vendredi, avril 10, 2026
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Emancipation: L’association Adna Liten Li Basa’a choisit Eseka pour lancer son programme de développement

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De nombreux préjugés entachent l’image du peuple Bassa’a au Cameroun. Les individus qui le composent sont généralement perçus comme peu enclins à la discipline et incapables de se rassembler autour d’un idéal commun afin d’impulser le développement de leur espace de vie. Ces idées préconçues n’émeuvent que ceux qui en font une vérité générale et oublient de regarder au-delà des aprioris. Car loin des regards inquisiteurs, des dynamiques de développement se construisent. L’une des plus prégnantes est le projet «Woo wada ikan be djomb», entendez, «une seule main ne peut suffire à ficeler un paquet», impulsé par l’association Adna Liten Li Basa’a. Pour se faire une idée de l’engagement et de la détermination de ladite association, il faudra être à Eseka du 13 au 14 août 2024. Cette ville du département du Nyong-et-Kellé, dans la région du Centre, sera le théâtre d’un événement majeur qui s’articulera autour du thème: «Eseka Flambeau du changement».

Articulations et organisation

Organisé par l’antenne camerounaise de Adna Liten Li Basa’a, avec le soutien conséquent de son extension européenne (France, Suisse), et d’autres organisations telles que Give Back To Mama, Isrun et GIC Agrogreen, ce rendez-vous sera meublé par des conférences, ateliers et pratiques sur le leadership, l’entrepreneuriat, le digital, l’autonomisation de la femme et la gestion des finances. Éligibles pour une attestation qui leur sera remise à la fin de l’évènement, les participants auront également l’opportunité au cours de celui-ci, d’assimiler les enseignements prodigués par le Professeur Jean Emmanuel Pondi, universitaire de haut vol et recteur de ICT University. A ses côtés on aura Samuel Ervé Mandeng, chantre du développement personnel et promoteur des plateformes Cameroon Digital Boost et de Give Back To Mama, ainsi que Majesté Christine Andela, directrice de Isrun.

D’autres initiatives à suivre

Après Eseka, d’autres initiatives vont suivre. Il s’agit notamment du programme d’échange entre les élèves du Cameroun et d’Espagne, d’un festival de la gastronomie prévu en mai 2025, la mise en place d’une caravane régulière au Cameroun et en France mais également en Espagne. «Nous prévoyons courant septembre de nous déployer au niveau de tous les départements au-dessus de la Loire donc au-dessus de Nantes», précise Adliba qui, après avoir sécurisé un partenariat avec BGFIBank révèle par ailleurs qu’elle est en négociation pour signer un autre accord avec Isrun

Le but de Woo wada ikan be djomb

L’évènement susmentionné est une déclinaison opérationnelle des missions que s’est fixées  l’association Adna Liten Li Basa’a à travers son projet «Woo wada ikan be djomb». A en croire ces concepteurs, «Cette initiative est née d’un constat. Celui de la perte des notions culturelles, de l’unité, du courage, du travail, du respect et de l’amour», indiquent-t-ils, tout en précisant qu’il est impérieux «de les remettre au cœur de la communauté Grande Sanaga dans le but de transmettre et de léguer un socle fort aux générations futures». Toutefois, le projet susmentionné n’a nullement pour seule ambition de fédérer les Bassa’a autour de l’urgence de la réappropriation culturelle. Le principal objectif qu’il vise est de soutenir, accompagner, favoriser l’entraide de toutes les catégories (senior, jeunes, entrepreneurs, sportifs, artistes) de la communauté Basa’a au Cameroun et en Afrique.

Ambitions

Elle ambitionne également de devenir une force économique au Cameroun et en Afrique, développer entrepreneuriat de la communauté Bassa’a; l’accompagner juridiquement; mais également être une force de proposition auprès des institutions camerounaises. Pour ce faire, elle structure sa vision autour de quatre principaux piliers: Accroître son implantation à travers le monde afin d’apporter «un soutien sans faille à tous ses membres dans le besoin sans condition», mettre en place un fonds d’investissement, et enfin mettre en place des projets de développement. Ces ambitions ont pour seul et unique fil conducteur «la culture bassa’a»

L’association Adna Liten Li Basa’a a une antenne au Cameroun qui est par ailleurs, le point focal de l’association pour l’Afrique. Elle est dirigée par Ngo Nonga Pulchérie, dont la mission est de l’étendre vers d’autres territoires à l’instar du Nigeria, du Niger et de la Côte d’Ivoire. Les différentes antennes européennes  (France, Italie, Allemagne, Espagne, Suisse, Pays-bas, Belgique) sont chapeautées par un point focal localisé en France, à la tête duquel trône Luc Banemeck, qui dirige également l’organe décisionnel de l’association baptisé Adna Emea (Adna Europe-Middle-East-Afrique-Amérique-Asie). Dans son déploiement, Adliba n’exclut pas la possibilité de collaborer avec d’autres associations Bassa’a, afin de porter «plus loin la dynamique de changement et de développement», qu’elle tente d’impulser.

