dimanche, mai 17, 2026
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Undp : Maïdadi Saïdou Yaya est mort

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L’Union nationale pour la démocratie et le progrès (Undp) est en deuil. Maïdadi Saïdou Yaya, son secrétaire à la communication, s’est éteint cette nuit du 7 mai 2026, des suites de maladie. C’est un poids lourd de la scène politique nationale qui s’en va. Outre l’Undp, l’homme a fait ses classes dans les rangs du Social democratic front (SDF) du temps de Ni John Fru Ndi, et de l’Alliance des forces progressistes (AFP) de Bernard Muna, parti né des divisions internes au SDF.

Malgré son vieil âge, Maïdadi Saïdou Yaya faisait partie des progressistes d’une Undp en perte de poids mais dont la jeune garde tenait à relever le défi d’une renaissance au lendemain de la dernière élection présidentielle qui a vu Bello Bouba Maïgari son président, mordre la poussière derrière Paul Biya et surtout Issa Tchiroma Bakary.

Depuis 2011, le parti bouillonne de l’intérieur, mais peine à changer de cap, affaibli par une alliance gouvernementale  »qui ne nous a rien rapporté, si ce n’est à Bello Bouba’‘, fulminait un cadre du parti, au lendemain de cette élection présidentielle qui, aux yeux de certains observateurs, était à la portée de Bello Bouba. Sauf que l’homme n’a pas pu satisfaire les attentes et espoirs d’un peuple qui a soif de changement. Dans ce contexte, Maïdadi Saïdou Yaya, en restant un proche et soutien de Bello Bouba, admettait que l’avenir est à reconstruire. Et se risquait à un exercice de proposition d’astuces pour le changement en interne. L’Undp fera sa mue sans ce vieux routier dont il avait besoin.

Loum: une pige de quelques heures en  »prison » pour le maire

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Guy Mesmin Wabo revient de loin. Le maire de la commune de Loum dans le département du Moungo, région de l’Ouest, a passé quelques heures dans une cellule du commissariat de sécurité publique de sa ville, suite à une interpellation instruite par le préfet du Moungo et exécutée par le commissaire de la sécurité publique locale. Rien ne filtre pour le moment sur les motifs de l’interpellation du premier magistrat municipal de cette ville réputée fidèle au Social democratic front (SDF) . Dans le communiqué commis par le , parti du maire Wabo, si cet aspect est également ignoré, il est indiqué que  »Monsieur Guy Mesmin Wabo… a été interpellé tel un bandit de grand chemin, aux environs de 16 Heures 30 minutes ce Jeudi 07 mai 2026, par le commissaire de Sécurité publique de la ville de Loum, assisté des éléments de son unité de police, agissant a-t-il déclaré, sur ordre de Monsieur le préfet du département du Moungo, après avoir été contraint de descendre de son véhicule personnel. » Soulignant que le maire a été  » transporté sur une moto (taxi) surchargé par un policier’‘.

Une situation qui a créé des tensions dans la ville. L’on apprend que le commissariat commençait à être assiégé par les populations et les militants du SDF qui entendaient obtenir la libération de son maire. Ce que le  »bourreau » du maire n’entendait pas exécuter.  »Après près de quatre (04) heures de séjour dans cette unité de police, à la sécurité renforcée pour la circonstance par les éléments de la Brigade de Gendarmerie de Loum, le maire Guy Mesmin Wabo sera remis en liberté sans aucune audition ni aucune information sur les mobiles de son interpellation’‘, rapporte le communiqué du SDF signé de Moïse Raymond Ngan, le ministre du Shadow cabinet du SDF, en charge de l’information et des médias.

Le parti de la Balance  »dénonce et condamne et avec force cette énième forfaiture et cette interpellation barbare d’un élu, maire dans sa commune, actes constitutifs de violation grave des droits de l’homme et d’atteinte aux libertés individuelles, d’abus de fonction et d’abus d’autorité ». Pour le SDF, cet acte  »porte gravement atteinte à l’Etat de droit que ne cessent de vanter les pouvoirs publics ».

L’on apprend que le commissaire n’a consenti à libérer sa victime que par contrainte de Yaoundé. Tant Paul Atanga Nji le ministre de l’Administration territoriale que Martin Mbarga Nguele le Délégué général à la sûreté nationale (Dgsn), ont dû s’y engager directement pour obtenir l’élargissement de Guy Mesmin Wabo. Le SDF  »réclame des sanctions exemplaires pour ces fonctionnaires coupables de traffic d’influence, fait constitutif de délit et réprimé par la loi ».

Le Centre international de l’artisanat de Yaoundé acte sa remise en ordre

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« Les gens viennent ici, ne paient pas les loyers, n’exercent pas les métiers qui leur sont attribués et ne veulent pas intégrer les différentes filières. Nous demandons donc à tous ces occupants de se mettre au pas, parce que nous n’allons plus tolérer des écarts de comportement qui nuisent au fonctionnement du centre. », a déclaré Naseri Paul Bea, gouverneur de la région du Centre. C’était à l’occasion de la 5e session du Comité de gestion du Centre international de l’artisanat de Yaoundé (CIAY), tenue le 6 mai 2026 dans la capitale. Le message est adressé aux artisans, locataires indisciplinés qui s’accumulent depuis plusieurs années dans ce site inauguré en avril 2016 et rattaché au ministère des Petites et Moyennes Entreprises, de l’Économie sociale et de l’Artisanat.

