mercredi, mai 20, 2026
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Liberté d’expression : Le Cameroun recule d’une place

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Au dernier classement de Reporters sans frontières (RSF) publié ce 2 mai 2025, le Cameroun est 131e pays en matière de respect de la liberté d’expression. Le pays perd ainsi une place au classement annuel car il était 130ème en 2024. Bien bien qu’il ne soit pas parmi les derniers au monde, le Cameroun est tout de même mal classé, derrière des pays comme la Somalie. Le pays de Paul Biya est ainsi perçu par RSF comme l’un des pays les plus dangereux pour l’exercice de la libre du métier de journaliste et assimilés.

Le Cameroun affiche pourtant l’allure d’un pays ouvert à la liberté d’expression, avec un paysage médiatique particulièrement riche. Selon une cartographie réalisée par le Conseil national de la Communication en février dernier, il existe 760 organes de presse implantés sur l’ensemble du territoire dont 232 titres de presse écrite, 93 chaînes de télévision, 129 stations de radio commerciales, 169 radios communautaires, 72 médias en ligne et 65 organes de télédistribution.

Et au quotidien une certaine liberté de ton peut être perçue sur les titres des journaux et la pluralité d’opinions dans les émissions radio et télévisées. Mais il s’avère que depuis quelques années, le monde de la presse, paupérisé tant par une gestion peu professionnelle que par une mauvaise répartition du marché de la publicité, peine à évoluer dignement, en respect de l’éthique et de la déontologie. A cela s’ajoute une sorte d’épée de Damoclès qui pèse sur la tête du journaliste camerounais contre qui le ministre de l’Administration territoriale et le Conseil national de la Communication agitent régulièrement la menace de représailles face à certains sujets brûlants de l’actualité. C’est le cas des émissions TV (Droit de réponse sur Équinoxe Tv par exemple) suspendues récemment par le CNC mais qui n’ont pas pu être remplacé dans la grille des programmes. Le CNC s’y etant opposé.

Il faut rappeler que les exécutions extrajudiciaires de journalistes comme Martinez Zogo et Samuel Wazizi ne sont pas des cas pouvant contribuer à donner une image positive auprès de Reporters sans frontières.

Yaoundé : les pays francophones affûtent leurs priorités commerciales avant la CM14

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OMC OIF Yaoundé
OMC OIF Yaoundé

Yaoundé, Défis Actuels/www.newsducamer.com – À moins d’un an de la 14ème Conférence ministérielle de l’OMC (CM14), prévue en mars 2026 dans la capitale camerounaise, les pays francophones membres de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) se mobilisent. Du 28 au 30 avril, des représentants de pays d’Afrique francophone et de l’océan Indien se sont réunis à Yaoundé dans le cadre d’une concertation stratégique visant à définir leurs priorités dans le système commercial multilatéral.
Placée sous le thème « En route vers la 14ème Conférence Ministérielle de l’OMC », cette rencontre a été organisée conjointement par le Secrétariat de l’OMC et l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Elle répond à la volonté des États francophones de mieux préparer leur position commune et de peser davantage dans les négociations commerciales internationales.
Hôte de la prochaine CM14, le ministre camerounais du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, a ouvert les travaux en soulignant les enjeux de la conférence : « La CM14 doit servir de rampe de lancement pour un futur meilleur. » Il a mis en lumière les nombreux défis auxquels les pays francophones font face, allant des crises sanitaires et sécuritaires à l’insécurité alimentaire et aux tensions géopolitiques. Il a surtout rappelé que le commerce multilatéral doit rester un vecteur essentiel de développement pour les pays du Sud.
Les discussions ont permis d’identifier des domaines prioritaires pour les négociations à venir : l’agriculture et la sécurité alimentaire, la facilitation des investissements pour le développement, le commerce électronique, les subventions à la pêche, le lien entre commerce et environnement, ainsi que la réforme de l’OMC et les questions de développement. Autant de thématiques cruciales pour assurer une croissance inclusive et durable dans les pays francophones.
En clôturant la session, les participants ont souligné l’opportunité historique que représente la tenue de la CM14 en Afrique. Ils ont réaffirmé leur volonté commune d’inscrire le développement économique et commercial des pays francophones en tête de l’agenda de l’OMC. Le Secrétariat de l’OMC a pour sa part présenté les dernières Perspectives et statistiques du commerce mondial et fait le point sur l’état de ratification de l’Accord sur les subventions à la pêche.
Cette concertation s’inscrit dans la dynamique de coopération renforcée entre l’OMC et l’OIF, illustrée par la signature, en 2023, d’un nouveau Mémorandum d’entente. L’objectif affiché : appuyer l’intégration des pays francophones – en particulier les pays les moins avancés – dans les échanges commerciaux internationaux, à travers le renforcement des capacités, la promotion du commerce et le soutien au développement.