Nord-Ouest : Deux policiers abattus par des hommes armés

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Deux policiers sont tombés au front de la guerre séparatiste qui sévit dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest ce 7 août 2024. Les gardiens de la paix de 2ème grade Bataré et Fotsing Nji, en service au Groupement mobile d’intervention mobile (GMI) de Bamenda, ont été surpris par des tirs d’hommes venus à motos, à leur poste de contrôle dans le 2ème arrondissement de la ville de Bamenda. Selon le lanceur d’alertes Nzui manto, « des ambazoniens à bords de plusieurs motos se sont fait passer pour des benskineurs endeuillés par la mort d’e leur collègue. Stratagème qui leur a permis de leurrer les policiers au contrôle de Azire sur qui ils ont ouvert le feu, atteignant mortellement deux policiers».

On apprend que les policiers avaient reçu l’ordre de ne pas tirer sur les hommes à motos. Estimant à 1504 le nombre de soldats tués sur le front de cette crise déclenchée en novembre 2016 par des cocktails molotov et qui s’est progressivement muée en une guerre. Les combattants séparatistes luttent pour la sécession des régions anglo-saxonnes, au motif de la « marginalisation » par la majorité francophone.

Nécrologie : Issa Hayatou est mort

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Issa Hayatou n’est plus. L’ancien président de la Confédération africaine de football (CAF) est mort ce soir à Paris en France, de suite de maladie. L’information circule comme une trainée de poudre, d’abord sous forme de rumeur, avant d’être confirmée par des sources familiales.

C’est une fin qui était presqu’attendue tant l’ancien baron du football africain et même mondial avait une santé précaire ces dernières années. Ses nombreux voyages à l’étranger, notamment en France, avaient une raison médicale. L’Afrique perd un grand homme qui aura œuvré toute sa vie au rayonnement du sport et surtout du football africain. A la tête de la CAF pendant près de 30 ans, l’homme a su défendre les intérêts de l’Afrique sur la scène mondiale, jusqu’à son départ en 2016. Renversé par Ahmad Ahmad, le prince de Garoua qui avait terminé sa carrière, président par intérim de la Fédération internationale de football association (Fifa), avait pris une retraite à la tête du Conseil d’administration de l’Académie nationale de football du Cameroun (Anafoot).

Martin Paul Mindjos Momeny : «Le projet Proporc prévoit de développer 500 fermes porcines »

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Comment le projet s’intégrera-t-il aux politiques et stratégies nationales de développement de l’élevage ?

Je voudrais aborder cette question en soulignant que c’est le Gouvernement qui élabore les politiques publiques. Il les met en œuvre à travers des structures créées à cet effet. La Chambre d’Agriculture est donc l’une de ces structures, dont le rôle est d’assurer la mise en œuvre desdites politiques, dans les secteurs qui sont les nôtres, à savoir les secteurs agro-sylvo pastoral et halieutique. A travers ce rôle, notre travail à la Chambre est de rechercher au quotidien, pour nos membres et ressortissants, des opportunités diverses pour le développement de leurs activités, en s’appuyant sur les politiques en place. C’est dans ce cadre que s’inscrit le projet Proporc. Sa finalité est donc de permettre aux membres et ressortissants de la filière porcine de la Chambre, de saisir les opportunités qu’offre la politique actuelle du gouvernement pour développer et moderniser leurs exploitations et ainsi contribuer à une offre de protéines alimentaires en quantité et en qualité.

Par quel moyen le projet va-t-il contribuer à la modernisation de la filière porcine au Cameroun ?

Relativement à la modernisation de la filière porcine, il convient tout d’abord de rappeler que l’activité dans cette filière reste jusqu’à présent traditionnelle. Les exploitations sont encore le fait de petits fermiers dont l’activité d’élevage porcin n’est pas la principale. Il s’agit, comme on peut le voir sur le terrain, d’une filière aux pratiques archaïques, laquelle ne profite pas de tout le potentiel dont dispose notre pays en termes d’environnement naturel, de savoir-faire moderne et de marché. Sa modernisation apparaît donc indispensable et la contribution du projet est d’aider à sa structuration et à son développement, à l’effet d’y promouvoir des acteurs, qui sont nos membres et ressortissants, capables de créer et de gérer des fermes modernes, de même niveau de technologie que ce que nous voyons dans les pays évolués.

Notre action, à travers le projet, portera à cet effet, sur quatre axes majeurs à savoir ; rendre disponibles, grâce au savoir-faire de nos partenaires, des infrastructures (bâtiments et équipements) de qualité ; fournir à travers une maîtrise adéquate de la génétique, des animaux d’élevage économiquement viables et adaptés à nos conditions climatiques ; promouvoir un dispositif entrepreneurial de production et de distribution d’aliments de qualité et enfin, faciliter l’émergence d’un marché porcin national et sous régional moderne, susceptible d’accroître la demande et de tirer la production vers le haut. Il reste entendu que tout ceci devra être assis sur une offre de formation régulière et adaptée à tous les maillons de la filière.

