jeudi, mai 28, 2026
spot_img
Accueil Blog Page 339

Compétitivité : vers l’autonomisation du Bureau de Mise à niveau.

0

Sous la tutelle du ministère de l’Economie de la Planification et de l’Aménagement du territoire (Minepat), l’Etat entend autonomiser cette structure pour lui permettre de jouer le rôle de représentant du gouvernement en matière de mise à niveau.

si tout est fin prêt dans les mois à venir, le Bureau de Mise à Niveau des entreprises (BMN) du Cameroun pourra être une structure autonome. L’information a été révélé mardi dernier par Isaac Tamba, président du comité de pilotage du Bureau de Mise à Niveau des entreprises. Isaac Tamba l’a fait savoir au cours des 34ème et 35ème sessions de son comité de pilotage, présidé le 6 dé cembre dernier à Yaoundé. « Un texte a été préparé par les services du ministère de l’Economie de la Planification et de l’Aménagement du Territoire (Minepat) pour faire évoluer le BMN vers un statut qui lui permettent de jouer le rôle de re présentant du gouvernement en matière de mise à niveau. Ce texte est actuellement dans les services de coordination de la présidence de la République. Nous avons été saisis l’année dernière pour apporter des éléments additionnels à ce texte. Il nous a également été demandé de designer la représentativité des administrations du secteur privé qui devraient figurer dans ce texte, nous l’avons fait et nous attendons que le texte soit peaufiné au niveau de la coordination. Madame le directeur a été instruite de mener les diligences à ce niveau pour pouvoir en savoir davantage », a indiqué le président du comité de pilotage du Bureau de Mise à Niveau des entreprises (BMN).

La tenue des deux sessions du comité de pilotage du Bureau de Mise à Niveau des entreprises a également été l’occasion de faire une rétrospective des activités me nées en 2022, par cette structure étatique. Il ressort de l’exposé d’Isaac Tamba qu’en 2022, les principales activités du BMN concernent : « l’étude sur l’évolution du Bureau de mise à niveau des entreprises (BMN) du Cameroun présenté le 21 juillet à Yaoundé par l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (Onudi) Cette étude va compléter le plaidoyer mené par l’équipe dirigeante du Bureau de mise à niveau des entreprises (BMN) ; la table ronde des partenaires techniques et financiers pour assurer le financement de la mise à niveau des entreprises. La direction générale de la coopération a initié des séries d’activités et le Bureau de Mise à Niveau a été représenté dans le but d’organiser cette table ronde qui aurait dû se tenir le mois dernier, mais qui pour des raisons logistiques, pourra se tenir l’année prochaine. Mais en attendant la tutelle c’est à dire le ministre de l’Economie a saisi la Banque Africaine de Développement qui a été réceptive à l’effet de contribuer à financer la mise à niveau à travers le BMN ; l’avènement du Centre technique du Textile. Le ministère de l’Economie a décidé de mettre sur pied un groupe de travail pour faire aboutir ce projet de Centre Technique du Textile (Cetex) » entre autres.

Le président du comité de pilotage n’a pas manqué de soulever le contexte économique dans lesquels s’est déroulé l’année 2002. Un contexte économique marqué par la résurgence des chocs ex ternes et internes dus principalement à la crise russo-ukrainienne et aux catastrophes climatiques endogènes.

En guise de perspective pour l’année 2023, le Bureau de Mise à Niveau pourra mettre à profit le nouveau modèle économique de l’Etat pour financer davantage la mise à niveau des entreprises de son portefeuille. « Il y a eu un chan gement paradigmatique de l’économie. Nous sommes passés des appuis directs, dont des subventions, aux appuis indirects à travers les entreprises du secteur bancaire. En d’autres termes l’Etat mettra à la disposition des banques des financements pour que celles-ci financent les entreprises. Dans ce cadre le Bureau de Mise à Niveau au travers de ses engament contractuels qui existent déjà avec les certains fonds d’investissements continue de financer ses activités dans son core business : la mise à niveau et la restructuration », a expliqué Ebode Nicaise, représentant du Ministère des Mines, de l’Industrie et du Développement Technologique (Minmidt).

Le BMN déploie depuis sa création en 2011, des outils tels que le Programme national de mise à niveau. À ce jour, près de 800 entreprises ont volontairement adhéré à ce programme phare du BMN. Une centaine de plans de mise à niveau ont été validés par le Comité de pilotage. Plus d’un milliard de FCFA de primes sur investissements matériels ont été octroyés par le gouvernement à ces entreprises.

EBODE Nicaise, représentant Minmidt : « Le Bmn aura une meilleure capacité de levée des fonds »

«Le Bureau de Mise à Niveau (BMN) a achevé l’année budgétaire 2022 dans un contexte économique particulièrement tendu, du fait des chocs exogènes dus à la crise Russo ukrainienne. A côté de la première crise évoquée, il y a également les chocs climatiques liés aux différentes inondations observées dans le Septentrion notamment. En termes de perspective, le Bureau de Mise à Niveau s’ouvre de nouvelles perspectives liées à l’acquisition de son statut autonome qui lui permettra d’avoir une meilleure capacité de levée de fonds. Nous retenons en guise de bilan que le Bureau de Mise à Niveau a achevé plusieurs études, celle notamment liée à la restructuration de la Cotonnière Industrielle du Cameroun (Cicam) qui comme nous l’avons toujours dit constitue un fleuron de l’économie nationale.

