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Le Port de Douala renforce son partenariat avec le Tchad pour consolider son leadership sous-régional

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Cyrus Ngo'o www.newsducamer.com
Cyrus Ngo'o www.newsducamer.com

Ce 28 avril 2025, le Port de Douala signe avec le Conseil des Chargeurs du Tchad un protocole d’accord stratégique. En signant un protocole d’accord stratégique avec le Conseil des Chargeurs du Tchad (COC-TCHAD), le Port Autonome de Douala démontre une réactivité exemplaire et une volonté claire de préserver son statut de plateforme logistique de référence en Afrique centrale.

Ce partenariat, conclu pour une durée de quatre ans renouvelable, s’inscrit dans un contexte de diversification des options d’accès à la mer pour le Tchad. L’accord de transit signé récemment entre N’Djamena et la Guinée équatoriale, ouvrant l’accès au port de Bata, constitue une incitation pour le Cameroun à moderniser son offre logistique et renforcer ses liens historiques avec son voisin sahélien.

Des engagements forts pour fidéliser le trafic tchadien

Par ce protocole, le PAD s’engage à simplifier les procédures portuaires pour les marchandises en provenance ou à destination du Tchad, à réduire les délais de transit, et à appliquer une tarification préférentielle. Des couloirs et guichets spécifiques pour le traitement des cargaisons tchadiennes seront également créés, de même que des facilités pour l’exploitation d’une zone logistique dédiée au Tchad dans la zone portuaire de Douala.

Le Port de Douala s’engage en outre à renforcer la sensibilisation et la formation des chargeurs et transporteurs tchadiens sur les procédures de transit, avec l’appui de sa représentation permanente à N’Djamena.

Un partenariat gagnant-gagnant

De son côté, le COC-TCHAD s’engage à promouvoir le Port de Douala auprès des acteurs du commerce extérieur tchadien, à relayer les procédures de transit en vigueur, et à encourager l’utilisation accrue des services du port camerounais.

Un comité paritaire de suivi-évaluation, coprésidé par les directeurs généraux du PAD et du COC-TCHAD, veillera à la mise en œuvre effective du protocole et à l’ajustement des actions en fonction des défis rencontrés.

Des enjeux économiques majeurs pour le Cameroun

Pour le Cameroun, cet accord présente plusieurs avantages stratégiques. Il contribue à sécuriser une part importante du trafic international du Tchad, générateur de revenus pour le port et les opérateurs économiques du corridor Douala-N’Djamena. Il permet également de renforcer l’attractivité du Port de Douala face à une concurrence régionale de plus en plus vive.

En outre, en consolidant ses relations économiques avec le Tchad, le Cameroun réaffirme son rôle central dans l’intégration sous-régionale et dans le développement des corridors de transport essentiels à la croissance économique de l’Afrique centrale.

Un message clair de modernité et de compétitivité

À travers cette démarche proactive, les autorités du Port Autonome de Douala adressent un message fort : celui d’un port en transformation continue, attentif aux besoins de ses clients, et résolument tourné vers la compétitivité et l’efficacité.

Dans un environnement sous-régional en mutation rapide, la capacité d’anticipation et d’adaptation des grands ports africains est plus que jamais un levier déterminant de leur réussite. Douala l’a bien compris.

 L’Ordre des Architectes célèbre 50 ans d’engagement pour une architecture durable et innovante

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Fondé en 1975, l’ONAC célèbre en 2025 un demi-siècle d’existence en se projetant résolument vers l’avenir. Du 5 au 10 mai, le Palais des Congrès de Yaoundé accueillera une série d’événements marquant ces « noces d’or », sous le signe d’une architecture durable et connectée aux défis contemporains.

Lancé le 21 avril dernier lors d’une conférence de presse tenue à Yaoundé, le président de l’ONAC, Jean Christophe Ndongo, a esquissé les grandes lignes de cette célébration tournée vers l’innovation. « Notre 50e anniversaire est un moment de bilan, mais surtout d’anticipation. Face aux urgences climatiques, notre manière de penser et de concevoir la ville doit évoluer », a-t-il déclaré.