Comment le Proporc va-t-il contribuer à améliorer la qualité et la disponibilité de la viande de porc pour les consommateurs camerounais ?

Il est important de noter que les données non actualisées provenant du gouvernement indiquent une demande d’environ 75 000 tonnes de viande face à une production d’environ 30 000 tonnes. Il est donc nécessaire d’actualiser ces chiffres, mais nous pouvons nous baser sur ces données pour affirmer que l’objectif du projet, d’ici 2026, est de combler ce déficit et de générer un surplus destiné à l’exportation. Le projet prévoit de développer, entre 2024 et 2026, 500 fermes en collaboration avec nos partenaires, y compris pour la levée de fonds nécessaire à la mise en œuvre. Chaque ferme comptera 28 truies, ce qui signifie qu’elles produiront des porcelets. On estime qu’une telle ferme produira environ 1 500 porcelets. Ainsi, en multipliant par 500, nous prévoyons qu’en 2026, nous aurons une production suffisante pour couvrir le marché local et exporter l’excédent.

Je tiens à souligner que ce projet suscitera un vif intérêt et positionnera clairement le Cameroun comme un pays producteur de porc à moyen terme. Un aspect crucial de ce plan est la formation. À cet égard, nous avons conclu un accord avec la commune de Bankim, qui a fourni des terres et diverses facilités locales pour l’établissement d’un centre de formation. Nous souhaitons le situer dans une zone sécurisée, à proximité de l’eau, pour favoriser le développement de diverses activités. En collaboration avec la commune de Bankim, nous avons entrepris plusieurs initiatives pour créer un centre de formation dédié à l’encadrement complet de cette activité.

Banque: comprendre le départ de Société Générale du continent

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 Après avoir cédé la grande partie de ses filiales, le groupe français finalisera la dissolution  de sa direction Afrique Centrale et de l’Est lors d’une AG extraordinaire prévue ce 08 Août à Douala.

Depuis  juin 2023,  le groupe bancaire français Société Générale se désengage progressivement du continent africain. Les dirigeants du groupe ont d’abord annoncé la sortie de quatre pays. Le Tchad,  la Mauritanie,  le Congo et la Guinée Equatoriale.  Puis coup sur coup,  on a observé un vaste programme de cessions en Afrique.  Sa filiale marocaine a été  reprise par le groupe Saham, propriété du milliardaire Moulay Hafid Elalamy ;  celle de sa division spécialiste du crédit-bail, Société générale Equipment Finance a été achetée par  BPCE (Banque populaire-Caisses d’épargne). La franchise du Tchad a été passée à Coris Bank tandis que BGFI Bank a repris celle du Congo.  En Afrique centrale, seul le sort du Cameroun, son principal marché dans la région n’a pas encore été dévoilé.

 Dans quelques jours,  la 17eme banque mondiale  va finaliser son départ du continent. Une  assemblée générale extraordinaire de la direction Afrique centrale et de l’Est est prévue ce 08 août à Douala. L’un des points inscrits à l’ordre du jour est la dissolution de cette direction  et la désignation d’un mandataire pour mettre en œuvre la décision.    Ce sera sans surprise pour le monde de la finance. Car, Société générale (SG)  a annoncé  depuis sa volonté de quitter le continent africain  pour « se concentrer sur les marchés plus matures ».

 Société Générale  Afrique centrale et de l’Est  est composée des filiales du Cameroun, Congo, Tchad Guinée Equatoriale, Madagascar et Mozambique.  Son capital est estimé à 100 millions de FCFA.

Interview

Jean Marie BIADA,  expert financier

 «   C’est le résultat des parts de marché  perdus par la France »

 L’expert certifié Onudi en diagnostic et mise à niveau des entreprises  décrypte la décision du groupe Société Générale de quitter le continent tout en dévoilant les implications pour le secteur financier.

Le groupe bancaire Société Générale est sur le point de dissoudre sa Direction Afrique Centrale et de l’Est. Ce, après avoir cédé la plupart de ses filiales d’Afrique de l’Ouest. Comment comprendre le départ de ce géant de la finance ?

 La société générale est classée dans la catégorie des entreprises mondiales. Et toutes ces grandes entreprises aux yeux du grand public  représentent la France. Il y a deux ans, le président français a dit que la France a suffisamment perdu en Afrique. Elle qui était pratiquement  à 38% de parts de marché a dégringolé pour se retrouver à  10%. La  France qui avait  à l’époque ce qu’on appelle des marchés captifs est aujourd’hui en totale concurrence avec  des partenaires qu’on ne voyait pas avant. Dans le domaine de la banque. Au début des années 60, c’était la société générale du Cameroun, la Bicec et Paribas. Et en dehors de Paris bas qui venait de France on n’avait plus d’entreprises qui venaient d’ailleurs. Depuis 2000, la sur bancarisation a fait en sorte que le secteur s’est effondré. Et on s’est retrouvé pratiquement autour de 10 entreprises. Donc jusqu’en 2000 nous n’avions que 10 banques commerciales au Cameroun.