Un centre réhabilité à prix fort

Le CIAY n’est pas un site ordinaire. Créé par décret en janvier 2013, inauguré en 2016, il est conçu comme le centre pilote de l’artisanat camerounais. Sa localisation à Yaoundé, capitale politique et diplomatique du pays, lui vaut sa dénomination internationale. Ses missions couvrent l’encadrement des artisans, le développement de la production et de la transformation artisanale, la promotion de l’artisanat national et international, et la dynamisation économique et touristique du secteur.

Mais le site a traversé des épisodes difficiles. Un incendie, des occupations anarchiques, des loyers impayés qui s’accumulent. La réhabilitation du centre a mobilisé des fonds publics considérables. Le gouverneur n’a pas mâché ses mots sur ce point. « Depuis l’incendie et tous les désordres constatés, nous ne voulons plus revivre cela, parce que cela a coûté beaucoup d’argent aux contribuables camerounais. Cela a coûté énormément d’argent au Cameroun. »

Des mises en demeure déjà expirées

Les autorités ont déjà tenté la voie de l’avertissement. Des mises en demeure ont été adressées aux occupants défaillants, assorties d’un délai butoir fixé au 31 mai 2026. Ce délai est désormais dépassé. Naseri Paul Bea a été explicite sur les conséquences. « Ils ont reçu un délai. Des mises en demeure leur ont été adressées et ce délai a déjà expiré. Nous ne pouvons pas délivrer une nouvelle mise en demeure après une première déjà arrivée à échéance. »

Les exigences posées aux occupants sont précises. Ils doivent signer les conventions, occuper les espaces dédiés dans les filières qui leur sont assignées, libérer les espaces qu’ils ont aménagés sans affectation officielle, et intégrer notamment les filières que beaucoup rechignent à rejoindre.

65 millions FCFA d’objectif de recettes

Sur le plan financier, la coordonnatrice du CIAY, Denise Pascale Abinamba Oloko, a présenté les ambitions de l’établissement pour 2026. Le centre s’est fixé un objectif de recettes non fiscales de 65 millions de FCFA, en hausse par rapport à l’objectif de 50 millions recommandé par le ministère des Finances. La hausse repose sur plusieurs leviers concrets.

Le prix du mètre carré a été réévalué à 5 000 FCFA par mois, revenant au niveau d’avant la pandémie de Covid-19. « Le mètre carré était déjà à 5 000 FCFA. Avec la Covid, on a fait un rabais à 3 500 FCFA, mais comme il y a eu des embellies, nous sommes passés donc à 5 000 FCFA le mètre carré le mois », a expliqué la coordonnatrice. La maîtrise de la cartographie des espaces locatifs et du fichier des locataires constitue l’autre pilier de cette révision à la hausse.

Denise Pascale Abinamba Oloko a toutefois reconnu les limites de l’exercice. « On aurait pu faire mieux, c’est un objectif d’ailleurs pas très à la hauteur de ce que nous avons sur le terrain, mais nous restons mesurés et nous pensons qu’en faisant une pondération, même s’il y avait quelques personnes qui ne payaient pas le loyer, comme c’est le cas, nous arriverons à atteindre nos objectifs. »

Une culture du non-paiement bien ancrée

La coordonnatrice a également posé un diagnostic sans détour sur les habitudes qui freinent le recouvrement. « Les locataires, pour la plupart, au-delà des difficultés que certains peuvent rencontrer, ils sont habitués à ne pas payer le loyer. » Depuis deux ans, la stratégie repose d’abord sur la sensibilisation, la réorganisation des espaces et la constitution d’un fichier fiable. Mais la coordonnatrice admet que le volet coercitif tarde à suivre. « Le côté coercitif parfois ne suit pas. Nous sommes dans une nouvelle dynamique aujourd’hui, les recettes non fiscales comptent dans l’apport de cette préparation du budget. »

Un actif sous-exploité qui attire pourtant

Les chiffres de fréquentation du CIAY racontent une autre histoire, celle d’un site qui attire. Le centre a enregistré 57 325 visiteurs en 2024, puis 71 505 en 2025, soit une progression notable en un an. En rythme journalier, entre 180 et 220 visiteurs nationaux et entre 15 et 25 visiteurs étrangers franchissent les portes du centre. Le potentiel commercial est réel. Les gestionnaires le reconnaissent eux-mêmes en qualifiant le CIAY d’actif économique sous-exploité. C’est précisément ce décalage entre le potentiel affiché et la réalité du désordre intérieur que les autorités entendent désormais corriger, sans délai supplémentaire.

Le Cameroun emprunte plus de 53 milliards FCFA pour l’eau potable, les déchets hospitaliers, la pêche et l’élevage

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Plusieurs projets implémentés au Cameroun vont donc bientôt bénéficier des financements supplémentaires. Le président de la République a en effet habilité, le 4 mai dernier, le ministre l’Economie, de la planification et de l’aménagement du territoire à signer avec différents partenaires, des accords de prêt d’un montant de plus de 53 milliards de FCFA pour financer divers projets à travers le territoire national.

