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Cameroun-Burundi : des voix réclament la libération des fils du Grand-Nord en prison

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Les prisonniers politiques du Grand-Nord

Le match Cameroun-Burundi se déroule dans l’antre de Roumde Adjia ce 12 septembre 2023. L’ambiance surchauffée, le public chante et danse, répondant à l’appel des autorités du sport et particulièrement du football camerounais, de jouer leur rôle de 12ème joueur. Dans l’euphorie, un groupe d’animation, au rythme de la fanfare, lance le cri : «Libérez Marafa, libérez Vamoulke, libérez Iya Mohammed », entend-on dans la foule. Ces jeunes surexcités, ne se dissimulent pas dans la foule, mais essaient de se faire entendre.
C’était prémédité. D’autant plus que des informations parvenues à la rédaction de newsducamer.com la veille du match, annonçaient une mobilisation lancée par des autorités politiques et traditionnelles de la zone de Garoua, pour saisir l’opportunité de l’exposition médiatique du septentrion, et particulièrement de la ville de Garoua, pour faire passer le message appelant à la libération des « prisonniers politiques » originaires du Grand-Nord. Des enregistrements audio ont d’ailleurs fuité des réunions tenues à cet effet à Garoua peu avant. Sans livrer les noms des participants à ces assises : « Il se plaignait de ces ministres qui ont offert des billets (d’accès au stade), Manaouda et la lamido de Rey », rapporte une source locale, traduisant le message que passait l’auteur de l’enregistrement. Indiquant qu’« il y a des problèmes plus importants, et se demande pourquoi c’est seulement pour les Lions indomptables qu’ils se mobilisent, mais conseillent aux gens d’aller massivement au stade avec ces billets, et d’apprêter une banderole sur laquelle ils vont inscrire un message demandant la libération d’Iya Mohammed, Marafa et Vamoulke».

Notre source redoutait que les actants procèdent par chanson plutôt que la banderole qui pourrait être interceptée à l’entrée du stade. « Ces gens sont capables de passer ce message en chanson pendant le match». Et effectivement, c’est ce mode opératoire qui a été finalement retenu.

Persécutions

Les emprisonnements de Marafa Hamidou Yaya, Amadou Vamoulké et Iya Mohammed, ont toujours été perçus par une certaine opinion dans le septentrion, comme des règlements de comptes, dans ce qui est considéré comme une politique d’équilibre régional dans le cadre de l’Opération Epervier que Paul Biya a lancée, officiellement pour lutter contre la corruption et les détournements de deniers publics. Avant que des accusations d’épuration politique ne soient perçues dans cette opération qui a déjà vu une trentaine de hauts dignitaires de la République se retrouver derrière les barreaux.

Pour ce qui est des trois prisonniers du septentrion, leurs situations semblent donner raison aux critiques. Arrêté dans le cadre de l’affaire de l’avion présidentiel, Marafa Hamidou Yaya a toujours clamé son innocence. Bien qu’il ait confondu ses « pourfendeurs », l’ancien secrétaire général de la présidence de la République a été reconnu coupable de « complicité intellectuelle» dans ce crime, et condamné à 20 ans de prison. Iya Mohammed est détenu pour sa gestion de la Société de développement du coton (Sodecoton) dont la justice trouve peu orthodoxe. Il est parfois arrivé que le témoin de l’accusation conforte plutôt l’accusé. Cela n’a pas empêché que l’ex Dg de la Sodecoton soit condamné à 15 ans de prison pour détournement de 11,293 milliards de francs. Pour ce qui est d’Amadou Vamoulké, l’ancien directeur général de la Cameroon radio television (Crtv) a connu un procès qui a enregistré un record de près de 150 renvois, avant d’être condamné à 12 ans de prison.

Insertion des jeunes vulnérables : Le FAD va soutenir des initiatives dans 5 régions du Cameroun

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Le projet a pour objectif de contribuer à l’amélioration des conditions de vie dans le bassin du Lac Tchad

Le Cameroun à travers le Projet d’appui à la réinsertion socio-économique des groupes vulnérables dans le bassin du lac Tchad (Parsebalt), veut fournir des kits d’insertion professionnelle aux groupements et coopératives des jeunes dans les départements du Diamaré, Logone-et-Chari, Mayo Sava et Mayo Tsanaga et dans la région de l’Extrême-Nord.

