du document. Du moins, Abdoulaye Yérima Bakari ne se reconnaît pas en ce communiqué, et menace d’ailleurs de représailles les auteurs des officines qui ont entrepris un tel projet en son nom.

Pendant que contestations et contre-contestations se multiplient, Cavaye Yeguie Djibril qui a été présenté comme parrain de l’affaire a saisi le secrétaire général du Comité central du Rdpc, pour soutenir le projet. «Les organisateurs ont formellement obtenu notre approbation préalable». Il y précise que  l’initiative est « un appel à la mobilisation tous azimuts derrière Paul Biya, indépendamment des chapelles politiques, malgré que l’activité est organisée par le Rdpc ». Depuis lors, la contestation s’est estompée. Mais des voix étouffées par la sortie de Cavaye Yeguie Djibril continuent de méconnaître au tout puissant Dircab/PAN toute qualité pour un tel projet.

Hamadou Bachirou

Cela survient dans un conteste de batailles au sein du parti de Paul Biya. Et l’Extrême-Nord en constitue un des principaux théâtres. Cavaye Djibril est le patron du parti dans la région, mais commence à perdre du poids face à une jeune garde assoiffée de reconnaissance et intéressée par le pouvoir. Entre autres le ministre Malachie Manaouda, de la Santé publique, dont la popularité ne cesse de grimper. Le PAN, lui, du fait de l’âge, a cédé de larges pans de pouvoir à son Dircab, au point que celui-ci finisse par être perçu par certains comme le « vrai patron » de la Chambre basse du parlement. Des initiatives du genre « Extrême-Nord : 100 000 jeunes unis derrière le président Paul Biya », sont des occasions de se donner une contenance certaine tant aux yeyx de l’opinion que du sommet de l’Etat.

C’est du côté de la société civile que les dénonciateurs s’affichent officiellement. Un certain Hamadou Bachirou, a commis une tribune dans laquelle il interdit aux organisateurs la manipulation des jeunes. Pour Hamadou Bachirou, les jeunes ne doivent être ni des «instruments de mobilisation de masse, ni des bétails électoraux que l’on agite». Et, « au lieu de convoquer 100 000 jeunes pour scander des slogans politiques, pourquoi ne pas initier ‘’l’opération 10 000 microprojets pour les jeunes de l’Extrême-Nord’’ ou alors «l’opération 100 000 actes de naissance pour les enfants de l’Extrême-Nord» ? Pourquoi ne pas lancer une ‘’opération 100 000 tables-bancs pour les écoles?’’»,  s’interroge-t-il. L’homme trouve que la mobilisation projetée est «politiquement déplacée dans un contexte de détresse sociale marquée par des promesses non tenues. Ce type d’initiative n’aide pas le président Paul Biya qu’elle prétend soutenir».

A Yaoundé, la RDC appelle à la solidarité africaine pour sauver sa filière cacao

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«Cette 111ᵉ session de l’Organisation Internationale du Cacao représente un moment clé pour l’ensemble des acteurs du secteur. Elle incarne l’unité entre les consommateurs et les producteurs, non seulement en Afrique, mais aussi au-delà du continent. Aujourd’hui, notre attente est de voir la République Démocratique du Congo surmonter les défis liés à la fraude et à l’insécurité, qui fragilisent la filière et appauvrissent les cacaoculteurs du pays », a lancé Mimie Monga Numbi, Directrice Générale de l’Office National des Produits Agricoles du Congo (Onapac).

Alors que les délégations de plusieurs pays producteurs de cacao, dont le Cameroun, Madagascar, le Ghana et la Côte d’Ivoire entre autres, se réunissaient du 7 au 10 avril 2025 à Yaoundé pour discuter de la stabilisation des marchés mondiaux, des pratiques agricoles durables, ainsi que de la lutte contre la déforestation et le travail des enfants, elle a mis sur la table des travaux de la session de Yaoundé, les questions liées à la fraude à l’exportation et à l’insécurité, qui selon elle compromettent la compétitivité du cacao congolais. « Le Congo doit également retrouver ses droits. Des produits (cacao, ndlr) le pays sans aucun contrôle, entraînant une hémorragie de fraude. À cela s’ajoute une insécurité persistante, qui accentue encore davantage cette situation », a-t-elle insisté. La directrice générale de l’Onapac indique que le manque de contrôle des exportations prive les producteurs d’une part trop faible de la valeur finale de leur production.