Pour l’exercice 2023, qui constitue un gros challenge parce que les perspectives au plan macroéconomiques fixent un taux de croissance à hauteur de 3 %. Taux de croissance qui a été revue à la baisse en raison de la crise Russo ukrainienne, mais également du fait des relances des différentes revues du Fond Monétaire International (FMI), nos partenaires au développement donc nous attendons les appuis budgétaires. Fatalement le Bureau de Mise à Niveau va ressentir de manière inexorable ces contrechocs au plan macro-économique, mais s’offrira également de nouvelles niches de recherche des financements. Nous avons évoqué dans ce sens des perspectives avec la Banque Africaine de Développement (BAD), nous avons également évoqué d’autres perspectives de recherche de financement qui devront permettre à cette structure pionnière de la transformation structurelle de notre économie de conserver sa place. »

Jean Jacques Ngangue Dooh, représentant du syndicat des industriels du Cameroun « Les entreprises camerounaises ont eu la possibilité de s’évaluer »

«C ’est une bonne action que le Bureau de Mise à Niveau ait accompagné des entreprises au salon international de l’agroalimentaire à Paris. Cette action doit être encouragée et perpétuée et soutenu. Il fallait que le Cameroun soit présent à ce salon. Ce qui anime ce salon ont voulu dessiner un tout petit peu les besoins de l’agroalimentaire dans le monde. Et c’est à tra vers ce type de salon que nous entreprises camerounaises avons a la possibilité de se confronter à ce qui se fait à l’extérieur et de pouvoir s’évaluer. Cela nous permet aussi d’entrevoir notre développement en tenant compte de nos forces et de nos faiblesses bien sûr en fonction de ce qui se passe à l’international.

Tout en encourageant le Bureau de Mise à Niveau dans cette action, il faut maintenant voir comment nous pouvons faire pour avoir une représentativité plus importante au plan international.»

Coopération : Un poste de contrôle unique frontalier en gestation dans la ville de Kye-Ossi (Cameroun)

0

L’objectif de l’implantation de cette infrastructure par la commission de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC) est non seulement de renforcer l’intégration sous-régionale entre ses pays membres, mais également de doter la zone des trois frontières (Cameroun-Gabon-Guinée Equatoriale) des infrastructures modernes et équipées.

La commission de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC), vient de lancer un avis à manifestation d’intérêt, pour le recrutement d’un bureau d’étude, qui sera chargé de réaliser une étude relative à la construction et l’équipement d’un Poste de contrôle unique frontalier (PCUF), dans la ville de Kye-Ossi, dans la région du Sud Cameroun, département de la vallée du Ntem.

En effet, ledit projet a été entériné par une décision du conseil des ministres de la CEMAC, tenu le 11 mars 2022, relatives aux interventions et de la gestion du guichet 1 du Fonds des projets intégrateurs portés par des institutions communautaires dont relève la réalisation des études et des travaux de construction du PCUF.

C’est une plateforme multifonctionnelle dédiée à la facilitation du commerce intra-régional transfrontalier, comprenant entre autres, des bâtiments, un poste de passage et un espace scanner. O, y retrouvera également des entrepôts et aire d’inspection/visite des marchandises, des systèmes autonomes d’alimentation en eau et en électricité outre des voiries, des réseaux divers, des parkings et des clôtures.

L’objectif de l’implantation de cette infrastructure par la commission de la CEMAC est non seulement de renforcer l’intégration sous-régionale entre ses pays membres, mais également de doter la zone des trois frontières (Cameroun-Gabon-Guinée Equatoriale) des infrastructures modernes et équipées.

La ville de Kye-Ossi est un arrondissement du département de la Vallée du Ntem dans la région du Sud Cameroun, avec une population estimée à 20 000 habitants répartis dans quatre arrondissements (Ambam, Ma’an, Olamze et Kyé-Ossi).

Jean Daniel Obama

Pêche et pisciculture : la production de poisson a augmenté de 33 % en deux ans.

0

Cette embellie est à mettre à l’actif des stratégies mises en place par le gouvernement en vue du développement de la filière aquacole en général.

La production de poisson au Cameroun est en augmentation de 33% sur deux ans. En 2021, le pays a enregistré une production de 150 826 tonnes, contre 169 740 tonnes de poissons en 2022. Soit une augmentation de la reproduction de 13% en 2022. Cette production avait déjà augmenté de 20% en 2021. Cette embellie s’explique par les stratégies mises sur pied par le gouvernement pour booster la production du poisson.

Dans le but de réduire les importations du poisson congelé le gouvernement a mis en place divers appuis aux aquaculteurs. Les pouvoirs publics ont notamment déployé des projets et programmes, comme le Projet de Promotion de l’Entreprenariat Aquacole (PPEA). Ce qui a contribué à doubler la production du poisson entre 2016 et 2019, qui passe de 5000 à 10000 tonnes par an, pour se situer à 15000 tonnes en 2020. Et en 2021, le pays a continué à enregistrer des avancées dans le développement de l’aquaculture. Résultat, les activités ont cru de 20% cette année, selon les comptes nationaux publiés par l’Institut national de la statistique (INS).