Le Parsebalt est un projet pilote d’investissement qui a pour objectif de contribuer à limiter les effets négatifs du changement climatique avec l’avancée du désert et le rétrécissement de la superficie du Lac Tchad. Le projet a pour objectif de contribuer à l’amélioration des conditions de vie dans le bassin du Lac Tchad, par la réinsertion sociale et économique des populations les plus affectées par l’insécurité et les aléas climatiques dans la région.

Il s’agit des équipements d’informatique ; industries textiles (habillement, maroquinerie, tapisserie, sérigraphie,  marqueterie, peinture, esthétique). Des équipements de kits techniques professionnels (mécanique auto, maçonnerie, menuiserie bois, menuiserie métallique, climatisation, électricité et froid). Des équipements en kits de production et transformation animale et végétale (élevage, agriculture et restauration).

La Commission du Bassin du lac Tchad (Cblt) vient de lancer appel d’offres international ouvert pour l’acquisition de ce matériel. La Commission du bassin du lac Tchad (CBLT) a été créée par la Convention de Fort-Lamy (Ndjamena) le 22 mai 1964 par les quatre pays riverains du lac Tchad : le Cameroun, le Niger, le Nigéria et le Tchad.

C’est une structure permanente de concertation mise en place en Afrique afin de coordonner les actions de différents États pouvant affecter les eaux du bassin du Tchad et régler pacifiquement les problèmes et différends affectant cette zone.

De façon spécifique, l’objectif du Parsebalt est de lutter contre le chômage et l’oisiveté des jeunes, en améliorant l’offre de formation et son adéquation avec les besoins économiques locaux. Redynamiser les activités économiques dans la région, en promouvant et en accompagnant la structuration des groupements économiques des femmes et des jeunes.

Il est aussi question d’organiser des formations civiques pour les populations, pour renforcer leur esprit patriotique et leur sens civique. Renforcer les capacités de résilience et d’adaptation aux changements climatiques des populations, grâce à l’augmentation de leurs revenus et à la sensibilisation sur la sécurité, l’environnement et les fléaux sociaux.

Commerce international : l’Afrique, orpheline de la mondialisation

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Qu’a apporté, l’expansion du commerce international à l’Afrique en terme d’inclusion au commerce international ou simplement de réduction de la pauvreté ? Très peu, constate l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) dans son rapport 2023. Ce rapport a été présenté le 12 septembre 2023 au siège de l’organisme à Genève. On en retient sur le plan global que malgré l’elan protectionniste que l’on peut constater, le commerce mondial a continué à croître, y compris entre les blocs géopolitiques opposés. « Les discours sur la démondialisation sont encore loin d’être étayées par les données. Le commerce bilatéral entre la Chine et les États-Unis a atteint un niveau record en 2022 », rassure Raph Ossa, l’économiste en chef de l’organisation mondiale du commerce. 

Si le commerce mondial se porte bien malgré quelques nuages sombre dûs aux discours protectionnistes, l’Afrique n’a qu’une part congrue du gâteau. « La part de l’Afrique dans le commerce mondial est restée stagnante et, pas plus tard qu’en 2021, près de 70 pour cent des exportations mondiales de l’Afrique étaient des produits de base. L’Afrique est également dépendante de l’importation de produits manufacturés, une combinaison qui expose le continent aux aléas des marchés internationaux des matières premières », souligne Stephen Karingi de la Commission Economique des Nations Unies pour l’Afrique. De même, souligne ce rapport de l’OMC, si le commerce a joué un rôle de catalyseur dans la réduction de la pauvreté, comme en témoignent l’augmentation de la part des exportations et la baisse des taux de pauvreté dans les économies à revenu faible ou intermédiaire, « certaines régions, comme l’Afrique subsaharienne, ont connu des progrès plus lents » peut-on y lire. « Alors que la croissance tirée par les exportations a considérablement réduit la pauvreté en Asie de l’Est et dans plusieurs économies d’Europe de l’Est, le nombre de pauvres en Afrique subsaharienne stagne depuis les années 1990 », ajoute le document. Cette stagnation de la croissance économique et de la réduction de la pauvreté en Afrique reflètent en partie une croissance plus lente du commerce.

Les coûts du commerce s’avèrent plus élevés pour les économies à revenus faibles ou intermédiaires.  L’OMC estime, par exemple, que les coûts du commerce dans les économies africaines sont 1,5 fois plus élevés que dans les économies à revenu élevé.

