lundi, juin 1, 2026
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Electricité: la Centrale hydroélectrique de Mekin mise sous-tension

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La Centrale hydroélectrique de mekin mise sous-tension

Il faudra désormais compter sur la Centrale hydroélectrique de Mekin pour résorber le déficit énergétique au Cameroun. Le 24 mai dernier, le ministre de l’Eau et de l’Energie (Minee), Gaston Eloundou Essomba, a procédé à la mise sous tension de cette infrastructure. C’est donc de l’énergie supplémentaire qui alimente en mode iloté les villes de Meyomessala et une partie de Sangmélima. «Cette mise sous tension vient renforcer la sécurité de l’approvisionnement et la qualité de l’énergie électrique dans les villes et localités avoisinantes de ladite centrale», a souligné le Minee avant de demander que les problèmes à la gestion environnementale et sociale du projet Mekin soient « rapidement résolus pour éviter que cette réussite au plan technique ne soit pas diluée avec les plaintes des populations notamment sur les questions inhérentes au recasement, aux ennoyées, à la révision de l’étude d’impact en intégrant tous les sites sinistrés ». Par ailleurs, l’entreprise Hydromekin a été invitée à « accélérer les travaux de l’étude d’intégration au Réseau Interconnecté Sud (RIS), afin que l’énergie produite soit rapidement injectée en mode interconnexion et distribuée », au-delà des villes sus évoquées dont la demande reste faible par rapport à la capacité de production de l’usine de Mekin (15 Mégawatts). Le barrage hydroélectrique de Mekin est réalisé sous forme d’un contrat de construction clé en main (EPC), par l’entreprise China National Electric Engineering Corporation (Cneec) sur un financement chinois de 25,7 milliards de francs CFA en faveur de l’Etat camerounais. Cette infrastructure qui est construite avec une usine de pied d’une puissance de 15 mégawatts (soit trois groupes de 5 MW chacun) et d’une ligne d’évacuation d’énergie de 110 kilovolts (KV) sur 33 kilomètres (Km). En ce qui concerne l’usine de pied, le gros œuvre est réalisé à 100 %. Tous les équipements mécaniques sont installés (vannes de fond, vannes de sécurité, portiques et palans pour système de maintenance et manutention). De même que les divers systèmes de suivi des paramètres électriques d’exploitation. Ce n’est pas tout. Le déversoir central est terminé à la cote 612 m ainsi que la passerelle au-dessus, matérialisant le passage rive gauche – rive droite à la cote 615 m ; la liaison entre les deux rives côté digue principale – digue secondaire est terminée ainsi que d’autres voies internes d’accès dans la centrale ; la ligne de transport est terminée et a déjà fait l’objet de tests en charge.

Conjoncture: ces filières qui ont freiné la croissance en 2018

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Ces filières qui ont freiné la croissance en 2018.

Même si l’on peut se réjouir de ce que l’activité économique a globalement connu une amélioration au quatrième trimestre 2018, avec une croissance du Produit Intérieur Brut (PIB) de 4,5 % par rapport à la même période en 2017. On aurait pu enregistrer un résultat bien plus intéressant si le secteur primaire n’avait pas affiché un ralentissement. En effet, selon les comptes nationaux trimestriels récemment publiés par l’Institut National de la Statistique (INS), il ressort que la croissance du secteur primaire a connu une chute, en passant de 4,1 % en 2017 à 2,8 % en 2018. Cette situation résulte, explique-t-on du côté de l’INS, « de la morosité affichée par certains produits agricoles d’exportation tels que la banane, le café et le caoutchouc ». Bien plus, le document de l’Institution en charge de la gestion des statistiques précise que « cette tendance a aussi caractérisé les activités dans l’agriculture vivrière, en liaison avec les effets de la crise dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest ».

Banane : une baisse de production étalée sur l’année 2018

Les données publiées par l’INS ne sont guère surprenantes. Elles viennent juste confirmer une tendance baissière observée sur les exportations de la banane depuis le début de l’année 2018. L’Association Bananière du Cameroun (Assobacam) en avait donné les signes dès janvier 2018, en annonçant que « les exportations de la banane avait connu une baisse de 19 461 tonnes, en se situant à 59 149 tonnes, comparativement au 78 610 tonnes exportées sur la même période en 2017 ». La raison avancée étant la crise anglophone qui sévit dans la région du Sud-Ouest, et qui sape le niveau de production de la Cameroon Development Corporation (CDC), deuxième plus grand exportateur du pays après les Plantations du Haut Penja (PHP). Cette tendance à la baisse s’est d’ailleurs poursuivie au troisième trimestre 2018. L’Assobacam a une fois de plus sonné l’alerte en indiquant que « le Cameroun avait exporté 42889 tonnes contre 56378 à la même période en 2017 ». Ainsi, alors que la PHP affichait de bonnes performances, la CDC elle, s’est distinguée par un volume d’exportation nul au mois de septembre 2018, ce qui ne lui a permis d’exporter que 5534 tonnes de bananes. A cause de l’arrêt d’activité observé sur la majorité de ses sites. Et même en début d’année 2019, les exportations de la banane ne payaient pas de mine. De janvier à mars par exemple, le volume était compris entre 19000 et 21000 tonnes. Alors que des spécialistes y voyaient une légère amélioration, la barre des exportations de la banane s’est de nouveau enfoncée pour se situer à 13 381 tonnes. Toujours du fait de la persistance de la crise dite anglophone dans la région du Sud-Ouest qui empêche à toute l’économie camerounaise de savourer les délices de ce produit en termes de recettes d’exportation.