Et pour mettre les bouchées doubles dans la production aquacole, le gouvernement peaufine le Programme d’Appui au Développement de l’Entrepreneuriat Aquacole (PDEA). Le lancement des travaux de formulation de ce programme a eu lieu le 22 mars 2022 à Yaoundé. Doté d’un financement de 21,3 milliards de francs CFA alloués par le Fonds International de Développement Agricole (FIDA), ce programme va couvrir cinq régions sur les 10 que compte le Cameroun. Selon le ministère de l’Élevage, grâce à divers appuis et autres mesures d’accompagnement des pisciculteurs, ce programme devrait contribuer à booster la production aquacole nationale, de manière à pouvoir progressivement atteindre les 100000 tonnes visées par le gouvernement. Dans la même lancée, le gouvernement a prévu dans le cadre de la loi de finances 2023, des avantages fiscaux pour les entreprises qui exercent dans le secteur des pêches.

Entre autres, l’exonération de la TVA (Taxe sur la Valeur Ajoutée) sur l’achat certains produits de pêche, du matériel et des équipements utilisés dans la pêche. En outre les entreprises de pêche en phase d’investissement pourront bénéficier de la « dispense des charges fiscales et patronales sur les salaires versés aux ouvriers » pour toutes les entreprises en phase d’investissement. Avec cette politique, le gouvernement envisage apporter une réponse à certains besoins des entreprises du secteur de la pêche et tenir le pari de la politique d’import-substitution, mise en œuvre depuis 2021 et qui vise la transformation structurelle de l’économie camerounaise avec comme principal levier l’abandon de l’importation de biens pouvant être produits localement.

Au cours de l’année 2021, le ministère camerounais de l’Elevage, des Pêches et des Industries Animales (Minepia) a délivré à différents opérateurs économiques locaux «34 avis techniques d’importation de produits halieutiques, pour un quota global de 249857 tonnes ». La demande en poissons est estimée annuellement à 500 000 tonnes par an. Des besoins que ne peut couvrir la production locale actuelle.

Développement : le C2D investit plus de 40 milliards de F CFA à Garoua.

0

Ces fonds ont permis de réaliser de nombreux projets dans la capitale régionale du Nord. Notamment : l’aménagement de près de 20 km de voiries, la construction d’un marché aux poissons et bétails, l’installation de 100 lampadaires etc.

Plus de 40 milliards de francs CFA. C’est le montant de l’enveloppe mobilisée dans le cadre du Contrat de Désendettement et de Développement (C2D) pour le financement des projets de développement dans la ville de Garoua. Ces fonds ont permis de financer de nombreux projets dans la capitale régionale du Nord. Lesquels projets étaient en vitrine le 7 décembre 2022, à l’occasion de la septième édition des « Journées Portes Ouvertes du C2D ».

C2D capitales régionales : 30 milliards de F pour le nord

Le Contrat de Désendettement et de Développement a en effet présenté ses réalisations dans la région du Nord. Dans la ville de Garoua, grâce à une dotation financière de 30 milliards de F CFA, le programme « C2D Capitales Régionales » a déjà réalisé 19.73 km de voiries et aménagé le Parc Boisé de la ville. La ville de Garoua s’est également dotée de 100 lampadaires solaires, 06 toilettes publiques et 20 latrines dans les écoles. Plusieurs équipements marchands sont en cours de construction. Notamment le marché du bétail et du poisson. Le site se situe sur un espace d’environ 1.82 ha à l’entrée sud de la ville entre le pont sur le fleuve Bénoué et les installations du port fluvial.

« Les marchés à bétail et aux poissons antérieurs, complètement détruits, partageaient leur site d’implantation avec d’autres équipements et activités que sont, une petite gare routière avec des activités de ventes de produits frais et de petits aliments prêts à consommer.

Cet emplacement connaît donc une grande activité et un rayonnement non négligeable dans la mesure où ces deux marchés sont pour ces types de produits les plus importants de la ville de Garoua », informe le C2D. Ainsi, le nouveau marché moderne à bétail et aux poissons s’organise autour de trois pôles : le marché à bétail au nord avec 126 enclos auxquelles s’ajoutent cinq enclos spéciaux dont quatre pour embouches et un vétérinaire contre 110 précédemment ; le marché aux poissons en aval au sud avec 340 espaces de vente contre 200 précédemment ; les espaces commerciaux divers (vente de condiments, céréales, produits de première nécessité, etc…).

En plus de ces trois pôles, le marché comprend : une mosquée d’environ 200 m2 ; un bâtiment administratif d’environ 210 m2 ; un magasin pour aliments à bétail d’environ 100 m2 ; un local d’abattage de 12 m2 ; deux espaces écaillages d’environ 160 m2 pouvant accueillir 100 écailleurs à la fois ; un local abritant la chambre froide, la fabrication de glace et le groupe électrogène de secours ; dix fumoirs ; deux locaux de congélation ; un bâtiment de rafraichissement et restauration logeant seize (16) espaces de braises de poissons ; un local pour stockage de bois ou tout autre combustible pour fumage et braise de poisson ; un incinérateur ; une station d’épuration ; des vestiaires, douches et toilettes y compris pour handicapés ; quatre parkings dont un au bloc administratif et bétail de15 places avec un grand espace pouvant accueillir de grands véhicules pour chargement et déchargement de bétail et trois autres parkings d’une capacité totale d’environ 60 places. Mais aussi : un espace aménagé à l’entrée du marché le long de la « route basse » pouvant accueillir motos, brouettes et autres porte-tout ; plusieurs bacs à ordures roulants pour la collecte des déchets solides disposés dans l’ensemble du site ; un éclairage public assuré par 21 candélabres dont 7 constitués d’un luminaire et 14 de 2 luminaires chacun. Par ailleurs le C2D a prévu un dispositif de sécurité incendie, assuré par 2 poteaux incendie, 8 extincteurs et 4 robinets d’incendie armé (RIA), repartis dans les différents blocs. Pour l’approvisionnement en eau du marché, on compte 7 points d’eau.