En examinant en détail les coûts globaux du commerce, l’OMC constate que les infrastructures de transport et de communication sont deux facteurs majeurs affectant les coûts du commerce. Or ce sont justement ces deux facteurs qui manquent le plus à l’Afrique : « la réduction des coûts du commerce nécessite également le développement des infrastructures. Cela nécessite généralement des investissements importants que de nombreuses économies en développement ne peuvent se permettre », indique le World trade report 2023.

Les expert de l’OMC notent curieusement que les coûts du commerce intrarégional en Afrique sont anormalement plus élevés et entravent la croissance économique sous tous ses aspects. L’OMC estime que « les exportations africaines hors d’Afrique sont soumises à l’équivalent d’un droit de douane de 210 %, tandis que les exportations intra-africaines sont confrontées à l’équivalent d’un droit de douane de 460 %. En Afrique du Nord et en Afrique subsaharienne, par exemple, les droits d’importation moyens  dans la région s’élèvent respectivement à 5 % et 7 %, tandis que pour le Marché commun du Sud (MERCOSUR), l’ASEAN, l’accord entre les États-Unis, le Mexique et le Canada ou l’Union européenne, les droits d’importation dans les régions sont inférieurs ou proches  à 1% ».

Fort de ces constats alarmants, et pour ne pas repeter les mêmes erreurs du passé qui ont confiné l’Afrique dans un statut marginal dans le commerce mondial, l’OMC formule des propositions de solutions à adopter dans le cadre de la re-mondialisation. Principalement, il s’agit de réformer les politiques commerciales pour réduire les coûts globaux du commerce, d’ouvrir l’accès aux fournisseurs étrangers dans les secteurs des infrastructures et des marchés publics, mais aussi d’améliorer la connectivité numérique pour réduire les coûts du commerce transfrontalier tant pour les biens que pour les services, en particulier pour les services commerciaux et professionnels. Une intégration commerciale régionale croissante pourrait promouvoir à la fois la performance économique globale et une intégration dans le marché mondial au-delà du commerce des matières premières, souligne l’OMC.  « Par exemple, projette l’étude de l’OMC, la mise en œuvre complète de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) pourrait entraîner une augmentation supplémentaire de 29 % des exportations totales d’ici 2035. Les exportations intra-africaines pourraient augmenter de 81 %, tandis que les exportations vers le reste du monde  augmenterait également de 19 %.  Le secteur manufacturier bénéficierait particulièrement d’une réduction des barrières tarifaires et non tarifaires, avec une augmentation prévue de 62 % des exportations ».

CAN 2023 : Le Cameroun sera de la partie

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Aboubakar aura bien conclu la partie

Le Cameroun sera de la partie lors de la prochaine Coupe d’Afrique des nations (CAN). Les Lions indomptables ont dû attendre la dernière journée des éliminatoires pour composter leur ticket. Une victoire sur le Burundi (3-0). Trois réalisations de Bryan Mbeumo (46’), Christopher Wooh (59’) et Vincent Aboubakar (90+3).

Et pourtant le Burundi aura mené au jeu durant toute la première partie du jeu. Parvenant même à ouvrir le score, heureusement pour le Cameroun, en position de hors-jeu. Il faudra attendre la reprise pour voir la sélection locale se réveiller, après avoir subi, n’eût été la détermination d’André Onana qui aura finalement signé sept arrêts décisifs dans cette partie. Mais une fois en éveil, le Cameroun a développé son jeu, multiplié des actions d’éclat, ponctuées de buts. Avec un dernier venu annihiler tous les espoirs burundais.
Il était l’un, sinon le plus attendu dans cette rencontre, compté Cameroun ; Vincent Aboubakar n’a pas marqué le but le plus attendu, mais le capitaine de la sélection, a su attendre son temps, pour tuer toute once d’espoir burundais. Les arrêts de jeu. Alors que les Hirondelles, menés 2-0, tentaient de se surpasser. De quoi tenir son pari sur ces terres de Garoua qui l’ont vu naître et faire ses premières dribbles sur le terrain du football professionnel.

La messe était dite pour le Burundi qui avait pourtant fait douter le Cameroun durant les 45 premières minutes de jeu. Au point d’ouvrir le score, mais sur un hors-jeu. Ce sera tout. Les Hirondelles mettront en difficulté les Lions indomptables, sans parvenir à trouver le chemin des filets gardés par André Onana. Jusqu’à la pause. A la reprise, la donne avait changé. Le Cameroun sera donc en Côte d’ivoire. La terre de Garoua aura été fertile pour le Cameroun. L’antre du Roumde Adjia, le passage du bonheur.
La CAN 2023 est prévue du 13 janvier au 11 février 2024 en Côte d’ivoire.