Ainsi, le Minepat est habilité, avec faculté de délégation, à signer avec la Belfius Banque Belgique, un accord de prêt sous forme de crédit-acheteur, d’un montant de 13,23 millions d’euros, soit environ 8,678 milliards de FCFA, pour l’achèvement du Projet d’alimentation en eau potable du port de Kribi. Aussi, le Minepat devrait signer avec Unicredit Bank Austria AG, un accord de prêt d’un montant de 10 millions d’Euros, soit environ 6,559 milliards FCFA, avec la garantie d’Oesterreichische Kon trollbank (OeKB), pour le financement du projet de construction d’un Centre de formation aux métiers à Ntui, dans la région du Centre.

Egalement, un accord de prêt, sous forme de crédit acheteur, sera signer avec Unicredit Bank Austria, d’un montant de 6 millions d’euros, soit environ 3,935 milliards FCFA, pour le financement complémentaire du projet de gestion des déchets hospitaliers dangereux au Cameroun. D’autres décrets du président de la République habilitent le Minepat, à signer, avec la Deutsche Bank d’Espagne, une combinaison de prêts sous forme, respectivement, de crédit acheteur d’un montant de 9 497 524,02 euros, soit environ 6,2 milliards de francs CFA, et de crédit commercial d’un montant de 1 204 036,63 euros, soit environ 787,7 millions de francs CFA, pour la réalisation du Projet d’acquisition de deux bateaux de pêche et de réaménagement des installations du débarcadère de Youpwe à Douala, dans la région du Littoral.

 Toujours avec la Deutsche Bank d’Espagne, le Minepat est habilité à signer une combinaison de prêts sous forme, respectivement, de crédit acheteur d’un montant de 7 814 399,05 euros, soit environ 5,126 milliards de francs CFA, et de crédit commercial d’un montant de 845 373,91 euros, soit environ 554,565 millions de FCFA, pour la réalisation du Projet de construction, d’équipement et de mise en service de trois fermes porcines à Kouden, Bali et Kaélé.

PLUS DE 10,4 MILLIARDS FCFA POUR CONSTRUIRE UN ABATTOIR INDUSTRIEL À MAROUA

Parmi les décrets signés le 4 mai dernier, il y a aussi celui habilitant le Minepat à signer, avec la Deutsche Bank d’Espagne, une combinaison de prêts sous forme, respectivement, de crédit acheteur d’un montant de 15 398 434,96 euros, soit environ 10,101 milliards de FCFA, et de crédit commercial d’un montant de 569 498,93 euros, soit environ 373,567 millions de FCFA, pour la réalisation du Projet de construction d’un abattoir industriel à Maroua.

Toujours avec la Deutsche Bank d’Espagne, le Minepat va signer une combinaison de prêts sous forme, respectivement, de crédit acheteur d’un montant de 16 087 842,26 euros, soit environ 10,553 milliards FCFA, et de crédit commercial d’un montant de 624 743,23 euros, soit environ 409,805 millions FCFA, pour la réalisation du Projet de construction, d’équipement et de mise en service d’un Centre de production de semence bovine à Ngaoundéré, avec trois centres relais à Lougguéré, Dogba et Jakiri. Des accords de financement ratifiés Des décrets présidentiels signés le 4 mai dernier, certains ratifient des accords de financement.

 C’est qu’est ratifié l’accord de financement de vente à tempérament d’un montant de 18,4 millions d’Euros, soit environ 12,05 milliards FCFA, conclu le 09 novembre 2025 entre la République du Cameroun et la Banque islamique de Développement (BID), pour le financement du Projet d’Appui à l’Education de Base au Cameroun (PAEBC).

Tout comme est également ratifié l’accord de prêt Banque islamique de développement (BID)/Fonds de solidarité islamique pour le développement (FSID) d’un montant de 7,4 millions de Dinars islamiques, équivalant approximativement å 9,2 millions d’Euros pour les ressources de la BID, et 9,2 millions d’Euros pour les ressources du FSID, conclu le 09 novembre 2025 entre la République du Cameroun et la BID, pour le financement du Projet d’appui à l’éducation de base au Cameroun (PAEBC).

Y’ello Press Awards : un prix pour promouvoir le journalisme de qualité

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C’est dans la salle de conférence du ministère de la Communication que la cérémonie s’est tenue, en présence du ministre René Emmanuel Sadi, du directeur général de MTN Cameroon Wanda Matandela, du vice-président de la Fédération des Éditeurs de Presse du Cameroun (FEDIPRESSE) et d’un parterre de professionnels des médias.

 La date n’a rien d’anodin : lancés à quarante-huit heures du 3 mai, Journée mondiale de la liberté de la presse, les Y’ello Press Awards s’inscrivent délibérément dans un calendrier symbolique fort.