4,3 milliards de F pour l’appui à l’éducation

Dans le domaine de l’éducation, la région du Nord a reçu une enveloppe de 4 milliards de francs CFA dans le cadre du programme « C2D Education ». Les départements de la Bénoué, du Mayo Louti, du Mayo Rey et du Faro ont bénéficié, en plus de la contractualisation des enseignants vacataires, des bâtiments scolaires constitués de salles de classe, latrines, bureaux, construits et/ou réhabilités et équipés. Dans le détail, il s’agit de : la contractualisation de près de 4078 instituteurs vacataires et maîtres des parents du primaire ; la fourniture et l’équipement de toutes des Délégations départementales du ministère de l’Education de base de la région en matériel informatique (ordinateur complet, scanner, photocopieur) pour les services de la carte scolaire ; la fourniture de plus de 1265 kits pédagogiques dans les écoles primaires de la région ; l’appui pour le recrutement des enseignants des écoles privés confessionnelles ; la construction de plus de 15 forages dans les écoles de la région, etc. Objectif de toutes ces actions : assurer une éducation de base de qualité dans la région.

Cameroun-Commande publique : Pourquoi 14 entreprises ont été exclues pour 12 mois

0

Période pendant laquelle ces entreprises ne pourront ni faire acte de candidature, ni co-traiter ou sous-traiter tout ou partie de la commande publique.

Ibrahim Talba Malla, ministre délégué à la présidence de la République chargé des Marchés publics (Minmap) vient de prendre une décision portant interdiction de soumissionner à la commande publique. Cette interdiction concerne 14 entreprises pour raison de « production de faux documents, dans le cadre de leur participation à certaines consultations ». La décision est en vigueur pour une période de 12 mois, période pendant laquelle ces entreprises ne pourront ni faire acte de candidature, ni co-traiter ou sous-traiter tout ou partie de la commande publique.

Jean Daniel Obama

Liste des entreprises interdites de soumissionner à la commande publique au Cameroun

Noms de l’entrepriseDysfonctionnements
ETS ManitouPlusFaux CNE détectée dans la liasse de dépense
ETS StephsFaux CNE détectée dans la liasse de dépense
ETS EsperanceFaux CNE détectée dans la liasse de dépense
ETS Mahamat AboubakarFaux CNE (falsification de nom de l’entreprise et l’objet/référence de projet) et NIU P0173000297784M non conforme
ETS VoukenFaux CNE (falsification de la date de signature du CNE, CNE photocopie et utilisé dans plusieurs liasses)
Ememo EntrepriseUtilisation de photocopie CNE dans 20 liasses
Mbella’s EntrepriseUtilisation de photocopie CNE dans 14 liasses
Leta JovinaUtilisation de photocopie CNE dans 17 liasses
Ata ConstructionUtilisation de photocopie CNE dans 12 liasses
Alpha Beta EntrepriseUtilisation de photocopie CNE dans 01 liasse
Ann Keu EntrepriseUtilisation de photocopie d’un CNE dans 01 liasse
Shalom And ShamahUtilisation de photocopie d’un CNE dans 01 liasse
NgabacamUtilisation de photocopie d’un CNE dans 01 liasse
GafcamUtilisation de photocopie d’un CNE dans 01 liasse

 Source : Ministère des Marchés publics

Cameroun-Biodiversité : Plus de 800 espèces sauvages négativement impactées par le développement de l’agriculture et des infrastructures

0

L’étude a récemment été présentée par la Plateforme nationale de l’interface science-politique sur la biodiversité et les sciences écosystémiques.

Au Cameroun, les activités menées dans le cadre de l’agriculture industrielle et les infrastructures affectent environ 10% des espèces végétales et 815 espèces sauvages sont menacées d’extinction. De même, 50% d’espèces végétales des écosystèmes montagneux et forestiers et 30% dans la zone côtière et maritime sont en voie de disparition.

C’est ce qui ressort de l’étude récemment publiée par la Plateforme nationale de l’interface science-politique sur la biodiversité et les sciences économiques. Comme infrastructures, l’étude indexe entre autres les ouvrages de production de l’énergie hydroélectrique, les grandes centrales photovoltaïques, les lignes de transport électrique haute tension et les infrastructures de transport intégrant les routes et autoroutes, outre les voies ferrées et les aéroports.

Au-delà de l’utilisation de la nature par les sociétés humaines, l’érosion de la biodiversité imputable aux activités humaines, est largement provoquée par la destruction et la transformation des habitats et des milieux naturels, notamment le déboisement ou l’exploitation forestière, les défrichements agricoles et déforestation en particulier dans les régions tropicales.

L’étude note également la conversion d’espaces forestiers en espaces agricoles, agroindustriels et pastoraux, la dégradation des biotopes et des milieux naturels (assèchement des cours d’eau, des marais et des zones humides, pollutions diverses, eutrophisation) et l’intensification de l’agriculture et pollution des sols outre l’urbanisation et extension des surfaces bâties.

Selon les données de Global Forest Watch publiées en avril 2021, le département de l’Océan a dans la région du Sud Cameroun a perdu de 2002 à 2020, 184 000 hectares de forêt primaire humide. Ce qui représente 64% de sa perte totale de couverture forestière au cours de la même période.

Jean Daniel Obama

Timbres fiscaux, vignettes automobiles, vie chère… Les clarifications du Ministre des Finances.