Comme elle, son compatriote, l’économiste Christian Kayambya, dénonce une fraude bien organisée à la frontière entre la RDC et l’Ouganda, portant sur l’achat et la revente du cacao. Selon Christian Kayambya, cité par la télévision allemande Deutsche Welle, au moins 85 % de la production de cacao ougandaise proviendrait en réalité de la République Démocratique du Congo. « Beaucoup d’investisseurs préfèrent rester en Ouganda. Depuis ce pays, ils envoient des acheteurs en RDC, signent des contrats avec des individus ou de petites coopératives afin que le cacao soit acheminé en Ouganda. Malheureusement, une fois sur place, cette production est déclarée comme étant d’origine ougandaise, au détriment de la RDC. C’est un manque à gagner », a confié Christian Kayambya à Deutsche Welle.

Mimie Monga Numbi, Directrice Générale de l’Office National des Produits Agricoles du Congo (Onapac).

Mimie Monga Numbi, a ainsi lancé un appel à la solidarité africaine, exhortant les nations membres de l’ICCO à renforcer leurs mécanismes de régulation afin d’assurer la pérennité d’un secteur essentiel à l’économie régionale. « C’est ainsi que nous demandons la solidarité de tous les pays africains qui sont membres de cette organisation pour que la République démocratique du Congo puisse être remise dans ses droits », dit-elle. Pour elle, la revitalisation de cette filière cacao passe avant tout par une gouvernance rigoureuse et un engagement ferme des partenaires africains. « Nous sommes prêts à nous conformer aux normes internationales, mais il est tout aussi crucial que le Congo soit respecté et que ses producteurs retrouvent leur juste place sur le marché mondial », a-t-elle déclaré avec conviction. La représentante congolaise a également affirmé la volonté de la RDC de se conformer aux exigences de l’Union européenne, dans un contexte où les marchés internationaux deviennent de plus en plus stricts.

Toutefois, elle a tenu à rappeler que cette adaptation ne devait pas se faire au détriment des droits souverains du pays ni de son savoir-faire local. « Il est essentiel que nous conservions notre identité et que nos producteurs soient véritablement reconnus et soutenus », a-telle insisté, mettant en lumière l’ambition de la RDC : répondre aux standards internationaux tout en valorisant ses spécificités nationales.

RCA : Afriland First Holding et Mahasakthi et lancent un projet agro-industriel de 800 milliards FCFA

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RAJKUMAR, le président Touadéra et Paul Fokam

La République centrafricaine (RCA) vient de franchir une étape décisive dans sa stratégie de développement agricole et industriel. Ce mardi 15 avril, une convention d’investissement d’un montant total de 720 milliards FCFA (soit 1,2 milliard de dollars US) a été signée à Bangui, en présence du président de la République, Faustin Archange Touadéra, entre l’État centrafricain, le groupe indien Mahasakthi, le cabinet d’investissement Afriland First Holding et SCIS Group. Quatre personnalités ont apposé leur signature au bas de la convention : M. RAJKUMAR, Chairman MAHASAKTHI GROUP, M. Richard FILAKOTA, Ministre de l’Economie, du Plan et de la Coopération internationale, M. Hervé NDOBA, Ministre des Finances et du Budget et M. Albert F. BENGALA, PDG SCIS GROUP.

L’accord porte sur la culture et la transformation du manioc et de la canne à sucre, deux filières stratégiques à fort potentiel de valeur ajoutée, ainsi que la production d’énergie électrique à partir de leurs dérivés. L’investissement se répartit entre 120 milliards FCFA pour la filière manioc et 600 milliards FCFA pour la canne à sucre.

Une transformation agroénergétique d’envergure

Ce programme s’étend sur 30 000 hectares (10 000 pour le manioc, 20 000 pour la canne), répartis à parts égales entre les terres exploitées directement par Mahasakthi et celles confiées à des planteurs locaux volontaires (5 hectares chacun), soit 3 000 entrepreneurs ruraux au minimum. La production agricole sera accompagnée de deux centrales électriques, d’une capacité cumulée de 70 mégawatts, et d’unités de transformation de sucre, d’éthanol et de manioc alimentaire.

Ce complexe agro-industriel prévoit la création de plus de 100 000 emplois directs, incluant les plantations, les unités de transformation et les centrales électriques. Une microbanque de développement, détenue par les acteurs de la filière, permettra de soutenir l’entrepreneuriat agricole.

Les productions attendues incluent 162 000 tonnes de sucre/an, 66,2 millions de litres d’éthanol/an, et une production journalière de 100 000 kg de manioc alimentaire, en plus des 400 000 kg de manioc destinés à la production énergétique.

Un modèle de développement inclusif

Cette initiative ambitieuse, fruit d’un partenariat triangulaire entre un État, un acteur financier africain et un groupe industriel international, place l’agriculture au cœur du redressement économique centrafricain. Elle incarne un modèle de développement intégré où croissance, inclusion sociale et souveraineté alimentaire convergent. Ce projet marque une nouvelle étape pour la RCA, qui mise sur l’agriculture comme levier de transformation structurelle de son économie. Il illustre également le rôle croissant d’acteurs privés africains comme Afriland First Holding dans l’ingénierie financière et la structuration de projets d’envergure sur le continent.