Parmi les temps forts prévus, une demi-journée sera dédiée à la Fondation Jacques Rougerie, une institution française de référence dans la promotion de l’architecture écologique, sur terre comme sur mer et même dans l’espace. À travers ses concours internationaux, plusieurs jeunes architectes camerounais ont d’ailleurs déjà été primés pour leurs projets innovants dans le domaine de la construction durable.

Ce partenariat illustre l’orientation que souhaite prendre l’Ordre à savoir, encourager une architecture plus verte, capable de répondre aux enjeux environnementaux sans sacrifier l’esthétique et la fonctionnalité.

Mais pour l’ONAC, l’innovation ne saurait se limiter à l’écologie. À l’ère du numérique, l’intelligence artificielle (IA) est également appelée à transformer la pratique architecturale. Loin d’être perçue comme une menace, elle est vue comme un levier d’optimisation et de créativité. « L’IA ne remplace pas l’architecte, elle l’accompagne. Elle accélère certaines tâches, mais seule l’humain peut concevoir l’harmonie d’un espace ou comprendre les attentes d’un client », a précisé Jean Christophe Ndongo.

À l’instar des logiciels de conception assistée par ordinateur (DAO) qui ont remplacé le dessin à la main, les outils basés sur l’IA s’intègrent progressivement au quotidien des architectes camerounais, sans pour autant éclipser leur savoir-faire et leur sensibilité.

À travers cet anniversaire, l’Ordre des Architectes du Cameroun entend réaffirmer son rôle central dans la construction de villes intelligentes et respectueuses de l’environnement. « Un projet d’architecture ne doit pas seulement être esthétique ; il doit être fonctionnel, et surtout, désormais, durable », a martelé son président.

À l’heure où les métropoles africaines font face à une urbanisation accélérée, l’ONAC veut inscrire l’architecture camerounaise dans une dynamique qui allie croissance maîtrisée, innovation technologique et respect des équilibres naturels.

Vatican : Le Cameroun,  »spectateur » à l’élection du nouveau pape

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Le pape François sera inhumé demain 26 avril 2025. Le 266ème pape de l’église catholique romaine a choisi dans ses dernières volontés de ne pas reposer à la Basilique Saint Pierre de Rome comme les autres papes. Ce sera le clou des obsèques entamées depuis son décès survenu 21 avril dernier, au petit matin. Depuis mercredi dernier, le corps du Saint Père est exposé à la Basilique Saint Pierre, pour les hommages des fidèles du monde entier.

Depuis la mort du pape François, c‘est le cardinal Kevin Farrell, qui assure l’intérim. L’Irlandais de 77 ans qui avait déjà annoncé la nouvelle triste, assurera la transition à la tête du Vatican, jusqu’à l’élection d’un nouveau pape.  Le droit canonique prévoit que « dans un délai de 15 à 20 jours, après le décès du souverain pontife, sera organisé le conclave au cours duquel 137 cardinaux, notamment ceux âgés de moins de 80 ans dont près de 80% choisis par le pape François lui-même, auront la lourde tâche d’élire son successeur ». Sur le site internet du Vatican, on peut lire que « tous les plus hauts responsables du gouvernement  de l’Eglise, c’est-à-dire la Curie romaine, doivent se démettre de leurs fonctions à la mort du pape. Seul le cardinal camerlingue reste en poste pour administrer les affaires courantes de l’Eglise », peut-on lire sur le site du Vatican.

Christian Tumi

Cette succession se fera à travers un vote à bulletin secret, dans la stricte confidentialité de la chapelle Sixtine. Le peu que l’on en sait est qu’il n’y a pas de candidat, pas de campagne électorale. Mais en course, tous les cardinaux âgés de moins de 80 ans. Tous ces cardinaux se trouvent actuellement au Vatican. Mais à la vérité, le jeu est ouvert à tout chrétien catholique reconnu comme tel.

