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Conseillers municipaux: Biya accorde une nouvelle pige jusqu’au 28 février 2027

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Par un décret signé ce 4 mai 2026, le président de la République, a prorogé le mandat des conseillers municipaux jusqu’au 28 février 2027. Avec prise d’effet le 1er juin 2026, date de fin du mandat en cours et qui courait jusqu’au 31 mai 2026. Ainsi, les conseillers municipaux bénéficient d’une seconde rallonge après celle survenue en 2025, à l’expiration de leur mandat initial. C’était une décision attendue. D’autant plus qu’en mars dernier, lors de la session parlementaire, le gouverneur manœuvrait pour une seconde prorogation du mandat des conseillers municipaux, après que le même stratagème en faveur des députés (jusqu’en décembre 2026). Mais l’examen du projet de loi y relatif avait été suspendu lorsque le régime s’est rendu compte sue l’initiative était illégale. Du coup, une session du congrès (Assemblée nationale et Sénat réunis) a été convoquée pour préalablement modifier la constitution afin de permettre au président de la République d’aller au-delà de 18 mois de prorogation du mandat des conseillers municipaux.

A ce qu’il semble, Paul Biya veut convoquer le corps électoral pour un scrutin couplé comme il le fait depuis 2002. Entre janvier et février 2027. Même si comme dans le cas des députés en mars dernier, il est indiqué la mention «…sauf tenue, durant cette période, d’élections municipales dans les conditions prescrites par la loi ». Le maître de l’horloge politique nationale pouvant à tout moment interrompre cette pige supplémentaire qu’il accorde aux élus actuels.

Élus le 9 février 2020, le mandat des conseillers municipaux devrait être renouvelé en mars 2025. Le gouvernement avait évoqué des difficultés financières,au motif que quatre élections étaient prévues la même année : présidentielle, legislative, municipale, sénatoriale et régionale. Seule l’élection régionale a pu se tenir après la présidentielle du 12 octobre. En mars dernier, le gouvernement avait évoqué des difficultés et les difficultés logistiques d’Elections Cameroon (Elecam), l’organe chargé de l’organisation des élections, en raison des violences de la crise post-électorale de 2025.

Calendrier désormais imprécis

Aujourd’hui la Constitution modifiée en avril dernier a fait sauter le verrou de la limitation des prorogations du mandat des conseillers municipaux. Du coup, Paul Biya qui ne pouvait pas excéder 18 mois de prorogation, a les pleins pouvoirs pour étendre le mandat des conseillers municipaux autant qu’il voudra. Toujours est-il que rien n’empêche le président de la République de convoquer le corps électoral à tout moment dès l’expiration du mandat initial. Les partis politiques sont donc avertis. Tout peut arriver à tout moment.

Électricité : Eneo est mort, vive la Socadel

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Par un décret présidentiel signé ce 04 mai 2026, Energy of Cameroon (Eneo) devient la Société camerounaise d’électricité (Socadel). Mais le décret présidentiel ouvre le capital aux autres acteurs publics et au secteur privé. C’est le signe le plus marquant de la renationalisation de cette entreprise vendue d’abord à l’Américain AES, puis au Britannique Actis en 2014. Mais le quotidien des Camerounais ne s’est pas beaucoup amélioré avec cette privatisation. Face à cette situation, alors que Fonds d’investissement britannique se préparait à plier bagages, dans un environnement où le clair-obscur persistait et où des critiques à l’intérieur du pays se sont multipliées, poussant le gouvernement à envisager la renationalisation de ce qui était au départ la Société nationale d’électricité (Sonel).

On reprend ainsi un nouveau départ, avec une compagnie nationale d’électricité appartenant à l’Etat du Cameroun. Avec un nouveau conseil d’administration présidé par Antoine Tsimi, un ancien ministre de Paul Biya, que l’on croyait à la retraite depuis des années. Comme membres, on a Fidèle Makonda représentant la présidence de la République, Victor Mbemi Nyaknga le directeur général de la Société nationale de transport de l’électricité (Sonatrel) représentant sa structure, Célestin Chameni représentant les Services du Premier ministre, Théodore Nsangou le directeur général d’Electricity development corporation (EDC) représentant sa structure, Adolphe Tome pour le ministère de l’Eau et de l’Energie et Gilbert Didier Edoa représentant le ministère des Finances dont il est le secrétaire général.

Depuis 1948

L’histoire de cette société remonte sa naissance à 1948, sous l’appellation d’Enelcam (Entreprise électrique au Cameroun), devenue EDC en 1963, après les indépendances, avec pour mission la production, la distribution et la commercialisation de l’énergie électrique au Cameroun. Enéo Cameroon S.A. est née le 12 septembre 2014, sur les cendres d’AES Sonel en 2001, suite à la reprise de 51% des parts par Actis. En novembre 2025, l’État du Cameroun rachète les parts d’Actis, et détient désormais 95% du capital de l’entreprise.

Partenariat Cameroun-Cafi : Le gouvernement sécurise plus de 72 milliards de FCFA pour ses forêts

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C’est le ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire, Alamine Ousmane Mey, qui a présidé le 29 avril 2026 à Yaoundé la première revue annuelle du partenariat entre le Cameroun et l’Initiative pour les forêts de l’Afrique centrale, dite CAFI. L’exercice portait sur l’année 2025, première année opérationnelle depuis la signature de la lettre d’intention à Hambourg en octobre 2024 et le lancement de la phase pilote en 2025. Trois piliers ont été passés en revue.

