jeudi, mai 28, 2026
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Industrie: L’Usine d’Assemblage d’Engins de génie civil inaugurée

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Le MINTP marque l’approbation du projet par l’Etat

Pelleteuses, niveleuses, bulldozers ou chargeuses, le Cameroun en fabrique désormais. La première usine d’assemblage d’engins de génie civil au Cameroun et en Afrique centrale vient de voir le jour. Emmanuel Nganou Djoumessi, ministre des Travaux publics l’a officiellement inauguré samedi dernier à Kribi, en qualité de représentant personnel du chef de l’Etat. Une présence qui marque ainsi l’approbation de l’Etat envers ce projet aux grandes opportunités pour le pays. Des opportunités qu’a d’ailleurs présenté Emmanuel Nganou Djoumessi. « Des équipements du génie civil, Made in Cameroon, à des prix compétitifs, c’est un choix pertinent, le marché existe, il vous est garanti avec les communes, les régions et bons nombres d’opérateurs institutionnels ou privés, dès lors que vous concourez à la baisse des facteurs de production économique », a indiqué le ministre. Concernant justement les coûts de facteurs de production, l’Usine d’Assemblage de Kribi assure la compétitivité des prix. Elle est la forme low-cost du modèle Caterpillar qu’est SEM.  Autrement dit, « Nous proposons des prix de 20 à 30 % en déca de ceux pratiqués sur le marché mondial. A titre d’exemple, une niveleuse 140 K Caterpillar c’est 200 millions de francs CFA hors taxes, avec SEM, nous sommes à 127 millions de francs CFA avec les services que nous proposons. Soit un écart de 40 à 50 millions de francs CFA en fonction des modèles choisis. Le modèle SEM que nous proposons est facile d’utilisation contrairement à celui Caterpillar un peu plus électronique et qui requiert une plus grande expertise », indique le responsable commercial de Tractafric Equipement.

Construite et opérationnelle depuis mars 2020, l’Usine d’Assemblage de Kribi (UAK) est le fruit d’un investissement de 2 milliards de francs CFA, consenti par le groupe Tractafric Equipement, filiale du groupe Optorg. Implantée dans la zone industrialo-portuaire de Kribi sur une superficie d’à peu près trois hectares, l’UAK a depuis son ouverture en mars 2020 produit sept engins qui ont déjà été écoulés en République Centrafricaine, au Tchad et au Cameroun. De manière concrète, l’usine Tractafric de Kribi produit et entretient des machines et forme des opérateurs. « Elle dispose d’un stock de pièces détachées et un atelier de maintenance équipé capable de produire annuellement 250 machines », renseigne Tarafa Marouane, Président directeur général du groupe Optorg.  

le maire de Kribi annonce l’acquisition prochaine d’un engin par sa mairie

Des facilités d’acquisition pour les communes

Les communes et les régions sont les premières cibles de Tractafric. Profitant de la décentralisation et des nouvelles compétences octroyées à ces Collectivités territoriales décentralisées (CTD), avec notamment la construction, la réhabilitation et même l’entretien des routes relevant de leurs compétences,  l’UAK compte faire des CTD son principal marché. Elle a pour ce faire noué des partenariats avec le Fonds d’Équipement Intercommunal (Feicom) et la Société camerounaise Equipement (SCE) et même les communes, afin de leur offrir la possibilité d’acquérir ces équipements sous forme de crédit. Les Communes de Dshang et de Betare-Oya sont jusqu’ici les premières bénéficiaires du projet. A Betaré- Oya, la niveleuse acquise a permis à la commune d’entretenir 20 kilomètres de routes. Elle bénéficie de l’accompagnement de l’usine avec notamment un conducteur qui encadre l’équipe de la commune.

Au-delà des communes, les bénéficiaires de cette usine sont le secteur des BTP au Cameroun, mais également de l’exploitation forestière. Car le principal avantage que confère cette usine d’assemblage est qu’il sera désormais facile pour les acteurs de ces secteurs de disposer d’engins de génie civil et de leurs pièces de rechange à des coûts abordables et de bénéficier de l’expertise locale offerte en peu de temps. D’où la présence entre autres du ministre des Forêts et de la Faune Jules Doret Ndongo et des représentants de plusieurs autres institutions telles que le Matgenie, le Feicom, la SCE et même les mairies, à cette cérémonie d’Inauguration de l’UAK.

Canicha DJAKBA

Évènement: Promote reporté en février 2022

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Promote n’aura plus lieu en 2021. Ce sera plutôt du 19 au 27 février 2022. A trois mois de la date initialement prévue pour son organisation, la Fondation Inter-Progress repousse la tenue  du Salon international de l’entreprise, de la PME et du partenariat de Yaoundé, Promote. « Devant le constat significatif des interrogations, sollicitations, et recommandations émanant de nombreuses entreprises et institutions (…), considérant les rebonds spectaculaires de la pandémie du Covid-19 et ses variantes entraînant des contraintes, désagréments et dysfonctionnement supplémentaires fortement préjudiciables au commerce intercontinental (…) le directoire de la fondation Internationale Inter-Progress (…) informe la communauté économique nationale et internationale que la 8e édition de Promote est reportée », annonce le communiqué signé de Pierre Zumbach, président de la Fondation Inter- Progress. L’organisme mandaté par la ministère du Commerce annonce par la même occasion le report du Forum de Yaoundé, innovation majeure de la 8e édition de Promote.

