jeudi, mai 21, 2026
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Décentralisation : plus de 2300 milliards FCFA versés aux communes et aux régions

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Depuis 2018, les collectivités territoriales décentralisées (CTD) s’imposent progressivement comme de véritables moteurs du développement socio-économique local. Portées par des transferts financiers inédits, une fiscalité locale rénovée et l’appui de partenaires internationaux, elles exécutent chaque année des milliers de projets qui améliorent visiblement le cadre de vie des citoyens. Sur la période 2019-2024, plus de 2312 milliards de FCFA ont été mobilisés en faveur des CTD, dont près de 828 milliards issus de la fiscalité transférée et 1484 milliards FCFA sous forme de dotations.

 En 2025, la tendance se confirme avec les crédits d’investissement alloués aux CTD qui ont augmenté de 10 %. Mieux encore, ces ressources sont sanctuarisées, c’est-à-dire protégées de toute réaffectation, comme l’ont démontré les récentes ordonnances modificatives de la loi de finances. La loi du 23 décembre 2024 portant fiscalité locale, refond entièrement le cadre fiscal des communes et opérationnalise pour la première fois celui des régions. Cette réforme est porteuse d’espoir, indique le MINDDEVEL. Selon ce dernier, les premières projections estiment que les régions pourraient générer 118 milliards de F CFA de recettes fiscales annuelles, tandis que les communes engrangeraient environ 101 milliards de F CFA supplémentaires. Un changement de paradigme qui vise à rendre les CTD moins dépendantes du Trésor public, en renforçant leur autonomie financière et leur capacité à agir.

Le plus visible reste néanmoins l’impact sur le terrain. Grâce à la Dotation Générale de Décentralisation (volet investissement), 9 847 projets ont été financés entre 2019 et 2024, pour un montant global d’environ 248 milliards de francs CFA. Les secteurs couverts concernent notamment l’éducation, la santé, l’électrification, l’eau potable, les infrastructures routières, et les bâtiments communautaires… Autant de chantiers qui changent le visage des territoires et améliorent concrètement la vie des citoyens.

À l’élan national en faveur de la décentralisation s’ajoute un appui déterminant des partenaires internationaux, parmi lesquels la Banque mondiale, l’AFD, la KfW, la BAD et le FED, qui accompagnent les Collectivités Territoriales Décentralisées (CTD) à travers des programmes structurants tels que le PNDP (Programme national de développement participatif), le PRODESV (Développement des villes secondaires en situation d’instabilité), le PDFVM (Décentralisation FEICOM pour les villes moyennes), le Projet Capitales Régionales, et le PROLOG (Gouvernance locale et communautés résilientes). Ces engagements conjoints renforcent la crédibilité du processus de décentralisation camerounais, largement reconnu au-delà des frontières nationales.

L’Etat reporte le paiement des dettes locales pour garantir la réussite d’un emprunt international de 100 milliards FCFA

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Dans le cadre de la révision de son budget 2025, le gouvernement camerounais prévoit une hausse significative des charges d’intérêts sur la dette publique. Celles-ci sont désormais estimées à 431 milliards FCFA, contre 378,2 milliards dans la loi de finances initiale, soit une augmentation de 52,8 milliards. Cette réévaluation est principalement imputée aux commissions et décotes liées à une opération d’emprunt externe en préparation, d’un montant de 100 milliards FCFA, menée en collaboration avec la Banque mondiale et la banque française Natixis.

Pour absorber les frais liés à ce nouveau crédit, l’État a choisi de reporter certaines échéances de la dette intérieure. Selon les chiffres contenus dans le Document de programmation budgétaire à moyen terme (DPBMT) 2026-2028, ce rééchelonnement a permis de compenser partiellement les charges nouvelles à hauteur de 34,5 milliards FCFA.

Autrement dit, les fournisseurs nationaux et entreprises adjudicataires de marchés publics, déjà lourdement affectés par les retards de paiement, verront encore une fois leurs créances repoussées, tandis que l’État s’apprête à honorer des frais financiers anticipés, dans un contexte d’accès contraint aux marchés.

Un financement de court terme

L’opération en question, révélée par le directeur de la Trésorerie Samuel Tela lors d’un passage à la télévision nationale, consiste en une ligne de crédit de court terme, adossée à une garantie de la Banque mondiale à travers son agence MIGA. Selon les détails rendus publics, la ligne de crédit sera accordée par Natixis, pour une enveloppe équivalente à 152 millions d’euros (environ 100 milliards FCFA), avec une durée initiale d’un an, renouvelable deux fois.