La gestion durable des ressources naturelles, l’agriculture durable et la préservation du domaine forestier. Et sur le volet financier, le résultat a dépassé toutes les attentes. L’engagement initial du partenariat prévoyait de mobiliser conjointement 60 millions de dollars sur trois ans, soit environ 33,6 milliards de francs CFA. En une seule année, le Cameroun a sécurisé 130 millions de dollars, soit 72,7 milliards de FCFA, en combinant les apports de CAFI, du secteur privé local et d’autres institutions financières internationales.

Leslie Ouarzazi, cheffe adjointe du secrétariat technique de CAFI, n’a pas caché sa satisfaction. « Il y avait un engagement de mobilisation de 60 millions de dollars sur trois ans, et en fait, le pays a pu sécuriser environ 72,73 milliards de FCFA de CAFI et aussi mobiliser des cofinancements du secteur privé et d’autres organes internationaux. Vraiment, on peut se réjouir. On atteint largement les objectifs qui ont été énoncés. »

93 MILLIONS D’EUROS DÉJÀ APPROUVÉS POUR DES PROJETS EN ATTENTE DE DÉPLOIEMENT

 Au-delà de la mobilisation, le conseil d’administration de CAFI a déjà approuvé des projets dont l’enveloppe d’exécution s’élève à plus de 61 milliards de FCFA. Ces fonds sont désormais fléchés, mais leur mise en œuvre effective reste à venir. C’est précisément ce point qui constitue le vrai thermomètre du partenariat.

Mobiliser est une chose. Transformer ces financements en projets productifs, mesurables et ancrés dans les territoires en est une autre. Leslie Ouarzazi l’a reconnu avec prudence. « On s’attend à encore plus de progrès en matière des engagements qui ont été faits sur l’agriculture et l’aménagement du territoire l’année prochaine. »

La phase de démarrage concrète du partenariat a été officiellement lancée le 20 février 2026 à Yaoundé, par le ministre Alamine Ousmane Mey. Elle repose sur quatre projets pilotes complémentaires couvrant la période 2025-2028, dotés d’un financement global d’environ 33,2 milliards de francs CFA, soit près de 60 millions de dollars. Ces projets s’inscrivent dans la mise en œuvre de la Stratégie nationale de développement 2020-2030, dite SND30, et des Objectifs de développement durable.

 Le texte des sources disponibles ne détaille pas projet par projet les montants individuels ni les capacités installées. C’est une lacune que les prochains rapports d’exécution devront combler pour permettre une lecture précise de l’impact réel sur le terrain.

UN HORIZON À 2035 ET 2, 5 MILLIARDS DOLLARS À MOBILISER

Le partenariat signé à Hambourg s’inscrit dans un cadre de long terme. Le Cameroun et CAFI se sont engagés à mobiliser conjointement 2,5 milliards de dollars, soit plus de 1 500 milliards de francs CFA, d’ici à 2035, pour accompagner la transition du pays vers une croissance économique verte. Cet objectif s’aligne sur la SND30 et sur le Plan de convergence de la Commission des forêts d’Afrique centrale, la Comifac, pour la gestion durable des écosystèmes forestiers africains.

Sur le volet des engagements politiques pris par Yaoundé, Leslie Ouarzazi a relevé des avancées tangibles. « Le gouvernement a mené un certain nombre d’actions pour finaliser sa contribution déterminée au niveau national. C’est un engagement par rapport à la Convention Climat pour valider son plan climat national. Il y a beaucoup d’avancées qui ont eu lieu cette dernière année, malgré le fait que les projets d’appui au gouvernement viennent juste d’être opérationnels. » Le Cameroun sort de cette première revue avec une image flatteuse sur la capacité à attirer les financements climatiques.

Doubler son objectif de levée de fonds en un an, c’est un signal fort pour les bailleurs internationaux et pour le secteur privé local qui a participé à l’effort. Mais la surperformance en mobilisation pose désormais une question symétrique : celle de la capacité d’absorption.

Des projets viennent à peine d’être opérationnels, 93 millions d’euros approuvés attendent leur déploiement effectif, et l’horizon de 2,5 milliards dollars à horizon 2035 suppose une machine d’exécution qui n’a pas encore été testée à cette échelle. La prochaine revue annuelle dira si le Cameroun sait non seulement lever l’argent, mais aussi le faire travailler.

SND30 : Le PIISAH, fer de lance de la souveraineté agricole du Septentrion

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C’est dans son message à la nation du 31 décembre 2023 que le Président Paul Biya a prescrit la mise en place du Plan Intégré d’Import-Substitution Agropastoral et Halieutique — le PIISAH. Derrière cet acronyme, un pari économique structurant : substituer progressivement aux produits importés une offre locale compétitive dans les filières stratégiques que sont le riz, le maïs, le poisson, le lait, le palmier à huile, les farines et le mil-sorgho-soja.

Deux ans après son lancement, c’est dans les régions du Nord et de l’Extrême-Nord que ce pari se joue en priorité — et c’est précisément là que se rendra, du 3 au 9 mai 2026, la délégation interministérielle conduite par le MINEPAT Alamine Ousmane Mey.

DES VALLÉES TRANSFORMÉES EN GRENIERS

Pour opérationnaliser le PIISAH, le MINEPAT a accordé en 2025 une subvention d’investissement aux projets VIVA-Bénoué et VIVA-Logone, deux dispositifs cofinancés par la Banque Mondiale dont l’objectif est d’intensifier la production rizicole — riz irrigué dans la vallée de la Bénoué, riz pluvial et irrigué dans celle du Logone.