Chute des recettes d’exportation du café

En ce qui concerne le café et le caoutchouc, deux autres produits d’exportation du Cameroun, les tendances ne sont pas des plus flatteuses. En effet, dès fin juin 2018, l’INS faisait savoir que si les recettes d’exportation du Cameroun avaient pris un sérieux coup, c’était aussi lié à la faible performance observée au niveau de la filière cacao-café. La structure gérée par Joseph Tedou soulignait que « les recettes d’exportation des fèves de cacao au Cameroun ont chuté de 13,4 %, tandis que celles du café s’amenuisaient de 30,1 % ». A l’analyse, les exportations du café, notamment sa composante arabica, connaissent une évolution en dents de scie depuis la campagne 2004-2005. Le Cameroun au cours de cette période enregistrait un volume d’exportation de 6000 tonnes. Mais depuis lors, l’on enregistre une régression à tel point qu’au cours de la campagne 2015-2016, les chiffres affichaient moins de 2000 tonnes, selon les données de l’Office National du Cacao et Café (Oncc).

Caoutchouc : les exportations en baisse de 24 %

Les données officielles disponibles indiquent que le déficit de la balance commerciale du Cameroun au 1er semestre 2018 est consécutif à la baisse des ventes de certains produits tels que le caoutchouc. L’INS soulignait à cet effet que la commercialisation de caoutchouc brut a connu un repli de -33,1 %. A côté des autres produits tels que les huiles brutes de pétrole -33,8 %, le cacao brut en fèves -13,3 %. Au terme de l’année 2018, les exportations du caoutchouc brut affichait une baisse de 24 %, selon les statistiques révélées par le Comité Technique National de la balance des paiements. Tout ceci, révèlent les analystes, est le résultat de la cessation des activités dans les plantations de la CDC qui exploite des milliers d’hectares d’hévéa, la matière première du caoutchouc.

Par Junior Matock (Défis Actuels)

Martial Ze Belinga: « la fin du CFA est un passage obligé vers une émancipation plus générale »

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« La fin du CFA est un passage obligé vers une émancipation plus générale »

Une polémique a récemment éclaté au sujet d’une «dévaluation» du franc CFA, à la suite d’une opération effectuée par une banque française, BNP Paribas. Ce fait a ameuté l’opinion à travers l’Afrique et le Cameroun. Quels commentaires pouvez-vous faire de cette situation ?

D’une part les surréactions et extrapolations de rumeurs sont un peu dans l’ADN des réseaux sociaux ouverts où les interactions impliquent une quantité d’acteurs et de diffuseurs de nature et de compétence très variable. La volatilité des marchés financiers nourrit aussi paniques boursières, bulles immobilières, anticipations excessives sur les prix des actifs dont les devises font partie. La rencontre entre la finance instable et les réseaux sociaux est donc fatalement marquée par les flux informationnels plus ou moins avérés qui concourent à la vie très inégalitaire des marchés. D’autre part, concernant spécifiquement le franc CFA et sa parité à l’euro, il est évident que cette « monnaie » n’est pas crédible dans son ensemble institutionnel et dans son taux de change, et le précédent de la dévaluation de 1994 imposée de l’extérieur de façon arbitraire et quasi coloniale entretient les incertitudes les plus profondes. De plus, l’état des réserves de change de la Communauté Economique et Monétaire des Etats de l’Afrique Centrale (Cemac) a été frappé de plein fouet par la chute des cours du pétrole depuis 2014, ce qui explique les pressions à la dévaluation et aux ajustements internes (salaires, dépenses publiques) exercées par le Fonds Monétaire International (FMI). Ce contexte macroéconomique déprimé peut transformer un fait divers en affaire nationale car les mêmes causes produisant les mêmes effets, tant que le niveau des réserves ne sera pas substantiellement relevé selon les normes des institutions CFA encore en cours, la dévaluation sera une option sérieuse. Mais chacun sait que le franc CFA est davantage un actif géostratégique qu’un prix économique pur, ce qui explique qu’il ait gardé sa parité pendant 40 ans alors que la situation économique locale, régionale, continentale, mondiale changeait radicalement. A terme, la solution tiendra à une endogénéisation des monnaies africaines et à leurs processus de légitimation, seuls arguments susceptibles d’instaurer une confiance durable et toujours critique des peuples et experts vis-à-vis d’institutions monétaires qu’ils auraient choisies en connaissance de cause.

La décision de dévaluer une monnaie peut-elle être prise par une banque ?