Réactions

Richard FILAKOTA, ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération internationale :
« Cet événement est la marque du respect que la Centrafrique mérite désormais après avoir traversé des moments difficiles. Cela traduit l’attractivité de notre pays, l’intérêt que les investisseurs portent à l’endroit de notre pays et de nos énormes potentialités. La RCA regorge de plus de 5 millions d’hectares cultivables. Nous sommes heureux de voir qu’aujourd’hui, notre pays est sur la bonne dynamique et nous sommes prêts à accueillir d’autres investisseurs qui veulent venir chez nous. Il y a de place pour tout le monde. Notre pays est vaste et il y a des défis. C’est ensemble que nous pourrons relever ces défis. »

Rajkumar, Chairman du Mahasakthi Group :
« Mahasakthi dispose d’une expérience avérée en matière de culture et de transformation de la canne à sucre. En Inde, nous cultivons le sucre sur 100 000 hectares ; notre production journalière de canne à sucre s’élève à 14 000 tonnes. Nous avons créé 100 000 emplois dans ce secteur. Et nous disposons de 8 centrales électriques qui produisent l’éthanol et l’énergie électrique à partir des résidus de la canne à sucre. La particularité de notre système agro-industriel, c’est que, en plus de nos propres champs agricoles, nous donnons la possibilité aux planteurs locaux de disposer de leurs propres champs et ainsi de cultiver eux aussi la canne à sucre et le manioc. De cette façon, nous garantissons que nous achèterons et transformerons ce qu’ils produiront. Nous le faisons en Inde. Nous le ferons en République centrafricaine. »

Dr Guy-Laurent FONDJO, président d’Afriland First Holding :
« Cette convention augure une innovation ; c’est un projet holistique, qui compte plusieurs composantes : une composante économique et une composante sociale. Dans la composante économique, il a été question d’étudier et de connaître les besoins de l’État centrafricain, de rechercher des partenariats et de ficeler les mécanismes d’investissement. Ce travail de facilitateur actif entre l’État centrafricain et le groupe indien Mahasakthi Group, Afriland First Holding l’a fait. Nous nous sommes appuyés sur notre expérience internationale, notre renommée et surtout la crédibilité bâtie par le président d’Afriland First Group Dr K. Fokam depuis plus de 40 ans. La composante sociale réside dans la façon dont le projet sera conduit. 50 % de la surface arable sera distribuée à des planteurs locaux volontaires, à raison de 5 hectares minimum pour leur donner l’opportunité de se prendre en charge en tant qu’agro-entrepreneurs. C’est un projet complet qui intègre l’intérêt de toutes les parties prenantes. Et c’est ça, le développement. De cette manière, la richesse créée est équitablement répartie au niveau de toutes les couches de la population. »

Commerce International : Le Cameroun prépare la 14e Conférence ministérielle de l’OMC

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Dans la perspective de la 14ᵉ Conférence Ministérielle (CM14) de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), le Ministre du Commerce du Cameroun, Luc Magloire Mbarga Atangana, a mené deux entretiens déterminants le 11 avril 2025 à Genève, en Suisse soulignant ainsi l’ambition du pays de jouer un rôle de premier plan dans la réforme du système commercial international. Le premier rendez-vous du Ministre a été marqué par une réunion avec la Taskforce de l’OMC chargée de la CM14, dont l’objectif principal était d’établir les prochaines étapes clés de l’organisation, notamment la visite imminente de la Directrice Générale de l’OMC au Cameroun, la finalisation du Cahier des Charges, indispensable pour encadrer les travaux préparatoires, ainsi que la conclusion d’un Accord-Cadre entre l’OMC et le pays hôte, assurant un partenariat structuré et solide. « Cette collaboration avec le Secrétariat de l’OMC est essentielle pour garantir le succès et le bon déroulement de la 14ᵉ Conférence Ministérielle », a affirmé le Ministre camerounais du Commerce, insistant sur la nécessité d’un dialogue constructif pour répondre aux défis d’un commerce mondial en pleine mutation.

Dans la continuité de cette démarche, le Ministre a ensuite rencontré le Chef de Délégation de l’Australie à l’OMC. Cet entretien a permis d’explorer les voies par lesquelles l’Australie pourrait accompagner le Cameroun dans l’organisation de la CM14. L’Ambassadeur australien a réitéré l’engagement de son pays à appuyer le Cameroun dans plusieurs domaines clés, notamment l’agriculture et la gestion des subventions à la pêche, le développement économique, le commerce électronique, ainsi que la facilitation des investissements visant à stimuler le développement. Ce partenariat, fondé sur une vision commune d’un commerce plus inclusif et équilibré, illustre la volonté des acteurs internationaux d’appuyer le Cameroun dans sa mission d’hôte et de réformateur du système commercial mondial.