 Est-ce à dire que le secteur a aujourd’hui peu de potentiel au niveau du Cameroun par exemple où on observe pourtant ces dernières années, l’arrivée de plusieurs banques dont Africa Golden Bank en est la dernière ?

Le Cameroun vise à se doter de 35 à 38 banques  à l’horizon  2030.  C’est-à dire que le Cameroun va agréer plusieurs banques les prochaines années. Or, est-ce que la taille de la population a augmenté? Pas du tout. Donc résultat de course, la société générale se rend compte que ce n’est plus le marché où il devait se battre contre 9 concurrents. Il se retrouve aujourd’hui  à se battre contre 18 confrères.  En un lapse de temps,  Access Bank est arrivé ici  et avec une seule agence à Akwa veut racheter Standard chartered bank. Or, UBA qui est une grande banque ici est derrière Access bank. Or, Access Bank est  britannique, la standard est américaine, vous voyez que tout ce beau monde est en train de se retirer parce qu’à l’époque ils étaient dans un marché captif où ils faisaient la pluie et le beau temps. Mais aujourd’hui, on se rend compte que malheureusement dans les pays voisins du Cameroun, les locaux sont de plus en présents,  comme le Togo à travers Ecobank a déjà percé le marché, le Nigeria voisin à travers UBA, la Guinée  Equatoriale à travers Bange Bank… donc ces gens se retrouvent à l’étroit au point qu’ils veulent seulement se retirer. 

 Ce départ de Société Générale aura-t-il un impact sur le secteur financier ou l’économie camerounaise ?

 Il n’y aura pas d’impact particulier par ce qu’elle n’est pas une entreprise industrielle mais une entreprise de service. Deuxièmement, la banque propose les mêmes produits que Afriland first Bank. Car le rôle de la banque c’est collecter l’épargne auprès des investisseurs  et épargnants et reverser cette épargne dans le cadre des activités de crédit.  A moins que la société se retire sans indemniser ceux qui ont de l’argent  dans ses guichets. On pourra ressentir de petites secousses mais qui seront rattrapées par le gouvernement via la société de recouvrement des créances (SRC).  C’est -à -dire que le volume de dette peut être transféré à la SRC.  

Le secteur financier c’est 4 maillons : les activités de micro-finance, de change, les assurances et enfin les banques. Voilà des concurrents qui offrent à peu près le même service et de mon point de vue je ne pense pas que  le retrait d’un seul concurrent, un fût-il dans le top 5, son simple retrait puisse porter atteinte au fonctionnement du secteur.  Quand on parle de dissolution, il s’agit de la vente. Donc quand on aura approuvé les états de synthèse arrêtés au 30 juin  2024, on verra les actifs et les passifs qu’on va proposer en vente. Dissoudre c’est une façon de dire qu’on va racheter. Donc ils vont simplement vendre leurs actions et les confrères qui sont dans le domaine vont  reprendre l’activité à leur compte  et poursuivre l’exploitation.

Affaire Glencore: Le Minfi et le TCS aux trousses des coupables

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Les officiels camerounais ayant reçu des pots-vins du trader anglo-suisse Glencore vont-ils enfin faire face à la justice? C’est du moins l’espoir que suscite un récent communiqué d’Adolphe Moudiki, administrateur directeur général de la Société nationale des hydrocarbures (SNH), dans lequel il annonce avoir saisi, depuis bientôt un an, le Tribunal Criminel Spécial (TCS) afin d’identifier les complices camerounais de ces actes de corruption. «La SNH, qui a introduit une plainte devant le Tribunal criminel spécial (TCS) le 6 novembre 2023, pour identifier les complices camerounais de ces actes de corruption, est confiante que l’issue de la procédure à Londres permettra l’accélération des enquêtes au niveau du TCS». En effet, dans le même document, ce haut dirigeant se satisfait également de ce que les actes de corruption commis au détriment de la SNH ont été identifiés, et que les corrupteurs seront présentés devant le Tribunal de Westminster à Londres, le 10 septembre 2024. Bien plus qu’une simple correspondance, le communiqué de la SNH est un témoignage parlant, dans un contexte où le gouvernement Camerounais est fortement critiqué pour sa gestion de l’affaire Glencore. C’est aussi la manifestation de son engagement à traîner devant la justice, les coupables impliqués dans ce vaste scandale de corruption, indépendamment de leur nationalité.

Récupérer son argent et punir les coupables

Toutefois, bien avant la sortie d’Adolphe Moudiki, l’Etat du Cameroun avait d’ores et déjà engagé, dans le secret le plus absolu, des actions visant à confondre les coupables. Concrètement, révèle une source proche du dossier, suite aux dénonciations de Maître Akere Muna, avocat et vice-président de Transparency International, une ONG internationale dédiée à la lutte contre la corruption, Louis Paul Motaze a sollicité et obtenu de la présidence de la République, l’autorisation d’engager des actions contre Glencore. Le chef de l’Etat a même fait de lui la principale interface entre le Cameroun et l’Unité d’échange d’informations mise sur pied pour faciliter les investigations sur les actes de corruption commis par cette multinationale dans divers pays, précise notre source. Au Cameroun en particulier, Glencore a réussi à mettre sur pied, un stratagème qui lui a permis de verser de pots-de-vin visant à favoriser le déploiement de ses activités. Tel que l’explique notre interlocuteur, c’était un véritable système de corruption, par lequel a transité près de 6,4 millions d’euros, soit 4,1 milliards de FCFA.