A l’évidence non, pas une banque privée de surcroît, même si en générale certaines grandes banques sont consultées et éventuellement associées plus ou moins directement à ce genre de décision. La décision de dévaluation de 1994 avait été prise par le FMI et la France qui l’ont imposée aux chefs d’Etats africains, comme en ont témoigné plusieurs anciens chefs d’Etat. Formellement, aujourd’hui, ce sont les Comités de Politique Monétaire des banques centrales qui définissent la politique monétaire et de change. Formellement aussi, et c’est là un des énormes points aberrants du CFA, les parlements des Etats africains sont constitutionnellement compétents en matière monétaire. Pourtant, sauf erreur de ma part, qu’il s’agisse des oppositions comme des partis au pouvoir, ils ont été peu actifs dans le contrôle ou l’approbation des différentes décisions en relation avec le franc CFA. Enfin, depuis que le franc CFA est arrimé à l’euro, aucune décision ne peut être prise, qui touche aux aspects substantiels comme la parité, la nature du taux de change, etc, sans que l’Union européenne ne donne son accord. Ceci permet de souligner une caractéristique non plus coloniale mais hyper-coloniale du CFA, il a comme tuteur historique (le terme de garant est impropre) la France et depuis 1998 il a un deuxième tuteur, l’Union européenne et l’ensemble des pays utilisant l’euro. Pourtant, il n’existe aucun accord institutionnel entre les banques centrales africaines (Beac, Bceao) et la BCE ! Un ministre des finances qui aurait des difficultés et qui voudrait utiliser davantage de devises pour faire face aux besoins de l’Etat devrait en théorie obtenir l’accord de la France puis celui des trois institutions européennes concernées depuis la décision de novembre 1998, le Conseil européen, la Commission européenne et la Banque Centrale Européenne. Une situation ubuesque.

En tant que spécialiste du franc CFA, les pays membres de la Zone Franc en général et le Cameroun en particulier devraient-ils craindre une dévaluation inattendue de cette monnaie ?

Tant que les pays africains n’opteront pas pour des monnaies panafricaines, c’est-à-dire souveraines et solidaires (pools africains de réserves par exemple), ils pourront toujours craindre que l’arbitraire des intérêts étrangers génère des chocs exogènes déstabilisateurs, y compris des décisions portant sur le taux de change. Par conséquent, l’essentiel réside dans la décision de passer à une nouvelle génération de politiques économiques et monétaires. Concrètement, cela signifie que le franc CFA monnaie historiquement coloniale, dans les processus décisionnels comme dans sa nature institutionnelle et intrinsèque, n’est pas approprié aux politiques africaines qui auraient le bien-être des Africains comme priorité. Je dois préciser qu’un taux change éternel et éternellement fixe pourrait aussi figer les économies dans le rôle de pourvoyeur de matières premières aux économies industrialisés sans transformation de leurs structures. En observant les stratégies menées par les pays qui, après le Japon, ont fait le plus de progrès économiques structurels dans le dernier demisiècle, Chine, Corée, Brésil, Taïwan,… la gestion active du taux de change a souvent impliqué des dépréciations ou appréciations selon les cycles conjoncturels et selon les avantages comparatifs des entreprises locales (exportations). Il est étonnant qu’une telle expérience si probante soit refusée aux Etats africains qui se labellisent « émergents » en pratiquant les politiques monétaires exactement opposées à celles menées par les pays salués pour leur impressionnant parcours vers « l’émergence économique ».

Les pays de la zone France devraient-ils in fine, envisager une sortie définitive de cette monnaie que certains qualifient d’avilissante pour les économies des Etats concernés ?

Il va sans dire que l’éternisation du franc CFA met les économies et les sociétés en situation de schizophrénie collective. Un instrument construit pour le pacte colonial, aidant à transférer les ressources africaines vers la France, puis vers l’Europe, ne peut pas servir les besoins des populations locales demandeuses d’une économie locale forte, diversifiée, sophistiquée, répondant à un accroissement démographique important. Les potentialités exceptionnelles de millions d’Africains de mieux en mieux formés et innovant au quotidien (plateformes numériques, solutions de transferts de fond, médecine, drones, artisanats productifs, …), jouissant par ailleurs d’un patrimoine millénaire de savoirs traditionnels exigent des politiques monétaires construites non pas pour préserver un taux de change favorables à l’extérieur (stockage des réserves prioritaire), mais pour alimenter les économies en crédit bon marché, économiquement et socialement efficient. On peut être surpris de la fierté affichée dans la proclamation des indépendances, de la souveraineté, et simultanément de l’abandon du contrôle monétaire à l’ancienne puissance coloniale et à l’Union européenne. Alors que tous les pays ayant appartenu à la zone franc en sont sortis automatiquement à leur accession à l’indépendance ou quelques années après, seuls les pays négro-africains observent l’anachronique exception du maintien de cet outil hors de son temps. L’Algérie, le Maroc, la Tunisie, le Vietnam, le Liban, la Syrie, ont appartenu à la zone franc bien que n’ayant pas tous utilisés le franc CFA. La Mauritanie et Madagascar en sont sortis dans les années 1972 et ne le regrettent pas suivant les dires de leurs autorités monétaires. Ce qui paraissait une banalité pour tous, l’accès à la souveraineté monétaire en même temps que la proclamation de l’indépendance, est devenu le sujet de ratiocinations interminables comme si on se demandait s’il fallait laisser un enfant se mettre à marcher de lui même, ou s’il fallait surtout se poser la question de savoir quand un jour peut-être on se poserait la question de le laisser marcher plus tard. 70 ans après les indépendances… Remarquons enfin que pour les pays d’Afrique centrale anciennement colonies ou sous tutelle française, les « accords » économiques et monétaires signés en 1960 lors des indépendances reconnaissaient aux pays africains utilisant le franc CFA le droit de battre leur propre monnaie et d’avoir leurs propres banques centrales. Depuis 1998, avec la double tutelle de l’Union européenne et de la France, cet acquis des années des indépendances est littéralement enterré. Ce n’est pas exagéré de parler, plus que de la « répression monétaire » de Tchundjang Pouémi, de la « régression monétaire » EuroCFA. Quelles pourraient être à votre avis les voies de sortie pour permettre aux Etats membres de la zone Franc, de ne plus vivre avec la peur récurrente de la dévaluation de cette monnaie ?