Cette ligne, autorisée par le chef de l’État via une habilitation présidentielle datée du 19 mai 2025, s’inscrit dans une enveloppe globale de 200 milliards FCFA mobilisables par le ministère des Finances. Les fonds permettront de faire face aux tensions de trésorerie attendues entre mai et août, période de creux fiscal pour l’administration.

« L’accès au crédit devient plus difficile sur le marché domestique. Nous devons arbitrer entre les besoins les plus pressants », a justifié Samuel Tela, évoquant notamment des surcoûts liés aux subventions dans le secteur de l’électricité ou encore le retrait d’un appui financier américain au Fonds mondial, qui prive l’État d’environ 50 milliards FCFA.

Dette intérieure de de plus en plus lourde

Ce choix de gestion budgétaire relance le débat sur la dette intérieure. Selon la Caisse autonome d’amortissement (CAA), cette dernière atteignait 3 900,2 milliards FCFA à fin mars 2025, en hausse de 10,9 % sur un an. Elle représente désormais 12,1 % du PIB, sans compter les arriérés de moins de trois mois, ni les impayés de crédits de TVA dus aux entreprises.

La CAA, dans sa dernière note de conjoncture, souligne que cette accumulation de créances impayées exerce une « pression significative sur la trésorerie publique » et désorganise la chaîne des dépenses. Le non-respect des calendriers de paiement par l’État engendre des difficultés de trésorerie pour les entreprises, en particulier celles qui dépendent des marchés publics.

Lors de la huitième revue du programme économique et financier avec le FMI en mai dernier, la question de l’apurement de cette dette intérieure a été expressément soulevée. L’institution de Bretton Woods aurait même encouragé le gouvernement à envisager un nouvel emprunt pour en éponger une partie.

Une démarche déjà amorcée en juillet 2024 avec un emprunt de 323,9 milliards FCFA contracté auprès de Citi Group, destiné au remboursement partiel des factures impayées. Une opération qui pourrait être renouvelée, dans un contexte où l’accès aux marchés devient de plus en plus restreint et coûteux.

Arbitrages budgétaires sous contrainte

Le choix de privilégier les paiements liés à la dette extérieure au détriment des remboursements intérieurs n’est pas nouveau. En 2024, selon les données de la CAA, le Cameroun n’a remboursé que 435,5 milliards FCFA sur une prévision de 826,3 milliards pour sa dette intérieure, soit un taux de réalisation de 52,7 %. En revanche, sur la dette extérieure, les remboursements ont atteint 942,6 milliards FCFA, dépassant les prévisions de 825 milliards FCFA.

Cette préférence s’explique en partie par les impératifs de respect des engagements contractuels internationaux, mais également par la nécessité de préserver la crédibilité de la signature souveraine sur les marchés étrangers. Le service de la dette extérieure est en effet assorti d’échéances obligatoires, alors que les dettes internes, notamment les restes à payer et les crédits de TVA, ne le sont pas.

Afreximbank déploie des mécanismes financiers inédits pour soutenir le budget camerounais

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Dans le cadre du financement révisé de son budget 2025, le Cameroun entend mobiliser 450 milliards FCFA sur le marché intérieur grâce à des mécanismes financiers innovants appuyés par Afreximbank. Deux opérations majeures sont en cours. Concrètement, la première est une opération de swap de 200 milliards FCFA déjà réalisée avec le concours de la banque panafricaine, et un prêt bancaire direct de 250 milliards FCFA actuellement en préparation, assorti d’une garantie partielle ou totale d’Afreximbank.

Ces initiatives s’inscrivent dans une stratégie d’ajustement du financement public, à l’heure où les conditions de marché intérieures se durcissent. Selon le Document de programmation économique et budgétaire à moyen terme (2026-2028), récemment transmis au Parlement, le besoin de financement de l’État pour 2025 a été réévalué à 2 326,5 milliards FCFA, en hausse de 531,5 milliards par rapport à la loi de finances initiale. Dans ce cadre, le financement bancaire intérieur passera de 220,6 à 440,1 milliards FCFA, sous l’effet notamment du prêt garanti par Afreximbank.

Ce dernier, distinct des émissions classiques de titres publics, sera contracté directement auprès d’un pool de banques opérant au Cameroun ou dans la zone CEMAC. L’opération devrait prendre la forme d’un crédit syndiqué ou bilatéral, structuré hors marché. La garantie d’Afreximbank permettra de limiter l’exposition des prêteurs au risque souverain, facilitant ainsi le déblocage rapide des fonds.