C’est au vu de ce qui précède qu’un groupe de travail a été mis en place par le  Minfi afin d’évaluer les pertes fiscales découlant des fraudes reconnues par le groupe Glencore devant les tribunaux étrangers. Cette unité opérationnelle n’a pas tardé a formulé quelques propositions pouvant faciliter le retour des recettes fiscales perdues par l’Etat à cause des actes de corruption initiés par le trader anglo-suisse. D’un autre côté, souligne notre informateur, le Minfi a laissé entendre que l’administration devrait saisir les juridictions compétentes pour des faits de fraudes fiscales, ou alors se constituer partie civile dans les procédures en cours au sein des juridictions pénales. «La première suggestion que le groupe de travail a formulée est celle relative à la taxation des sommes incriminées au titre des revenus occultes». L’objectif visé ici est de récupérer le maximum d’argent, majoré de lourds intérêts. Car, l’article 45 du Code général des impôts dispose que «les sociétés et autres personnes morales passibles de l’impôt sur les sociétés sont assujetties à l’impôt sur le revenu des personnes physiques à raison du montant global des sommes que, directement ou par l’entremise d’un tiers, ces sociétés ou personnes morales ont versées (…) à des personnes dont elles ne révèlent pas l’identité», indique-t-il. En second lieu, «le Minfi a rappelé qu’il est également possible pour l’administration de tirer les conséquences fiscales des informations fiscales portées à sa connaissance notamment au regard de l’impôt sur les sociétés», souffle notre interlocuteur. Surtout que, d’après lui, « Lesdites informations mettent en évidence l’existence de des investissements reposant sur la passation d’écritures comptables erronées».

Les recommandations du Minfi et du groupe de travail évoqué supra ont connu dans la foulée un début d’implémentation. C’est du moins ce qui transparaît des déclarations faites à Défis Actuels par une autre source qui a réclamé l’anonymat. «Les travaux qui ont été menés permettent déjà d’envisager la phase opérationnelle qui, en principe, doit aboutir à la constatation des créances du trésor public sur le chef de la branche camerounaise de Glencore»,a-t-elle déclaré. En dehors de cette évolution, «des demandes d’informations destinées aux autorités suisses et britanniques ont été transmises à l’Unité d’échange international des renseignements. Selon ce que j’ai pu comprendre, le but est d’obtenir des éléments du dossier d’enquête du Serious fraud office (SFO). Pour finir, j’ai également appris que le périmètre des infractions recensées au titre de la législation douanière et de la législation sur le blanchiment d’argent a été clairement défini», a-t-il ajouté. Pour finir, des indiscrétions captées auprès de la même source, indiquent que la dernière actualité dans le cadre de cette affaire, remonte au 29 avril 2024. A cette date, une correspondance provenant du Cameroun a été adressée à l’Unité d’échange international des renseignements, afin obtenir des informations pouvant faire avancer l’enquête au niveau du Cameroun.

Pour mémoire, le 3 novembre 2022 la justice britannique a condamné le trader anglo-suisse Glencore à une amende de 276 millions de livres sterling (162,73 milliards de FCFA), après que cette entreprise ait plaidé coupable pour des actes de corruption, en vue d’obtenir des contrats pétroliers dans cinq pays africains, dont le Cameroun. «La corruption faisait clairement partie de la culture d’un certain nombre de membres du personnel du bureau d’Afrique de l’Ouest. Les chefs d’accusation représentent une infraction sophistiquée, qui a eu lieu sur des périodes prolongées se mesurant en années », commente alors le juge Peter Fraser de la Southwark Crown Court de Londres.

Marché financier international: Comment le Cameroun a réussi son emprunt de 335 milliards de FCFA

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Pendant deux semaines, le Cameroun a opéré dans la discrétion la plus absolue un retour sur le marché financier international, près de 3 ans après un emprunt international fortement médiatisé. L’objet de ce retour n’a été officiellement dévoilé que mercredi dernier à travers un communiqué publié par le ministère des Finances. C’est à travers ce document que l’on a appris que le pays a de nouveau sollicité les investisseurs internationaux afin de lever des fonds qui devraient être utilisés pour financer des dépenses supplémentaires du budget de l’Etat en 2024. Une sortie qui est intervenue moins d’une semaine après que le président de la République a apporté sa caution pour la recherche de 616 milliards de francs CFA (1 milliard de dollars) par le biais d’obligations nationales et internationales. L’emprunt international du Cameroun a été un succès. Yaoundé a réussi à lever 335 milliards de FCFA. Selon l’expert financier Willy Stéphane Zogo, ce dénouement heureux est en grande partie dû à l’ingénierie financière mise en place par la délégation camerounaise, aidée par Citigroup Global Markets Ltd et Cygnum Capital Middle East respectivement agent de placement pour cette opération d’emprunt et arrangeur.