Hydrocarbures : L’Etat renforce l’équité énergétique avec un nouveau centre de gaz à Kumba

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Le gouvernement intensifie la décentralisation de l’accès au gaz domestique. Moins deux semaines après avoir lancé la construction d’un centre d’emplissage de gaz à Ebolowa, dans la région du Sud, le Ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, représentant le Premier Ministre, a procédé ce mardi 29 avril 2025 à la pose de la première pierre d’un projet similaire à Kumba, dans le chef-lieu du département de la Mémé, région du Sud-Ouest. C’est dans la localité de Barombi Kang, en présence d’autorités administratives, traditionnelles et de hauts responsables du secteur énergétique, que le ministre a donné le coup d’envoi des travaux du futur centre de stockage et d’emplissage de gaz de pétrole liquéfié (GPL) de Kumba.

Cette nouvelle infrastructure, évaluée à 6 milliards de FCFA, constitue un maillon de plus dans le vaste chantier de la décentralisation de la distribution du gaz domestique engagé par l’État. Elle s’inscrit dans une dynamique amorcée récemment à Ebolowa, et devrait répondre aux besoins croissants des populations tout en corrigeant les déséquilibres géographiques d’approvisionnement. Jusqu’ici, apprend-on, la région du Sud-Ouest dépendait presque exclusivement de Douala, chef-lieu du littoral, pour son ravitaillement en gaz, une situation qui exposait les consommateurs à de longs trajets, des pénuries fréquentes et à une flambée des prix. En effet, « au Cameroun, le gaz domestique est considéré comme un produit de première nécessité, et le taux de croissance annuel se situe autour de 13%. Les mises à la consommation nationales quant à elles sont de l’ordre de 220 000 TM », a précisé Luc Magloire Mbarga Atangana.  

Dans un contexte où l’on observe une disparité criarde dans l’approvisionnement du gaz, l’urgence pour le gouvernement est d’égaliser l’accès au GPL sur l’ensemble du territoire. « Aujourd’hui, Yaoundé et Douala concentrent 80 % de la consommation nationale. Il est temps d’inverser cette tendance et de rapprocher le gaz domestique des populations », a affirmé Luc Magloire Mbarga Atangana. Le centre de Kumba, cinquième du genre après Maroua à l’Extrême-nord, Bertoua à l’Est, Bamenda au Nord-ouest et plus récemment Ebolowa dans le Sud, viendra ainsi renforcer l’équité territoriale dans l’accès à cette ressource essentielle. Implantée sur cinq hectares, la future infrastructure disposera d’une capacité de stockage initiale de 200 m³, avec des possibilités d’extension. Elle contribuera à la baisse du prix du gaz dans la région, actuellement vendu entre 7 500 et 10 000 FCFA pour une bouteille de 12,5 kg, bien au-delà du prix officiel fixé à 6 697 FCFA.

Mais l’enjeu est aussi écologique et économique. Le gouvernement ambitionne de réduire la pression sur les forêts en promouvant les énergies modernes et de créer de l’emploi pour les jeunes. « Cette infrastructure permettra non seulement de stabiliser les prix, mais aussi de générer des opportunités pour les populations locales », a souligné le ministre, en invitant les entreprises en charge des travaux à respecter les délais fixés à 24 mois, soit en avril 2027. Chief Emmanuel Angwa, représentant des chefferies traditionnelles de la circonscription, a salué « une réponse concrète aux difficultés quotidiennes des ménages ». Le maire de la ville a, quant à lui, exhorté les habitants à « s’approprier ce projet structurant pour en garantir la pérennité ». Avec Kumba et Ebolowa désormais engagées sur la voie de l’autonomie énergétique, le Cameroun poursuit sa stratégie de maillage national en matière d’accès au GPL. Un choix qui allie équité territoriale, développement durable et amélioration du quotidien des citoyens.

Le salon Mboa Paris revient une 3e fois pour connecterla diaspora camerounaise aux enjeux économiques du Cameroun

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Après deux premières éditions saluées pour leur capacité à fédérer les talents camerounais de la diaspora, le Salon Mboa Paris monte en puissance pour sa troisième édition. L’événement se tiendra du 28 au 31 mai 2025 au Beffroi de Montrouge, un nouveau lieu emblématique en région parisienne. Pour l’occasion, l’Association Mboa Paris et son partenaire Sembe Agency élargissent la programmation en passant d’un format d’un jour à quatre jours complets, afin d’offrir un espace d’échange, de réflexion et d’action à quelque 2 500 participants attendus.

Pensé comme un carrefour d’opportunités, le salon articulera cette année ses temps forts autour de rencontres B2B cibléesateliers, conférences et plénièresexpositions, et animations culturelles. L’objectif ? Accélérer les projets entrepreneuriaux à fort impact, repenser l’image du Cameroun dans le monde (nation branding) et favoriser la mise en réseau d’acteurs économiques, culturels et institutionnels.