0

Répondant aux questions des députés le 5 novembre dernier, Louis Paul Motaze a présenté les efforts menés par le gouvernement pour préserver le pouvoir d’achat des populations.

Monsieur le président, honorables députés, je vous remercie pour les mots bienveillants que vous avez prononcé à l’endroit du gouvernement pour l’action qu’il mène, mais également pour les questions que vous avez posées et qui je l’es père, permettront d’éclairer nos lanternes. Comme d’habitude, j’aime souvent avant de répondre plus précisément à certaines questions, de faire un point sur la situation générale, pour que nous comprenions. J’ai noté dans certaines questions, notamment celles qui sont posées par l’honorable Joshua Osih et Cabral Libii et de l’honorable Koumpit Adamaou, et d’autres que le gouvernement est plus ou moins accusé d’aggraver la pression fiscale alors que le pouvoir d’achat des citoyens est faible.

Je voudrais dire que la situation mondiale est extrêmement compliquée. Je voudrais vous renvoyer à la page 6 du document que monsieur le rapporteur général a présenté, pour attirer votre attention sur deux chiffres qui semblent importants. D’abord le montant des dépenses courantes qui est de plus de 3300 milliards de francs CFA et ensuite les recettes fiscales et douanières qui sont de l’ordre de plus 3500 milliards francs CFA. Voyez-vous que les deux chiffres s’équilibrent à 200 milliards près. Cela veut dire qu’à l’heure actuelle, un pays comme le Cameroun dont nous savons que sa production pétrolière est à la baisse, les recettes les plus importantes (recettes fiscales et douanières), suffisent à peine pour couvrir toutes les dépenses courantes. En équilibrant d’une part les recettes fiscales et douanières et d’autre part les dépenses courantes, on constate qu’il n’y a plus rien pour les dépenses d’investissement et pour payer la dette. Pourtant il s’agit là des dépenses qui sont tout aussi importantes.

Une faible pression fiscale

La deuxième chose est que le Cameroun a encore une marge en ce qui concerne la pression fiscale. C’est-à dire que les impôts ne sont pas aussi lourds au Cameroun qu’on le pense. Le problème de pression fiscale au Cameroun n’est pas un problème de taux, c’est un problème de répartition, c’est à-dire combien d’opérateurs payent les impôts au Cameroun.

Vous avez posé des questions sur le timbre qui passe de 1000 francs CFA à 1500 francs CFA, peut-être faut-il rap peler, qu’au Sénégal le timbre fiscal c’est 3000, en Côte d’Ivoire c’est 2000 et au Gabon c’est 2500 francs CFA. Je suis d’accord avec vous qu’il n’y a pas de pays au monde où les citoyens sont fiers de l’augmentation des taxes, mais qu’est-ce que le gouvernement doit faire face à une conjoncture nationale qui est difficile. Nous avons une guerre que nous n’avons pas souhaitée et à laquelle nous devons faire face. Sur le

« …le gouvernement fait un effort, qui oscille selon que le dollar varie, entre 50 et 70 milliards de francs CFA pour que nous continuons à nous alimenter en carburant. 70 milliards par 12 mois, vous voyez l’effort budgétaire que le gouvernement est entrain de faire dans des conditions extrêmement difficiles… » plan national il y a des actions de développement que nous devons mener. Tous les députés sont revenus avec les mêmes doléances de routes, hôpitaux etc, il faut des revenus pour cela. Au niveau international, on a le Covid 19 qui a érodé nos capacités budgétaires. La guerre russo-ukrainienne qui crée les problèmes que nous connais sons.

Je me serai attendu à ce que vous félicitiez le gouvernement qui fait le maximun pour préserver le pouvoir d’achat des Camerounais. Je vais vous donner quelques chiffres : avec le Covid-19, le prix du clinker qui est l’élément de base pour la fabrication du ci ment, est passé de 40 euro en 2020 à 89 euro la tonne en 2022 et les prévisions pour 2023 sont de 93 euro la tonne. Vous voyez qu’en deux ans les prix de cette matière première ont doublé et malgré tout, le gouvernement a réussi à maintenir inchangé les prix du sac de ciment, malgré la pression des producteurs de ciment. Il m’arrive souvent de me poser la question de savoir comment le ministre du Commerce Luc Magloire Mbarga Atangana fait pour maintenir inchangés les prix du ci ment. Il s’agit des efforts colossaux du gouvernement pour préserver autant que faire se peut, le pouvoir d’achat des Camerounais.

Dans son souci de protéger le pouvoir d’achat des Camerounais, le chef de l’Etat freine des quatre fers pour main tenir inchangé le prix du carburant à la pompe. Je peux vous dire que le prix réel du super était de 921,61 francs CFA au mois de novembre, mais nous payons 630 francs CFA. Il a un peu baissé au mois de décembre pour passer à 874 francs CFA. Cela veut dire que chaque mois, le gouvernement fait un effort, qui oscille selon que le dollar varie, entre 50 et 70 milliards de francs CFA pour que nous continuons à nous alimenter en carburant. 70 milliards par

12 mois, vous voyez l’effort budgétaire que le gouvernement est en train de faire dans des conditions extrêmement difficiles. Est-ce que nous pourrons continuer avec cet effort ? Difficile à dire. Mais je voudrais souligner l’effort fait par le gouvernement pour maintenir le pouvoir d’achat des Camerounais.