Le plus apporté par le placement privé

En effet, contrairement à la plupart des pays africains qui ont opté pour un Eurobond par appel public à l’épargne cette année, le Cameroun a préféré un emprunt privé. «Le placement privé qui a effectivement été adopté comme modalité de cette opération, sans doute en accord avec Citigroup Global Markets Ltd comme unique agent de placement et en co-arrangement avec Cygnum Capital Middle East, ne peut viser qu’un seul but : la garantie et le contrôle dans le but d’atteindre efficacement et dans les brefs délais l’objectif de la levée de fonds» at-il expliqué. A en croire ce dernier, «le placement privé ici permet à l’émetteur, en l’occurrence, l’Etat du Cameroun, de se focaliser sur des investisseurs précis préalablement identifiés sur le marché primaire et le marché gris (dans le monde financier, c’est un marché non officiel, de gré à gré, qui permet aux investisseurs d’échanger des titres avant leur cotation en Bourse, ndlr) comme ayant les capacités financières de répondre à l’offre».

Un taux d’intérêt conditionné par le marché

Au-delà du relatif enthousiasme que peut générer la réussite de cette opération d’emprunt, c’est surtout la contrepartie financière que devra payer le Cameroun qui interpelle les observateurs avertis. La question qu’ils se posent tous, est de savoir pourquoi le Cameroun a accepté des financements avec une rémunération fixée à 10,75%. A en croire des responsables de Cygnum Capital Middle East, il ne pouvait en être autrement, en raison des conditions de marché volatiles. «Il faut dire que cette transaction a été faite selon les termes les plus optimums du marché. En droite ligne avec les niveaux auxquels traitent les instruments du Cameroun qui existent aujourd’hui. Il faut aussi prendre en compte que ces niveaux de marché dépendent entièrement des taux d’intérêt en dollar, qui sont en cours aujourd’hui. C’est le lieu de féliciter l’équipe pour le travail qui a été fait auprès des investisseurs et auprès du marché», a indiqué un cadre de cette entreprise lors de la cérémonie de clôture de l’opération d’emprunt susmentionnée qui a eu lieu à Londres en Angleterre, en fin de semaine dernière.

En plus, indique Willy Stephane Zogo, le Cameroun ne prendrait pas plaisir à payer fort une dette si la liberté lui était totalement offerte. «L’obligation de liquider la dette intérieure qui se présente déjà sous forme d’arriérés comme indiqué plus haut pouvait être soldée lentement, sauf que le Fonds Monétaire International aurait recommandé un apurement plus urgent pour le bien des finances publiques. Donc, voilà la lecture qui peut justifier cette posture du Cameroun sur cette opération», souligne l’expert financier.

Industrialisation: L’état veut booster les capitaines d’industries

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les participants aux journées de l'entreprise organisées à Ebolowa du 1er au 02 août 2024

Le Cameroun s’est doté, il y a plus de deux ans, d’une Stratégie de développement du secteur des industries et des services. Cette dernière prône le soutien à l’émergence  des capitaines d’industries capables de contribuer significativement à l’industrialisation du pays. Cheville ouvrière de cette méthode qui a fait ses preuves dans d’autres pays à l’instar du Maroc, le ministère de l’Economie de la Planification et de l’Aménagement du Territoire (Minepat) a réuni  du 1er au 02 aout 2024 à Ebolowa dans la région du Sud, des entreprises privées considérées comme des «champions nationaux», entendez entreprises à fort potentiel, pouvant contribuer à l’atteinte de l’objectif susmentionné. Autour de la même table étaient réunis  des responsables de Soproicam, une agro-industrie spécialisée dans la production et la transformation du Soja, Sotrabus, première unité de montage de bus au Cameroun, Zng Card Factory, spécialisée dans la fabrication des cartes magnétiques et des terminaux de paiement, ainsi que la Société camerounaise de production du riz et Agrocam.

 A en croire Isaac Tamba, leDirecteur Général de l’Economie et de la Programmation des Investissements Publics (Dgepip) qui présidait les travaux, l’objectif de ce séminaire était de recueillir les besoins des entreprises sus-énumérées dans le but de leur apporter une aide financière et non financière, beaucoup plus efficiente qui devrait leur permettre de conforter leur statut de champion national. Il était également question de leur présenter les différentes facilités mises en place au niveau du gouvernement, pour faire leur promotion.

C’est quoi un champion national ?