DEUXIÈME VOLET D’UN PARTENARIAT STRUCTURÉ

Les Y’ello Press Awards ne surgissent pas de nulle part. Ils constituent le deuxième acte d’un partenariat formalisé il y a deux ans entre MTN Cameroon et la FEDIPRESSE, sous l’égide du ministère de la Communication. Le premier volet avait pris la forme du Y’ello Kiosk, plateforme numérique de vente de journaux en ligne lancée en juillet 2025 à l’hôtel Hilton de Yaoundé, qui permet aux éditeurs d’atteindre de nouveaux lectorats au Cameroun comme à l’étranger, à toute heure. Ce partenariat repose sur trois axes : la vente des journaux en ligne, le renforcement des capacités des journalistes, et la promotion de l’excellence dans la pratique du métier.

Les Y’ello Press Awards incarnent ce troisième pilier. Ils s’ajouteront prochainement à un troisième dispositif : le MTN Pan-African Media Innovation Programme, initiative du groupe MTN à l’échelle continentale, qui offrira chaque année des bourses de formation de douze semaines en Afrique du Sud à des journalistes sélectionnés. Cette année, cinq Camerounais rejoindront des confrères venus du Nigéria, du Ghana, de la Côte d’Ivoire et d’autres pays africains.

UN DIAGNOSTIC SÉVÈRE SUR L’ÉTAT DE LA PRESSE

Derrière la célébration, les discours prononcés lors de la cérémonie ont dressé un état des lieux sans complaisance. Jean Melvin Akam, General Manager Regulatory and Corporate Affairs de MTN Cameroon, a rappelé le rôle historique de la presse écrite camerounaise dans le processus de démocratisation du pays, depuis l’avènement du multipartisme au début des années 1990. « Du Patriote au Messager, en passant par Cameroon Tribune ou La Nouvelle Expression », la presse était alors, dit-il, « puissante et influente dans toute sa diversité ». Mais elle n’a pas su négocier le virage de la libéralisation du secteur audiovisuel, puis celui du tout-numérique, qui a déplacé les lecteurs « des kiosques où ils étaient hier, vers les réseaux sociaux où ils sont aujourd’hui ».

La critique des réseaux sociaux a traversé l’ensemble des allocutions. Pour le Secrétaire Executif de la FEDIPRESSE, Parfait Siki, « la qualité de la production journalistique est déterminante pour la presse face au challenge qu’imposent les lanceurs d’alerte et les internautes devenus, par la puissance du tweet ou du post, producteurs de l’information ». La reconquête du lectorat, a-t-il plaidé, « est assise sur une offre de qualité, le retour aux fondamentaux et la résistance au journalisme des réseaux sociaux qui publie sans recouper, annonce sans vérifier ».

UN CADRE RIGOUREUX, UNE REMISE DE PRIX EN DÉCEMBRE

Concrètement, les Y’ello Press Awards récompenseront des journalistes de la presse écrite sélectionnés selon des critères à la fois rigoureux et objectifs, arrêtés par un jury dont les membres ont été désignés par le ministère de la Communication. Ce jury évaluera la qualité des contenus sur le plan intellectuel, le respect des normes éthiques et déontologiques, la profondeur des investigations et la capacité d’innovation.

Le formulaire de participation a été mis en ligne le jour même du lancement. La période de soumission des candidatures est désormais ouverte, et la cérémonie de remise des distinctions est prévue en décembre 2026. MTN Cameroon a par ailleurs évoqué la possibilité d’élargir à terme le périmètre du prix aux médias audiovisuels — radio et télévision —, auquel cas les Y’ello Press Awards deviendraient les Y’ello Media Awards.

UN SIGNAL POLITIQUE AUTANT QU’ÉCONOMIQUE

Le lancement de ce prix intervient dans un contexte de fragilisation économique documentée de la presse écrite camerounaise, confrontée à l’effondrement de la publicité comme des ventes et à la concurrence des plateformes numériques. En s’engageant aux côtés des éditeurs, MTN Cameroon entend peser sur l’écosystème médiatique dans son ensemble. « Nous ne pouvons pas bâtir un avenir numérique inclusif sans confiance, et la confiance ne peut exister sans une presse forte, professionnelle et crédible », a souligné la CEO Wanda Matandela.

 Le gouvernement, pour sa part, a tenu à marquer son soutien. Le ministre Sadi a réaffirmé que « la liberté de la presse constitue l’un des piliers essentiels de la démocratie et de l’État de droit », tout en rappelant qu’elle implique pour le journaliste « une forte exigence de responsabilité ». Un équilibre entre liberté et rigueur qui résume, en définitive, l’ambition affichée de cette nouvelle distinction.

BGFIBank, Afriland First Bank, CCA Bank SCB et Bicec financent la raffinerie CSTAR 

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Le 30 avril 2026, à l’ouverture de la Finance Week à Yaoundé, le gouverneur de la Banque des États de l’Afrique centrale, Yvon Sana Bangui, lance un appel direct aux banquiers de la CEMAC. Face aux acteurs de la finance sous-régionale, il affiche publiquement son soutien au projet de nouvelle raffinerie porté par la Société nationale des hydrocarbures : « S’il y a un seul produit sur lequel nous devons nous repositionner, c’est d’abord le pétrole. » Avant d’ajouter qu’il est prêt à mobiliser les banques de la sous-région pour accompagner son financement.