Les principes qui devraient guider un changement de paradigme monétaire ne sont pas la peur de la dévaluation, car somme toute, même une monnaie bien gérée pourrait être ponctuellement ou stratégiquement dépréciée, dans l’optique de générer des avantages compétitifs et économiques ou d’ajuster le taux de change à une valeur correspondant à l’économie domestique. Je me limiterais à proposer quelques principes généraux qui me semblent devoir présider à l’élaboration des nouvelles générations de monnaies. J’utilise volontiers l’acronyme PTAH pour synthétiser quelques qualités souhaitables pour les espaces monétaires africains, PTAH qui se trouve être la translittération du nom du démiurge africain pharaonique PTAH, dieu des artisans, des artistes, architectes, créateur adoré de l’ancienne Memphis. Il renvoie à la nécessité d’un effort créatif dans l’intelligence et l’architecture des politiques publiques devant générer des monnaies : -Panafricaines, c’est-à-dire souveraines et solidaires. En effet différentes études montrent qu’une meilleure utilisation collective (panafricaine, bilatérale, multilatérale, régionale ou globale) des réserves pourrait permettre de financer des programmes d’infrastructures sans besoin de soutien extérieur. On observe aussi que très peu de pays africains peuvent faire face, sans coûts humains et sociaux exorbitants aux violents chocs sur les cours des matières premières. Une mutualisation même partielle permettrait de réduire ce risque et de lisser la trajectoire des investissements publics et privés. -Transformationnelles, c’est-à-dire que les critères actuels dits de convergence macroéconomique s’ils ne sont pas toujours nécessaires et vertueux (surévaluation de la cible inflationniste, règles statiques sur les déficits publics, …), sont sans effet sur la transformation structurelle des économies qui ont peu évolué depuis les années 1970, au regard du critère de la progression de la valeur ajoutée industrielle. La part des activités industrielles dans la richesse nationale des pays africains subsahariens, hors secteurs de rentes dominés par les firmes multinationales, est restée stagnante en près de 40 ans. Les prochains arrangements monétaires devraient prioriser le financement des investissements productifs locaux, le drainage d’une épargne locale vers les industries utiles, à forte employabilité et vers les services à valeur ajoutée. Ceci impliquera une articulation entre sphères monétaire, productive et formation. En effet pour devenir l’usine du monde la Chine est devenue aussi le plus grand formateur toutes sciences confondues, ce qui a rendu les financements bancaires efficients, du fait de compétences aptes à transformer les prêts bancaires en activités pérennes. – Alternatives, en ce sens que les prochains arrangements monétaires devraient intégrer des secteurs délaissés par l’économie coloniale et ses suites néocoloniales et néolibérales. Qu’il s’agisse des techniques anciennes de finance rotative (tontines, …), des métiers dits informels (artisanats, inventions locales, …) ou des nouvelles pratiques monétaires (monnaies locales, cryptomonnaies, systèmes d’échanges locaux de biens et de services, …), les systèmes monétaires à venir devraient être inclusifs et ouverts aux innovations sociofinancières bénéficiant aux populations. – Holistiques, en ce sens que la monnaie devrait intégrer les valeurs sociétales, les prescriptions culturelles, les défis environnementaux, les aspirations émancipatrices des peuples, en évitant de se refermer sur les intérêts oligarchiques de la finance locale ou globale. Il n’est pas ardu d’imaginer les effets psychologiques que des coupures de monnaies à l’effigie des Nkrumah, Um Nyobe, Lumumba, Sankara, Cheikh Anta Diop, Tchundjang Pouemi entre autres, produiraient sur l’adhésion populaire. L’exigence démocratique, participative et de transparence institutionnelle d’un tel paradigme monétaire serait nécessairement d’une qualité et d’une hauteur qu’une monnaie exogène ne pourrait approcher. Enfin le processus de changement de paradigme doit apprendre des expériences du passé, produire une pédagogie du changement et travailler à véhiculer les valeurs de co-prospérité, d’ubuntu, de probité, qui convaincront les plus réticents. La fin du CFA n’est pas un objectif en soi, mais un passage obligé vers une émancipation plus générale. Il n’y a pas de prospérité sans émancipation, il faut se souvenir que les Etats-Unis sont une ancienne colonie britannique qui s’est libérée de l’emprise de la couronne anglaise. Aujourd’hui ces deux pays y gagnent, ils entretiennent des relations culturelles, économiques et politiques intenses. Il y a donc à faire l’économie d’une vaine conflictualité car une Afrique prospère bénéficiera aux Africains, limitera les migrations anomiques et les incitations de la jeunesse à embrasser des desseins d’une violence aveugle et instrumentalisée, elle bénéficiera également au monde entier, y compris aux anciennes puissances coloniales, par la promesse d’enrichissement global qu’elle renferme.