Le moment venu, chaque électeur vote le candidat de son choix, inspiré du Saint esprit. Si aucun nom n’est retenu au terme du premier vote, un autre tour de scrutin sera organisé, ainsi de suite jusqu’à ce qu’un nom soit retenu. Cela se saura avec la fumée blanche apparaisse, signe qu’une majorité d’électeurs s’est dégagée en faveur d’un candidat. Avant cela, le public verra une fumée noire apparaître d’une cheminée, signe à chaque fois de l’échec. Conformément au droit canonique en vigueur au Vatican, le collège des cardinaux va proclamer depuis l’estrade de la basilique Saint-Pierre, le célèbre « Habemus papam », locution latine qui signifie « Nous avons le pape ».

La mission du camerlingue sera achevée une fois un nouveau pape élu. Les fidèles catholiques du monde entier attendent ce moment avec impatience, pour découvrir le nouveau souverain pontife. Si les supputations vont bon train sur les chances des uns et des autres, il est certain que le Cameroun ne pourra ni prétendre à une candidature à la succession du pape François, ni prendre part au vote. Avec la mort de Christian Tumi, le Cameroun n’a plus le privilège d’avoir un pape. En 12 ans de pontificat, le pape François n’a pas nommé de cardinal au Cameroun, et n’a pas non plus remplacé le défunt Christian Tumi. Le 266ème souverain pontife a pour autant nommé de nouveaux cardinaux en Afrique dont au Maroc et en Centrafrique. Sauf  »miracle ».

Protection de la faune : une femme aux arrêts à Douala pour trafic d’ivoire

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Selon des sources proches de l’enquête ayant requis l’anonymat, cette femme serait liée à deux hommes arrêtés en février 2025 dans la capitale économique avec deux défenses d’éléphants en leur possession. L’un d’eux aurait avoué s’être procuré les précieuses défenses directement au domicile de la suspecte. Un détail qui a suffi à orienter les enquêteurs vers cette nouvelle piste. Les autorités n’ont pas encore révélé son identité, mais plusieurs sources indiquent qu’elle est la fille d’un ancien haut responsable du ministère du Tourisme et des Loisirs. Un statut qui ne l’a pas empêchée d’être immédiatement conduite dans les locaux des services de la faune pour y être entendue.

Le Cameroun, à l’instar d’autres pays de la région, a récemment renforcé sa législation en matière de protection des espèces sauvages. La loi de 2024 prévoit des peines lourdes pour les trafiquants, allant jusqu’à 20 ans de prison et 50 millions de FCFA d’amende. « Nous ne pouvons pas rester silencieux face à cette hémorragie qui vide nos forêts de leurs espèces emblématiques », déclare un responsable local de la lutte contre la criminalité faunique. L’affaire, désormais entre les mains des autorités compétentes, n’en est qu’à ses débuts. Les enquêteurs cherchent à démanteler l’ensemble du réseau et à comprendre l’ampleur de ses ramifications.

Une espèce en danger

L’éléphant, cible privilégiée des braconniers pour ses précieuses défenses, joue pourtant un rôle vital dans l’écosystème forestier. « C’est le jardinier de la forêt », rappellent les experts. En dispersant les graines et en créant des clairières, il contribue à maintenir la biodiversité et l’équilibre écologique dont dépendent d’innombrables espèces… y compris l’homme.

 Malgré les efforts croissants des États, les chiffres restent alarmants. En 2024, 67 défenses ont été saisies dans cinq pays d’Afrique de l’Ouest et centrale, représentant la mort d’au moins 33 éléphants. Ces saisies s’inscrivent dans le cadre des opérations conjointes entre les gouvernements et le réseau EAGLE, qui soutient l’application effective des lois fauniques.

L’arrestation de Douala pourrait ainsi constituer une avancée significative dans cette guerre de longue haleine contre le trafic d’espèces protégées. Reste à savoir si les poursuites judiciaires iront jusqu’au bout… et si les têtes pensantes du réseau seront, elles aussi, traduites en justice.