UNE OMC EN QUÊTE DE RÉFORME PROFONDE

 Lors de la 13ème Conférence ministérielle de l’OMC qui s’est déroulée du 26 février au 1er mars 2024 à Abou Dhabi, aux Émirats Arabes Unis, il était attendu des réponses aux problèmes posés par les politiques agricoles, notamment à travers des engagements importants des membres concernant les subventions agricoles, la concurrence à l’exportation, l’accès au marché, les restrictions sur les exportations de produits alimentaires, la détention de stocks publics, et autres, les résultats se sont avérés finalement très mitigés. Les Ministres n’ont pas réussi à trouver de points de convergence sur les disciplines relatives à ces politiques agricoles. Néanmoins, ils ont accepté de poursuivre les travaux qui pourraient se faire au Cameroun en mars 2026, en vue de rendre les marchés plus équitables et plus compétitifs, tout en prenant en compte des préoccupations telles que la sécurité alimentaire en faveur des pays les moins avancés (PMA) et des pays en développement (PED). Lors d’une réunion tenue par le Conseil général de l’OMC les 18 et 19 février 2025, la Directrice Générale, Ngozi OkonjoIweala, a récemment appelé à accélérer la réforme de l’organisation, en réponse à une « nouvelle réalité » caractérisée par des politiques commerciales protectionnistes, notamment l’usage intensif des droits de douane par le président américain. Elle a souligné l’urgence de repenser les mécanismes existants pour identifier ce qui fonctionne et ce qui doit être transformé. « Il me semble que c’est un moment opportun pour lancer des réflexions sérieuses sur le système… », a-t-elle déclaré, insistant sur l’importance d’une réforme en profondeur qui transcende les ajustements mineurs.

LE CAMEROUN : ACTEUR CLÉ D’UNE RÉFORME MONDIALE

En accueillant la CM14, le Cameroun se positionne non seulement comme un hôte capable d’organiser un événement de grande envergure, mais aussi comme un acteur stratégique dans le processus de réforme de l’OMC. La démarche initiée par le Ministre du Commerce traduit une ambition de faire du pays une plateforme d’échanges et d’innovation dans le domaine du commerce international, à un moment où les règles du jeu se redéfinissent. Ainsi, entre dialogues bilatéraux et prises de position sur la scène internationale, le Cameroun entend jouer un rôle moteur pour insuffler une dynamique nouvelle à l’OMC, adaptée aux défis du 21ᵉ siècle et aux réalités d’un monde en pleine mutation économique. De retour de Genève, Luc Magloire Mbarga Atangana a rappelé samedi dernier à l’occasion de la clôture de la 10ème édition du Cocoa and Coffee Festival : « Nous devons susciter un New Deal à Yaoundé, un nouveau départ du commerce mondial. Nous devons rendre au peuple ce qui lui appartient. Les premiers acteurs du commerce sont les producteurs, et non ceux qui achètent nos produits. Nous devons repenser notre modèle et revenir aux sources ».

Financement Des Projets : Le Cameroun a utilisé à peine 1/3 des 2900 milliards FCFA de la Banque mondiale

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Déroulement des travaux de la Revue conjointe du portefeuille de coopération Cameroun-Banque mondiale, du 14 au 15 avril 2025 à Yaoundé

Coprésidée par Alamine Ousmane Mey, ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire (MINEPAT), et Cheick Fantamady Kanté, directeur de division Afrique de l’Ouest et Centrale de la Banque mondiale, la session de revue conjointe du portefeuille de coopération Cameroun-Banque mondiale, qui s’est tenue du 14 au 15 avril 2025 à Yaoundé a réuni un panel composé de membres du gouvernement, de coordonnateurs de projets et de hauts responsables de la Banque mondiale. La performance du portefeuille de projets en cours, les obstacles persistants à leur mise en œuvre, et les solutions à mettre en œuvre pour renforcer leur impact sur la croissance économique et la qualité de vie des populations étaient au menu de cette rencontre.

Cette revue s’inscrit dans le cadre des objectifs de la Stratégie Nationale de Développement 2030 (SND30), qui ambitionne de faire du Cameroun un pays émergent et résilient. Le portefeuille examiné comprenait 22 opérations, réparties entre 17 projets nationaux totalisant environ 2 429,4 milliards de FCFA et 5 projets sous-régionaux financés à hauteur de près de 475,43 milliards de FCFA. Ces initiatives couvrent des secteurs prioritaires tels que l’énergie, les infrastructures routières et l’agriculture, avec des projets phares comme le barrage hydroélectrique de Nachtigal, le programme Filets sociaux, et le projet d’urgence contre l’insécurité alimentaire.