Interview réalisée par Junior Matock (Défis Actuels)

Communautés urbaines : Voici les nouveaux secrétaires généraux

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Ce sont en tout 14 secrétaires généraux qui ont été nommés vendredi soir. Soit un mouvement touchant l’ensemble des Communautés urbaines du territoire national. Certains changent de poste, d’autres arrivent pour la première fois à ce poste.

Communauté urbaine de Bafoussam : Goumpo Wuego Christelle Gaëlle
Communauté urbaine de Garoua : Emmanuel Norode
Communauté urbaine de Nkongsamba : Martin Guy Eva Mimbe
Communauté urbaine d’Edéa : Oscar-Théophile Ndoumi
Communauté urbaine de Bamenda : Cletus Asongwe Anuafor
Communauté urbaine de Douala : Liberté Georges Wangué
Communauté urbaine de Yaoundé : Herman Bertrand Assiga Ebana
Communauté urbaine de Bertoua : Dominique Sabolo Meyama
Communauté urbaine de Maroua : Ahmadou Abdel Aziz
Communauté urbaine d’Ebolowa : Jacob Medjo Assako
Communauté urbaine de Ngaoundéré : Mamouda Ibrahim
Communauté urbaine de Limbe : Samuel Nokpa Nokuri
Communauté urbaine de Kribi : Carine Roche Edi Diengu, épouse Mebougue
Communauté urbaine de Kumba : Charles Nkogho Arrey

Décentralisation : Paul Biya persiste dans son option « contestée »

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Premier acte fort. Dans le secteur universitaire

Dans une série de 15 arrêtés rendus publics ce vendredi 24 mai 2019 au cours du journal parlé de 17h de la radio nationale, le président de la République a nommé de nouveaux secrétaires généraux à la tête des administrations des Communautés urbaines du Cameroun. Entre mutations et mises à la retraite, le Chef de l’Etat a remanié à la tête de (presque) toutes les Communautés urbaines du Cameroun. Des mouvements qui surviennent au moment où nombre de secrétaires généraux de ces instances avaient atteint l’âge limite de la retraite.

Alors que Paul Biya résout un problème, il en crée un autre. En effet, le président de la République qui a signé un nouveau pacte avec le peuple camerounais au lendemain de sa réélection en octobre dernier, avait dans son discours d’investiture, redit son engagement à accélérer le processus de décentralisation. Répondant aux séparatistes qui ont pris des armes pour exiger la partition du Cameroun en les deux entités d’avant 1972, le nouveau président avait alors déclaré : « je me suis attentivement penché sur les frustrations et les aspirations de la grande majorité de nos compatriotes du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Un bon nombre de réponses à ces préoccupations et à ces aspirations sera apporté dans le cadre de l’accélération du processus de décentralisation en cours. Dans les meilleurs délais possibles, des mesures seront prises pour élargir le champ de compétences des collectivités territoriales afin de leur donner les moyens d’une plus grande autonomie. Quant à la promotion du bilinguisme et du multiculturalisme, elle continuera à être mise en œuvre par la commission qui y est dédiée ».

Promesses

Et même si l’homme est resté va-t-en-guerre dans son discours de fin d’année 2018, Paul Biya a depuis quelques temps engagé la voie de l’apaisement. Du moins le discours que tiennent ses émissaires sur le terrain milite pour le dialogue. Et Dion Ngute, le nouveau Premier ministre, a clairement admis lors de sa tournée dans les deux régions en crise, que « la conférence que vous avez demandée aura lieu ». mieux, que « le sujet sur la forme de l’Etat peut être abordé, mais pas la sécession ». Promettant l’accélération du processus de décentralisation qui semble s’être grippé dès son lancement en 2010. A cet effet, même les Régions seront mises sur pied cette année, a promis Paul Biya.

Sauf qu’au moment où le débat est en cours sur l’avenir des délégués du gouvernement et des Communautés urbaines dont les pouvoirs étendus sont à l’origine des frustrations des élus locaux, Paul Biya avance avec le renouvellement de leurs secrétaires généraux. Rien ne devrait changer avant bien longtemps.