« Des discussions entamées avec les entreprises et institutions  permettent d’affiner les modalités de ces reports », renseigne par ailleurs le communiqué. Le responsable de la communication d’Inter-Progress précise par ailleurs que des dispositions ont été prises afin que les entreprises qui souhaiteraient décommander rentrent dans leurs dépenses.

Canicha DJAKBA

Shanda Tonme : « les positions du Roi Sokoudjou s’apparentent à la démarche d’un chef de l’opposition politique »

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Une guéguerre opposant certains dignitaires traditionnels à certaines autorités administratives de la région de l’Ouest a obligé le Minat à faire une sortie musclée. Quel est le fond de l’affaire ?

C’est hélas un constat plus que troublant, préoccupant et même regrettable. J’aurais préféré mille fois que cette scène ne se produise point, compte tenu de la personnalité du Roi, de l’auréole qui l’entoure et du symbole, je dirai même des symboles qu’il incarne. Peut-être devrais-je déjà, vous rappeler que les Rois sont des Rois parce qu’ils sont reconnus, adulés, respectés et protégés par leur peuple. Pourtant ils sont aussi Rois aujourd’hui ou dorénavant, parce qu’ils sont autorisés et légalisés par le pouvoir d’Etat. Je tiens donc, avant de vous apporter une réponse claire, par rappeler que la chefferie n’implique pas seulement l’ouest quand on l’évoque, il en existe dans toutes les régions du Cameroun, dans toutes les cultures, dans toutes les civilisations, avec un même train de dignité, de révérence et de rapports multiformes avec des tiers institutionnels publics et privés.Je pense au Roi Bell, je pense au Roi René Désiré Effa, je pense au Sultan Mbombo Njoya, je pense au Fon Ngwafor, je pense au Rey Bouba.

Alors, s’agissant de ce que vous qualifiez de guéguerre, le Roi Sokoudjou est connu pour ses élans d’indépendance, de liberté de pensée et de liberté un peu trop avancée voire excessive par moments. Depuis un temps, il prend la parole de façon inattendue, exprimant des positions qui s’apparentent de mieux en mieux à la démarche d’un chef de l’opposition politique. C’est un trait de caractère constant, mais dans le contexte actuel, cela pose problème, surtout que le sentiment ou l’impression c’est qu’il y a là une volonté ouverte d’attaque frontale contre le Chef de l’Etat, contre les institutions, contre le gouvernement. Je crois qu’en tant que fils, et je vous l’affirme, fils proche et très proche même, puisque j’ai avec lui des contacts et des rapports très courants, je me suis senti embarrassé, effrayé il faut le dire, et au point d’avoir à le faire savoir publiquement. Ma considération et ma révérence à son égard n’en restent pas moins intacts, car consacrées, soutenues et scellées par des coutumes sacrées pour le respect desquels je demeure tenu voire très radicalement obligé.

Pour le représentant de l’Etat, placé dans la position de garant de l’ordre public, de la sécurité des personnes et des biens dans un aire de commandement précis dans lequel se situe également la chefferie, la démarche du Roi est apparue inacceptable, considérée comme une transgression de ses prérogatives, privilèges, statuts et responsabilités de dignitaire traditionnel. C’est dans ce contexte que le Préfet a estimé nécessaire, certainement sur la recommandation ou les instructions de ses supérieurs hiérarchiques, de lui adresser une correspondance dans les termes dont je m’interdis tout jugement brutal.

 En tant que membre fondateur de Laakam, quelle est la place des autorités traditionnelles vis-à-vis des autorités administratives ?

Parlons en général de la place, du rôle et du statut de la chefferie traditionnelle dans notre système de gouvernance et dans notre existentiel politico-administratif. Il y a certainement un problème résultant de la coexistence de deux socles de valeurs et de références. L’intégration voire l’implication active de la chefferie traditionnelle dans le processus de gouvernance politique, a banalisé, subordonné, amenuisé et relativisé gravement le pouvoir, le prestige et le commandement traditionnel. Je pense que ceux qui s’expriment sur cette affaire, n’ont pas tous perçu le problème dans sa substance absolue. Nous sommes en présence d’un rappel fort, de ce que le commandement traditionnel est une pure tolérance, par certains aspects, et qu’il n’existe ou ne continue d’exister, que pour autant qu’il est conforme aux exigences ou aux conditionnalités du pouvoir d’Etat. La chefferie traditionnelle est devenue un auxiliaire, un obligé et un serviteur explicite ou implicite de l’Etat dont il ne peut, ne saurait et ne devrait pas contester, défier, opposer, dénoncer ou renier l’autorité sans courir le risque d’une annihilation pure et simple, ou à défaut d’une réclusion au silence. Voilà l’analyse froide, différente des élans émotionnels et passionnels inutiles qui enchantent les esprits simples.

Ne perdez pas de vue que l’enjeu c’est au fond, l’expression ou non de la plénitude de compétence de l’Etat classique sur son territoire, ce qui en somme induit l’absence de toute autorité concurrente de quelle que nature que ce soit.