Ngaoundéré : le gouverneur persécute un journaliste de L’œil du Sahel

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Bertrand Ayissi refuse de céder aux intimidations

Les nouvelles ne sont pas bonnes pour Bertrand Ayissi Ndzomo. Le chef du bureau du trihebdomadaire L’œil du Sahel dans l’Adamaoua fait l’objet d’une torture psychologique depuis ce matin du 12 septembre 2023. Après une audition sur fond de menaces et d’intimidations dans le bureau du gouverneur de la région de l’Adamaoua, l’homme a poursuivi sa journée dans les couloirs de la Gendarmerie nationale à Ngaoundéré : « Le Commandant de compagnie a demandé qu’il soit auditionné, et qu’après il rentre, en attendant de nouvelles instructions du gouverneur», rapporte un proche du journaliste. On apprend que « le gouverneur n’a fait que gronder et râler », rapportait l’infortuné après son passage devant le patron de la région.

En clair, l’audition est ordonnée par le gouverneur de la région du l’Adamaoua, Kildadi Taguieké Boukar. Il est reproché à « propagation de fausses nouvelles». Des sources proches du dossier et de ce qu’il ressort des supputations du chef du bureau de L’œil du Sahel dans l’Adamaoua, que le gouverneur est remonté contre le reporter depuis des lustres, mais sa bile a commencé à exploser après la parution d’une enquête du journaliste d’investigations sur le trafic d’organes humains dans l’Adamaoua, il y a quelques semaines. « J’avais été menacé par le SG des Services du gouverneur juste après parution de cette enquête. Mais il s’était calmé », soufflait le journaliste à sa sortie des services du gouverneur en journée.

Trafic d’organes, agressions et enlèvements

Pour une affaire qui, à en croire le texte paru dans l’édition numéro 1834 de L’œil du Sahel, est passée devant les tribunaux, le gouverneur préfère voir une manipulation qui remonte à des années même : « On vous a monté en 2018 pour dire qu’il y a des enlèvements. Vous croyez me faire tomber. Mais ça fait 8 ans que je suis là, en poste. Ça ne vous dit rien ? Trouvez-vous normal de dire que l’Adamaoua est sous le règne des ossements humains et des agressions ? Si vous n’avez rien à faire, vous n’allez pas troubler l’ordre public dans la région, avec vos déclarations mensongères », aurait versé Kildadi Taguieké Boukar, selon sa « victime». Et d’ajouter que « si vous êtes des journaleux ou des journalistes à gage, et que vous cherchez quoi faire, ce n’est pas dans ma région que vous allez continuer à troubler l’ordre »», aurait menacé l’homme.

Et le 11 septembre 2023, le gouverneur a décidé de passer à la vitesse supérieure en convoquant le journaliste dans ses services, en promettant des représailles au cas où l’homme ne défèrerait pas à la convocation. L’on apprend que Bertrand Ayissi vient de quitter les locaux de la gendarmerie, mais que l’affaire reste en suspens. Le gouverneur n’entend pas voir le journaliste d’investigations libre. Ses enquêtes dérangent.

Ralph Ossa, économiste en chef de l’OMC : « le commerce mondial se réoriente progressivement selon des lignes géopolitiques ».

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Ralph Ossa en compagnie d'Ismaïla Dieng (à gauche) ce 12 septembre 2023 au siège de l'OMC
Ralph Ossa en compagnie d'Ismaïla Dieng (à gauche) ce 12 septembre 2023 au siège de l'OMC

Le Rapport sur le commerce mondial 2023 pose une grande question : quel est le rôle du commerce international dans la construction d’un monde plus sûr, inclusif et durable ? Cette question est au cœur d’un débat controversé sur l’avenir de la mondialisation, qui pourrait avoir des conséquences considérables sur l’avenir de l’OMC.  S’il est largement reconnu que le commerce international génère des gains d’efficacité substantiels, il est de plus en plus avancé que certains de ces gains doivent être sacrifiés au profit d’objectifs politiques plus importants, notamment le maintien de la paix et de la sécurité, la réduction de la pauvreté et des inégalités et la réalisation d’un développement durable.