Célestine Ketcha Courtes : « L’objectif des états généraux est de transformer les déchets en ressources financières »

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CÉLESTINE KETCHA COURTES, ministre de l’Habitat et du Développement Urbain

Le recyclage, la récupération : comment mieux organiser le système actuel pour valoriser les déchets et assainir nos quartiers ?

Comment améliorer l’organisation actuelle pour transformer les déchets en richesse, dans une véritable logique d’économie circulaire ? Je voudrais partir d’un exemple concret : celui d’un maire, à Bangangté, qui faisait face à l’absence de collecte d’ordures ménagères. Que s’est-il passé ? Nous savons que, dans notre pays, environ 80 à 85 % des déchets sont d’origine ménagère. Cela signifie que la majorité des déchets que nous voyons, dans les rues, aux abords des marchés, viennent de nos activités domestiques : ce que nous rejetons en cuisinant, après avoir mangé, ou ce qui reste des étals.

 En tant que maire, j’ai donc pris l’initiative de créer un centre de tri. Ce centre a permis de créer des emplois pour plus de 60 jeunes et à terme, c’est près d’une centaine de jeunes qui y travaillaient, dans le centre de tri de Noumgha. Leur mission était simple : séparer les déchets biodégradables des non-biodégradables. Ces derniers étaient enfouis, tandis qu’une approche spécifique de gestion était mise en place pour les biodégradables. J’ai d’ailleurs travaillé avec Emmanuel Ngnikam, directeur de ERA Cameroun, que j’ai associé à ces initiatives. Grâce à cette collaboration, nous avons pu transformer les déchets biodégradables en compost biologique, que j’ai ensuite distribué gratuitement aux mamans du village.

Lors des semis, je leur ai demandé de comparer les résultats de trois types de culture de maïs : celui nourri avec le compost préparé, celui fertilisé avec des fientes de poules, très prisées pour leur richesse en nutriments, et enfin, celui traité avec des engrais chimiques provenant de la quincaillerie, afin d’évaluer leur efficacité respective. Les résultats ont été parlants : le maïs produit avec notre compost était de meilleure qualité.

 Ce compost que je donnais gratuitement, j’ai pu le vendre par la suite à 2 300 FCFA contre 2 500 FCFA pour les fientes de poules, et 4 000 FCFA pour les engrais chimiques. Cela prouve que si nous transformons nos déchets, ceux que nous voyons dans la rue, nous pouvons créer de la richesse, tout en préservant durablement notre environnement. Car, et nous le savons, dans le contexte actuel du changement climatique, l’environnement que nous polluons aujourd’hui peut décider de nous tuer demain. Il est donc vital d’en prendre soin.

Voilà, en résumé, l’expérience que je voulais partager. Je ne prétends pas donner une solution miracle. Le rôle du Minhdu, comme cela a été rappelé, est avant tout de coordonner, de mettre les acteurs ensemble, dans une sorte de think tank, un espace d’intelligence collective où experts, pollueurs, opérateurs, partenaires peuvent réfléchir ensemble et proposer des solutions. L’une de ces solutions doit porter sur toute la chaîne de gestion des déchets. Il s’agit de la production des déchets ; la pré-collecte, est-elle faite en vrac ? Dispose-t-on d’assez d’espace pour trier ; le transport et enfin, le traitement. Et ce traitement, au bout de la chaîne, doit permettre d’entrer pleinement dans une économie circulaire : produire, transformer et valoriser nos déchets comme des ressources.

En prenant une place prépondérante, le Minhdu ne risque-t-il pas d’outrepasser ses prérogatives et d’interférer avec les missions du Ministère de l’Environnement, de la Protection de la Nature et du Développement durable ?

Nous n’empiétons pas sur le champ de compétences du ministère de l’Environnement. D’ailleurs, nous avons associé ce ministère aux États généraux, car il est en charge des questions liées à l’impact des déchets sur le climat, ainsi que des politiques d’atténuation et d’adaptation aux changements climatiques.