 Les résultats sont déjà tangibles : côté Bénoué, 15 kilomètres de digue construits, environ 1 300 hectares planés en rive gauche, 500 hectares réhabilités en rive droite, une usine de fabrication de conduites mise en service. Côté Logone, ce sont 2 200 hectares réhabilités à Yagoua et Maga. Des chiffres qui prennent tout leur sens rapportés à l’ambition initiale : faire de ces vallées de véritables greniers capables d’alimenter le marché national en riz produit localement.

 ZINA : 37,5 MILLIARDS INVESTIS POUR UN POTENTIEL DE 9 521 HECTARES

La mission permettra également d’évaluer les aménagements hydroagricoles de Zina, dans le Logone-et-Chari, réalisés dans le cadre du PLANUT — le Plan d’Urgence Triennal pour l’Accélération de la Croissance lancé en 2014 avec l’objectif d’aménager 120 000 hectares de périmètres irrigués dans les trois régions septentrionales. Sur ce seul site de Zina, l’État a injecté plus de 37,5 milliards de francs CFA pour aménager 2 585 hectares, sur un potentiel total envisagé de 9 521 hectares. Un investissement massif dont la délégation entend mesurer le rendement effectif et les perspectives d’extension.

UNE MÉCANIQUE AGRICOLE LIVRÉE AUX RIZICULTEURS

Concrètement, c’est par la remise d’équipements que la mission prendra tout son sens aux yeux des populations. Dans le seul périmètre du PIISAH, les projets VIVA-Bénoué et VIVA-Logone ont constitué un stock significatif de matériels de petite mécanisation : 10 tracteurs, 25 batteuses à riz, 8 mini-moissonneuses batteuses, 25 motoculteurs, 22 tricycles, 20 charrettes à roues, 80 portetout, auxquels s’ajoutent semences, engrais et produits phytosanitaires. Ces équipements seront officiellement remis aux coopératives et riziculteurs bénéficiaires sélectionnés dans les deux vallées — une étape décisive pour que les aménagements réalisés se traduisent effectivement en hausse de production.

KOUSSERI : POISSONNERIE, MÉTÉO ET RÉSILIENCE CLIMATIQUE

À l’extrémité nord du pays, à Kousseri, le Projet de Relance et de Développement de la Région du Lac Tchad (PROLAC) offrira un autre visage de cette politique. Outre la remise de tracteurs et d’équipements piscicoles aux bénéficiaires du PDRI-CL, la délégation inaugurera un Complexe de Poissonnerie moderne et rétrocédera à l’Université de Maroua un Laboratoire de Climatologie et de Météorologie.

Ce dernier équipement, discret mais stratégique, vise à doter les acteurs agricoles de la région d’outils de prévision climatique indispensables dans une zone sahélienne où les aléas météorologiques constituent l’une des principales menaces pour les récoltes et les moyens de subsistance des populations.

Mise en œuvre de la SND30 : Le MINEPAT évalue les projets VIVA-Bénoué, VIVA-Logone et le PIISAH

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C’est une tournée de terrain qui ne ressemblera pas aux habituelles visites protocolaires. Pendant sept jours, du dimanche 3 au samedi 9 mai 2026, le ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire, Alamine Ousmane Mey, accompagné de ses homologues de l’Agriculture et du Développement Rural (MINADER), de l’Élevage, des Pêches et des Industries Animales (MINEPIA) et de la Jeunesse et de l’Éducation Civique (MINJEC), ainsi que du Directeur de Division de la Banque Mondiale pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, prendra la direction des régions septentrionales du Cameroun. L’objectif affiché : mesurer sur le terrain l’état d’avancement des projets structurants engagés dans le cadre de la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030 (SND30), et réaffirmer l’engagement de l’État en faveur du développement agropastoral dans ces zones stratégiques.

LA BÉNOUÉ ET LE LOGONE SOUS LES PROJECTEURS

Premier arrêt significatif : la région du Nord, autour de Garoua et de Lagdo, où sont déployés les projets VIVA-Bénoué et VIVA-Logone. Dès le lundi 4 mai, la délégation effectuera des visites de terrain sur les chantiers en cours : aménagement de près de 6 000 hectares de périmètres irrigués, construction de digues le long de la Bénoué — 18,1 km en rive gauche, 15,7 km en rive droite —, réhabilitation de surfaces agricoles existantes. Le Centre d’Innovation Technologique (CIT) de Lagdo figurera également au programme, témoignant d’une approche qui entend conjuguer infrastructure hydraulique et modernisation des pratiques agricoles.

 Le mercredi 6 mai, la délégation se rendra dans le département du Mayo-Danay, à Yagoua, pour inspecter les travaux de réhabilitation des périmètres relevant du projet VIVA-Logone, notamment le périmètre SP2 et le tracé de la conduite forcée. Le lendemain, cap sur Zina, dans le Logone-etChari, pour une visite des aménagements hydroagricoles réalisés dans le cadre du Plan d’Urgence Triennal pour l’Accélération de la Croissance (PLANUT) : station de pompage, canaux d’irrigation, parcelles aménagées — autant d’infrastructures destinées à transformer durablement le potentiel agricole du bassin du Lac Tchad.

DES ÉQUIPEMENTS REMIS AUX POPULATIONS

 Au-delà des visites de chantiers, cette mission comportera une dimension hautement opérationnelle : la rétrocession officielle d’équipements et de matériels acquis dans le cadre de plusieurs programmes publics. À Lagdo, puis à Yagoua, et enfin à Kousseri, des cérémonies solennelles ponctueront le déplacement. Associations d’usagers de l’eau, coopératives agricoles, groupes de jeunes et de femmes, promoteurs de plans d’affaires agropastoraux : les bénéficiaires du Plan Intégré d’Import-Substitution Agro-pastoral et Halieutique (PIISAH) et du Projet de Relance et de Développement de la Région du Lac Tchad (PROLAC) recevront directement des mains du MINEPAT matériels et engins agricoles — tracteurs inclus.