 Cinq jours plus tard, le 5 mai 2026, cette déclaration trouve un premier prolongement concret : BGFIBank signe à Yaoundé une convention de prêt avec Société nationale des hydrocarbures (SNH) pour financer la construction de CSTAR, une raffinerie modulaire de 30 000 barils par jour, alimentée en brut camerounais.

120 milliards mobilisés en syndicat

Face à Nathalie Moudiki, représentante personnelle de l’administrateur directeur général de la SNH, le ministre Adolphe Moudiki, Abakal Mahamat, directeur général de BGFIBank Cameroun, pose sa signature au bas du document. Il revient sur les étapes qui ont précédé. « Nous sommes réunis ici pour la concrétisation de la première étape d’une action que nous avons commencée il y a quelques mois avec la signature du mandat. Le mandat a été le document qui nous permettait de lever le financement nécessaire. La présidente du Conseil d’administration a parlé de 120 milliards FCFA que nous avons mobilisés à travers nos partenaires bancaires que je remercie ici, notamment Afriland First Bank, CCA Bank, SCB Cameroun et BICEC. C’est à travers ce réseau-là que nous avons pu mobiliser aujourd’hui cette enveloppe à mettre à disposition de la SNH pour le projet CSTAR. » Ce montant représente l’apport en fonds propres de la SNH dans le projet. Il ne couvre qu’une fraction du coût total d’investissement, Capex estimé à environ 360 milliards de FCFA.

L’architecture de la raffinerie CSTAR est conçue pour produire d’abord, puis monter en capacité. Dès la fin 2026, l’unité doit traiter 10 000 barils par jour. En 2027, la cadence va s’accélérer, apprend-on. En 2028, l’installation atteint sa capacité notionnelle pleine de 30 000 barils par jour. L’alimentation de cette usine annoncée repose principalement sur le brut camerounais.

La production annuelle attendue en régime de croisière est de 1,5 million de tonnes métriques, soit 1,8 million de mètres cubes. Cinq produits concentrent 96 à 98 % des sorties de l’usine : le fuel lourd à 30 %, le gazole à 25 %, le super à 23 %, le bitume à 10 % et le gazole marin à 8 %. Ce dernier est particulièrement recherché sur les marchés régionaux.

Les coûts d’exploitation annuels, les OPEX, sont estimés à 66 millions de dollars, environ 36 milliards de FCFA. Les revenus de vente sont projetés à 1 milliard de dollars, soit environ 580 milliards de FCFA. Le flux net de trésorerie annuel attendu est de 682,5 milliards de FCFA (120 millions de dollars).

Un levier pour les réserves en devises

Les promoteurs du projet mettent en avant un argument qui résonne particulièrement dans le contexte actuel de la zone CEMAC, où la question des réserves de change revient régulièrement sur la table des autorités monétaires. En substituant des produits raffinés nationaux aux importations, CSTAR permettrait une économie annuelle de devises évaluée à environ 1 milliard de dollars, soit 590 milliards de FCFA. La réduction des importations nationale de carburant atteindrait plus de 435 milliards FCFA par an, représentant quelque 30 % de la consommation au Cameroun. À cela s’ajoutent les exportations de gazole marin, estimées à plus de 250 milliards de FCFA.

Biocarburant et emplois riverains

Au-delà de la raffinerie proprement dite, CSTAR intègre une dimension que les documents officiels ne mentionnent pas encore publiquement. Un dispositif de production de biocarburant sera adossé à l’unité principale. Il est prévu d’augmenter la capacité notionnelle de 30 à 40 % supplémentaires par rapport aux 30 000 barils de base. Ce volet agricole associe directement les populations riveraines de Kribi, qui seront encouragées à produire les matières premières nécessaires. Un écosystème de financement des intrants et d’encadrement des producteurs est en cours de conception pour sécuriser l’approvisionnement.

En phase de construction, le projet devrait générer 5 000 emplois. En phase d’exploitation, 2 000 postes permanents sont attendus. Une université, apprend-on sera créée sur place pour dispenser des formations initiales et professionnelles.

Décès de Cavaye Yéguié Djibril, ancien président de l’Assemblée nationale

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Le Cameroun a perdu, mercredi 6 mai 2026, l’une de ses figures parlementaires les plus durables. Cavaye Yéguié Djibril, ancien président de l’Assemblée nationale, est mort à son domicile de Mada, près de Tokombéré, dans le département du Mayo-Sava, région de l’Extrême-Nord. Son départ intervient moins de deux mois après son retrait du perchoir, transmis le 17 mars 2026 à Théodore Datouo.

Né à Mada, formé au centre régional d’éducation physique et sportive entre 1960 et 1963, il avait d’abord exercé comme maître d’EPS à Maroua, avant d’être nommé inspecteur interministériel du Grand Nord en 1965. Fonctionnaire avant d’être homme politique, il avait ensuite imposé sa longévité au sommet de la chambre basse, qu’il a présidée de 1992 à 2026

En avril 1970, il franchit pour la première fois les portes de l’Assemblée législative du Cameroun oriental. Un an plus tard, il devient chef traditionnel du Mada, ajoutant à sa légitimité administrative une autorité coutumière qui ne le quittera plus. Après la création de l’État unitaire, il est élu à l’Assemblée nationale en 1973 et obtient le poste de questeur au bureau de la chambre. En 1975, l’Union nationale camerounaise l’intègre dans son Comité central. L’ascension est méthodique.