La même logique s’applique à l’opération de swap réalisée fin juin. Celle-ci a permis à l’État camerounais de recevoir immédiatement des devises étrangères, tout en émettant des obligations du Trésor assimilables (OTA) libellées en FCFA, souscrites par Afreximbank. Le montant de 200 milliards FCFA a été mobilisé à travers cinq émissions d’OTA de 40 milliards chacune, portant des maturités allant de 3 à 7 ans, avec des taux fixes entre 6,5 % et 7,5 %. Ces titres ont été mis aux enchères le 23 juin et réglés entre le 25 et le 27 juin, selon le rapport de la BEAC.

Ce type de montage financier présente plusieurs avantages. Il permet d’accroître les disponibilités en devises pour financer des importations stratégiques ou renforcer les réserves de change, tout en maintenant la dette dans la monnaie locale et en évitant les risques de change.

Parallèlement à ces mécanismes innovants, Afreximbank conserve un rôle traditionnel de bailleur. Son portefeuille actif au Cameroun atteint 487 millions d’euros (environ 319,4 milliards FCFA), selon les données dévoilées lors du roadshow organisé le 29 avril dernier à Douala. Trois projets structurants en bénéficient. Une facilité de 200 millions d’euros pour soutenir la mise en œuvre de la Stratégie nationale de Développement 2030 (SND-30), un prêt de 147 millions d’euros pour un programme d’électrification rurale dans 200 localités, et un soutien financier indirect via une ligne de crédit aux banques commerciales locales.

À terme, Afreximbank prévoit de renforcer davantage sa présence au Cameroun en finançant des projets d’envergure comme la reconstruction de la raffinerie de la Sonara et la modernisation des aéroports de Douala, Yaoundé et Kribi. L’objectif affiché est d’appuyer la transformation structurelle de l’économie nationale, en encourageant la production locale et l’intégration aux chaînes de valeur régionales, dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf).

Présidentielle 2025 : Abdouraman Hamadou déclare sa candidature

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« C’est avec humilité et beaucoup de conviction que je me présente devant vous pour vous proposer de co-construire un nouveau projet politique pour le Cameroun ». En ces termes, Abdouraman Hamadou Babba a annoncé sa candidature à l’élection présidentielle 2025. L’ancien haut cadre de la Fédération camerounaise de football (Fécafoot) propose aux Camerounais « d’élaborer ensemble un nouveau projet de société, une nouvelle vision politique à la hauteur des aspirations de chaque Camerounaise et de chaque Camerounais ». Affirmant que « ce projet est ouvert à tous les Camerounais. Chaque compétence, chaque énergie et chaque engagement compte». D’où le mot « ensemble » qui revient dans le message vidéo qu’il a posté sur les réseauxsociaux. En élargissant son projet aux prochaines élections législatives et municipales prévues en 2026. 

L’homme ne sollicitera pas l’investiture d’un parti politique, mais sera candidat indépendant. A cet effet, «j’invite humblement les conseillers municipaux, les conseillers régionaux et les membres du parlement de tous les bords politiques, ainsi que nos chefs traditionnels de premier degré, gardiens de nos traditions de nos terroirs et de nos coutumes, à parier sur l’avenir et à parrainer ma candidature », a-t-il lancé. 

Les élus sollicités

Abdouraman Hamadou Babba était déjà très visible dans les couloirs politiques ces dernniers temps. Invité spécial du président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), le combattant pour la légalité à la Fécafoot n’avait pas rejoint les rangs du parti de Maurice Kamto ; mais avait plutôt lancé une opération de recrutement et de formation de scrutateurs pour la présidentielle à venir. Assurant qu’il n’était pas intéressé par l’élection en tant que candidat. Finalement, il s’annonce dans la course. La balle est désormais dans le camp des élus qui sont les seuls à pouvoir lui accorder la possibilité d’être candidat, avec leurs parrainages. « Le temps est venu de reprendre en main notre destin», déclare le candidat à la présidentielle.