Lors de l’ouverture des travaux, Alamine Ousmane Mey a rappelé l’importance de cette revue pour maximiser l’impact des projets sur la croissance et la résilience du pays, en accord avec les objectifs de la Stratégie Nationale de Développement 2030 (SND30). Il a insisté sur la nécessité de mobiliser les acteurs pour une meilleure exécution des projets, afin d’améliorer les conditions de vie des populations. « Nous devons tous nous mobiliser pour atteindre les objectifs de performance », a-t-il déclaré, appelant à une intensification des efforts. Malgré les progrès réalisés, Cheick Fantamady Kanté a identifié plusieurs obstacles entravant l’efficacité du portefeuille, notamment les délais prolongés avant l’entrée en vigueur des projets, les retards dans l’exécution des Plans d’Action de Réinstallation (PAR), les lenteurs administratives dans les procédures de passation des marchés, ainsi qu’un faible taux de décaissement, avec 69 % des financements encore non utilisés.

Pour améliorer la performance du portefeuille, il a proposé plusieurs solutions concrètes, notamment un meilleur alignement des procédures, une simplification des Plans d’Action de Réinstallation (PAR), un recours accru à l’instrument Program for Results (PforR) et un suivi rigoureux de la mise en œuvre des projets. Dans cette dynamique, le Ministre de l’Économie a émis plusieurs recommandations pour accélérer la mise en œuvre des projets, en mettant l’accent sur l’optimisation de leur préparation et maturation, ainsi que sur l’amélioration des procédures de passation des marchés. Il a également souligné la nécessité de renforcer les capacités techniques et humaines des Unités de Gestion des Projets (UGP), tout en instaurant des mécanismes d’alerte précoce et des revues internes régulières pour assurer un suivi efficace.

 Afin de fluidifier l’exécution des initiatives, il a plaidé pour une accélération des Autorisations de Non-Objection (ANO) et des Plans de Travail et de Budget Annuel (PTBA), ainsi que pour une harmonisation des processus de la Banque mondiale avec le cadre national de maturation des projets. La revue conjointe s’inscrit dans le Cadre de Partenariat Pays 2025– 2029, qui vise à favoriser la création d’emplois décents et à améliorer l’accès équitable aux services sociaux de base. À travers ce partenariat renouvelé, le Cameroun et la Banque mondiale réaffirment leur engagement commun à faire du pays un modèle de développement résilient, inclusif et durable.

CHEICK FANTAMADY KANTE, Directeur des opérations de la Banque mondiale au Cameroun

« L’une des priorités est d’accélérer les procédures de passation des marchés »

Il s’agit d’un portefeuille très vaste, couvrant plusieurs secteurs de développement : l’énergie, le transport, les zones rurales, la résilience des populations et le développement du capital humain, pour un montant total de 4,4 milliards de dollars. Ce portefeuille est relativement jeune, avec une moyenne d’âge des projets estimée à quatre ans. Toutefois, en raison de leur nature, les projets d’infrastructure, d’énergie et de transport sont particulièrement complexes à mettre en œuvre. Si la performance globale est jugée satisfaisante, elle pourrait être améliorée. Parmi les défis à surmonter figurent d’importants soldes non décaissés, souvent dus à des retards dans la mise en œuvre des projets, notamment leur entrée en vigueur, qui prend du temps. À cela s’ajoute la gestion des Plans d’Action de Réinstallation (PAR), un aspect nécessitant des décisions rapides et coordonnées.

 Lors de cette revue, les équipes devront identifier les meilleures solutions, tout en respectant la législation nationale, afin d’accélérer les décisions concernant les PAR. Une autre priorité est l’optimisation des procédures de passation des marchés, qui restent longues et complexes, entraînant des retards dans le démarrage des projets, notamment ceux liés aux infrastructures, particulièrement sensibles aux contraintes saisonnières. Par exemple, les projets routiers sont souvent ralentis durant la saison des pluies. L’objectif principal est donc d’accélérer le processus tout en respectant les lois et les procédures de la Banque mondiale, afin que les populations puissent voir rapidement les résultats concrets de ces projets sur le terrain

MTN  Cameroun et WWF soutiennent 3  projets portés des jeunes

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Dans le cadre du PachiPanda Innovation challenge, 3 prix allant de trois millions de FCFA à 1,5 millions de FCFA ont été remis aux porteurs des meilleurs projets technologiques en faveur de l’environnement.