 La journée du vendredi 8 mai à Kousseri constituera l’un des temps forts de la mission : outre la remise de tracteurs aux bénéficiaires du PROLAC et l’attribution d’équipements agricoles et piscicoles dans le cadre du PDRI-CL, la délégation procédera à l’inauguration d’un Complexe de Poissonnerie et à la rétrocession du Laboratoire de Climatologie et de Météorologie de l’Université de Maroua — un équipement scientifique dont la vocation est de renforcer la résilience des populations face aux effets croissants du changement climatique dans cette zone sahélienne.

ACCÉLÉRER LA TRANSFORMATION STRUCTURELLE

Au fond, cette mission de terrain illustre une ambition gouvernementale plus large : celle de faire des régions septentrionales un levier de la transformation structurelle de l’économie nationale. Le développement du secteur agropastoral, la promotion de l’import-substitution et la sécurité alimentaire figurent au cœur des priorités de la SND30. Dans des régions longtemps perçues comme fragiles sur le plan sécuritaire et économique, ces projets visent à démontrer que l’investissement public, lorsqu’il est bien ciblé et accompagné, peut générer des effets durables sur les conditions de vie des populations — et contribuer, à terme, à réduire le déficit de la balance commerciale du pays.

Incendie à Metafrique Steel : la direction mobilisée aux côtés des victimes

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Dans la nuit du 30 avril 2026, un incident de production a déclenché un incendie au sein de l’usine Metafrique Steel SA, implantée en Zone Industrielle Bassa, à Douala. L’accident a causé des blessures à plusieurs membres du personnel, dont certains se trouvent dans un état critique et sont actuellement pris en charge en soins intensifs dans un hôpital de Douala.

Face à cette situation, la direction a réagi sans délai : prise en charge immédiate des accidentés, alerte des autorités et des secours, fermeture provisoire de l’usine. Un dispositif d’accompagnement psychologique a également été mis en place pour le personnel et les familles concernées, dans l’attente des enquêtes de circonstances.

Dans un communiqué officiel signé de la direction, la société dit tenir à exprimer « toute sa compassion, tristesse et pénible peine à l’endroit des familles des victimes, de son personnel profondément affecté et de ses partenaires ».

Metafrique Steel SA assure par ailleurs suivre avec attention l’évolution de la situation médicale, se disant attentive « aux côtés du personnel médical pour un dénouement optimiste de leurs vaillants efforts ». La direction s’est engagée à tenir le public régulièrement informé des suites données à cet événement.

L’Etat présente sept projets hydroélectriques totalisant 3238 MW aux investisseurs

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Le chiffre donne la mesure de l’ambition. Le Cameroun entend porter sa capacité installée de production électrique à 5 000 MW d’ici 2030. Pour y parvenir, le gouvernement a identifié sept projets hydroélectriques prioritaires, présentés le 28 avril aux investisseurs et bailleurs réunis à Yaoundé dans le cadre d’une table ronde consacrée au financement de 27 projets structurants en partenariat public-privé.

L’enveloppe globale visée sur trois ans atteint près de 21 000 milliards de FCFA, mobilisés à travers un montage hybride associant capitaux privés, financements concessionnels et instruments structurés. L’énergie électrique occupe dans ce dispositif une place centrale. Le gouvernement la présente comme un facteur décisif de développement socioéconomique et d’aménagement du territoire. Sans elle, pas d’industrie minière viable, pas de secteur de transformation, pas d’essor durable des services. Les sept projets hydroélectriques retenus traduisent cette conviction en béton et en mégawatts.

 GRAND EWENG, LE PROJET PHARE À 1 855 MILLIARDS FCFA

Le plus ambitieux des sept s’appelle Grand Eweng. Ce barrage hydroélectrique, à construire sur le fleuve Sanaga, figure en tête du schéma directeur de production d’électricité. Sa puissance installée atteint 1 080 MW, ce qui en fait de loin le projet le plus capacitaire du portefeuille. Son coût de réalisation, travaux et contrôle compris, s’élève à 1 855 milliards de FCFA. Le montage retenu repose sur une concession assortie d’un contrat d’achat d’énergie. La durée prévisionnelle des travaux est fixée à cinq ans. Le projet est porté par le ministère de l’Eau et de l’Énergie.

CHOLLET ET MOUILA MOUGUE, DEUX PROJETS DE GRANDE ENVERGURE SUR LE NYONG ET LA DJA

Avec une puissance installée de 600 MW, le barrage de Chollet constitue le deuxième projet en termes de capacité présenté aux investisseurs le 28 avril 2026. Il prend la forme d’un aménagement hydroélectrique sur la rivière Dja, dans le département du Nyong-et-Kellé. Ni le coût ni la durée des travaux n’ont encore été arrêtés, mais la forme de partenariat publicprivé retenue est la concession.

À quelques kilomètres, sur le fleuve Nyong dans le même département, le projet de Mouila Mougue vise une puissance installée de 420 MW pour un coût estimé à 1 300 milliards de FCFA. Lui aussi sera développé sous forme de concession. Ces deux projets ciblent en priorité la réduction du déficit énergétique du réseau interconnecté sud et la promotion des énergies renouvelables.