Réduire le déficit budgétaire

Alors si manifestement rien ne doit augmenter en termes de taxes, comment allons-nous faire ? Ce sont des efforts que nul ne peut contester. Je vous ai donné ces chiffres pour que vous compreniez les efforts que le gouvernement est en train de faire et surtout dans la perspective de ce qu’on appelle la consolidation budgétaire. Les chiffres ont souvent cet inconvénient d’être froids. Lorsque nous disons que nous continuons la consolidation budgétaire, c’est-à-dire que nous continuons à lutter pour réduire le déficit budgétaire global. Il faut bien com prendre ce que ça veut dire. Si vous avez vos recettes, si elles sont inférieures à vos dépenses, vous avez un déficit et comment vous financez le déficit, c’est en allant vous endetter. Pourtant c’est vous qui attirez toujours l’attention du gouvernement sur l’endettement. Il y aura toujours la dette tant qu’il y aura un déficit. Si vous voulez réduire la dette, l’une des mesures c’est réduire le déficit et c’est ce que nous sommes en train de faire. Nous sommes passés à un déficit budgétaire inférieur à 1%. C’est un effort colossal. Vous avez également dit que chaque fois on pose les mêmes problèmes et que les amendements ne sont jamais acceptés. Je voudrais sincèrement vous dire que le gouvernement est ouvert à tout. Je voudrais présenter les excuses parce que certains sont revenus sur ce problème de budget qui arrive en re tard, le gouvernement ne fait pas de la malice. Nous reconnaissons les retards et nous nous excusons. Je voudrais aussi rappeler que nous sommes lancés dans des reformes. Par exemple le fait d’internaliser les re formes qui ont été demandées au niveau de la Cemac et cela entraine beaucoup de choses. Il peut arriver que cela entraine des retards. Quant aux amendements ils sont acceptés quand ils sont bons. L’année dernière nous avons accepté les amendements de l’honorable Dooh Colins. Et cette année en commission des finances, il y a des amendements qui ont été acceptés.

Accélération de la transformation numérique : La Banque mondiale va injecter plus de 55 milliards FCFA dans le projet au Cameroun

0

L’enveloppe permettra de connecter les bâtiments publics tels que hôpitaux, écoles et administrations locales, encourager l’entrepreneuriat numérique et soutenir les petits agriculteurs et les organisations de producteurs pour promouvoir l’adoption des innovations développées par les start-up agricoles.

Le Président de la République Paul Biya, à travers un décret signé le 06 décembre 2022, habilite Alamine Ousmane Mey, ministre de l’Economie, de la planification et de l’aménagement du territoire (Minepat) à signer avec l’Association international de développement (IDA), un accord de crédit d’un montant de plus de 55 milliards FCFA. L’enveloppe va servir au financement du Projet d’accélération de la transformation numérique au Cameroun (Patnuc).

L’objectif du gouvernement camerounais à travers le Patnuc est d’accompagner la mise en place d’un environnement stratégique, politique et réglementaire plus propice à l’émergence d’une économie numérique dynamique, sûre et inclusive. Il est également question pour le Cameroun de réduire les fractures numériques géographiques et sociales dont souffrent les zones rurales et de faciliter la mise en œuvre de solutions fondées sur les données pour stimuler l’innovation dans le secteur agricole.

Le projet permettra de connecter les bâtiments publics tels que hôpitaux, écoles et administrations locales, encourager l’entrepreneuriat numérique et soutenir les petits agriculteurs et les organisations de producteurs pour promouvoir l’adoption des innovations développées par les start-up agricoles.

Au niveau macroéconomique, il devrait contribuer à une hausse de la croissance économique, de la productivité et de la création d’emplois, à la fois dans les secteurs du numérique et de l’agriculture et par ses retombées sur d’autres secteurs productifs.

La première composante du projet va permettre la mise en place des cadres stratégiques, politiques et réglementaires nécessaires à l’inclusion et la transformation numériques. Le financement axe sa deuxième priorité sur  la connectivité et l’inclusion numériques, tandis que la troisième composante facilitera la mise en œuvre de solutions fondées sur les données dans le secteur agricole.

Jean Daniel Obama

Douala : un forum pour encourager la transparence dans la microfinance.

0

Les acteurs du secteur sont réunis au Gicam pour échanger sur les bonnes pratiques permettant aux microfinances d’être crédibles auprès des clients et des potentiels investisseurs.

La quatrième édition du forum de l’Initiative pour la Transparence dans l’Industrie de la Microfinance (Itimac) se tient depuis le 6 décembre dernier à Douala. Les dirigeants des Etablissements de Micro Finance (EMF), les pouvoirs publics et les acteurs du système financier prennent part à cette rencontre placée sous le haut patronage du ministère des Finances.

Il est question de sensibiliser les acteurs sur l’importance de la transparence dans le secteur. Notamment le bénéfice pour les EMF de publier leurs informations. Itimac intègre en réalité un vaste programme de promotion de bonnes pratiques à l’intention des dirigeants sociaux des établissements de microfinance. Ce programme a été conçu par l’entreprise Microfinance Académy, pour aider l’industrie de la microfinance d’Afrique Centrale à être plus transparente, se professionnaliser et être plus compétitive. Cette transparence devrait permettre aux microfinances d’éviter moins de sanctions de la Cobac et du Conseil National de Crédit et d’être plus crédible vis-à-vis des bailleurs de fonds. Car, d’après une étude réalisée par Micro finance Academy, la plupart des fonds d’investissements et autres organismes financiers interviennent peu dans les établissements de micro finance de la Cemac. Malgré les efforts du gouvernement et des organismes d’encadrement et de réglementation pour promouvoir les bonnes pratiques au sein des établissements des EMF, les investisseurs évoquent deux principales raisons de leur manque d’intérêt. La faible visibilité des EMF exerçant dans la Cemac sur les plateformes de benchmark et autres, ainsi que le déficit d’informations disponibles au grand public sur les EMF de la sous-région. L’Itimac répond donc à ces problèmes. En plus du forum, l’Initiative est dotée d’une plateforme digitale à laquelle les EMF peuvent librement adhérer et être visibles à travers le monde.