Nous avons-nous-mêmes, bradé l’autorité morale des dignitaires traditionnels au fur et à mesure, que nous avons embrassé des valeurs abjectes résultant d’une éducation et d’une formation totalement extraverties.

Quelle est la position de Laakam dans cette affaire et pourquoi votre association n’a pas fait de sortie ?

Si votre interrogation peut être légitime, je ne la trouve pas justifiée au regard de l’historique de notre pratique, de notre philosophie d’action et du rôle que cette association s’est assignée dès sa création le 23 mars 1991 à Bamougoum. Je rappelle que LAAKAM est une association régulièrement constituée selon la loi du 19 décembre 1990 qui régit les associations, avec un cahier de charges, des obligations, des devoirs et des recommandations strictement encadrés. Laakam n’est ni un parti politique, ni un instrument de politique, ni une organisation secrète, ni un outil de construction des fractures sociales et encore moins une machine de défiance du pouvoir d’Etat ou de contestation des institutions. Nous avons des valeurs, nous tenons à bâtir des liens de solidarité, à cultiver des sentiments de fraternité et d’affection entre toutes les diversités de notre pays.

Souvenez-vous, qu’à la veille de l’élection présidentielle de 2018, des faussaires et provocateurs, des incendiaires diaboliques qui souhaitent installer la haine dans notre pays, avaient construit un faux document au nom de Laakjam. Nous avions dénoncé cette supercherie. Il semble que l’histoire se répète, puisqu’à la suite de l’affaire qui nous préoccupe, des individus jouant aux mêmes jeux sataniques, ont pondu un tract injurieux et provocateur, sous le couvert de prendre la défense du Roi Sokoudjou. Le Roi n’a pas besoin de tout cela, et les Bamilékés n’ont pas besoin d’incendiaires, de provocateurs et de poseurs de bombes sociales et ethniques. Vous avez constaté que le document en question, ne correspond pas aux emblèmes, aux signes et insignes de l’Association LAAKAM, et par ailleurs qu’il n’est pas signé et ne porte pas le cachet de référence. Les auteurs se sont bien gardés de s’afficher, procédant par la lâcheté et la peur. Il faut pardonner à ces gamins dont la vie, les jouissances et les réjouissances se limitent à des épreuves de masturbation dans les réseaux sociaux.

Tant que nous avons opté pour la vérité, la justice et la paix, Laakam a toujours interpellé les pouvoirs publics franchement, ouvertement et dans les formes de respect, de protocole et de coopération acceptables, avisées et recommandées.  Enfin, il s’agit d’une association dont les emblèmes, sceaux, pratiques, couleurs et signatures sont connus, protégés et préservés. Aucune autre association ne saurait porter ce nom, en tant qu’association crée selon la même loi camerounaise. Par ailleurs, il faut savoir que ce n’est ni l’association d’un groupe d’individus, ni d’un petit clan, ni d’un village. Ce sont tous les Bamilékés et toute la communauté, en leurs diverses réunions, par celles-ci et avec celles-ci qui s’y retrouvent. La seule condition c’est de se référer strictement aux principes, à la philosophie et aux objectifs qui se basent sur la paix, la vérité, la justice et des valeurs qui rassemblent et non qui divisent notre pays. Ceux qui font la promotion d’un discours et des méthodes autres, ne sont pas dans cette logique et se marginalisent automatiquement.

C’est le lieu de vous dire que Laakam a traversé d’immenses difficultés dans ce sens, et c’est d’ailleurs ce qui s’exprime encore à travers ce tract. Ils sont très nombreux à avoir voulu faire de Laakam leur instrument de guerre, mais toujours en se cachant, en recourant à des actes et à des discours par procuration. Nous avons un bilan clair, propre et admirable dans le maintien de la paix au Cameroun. Nous avons énormément travaillé durant les années de braise pour éviter le pire. De nombreux hauts responsables du pays encore en fonction peuvent témoigner aisément. Un livre de plus huit cent pages en deux tomes est en cours de préparation pour rendre compte. Le livre est préparé à la mémoire de Robert NKamgang, son premier Président.

Concrètement, il n’y a pas de Laakam si les chefs n’existent pas, c’est-à-dire si la révérence, le respect, la force et le rôle qui est leur, qui leur est attaché et qui fondent leur statut dans les traditions Bamilékés sont bafoués, par eux-mêmes ou par leurs sujets.

Mais en tant qu’Association, il faut bien savoir qu’il ne rentre pas dans l’ordre des choses et des actions, de réagir de façon intempestive face aux situations qui se présentent. En tant qu’individu, membre de la communauté, chacun peut émettre ses opinions, mais de là à entraîner l’association, c’est proscrit. Le Roi s’est exprimé à sa manière, il a posé un acte, des actes, il a développé des positions et réaffirmé ses orientations connues ou soupçonnées. C’est sa responsabilité, et il est suffisamment avisé, pour évaluer les conséquences, les implications, les effets directs et collatéraux de cette démarche. Pour son statut, personne ne le connaît mieux que lui-même, tant à l’égard de son peuple, qu’à l’égard de l’Etat et de ses représentants.