 MAKAÏ ET KATSINA ALA, DEUX SITES POUR ÉQUILIBRER LE RÉSEAU

Le projet de Makaï prévoit la construction d’un barrage hydroélectrique sur le fleuve Nyong, dans l’arrondissement de Ngog-Mapubi. Sa puissance installée attendue est de 400 MW. Les coûts et la durée des travaux restent à déterminer. La forme retenue est également la concession. Katsina Ala, lui, s’inscrit dans une logique différente. En plus de la construction d’un barrage réservoir et d’un réseau d’évacuation de l’énergie, le projet intègre la réhabilitation d’une voie d’accès de 60 kilomètres. Sa puissance installée est évaluée à 284 MW pour un productible annuel de 2 176 GWh.

NJOCK ET NGOILA, CES PROJETS AUX RETOMBÉES LOCALES RÉELLES

Le barrage de Njock, à construire sur le fleuve Nyong dans le département du Nyong-et-Kellé, est dimensionné à 170 MW. Ngoila ferme la liste avec une puissance installée de 84 MW. Ce projet, implanté sur le fleuve Dja, comprend la création d’une retenue de 204 millions de mètres cubes d’eau et la construction d’une ligne d’évacuation d’énergie double circuit de 225 kV jusqu’au poste d’Abong-Mbang, en passant par un nouveau poste à construire à Lomié. Il prévoit également l’électrification rurale des localités voisines du site. Son productible garanti annuel est estimé à 461 GWh pour un débit moyen de 297 mètres cubes par seconde.

RELIER LE NORD, SÉCURISER YAOUNDÉ ET DOUALA, EXPORTER VERS LE TCHAD

Au-delà des barrages eux-mêmes, le gouvernement camerounais porte une vision de réseau. À court terme, il entend réaliser les interconnexions entre les grands centres de consommation, renforcer et sécuriser les réseaux de Yaoundé et de Douala par deux boucles de 90 kV chacune, construire des lignes de 225 kV et 90 kV pour alimenter toute la zone ouest du pays, et préparer l’interconnexion avec le Tchad par des lignes de 225 kV dans la zone nord.

Pour accompagner cette transformation du secteur, le Cameroun a signé avec la Banque mondiale un programme de financement axé sur les résultats, dont l’objectif est d’améliorer la viabilité financière du secteur électrique, de renforcer sa performance opérationnelle et d’accroître l’accès à l’électricité sur l’ensemble du territoire.

Finance Week 2026 : les acteurs financiers alertent sur un environnement encore peu lisible pour les investisseurs

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C’est au Starland Hôtel de Yaoundé que le média Eco Matin, dirigé par Émile Fidieck, a tenu le 30 avril 2026 la 4e édition de sa Finance Week. Le thème retenu cette année, « Investissement privé : bâtir la nouvelle puissance économique de la CEMAC », avait le mérite de la franchise. Il posait d’emblée la question que beaucoup d’acteurs économiques de la sous-région se posent sans toujours oser la formuler : pourquoi l’argent ne vient-il pas, ou si peu ? Ministres, gouverneurs de banque centrale, dirigeants d’institutions financières et représentants du secteur privé se sont succédé à la tribune jeudi dernier. Le diagnostic qu’ils ont collectivement livré est sévère, même si personne n’a employé le mot en ces termes.

Un environnement jugé encore illisible

Le directeur général adjoint d’Afriland First Bank a posé le problème sans détour. « L’investisseur, qu’il soit national, sous-régional ou international, a besoin d’un environnement lisible, stable et prévisible. Il a besoin de règles claires, de procédures efficaces, d’une justice économique crédible, d’une fiscalité incitative et d’un dialogue permanent entre les pouvoirs publics, les régulateurs, les banques, les marchés financiers et les acteurs économiques. »

Ce portrait de l’investisseur idéal est aussi, en creux, un portrait de ce qui manque encore en zone CEMAC. Au Cameroun, les chiffres parlent d’eux-mêmes. Les investissements directs étrangers ne représentent que 1,8 % du PIB, un niveau que les experts qualifient de faible au regard du potentiel. La formation brute de capital fixe atteint certes 21,4 % du PIB, mais elle reste largement portée par la commande publique, dans un contexte où les États de la zone font face à des contraintes budgétaires croissantes.

Awusa née Brigitte Krubi, représentante du secrétariat de la Présidence de la République du Cameroun l’a d’ailleurs dit sans ambages. « Les États font face à des contraintes croissantes qui rendent de plus en plus difficile le financement des projets structurants uniquement par les ressources budgétaires. »

La BEAC écarte la dévaluation, mais reconnaît les pressions extérieures

Le gouverneur de la BEAC, Yvon Sana Bangui, a choisi la Finance Week pour délivrer un message qu’il voulait manifestement sans équivoque. Face aux voix qui appellent régulièrement à une dévaluation du franc CFA, il a tranché. « Non ! La dévaluation n’est pas à l’ordre du jour. Ni en 2024, ni en 2025, ni en 2026, ni en 2027. », rassure l’argentier de la Communauté économique de l’Afrique centrale

Il a dénoncé des analyses qu’il qualifie de partielles, approximatives ou franchement malveillantes, et a défendu la rigueur des données publiées par la banque centrale, en soulignant qu’elles sont rigoureusement collectées, vérifiées, auditées et conformes aux standards internationaux.

Mais le gouverneur n’a pas esquivé le tableau d’ensemble. La zone CEMAC a affiché une croissance de 3,5 % en 2025. Pour 2026, les prévisions descendent à 2,9 %, sous l’effet des tensions internationales. Le conflit au Moyen-Orient a provoqué une hausse des cours du brut de 40 % depuis le début de l’année 2026, ce qui alourdit mécaniquement la facture des importations dans une zone qui en reste fortement dépendante. À l’échelle mondiale, le FMI anticipe une croissance de 3,1 % en 2026 contre 3,4 % en 2025, un commerce international ralenti à 2,8 % contre 5,1 % l’année précédente, et une inflation portée à 4,4 %.