Parmi les temps forts annoncés le White Business Brunch (29 mai), sponsorisé par TapTap Send, principal soutien de l’événement, réunira investisseurs, porteurs de projets et décideurs. Le Hemlè Talk, causerie inspirante sur l’esprit de résilience camerounais, fera son retour, avec la participation annoncée de Rigobert Song, icône nationale et symbole de ténacité. Le dîner de gala privé (28 mai) offrira un cadre privilégié pour renforcer les synergies entre les élites de la diaspora et les acteurs du développement. La journée de clôture du 31 mai, fidèle au format classique, rassemblera conférences, expositions et concert, dans une ambiance festive et militante.

 « La diaspora camerounaise constitue une force vive indispensable au rayonnement de notre nation. Elle est riche de talents, d’idées et d’expériences à valoriser pour le développement du Cameroun », affirme Fatimatou Ousmanou, présidente de l’Association Mboa Paris et CEO de TapTap Send.

Dans un contexte où les transferts de fonds des Camerounais de l’étranger ont grimpé à 650 milliards FCFA en 2022, contre 373 milliards en 2021, le salon veut structurer et orienter ce potentiel. Cette édition sera l’occasion de débattre des mécanismes concrets pour canaliser les flux financiers, intellectuels et entrepreneuriaux de la diaspora vers des projets à fort impact durable.

La précédente édition, organisée en 2023, a déjà jeté les bases de cette ambition. En une journée intense, le Salon Mboa Paris a réuni plus de 2 000 visiteurs venus d’Europe, d’Afrique et d’ailleurs ; 35 intervenants de haut niveau, du monde des affaires, de la culture et de la société civile ; 100 organisations représentées, des fintechs aux ministères ; 50 exposants, sur un espace de plus de 1 000 m² et un concert de clôture avec Cysoul, Mani Bella ou encore PhillBill.

Premier salon business et socio-culturel entièrement dédié à la diaspora camerounaise, Mboa Paris se distingue par son approche hybride, entre networking professionnel, réflexion stratégique et célébration culturelle. Organisé par l’association Mboa Paris, avec l’appui technique de Sembe Agency, il ambitionne de faire de la diaspora un acteur structurant de la transformation du Cameroun.

Au-delà de la vitrine pour le « label Cameroun », Mboa Paris se veut un outil de mobilisation patriotique, notamment auprès des jeunes générations nées à l’étranger. En témoigne l’intervention marquante de l’écrivaine Djaïli Amadou Amal en 2023, ou encore la valorisation de figures inspirantes comme Francis Ngannou, Joël Embiid, Abdon Atangana ou encore Rebecca Enonchong, attendue cette année.

La Banque mondiale appelle les États africains à mieux intégrer la diaspora dans leurs stratégies de développement. Mboa Paris répond à cet appel, en faisant émerger une vision partagée et structurée de l’engagement diasporique. Pour TapTap Send, master sponsor fidèle, il s’agit de « canaliser les flux financiers et humains vers des projets structurants ».

APE : quelles retombées après neuf ans de mise en œuvre ? (Par Emmanuel YANGAM, économiste)