Ce nouveau discours a pris de l’ampleur au milieu d’une série de crises et de changements dans l’équilibre des pouvoirs économiques.  L’intensification des tensions géopolitiques a suscité des inquiétudes quant à la militarisation de la politique commerciale.  La pandémie de COVID-19 a mis en évidence l’importance de chaînes d’approvisionnement résilientes.  La montée en puissance de la Chine a exercé une pression sur les travailleurs de certains pays industrialisés et a ralenti la croissance des exportations dans certaines économies émergentes.  Et la crise climatique a alimenté les doutes quant à la compatibilité du commerce international avec la nécessité de décarboner l’économie.

Les tensions commerciales s’accentuent

Le rapport commence par montrer que ce changement de récit est important.  Alors que le commerce continue de prospérer à bien des égards, les tensions commerciales s’accentuent et les premiers signes de fragmentation apparaissent.

La conclusion la plus frappante de cette partie du rapport est peut-être que le commerce se réoriente progressivement selon des lignes géopolitiques.  Nous avons examiné le commerce au sein et entre des « blocs » géopolitiques hypothétiques, sur la base des modèles de vote à l’Assemblée générale des Nations Unies.  Il s’avère que les flux commerciaux de marchandises entre ces « blocs » hypothétiques ont augmenté de 4 à 6 % plus lentement qu’à l’intérieur de ces « blocs » hypothétiques depuis le début de la guerre en Ukraine, ce qui indique une évolution vers le délocalisation entre amis.

Cependant, les discussions sur la démondialisation sont encore loin d’être étayées par les données.  Le commerce bilatéral entre la Chine et les États-Unis a atteint un niveau record en 2022. Le commerce a été remarquablement résilient pendant la pandémie de Covid-19, rebondissant aux niveaux d’avant la pandémie moins d’un an après la première vague de confinement.  Et le commerce des services numériques est resté solide, avec une croissance annuelle moyenne de 8,1 pour cent entre 2005 et 2022, dépassant les biens (5,6 pour cent) et les autres services (4,2 pour cent).

 Le rapport aborde ensuite sa question principale, en examinant les données probantes sur le rôle du commerce dans la construction d’un monde plus sûr, plus inclusif et plus durable.  La principale conclusion est que nous devons adopter le commerce au lieu de le rejeter si nous voulons relever les défis les plus urgents de notre époque.  En particulier, le rapport plaide en faveur d’une extension de l’intégration commerciale à un plus grand nombre d’économies, à un plus grand nombre de personnes et à davantage de problématiques – un processus que nous appelons « re-mondialisation ».

Vers une remondialisation 

Cette partie commence par une analyse de la relation entre commerce et sécurité – entendue au sens large comme incluant les aspects économiques, tels que l’accès aux biens essentiels et la résilience aux chocs.  L’une des principales conclusions est qu’un système commercial multilatéral fort est le meilleur garant de la sécurité économique, car il offre les options nécessaires en cas de pénurie d’approvisionnement.  Un bon exemple est la réponse du commerce à la pandémie de COVID-19.  En 2020, les chaînes d’approvisionnement internationales sont devenues essentielles pour accélérer la production et la distribution de fournitures médicales, le commerce de ces produits ayant par exemple augmenté de 16 %.

Dans le même temps, le rapport souligne la nécessité d’étendre l’intégration économique à un plus grand nombre d’économies – un premier exemple de re-mondialisation.  La part des « produits goulots d’étranglement » potentiels, définis comme des produits ayant peu de fournisseurs et de grandes parts de marché, a plus que doublé, passant de 9 % à 19 % de tous les biens échangés entre 2000 et 2021.

Le rapport aborde ensuite la relation entre commerce et inclusivité.  Il montre que l’intégration commerciale est un outil puissant pour améliorer le niveau de vie, qui a contribué à sortir des centaines de millions de personnes de la pauvreté.  De 1981 à 2019, les économies à revenu faible et intermédiaire ont augmenté leur part dans les exportations mondiales de 19 à 29 pour cent et ont réduit la part de leur population vivant avec moins de 2,15 dollars américains par jour de 55 pour cent à 10 pour cent.

Le rapport reconnaît également que la concurrence des importations a contribué à la perte d’emplois manufacturiers dans des pays comme les États-Unis, mais souligne que l’ouverture commerciale peut aller de pair avec l’inclusion économique, suggérant que des politiques nationales complémentaires sont essentielles.  Par exemple, certaines des économies les plus ouvertes, notamment l’Allemagne, la Lettonie et les Pays-Bas, sont également parmi les plus égalitaires.

La nécessité d’une re-mondialisation est mise en évidence ici – notamment en élargissant l’intégration économique à un plus grand nombre de personnes.  Par exemple, les femmes africaines bénéficieraient de manière disproportionnée de la réduction des coûts du commerce dans les services fournis numériquement, étant donné que trois entreprises africaines sur quatre qui font exclusivement du commerce électronique sont détenues par des femmes.