Pour notre part, nous gérons concrètement les déchets. Nous avons également associé le Ministère de l’Agriculture et du Développement rural (Minader), car près de 80 % des déchets que nous produisons proviennent de l’agriculture et de la pêche, secteurs dans lesquels le Ministère de l’Élevage, des Pêches et des Industries Animales (Minepia) est également impliqué. Cela témoigne de la cohérence de l’action gouvernementale, conformément à la vision du président de la République. Il n’y a aucun empiètement : chaque ministère est représenté au sein du groupe de travail, qui a commencé ses travaux avant l’ouverture des contributions, le 15 avril.

Nous avançons dans la même direction, assainir nos villes et faire en sorte que la transformation des déchets en ressources soit une réponse durable au défi environnemental. Comme l’a souligné le ministre, il s’agit d’envisager un véritable retour sur investissement. L’objectif n’est pas de considérer les déchets comme un simple fardeau pour les finances publiques, mais de les traiter comme une ressource capable de générer des solutions pérennes.

Un plan d’action national de gestion des ordures en gestation

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Comment transformer une crise structurelle en opportunité de développement ? C’est la question au cœur des États généraux sur la gestion des ressources en déchets urbains, une initiative conjointe du Minhdu et du Minddevel, lancée dans un esprit de concertation inclusive et participative. Face à l’ampleur du défi, ces assises marquent un tournant stratégique dans la manière d’aborder la question des déchets dans les villes camerounaises. Portée par le Ministère de l’Habitat et du Développement Urbain, compétent en matière de coordination de la gestion des déchets urbains, et par le Ministère de la Décentralisation, en charge de l’accompagnement des collectivités territoriales décentralisées (CTD), cette initiative vise à poser les bases d’un changement de paradigme.

Il ne s’agit plus simplement de « gérer » les déchets, mais de les considérer comme ressources à valoriser dans une économie circulaire. La démarche se déroule en deux grandes phases. La première, ouverte depuis le 15 avril et jusqu’au 30 avril 2025, est celle des consultations : elle permet aux acteurs de terrain, collectivités, entreprises, société civile, diaspora – de soumettre projets, propositions et bonnes pratiques, notamment autour de la pré-collecte et de la valorisation des déchets. La deuxième phase, prévue les 6 et 7 mai 2025, sera la Session nationale. À Yaoundé, dans la salle Ongola du Conseil Régional du Centre et à l’Hôtel de Ville, se tiendront des plénières, des ateliers thématiques, une table ronde de haut niveau sur le financement, ainsi que des visites de terrain et une exposition dédiée à l’économie circulaire.

L’objectif : transformer la réflexion collective en feuille de route concrète, avec des mesures directement applicables sur le terrain. Ces États généraux s’inscrivent pleinement dans les grandes orientations de développement durable du Cameroun, notamment les ODD 11 et 12, la Stratégie nationale de Développement (SND30), et la Politique urbaine nationale. Il ne s’agit pas de remettre en cause les compétences des maires, mais bien de renforcer leurs capacités à répondre à un enjeu qui dépasse l’échelle locale. « La complexité du problème nécessite une intervention de l’État pour impulser des réponses structurelles », a insisté le ministre, soulignant la volonté de créer un cadre normatif, institutionnel et économique propice à une gestion durable et rentable des déchets.

 L’annonce de ces assises a suscité un fort engouement médiatique et institutionnel. Déjà, apprend-on, plus d’une centaine de contributions ont été enregistrées, venues du Cameroun, de l’étranger, et même de la diaspora. Le succès de cette mobilisation laisse espérer que ces États généraux ne seront pas une simple consultation, mais bien le point de départ d’une révolution verte dans les villes camerounaises

Hydrocarbures : Le gouvernement construit un centre de stockage gazier à Ebolowa

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Il aura fallu attendre longtemps. Trop longtemps, diront certains. Mais cette fois, les choses sont lancées. Sur le site de Mvila-Yeminsem, dans la région du Sud, c’est Luc Magloire Mbarga Atangana, ministre du Commerce qui a creusé de manière symbolique les premiers centimètres d’un chantier de plus de 7 milliards de FCFA, le Centre de stockage et d’emplissage de gaz domestique (GPL) d’Ebolowa. La cérémonie de lancement des travaux a été présidée par ce membre du gouvernement, représentant le Premier Ministre. Entouré de figures du gouvernement et de hauts responsables du secteur pétrolier, le ministre n’a pas caché l’ambition de ce projet, qui est de mettre fin à la dépendance coûteuse de la région aux approvisionnements venus de Yaoundé, souvent instables et propices aux spéculations tarifaires. « Ce centre de GPL, c’est bien plus qu’un chantier, c’est une réponse concrète à une inégalité territoriale qui n’a que trop duré », a déclaré Luc Magloire Mbarga Atangana.