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Emmanuel-Yangam-www.newsducamer.com
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Le Cameroun reste confronté à des handicaps d’ordre structurel, notamment des capacités insuffisantes de suivi et d’évaluation des politiques publiques. Par cette modeste contribution, nous souhaitons humblement combattre les idées reçues sur l’APE, en jouant le rôle d’intellectuel public tel que défini par Paul Krugman, prix Nobel d’économie 2008. Pour ce dernier, le rôle de l’intellectuel public consiste moins à avoir de bonnes idées – ce qui est extrêmement difficile – qu’à faire office de gendarme, éliminant les mauvaises idées et empêchant leur résurgence. Or, ces mauvaises idées et leurs défenseurs sont souvent plus nombreux que leurs équivalents vertueux.
Depuis la signature de l’APE entre le Cameroun et l’Union européenne (à 27 États), les évaluations rigoureuses de cet accord sont rares. On se contente généralement de déclarations unilatérales mettant en avant ses prétendues retombées positives. Pourtant, à l’heure où l’on s’interroge sur la capacité de l’APE à résoudre les problèmes structurels que la Convention de Lomé n’avait pu solutionner – faible productivité, non-diversification ou spécialisation inadéquate de l’économie – on entend surtout que l’APE aurait permis au Cameroun d’enregistrer une balance commerciale excédentaire avec l’UE.
Une affirmation que démentent les chiffres du commerce bilatéral entre 2010 et 2023. En effet, la balance commerciale avec l’UE était excédentaire entre 2012 et 2016, bien avant l’entrée en vigueur de l’APE. En 2021, elle affichait un déficit de 199,7 milliards de FCFA. En 2022, seule l’exportation de gaz naturel liquéfié vers l’UE, pour un montant de 285 milliards de FCFA, a permis de retrouver un excédent.
Fondamentalement, on attend d’un accord bilatéral une hausse des flux commerciaux entre les partenaires. Pourtant, entre 2016 et 2017, la valeur des échanges a chuté de 54,3 milliards de FCFA pour s’établir à 1 957,2 milliards. En 2021, elle s’élevait à 1 828,1 milliards. Malgré l’entrée du gaz naturel parmi les produits exportés, les échanges ont légèrement baissé de 2 881,9 milliards en 2022 à 2 853,4 milliards en 2023. Cette évolution erratique s’explique par la fluctuation des cours mondiaux et la concentration des exportations camerounaises sur quelques produits bruts (77,5 % en 2022 : pétrole, gaz, cacao, coton, bois). La part des exportations totales du Cameroun représente en moyenne seulement 0,06 % de la demande d’importations de l’UE sur la période 2019-2022. Quant aux produits transformés, ils en représentent moins de 0,15 %.
Pour mémoire, les APE visaient à instaurer une zone de libre-échange entre l’UE et les pays ACP, avec suppression immédiate des droits de douane sur les importations européennes de produits ACP, et suppression progressive de ces droits sur les importations européennes dans les pays ACP. Deux contreparties majeures étaient attendues : la suppression progressive des subventions agricoles européennes et une hausse significative de l’aide au développement, notamment pour moderniser les infrastructures, l’agro-industrie, l’industrie en général, et accompagner les réformes institutionnelles. Ces engagements sont restés lettre morte.
Pour encourager le Cameroun à ratifier l’accord, l’UE avait pourtant mis en place un programme de mise à niveau des entreprises camerounaises, à hauteur de plusieurs milliards de francs CFA, dans des secteurs clés (sidérurgie, textile, agroalimentaire, tourisme, BTP, électronique, cuir, etc.). Mais sur le terrain, les résultats sont décevants. La CICAM, fleuron du textile camerounais, s’est tournée davantage vers l’importation que vers la conquête du marché européen. De manière générale, l’évolution des exportations camerounaises laisse penser que la mise à niveau promise n’a pas été efficace. Cela était prévisible, compte tenu de l’absence d’avantages comparatifs dans ces secteurs, des contraintes de capacités et des barrières non tarifaires.
Autrement dit, l’APE a, dans une certaine mesure, contribué à la disparition de certaines industries locales, incapables de rivaliser avec leurs homologues européennes. Le résultat est une transformation du Cameroun en marché de consommation au profit d’entreprises étrangères, au détriment de la production locale.
L’une des principales leçons à tirer est que la mondialisation constitue une forme moderne de perpétuation des inégalités économiques. Sans une stratégie claire de développement économique et d’indépendance, le Cameroun continuera à servir de débouché aux produits manufacturés du reste du monde. Lors de la dédicace de leur livre Relations internationales contemporaines : mythes, manipulations et réalités, Daouda Fall et le Pr Michel-Cyr Djiena avaient déjà tiré la sonnette d’alarme sur la qualité des accords commerciaux signés par les pays africains – bien souvent des marchés de dupes.
Signé le 4 août 2016, l’APE reflète davantage les faiblesses du Cameroun en matière de négociation que ses besoins stratégiques. Les asymétries dans les capacités de négociation ont contribué à l’incohérence de cet accord et ont pesé négativement sur l’économie nationale. Cette ouverture réciproque a notamment affaibli les secteurs agricole et industriel, au moment même où le pays avait besoin de les renforcer.
À la lumière des résultats obtenus, l’heure est au pragmatisme : il faut rechercher des solutions originales, centrées sur les attentes des populations. De nombreux économistes plaident pour une politique économique fondée sur la préférence nationale, encourageant la consommation de produits locaux pour stimuler la production intérieure.
Notre conviction, aujourd’hui comme en 2016, est que l’APE aurait dû intégrer une libéralisation commerciale plus progressive et mieux adaptée aux réalités productives du Cameroun. Il aurait fallu des engagements clairs sur les infrastructures, un appui technique aux entreprises et une stratégie de présence sur les marchés européens. Ce volet développement aurait permis au pays de renforcer sa base industrielle et sa compétitivité, en construisant notamment les routes, ports et industries indispensables à une participation équitable à l’économie mondiale.


Par Emmanuel Yangam
Ingénieur statisticien-économiste

Jean Nkuété : « En bons guerriers, vous savez qu’on gagne toujours les batailles en rangs serrés»