Le Préfet, c’est l’Etat incarné, réincarné et assuré, avec un certain nombre de privilèges et de pouvoirs qui s’imposent et ne souffrent d’aucune contestation ni concurrence dans son aire de commandement. Il a non seulement usé de ceux-ci, mais a surtout mis en évidence à l’endroit du Roi, la prééminence de son commandement. A chacun d’en tirer toute conséquence et de faire toute lecture utile.

Dans notre esprit, dans la lettre, dans l’entendement fondamental, le souhait c’est la distanciation du pouvoir traditionnel vis-à-vis du pouvoir politique, mais l’expérience nous a largement prouvé l’impossibilité dorénavant, à cause du mode colonial et néocolonial de construction des rapports entre le citoyen et l’Etat dans une société précarisée. La suite dans l’actualité et pour l’avenir, c’est ce que nous avons déjà annoncé tantôt, la descente aux enfers de la dignité traditionnelle. Libre et non partisan, le Roi est Roi, mais partisan et engagé avec des missions de représentation d’un parti politique, le Roi est nu. La thèse, l’hypothèse et l’antithèse s’entendent explicitement et implicitement. En somme dès lors que le Roi se sera comporté de manière à donner ouvertement l’impression d’épouser une ligne politique, son manteau se terni automatiquement et il tombe de son piédestal. Laakam n’a pas le pouvoir ni le devoir de refaire la République, d’enseigner de la sagesse et de l’intelligence aux Rois.

Enfin, je rappelle, pour tous ceux qui prennent des libertés en parlant de l’Association Laakam, surtout aux jeunes qui n’ont aucune idée du contexte, des circonstances douloureuses, délicates et ultra sensibles dans lesquels est née cette association, que jamais elle ne servira des intérêts de la haine et de la politique par procuration. LAAKAM, sous peine de violer la loi, de se saborder et de disparaître, n’est pas et ne sera jamais un jouet aux mains d’opportunistes qui retrouvent des réflexes identitaires seulement quand ils sont dans le besoin,en mauvaise posture ou dans l’état de nécessité.

Laakam a été fondée dans, par et avec la sincérité pour aider à briser les barrières ethniques et créer plus d’espaces de compréhensions, tant entre les communautés à la base, qu’avec les pouvoirs publics en haut. Hélas comme je vous l’ai révélé, certains y voyaient, espéraient ou attendaient autre chose. Des cadres et intellectuels qui avaient été mis dans le bureau, ou qui étaient sollicités ponctuellement se débinaient, mais revenaient nous voir pour poser leurs problèmes de discrimination ou de marginalisation et demander que Laakam intervienne. Voilà, quand vous entendez des gens pondre des tracts aujourd’hui, faites attention, ils veulent noyer la communauté Bamiléké, la pousser encore dans des positions de particularisme pour en faire un bouc émissaire. Sinon comment concevez-vous que des fantômes de cette nature, déversent des menaces inutiles ? Nous conduirons nos propres enquêtes pour les identifier, mais le gouvernement devrait également s’en charger. L’hypocrisie est la pire des attitudes dans une société qui aspire à promouvoir le vivre ensemble, et ces adeptes de variation de couleur de jour et de nuit, sont d’une dangerosité extrême. Je ne pense pas que le Roi Sokoudjou soutienne ce genre d’opportunisme./.

Interview réalisée par Joseph Essama

Cemac : 80 milliards attendus des pays membres

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le président de la Commission Cemac délivrant son discours

La Communauté Economique et Monétaire des Etats de l’Afrique centrale réclame une dette de 80 milliards de francs CFA au Etats membres. Cette somme représente les arriérés de Taxe Communautaire d’Intégration (TCI). Le président de la Commission de la Cemac l’a relevé samedi 23 janvier dernier au cours des travaux préparatoires du Comité Inter- Etat de la 36e réunion des ministres de l’Economie et des Finances des Etats membres de la Sous-région. Faite par visio conférence, la rencontre a permis à Daniel Ona Ondo de rappeler au pays membres la nécessité de mettre à jour leur contribution, car a-t-il poursuivi, c’est sur la base de ces contributions que s’est conçu le budget 2021 pour la Cemac. Ainsi « le projet de budget de la Communauté, exercice 2021,a été arrêté en recettes et dépenses à la somme de 89, 224 milliards de francs CFA contre 88, 230 en 2020, en légère hausse de 1,13 %,sous l’hypothèse d’une amélioration des ressources propres et d’une mobilisation plus efficace et accrue des concours extérieurs » a-t-il indiqué. Pour le financer, la Commission attend près de 70 % des ressources budgétaires globales. Soit 63 milliards de TCI pour près de 28 milliards de francs CFA, au titre d’arriérés de TCI. « Compte tenu des incertitudes sur les perspectives d’amélioration significative du recouvrement de la TCI, le projet de budget de la Communauté consacre une contraction significative de certaines charges de fonctionnement des Institutions », a par ailleurs précisé le président de la Commission.

Les travaux suivis en Visio conférence

« Afin d’atteindre les objectifs que nous nous fixons, nous avons besoin plus que jamais d’injecter davantage de ressources, en vue du fonctionnement optimal de notre communauté. À cet égard, je vous exhorte, vous les différents plénipotentiaires de nos États, à mener un plaidoyer en vue non seulement du versement de la taxe communautaire d’intégration, mais également de la réduction du stock des impayés de cette taxe », a plaidé Charles Assamba Ongodo, président du Comité inter-États, par ailleurs directeur général de la coopération et de l’intégration régionale au ministère camerounais de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire (Minepat).