Le Digital au service des défis environnementaux vient d’être primé à Douala par deux institutions. MTN Cameroonpapiers et World Wide Fund for Nature (WWF)  ont affecté en tout 6,5 millions de FCFA pour soutenir trois projets technologiques proposés par des jeunes camerounais dans le cadre du PachiPanda Innovation Challenge.  

L’initiative lancée en février dernier visait en effet  à récompenser les meilleurs projets de solutions technologiques en faveur de la protection de l’environnement, en accord avec les objectifs de développement durable. Au total, 186 candidatures  ont été reçues. Au terme des sélections, 11 projets ont été retenus pour la phase finale qui s’est déroulée le 15 avril dernier à Douala. Face au jury constitué des responsables d’administrations publiques et des experts,  ces jeunes dont l’âge se situe dans la tranche de 16 à 35 ans ont  défendu leurs projets en présence d’un public. Au terme de l’évaluation portant entre autres sur la pertinence, l’approche innovante, la faisabilité, l’impact potentiel  et la plus-value de leurs projets, 3 d’entre eux ont été primés.

Le premier prix a été remporté par Agrifresh, une solution de gestion de pertes post récolte par un moyen innovant de conservation des produits frais  en direction des producteurs de tomates du bassin de Foumbot dans la région de l’ouest. La solution combine un conteneur frigorifique à énergie solaire pour lequel l’agriculteur doit dépenser 300 FCFA pour 25kg, et une plateforme de mise en relation entre les agriculteurs et les potentiels acheteurs.  Avec cette innovation, les récoltes peuvent ainsi rester intactes pendant 21 jours à bonne température, contre 5 jours maximum en conditions naturelles.  Ce projet a ainsi reçu la somme de 3 millions de FCFA pour financer sa mise en œuvre. Le deuxième prix  d’un montant de 2 millions de FCFA a été remporté par une solution de suivi à distance des ruches pour les apiculteurs afin d’améliorer leurs revenus et lutter contre l’insécurité alimentaire.  Wisecool a décroché le troisième prix pour son innovation qui fournit des unités de stockage à froid  des médicaments  alimentés par l’énergie solaire, pour faciliter l’accès aux soins de santé dans   des zones reculées. Le projet a reçu un financement de 1,5 millions de FCFA.  « PachiPanda Innovation Challenge nous permet d’aller au-delà des initiatives de MTN pour associer les autres parties prenantes. Par ce que nous sommes convaincus que si  on va en groupe pour les problèmes auxquels nous faisons face, nous serons plus efficaces que si on y allait seuls. Donc nous sommes un partenaire et ce challenge a la particularité de solliciter des  solutions technologiques pour pouvoir faire face aux défis environnementaux et c’est aussi la preuve de notre engagement à soutenir la jeunesse, l’innovation », explique Edouard Tamba de MTN Cameroun.

Réactions

AFOPEZI MOSES, lauréat 1er prix

 « Notre solution permet de conserver la tomate pendant une longue période »

« Nous allons faire en sorte que la chambre froide garde une température comprise entre 5 et 10 degrés pour pouvoir garder la tomate fraîche pendant une longue durée. Cette innovation permettra aux agriculteurs de foumbot dans la région de l’ouest de conserver la tomate pendant une longue période et  de la vendre à des prix abordables. Parce que les agriculteurs sont parfois obligés de vendre la tomate à 2000 francs le cageot parce qu’ils ont peur que ça pourrit. Notre technologie a l’avantage de garder les tomates intactes. La couleur ne change pas. Les agriculteurs paient 300 francs pour stocker leurs produits dans notre chambre froide et une fois qu’ils se sont acquittés de ces frais, on leur donne accès à notre plate-forme où on publie leurs vivres frais et on affiche les prix et les quantités disponibles pour les connecter avec les acheteurs des différents marchés. Dans l’avenir, nous pensons même à installer notre technologie dans les camions pour que les produits soient bien conservés pendant qu’ils sont transportés. La solution connecte les agriculteurs aux acheteurs à l’échelle internationale » 

Alain Ononino, Directeur pays WWF 

« Les trois lauréats vont participer à la compétition panafricaine en Afrique du Sud » 

« Cette initiative est conjointe de MTN Cameroon et WWF Cameroon qui vise à connecter des projets développés par des jeunes. Ce sont des projets qui doivent être innovants, contribuer à la protection de l’environnement et doivent avoir un aspect digital. Ce sont des projets qui ont la capacité de répondre à certaines problématiques de l’environnement : la pollution, la lutte contre le changement climatique, la protection de la biodiversité. Nous avons commencé avec un total de 186 projets parmi lesquels 11 ont été sélectionnés et présentés ce jour. Trois ont été retenus. Ce sont des projets vraiment innovants qui portent par exemple sur l’utilisation de panneaux solaires pour la conservation de produits agricoles, de médicaments et les trois lauréats de ce jour vont participer à la compétition panafricaine. Ils vont à l’étape suivante qui est la compétition, qui va les mettre face à leurs pairs de trois autres pays africains : l’Ouganda, le Ghana et la Zambie, afin de déterminer quels seront les projets panafricains réunissant à la fois le côté digital et le côté environnemental. Notre intérêt d’accompagner ce projet c’est parce qu’il contribue à la protection de l’environnement et WWF en tant qu’organisation qui œuvre pour la protection de l’environnement y a trouvé un intérêt, et à trouver en MTN le leader panafricain.  »