L’entrée dans le dur

En 1983, il accède au poste de deuxième vice-président de l’Assemblée nationale. Cinq ans plus tard, il s’éloigne brièvement de la législature pour exercer comme adjoint au préfet de Diamaré. En mars 1992, il revient et remporte un siège de député. Dans la foulée, il est élu président de l’Assemblée nationale. Il a cinquante-deux ans. Il ne quittera plus ce fauteuil.

En 1985, lorsque Paul Biya transforme l’UNC en Rassemblement démocratique du peuple camerounais, Cavaye Yéguié Djibril est reconduit au Comité central du nouveau parti. Sa fidélité au chef de l’État est totale, constante, jamais démentie.

Trente-deux réélections, un record absolu

De 1992 à 2024, Cavaye Yéguié Djibril est réélu trente-deux fois successivement à la présidence de l’Assemblée nationale. Un record sans équivalent dans les annales parlementaires du pays. À chaque législature, le RDPC le présente comme son candidat naturel au perchoir. Les votes sont des formalités, sauf une fois.

En août 2007, un député du parti, Adama Modi, annonce qu’il se porte candidat contre lui. Les dirigeants du RDPC le supplient de renoncer. Il refuse, invoquant ses droits. Le jour du vote, il quitte finalement la salle sans participer au scrutin. Cavaye, lui, reste assis, impassible, et est élu avec 130 voix sur 143 participants. Un comité de discipline du parti est ensuite constitué pour examiner le comportement de Modi. Cette séquence résume en quelques heures ce qu’est le style Cavaye — la solidité silencieuse face à l’agitation.

En novembre 2001, depuis son perchoir, il prend publiquement position contre les tendances sécessionnistes dans la région anglophone, affirmant que l’Assemblée nationale ne tolérerait pas les menaces à la stabilité nationale. En novembre 2005, il exhorte les députés à s’engager activement dans la lutte contre la corruption.

Le Lamido et le Parlement

Cavaye Yéguié Djibril n’est pas seulement un homme d’appareil. Dans le Grand Nord, il est le Lamido de Mada, chef traditionnel influent que beaucoup considèrent comme le patriarche du septentrion. En mars 2010, il préside le Forum national des souverains traditionnels du Cameroun, dont il est désigné président honoraire. Il y trace la ligne qui selon lui doit guider les chefs de terre — coopérer avec l’État, promouvoir la culture, soutenir l’administration publique, sans jamais agir comme une autorité parallèle. Le Forum publie dans la foulée une déclaration appelant Paul Biya à se représenter à l’élection présidentielle de 2011.

Cette double stature — homme du Parlement et chef de terre — est au cœur de son influence réelle, bien au-delà de ce que ses titres officiels laissent percevoir.

Le retrait et la fin

En 2026, l’état de santé de Cavaye Yéguié Djibril se détériore. Il est évacué en Afrique du Sud pour raisons médicales. Le 17 mars 2026, Théodore Datouo est élu à la présidence de l’Assemblée nationale, mettant un terme officiel à trente-quatre ans de règne parlementaire. Moins de deux mois plus tard, Cavaye Yéguié Djibril s’éteint à Mada, là où tout avait commencé, à l’âge de 86 ans.

Sa mort survient quelques jours seulement après celle de Marcel Niat Njifenji, ancien président du Sénat. Deux figures majeures du même édifice institutionnel, disparues à quelques jours d’intervalle. Pour l’architecture politique bâtie sous Paul Biya, c’est une séquence sans précédent. À Yaoundé, aucune communication officielle de la présidence de la République n’avait encore été rendue publique au moment où la nouvelle se répandait dans le pays. La classe politique camerounaise, toutes tendances confondues, avait déjà commencé à saluer la mémoire d’un homme qui aura incarné, mieux que quiconque, une certaine idée de la permanence.

Nécrologie : Cavaye Yeguie Djibril est mort

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Cavaye Djibril a retrouvé son écharpe tricolore ce 16 2020

La nouvelle est tombé en cette matinée. Cavaye Yeguie Djibril n’est plus. L’ancien président de l’Assemblée nationale est décédé ce jour dans son village Mada, par Tokombéré. L’homme quitte la terre un peu plus d’un mois après avoir été débarqué du perchoir de l’Assemblée nationale.

Il venait de regagner son village où il est lamido, après l’épisode de l’Assemblée nationale qu’il a mal digéré. les obsèques sont prévues dans les prochaines heures, selon la tradition musulmane. Nous y reviendrons.

Oumarou Hamadjoda prend la direction générale de la SOCADEL après la fin d’Eneo

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Il est natif de Kodeck, dans le Diamaré, à l’Extrême-Nord du Cameroun. Rien dans cette géographie aride ne laissait présager qu’Oumarou Hamandjoda deviendrait l’un des visages les plus aguerris du secteur électrique camerounais. C’est pourtant le chemin qu’il a tracé, méthodiquement, depuis les universités russes jusqu’aux conseils d’administration des grandes structures énergétiques du pays.