 Le coût de cette infrastructure, évalué à plus de 7 milliards de FCFA, soulève naturellement des questions : comment justifier un tel investissement dans une région encore en développement ? La réponse est dans les chiffres, expliquent les responsables du projet : des pénuries fréquentes, des surcoûts logistiques liés aux longs circuits de distribution, et un pouvoir d’achat en berne à cause de la spéculation. À terme, le retour sur investissement se mesurera en stabilité des prix, sécurité énergétique, et réduction des importations logistiques coûteuses.

Le centre s’étendra sur 11 hectares, avec une capacité de stockage initiale de 220 m³, extensible selon les besoins futurs. Il s’ajoute à un réseau déjà amorcé dans d’autres régions (Maroua, Bertoua, Bamenda), marquant une volonté claire de mailler le pays d’infrastructures énergétiques de proximité. Mais au-delà du coût financier, c’est aussi le coût environnemental que le gouvernement cherche à alléger. En rendant le gaz plus accessible, ce centre devrait permettre de réduire la pression sur les forêts, encore massivement exploitées pour le bois de chauffe. Une action alignée sur les engagements du Cameroun en matière de développement durable et de lutte contre la déforestation.

Les travaux sont prévus pour une durée de 24 mois. Et le ministre n’a pas mâché ses mots : « Je veillerai personnellement au respect des délais », a-t-il lancé devant les autorités locales et les populations invitées à accompagner ce projet stratégique. Pour la région du Sud, c’est le début d’un changement structurel. Et pour les finances publiques, un pari sur un modèle énergétique localisé, sécurisé, et espèrent les porteurs du projet rentable à long terme.

Déchets Urbains : 53 000 tonnes d’ordures collectées en urgence à Yaoundé et Douala en 10 mois

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Les chiffres donnent le vertige : en moins d’un an, ce sont 53 300 tonnes de déchets qui ont été évacuées des axes stratégiques de plusieurs villes camerounaises, dont Yaoundé et Douala, dans le cadre des opérations « Coup de Poing » lancées par le ministère de l’Habitat et du Développement urbain (MINHDU). Une réponse musclée à une situation devenue critique, à la faveur d’une mobilisation exceptionnelle de l’État et des opérateurs privés. « Face à la persistance des dépotoirs sauvages, il a fallu agir vite », a expliqué le ministre, qui a mené des plaidoyers auprès du Ministère des Marchés Publics (Minmap) et du Ministère des Finances (Minfi) pour déclencher des procédures exceptionnelles. Cette démarche a permis, apprend-on, la remobilisation d’Hysacam, principal opérateur de collecte au Cameroun depuis plus de 40 ans, ainsi que la mobilisation de Tchycloff, deux acteurs désormais de nouveau actifs sur le terrain.

Trois phases ont marqué cette campagne d’envergure : du 18 juillet au 24 août 2024, 12 000 tonnes de déchets ont été évacuées ; une seconde opération, menée du 15 janvier au 21 février 2025, a permis de collecter 33 000 tonnes supplémentaires ; enfin, du 27 mars au 4 avril 2025, ce sont 8 300 tonnes qui ont été retirées des axes stratégiques, portant le total à 53 300 tonnes de déchets éliminés dans le cadre de cette initiative d’assainissement intensif. Si l’intervention d’urgence a permis un net assainissement des grandes métropoles, le diagnostic reste préoccupant. À Yaoundé, par exemple, la production annuelle des déchets augmente d’environ 20 000 tonnes par an, avec une production quotidienne estimée à 3 000 tonnes, mais seulement 45 % de ces déchets sont effectivement collectés dans le cadre contractuel. « La situation s’est améliorée, mais elle reste fragile », reconnaît le ministère.