Positionnement : le navire Biya en passe de perdre le Nord

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Paul Biya lors de son dernier passage à Maroua, en 2018

Au cours de la réunion du Comité central de l’Union nationale pour la démocratie et le progrès (Undp), élargie au Conseil national et aux représentants des jeunes et des femmes, Bello Bouba a annoncé sa candidature à la prochaine élection présidentielle. Une annonce attendue tant la base de son parti la réclamait et exigeait même la rupture pure et simple de l’alliance avec le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) de Paul  Biya. Plateforme signée en novembre 1997. « Il est dit dans la plateforme que l’Undp et le Rdpc s’engagent à travailler ensemble pour l’amélioration des conditions de vie des Camerounais, l’amélioration du processus électoral, la promotion de l’Etat de droit. De tout ceci, rien n’est fait », dénonce Célestin Yandal. Le parti entend reprendre son combat d’antan, pour « améliorer les conditions de vie des Camerounais ». Même si l’ancien Premier ministre n’a pas encore démissionné du gouvernement, il a finalement mis fin aux supputations sur le sujet, en indiquant sur les antennes de RFI qu’il le fera. « C’est le président de la République qui nomme les ministres et c’est à lui que je vais adresser une lettre écrite, présentant ma démission. Ma lettre ne lui est pas encore parvenue, mais elle est en voie. J’ai accepté d’être candidat, j’aurai besoin de tout mon temps consacré à la campagne », a indiqué Bello Bouba.

Au Front pour le salut national du Cameroun (Fsnc), on n’a pas mis les gangs pour aller au front. Issa Tchiroma, jadis ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, a quitté le navire gouvernemental la semaine dernière. Dans une lettre adressée aux Camerounais le 26 juin dernier, le natif de Garoua, dénonce le fait que « ce n’est plus Biya qui gouverne ce pays». Celui qui, il y a quelques mois encore, était un défenseur patenté du président Paul Biya, a radicalement changé de ton. « Aujourd’hui, la situation de notre peuple est grave. Notre peuple est à bout, il étouffe, il souffre, il attend et il espère. Et si nous voulons honorer le sacrifice des pères fondateurs, alors c’est à notre tour de nous hisser au-dessus des intérêts particuliers. Il nous faut faire preuve de transcendance et unir nos forces, car le péril est là : celui d’un régime à bout de souffle, qui entraîne la Nation vers un effondrement aussi prévisible qu’inacceptable.», écrit-il dans une lettre aux Camerounais. « Mes chers compatriotes, nous devons nous unir pour réussir cette transition démo­cratique. Elle ne réussira que si chacun, gouvernants comme gouvernés, militants ou non, accepte le principe fondamen­tal de l’alternance. Le pouvoir n’appartient ni à un individu, ni à un clan. Il appartient au peu­ple. Et celui qui l’exerce le fait au nom du peuple, non en tant que maître, mais en tant que serviteur.», lance-t-il en perspective de la présidentielle pour laquelle il annonce sa candidature.

Les mouvements ne se font pas qu’au sommet. Abdoulaye Nana qui a déposé sa démission des rangs du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), a rejoint les rangs de l’Undp le 25 juin dernier, en devant en janvier dernier Abdoullaye Nana. Après avoir appelé à Paul Biya le président de la République et non moins président national du Rdpc, à se reposer, il devient désormais le 1er vice-président de la fédération départementale de l’Undp dans le Mbéré. Des sources annoncent d’autres démissions du Rdpc, notamment dans l’Adamaoua, une région parmi les plus vastes du pays, riche en ressources naturelles et en produits agricoles, mais pauvre en termes de projets de développement et de fils nommés ou cooptés dans l’appareil de l’Etat.

Le Sgpr humilié, le gouverneur pris en otage

Les signaux semblent faire état du navire Biya qui perd son Nord. Les anciens partenaires politiques de Paul Biya, ceux-là qui ont longtemps aidé le président et son parti, à consolider son emprise sur la région du Nord, ne sont plus avec lui. Ce sera chacun pour soi. Cela survient à un moment où le Rdpc lui-même semble tanguer, et les secousses se ressentent plus dans le Grand-Nord. Paul Biya, 93 ans, est de plus en plus éloigné des affaires. Physiquement absent de la scène politique nationale et même internationale, le président de la République fait de plus en plus valoir son décret qui accorde au Secrétaire général de la présidence de la République (Sgpr) de s’approprier certaines prérogatives du président de la République. Une situation qui perdure et commence à susciter des doutes et inquiétudes sur le vrai gestionnaire du pouvoir exécutif au Cameroun.