Centre de formation des Douanes: la lenteur des travaux inquiète Louis Paul Motaze

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La lenteur des travaux inquiète Louis Paul Motaze

«Je m’inquiète des retards qui commencent à s’accumuler. Nous n’avons pas beaucoup de temps. Des solutions définitives doivent être trouvées sans délais ». Sur un ton ferme, le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, exprimait sa préoccupation face au retard   observé sur le chantier de construction du Centre de formation des Douanes, sis à   Nomayos, banlieue de Yaoundé. « Ce n’est pas maintenant que vous   vous rendez compte qu’il y a un   problème d’eau, qu’il y a trop de rochers, il fallait le faire avant. Il est important que toutes ces   entraves soient levées, que l’évaluation des travaux restant soient faite, notamment les travaux qui ne sont pas couverts par les financements de la Banque Mondiale », a-t-il martelé. Et de poursuivre « il y a deux problèmes essentiels à savoir celui de l’identification des ressources qui devrait permettre de terminer ce travail, notamment la deuxième   phase parce qu’il s’agit d’une convention signée avec la Banque Mondiale. Sur ce plan, les ressources existent, mais il faut en trouver d’autres. Je pense que pour qu’on puisse repartir vers la   Banque Mondiale, il faut pouvoir  leur montrer ce qui a été fait   jusqu’ici avec les premiers   financements que nous avons   reçus ». Le Minfi a néanmoins affirmé que «   je suis heureux d’apprendre que   nous sommes à 92 % de la première   phase. Sachant qu’il y a deux autres   phases, ça veut dire que si je dois   les intégrer, nous devons être à   moins de 45 % ». Il convient de souligner que la fin   des travaux de ce centre est prévue   pour le 2ème semestre 2019. Et selon la mission de contrôle Ecta BTP et les techniciens de l’entreprise   Gemat Sarl en charge de la   réalisation des travaux, l’on est   rendu à la phase de finitions. Pour   l’heure, l’étape relative à la peinture, pose des portes, appareils   sanitaires, construction des   paillasses est en cours.

Rôle

Il y a lieu de noter que le   Centre d’Instruction Douanière   est une structure organique   créée par le décret présidentiel N°2013/066 du 28 février   2013, portant organisation du   ministère des Finances. Il est   notamment chargé de l’élaboration et de la mise en oeuvre du plan de formation du   personnel de la direction générale des Douanes. Il est également chargé de l’élaboration des programmes d’enseignement technique en matière douanière, en liaison   avec les écoles de formation. Par ailleurs, ce Centre veille à l’encadrement du personnel   stagiaire de la Douane et de l’établissement des accords de coopération avec les   institutions de formation.

Junior Matock (Défis Actuels)    

Coopération: 17 milliards pour améliorer l’efficacité des dépenses publiques

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17 milliards pour améliorer l’efficacité des dépenses publiques

S’il est un point sur lequel le Cameroun œuvre ces dernières années pour  améliorer la gestion de ses finances publiques, c’est bel et bien celui de l’efficacité des dépenses publiques. C’est-à-dire dépenser à concurrence de ce que l’on dispose, de manière à avoir un meilleur impact sur la vie des populations. Dans cette dynamique, le Cameroun se fait accompagner par ses   partenaires au développement, à l’instar de la Banque Mondiale. Un accord de crédit a donc été signé le 17 mai dernier à Yaoundé, entre le ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire(Minepat), Alamine Ousmane Mey et la directrice des opérations de la Banque Mondiale (BM), Elisabeth Huybens. D’un montant total de 26,5 millions d’euros, soit 17,38 milliards de francs CFA, ce crédit concessionnel obtenu auprès du guichet   IDA de la BM, est destiné au financement du Projet d’Amélioration de l’Efficacité   de la Dépense Publique et du Système Statistique (Peps). Selon Alamine Ousmane Mey, ce crédit va permettre la mise en oeuvre du Plan de modernisation des finances publiques, faciliter l’opérationnalisation de l’ensemble des lois récemment votées et renforcer le système statistique national. Concrètement, il est question de poursuivre la consolidation de la réforme des budgets-programmes à travers : l’amélioration de la transparence budgétaire, par la mise en oeuvre de la plateforme boost ; le renforcement de la budgétisation des programmes en vue de l’arrimage d’une part aux directives Cemac, et d’autre part, à la loi du 11 juillet portant régime financier de l’Etat et des autres entités publiques ; l’appui au déploiement du système de gestion intégrée de la solde et des ressources humaines; ainsi qu’ à l’élaboration de la stratégie d’opérationnalisation de la loi sur les entreprises publiques et établissements   publics. Il sera également question d’amélioration la qualité du budget d’investissement   public, à la mise en place d’un fonds de maturation des projets, la mise en place d’une application informatique de géolocalisation des projets, d’un observatoire des investissements   publics après leur exécution, l’élaboration d’outils de sélection des projets à inscrire au Budget d’Investissement Public (BIP).   Dans le domaine des marchés, il est envisagé de faire passer les délais de passation des marchés en deçà de 100 jours, à travers le renforcement des capacités des acteurs de la chaîne de passation   des marchés publics, etc.   Pour Elysabeth Huybens, les ressources mises à la disposition du Cameroun, permettront entre autres au financement du 4ème Recensement de la population et de l’habitat, et le Recensement   général de l’agriculture et de l’élevage.