Ouverture commerciale et inclusion économique

Enfin, le rapport examine la relation entre commerce et durabilité.  Tout en reconnaissant que la relation est complexe, il indique également clairement que le commerce peut grandement contribuer à la solution au changement climatique.  Par exemple, le commerce donne accès à des technologies vitales pour la transition verte, comme les éoliennes.

Cela fournit également une bonne illustration de la nécessité d’étendre l’intégration commerciale à davantage de questions – et donc un troisième exemple de re-mondialisation.  Le commerce est un puissant multiplicateur de force pour les politiques climatiques.  Les simulations montrent que plus d’un tiers des réductions d’émissions obtenues grâce à une taxe mondiale sur le carbone seraient dues aux gains environnementaux découlant du commerce.  Tout comme les pays qui se spécialisent dans ce pour quoi ils sont relativement bons peuvent tirer des gains économiques du commerce, il existe également des gains environnementaux du commerce provenant de pays se spécialisant dans ce pour quoi ils sont relativement verts.  Mais cela nécessite un commerce ouvert associé à une action climatique coordonnée et, en ce sens, une extension de l’intégration commerciale à davantage de questions.

Bien entendu, le rapport aborde également le rôle de l’OMC dans la promotion de la re-mondialisation.  Il souligne que les membres de l’OMC ont déjà progressé vers cet objectif ces dernières années.  Les exemples incluent des accords multilatéraux tels que l’Accord sur la facilitation des échanges et l’Accord sur les subventions à la pêche, ainsi que les résultats plurilatéraux d’initiatives conjointes sur la réglementation intérieure des services et la facilitation des investissements pour le développement.  Pour ne citer qu’un chiffre, les estimations de l’OMC montrent que l’Accord sur la facilitation des échanges a entraîné une augmentation des échanges commerciaux de 321 milliards de dollars.  Les gains ont particulièrement profité aux PMA, dont les exportations ont augmenté de 2,4 pour cent, avec une augmentation de 17 pour cent dans le secteur agricole.  Donc la re-mondialisation en action si vous voulez.

Mais pour parvenir à un avenir sûr, inclusif et durable, il faut faire davantage.  L’Indice des coûts du commerce de l’OMC montre que les coûts du commerce dans les pays à revenu intermédiaire et faible sont 27 pour cent plus élevés que dans les pays à revenu élevé.  Les coûts du commerce des services sont 34 pour cent plus élevés que ceux du secteur manufacturier.  Et les coûts du commerce dans le secteur agricole sont 46 pour cent plus élevés que dans le secteur manufacturier.  Tout cela montre que la réduction des coûts du commerce pour les pays en développement, dans l’agriculture mais aussi dans les services – y compris les services fournis numériquement – ​​est une priorité naturelle pour l’avenir.

Cameroun-Burundi : le match avant le match

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A 24h du duel tant attendu entre le Cameroun et le Burundi, les deux parties ont déjà engagé les hostilités. Et les conférences de presse d’avant-match ont servi de cadres : «c’est le Cameroun qui est sous pression », a lancé Saido Berahino, le capitaine des Hirondelles du Burundi. Pour le leader du groupe burundais, « ce serait logique si le Cameroun venait à gagner, en plus ils jouent à domicile», contrairement aux visiteurs qui certes ont une chance de se qualifier au détriment du Cameroun, mais qui reste un client presqu’inattendu de la Coupe d’Afrique des nations (CAN). « Nous n’avons aucune pression», a rétorqué Vincent Aboubakar, le capitaine des Lions indomptables. Le leader des troupes de Rigobert Song essaie d’étouffer cette pression perceptible dans les faits et gestes des dirigeants du football camerounais. Avec le rappel de toutes les forces, y compris les éléments récemment bannies de la sélection, à renfort de publicité et de diplomatie. Le natif de Garoua qui est l’un des plus attendus dans cette rencontre, sait simplement que « l’objectif final reste la qualification ».