Le 15 février dernier, Ferdinand Ngoh Ngoh le Sgpr a essuyé une humiliation à Kousséri. Allé « en catimini) dans les localités du Mayo-Danay et du Logone et Chari qui ont subi des inondations avec de lourdes conséquences, pour « évaluer la situation », l’homme qui disait parler au nom du président de la République, a été insulté par des élus du Logone et Chari. Au motif que ledit émissaire n’envisageait pas rencontrer ces derniers qui avaient pourtant des doléances et récriminations à lui remettre, à l’intention du président de la République. Ferdinand Ngoh Ngoh qui avait prévu un aller-retour, avait dû passer une nuit dans la région de l’Extrême-Nord, le temps de rencontrer les élus du peuple avec lesquels il avait échangé nuitamment. Des faits similaires sous le Renouveau étaient, pour ne pas dire inexistants ces dernières décennies ; mais ces derniers mois, des mouvements de protestation se sont multipliés. Comme cette sorte de prise d’otage contre la personne du gouverneur de l’Extrême-Nord par des populations révoltées de Guidiguis, contestant la création du parc national de Ma mbed mbed. Si Paul Biya n’a pas encore perdu le Nord, il est en train de le perdre.

Rdpc-Undp: Fin d’un concubinage de 28 ans

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« Nous avons délibéré à huis clos comme le prévoient les dispositions de nos statuts. La réunion du Comité central de l’Union nationale pour la démocratie et le progrès, le Conseil et les membres du secrétariat permanent, le comité directeur, ont délibéré et nous sommes arrivés à la conclusion que notre parti présentera son candidat à l’élection présidentielle ; et que j’ai accepté la proposition : je suis désormais le candidat à l’élection présidentielle(Sic)». En ces mots, Bello Bouba Maïgari a annoncé sa candidature à la présidentielle d’octobre 2025. Au terme de la réunion du Comité central de son parti, élargie au Conseil national et aux représentants des jeunes et des femmes du parti, le 29 juin dernier. Cédant ainsi à la pression de la base de son parti qui n’entendait plus accompagner Paul Biya et le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) à l’élection présidentielle. En revanche, l’avenir de Bello Bouba au sein du gouvernement est flou. L’homme n’a pas évoqué cet aspect, et a renvoyé la presse à « ses affaires ». Indiquant que ce n’est pas à la presse qu’il l’adresserait éventuellement. Toujours est-il que la logique voudrait que le désormais candidat qui s’est détaché du « joug » de l’alliance avec le parti au pouvoir, se mette dans des conditions de liberté pour pouvoir mieux se déployer dans sa campagne.

Si les militants ont longtemps appelé simplement à la rupture de l‘alliance scellée en novembre 1997 avec le Rdpc, Bello Bouba n’a pas été clair sur cette question. Accord qui a permis l’entrée au gouvernement d’un certain nombre de cadres de l’Undp dont Bello Bouba (Issa Tchiroma et Hamadou Moustapha, qui se sont par la suite brouillés avec Bello Bouba et ont chacun créé son propre parti). Et depuis lors, l’Undp n’a plus présenté de candidat à l’élection présidentielle, préférant soutenir Paul Biya, « candidat naturel » du Rdpc. Aujourd’hui, outre Bello Bouba, l’Undp compte quatre autres militants au sein de l’appareil de l’Etat : Nana Aboubacar Djalloh secrétaire d’Etat auprès du ministre en charge de l’environnement), Rose Dibong (secrétaire d’Etat auprès du ministre en charge de l’habitat), Mohamadou Badjika Ahidjo (ambassadeur itinérant à la présidence de la République, par ailleurs fils de l’ancien président Ahmadou Ahidjo) et son secrétaire général Pierre Flambeau Ngayap, sénateur nommé par Paul Biya. Tous pourraient être appelés à quitter le navire gouvernemental (sauf le sénateur). Mais des négociations souterraines que des sources attribuent au pouvoir, tentant de dissuader Bello Bouba de rompre les accords, pourraient avoir de l’effet sur certains militants engagés dans l’appareil de l’Etat.

Dans cette perspective, Rose Dibong a clairement indiqué sur les antennes de la Crtv que « je n’ai pas été consulté…mais que j’aie été consulté ou non, je continue de gérer en tant que responsable du gouvernement qui travaille pour le Cameroun. Je ne travaille pas pour mon parti». D’ailleurs « aucun texte ne nous oblige de le faire. Si on doit le faire, on le fait personnellement. Et moi je ne le ferai pas. Je ne vais pas démissionner du gouvernement pour ça. Je vais personnellement. Et moi je ne le ferai pas. Je ne vais pas démissionner du gouvernement pour ça. Je vais attendre que mon décret me fasse partir, parce que c’est un décret qui élimine un autre décret », assure Rose Dibong la secrétaire d’Etat auprès du Minhdu.