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Ce qui compte, comme en toute chose, pour réussir, ce qui est fondamental pour parvenir à de bons résultats, c’est la volonté. Comme dit l’adage, « là où il y a la volonté, il y a le chemin ». C’est nettement ce qu’ont fait les courageux guerriers de l’Adamaoua, qui ont repoussé de nombreuses invasions tout au long de l’histoire, et les valeureux militantes et militants ayant du Rdpc, le premier parti de l’Adamaoua en son temps. Ils ont réussi parce qu’ils ont su se tenir prêts à affronter n’importe quel adversaire, sans peur. C’est cela que nous attendons de vous désormais. De la Vina au Mbéré, du Faro et Déo au Mayo-Banyo, en passant par le Djérèm, nous attendons que se mettent en place de nouvelles solidarités pour permettre au Rdpc de remporter avec brio les élections qui se profilent à l’horizon, en commençant par l’élection présidentielle d’octobre prochain qui sera suivie par les régionales, les législatives et les communales. Vous ne devez ménager aucun effort, aucune peine, pour donner au président Paul Biya, votre illustre candidat, une victoire historique, des majorités importantes et imposantes au sein des conseils régionaux, du parlement et des communes dans votre belle région. C’est bien possible ; vous en êtes capables. L’Adamaoua étant très importante pour la nation, elle ne saurait être laissée dans des mains stériles. Pour cela, en bons stratèges, vous devez renforcer davantage, entre vous, l’harmonie, la concorde, l’apaisement, le travail en équipe, l’esprit de concertation, l’écoute, la patience, la tolérance, l’humilité, la considération mutuelle et le respect des prérogatives de chacun. Car en bons guerriers, vous savez qu’on gagne toujours les batailles en rangs serrés…

Dans le Rdpc, je l’ai toujours dit ici dans l’Adamaoua, la haine, la rancune, la méchanceté n’ont pas de place. Car ces attitudes dans nos rangs valorisent nos opposants et nos adversaires. La région ne doit pas continuer de se tromper alors qu’elle regorge des personnes sages, pragmatiques et réalistes, capables de conduire les populations vers le sens de son développement porté actuellement uniquement par le Rdpc, au lieu de se perdre dans les méandres ethniques vides de pouvoir et partant, d’actions constructives. J’ai beau être Bamiléké, j’ai beau être Peulh, j’ai beau être Haoussa, j’ai beau être même Beti, si je ne suis pas là où je peux pousser à favoriser votre développement, mon aide ne sert à rien.

Dans votre région comme ailleurs, le président Paul Biya doit être réélu, sans contestations et par un score sans appel. C’est très important, pour qu’il exerce son mandat dans la sérénité et qu’il poursuive dans la paix la réalisation de son ambitieux programme de développement du pays, malgré les difficultés économiques et les incertitudes du monde. L’Adamaoua et le reste du pays ont encore besoin de la sagesse et de l’expérience du président Paul Biya pour maintenir votre région et notre pays dans la paix.

Nous sommes venus vous dire ne pas avoir peur, alors que ce sont les autres qui doivent avoir peur de nous parce que nous sommes au pouvoir. Surtout, ne vous laissez pas décourager par tous ceux qui prétendent que le Rdpc est en souffrance dans l’Adamaoua. Ils ne vous connaissent pas, ils ne savent pas de quoi vous êtes capables. Ils seront surpris par votre dynamique fidélité. Maintenant, les pendules sont remises à zéro. D’autres matchs vont commencer. Surtout, continuons à nous y préparer avec efficacité. Soyez plus forts encore, plus déterminés encore ; et le moment venu, faites taire les porteurs de mauvaises nouvelles et les oiseaux de mauvais augure.

Source: L’Oeil du Sahel

Adamaoua : La mission qui attend Théophile Baoro pour le Rdpc

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« Ce qui compte, comme en toute chose, pour réussir, ce qui est fondamental pour parvenir à de bons résultats, c’est la volonté. Comme dit l’adage, « là où il y a la volonté, il y a le chemin. C’est nettement ce qu’ont fait les courageux guerriers de l’Adamaoua, qui ont repoussé de nombreuses invasions tout au long de l’histoire, et les valeureux militantes et militants ayant du Rdpc, le premier parti de l’Adamaoua en son temps. Ils ont réussi parce qu’ils ont su se tenir prêts à affronter n’importe quel adversaire, sans peur. C’est cela que nous attendons de vous désormais». Voilà le portrait du militant modèle du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) que dresse Jean Nkuété. Le secrétaire général du Comité central du parti au pouvoir le peignait hier en installant Théophile Baoro, chef de la Délégation permanente régionale du parti dans la région de l’Adamaoua.

Jean Nkuété s’adresse à une région qui a la particularité d’être inéquitablement partagée entre le Rdpc et l’Union nationale pour la démocratie et le progrès (Undp), un parti de la majorité présidentielle. En dehors du Faro et Déo qui a un député du parti au pouvoir, le parti de Bello Bouba règne en maître. Ici, l’alliance n’a pas vraiment son sens. On affiche clairement son adversité au « partenaire ». Mais en interne, le Rdpc n’évolue pas en rangs serrés. Le parti est déchiré par des guerres fratricides. « Dans le Rdpc, je l’ai toujours dit ici dans l’Adamaoua, la haine, la rancune, la méchanceté n’ont pas de place», prêche-t-il.