Victoire à tout prix

Ce match, unique et dernier du groupe C des éliminatoires de la CAN 2023, est autant capital pour le Cameroun que pour le Burundi. Les deux adversaires sont à égalité parfaite dans le groupe, derrière la Namibie (5pts), première du groupe et déjà qualifiée. Dans un groupe de trois car le Kenya suspendu par la Fédération internationale de football association (Fifa). Avec quatre points chacun (soit une victoire, une défaite et un nul) et un goal average nul, Cameroun et Burundi ont chacun une chance de se qualifier. Un nul est interdit aux Lions indomptables car les calculs pourraient leur être défavorables. D’autant plus que le règlement du tournoi qualificatif prévoit qu’en pareille situation, le nombre de buts marqués prime. Or le Cameroun n’en a marqué que deux, contre quatre pour le Burundi. Du coup, seule une victoire pourra envoyer le Cameroun en Côte d’ivoire en janvier 2024.

Superstition

A cet effet, le Cameroun a joué la carte de la superstition. La Fédération camerounaise de football (Fécafoot) a délocalisé le match à Garoua, stade « où les Lions n’ont jamais perdu», clame-t-on dans les milieux du football camerounais. Yaoundé, en plus d’être un antre mythique qui est perçu parfois comme « maudit », du fait des problèmes d’indemnisation des riverains jadis privés de leurs terres, a la réputation d’avoir un public clivant, parfois porté à désavouer la sélection locale lorsqu’elle ne donne pas satisfaction. Yaoundé a donc trouvé un terrain où le public a faim des Lions et sait être supporter et non spectateur. Le match est programmé ce 12 septembre 2023 à 20h heure locale.

Ecam lance un concours pour porteurs de solutions technologiques

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Prévu du 4 au 5 octobre 2023 à Douala, l’évènement permettra de former unecommunauté de développeurs et  de les accompagner dans leur processus d’insertion professionnelle auprès des entreprises.

Le mouvement patronal Entreprises du Cameroun (Ecam) vient de lancer un hackathon en faveur des jeunes proposant des innovations dans le domaine technologiqique.  Dénommé « Cameroon Developer Hackathon »,  il question d’apporter une réponse aux besoins en ressources humaines spécialisées dans le développement d’applications web et mobile. « Nous proposons des solutions applicables au sein des entreprises. Il s’agit pour E.cam de trouver une ressource humaine qualifiée à nos entreprises-membres qui sont demandeurs. Mais également, de permettre à ce que les jeunes puissent lancer des projets véritablement viables, et se constituer en réseau »,  explique Christian Essame, administrateur d’Ecam.

En effet, Cameroon Developer Hackathon est une compétition nationale de développeurs prévue du 4 au 5 octobre 2023. Pendant  ces deux jours, les développeurs juniors et seniors s’affronteront sur des thématiques et exercices divers pour révéler les meilleurs développeurs qui seront primés. L’objectif est de détecter les talents, de les former à travers une communauté de développeurs et de faciliter leur insertion professionnelle.  L’évènement consiste aussi à la mise en place d’une plateforme entre les entreprises technologiques, universités, instituts supérieurs et autres acteurs de l’encadrement des jeunes développeurs camerounais. Plus de 100 développeurs juniors et seniors seront mobilisés  dans le cadre de de cette première édition.

En prélude à cette compétition, Ecam a organisé il y a quelques jours à Douala, un « Lan Party »,  préparatoire au Hackathon.  L’évènement a permis à 25 jeunes développeurs de prendre connaissance de ce projet et se soumettre à une compétition sur le développement des produits innovants dans les domaines tels que la fintech,  la santé, l’agriculture,  la mobilité urbaine…

Il faut dire que  les lauréats  de ce Hackathon  bénéficieront des stages professionnels rémunérés dans les entreprises tech, en plus du mentorat.  Avec pour thème, « innovations for cameroonian smart cities », ce concours sera également l’occasion d’une rencontre entre entreprises tech, universités, instituts supérieurs et autres acteurs de l’encadrement des développeurs. Cette articulation appelée Meet up sera organisée sur la thématique : les défis de la formation des développeurs au Cameroun.

Rentrée scolaire: Boissons du Cameroun offre 6 000 livres aux élèves

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Les apprenants les plus méritants de 23 établissements scolaires ont été choisis pour recevoir des kits  comprenant l’ensemble des livres inscrits au programme.

Comme par le passé, la Société Anonyme des Boissons du Cameroun (SABC) encourage l’excellence scolaire. Pour la  rentrée scolaire 2023/2024, l’entreprise a décidé de remettre 6 000 livres au programme à 23 établissements scolaires.