Sa formation parle d’elle-même. Il décroche un Master of Sciences en hydropower plants engineering and hydraulic structures en 1993, puis un PhD en hydropower plants and hydroelectric devices en 1996 — les deux obtenus dans des universités russes. Des spécialités pointues, directement ajustées aux besoins d’un pays dont le potentiel hydroélectrique figure parmi les plus importants d’Afrique.

De l’amphi aux sphères de décision

De retour au Cameroun en 1998, Hamandjoda commence par transmettre ce qu’il sait. Il enseigne à l’université de Ngaoundéré, puis à l’université de Yaoundé I, notamment à l’École Nationale Supérieure Polytechnique. Ces années dans les amphithéâtres ne constituent pas un détour — elles lui ouvrent les portes de l’État. Il rejoint le Secrétariat Général de la Présidence de la République, attaché à la division des Affaires économiques, poste depuis lequel il représente l’État au Conseil d’Administration d’Electricity Development Corporation, l’EDC. Un pied dans l’appareil d’État, un autre dans le monde opérationnel de l’énergie.

Quinze ans dans les entrailles d’Eneo

C’est à Eneo Cameroon que sa carrière prend toute son ampleur. De 2009 à 2024, soit quinze années consécutives, il occupe le poste de Directeur Général Adjoint de l’ex-concessionnaire du service public de l’électricité. Une longévité rare dans un secteur où les directions changent souvent au rythme des crises.

 Ces quinze ans lui donnent une connaissance intime du réseau électrique camerounais — ses points de rupture, ses chantiers en souffrance, ses dettes accumulées. « Sa nomination est un choix de raison technique avant d’être politique », confie un expert du ministère de l’Eau et de l’Énergie.

Une maison neuve sur des fondations fragiles

La SOCADEL qu’Hamadjoda prend en main ce 5 mai 2026 affiche un visage nouveau, mais traîne des problèmes anciens. Le décret présidentiel du 4 mai transforme Eneo en société d’État à actionnaire unique, dotée d’un capital de 43,9 milliards de francs CFA. Le texte prévoit également d’ouvrir progressivement le capital à d’autres acteurs publics et au secteur privé. Antoine Ntsimi préside le Conseil d’Administration. Jean Basile Ekobena occupe le poste de Directeur Général Adjoint.

En reprenant les commandes d’une entreprise cédée à l’Américain AES puis au Britannique Actis en 2014, l’État récupère aussi tout le passif. Eneo laisse derrière elle un endettement massif, des factures impayées en volume considérable, un réseau de distribution dégradé et des tensions structurelles dans la chaîne électrique. Des experts estiment que c’est précisément ce tableau difficile qui a précipité la reprise en main par l’État — rachat de 51% des parts pour 78 milliards de francs CFA en 2025.

Un gouffre financier à combler

Les chiffres que découvre Hamandjoda sur sa table donnent le vertige. Avant la nationalisation, les revenus mensuels d’Eneo plafonnaient autour de 30 milliards de francs CFA, pour des engagements qui avoisinaient 50 milliards — soit un déficit mensuel de 20 milliards de francs CFA.

La cause principale est structurelle. Le système tarifaire reste gelé depuis 2012. Les ménages paient leur électricité entre 50 et 99 francs CFA le kilowattheure, un niveau inférieur aux coûts réels de production. L’État compense cet écart à travers une subvention tarifaire estimée entre 70 et 100 milliards de francs CFA en 2025.

L’endettement total de la structure dépasse 800 milliards de francs CFA, tous créanciers confondus — banques, fournisseurs et producteurs indépendants. Les impayés publics aggravent encore la situation. En 2024, environ 59 milliards de francs CFA de créances sur l’État et ses démembrements attendaient toujours d’être recouvrés. Début 2026, les factures impayées de l’État et d’Eneo envers Nachtigal Hydro Power Company approchaient 70 milliards de francs CFA. Pour contenir ces risques, l’État a mis en place un mécanisme de garantie financière revolving de 100 milliards de francs CFA auprès des banques locales.

La fraude électrique constitue un autre front. Les branchements illicites et la falsification des compteurs coûtent plus de 60 milliards de francs CFA par an au secteur. En mars 2026, l’État a lancé une opération nationale pour endiguer ces pratiques. En parallèle, le gouvernement engage un plan de restructuration de la dette à l’horizon 2026, avec pour objectifs l’amélioration du recouvrement des factures publiques et la réforme de la politique tarifaire.

Les chantiers qui attendent

Au-delà des urgences financières, Hamandjoda doit finaliser l’intégration des actifs hérités d’Eneo et accélérer les grands projets d’infrastructure. La SOCADEL assume désormais la production, la distribution et la commercialisation de l’électricité — un périmètre élargi qui réclame simultanément l’assainissement des comptes et la réduction du déficit énergétique. L’extension du réseau vers les zones rurales, pilier du développement inclusif voulu par le Chef de l’État, figure aussi parmi les priorités immédiates. La qualité du service, régulièrement décriée par les populations, sera le premier juge de paix du nouveau directeur général.