La TCI a été instituée en 2012 pour financer « le processus d’intégration régionale ». Elle est actuellement la principale source de financement du budget de la Cemac. Il s’agit d’un prélèvement de 1% sur la valeur imposable des importations de produits originaires des pays tiers. Chaque État membre est chargé de collecter cette taxe à ses frontières et la reverser à la Commission. Mais les Trésors publics nationaux ne le font pas systématiquement d’où l’accumulation d’arriérés

Pour 2021, les priorités de la Commission de la Cemac sont entre autres la relance éco17nomique avec le Plan de relance communautaire adopté par les instances du Comité de Pilotage du Programme des Réformes Économiques et Financières de la Cemac  (Copil-Pref Cemac). Ces  priorités ainsi que les reformes communautaires à entreprendre cette année seront davantage débattues au cours de la 36e réunion des ministres de l’Économie et des Finances des États membres de la Cemac qui se tiendra le 27 janvier prochain.

Canicha Djakba

Désiré Atangana Kouna: « Il faut créer un environnement culturel avec des structures de formation et de promotion »

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Les écrivains camerounais d’expression française font de plus en plus des prouesses sur le plan international. Quels commentaires  faites-vous de cette actualité ?

La littérature camerounaise a toujours rayonné à l’international. Il n’y a qu’à voir que Jean-Ikellé Matiba avait reçu le grand prix d’Afrique noire en 1963 déjà. Nul ne peut ignorer le rayonnement des classiques de cette littérature que sont Mongo Beti, Ferdinand Oyono ou Francis Bebey pour ne citer que ceux-là. Toutefois, on peut relever que de plus en plus les instances de légitimation sont portées à leur octroyer des prix. Ceci traduit le vent de démocratisation et l’attitude postcoloniale qui animent ces instances, mais surtout la qualité attestée de nos écrivains, qui ne sont plus lus uniquement à l’aune du regard exotique. Beaucoup parmi eux se sont d’ailleurs imposés à partir du champ et de l’espace de ces lieux de légitimation.

Qu’est ce qui peut expliquer que  des écrivains camerounais reçoivent  des prix chaque année et cela reste inconnu du grand public ?

Il y a nécessairement plusieurs facteurs à cet effet. Il y a le désintérêt de la presse en général et l’absence d’une presse spécialisée (à quelques exceptions près), d’une part ; il y a l’absence d’une politique de promotion des écrivains réputés, d’autre part. Savez-vous qu’avant le Goncourt des lycéens de Djaïli Amal des écrivaines camerounaises – pour les citer en premier – ont reçu des prix aussi prestigieux ? Beyala a remporté successivement le grand prix de l’Académie et le prix François Mauriac ;LéonoraMiano a remporté le Goncourt des lycéens, le grand prix d’Afrique noire, le prix Fémina. Mutt-Lon, qui vit et travaille au Cameroun (à la CRTV), a remporté, en 2014, le prix Ahmadou Kourouma. Aucun de ces textes n’est au programme des lycées par exemple.

Au niveau du Cameroun ou bien à l’université dans laquelle vous enseignez, est ce qu’il ya des mécanismes qui sont mis en place pour promouvoir la littérature ?

J’évacuerais d’abord l’université de ce débat : notre travail n’est pas celui de promotion mais de réception par la recherche sur cette littérature, et, incidemment, de diffusion à travers l’enseignement de la littérature camerounaise. De ce point de vue, le contrat est pleinement rempli et nous en redemandons. Il y a quelques temps votre journal a fait une note de lecture de l’ouvrage que le collègue Richard Laurent Omgba et moi avons dirigé, sous le titre : La Littérature camerounaise d’expression française : des années de braise aux années d’espérance. Malheureusement les instances habilitées au quotidien dans la construction d’un champ et d’une institution littéraires camerounaises, par le biais de la réception, grâce à la promotion et à la diffusion, font défaut. Combien de moments de célébration des écrivains camerounais ? Combien d’événements pour le livre camerounais ? Combien de lieux pour découvrir et lire la littérature camerounaise ?

Certains estiment que la littérature n’est que diversion et qu’il ne sert à rien de mettre des moyens, surtout dans un pays pauvre comme le notre, pour la promouvoir.Que répondez-vous à ceux-là ?

Le livre fait partie du patrimoine culturel d’un pays, il est un bien culturel dont la rentabilité économique est indéniable, parce que l’industrie du livre a une très grande valeur ajoutée dans le produit intérieur brut des pays qui ont su la développer. Souvenez-vous que la Camerounaise Imbolo Mbue a vendu un manuscrit de son roman Voici venus les rêveurs à un demi-milliard de francs CFA. Si l’on pouvait mesurer ce que coûte à notre pays, chaque année, l’extraversion de notre production livresque, en termes économiques certes, mais surtout au plan symbolique, puisque nous produisons des savoirs pour d’autres et pas pour nous-mêmes, cette question s’en trouverait évacuée d’elle-même.