Le 8 septembre dernier,  207 élèves du Complexe scolaire Groupe 4 de Mbanga dans la région du Littoral ont reçu leurs kits au cours d’une cérémonie solennelle. Un sac à dos, contenant l’ensemble des livres scolaires au programme a été remis à chacun de ces apprenants.  Les bénéficiaires ainsi que le maire de la ville n’ont pas caché leur gratitude vis-à-vis de ce geste de Boissons du Cameroun  à l’endroit de ce groupe scolaire classé 7 fois meilleure école publique de l’arrondissement. « Ces dons  sont un point de départ pour la réussite scolaire. Ils vont aider à offrir des meilleures conditions d’apprentissage possibles aux élèves », a déclaré El Hadj Mohamadou Awal, le magistrat municipal.

Le programme Excellence scolaire de Boissons du Cameroun concerne les écoliers et les élèves qui se sont démarquées par leur performance au cours de l’année  écoulée.   Ils ont été sélectionnés avec le concours des délégations régionales et départementales du ministère de l’Education de Base, et des inspecteurs d’arrondissement. Pour en bénéficier, il faut faire partie des 5 premiers de sa classe et avoir une moyenne supérieure ou égale à 15/20. Ils sont  donc au total plus de 600 élèves sélectionnés pour ce programme cette année, à raison de 180 élèves dans l’arrondissement de Mombo,  207 à Mbanga,  150 à Okola  et 150 à Mbankomo.

Six fois en tête du classement des entreprises les plus responsables au Cameroun, la SABC accorde une place importante à l’éducation.  Dans sa stratégie RSE, l’entreprise encourage l’excellence par l’octroi des bourses scolaires, mais aussi des stages académiques aux étudiants pour leur permettre de renforcer leurs connaissances pratiques et acquérir une expérience professionnelle. Sur les 10 dernières années, ce sont plus de 5 000 bourses scolaires  qui ont attribués pour un budget de plus de 2 milliards de francs CFA. Ce programme  consiste  également à l’équipement de bibliothèques et des centres multimédia des établissements qui reçoivent du matériel informatique.

Credits aux entreprises: le ministre des Finances attendu au Gicam

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Louis Paul Motaze devra présenter le 13 septembre prochain, aux adhérents du Gicam, la facilité de garantie de l’Etat de 200 milliards de FCFA, destinée à financer les entreprises.

Le Groupement Inter-patronal du Cameroun (Gicam) annonce la présence du ministre des Finances à son  siège à Douala le 13 septembre prochain. Louis Paul Motaze, d’après les informations du mouvement patronal, procédera à la présentation de la facilité de garantie de l’Etat de 200 milliards de FCFA en faveur des entreprises. En effet,  une convention a été signée à ce sujet le 16 août dernier entre le ministère des Finances, l’Association professionnelle des établissements de crédit du Cameroun (Apeccam) et l’Association nationale des établissements de microfinance du Cameroun (Anencam).

 C’est en effet la deuxième fois que cet appui est mobilisé. En juillet 2021, une convention de même ordre avait eu lieu  avec l’Apeccam et l’Anencam. Ce qui devait entrer en vigueur dès 2022. Mais à l’évidence, la mise en œuvre de cet appui de l’Etat n’a pas été possible. Le président du Gicam, Célestin Tawamba a souvent parlé « de conditions d’accès difficiles » pour cette garantie. La présence du ministre des finances au Gicam sera donc l’occasion d’aborder les obstacles qui ont été relevés dans la mise en œuvre de cette garantie aux entreprises privées et publiques. Surtout que l’accès au crédit demeure l’un des principaux freins au développement des entreprises. En plus de présenter cet outil, le Minfi devra aussi éclairer les adhérents du Gicam sur les conditions d’éligibilité.

Il faut dire que  la convention signée avec le secteur financier prévoit que 30%  de la garantie sont destinés à faciliter l’accès aux crédits aux entreprises et établissements publics, contre 70% pour les entreprises du secteur privé.  Réservé uniquement aux entreprises de droit camerounais à capitaux majoritairement camerounais,  le fonds est plafonné à 30% pour les grandes entreprises, et à 70% pour les PME. Ces plafonds peuvent cependant  être portés à 60% pour les grandes entreprises et à 80% pour les PME opérant dans les zones économiquement sinistrées, soit les régions du Nord-Ouest, Sud-Ouest et de l’Extrême-Nord en crise. La priorité est accordée à l’investissement dans les filières de la Stratégie nationale de développement 2020-2030. Notamment l’énergie ;  l’agro-industrie ; le numérique ; les filières forêt-bois, textile-confection-cuir, mines-métallurgie-sidérurgie, hydrocarbures-pétrochimie-raffinage etc.

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