Un chrétien au milieu de musulmans

Parviendra-t-il à convertir les positions des uns et des autres ? Rien n’est sûr. Théophile Baoro est un homme nouveau, qui remplace El Hadj Mohamadou Abbo Ousmanou (Alhadji Abbo), un puisant homme d’affaires qui semblait peser de tout son poids pour parvenir dans une certaine unité. Musulman qu’il était, comme la presque totalité des patrons régionaux du parti, l’homme parvenait tout de même à obtenir des parts de pouvoir dans cette région qui a réussi l’exploit de donner au Social democratic front (SDF) jadis leader de l’opposition, des sénateurs dans une région où il n’avait aucun conseiller municipal et donc aucun électeur. Le Rdpc avait ainsi fait échouer l’Undp avec qui il était aux coude-à-coude et qui est un allié de longue date. Nourrissant ainsi une guerre qui allait s’intensifiant entre les deux partis dans la région. Théophile Baoro est chrétien. Il est originaire d’un département qui est le seul à offrir encore au Rdpc la première place.

C’est dire si la bataille sera rude pour la reconquête des cœurs. Mais la tâche ne sera pas facile pour ce député sur qui Paul Biya le président national du parti a jeté son dévolu le 25 mars dernier. Lui qui, selon des sources locales, n’a pas jusqu’ici bénéficié du soutien total des cadres du parti. Mais Jean Nkuété qui était déjà venu scruter le terrain à la mort d’Alhadji Abbo, ne baisse pas les bras. « De la Vina au Mbéré, du Faro et Déo au Mayo-Banyo, en passant par le Djérèm, nous attendons que se mettent en place de nouvelles solidarités pour permettre au Rdpc de remporter avec brio les élections qui se profilent à l’horizon, en commençant par l’élection présidentielle d’octobre prochain», lance le patron administratif du Rdpc. Et de citer d’autres élections qui arriveront après. « Vous ne devez ménager aucun effort, aucune peine, pour donner au président Paul Biya, votre illustre candidat, une victoire historique, des majorités importantes et imposantes au sein des conseils régionaux, du parlement et des communes dans votre belle région», essaie-t-il de flatter. Le maçon est attendu au pied du mur. Le premier test c’est l’élection présidentielle d’octobre prochain.

Ecobank Cameroun : près de 200 personnels décorés

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226 médailles d’honneur du travail  leur ont été décernées lors d’une cérémonie présidée à Douala pour le ministre du Travail et de la Sécurité Sociale.

 Ils sont  total 196  employés d’Ecobank Cameroun qui ont reçu la reconnaissance du management de la banque panafricaine. Ils ont été décorés  de médailles d’honneur du travail par l’entreprise qui  a décidé de célébrer la loyauté et la fidélité de  son personnel. La remise de médailles a eu lieu le 25 avril dernier au Palais de la Culture Sawa à Douala,  au cours d’une cérémonie  présidée par le ministre du Travail et de la Sécurité Sociale  Grégoire Owona.  « Les employés que nous honorons aujourd’hui ont démontré au fil des années un dévouement exemplaire et une détermination sans faille. Leurs contributions à Ecobank sont appréciées par la nation tout entière, qui a par conséquent décidé de les récompenser au nom de celui qui l’incarne, le président de la République son excellence Paul Biya », a déclaré le ministre.

226 médailles d’honneur du travail ont été décernées à raison de 7 médailles en or, 96 médailles en vermeil et 123 en argent.  Pour l’entreprise, cette action  vise à « reconnaître et récompenser les contributions remarquables de ceux qui ont démontré un dévouement exemplaire et un esprit d’innovation au sein de l’entreprise. Elle est également la reconnaissance envers les employés qui depuis 10, 15 et 25 ans ont servi pas seulement la banque, mais le Cameroun tout entier ».

Filiale d’Ecobank Transnational Incorporated (ETI), groupe financier panafricain ayant son siège à Lomé au Togo, Ecobank Cameroun a enregistré des chiffres record en 2024.  Et pour le management de la banque, cette performance est le fruit du travail de ses collaborateurs.  La banque a en effet obtenu le résultat  le plus élevé enregistré depuis le démarrage de son exploitation en 2001.  Le total de bilan  s’élevait de 588 117 millions de FCFA, tiré par les dépôts de ses clients qui s’élèvaient à 434 millions de FCFA. Soit une progression de 13% en glissement annuel. Le Produit Net Bancaire à la fin de l’exercice  connait aussi une hausse de 50 112 millions de FCFA, soit une croissance de 10 % par rapport à 2023. Le résultat avant impôt s’est établi à  22 862 millions contre 17 296 millions de FCFA en 2023, pour une hausse de 32 % sur un an. Le résultat net de l’exercice est de 21 051 millions de FCFA. Soit une variation de +47,51% par rapport à  2023.