Toujours est-il que la distance se crée et s’élargit entre le Rdpc et l’Undp, après 28 ans de compagnonnage. « Il n’y a pas d’alliance définitive. Les alliances se construisent à l’aune des échéances électorales importantes, et puis elles se font et se défont», rappelle Célestin Yandal, maire Undp de Touboro dans le département du Mayo-Rey, région du Nord, sur Radio Balafon. Cette alliance était de plus en plus dénoncée par la base du parti depuis le Congrès de 2011 au cours duquel René Emmanuel Sadi, alors secrétaire général du Comité central du Rdpc, avait dû jouer les pompiers pour calmer les congressistes en furie. Mais aux yeux des militants de l’Undp, le partenaire politique n’a pas changé sa politique. « L’Undp voudrait prendre ses responsabilités, au regard d’un certain nombre de manquements et de violations de l’alliance qui existe entre les deux partis depuis novembre 1997. C’est la base militante qui ne veut plus évoluer dans cette plateforme », souligne Célestin Yandal. « Malgré le soutien que nous avons toujours apporté à notre allié, il n’y a pas de retour de l’ascenseur ». Le coup fatal fut asséné lors des sénatoriales 2013 : « Dans l’Adamaoua, le Rdpc a préféré remettre sept sénateurs au SDF qui a toujours été très dur vis-à-vis du Rdpc, plutôt que de permettre à son allié d’avoir ces sept sénateurs », dénonce-t-il. « Et le SDF n’avait aucun conseiller dans la région de l’Adamaoua. 2ème chose ; la ville de Ngaoundéré est la seule dont l’Undp contrôle la mairie de ville ; et l’Undp contrôle également le conseil régional. Ngaoundéré ne bénéficie pas de contrats C2D, Capitales régionales, à cause de l’assise de l’Undp dans cette région. Vous croyez qu’on va continuer dans une telle alliance ? », interroge Yandal. Avec autant de frustrations, « la base a décidé que si le sommet du parti continue dans cette alliance, ce ne sera plus avec elle», assure le maire qui a souffert le martyr dans un département du Mayo-Rey où règne en maitre le très puissant et craint lamido de Rey Bouba, militant du Rdpc et premier vice-président du sénat. Il ne pouvait pas en être autrement, faute d’évaluation. « Il y avait un comité de suivi pour évaluer l’alliance, mais qui n’a jamais fait ce travail», confie Célestin Yandal.

L’Association des Petites Entreprises du Cameroun désigne son premier bureau exécutif

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L’Association des Petites Entreprises du Cameroun (APEC), nouvellement créée, a élu son tout premier bureau exécutif à l’issue de son assemblée générale constitutive tenue le samedi 28 juin à Yaoundé. Deux entrepreneurs issus du think tank The Okwelians ont été portés à sa tête. Il s’agit d’Yves Bertrand Solanga, président, et Jean Bernard Essengue, vice-président chargé des partenariats et financements.

L’APEC se positionne comme une nouvelle instance de représentation des petites entreprises dans un pays où, selon l’Institut national de la statistique (INS), plus de 393 000 PME, soit 99,8 % du tissu entrepreneurial, demeurent en marge des structures patronales existantes. L’organisation revendique déjà environ 150 membres et entend jouer un rôle actif dans les discussions économiques avec les pouvoirs publics et les partenaires techniques et financiers.

Le nouveau président, Yves Bertrand Solanga, dirige Light Group, une jeune pousse spécialisée dans la gestion intelligente des produits pétroliers. Son entreprise a développé Light Oil, une solution de télé-jaugeage en temps réel. Physicien de formation, il a récemment intégré le programme d’incubation Minetech Hub, piloté par le PNUD en Zambie, aux côtés de neuf autres entrepreneurs africains sélectionnés parmi 350 candidats.

À la vice-présidence, Jean Bernard Essengue est quant à lui le fondateur d’ABM, une institution de microfinance axée sur l’économie solidaire, qui mobilise à ce jour une communauté de plus de 3 200 acteurs économiques à travers le pays.

Tous deux ont bénéficié du soutien de The Okwelians Venture Fund (OVF), un mécanisme de financement et d’accompagnement lancé en 2023 avec une dotation initiale de 200 millions FCFA, visant à structurer et accélérer la croissance de jeunes entreprises camerounaises à fort potentiel.

La création de l’APEC répond à un vide institutionnel souvent dénoncé par les entrepreneurs locaux, notamment en matière de représentation, de plaidoyer et d’accompagnement. Son action s’articulera autour de cinq axes : la formalisation des entreprises, l’accès au financement, l’accompagnement, le plaidoyer et la mise en réseau stratégique.