Les entreprises présentes à Ebolowa n’ont pas été choisies de manière arbitraire. Leur statut de «Champion national» découle d’une idée qui a germé dans l’esprit des participants à la journée de l’entreprise organisée en 2016 par le Gicam, la défunte organisation patronale. Le ministre de l’Economie qui a pris part à cet évènement en tant qu’invité d’honneur a, un an plus tard, instruit la mise sur pied d’un groupe de travail mixte composé de membres de diverses administrations publiques et de représentants du secteur privé. Cette association d’intelligences a permis entre 2017 et 2019,  «de définir ce qu’est une entreprise championne nationale au sens du Cameroun, de la caractériser et identifier les critères permettant de sélectionner les entreprises championnes nationales», précise le directeur de l’Economie. Aujourd’hui, est considéré comme «Champion national», une société de droit et à capitaux camerounais, ayant un potentiel de déploiement  à l’international dans son domaine d’activité. C’est aussi une société innovante, compétitive et offensive, dont les objectifs de développement sont en cohérence avec la stratégie nationale de développement à l’horizon 2030.

 En outre, dans le but d’affiner le choix des entreprises pouvant être considérées comme des « Champions nationaux», le groupe mixte évoqué supra, a élaboré des critères de sélection. Concrètement, toute firme prétendant à ce statut doit correspondre à quatre principaux critères. Il s’agit notamment de sa capacité à «Contribuer à l’accroissement de la richesse générée par l’économie camerounaise ; à participer de manière significative à l’accroissement des exportations et à la réduction des importations ; à contribuer au développement des PME et des TPE à travers le renforcement de  la sous-traitance ; à conquérir de nouvelles parts de marché au niveau régional et sous régional», a indiqué le Minepat. Le cadre ainsi défini a facilité la sélection des cinq entreprises sus-évoquées, qui appartiennent selon la dénomination brandi par le ministère de l’Economie, à la catégorie des Champions nationaux de la première vague.

Entre soutien et besoins plus grands

Pour une entreprise, accéder à la condition de «Champion national» ouvre la voie à une multitude d’avantages. Lors de l’atelier d’Ebolowa le ministère de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire s’est montré très peu disert sur ces derniers, ne préférant pas quantifier les aides ou encore les facilités accordées à ces entreprises depuis le lancement de la politique des «Champions nationaux». Toutefois, selon des indiscrétions captées lors des travaux, il s’agit principalement d’appuis financiers apportés à des entreprises comme Soproicam et Zng Card Factory, des exonérations fiscalo-douanières, des conseils pratiques prodigués par l’ancien Bureau de mise à niveau des entreprises (BMN), ainsi que des facilités pour accéder à la terre. 

Cependant,  ces aides étaient une réponse à des besoins recensés pour certains il y a près de 3 ans. Sauf que, qui dit «champion national», dit des besoins d’accompagnements toujours plus importants. Le Minepat en est conscient, c’est la raison pour laquelle  les travaux d’Ebolowa ont été sanctionnés par la rédaction d’un rapport dans lequel ont été consignés les nouveaux besoins formulés par les entreprises. L’un des plus prégnants c’est le projet d’agrandissement de Sotrabus qui sollicite l’aide du Minepat , mais aussi celle du ministère des Domaines, du Cadastre et des Affaires foncières (Mindcaf) pour faciliter l’acquisition d’un terrain de 5 ha , où l’entreprise souhaite implanter une unité de montage. La même entreprise souhaite également que le gouvernement l’accompagne dans sa conquête du marché sous régional, notamment au Gabon, où, apprend-t-on, elle est en négociation avec le gouvernement local pour la livraison de bus.

PME et Startups : de nouvelles opportunités aux jeunes entrepreneurs

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Ce dispositif public d’amorçage, initié en 2020 par l’Agence de Promotion des Petites et Moyennes Entreprises (APME), a pour ambition de transformer le paysage entrepreneurial camerounais. En effet, le prototypage constitue une étape indispensable dans la création d’un produit, car il matérialise l’idée initiale, favorise son évolution et garantit sa pertinence par rapport aux attentes des utilisateurs. Ce 4ème Appel à Projets, lancé par Achille Bassilekin III, vise comme les précédents à accroître l’amorçage et le développement des PME ou porteurs de projets innovants.

Cette édition spéciale est couplée à la tenue du Salon de Promotion des Innovations Industrielles, Technologiques et Environnementales, sous le thème « Accélérer l’investissement sur les Innovations pour promouvoir les champions du made in Cameroon ». Cette thématique a pour objectif de stimuler l’innovation et favoriser l’émergence du Made in Cameroon. Le salon s’étendra désormais sur deux jours, contrairement aux éditions précédentes qui se déroulaient en une matinée, apprend-on. Selon Jean Marie Louis Badga, directeur général de l’Apme : « Cela permettra à tous de découvrir les contributions des innovateurs à l’économie. Pendant ces deux jours, l’accent sera mis sur l’investissement, en particulier pour les jeunes startups souvent jugées sans bilan financier malgré la valeur de leurs prototypes. Des discussions avec des spécialistes et des commissaires aux apports permettront d’évaluer l’investissement dans ces prototypes, aidant ainsi les innovateurs à établir un bilan ». Et de poursuivre : « On peut dire que cette quatrième édition marque déjà une étape de maturité. Et nous allons mettre l’accent sur l’investissement ».