Réactions

Gwendoline Abunaw, Administrateur Directeur Général Ecobank Cameroun

 « Nous célébrons les efforts de plus de 50% de notre effectif »

« Cette cérémonie représente une étape importante dans l’histoire d’Ecobank au Cameroun. Elle représente une occasion unique de reconnaître et de célébrer les efforts et les réalisations exceptionnelles de plus de 50% de notre effectif. C’est une source de fierté de voir nos collaborateurs se surpasser et contribuer de manière significative à notre succès collectif. Elle est également une opportunité de motiver et d’inspirer l’ensemble de notre équipe à continuer à viser l’excellence. Nous remercions l’État du Cameroun, par l’intermédiaire du ministère du Travail et de la Sécurité sociale, pour tous les conseils et le soutien technique apportés à cette cérémonie réussie. Nous sommes également reconnaissants à l’ensemble du personnel d’Ecobank Cameroun pour leur contribution inlassable à la réalisation de la vision de la banque.  Cette année revêt une signification particulière car le groupe Ecobank célèbre son 40e anniversaire et nous sommes fiers de marquer 24 ans d’existence au Cameroun. Cette étape importante nous donne l’occasion de réfléchir à notre parcours et d’apprécier ceux qui ont été avec Ecobank depuis sa création en 2001. Notre parcours a été celui d’une performance rose et remarquable. Echo Bank a inspiré et lancé certaines des innovations révolutionnaires dans le secteur bancaire et financier camerounais, comme le passage à la banque numérique, l’intégration de l’inclusion financière pour les femmes et leurs propres banques, ainsi que des contributions exceptionnelles au développement communautaire à travers des projets d’impact. »

 Hortense Deffo, récipiendaire

 « Le climat au sein de l’entreprise est très paisible »

 « C’est une énorme joie pour moi. Je reçois cette dernière médaille avec beaucoup de gratitude envers mon employeur et  envers toutes les équipes qui m’ont accompagnée toutes ces années.  C’était très challengeant mais aussi passionnant. Donc je rends grâce à Dieu et je dis merci à Ecobank. J’ai rejoint cette banque en 2003 donc ça fait 22 ans.  Le climat social au sein de l’entreprise est très paisible. J’ai traversé des générations des « ecobanquiers » et tous ceux qui sont passés pour aller chez les concurrents, on se retrouve toujours avec beaucoup de plaisir pour partager les vieux souvenirs et pas mal d’anecdotes. Donc on est écobanquier un jour et ecobanquier toujours. »

Le Cameroun  et le suédois Scania préparent le retour des bus à Douala et Yaoundé

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En décembre 2023, après l’échec de la Société de transports et équipements collectifs de Yaoundé (Stecy SA), la Communauté urbaine de Yaoundé (CUY) a lancé un nouvel appel à manifestation d’intérêt pour revitaliser le transport de masse. Quatre opérateurs se sont manifestés. Mais à l’issue des discussions, trois se sont retirés, laissant seul en lice Salam Tours Mfoundi (STM).

 En signant son contrat de concession en décembre de la même année, STM s’est engagé à déployer un réseau pilote sur trois lignes, avec au moins 50 bus, à aménager une base logistique et à installer des arrêts matérialisés sous six mois. Pourtant, plus d’un an plus tard, rien n’a vraiment bougé. « Les négociations n’ont pas abouti », confie Patrick Mfoulou Olugu, économiste spécialiste des transports à la CUY, dans Cameroon Business Today.

« Bien que la Communauté urbaine ait signé un contrat de concession, le prestataire n’a pas pu lever les fonds nécessaires pour acquérir le matériel roulant », précise-t-il. Un nouvel échec qui s’ajoute à une longue série dans la capitale, où, depuis 2005, trois tentatives successives ont échoué, plombées par des routes délabrées, des embouteillages endémiques et un modèle économique difficilement viable sans subventions ni voies dédiées.

Face à cette impasse, les autorités ont décidé de changer de cap. « La nécessité de relancer un nouvel avis de sollicitation est en réflexion. Parallèlement, le gouvernement a engagé des études dans les villes de Douala et Yaoundé avec Scania pour mettre en place un véritable système de transport par bus. Les termes de référence sont déjà finalisés », révèle Patrick Mfoulou. Concrètement, il s’agit d’un projet co-construit avec le constructeur suédois Scania, soutenu par l’agence suédoise de financement public Swedfund.

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SCANIA PRÉPARE LE TERRAIN

 Interrogé par Défis Actuels, François Lechat, directeur général de Scania West Africa, confirme que des études de faisabilité sont bel et bien en cours, partiellement financées grâce à Swedfund. « Ce n’est pas un partenariat direct entre Scania et le gouvernement camerounais, mais entre le gouvernement suédois via Swedfund et le gouvernement camerounais via le ministère de l’Habitat et du Développement Urbain (Minhdu) », précise-t-il.

 Ces études, indispensables, doivent permettre de calibrer le projet avec précision. « Nous avons besoin d’informations fiables pour construire un réseau adapté. Notre partenaire, RHT Africa, chargé du design du réseau, doit disposer de données précises afin que nous puissions offrir les bons produits et services (véhicules et services associés) », poursuit François Lechat.

C’est d’ailleurs Scania qui est à l’initiative de ces études, ayant sollicité Swedfund pour soutenir le projet. « Ces études doivent nous fournir toutes les informations nécessaires pour concevoir un réseau urbain efficace », insiste-t-il.