Dr Arsène Delors FOYET GANKAM : « La modernisation de la pré-collecte est une nécessité pour sécuriser notre avenir environnemental et la beauté de nos villes »

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Dr Arsène Delors FOYET GANKAM, Environnementaliste, Enseignant-chercheur (Ecole Nationale Supérieure Polytechnique de Maroua), Président du Syndicat National Autonome des Professionnels de l'Assainissement du Cameroun (SYNAPRAC)

De nos jours, le secteur des déchets emplois beaucoup de jeunes, bien que ces derniers travaillent dans des conditions déplorables. Commençons par les précollecteurs, aujourd’hui l’on voit beaucoup de déchets dans les rues. Bien que ces exutoires soient inappropriés, il n’est pas exclu que des personnes travaillent dure au quotidien pour les récupérer chez les ménages, les transporter sur de longue distance, très tôt le matin, longueur de journée ou parfois dans la nuit pour les déposer dans des endroits accessibles aux engins de collecte. Certains transportent des déchets sur la tête, dans des brouettes ou dans des pousse-pousses. Appelé vidé poubelle, ces artisans de l’ombres, bien qu’enlevant les déchets contre faibles rémunération (les abonnement varient de 1000 à 2000 par ménages par mois et les services spontanées sont négocié sur le champ), travaillent avec des équipements rudimentaires et sans encadrement.

Point de départ et maillon fondamental au cœur de tout processus de la gestion des déchets solides urbains, la pré collecte rencontre aujourd’hui des lacunes notables. Le manque d’équipements adaptés, une formation insuffisante des agents chargés de la collecte, un manque d’encadrement, la stigmatisation des agents et une sensibilisation encore trop limitée du grand public sont autant de défis à relever d’urgence. Dans ce contexte, la modernisation de la précollecte ne doit pas être perçue comme une option, mais comme une nécessité stratégique pour sécuriser notre avenir environnemental et la beauté de nos villes. Si les moyens financiers sont suffisamment alloués à cette activité et les acteurs (majoritairement informels) sont encadrés et accompagnés convenablement, très peu de déchets trainerait dans nos rues et des emplois décents seront ainsi crées. Les précollecteurs, non seulement enlèvent les déchets, mais sont aussi de parfaits acteurs du tri et peuvent être de bons agents de sensibilisation car ils sont en contact au quotidien avec les ménages, principaux producteurs des déchets.

A la suite des précollecteurs, nous avons les récupérateurs qui trient les différentes fractions (plastique, fer, os, aluminium, cuivre, or…) qui alimentent l’industrie du recyclage. Ces récupérateurs, ainsi que les artisans transformateurs de déchets, travaillent dans les mêmes conditions que les pré collecteurs. Pourtant, en plus d’être les principaux agents de l’assainissement, ces acteurs sont ceux qui concourent à donner de la valeur au déchet. Faire du déchet solide urbains une ressource est un impératif pour l’assainissement de nos villes et une gestion durable des ressources naturelles. Les pouvoirs publics doivent investir davantage sur ces maillons et faire des déchets fermentescibles une véritable matière première pour les secteurs comme l’agriculture, l’énergie et la dépollution.

Des partenaires de coopérations comme la Fondation Friedrich Ebert (FES) en partenariat avec la Syndicat National de professionnels de l’Assainissement du Cameroun dont je suis la Président œuvre à travers le Projet Just City à améliorer les conditions de travail des acteurs du secteur. Plus de 300 organisations (PME, associations, GIC et coopératives) ainsi que des opérateurs individuels bénéficient des formations régulières sur des thématiques diverses. Du 22 au 24 avril prochain, nous seront à Bertoua pour renforcer les capacités des acteurs de la ville à l’entreprenariat vert et à la conduite des projets d’économie circulaire.

Les acteurs étatiques ainsi que les partenaires au développement doivent davantage accompagner les acteurs de la pré collecte, de la récupération et de la transformation pour une meilleure gestion des déchets dans nos cités.

Pourquoi le Port de Douala s’étend vers Dibamba

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En plus de répondre au besoin d’espace, ce projet a aussi pour enjeu, la modernisation de la gestion portuaire ainsi qu’un soutien à l’économie nationale.