Junior Matock ( Défis Actuels)

Management: Louis Paul motaze veut « ressusciter » le cenadi

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Obligations du trésor : déjà 100 milliards mobilisés

C’est plus d’un quart de siècle sans tenue du Conseil de direction que le ministre des Finances (Minfi), Louis Paul Motaze a rattrapé le 13 mai dernier pour le compte du Centre National de Développement de  l’Informatique(Cenadi). Cette période d’hibernation entamée depuis 1993, année au cours de laquelle le Cenadi a été rattachée au Minfi, a donné lieu à des dysfonctionnements dont les répercussions ont été  perçues récemment à  travers la menace de non payement des salaires des agents de l’Etat. Pour pallier ce manquement, le Minfi a présidé la toute première session dudit Conseil de direction, dans le but de voir comment remettre le Cenadi dans l’environnement institutionnel et règlementaire qui existe et au vu des menaces constatées. Au terme de ce Conseil, des mesures ont été prises, notamment la mise sur pied d’un cadre de réflexion qui doit travailler pour présenter à la prochaine session les solutions visant à relancer cette structure. Mais bien avant la tenue de ce Conseil, des mesures avaient déjà été prises pour faciliter le payement des salaires, a souligné Louis Paul Motaze. D’ailleurs, a-t-il poursuivi, il y a plus de crainte à avoir quant à la suite, parce que de nouvelles infrastructures ont été commandées en septembre 2018 et sont arrivées au Cameroun depuis janvier 2018. En outre, des experts de IBM et CFAO (des multinationales spécialisées dans les domaines du matériel informatique, ndlr) travaillent déjà à pied d’œuvre, afin d’identifier et résoudre les problèmes récemment survenus. Il convient de souligner que la mission principale du Cenadi consiste à la mise en œuvre de la politique du gouvernement dans le domaine de l’information et de la téléinformatique, ainsi que le développement des méthodes informatiques dans tous les secteurs de la vie nationale.

Junior Matock (Défis Actuels)

Investissements: l’Etat recherche 150 milliards

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Comment l’Etat a ficelé l’émission des OTA.

C’est un secret de polichinelle, pour financer ses projets, l’Etat utilise plusieurs instruments pouvant lui permettre de mobiliser les ressources financières dont il a besoin. Et cette fois, L’Etat, à travers le ministre de Finances (Minfi), Louis Paul Motaze, a opté pour l’émission des Obligations de Trésor en direction du marché monétaire (constitué des banques, assurances et microfinances) pour rechercher 150 milliards de francs CFA. Cette opération sera fractionnée en trois phases de 50 milliards chacune, pour des durées (maturité) respectives de trois, quatre et cinq ans. La première émission a été effectuée le 22 mai dernier à un taux d’intérêt de 4 %, tandis que la deuxième de 4,75 % aura lieu une semaine après, soit le 29 mai et la dernière le 11 septembre, pour un taux d’intérêt de 5,60 %.

Cette opération a été présentée aux potentiels investisseurs lundi dernier à Yaoundé, au cours d’une cérémonie présidée par le Minfi. L’objectif visé par l’Etat à travers la mobilisation de ces ressources, consiste à donner un coup d’accélérateur aux projets d’investissement porteur de croissance. Lesquels sont contenus dans la loi de finances de l’exercice en cours. De manière détaillée, les ressources ainsi mobilisées sont reparties ainsi qu’il suit : 20 milliards pour les divers projets de la Coupe d’Afrique des Nations 2021, environ cinq milliards pour le projet d’électrification de 184 localités par système solaire photovoltaïque, huit milliards de francs CFA destinés au Fonds Routiers, 24,7 milliards pour la construction de l’autoroute Yaoundé-Nsimalen, notamment la section rase campagne.

D’autres projets sont également concernés, en l’occurrence les travaux de désenclavement du bassin agricole de l’Ouest, le projet de construction d’un aménagement hydroélectrique de 75 Mw à Bini à Warak, etc. En effet, l’émission de ces Obligations du Trésor Assimilables (OTA) n’est pas un fait ex-nihilo. Elle obéit au décret signé le 22 mars dernier par le président de la République Paul Biya, habilitant le ministre des Finances à « recourir, au nom du gouvernement, à des émissions de titres publics, notamment des Obligations du Trésor, pour un montant maximum de 260 milliards de francs CFA ».

Pourquoi L’Etat recours aux OTA

Selon les spécialistes, le fait pour l’Etat d’utiliser les OTA et non les emprunts obligataires, repose entre autres, « sur un besoin de recentrage sur le marché traditionnel qui dispose très souvent des ressources oisives ». En plus de ce que « le mécanisme est rapide et simple » ; c’est-à-dire qu’une opération peut se faire en une semaine, ce qui permet à l’Etat de faire face rapidement et efficacement à certaines contraintes, expliquent ces spécialistes. Le risque encouru pouvant cependant être, de ne pas avoir le montant sollicité. Une hypothèse que les experts présents à la cérémonie du 13 mai dernier ont balayé du revers de la main, arguant que la crédibilité de la signature du Cameroun et les succès enregistrés précédemment militent pour la réussite de cette opération. Pour les investisseurs, cette opération est plutôt une aubaine à double titre. Le remboursement, contrairement aux emprunts obligataires, se fait à maturité, c’est-à-dire à la date prévue lors de l’émission, l’option de différé étant exclue. Par ailleurs, pour ceux dont les factures sont en instances dans le Trésor public, il est prévu qu’une partie de ces ressources serve au payement desdites factures.

Qui peut souscrire ?