Pour mémoire, The Okwelians, structure à laquelle sont affiliés les deux nouveaux dirigeants de l’APEC, est un think tank fondé en 2020 et basé au Cameroun. Il rassemble près de 1 200 membres, dont 220 actifs, répartis sur quatre continents. L’organisation œuvre à la promotion de l’innovation sociale et de l’engagement civique à travers des initiatives multisectorielles.

L’officialisation du bureau exécutif marque une étape structurante pour l’APEC, qui ambitionne désormais de s’imposer comme une plateforme nationale crédible pour la défense des intérêts des petites entreprises dans un contexte de réformes économiques et de relance post-pandémie.

 INTELLIBRA réduit les coûts du dépistage du cancer de 35 000 à 3 000 FCFA

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Chaque année, des milliers de femmes en Afrique subsaharienne apprennent trop tard qu’elles sont atteintes d’un cancer du sein, réduisant drastiquement leurs chances de survie. Face à ce fléau silencieux, que né Intellibra, un dispositif médical portable et abordable, révolutionne le dépistage précoce grâce à l’intelligence artificielle. Une lueur d’espoir, notamment pour les femmes des zones rurales, souvent privées d’accès aux structures de santé. Porté par la start-up camerounaise Anora, le projet Intelibra s’attaque frontalement à l’inaccessibilité du dépistage du cancer du sein, aggravée par le manque d’infrastructures, de personnel qualifié et des coûts souvent dissuasifs. « Aujourd’hui, un dépistage coûte en moyenne 35 000 FCFA. Avec Intellibra, nous ambitionnons de le ramener à 3 000 FCFA, afin que chaque femme puisse se faire dépister trois fois par an, comme le recommande l’OMS », explique Abdoul Azis, fondateur du projet et lauréat du deuxième prix au concours national du meilleur projet TIC 2025.

Une innovation pensée dans un contexte préoccupant : selon les données du Registre national du cancer, le cancer du sein représente à lui seul 31 % des cas recensés chez les femmes, devant le cancer du col de l’utérus (23 %), avec plus de 1 500 décès chaque année. Au cœur d’Intellibra, une combinaison inédite de capteurs échographiques miniaturisés, de thermographie et d’une intelligence artificielle formée sur des données locales. Contrairement aux outils importés, souvent calibrés pour d’autres populations, ce dispositif offre une analyse en temps réel, non invasive et adaptée aux spécificités physiologiques des femmes africaines. Un avantage crucial dans une région où les retards de diagnostic sont fréquents et où les centres spécialisés se concentrent dans les grandes villes. Grâce à son prix remporté lors d’un concours national, l’équipe derrière Intellibra passe à la vitesse supérieure.

Le prototype est finalisé, et une campagne de dépistage gratuite sera lancée dès octobre, à l’occasion du mois de sensibilisation au cancer du sein, apprend-on. « Nous allons offrir 1 000 dépistages dans les dix régions du Cameroun. C’est une étape majeure », a déclaré Abdoul Azis, visiblement ému, lors de la cérémonie. Il a également salué le soutien de la ministre des Postes et Télécommunications et du Chef de l’État, dont l’appui a permis de concrétiser ce projet. Plus qu’un simple gadget, Intellibra se présente comme une arme technologique contre le cancer du sein, conçue pour être accessible, mobile et économique. Si les tests confirment son efficacité, le dispositif pourrait redéfinir la stratégie nationale de lutte contre la maladie. À plus long terme, l’ambition est claire : production à grande échelle, formation d’agents de santé communautaires et exportation vers l’Afrique centrale et de l’Ouest. Une innovation made in Cameroon qui pourrait bien sauver des milliers de vies.

L’État va verser 46 milliards FCFA à Geocoton pour racheter ses parts dans Sodecoton

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Le Cameroun va mobiliser 46 milliards FCFA sur ressources propres pour finaliser le rachat des parts détenues par le groupe français Geocoton dans le capital de la Société de développement du coton (Sodecoton). L’information est consignée dans le Document de programmation économique et budgétaire à moyen terme (2026-2028). Ce document officiel indique que « Cette augmentation [des dépenses d’investissement sur ressources propres] prend en compte l’achat des actions de la Sodecoton détenues par le groupe Geocoton pour 46 milliards FCFA. »

Cette provision de 46 milliards FCFA figure désormais parmi les dépenses nouvelles introduites dans la loi de finances rectificative 2025, en instance de soumission au Parlement. Elle porte les dépenses d’investissement financées sur ressources propres, y compris les opérations de réhabilitation des infrastructures, à 980,5 milliards FCFA, contre 891 milliards dans la loi de finances initiale, soit une hausse de 6,1%.