 Le vrai défi est structurel : financement, logistique, diagnostic, mais surtout changement de paradigme. Il ne s’agit plus de gérer les déchets comme une simple charge, mais de les intégrer dans un écosystème économique viable, où ils sont perçus comme une ressource, une richesse. À moyen terme, le gouvernement entend s’appuyer sur les leçons de ces opérations d’urgence pour repenser en profondeur la gouvernance des déchets urbains et aller vers des solutions durables. Les prochaines étapes devraient intégrer une vision circulaire de l’économie des déchets, avec des investissements ciblés, une implication renforcée des collectivités locales et une participation accrue des citoyens.

Libreville : 250 financiers africains attendus à l’Africa Capital Markets Forum 

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Cover ACMF
Cover ACMF

Le rendez-vous est donné à Libreville, au Radisson Blu, pour trois jours d’échanges de haut niveau sur l’avenir des marchés financiers africains. Du 4 au 6 mai 2025, la capitale gabonaise accueillera la 4e édition de l’Africa Capital Markets Forum (ACMF), un événement phare organisé par One Africa Forums en partenariat avec la COSUMAF, sous le haut patronage du ministère de l’Économie et des Participations du Gabon. Plus de 250 décideurs, experts, régulateurs, banquiers, fintechs et investisseurs issus de plus de 20 pays sont attendus.

Un programme ambitieux, des sujets stratégiques

La thématique centrale – « Dynamisation des marchés : une révolution en marche » – donne le ton. L’édition 2025 s’inscrit dans une dynamique forte d’intégration financière régionale. Le forum entend faire le point sur la réforme des marchés de capitaux en Afrique centrale, tout en favorisant la coopération interrégionale et la mobilisation accrue de l’épargne locale.

Parmi les temps forts du programme : des panels sur l’émergence d’une nouvelle génération d’investisseurs, les innovations telles que la blockchain ou le mobile money, l’impact de la fiscalité sur les instruments financiers, ou encore les mécanismes de titrisation et obligations vertes.

Le lundi 5 mai, les échanges débuteront par une session inaugurale animée par des figures incontournables telles que Louis Banga Ntolo (BVMAC), Jacqueline Adiaba-Nkembe (COSUMAF), Badanam Patoki (AMF-UMOA), ou encore Edoh Kossi Amenounve (BRVM). Les débats porteront notamment sur les stratégies à mettre en œuvre pour transformer les marchés de capitaux africains d’ici à 2030, et sur les synergies encore inexploitées entre les places financières du continent.

Inclusion, innovation et confiance

L’événement mettra un accent particulier sur l’inclusion financière, la digitalisation et la gouvernance. Comment capter l’épargne des petits porteurs ? Quelles garanties pour protéger les nouveaux investisseurs ? Autant de questions abordées dès le mardi 6 mai, avec des interventions d’acteurs clés comme Richard Evina Obam (CDC Cameroun), Mehdi Bouriss (CDG Capital), ou Serge Yanick Nana (Financia Asset Management).

Les tables rondes finales organisées par la COSUMAF permettront de formuler des recommandations concrètes, nourries par deux jours de débats intenses et prospectifs.

Libreville : pôle stratégique

Le choix de Libreville n’est pas anodin. Il confirme la volonté des acteurs régionaux de faire du Gabon un pôle financier de référence en Afrique centrale. En accueillant cet événement, le pays affirme son rôle de hub pour les capitaux internationaux en quête de sécurité, de transparence et de rendement.

Pour One Africa Forums, cette édition s’ajoute à une longue série de forums panafricains (plus de 250 organisés depuis 2004) visant à connecter idées, acteurs et opportunités sur l’ensemble du continent.