Dans le cadre de cette opération, l’Etat a recouru aux Spécialistes en Valeurs de Trésor, à savoir principalement les banques. Ceux-ci sont donc chargés en retour, explique-t-on au Minfi, à prospecter auprès de leurs clients et autres agents économiques, afin que ceux-ci puissent souscrire à cette opération. Ce d’autant plus que les SVT ont l’obligation de céder 30 % aux catégories suscitées.

Junior Matock ( Défis Actuels)

Mondial 2019 : Alain Djeumfa sacrifie trois joueuses pour Enganamouit

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La décision aura été difficile à prendre

Les pronostics n’ont pas menti. Alain Djeumfa a retenu Gaëlle Enganamouit dans la liste des joueuses qui défendront les couleurs du Cameroun à la Coupe du monde de football féminin France 2019. L’attaquante est la seule joueuse du groupe à ne jouer dans aucun club. En plus, le ballon d’or africain 2015 n’a rejoint le groupe que mercredi, sortant de maladie. La pré-sélection de l’ex joueuse d’Avaldsnes en Norvège avait déjà fait couler beaucoup d’encre et de salive. La presse soupçonnait déjà le successeur de Joseph Ndoko de céder au sentimentalisme. Celui qui était déjà entraîneur adjoint en charge de la préparation physique lorsque Gaëlle Enganamouit explosait aux yeux du monde à Canada 2015, était accusé d’être à la solde de Samuel Eto’o, devenu le parrain du nouveau chouchou de la sélection nationale. « Gaëlle a eu un petit passage à vide on le sait et son aventure en Espagne n’a pas été de longue durée. Mais il faut savoir que nous étions en communication avec elle en avril », se défendait-il, il y a quelques semaines. Mieux, « Gaëlle Enganamouit est l’une des meilleures joueuses d’Afrique. C’est l’un de nos meilleurs atouts à l’équipe nationale », ajoutait-il. Et au moment où l’équipe quittait le pays pour l’Espagne il y a une semaine, et que la joueuse n’avait toujours pas rejoint la tanière des Lionnes indomptables, Alain Djeumfa assurait que sa pouliche a suivi « des soins de haute intensité dans un grand centre mondial », et aussi, qu’elle a été « suivie par de grands entraîneurs ».

Il faudra bien rugir après le repêchage

Si Alexandra Takounda semblait être la plus envisagée pour le sacrifice au bénéfice d’Enganamouit, la valeur montante a pu échapper à la guillotine. Christiana Mpeh Bissong de Louves Minproff, Jacquette Ada d’Amed Sport en Turquie et Easther Mayi Kith de Montpellier en France, n’ont pas eu la même chance. Ce sont surtout Mpeh Bissong et Ada Jacquettes qui paient le prix de ce choix du coach, attaquantes qu’elles sont, comme Enganamouit. La sociétaire de Louves Minproff se contentera d’avoir inscrit le but des Lionnes lors du match d’au revoir à Yaoundé. Mayi Kith n’a pas eu la chance que l’entraîneur fasse confiance à la jeunesse en défense. La seule des trois binationales à avoir été laissée à quai, devra attendre la sortie définitive des Manie Christine de la tanière pour espérer une place.

Parmi les joueuses retenues, il y a également Ngono Mani et Généviève Ngo Mbelleck qui ont eu une santé précaire ces dernières semaines. La première n’a pas effectué le stage de Yaoundé. La seconde y était, mais a été soumise à un protocole de moindre envergure. Mais l’expérience de ces deux anciennes pourrait être la raison de leurs sélections. Ngono Mani est la meilleure buteuse de l’équipe nationale, et Ngo Mbelleck, un des éléments clés du milieu de terrain des Lionnes indomptables jusqu’à présent. A chacune des 23, et notamment les « repêchées » de se donner à fond pour donner raison à Alain Djeumfa qui est certainement très attendu à l’heure du bilan.

Les 23 Lionnes indomptables de France 2019

Gardiennes : Annette Flore Ngo Ndom (Amazones FAP, Cameroun), Marthe Omgmahan (Awa Girls, Cameroun), Isabelle Mambingo (Sinshine Queen’s, Nigeria)

Défenseurs : Augustine Edjangue (Arna Bjornar, Norvège), Falone Meffoumetou (Guingamp, France), Yvonne Leuko (Strasbourg, France), Isis Sonkeng (Amazones FAP, Cameroun), Christine Mani (AS Lorraine, France), Aurèle Awona (Dijon, France), Estelle Laura Johnson (Sky Blue, États-Unis)

Milieux de terrain : Raïssa Feudjio (Tenerife, Espagne), Charlène Meyong (Louves Minproff, Cameroun), Geneviève Ngo Mbeleck (Amazones FAP, Cameroun), Jeannette Ngock Yango (US Saint-Malo, France), Marlyse Ngo Ndoumbouck (AS Nancy, France), Michaella-Batya Abam (Paris FC, France), Thérèse Abena (Louves Minproff)

Attaquantes : Gabrielle Aboudi Onguene (CSKA Moscou, Russie), Henriette Akaba (Amazones FAP, Cameroun), Gaëlle Enganamouit (sans club), Madeleine Ngono Mani (Ambilly FC, France), Alexandra Takounda (Éclair, Cameroun), Nchout Ajara (Valerenga, Norvège)

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