Une bonne nouvelle tempère le tableau. « La croissance est tirée par le secteur non pétrolier. L’agriculture, le BTP, le digital, les services. Et c’est une excellente nouvelle. Cela montre que notre économie se diversifie peu à peu », a relevé Yvon Sana Bangui, en soulignant la contribution croissante du secteur financier à cette dynamique.

La Caisse des dépôts du Cameroun cherche sa filiale bancaire

Parmi les intervenants, Richard Evina Obam, à la tête de la Caisse des dépôts et consignations du Cameroun, a mis en avant le rôle que son institution entend jouer dans l’architecture de financement de la sous-région. Il a décrit la CDC comme un outil multidimensionnel, complémentaire aux acteurs financiers existants, et doté d’une capacité contracyclique, c’est-à-dire apte à apporter des ressources en période de crise, à l’État ou à d’autres structures.

Il a annoncé qu’un projet de filiale bancaire est en cours d’étude, conduite par un cabinet international. « Dans les mois qui suivent, nous aurons les résultats de cette étude. Et nous pourrons engager toutes les procédures nationales et communautaires qui permettent d’avoir cette filiale. » Cette filiale serait dédiée au financement des PME et des jeunes entreprises, sur le modèle de BPI France, adossée à la Caisse des dépôts et de consignations française.

Trois conditions posées par Afriland pour que le privé prenne le relais

Afriland First Bank a structuré son intervention autour de trois exigences qu’elle juge non négociables pour faire basculer la CEMAC vers un modèle tiré par l’investissement privé.

La première est la confiance, dans un environnement réglementaire stable et prévisible. La deuxième est la qualité des projets, avec un accompagnement des porteurs d’idées jusqu’à la bancabilité réelle de leurs dossiers. La troisième est l’intégration régionale. « Pris isolément, nos marchés peuvent paraître étroits. Ensemble, ils constituent un espace de croissance, d’opportunités et de compétitivité considérable », a plaidé Dieudonné Hervé Ayissi, directeur général adjoint de la banque.

Ce plaidoyer pour la CEMAC comme espace intégré d’investissement a trouvé un écho dans l’intervention de la représentante du secrétariat de la Présidence, qui a rappelé les réformes engagées au Cameroun. La révision de la Charte des investissements en 2025, la recapitalisation de la Société nationale d’investissement (SNI) repositionnée en outil de co-investissement public-privé, la restructuration de l’Agence de promotion des investissements en guichet unique et le programme PIISAH de renforcement des chaînes de valeur agricoles figurent parmi les mesures citées.

L’exécution, seul test qui vaille

Émile Fidieck, promoteur de la Finance Week, a formulé en ouverture la question que toute la journée allait tenter d’instruire. « Avons-nous un environnement suffisamment lisible pour les investisseurs ? Nos marchés financiers sont-ils capables de mobiliser l’épargne locale à grande échelle ? Sommes-nous capables de transformer cette épargne en projets productifs ? »

Le représentant de la Présidence a offert ce qui ressemblait à une réponse officielle, mais aussi à un aveu de départ. Pour Awusa née Brigitte Krubi, « Le temps du diagnostic est révolu. Les cadres existent. Les contraintes sont identifiées. L’enjeu est désormais l’exécution à grande échelle, avec discipline, coordination et impact mesurable. »

C’est précisément là que le bât blesse depuis des années. Les textes existent, les institutions aussi. Ce qui manque encore, c’est la prévisibilité dans leur application quotidienne, celle que les investisseurs attendent avant de signer un chèque.

Colloque Financier International 2026 : La CEMAC mise sur la blockchain et le mobile money pour financer ses infrastructures

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Le diagnostic était connu. La conclusion, elle, se voulait cette fois opérationnelle. En clôturant le 24 avril dernier la deuxième édition du Colloque Financier International (Colfini 2), les participants ont tourné la page du simple constat pour entrer dans le concret. Sous le haut parrainage du ministre des Finances, Louis Paul Motaze, représenté par Gilbert Didier Edoa, secrétaire général du Minfi, les travaux ont débouché sur une feuille de route articulée autour d’un objectif central : faire du marché financier régional un moteur souverain de financement des grands projets structurants de la sous-région.

 UN MARCHÉ FINANCIER QUI PÈSE À PEINE 2 % DU PIB RÉGIONAL

 Le point de départ des discussions tenait en un paradoxe. L’écosystème institutionnel de la CEMAC est jugé mature. Pourtant, le marché financier ne représente encore que 2 % du PIB régional. Un écart que les participants ont mis en regard d’un gisement de liquidités estimé à près de 500 milliards de FCFA, logé dans le secteur informel et dans les encours du mobile money. Ces ressources existent. Elles ne travaillent pas pour le développement. Le colloque a donc posé la question autrement. Comment capter ces flux, aujourd’hui absorbés par le court terme, pour les orienter vers des investissements de long terme dans les routes, les barrages et l’énergie ? La réponse tient en un mot : désintermédiation.

 LA BLOCKCHAIN POUR RENDRE CHAQUE FRANC TRAÇABLE

Parmi les quatre piliers de la feuille de route adoptée, la technologie occupe une place de choix. Le COLFINI 2 a consacré l’entrée de la blockchain et de la tokenisation dans l’ingénierie financière régionale. L’idée est simple dans son principe. En adossant chaque emprunt à un actif tangible et traçable, on garantit aux investisseurs une transparence absolue sur l’allocation des fonds.