Il y a aussi un benchmark /classement annuel des EMF suivant des critères comme le total bilan, le nombre de clients, l’encours du crédit, le portefeuille à risque etc. De même qu’un annuaire en ligne où sont disponibles toutes les informations et références sur les EMF désireux de se faire connaître.

Le forum qui en est à sa quatrième édition, aborde la mise en conformité avec la nouvelle réglementation de la microfinance, mais aussi plusieurs thématiques pour faciliter la compétitivité des EMF. En l’occurrence, la lutte contre le financement du terrorisme et le blanchiment d’argent, la gouvernance des EMF.

Surtout dans un contexte où le taux d’impayés se situe autour de 30%, soit très élevé. Ce qui contribue souvent à la faillite des microfinances. Le forum se déroule autour d’un salon des innovations techniques et de l’inclusion financière dans la Cemac et les débats sur la transformation digitale des EMF de la Cemac et les enjeux du financement agricole.

David Kengne, Organisateur du forum itimac : « Les EMF camerounaises ne publient pas leurs chiffres »

«Nous sommes dans un contexte où avec la guerre russo-ukrainienne, on s’est rendu compte qu’on dépendait beaucoup des importations des produits agroalimentaires. A la faveur de cette crise, les partenaires qui soutiennent Itimac ont pensé qu’il fallait inscrire le financement de l’agriculture et la digitalisation au programme. Ceci, pour encourager les établissements de microfinance qui sont engagés dans le financement agricole de pouvoir intégrer la digitalisation dans leur produits et services qu’ils offrent aux clients pour les aider à doper l’octroi de crédit en nombre et en volume. La gestion des EMF doit être centrée sur le client et lorsque vous mettez le client au centre de votre gestion, vous êtes tenu d’adopter les bonnes pratiques qui passent par la transparence. La transparence c’est par exemple dire au client les caractéristiques spécifiques de chaque produit et lorsque le client acquiert ce produit, qu’il retrouve ces caractéristiques dans le produit. Ne dites pas par exemple que le taux de crédit c’est 1% par mois, mais lorsqu’il prend le crédit, au moment de rembourser, calcul fait, il se rend compte qu’il est 1,5 ou 2%. Quand vous êtes transparent, vous attirez de bons clients et quand vous ne l’êtes pas, les clients qui ne remboursent pas les crédits viennent vers vous.

Quand on dit transparence, ça suscite la peur, la frustration. Progressivement, les EMF qui s’engagent comprennent que plus tu es transparent, mieux tu deviens crédible vis-à-vis de la clientèle et mieux les activités marchent. Il faut dissiper ces doutes en adoptant les bonnes pratiques de transparence. Nous avons constaté que les EMF camerounaises ne publient pas leurs chiffres alors que le Cameroun est classé des 5 premiers en matière de volume et nombre de clients de micro finance. Malheureusement elles ne profitent pas des bénéfices de la transparence. »

Baisse des stocks de poissons : l’Afrique dans les filets de la surpêche.

0

Pour faire face à la surexploitation qui appauvrit les mers et menace la sécurité alimentaire de la planète, un accord a été trouvé au sein de l’Organisation Mondiale du Commerce. Reste à l’Afrique à en tirer parti.

En Afrique, 85 % des stocks de poisson sont pêchés au-delà des niveaux durables et, plus grave, 28 % le sont à des niveaux alarmants. En cause, explique Tristan Irshlinger, conseiller politique en matière de commerce et de pêche au sein de l’IISD (International Institute for Sustainable Development), la surpêche qui appauvrit les mers d’années en années. « Dans le monde entier, les pêcheries souffrent d’un problème de surpêche, qui se manifeste de diverses manières :

La biomasse des espèces de poissons utilisées pour la consommation humaine a considérablement diminué. L’état des stocks mondiaux de poissons marins se détériore ; de plus en plus de stocks sont considérés comme « surexploités ». La productivité de la pêche dans le monde a également considérablement baissé », confie-il à Défis Actuels, à l’occasion d’une rencontre au siège de l’Organisation Mondiale du Commerce à Genève.

La situation est bien plus alarmante en Afrique où le potentiel de pêche est essentiellement exploité par des pays riches, disposant de moyens sophistiqués de pêches qui appauvrissent les mers à grande vitesse. « Les flottes non africaines opérant en Afrique représentent un tiers des captures dans les eaux africaines et interviennent pour 45 % pour ce qui est de la pêche industrielle », souligne Tristan Irshlinger. A noter ces navires non africains qui opère dans la capture de poissons en mers africaines sont soutenus par des subventions de leurs pays d’origine à hauteur de près de 724 millions de dollars, soit un peu plus de 45 milliards de francs CFA. Dans le monde entier, les subventions atteignent 54 milliards de dollars (33 826 milliards de Francs CFA !). Or, explique M. Irshlinger à Défis Actuels, « il est largement reconnu les subventions à la pêche contribuent à la surpêche dans le monde, car elles diminuent artificiellement les coûts de la pêche ce qui augmente souvent l’effort de pêche ». A contrario, l’Afrique, principale victime de cette surpêche de bateaux étrangers dans ses eaux, est l’une des régions qui accorde le moins de subventions à son secteur de la pêche. Surtout, une bonne partie de ces subventions africaines est dirigée vers la pêche artisanale, par nature plus respectueuse des espèces et des bonnes pratiques, donc plus durable.