D’autres estiment que la littérature est appelée à disparaitre, ce d’autant plus que les jeunes ne lisent plus.  Selon vous, qu’est ce qui peut expliquer cette démotivation de la part des jeunes ? Et quel est l’avenir de la littérature camerounaise ?

La « démotivation » des jeunes est surtout liée à la concurrence que d’autres produits culturels font au livre en général : la télévision, Internet, et tous les autres loisirs qui sont créés quotidiennement. Il y a également la morosité sociale ambiante qui fait du livre un produit de luxe pour les humanités subalternes. Cela dit, il est imprudent de généraliser cette prétendue démotivation (d’où mon usage des guillemets de restriction). La conjoncture sociale évoquée tantôt oriente nécessairement les individus vers des centres d’intérêt étroitement liés à leur vécu. Les savoirs livresques, perçus par beaucoup comme déconnectés de la réalité (ce qui n’est pas juste), font majoritairement la place aux savoirs pratiques censés résoudre les problèmes immédiats de l’individu. Mais cette description ne me semble pas pouvoir impacter sur la qualité des écritures camerounaises, dont le foisonnement ambiant constitue pour moi un gage de leur vitalité et de leur rayonnement futurs.

S’il vous était demandé de faire des propositions aux autorités en vue de la promotion de la littérature, que leur diriez-vous ?

Simplement que l’on comprenne que la culture en général et la littérature camerounaise en particulier ne peuvent être promues en l’absence des lieux d’expression y afférents. Il faut créer un environnement culturel avec des structures de formation, de promotion, de diffusion, de mise en scène.

Interview réalisée par Joseph Essama

Première usine d’assemblage d’engins de génie civil en Afrique centrale, l’UAK sera inaugurée le 23 janvier 2021 à Kribi

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Des engins déjà montés à l’UAK

Construite et opérationnelle depuis mars 2020, l’Usine d’Assemblage de Kribi (UAK) sera officiellement inaugurée ce samedi 23 janvier 2021. Première unité de montage d’engins et matériels de génie civil dans la sous région Afrique centrale, cette usine est le fruit d’un investissement de deux milliards de francs CFA consenti par le groupe Tractafric Equipement, filiale du groupe Optorg. Pour cette première donc, ce sera le ministre des Travaux publics Emmanuel Nganou Djoumessi, représentant personnel du chef de l’Etat, qui procèdera à son inauguration.

Implantée dans la zone industrialo-portuaire de Kribi sur une superficie d’à peu près trois hectares, l’UAK a depuis son ouverture produit sept engins qui ont déjà été écoulés en République Centrafricaine, au Tchad et au Cameroun. De manière concrète, l’usine Tractafric de Kribi produit et entretient des machines et forme des opérateurs. « Elle dispose d’un stock de pièces détachées et un atelier de maintenance équipé capable de produire annuellement 250 machines », renseigne l’entreprise.

Unité de montage de l’ UAK

Des facilités d’acquisition pour les communes

Au Cameroun précisément, l’usine entend développer des partenariats avec les communes. La commune de Dschang dans la région de l’Ouest en est déjà l’un des bénéficiaires. « Dans un contexte de décentralisation, les collectivités territoriales décentralisées qui sont en fait les principales cibles de ce projet ont désormais la possibilité d’acquérir des équipements pour leurs aménagements routiers », renseigne un cadre au ministère des Travaux publics. « Le mécanisme d’acquisition de ces engins est facilité par l’entrée en jeu de la Société camerounaise d’Equipements (SCE) à travers des conditions de payement allégées », précise la source. Au-delà des communes, le premier bénéficiaire de cette usine est le secteur des BTP au Cameroun. Car le principal avantage que confère cette usine d’assemblage est qu’il sera désormais facile pour les acteurs du secteur de disposer d’engins à des coups compétitifs.

« Des institutions à l’instar du Matgenie qui ambitionnent de s’équiper en matériel de génie civil, pourront voir en cette usine, des opportunités en termes d’acquisition et même de payement », révèle notre source.

Canicha DJAKBA

Groupe A : Le Burkina Faso prend une option pour la qualification

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Le Burkina signe sa première victoire en Chan et se relance dans le groupe A

Alors que les deux leaders du groupe se sont neutralisés, le Burkina Faso a laminé le Zimbabwé ce soir en deuxième rencontre de poule. Les Etalons ont servi une raclée aux Warriors (1-3). Les trois buts burkinabè ont été inscrits respectivement par Issouf Sosso (16ème), Claver Kiendrébéogo (53ème) et Issiaka Ouédraogo (67ème).

Les Burkinabè ont donc cueilli à chaud leurs adversaires dès la fin du premier quart d’heure. Lesquels ont aussitôt riposté en remettant l’équilibre au compteur sept minutes plus tard (23ème) par Partson Jaure. Mais c’était sans compter avec la détermination des Etalons de sauver leur honneur dans une poule où ils ont la prétention de pouvoir jouer le second rôle après le Mali. Lequel Mali les a neutralisés d’entrée (1-0). Les Etalons ont repris du poils de la bête et ont alourdi le score dès la reprise du jeu.
Par cette victoire, le Burkina signe sa première victoire en CHAN. Une première victoire dans cette compétition, avec un bonus : le score (1-3). Ainsi, le Burkina Faso refuse de mourir avant la fin de la phase de groupe. Avec trois points enregistrés, les poulains Seydou Zerbo se rapprochent des co-leaders qui le devancent seulement d’un point. Du coup, tout est encore possible. Et même, le Burkina affrontera le Cameroun en confiance car il a l’avantage au goal average (+2), alors que le Cameroun dispose de +1, pour avoir marqué deux buts et en en avoir encaissé un. Ce qui peut être utile au moment des calculs de dernière journée.