Cette mécanique ouvre la voie à une démocratisation de l’investissement. Grâce à la tokenisation, des parts de projets d’infrastructure jusqu’ici réservées aux institutionnels deviennent accessibles au grand public. Le rapport de synthèse du colloque le formule sans détour. « L’heure n’est plus à l’observation, mais à la mise en œuvre d’une autonomie financière qui repose sur l’intelligence de nos montages et la force de notre épargne locale. »

LE MOBILE MONEY, BRAS ARMÉ DE L’INCLUSION FINANCIÈRE

C’est sur ce terrain que le mobile money entre en scène. Les participants au COLFINI 2 lui ont assigné un rôle précis. Celui de passerelle entre l’épargne diffuse des ménages et les besoins en capital des grands projets régionaux. En permettant à chaque citoyen de souscrire à des instruments financiers depuis son téléphone, la sous-région entend élargir massivement la base des investisseurs. Le modèle repose sur une logique d’inclusion. Ce que les institutions financières classiques n’ont pas réussi à capter, le mobile money pourrait le mobiliser par le volume et la capillarité de son réseau. La feuille de route du COLFINI 2 ne s’arrête pas là. Elle promeut également une transition vers ce que les experts appellent la dette-projet, fondée sur la généralisation des véhicules à but spécial et des obligations de projet.

Elle consacre aussi l’essor des Sukuk, instruments de la finance islamique, présentés comme un modèle distributif permettant un partage équitable des risques et des rendements entre l’État et l’investisseur. Sur la question de la dette souveraine, le colloque a adopté une position ferme. « Il est impératif de ne pas recourir systématiquement à la restructuration de la dette », indique le communiqué final, qui appelle à une évaluation précise de la capacité de remboursement de chaque État, fondée sur les niveaux de liquidité et de solvabilité, avant toute décision de financement.

 SOUVERAINETÉ FINANCIÈRE ET EXPERTISE LOCALE

En conclusion des travaux, les participants ont plaidé pour la sanctuarisation de l’expertise technique régionale. Le reproche était adressé sans détour aux pratiques actuelles, où les grands montages financiers sont trop souvent confiés à des acteurs extérieurs au détriment des compétences locales. La souveraineté économique de la CEMAC, ont-ils estimé, dépendra de sa capacité à structurer, noter et piloter ses propres instruments financiers via des acteurs locaux certifiés. Le COLFINI, plateforme annuelle dédiée à la co-construction de l’écosystème financier de l’Afrique centrale, a ainsi posé à Yaoundé les jalons d’un changement de paradigme. Reste à en mesurer la mise en œuvre.

Yaoundé cœur de ville : Le maire Luc Messi Atangana satisfait de l’évolution des travaux

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C’est un maire visiblement satisfait qui a sillonné hier, lundi 28 avril 2026, les différents sites du projet Yaoundé cœur de ville. Luc Messi Atangana, maître d’ouvrage du projet, s’est rendu successivement au carrefour Mvan, à la gare routière de Mvan en construction, au carrefour dénivelé d’Elig-Effa et à la gare de Messa (Mokolo), pour constater de visu l’état d’avancement de ce vaste chantier urbain qui ambitionne de transformer en profondeur le visage de la capitale camerounaise.

Cette tournée intervient dans un contexte particulier : dix mois après le démarrage effectif des travaux structurants, le projet affiche un taux d’exécution de 32 % pour une consommation de délais de 30 %. Un ratio jugé satisfaisant, qui a d’ailleurs convaincu l’Agence française de développement (AFD) d’ordonner le décaissement de la deuxième tranche de financement, soit 12 milliards de francs CFA supplémentaires injectés dans la continuité des travaux.

UN PROJET ANCRÉ DANS LE C2D

Financé à hauteur de 48,7 milliards de francs CFA, le projet Yaoundé cœur de ville repose sur un partenariat entre la France, qui contribue pour 43,2 milliards de francs CFA, et le Cameroun, dont la part s’élève à 5,5 milliards de francs CFA. Ces fonds sont mobilisés dans le cadre du Contrat de désendettement et de développement (C2D), mécanisme bilatéral de coopération qui convertit une partie de la dette camerounaise envers la France en investissements au bénéfice direct des populations.

Lancé en juin 2025 pour les travaux structurants — et un mois plus tard, en juillet 2025, pour les travaux à impact rapide — le projet s’articule autour de deux composantes principales. La première, dite « travaux structurants », porte sur la construction ou la réhabilitation de grandes infrastructures urbaines : gares routières, carrefours dénivelés et voies de circulation. La seconde, les « travaux à impact rapide », cible des aménagements de moindre envergure mais à fort effet visible sur le quotidien des Yaoundéens, notamment des terminaux à minibus et le reprofilage de carrefours.

MVAN : LA CHAUSSÉE SE DESSINE

Au carrefour Mvan, première étape de la tournée, le maire a pu observer le travail méthodique accompli par l’entreprise Razel, mobilisée sur ce site depuis le lancement des travaux. Les engins de terrassement ont profondément reconfiguré la physionomie du carrefour et de ses voies adjacentes. Selon Atangana Bindzi, ingénieur de suivi du projet, les travaux de libération des emprises sont pratiquement achevés. Les équipes posent désormais les perrés maçonnés sur les talus pour prévenir les glissements de terrain, tandis que les travaux de chaussée avancent avec la pose des caniveaux 50×50 et le terrassement des voies menant vers Ahala et Tropicana. Le déplacement des réseaux — Eneo, Camwater, Camtel — se poursuit en parallèle, de même que le règlement des derniers cas d’indemnisation recensés sur l’emprise du chantier.