Les 1000 hectares de superficie actuelle du Port Autonome de Douala Bonabéri sont  déjà tous exploités. « Avec ses installations actuelles,  le port de Douala traite près de 13 millions de  tonnes marchandises par an transportées par 3000 navires alors que  ses infrastructures étaient  initialement conçues pour  un volume de 7,5 millions de tonnes »,  avait expliqué Cyrius Ngo’o,  DG du PAD lors de la signature de la convention de partenariat pour l réalisation dudit projet.

L’extension du port vers Dibamba vient  donc répondre au problème de désengorgement du site de Douala Bonabéri. Il permettra ainsi au PAD de déployer toutes les activités prévues dans le plan de modernisation de la plateforme portuaire. Car, en réalité, le projet d’aménagement d’une Zone d’activités industrielles et logistiques portuaires sur la Dibamba est une implémentation du concept moderne de complexe industrialo-portuaire, qui exige des ports qu’ils ne soient plus de simples plateformes logistiques dédiées à la manutention et au transit des cargaisons à l’importation et à l’exportation.  Mais, qu’ils se positionnent comme de véritables industries pour un soutien durable à l’économie nationale. Les ports étant appelés à développer des outils de création de richesses et de la valeur, à créer leur propre potentiel de trafic en développant notamment des activités à caractère industriel et commercial, tant en zone portuaire qu’en zone péri-portuaire.

Ce projet revêt aussi un enjeu stratégique lié à la SND 30 qui préconise la transformation structurelle de l’économie nationale, à travers le développement des industries et des services destinés à la transformation locale des matières premières. C’est pourquoi 09 secteurs et sous-secteurs prioritaires du volet transformation locale de matières premières ont été choisis pour intégrer la zone. Entre autres, l’agro-industrie pour la transformation du cacao, café, coton, manioc, banane plantain, palmier à huile, soja ; la filière forêt bois ; le textile-confection-cuir ; les mines ; la production d’électricité à base de biomasse etc.

La zone logistique et industrielle portuaire de le Dibamba pourrait générer, à la fin de toutes les phases, environ 15 000 emplois directs. Les terres agricoles exploitées pour fournir les intrants à la zone industrielle, vont générer environ 500.000 emplois directs et indirects selon les simulations.

Par ailleurs, c’est aussi une réponse structurante à la problématique de la décongestion routière, à l’entrée Est de la ville de Douala.

Dibamba: le Port de Douala va débourser 1,2 milliard pour les indemnisations 

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Plus de 100 personnes vont percevoir leurs droits dans le cadre du projet de construction d’une zone industrialo portuaire de 500 hectares  dans la localité de Missolè I, sur les berges de la Dibamba.    

La liste de bénéficiaires des personnes impactées par le projet d’extension du  Port autonome de Douala (PAD) est connue.  Cette liste  qui résulte d’un premier rapport rendu en septembre 2024 par la commission de constatation et d’évaluation des biens, concerne 127 personnes.  Elles vont en tout recevoir une somme de 1,242 milliard de FCFA du PAD au titre d’indemnisations.

Les versements ont attendus dès ce mois d’avril avant le démarrage des travaux sur les berges de la Dibamba, à Missolè I à quelques kilomètres de Douala. Il est question  de créer une zone d’activités industrielles et logistiques portuaires sur un espace de 500 hectares sur les berges du  fleuve  Dibamba.

Une convention de Partenariat  a été signée  à ce titre, le 30 novembre  2024 entre le PAD et ARISE IIP Integrated Industrial Platforms (IIP), un groupe indien en vue d’aménager la Zone Logistique Multimodale et d’une Plateforme Industrielle Intégrée. Cette zone Logistique Multimodale s’étendra sur une superficie d’environ 120 hectares. Elle sera composée de diverses installations. Notamment, une jetée de 250 m de long, des entrepôts y compris sous douane d’environ 50.000 m², un parc à conteneurs avec pare vides d’environ 35 hectares, un parc a Bois de 35 hectares ;  une aire de stationnement pour les camions etc.

La Plateforme Industrielle Intégrée  quant à elle sera construite sur une superficie d’environ 950 hectares, où seront aménagés des espaces  pour l’installation des investisseurs répartis dans 9 secteurs d’activités.

Le projet va se dérouler en  deux phases. La première sera consacrée à la Zone Logistique Multimodale, et la seconde phase portera sur l’aménagement de la Plateforme Industrielle Intégrée. Le coût des investissements pour la première phase est estimé  à environ 230 milliards de FCFA hors taxes.

Le projet, annonce –t-on,  permettra de décongestionner la pénétrante est de Douala, grâce à une liaison directe entre le port et la Dibamba.

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