Ingénieur de formation, enseignant de vocation, gestionnaire d’expérience — Oumarou Hamandjoda connaît le secteur de l’intérieur, ses promesses comme ses impasses. En 2026, le Cameroun ne veut plus seulement gérer l’électricité. Il veut la maîtriser. La lune de miel sera courte. L’urgence, elle, est permanente.

Flux migratoires : Le Canada ferme ses portes aux Camerounais non qualifiés

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Le Canada entend désormais privilégier des profils camerounais formés, identifiés et directement employables. Cette inflexion a été clairement exposée lors des audiences accordées fin avril 2026 à Yaoundé à la Haut-Commissaire Marie-Claude Harvey par plusieurs membres du gouvernement.

Au cœur des échanges : la volonté de passer d’une immigration diffuse à une mobilité professionnelle encadrée, structurée autour des besoins réels de l’économie canadienne. Le communiqué du ministère du Commerce souligne ainsi que « de nombreuses vagues de candidats à l’immigration arrivent au Canada sans offre d’emploi préalable, sans profil technique précis, en décalage manifeste avec les besoins réels du marché du travail canadien ». Une situation qui se traduit par des rejets de dossiers et fragilise les trajectoires migratoires. Dans ce contexte, la question de la fiabilité des candidatures s’impose également.

D’après les propos rapportés de Marie-Pierre Côté, ministre-conseillère en charge de la migration au Haut-Commissariat du Canada, « les taux de refus de visas pour le Canada sont beaucoup plus élevés parce que nous découvrons de plus en plus de fraudes dans les documents qui sont présentés ». Cette tendance pousse Ottawa à renforcer ses mécanismes de vérification, en lien avec plusieurs administrations camerounaises.

FORMER LOCALEMENT POUR MIGRER UTILEMENT

Face à ces dérives, les deux pays misent sur un changement de paradigme. La nouvelle approche repose sur une montée en compétences préalable sur le territoire camerounais avant toute mobilité internationale. Le ministère du Commerce indique ainsi que les deux parties ont opté pour une logique consistant à former d’abord, puis à envisager la migration, uniquement si nécessaire, sur la base de formations techniques alignées sur les métiers en tension au Canada.

 Ce dispositif s’inscrit dans un cadre institutionnel déjà amorcé. Le ministère rappelle la signature, en février dernier, d’un mémorandum d’entente avec le ministère de l’Enseignement supérieur et l’Université de Yaoundé I, au bénéfice de l’École nationale supérieure polytechnique de Yaoundé. Le Haut-Commissariat du Canada prévoit de s’appuyer sur cet établissement pour déployer des programmes techniques ciblés, tout en contribuant au renforcement des compétences au niveau local. Dans le même temps, Ottawa rejette toute volonté de capter les ressources humaines qualifiées du Cameroun. Comme l’ont indiqué les responsables canadiens lors des échanges, le dispositif envisagé repose sur un principe de subsidiarité clairement affirmé : les besoins nationaux en compétences doivent être satisfaits en priorité.

 Ce n’est qu’une fois cette condition remplie que des perspectives de migration pourront être ouvertes, pour des profils spécifiques. L’objectif affiché est donc de rompre avec la logique de fuite des cerveaux, en valorisant d’abord le capital humain au service du développement national, avant toute mobilité internationale.

LA CONTRAINTE D’UN DÉFICIT DE RÉTENTION DES TALENTS

Cette nouvelle orientation intervient dans un contexte où le Cameroun peine à conserver ses ressources humaines qualifiées. Le rapport 2023 sur la compétitivité de l’économie camerounaise, publié par le Comité de compétitivité du ministère de l’Économie, classe le pays au 125e rang sur 134 en matière de rétention des talents. Il lui attribue un score de 24,5 sur 100 dans l’indice global de compétitivité des talents, avec un positionnement au 118e rang mondial.

Ces résultats traduisent un paradoxe persistant : le pays forme des compétences, mais ne parvient pas à les retenir. Le rapport met en cause les faiblesses en matière de gouvernance, d’environnement des affaires et d’infrastructures, qui limitent la capacité à fixer les talents. Parmi les recommandations figurent l’amélioration du cadre réglementaire, du système éducatif et des dispositifs de protection sociale.

Dans ce contexte, la nouvelle doctrine canadienne introduit une contrainte supplémentaire. Elle encadre davantage les départs en les conditionnant à une qualification préalable et à une utilité économique clairement identifiée. Le ministère du Commerce insiste d’ailleurs sur ce point, en précisant que le partenariat envisagé exclut toute logique de captation des compétences au détriment du Cameroun.

Au-delà de la régulation des flux migratoires, l’enjeu est également économique. Selon une étude du ministère des Relations extérieures, plus de 70 % des Camerounais de la diaspora envisageraient un retour si des opportunités adéquates existaient, tandis que 50 % se disent prêts à investir, sous réserve d’un meilleur accès aux infrastructures numériques. Dans le même temps, environ 30 % des diplômés quitteraient chaque année le pays.

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