 Le nouveau poste de police, qui avait dû être démoli pour laisser place aux travaux, est quant à lui en pleine reconstruction. Toujours à Mvan, mais sur le site de la future gare routière, logée entre le lycée technique de Nsam et le carrefour SCDP, les travaux se trouvent à une phase plus fondamentale — au sens propre du terme.

La zone, naturellement marécageuse et constituée de dépôts de terre boueuse, a nécessité un travail préalable de reconstitution du sol : creusage de fouilles sur l’ensemble du site, enrochement pour substituer les terres instables, puis remplissage en matériaux solides. « Nous construisons en ce moment une couche de forme et les fondations des différents bâtiments de la gare », a précisé l’ingénieur de suivi. Un chantier encore invisible pour le passant, mais dont la rigueur conditionne la solidité de l’ouvrage à venir.

ELIG-EFFA : LE TUNNEL PREND CORPS

C’est sans doute le chantier le plus spectaculaire du projet, et celui qui avait suscité le plus de scepticisme. La construction d’un carrefour dénivelé avec giratoire et passage souterrain à Elig-Effa semblait, il y a encore peu, relever du vœu pieux pour une ville comme Yaoundé. Mais la réalité du chantier a dissipé les doutes. Après six mois de fouilles intensives, l’entreprise a réalisé le béton de propreté, ferraillé et coulé les radiers, et s’attelle désormais à couler les voiles du tunnel.

Le génie civil du passage souterrain prend donc littéralement forme sous les yeux des riverains. En parallèle, le déplacement des réseaux se poursuit sur ce site particulièrement dense, avec notamment les infrastructures d’Eneo, Camwater et Camtel qui doivent être déviées pour libérer définitivement l’emprise des travaux.

MESSA : TABLE RASE POUR UN NOUVEAU DÉPART

À la gare de Messa (Mokolo), la transformation est peut-être la plus brutale dans son apparence immédiate. Là où s’agitait naguère une gare routière bouillante et bondée de monde, il ne reste aujourd’hui qu’un vaste terrain plat, parsemé d’engins. L’ancienne gare a été rasée, après que commerçants et transporteurs ont été recasés dans une structure provisoire construite à cet effet par le projet : 120 comptoirs installés sous un hangar à l’abri des intempéries, des places de parking matérialisées et des toilettes modernes avec eau courante.

 Une solution d’attente digne, saluée par les bénéficiaires eux-mêmes. Marie Djock, présidente des commerçants de l’ancienne gare, se dit heureuse de voir le projet se concrétiser et de constater que la plupart des commerçants recensés ont déjà été indemnisés. Fondjomo Catherine Yvette, commerçante depuis dix-huit ans à la gare de Mokolo, confirme : indemnisée et recasée, elle poursuit sereinement ses activités dans le nouveau site provisoire. Les travaux sur ce site consistent désormais en l’aménagement des plateformes devant accueillir la nouvelle gare. Seule ombre au tableau : une station-service mitoyenne dont le processus d’indemnisation s’éternise, freinant la progression des travaux sur cette partie du site.

PLUS DE 1 000 PERSONNES INDEMNISÉES

Au-delà des chantiers eux-mêmes, la tournée du maire a permis de mesurer l’ampleur du volet social du projet. Depuis le démarrage des paiements en avril 2025, plus de 95 % des personnes affectées par le projet ont été indemnisées, soit plus de 1 000 bénéficiaires sur l’ensemble des sites. Sur les 1 272 Personnes affectées par le projet (PAP) recensées, 1 020 ont signé leurs accords de compensation. Après validation par la Communauté urbaine de Yaoundé (CUY), 1 000 dossiers ont été transmis à la Caisse autonome d’amortissement (CAA) pour règlement.

Le montant total des compensations des accords signés s’élève à 1 253 736 248 francs CFA, dont 944 597 043 francs CFA ont déjà été effectivement payés, soit un taux de paiement global de 77,85 %. Les paiements inférieurs à 500 000 francs CFA ont été effectués en espèces ; les montants supérieurs, par chèque. Quelques dossiers restent en suspens pour des raisons administratives — erreurs de noms ou de montants, bénéficiaires hors emprise, doublons ou refus du montant proposé. Trente-six chèques attendent encore d’être retirés par leurs bénéficiaires. Un mécanisme de gestion des plaintes a été mis en place pour traiter ces situations résiduelles.

LES DÉFIS DE LA PROCHAINE ÉTAPE

Si le bilan à un an est globalement positif, le coordonnateur du projet, Arnauld Philippe Ndzana, ne cache pas les défis qui subsistent. Le déplacement des réseaux doit s’accélérer, et le périmètre des chantiers, constamment envahi par des commerçants et passants, constitue un risque permanent pour la sécurité et le calendrier. Plus structurellement, le projet est exposé à une possible mesure suspensive de l’AFD, qui a fait part de son inquiétude face aux retards dans le décaissement de la contrepartie camerounaise.

 La part de l’État, attendue à hauteur de 4 milliards de francs CFA via le ministère de l’Habitat et du Développement urbain, et de 1,5 milliard par la CUY sur trois ans, conditionne en effet la poursuite des décaissements français. Un équilibre financier à préserver absolument pour que Yaoundé puisse, dans les délais impartis, se doter des infrastructures urbaines qu’elle attend depuis longtemps.

Yves TChenang

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