Quoi qu’il en soit, les trois premières équipes du groupe A gardent tous l’espoir d’une qualification au second tour. Les Maliens ont peut-être plus de chances de terminer en tête face au dernier de la classe, le Zimbabwé qui compte zéro point en deux sorties. Le Cameroun et le Burkina Faso joueront une finale du groupe avec les yeux rivés sur Mali-Zimbabwé. En cas de victoire malienne, un nul éliminerait le Cameroun. Aussi, une défaite camerounaise est risquée. Tous les jeux sont possibles.

Lions indomptables A’ : Où est passé Jacques Zoua ?

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Jacques Zoua pas content?

Jacques Zoua n’a pas joué le deuxième match des Lions indomptables en Championnat d’Afrique des nations (CHAN) Cameroun 2020. Lui le capitaine. Lui qui avait pourtant représenté les joueurs en conférence de presse d’avant-match la veille et qui ne laissait pas présager un quelconque doute sur sa participation dans ce match, ni même sur son état de santé. Et pourtant le capitaine des troupes n’a ni joué, ni été aperçu dans les rangs, même pas sur le banc de touche.

Une absence qui a suscité l’attention de la presse. Et le patron de l’encadrement technique n’a pas échappé aux questionnements en conférence de presse d’après-match. Pour Martin Ndtoungou Mpile, « Jacques [Zoua] a un problème d’ordre musculaire », a déclaré le sélectionneur. Avant d’ajouter que « si tout se passe bien, vous le verrez au prochain match».

Réfutant tous les soupçons et malentendus qui commençaient à prendre de l’ampleur au sein de la presse. Mais pas de quoi convaincre les journalistes qui rebondissent sur la querelle du brassard que le staff technique a vite fait d’étouffer avant le début du tournoi mais qui a forcé une place dans les intrigues lorsque la feuille de match a porté le nom de Salomon Banga qui aurait, selon certaines indiscrétions, été le choix initial de Ndtoungou Mpile avant que la personnalité de Jacques Zoua, avec quelques soutiens. Surtout que le capitaine qui a accompagné l’entraîneur à la conférence de presse d’avant-match, s’est régulièrement entraîné lors de la reconnaissance de l’aire de jeu en soirée. « Si vous avez des informations précises sur la situation de Jacques Zoua, je suis à votre écoute», a lâché l’entraîneur. Avant d’insister : «Quant à moi, je vis avec lui ; je n’ai vu aucun problème. Si vous en avez, s’il vous plaît, mettez à notre disposition ». A en croire une source proche de l’équipe, « au départ, le coach avait pensé à Zoua de par son expérience, mais à partir du moment où Zoua réchignait à accepter les conditions de son engagement avec l’équipe nationale A’. Face à sa rigidité sur certains points non moins importants, le coach a donc préféré faire avec Banga». Mais avec l’accord trouvé, Zoua s’imposait et avec donc quelques soutiens, l’ancien joueur de Coton sport de Garoua a occupé le premier rang, suivi de Banga et Andoulo arrive en 3ème position.

Chan 2020/Groupe A: Les Lions indomptables arrachent un nul face aux Aigles

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Le Cameroun aura essayé

C’est un nul d’un but partout qui a sanctionné le match Cameroun-Mali, comptant pour la seconde journée dans le groupe A. Buts inscrits dans le premier quart d’heure par Salomon Charles Banga (6’) et Issaka Samake (12’). Un nul au goût de victoire pour le Cameroun qui affrontait le favori du groupe.

C’est le Cameroun qui donne la première alerte. A peine la deuxième minute de jeu, que Ngnowa Ykre chipe une passe courte entre Siaka et Mamadou Doumbia et décroche un tir non cadré au-dessus de la transversale. Le grand Mali pouvait être surpris. Et c’est Banga qui s’y essaie avec succès quatre minutes plus tard sur un coup franc.

Mais les supporters camerounais n’ont pas fini de jubiler que Issiaka Samake profite d’un coup franc pour rétablir l’équilibre (12è). Le Mali manque même l’occasion de saler l’addition à la 21ème minute lorsque sur une brouille de la défense camerounaise, Moussa Kone hérite d’une passe dans le dos défensif camerounais, mais ajuste mal son tir que le portier camerounais dévie en corner. Ndtoungou Mpile panique et remplace Ndedi Kegne par Etame Ngombe. Pour stabiliser le temps de boucler la première période.  