UN PROJET STRUCTURÉ AU PLUS HAUT NIVEAU

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Les études de faisabilité ne sont que la première étape d’un projet beaucoup plus vaste. Le 4 avril 2024, une délégation de Scania a été reçue par le Premier ministre Joseph Dion Ngute pour lui présenter cette vision, élaborée depuis deux ans avec RHT Africa et l’opérateur camerounais Intercity Blue Bus. L’objectif est de déployer 600 bus à Yaoundé et Douala d’ici 2027, en complément des futurs Bus Rapid Transit (BRT).

Le projet prévoit aussi la réhabilitation des dépôts existants, l’installation de quelque 500 arrêts par ville, ainsi que la mise en place de portiques de lavage pour les véhicules. Au cœur de cette stratégie, une flotte verte, composée de bus fonctionnant à 100 % au biodiesel ou au biogaz, avec l’ambition de produire localement ces carburants à partir de déchets ou de graines d’hévéa. La modernisation ne s’arrête pas aux véhicules. Elle inclut une billettique dématérialisée, une information en temps réel pour les usagers, la création d’autorités de transport locales inspirées d’Abidjan (AMUGA) et de Dakar (CETUD), ainsi qu’un dispositif robuste de maintenance (pièces détachées, ateliers, assistance technique par Scania sur place).

Le projet intègre aussi un vaste programme de formation, avec l’objectif de former 2 000 conducteurs et techniciens locaux. Pour soutenir cet investissement ambitieux, Scania propose un crédit acheteur garanti par l’État suédois, afin de ne pas alourdir immédiatement la dette publique du Cameroun. Et si ce projet pilote se révèle concluant, Scania et RHT Africa envisagent de s’implanter durablement dans le pays.

Extrême-Nord : Mission commando de Dion Ngute

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Joseph Dion Ngute est actuellement dans la région de l’Extrême-Nord depuis ce dimanche. Le Premier ministre va présider ce jour aux côtés de son homologue tchadien l’inauguration du nouveau pont sur le Logone, reliant les villes camerounaise de Yagoua et tchadienne de Bongor. C’est une infrastructure de grande portée pour la zone Cemac car elle fait partie des ouvrages rentrant dans le cadre du projet régional intégrateur du réseau routier dans le bassin du lac Tchad. Lancés en 2020, les travaux de construction du pont sur le fleuve Logone étaient prévus de s’achever en 2023, mais le chantier a connu des difficultés, tant en ce qui concerne des questions sécuritaires avec la secte terroriste Booko Haram, que la pandémie du covid-19 et les mouvements d’humeur des populations riveraines. Mais aussi, il y a eu le défaut d’une carrière dans l’environnement immédiat du projet, les lourdeurs douanières, tout comme la pénurie du gasoil due à la guerre russo-ukrainienne. 

Deux ans après, l’ouvrage a été livré il y a quelques mois. Fruit de la coopération entre le Cameroun et le Tchad, le nouveau pont sur le Logone a été construit par le groupement Razel Cameroun/Razel-BEC/Sotcocog. Financé à hauteur de 37,6 milliards de francs CFA par l’Union européenne et la Banque africaine de Développement (BAD), le pont est long de 620 ml. Outre le pont, des voies de raccordement ont été construites ainsi que d’autres infrastructures connexes dans les deux côtés de l’ouvrage.

Parc de Mabed bed

Mais avant ce volet festif de son voyage dans la région de l’Extrême-Nord, Joseph Dion Ngute est passé par Kaélé dimanche. Rien n’a encore filtré de sa visite, mais le Premier ministre devait recevoir les forces vives du département du Mayo-Kani. Avec comme sujet central, la crise née de la création du parc de Mabed bed. Les populations riveraines voient d’un mauvais œil la création de ce parc. D’une part, les riverains dénoncent la priorité que le gouvernement accorde aux animaux qui vont être déversés dans cet espace pour être protégés, au détriment des humains, et d’autre part, le nom de baptême du parc divise les communautés Moundang et Tupuri. Le nom Mabed bed signifie « les non circoncis», en langue Moundang. Ce que les Tupuri voient comme une injure à leur endroit. En arrière-plan, la communauté Tupuri voit le ministre Hele Pierre, en charge de l’Environnement de la protection de la nature, d’origine Moundang.

Le décret de création du parc a été pris en 2020 par le Premier ministre. Depuis, les riverains contestent. EN 2024, la situation a atteint une côte alarmante. Le gouverneur de l’Extrême-Nord venu calmer les populations, a été pris en otage par une horde de mécontents armés de gourdins, de machettes et de flèches. Il a fallu l’intervention du Bataillon d’intervention rapide (BIR) pour que Midjiyawa Bakari puisse être extirpé du piège dans lequel il s’était retrouvé, avec tout son état-major. Un gendarme s’en était tiré avec une blessure par flèche. Les protestataires exigent pas autre chose que le retrait du décret du Premier ministre. L’on en saura un peu plus au retour de Dion Ngute.

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