Dès mars 2024, le média Africa Business + évoquait une première estimation des parts de Geocoton à 32,7 milliards FCFA, soit environ 50 millions d’euros. Cette valorisation avait été présentée comme base de négociation, mais elle fut vivement contestée par les dirigeants de Geocoton. Abbas Jaber, PDG du groupe Advens (maison mère de Geocoton), déclarait en mai 2024 que « L’origine de ce chiffre avancé par certains journalistes reste inconnue », rejetant ainsi cette évaluation qu’il jugeait sous-estimée.

En janvier 2025, des sources proches de la direction de Geocoton confirmaient que les deux parties étaient convenues d’un montant avoisinant les 40 milliards FCFA. L’introduction d’une enveloppe de 46 milliards dans la loi de finances rectificative suggère que l’État a non seulement validé l’opération, mais qu’il a également provisionné une marge additionnelle pour sécuriser la transaction ou couvrir d’éventuelles dépenses connexes.

Au-delà de la simple opération financière, cette prise de contrôle s’inscrit dans un mouvement plus large de reconfiguration de l’actionnariat de la Sodecoton. En parallèle du désengagement de Geocoton, Yaoundé a ouvert le capital de l’entreprise à des acteurs locaux. L’État voit ainsi sa participation passer de 59 à environ 73 %, tandis que la Confédération nationale des producteurs de coton du Cameroun (CNPC-C), qui fédère plus de 200 000 producteurs, détient désormais 12 % des parts. Le personnel de l’entreprise entre également au capital avec une participation de 2,5 %, et la Société mobilière d’investissement du Cameroun (Smic), propriété de l’homme d’affaires Baba Danpullo, conserve ses 11 %.

La flambée des prix du cacao dope la croissance économique en 2024

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Entre octobre et décembre 2024, l’économie camerounaise a poursuivi sa progression, notamment grâce à la bonne tenue des secteurs primaire et tertiaire. Le secteur primaire a enregistré une croissance de 1,3 % sur le trimestre, selon les données corrigées des variations saisonnières. Cette performance est principalement due à la sylviculture et l’exploitation forestière (+1,7 %) et à la hausse des exportations agricoles (+1,0 %), en particulier grâce à la flambée des prix du cacao.

 En revanche, l’agriculture vivrière (+0,2 %) et les activités d’élevage, chasse et pêche (+0,3 %) ont connu une croissance plus modeste. Sur un an, le secteur affiche une progression de 3,0 %, marquant une reprise après un ralentissement observé précédemment. L’agriculture d’exportation reste le principal moteur de cette hausse, avec une croissance annuelle de 9,5 %. En comparaison, l’agriculture vivrière progresse de 3,0 %, l’élevage, chasse et pêche de 3,4 %, tandis que la filière bois recule légèrement de 0,6 % sur l’ensemble de l’année. Au quatrième trimestre 2024, le secteur tertiaire confirme sa place de locomotive de l’économie nationale, avec une croissance soutenue de 3,6 %.

Cette performance est portée par la vitalité de plusieurs branches clés. En tête, les services d’information et de communication enregistrent une hausse de 5,5 %, suivis de près par les services financiers (+5,1 %) et ceux de l’hébergement et de la restauration (+5,0 %). Les services non marchands de l’administration publique, quant à eux, affichent une progression de 3,8 %. Des chiffres qui traduisent la robustesse du secteur tertiaire dans un contexte économique en mutation. Par rapport à la même période en 2023, la croissance du tertiaire atteint 4,4 %, avec une dynamique soutenue dans les services numériques, les finances et le secteur public.

En revanche, les services de transport et la restauration connaissent un léger ralentissement. Sur l’ensemble de l’année 2024, le secteur tertiaire progresse de 4,5 %, confirmant sa place centrale dans l’économie nationale. Contrairement aux deux autres secteurs, le secteur secondaire a connu un recul de 0,7 % sur le trimestre. Ce ralentissement est principalement dû à la mauvaise performance des industries extractives, en baisse de 8,8 %, et à la stagnation des industries agroalimentaires. Les autres industries manufacturières ont également reculé légèrement (-0,8 %).

Cependant, certaines branches restent dynamiques, comme les bâtiments et travaux publics (+5,7 %) et la production d’électricité (+2,3 %). Sur un an, le secteur secondaire enregistre une légère croissance de 1,2 %, affaiblie par une chute marquée de 8,5 % des industries extractives. Toutes les autres branches affichent des résultats positifs, notamment les industries agroalimentaires (+2,5 %), les industries du bois, les BTP (+6,9 %) et la production d’eau et d’assainissement (+1,0 %).

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