Mais la reprise voit les Aigles davantage affamés. Haschou Kerrido est de plus en plus sollicité. Les Lions indomptables A’ tentent de résister. Après un nettoyage sur le flanc gauche, Mfédé Junior arme un bolide dans le ciel. A la 58ème l’homme essaie cette fois-ci au sol, mais le tir qui rase le poteau droit de Djigui Diarra l’épuise, mais l’homme est inébranlable. Le Mali a une balle de but avec Sadio Kanouté à la conclusion d’une contre-attaque menée par Moussa Kone, mais le pied d’Aschou Kerrido a trainé alors que le portier camerounais était battu. Albert Meyong aurait pu le faire pour le Cameroun s’il n’avait trouvé les petits filets à la 70ème. Le reste sera un spectacle ponctué d’actions d’éclats vendangées de par et d’autre.

Avec ce nul, les deux adversaires gardent la tête du classement avec chacun quatre points. Quelle que soit l’issue de la seconde rencontre, le classement restera celui-là. Il faudra attendre la dernière journée pour les deux qualifiés du groupe.

Fiche technique

Cameroun: AschouKerrido – Banga (c), Ndedi Kegne (Etame Ngombe, 26è), Andoulo, Hassana-Oukine, Tchuente, Ako Assomo (Bertrand Mani, 65’), Mfede Junior (Fabrice Onana, 80’), Meyong à Etong-Ngnowa Man Ykre

Coach : Martin Ndtoungou Mpile

Mali: Djigui Diarra (c)-Yacouba Doumbia, Issaka Samake, Mamadou Doumbia, Yacouba Doumbia-Moussa Kyabou, Sadio Kanoute, Demba Diallo (Bassekou Diabate, 80’), Ibourahima Sidibe (Makan Samabali, 77’), Moussa Ballo-Moussa Kone (Mamadou Coulibaly, 85’)

Coach : Moussa Birama Kanoute

Score :1-1

Avertissements : Man Ykre (23’/Cmr), Ibourahima Sidibe (34’/ML), Mamadou Doumbia (85’/ML)

Buts : Banga (6è/Cmr), Issaka Samake (12’/ML)

Arbitres: Pacifique Ndabihawenimana (Ac/Bur), Issa Yaya (A1/Gha), Khalil Hassani (Tun), Jean Jacques Ngambo Ndala (Cod)

Patriotisme : ce que Zoua a sacrifié pour le Cameroun

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Du sang vert-rouge-jaune coule dans ses veine

Le 16 janvier 2021, Jacques Zoua, 29 ans, est entré un peu plus dans l’histoire du football camerounais. Champion d’Afrique en 2017 avec les Lions Indomptables, l’ancien joueur du FC Viitorul est devenu le premier international sénior de son pays à disputer un match de Championnat d’Afrique des Nations (Chan). Une sélection inédite mais inimaginable quelques mois auparavant. «En raison de l’arrêt des compétitions dû au Covid-19 en mars-avril 2020, j’ai pris la résolution de retourner auprès des miens dans mon pays, le Cameroun. Quelques temps après je résilie avec Viitorul qui souhaitait modifier les termes de mon contrat à cause de cette même maladie. Du coup, j’ai dû prolonger le séjour chez moi», raconte l’international camerounais.

Zoua : «on ne dit pas non à son pays»

Entre salles de sports et séances de footing dans les rues de Yaoundé la capitale, l’ex sociétaire du Gazélec Ajaccio et du FC Bâle s’est battu pour garder la forme, jusqu’à ce que certains pays d’Europe décident de relancer les championnats. «A partir de ce moment se souvient le joueur, je commence à recevoir des coups de fil d’agents de joueurs qui me proposent des offres notamment en Turquie, en Suisse, en Roumanie et en Arabie Saoudite où on me proposait une prime de 400 000 euros».

Et alors qu’il est en réunion avec ses proches dans son domicile pour choisir la destination idéale, le téléphone sonne. «C’est le superviseur de l’équipe nationale locale monsieur Gweha Ikouam qui est un homme que je respecte beaucoup, qui m’appelle. Il me dit : Jacques, ton pays a besoin de toi pour le Chan. On a discuté et je lui ai dit que j’allais réfléchir», murmure-t-il. A l’instant, Jacques Zoua ne réalise pas encore la demande de son interlocuteur. Le lendemain, il reçoit d’autres coups de fil. «J’ai ensuite été contacté dit-il, par le staff technique et aussi certaines personnalités me demandant de sursoir à ma carrière en Europe et de rejoindre l’équipe nationale pour le Chan. C’est à ce moment que j’ai compris que c’était du séreux. Sans réfléchir, j’ai donné mon accord ; parce qu’on ne dit pas non à son pays».

Convaincre sa famille n’a pas été chose aisée. Le joueur raconte que certains proches étaient en effet contre son choix de rejeter toutes les offres venues d’Europe. «D’aucuns m’ont dit : pense à tout l’argent qui t’attend en Europe. Mon choix était fait. C’est un gros sacrifice qui en vaut la peine», se réjouit le joueur. Confiant avec l’équipe locale du Cameroun dont l’objectif est d’aller le plus loin possible dans le tournoi, Jacques Zoua préfère cependant rester lucide. «Il faut qu’on soit clair : ce n’est pas parce que je suis là que le Cameroun va automatiquement gagner le Chan. C’est sur le terrain que nous devons nous battre», a-t-il conclu.
Par Arthur Wandji

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