L’ACMF 2025 s’annonce comme un tournant majeur dans l’accélération de l’intégration financière africaine. Portée par une vision stratégique 2025–2030, cette édition entend poser les fondations d’un écosystème financier africain plus attractif, interconnecté et résilient. Libreville entend ainsi se positionner comme un centre financier régional de premier plan.

Encadré 

Des enjeux stratégiques pour la transformation des marchés de capitaux africains

L’organisation de la 4e édition de l’Africa Capital Markets Forum (ACMF) à Libreville, du 4 au 6 mai 2025, intervient dans un contexte où l’Afrique centrale cherche à renforcer la solidité et l’attractivité de ses marchés financiers. Plus qu’un simple rendez-vous d’experts, l’événement incarne une volonté commune : faire des marchés de capitaux africains des leviers efficaces de financement du développement.

L’un des enjeux majeurs est l’intégration régionale. En facilitant la coopération entre les bourses, les régulateurs et les États, l’ACMF ambitionne d’harmoniser les réglementations, de mutualiser les efforts de digitalisation et d’augmenter la liquidité des places financières. Un marché plus vaste, plus transparent et mieux interconnecté attire davantage d’investisseurs, locaux comme internationaux.

Autre enjeu essentiel : la mobilisation de l’épargne domestique. Aujourd’hui, une part importante des ressources africaines reste sous-utilisée. L’ACMF entend proposer des stratégies innovantes pour capter cette épargne, notamment à travers des produits adaptés aux jeunes générations et aux petits porteurs.

Enfin, l’innovation financière est au cœur des discussions. Blockchain, mobile money, titrisation ou obligations vertes : autant de solutions nouvelles qui pourraient redéfinir l’accès au financement, en particulier pour les PME.

En réunissant plus de 250 acteurs venus de 20 pays, l’ACMF 2025 est un catalyseur de changement, porteur d’une vision ambitieuse : transformer les marchés de capitaux africains en piliers de la souveraineté économique du continent.

Concours d’agrégation du CAMES : 84 enseignants en préparation à l’Université de Dschang

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Ce lundi, l’auditorium Joseph Fondjo de l’Université de Dschang a vibré au rythme de la cérémonie d’ouverture de la session internationale de préparation au 22e concours d’agrégation du CAMES. Venus du Cameroun, du Tchad, du Gabon, du Congo, du Niger, du Togo, du Bénin et du Burkina Faso, 84 candidats aspirant à l’agrégation en sciences juridiques, politiques, économiques et de gestion ont entamé une semaine décisive de formation. Le ton a été donné par le Pr NDiaw Diouf, à travers une communication inaugurale intitulée : « Le concours d’agrégation : esprit et ficelles ». Cet agrégé en droit privé sénégalais a souligné que « rigueur et préparation méthodique sont les clés de la réussite à ce concours redoutable ».

Pr NDiaw Diouf.

L’ambiance studieuse s’est enrichie de retours d’expérience inspirants d’anciens lauréats, comme le Pr Prince Dubois Hikouatcha de l’Université de Dschang, major en sciences de gestion : « Je visais le titre Major en partant de Dschang, en me disant que si je n’obtiens rien, je serai juste lauréat. Finalement, j’ai été major ». Des témoignages empreints d’humilité et de discipline, à l’image du message de Pr Agnès Makougoum ou du Pr Christiane Bekada, venus rappeler que l’agrégation ne s’obtient pas sans abnégation. Ces échanges ont renforcé la motivation des agrégatifs, qui poursuivent désormais leurs travaux en ateliers : à l’École doctorale pour les juristes et politologues, et au Centre de développement numérique pour les économistes et gestionnaires.

Cette initiative conjointe des universités de Dschang et Toulouse Capitole, saluée par les autorités présentes dont le recteur de l’Université Omar Bongo (Gabon) et le président de l’Université de Toulouse Capitole (France), vise à maximiser les chances de réussite. « Profitez de la présence des maîtres invités. Puisez dans leur expérience », a exhorté le Professeur Roger Tsafack Nanfosso, Recteur de l’Université de Dschang. À l’évidence, cette session s’annonce comme une étape décisive dans le parcours de ces enseignants en quête d’excellence académique.

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