260 millions d’emplois

Les subventions que les pays nantis accordent à leurs navires de pêche sont donc clairement « une menace pour les moyens de subsistance, la sécurité alimentaire et les objectifs de développement durable dans les pays qui dépendent de la pêche et des activités liées à la pêche », indique M. Irshlinger. On note en effet que le poisson représente plus de 50 % de l’apport moyen en protéines animales dans certains pays en développement et pays les moins avancé. L’activité de pêche représente également un total de 260 millions d’emplois dans le monde, dont 78 % dans les pays en développement. Dans une quinzaine de pays les moins avancés, les exportations de produits de la pêche figurent parmi les cinq principales exportations de marchandises. Logiquement donc, « un secteur de la pêche durable est crucial pour réaliser les Objectifs de développement durable », conclut Tristan Irschlinger.

Des analyses qui rejoignent celles du Dr Komlan Kadagali, économiste et enseignant chercheur dans les universités du Togo. Il soutient que « la pêche illicite compromet la gestion des réserves de poissons en perturbant les processus réglementaires ; sape les initiatives de l’économie bleue à travers l’Afrique, coûtant ainsi aux États des milliards de dollars de revenus perdus » (170 milliards de FCFA de pertes en Afrique de l’Ouest), et représente une menace pour le renouvellement des ressources halieutiques et pour les moyens de subsistance de ceux qui en dépendent. « Ainsi donc, la pêche illicite entraîne une rareté de poisson pour les petits pêcheurs qui vivent essentiellement de cette activité. Ils ne peuvent plus pêcher à la côte et sont obligés d’aller loin, dans les eaux territoriales pour trouver du poisson. Parfois même en courant le risque de pêcher tout près des navires en rade qui les confondent aux pirates », soutient-il.

Stocks surexploités

Pour autant, « toutes les subventions ne sont pas défavorables, et la suppression des soutiens financiers publics aux pêcheurs artisanaux dans la plupart des pays africains ferait plus de mal que l’élimination de la pêche illégale », soulignent pour leur part Timothy Walker, Denys Reva Et David Willima de l’ISS (Institut d’Etudes des Sécurité) dans un article intitulé « L’Afrique profite-t-elle de l’accord historique de l’OMC sur les subventions à la pêche ? ». « On doit mettre un frein aux subventions qui permettent le pillage à grande échelle des stocks de poissons. Comme, par exemple, le financement de navires dotés d’équipements sophistiqués qui leur permettent de faire des captures importantes tout en opérant loin de leurs ports et marchés d’origine », plaident-ils.

Ces observations alarmantes ont conduit l’Organisation Mondiale du Commerce à abriter des négociations sur la régulation des subventions à la pêche. Ces discussions commencées en 2001 par la reconnaissance du fait que certaines subventions à la pêche contribuent à la surpêche ont duré… vingt ans pour aboutir en 2021 à un accord qui a finalement été conclu le 17 juin 2022 lors de la 12 ème conférence ministérielle.

Trois points majeurs ressortent de cet accord historique. Dans ses grandes lignes, « l’Accord interdit d’accorder un soutien à la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN). Il interdit aussi le soutien à la pêche de stocks surexploités. En outre, il constitue un premier pas important vers la réduction des subventions contribuant à la surcapacité et à la surpêche en mettant un terme aux subventions à la pêche en haute mer non réglementée » résume la Directrice générale de l’Organisation Mondiale du Commerce, Ngozi Okonjo-Iweala. Elle ajoute que « pour les pays en développement et PMA membres, la mise en œuvre demandera du temps, des efforts et de l’argent.

Pour ces Membres, l’Accord ménage un délai supplémentaire de deux ans pour la mise en conformité avec certaines des règles, sous forme de clauses de paix dans le cadre du règlement des différends. Il prévoit aussi un soutien à la mise en œuvre par le biais de l’assistance technique et du renforcement des capacités, notamment par la création d’un mécanisme de financement volontaire de l’OMC ».

Sur le principe, de belles perspectives s’ouvrent donc pour la pêche durable en Afrique. Mais les pays du continent ont-ils la capacité de surveiller les côtes, leurs mers, et de lutter efficacement contre la pêche illégale ou non déclarée ? Beaucoup en doutent, et plaident pour que des ressources financières substantielles soient allouées aux pays les moins avancés pour mener cette lutte contre la pêche nocive. A ce sujet, la Directrice générale de l’OMC note que sur une période de 10 ans, l’aide à la pêche maritime durable était plutôt légère, et que l’élimination des subventions libérerait en principe des ressources considérables qui pourraient être réorientées pour favoriser et soutenir une gestion et des pratiques durables de la pêche. Un fonds de soutien a été mis en place, et les donateurs se sont déjà engagés à verser 5 millions de dollars, sur un objectif initial de USD 10 millions. Le Fonds sera géré par l’OMC et par l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), la Banque mondiale et le Fonds international de développement agricole (FIDA).

- Publicité -
Google search engine