Promouvoir les étudiants-entrepreneurs L’objectif du « Fonds-protos » est clair : promouvoir les innovations productives et faciliter la recherche et développement (R&D) collaborative, accélérant ainsi la création et le développement des PME innovantes. Le Minpmeesa invite les jeunes entrepreneurs camerounais à soumettre leurs candidatures du 5 août jusqu’au 10 septembre 2024 sur le site www.fonds-proto.cm ouvert par l’Apme. Les projets des candidats abordent les objectifs et les secteurs définis par les Objectifs de Développement Durable (ODD) des Nations-Unies et qui ont été inscrits, initialement, dans le Document de Stratégie pour la Croissance et l’Emploi (DSCE) et, désormais, dans la Stratégie Nationale de Développement (SND30). Concrètement, il s’agit des projets d’innovation concourant donc à l’offre nationale des solutions techniques ou technologiques dans le secteur de l’agroalimentaire, du numérique, des industries, du secteur médical, du secteur sécuritaire, du secteur de l’énergie, de la mobilité urbaine, des industries créatives entre autres. Si l’initiative facilite la fabrication de différents types de prototypes en moins de 06 mois, à moindre coût et avec le minimum d’outillage et d’étapes intermédiaires dans le processus de réalisation, elle permet de promouvoir les étudiants-entrepreneurs, soutenir la création d’entreprises issues de la valorisation des résultats de la recherche et favoriser l’innovation par un renforcement du lien « Recherche – Universités – Entreprises ».

Vers des PME innovantes et compétitives L’Apme souhaite ainsi mettre un accent, « sur l’accompagnement de la R&D et sur un cadre ou des outils propices à l’innovation, au transfert des résultats de la recherche et au soutien de l’entrepreneuriat innovant au Cameroun, de manière à faire participer les PME et les Porteurs de Projets innovants pour qu’ils puissent développer ou constituer des actifs immatériels. À faire émerger des projets de R&D collaboratifs, y compris en générant un flux de projets provenant de la diaspora et aider à leur concrétisation et à développer des produits/services innovants dans différentes filières et pouvant arriver sur le marché à un horizon de 12 à 36 mois au plus tard ».

L’initiative répond aux enjeux de développement et de valorisation de l’entrepreneuriat. En outre, elle soutient la création d’entreprises innovantes et renforce les liens entre chercheurs et innovateurs-entrepreneurs. La cible de ce dispositif : « Ce sont d’abord les jeunes, les entrepreneurs sociaux, les chercheurs et inventeurs, les start-ups, ainsi que les PME en création ou en phase de développement. Tous ceux-là peuvent donc présenter leur idée de projet dans l’ensemble des secteurs d’activité identifiés comme porteurs de croissance par la SND 30 », a énuméré Achille Bassilekin III, Minpmeesa. En 2023, le 3e appel à projets du Fonds d’Appui au Prototypage a soutenu 26 entrepreneurs avec une enveloppe globale de 60 millions de FCFA. Avec 200 millions de FCFA investis, le Fonds-Proto a permis à 66 startups et PME de valider leurs innovations sur le marché et de les protéger à l’OAPI. Ces résultats sont le fruit des financements publics et du Plan Triennal Spécial-Jeunes.

Réactions

ACHILLE BASSILEKIN III : « Donner aux jeunes la possibilité de faire valoir leurs droits de propriété intellectuelle »

Il s’agit en fait de tirer le meilleur parti possible des atouts naturels de notre pays en dynamisant l’innovation. A ce jour, il convient de signaler que l’État, par rapport à l’accompagnement des jeunes pour le développement de leur prototype, a déjà soutenu pour les trois premières éditions, à hauteur de 200 millions, les porteurs de projets éligibles au prototypage. Ces fonds, pour l’essentiel, sont issus des ressources du plan spécial triennal jeunes logés au ministère de la Jeunesse et de l’Éducation civique. C’est la raison pour laquelle, lors des trois résultats finaux d’un précédent concours de prototypage, le ministre de la Jeunesse et de l’Éducation civique en personne était à mes côtés pour remettre les chèques aux lauréats.

Nous pensons qu’il était judicieux de lancer à la lumière du haut accord que nous avons reçu, la 4e édition, parce que l’engouement est là. On voit de nombreuses startups qui se sont développées depuis quelques années déjà et qui sont partie des prototypes qui avaient été développés dans le cadre de ce fonds d’appui au prototypage. C’est une dynamique que nous devons consolider pour permettre justement à nos jeunes de pouvoir non seulement être insérés dans le processus de construction et de production des richesses et des emplois, mais aussi qu’ils prennent toute la part qui est la leur dans le cadre de la stratégie nationale de développement 2020-2030.

Il est convenable de rappeler que l’objectif vise à consolider l’entrepreneuriat de façon générale mais surtout à donner à ces jeunes qui seront ici sélectionnés la possibilité de faire valoir leurs droits de propriété intellectuelle, qui est leur atout majeur. A la suite de quoi ces atouts peuvent être investis comme leur quote-part dans le cadre justement d’un appui d’un investisseur qui peut être soit un investisseur providentiel qu’on appelle habituellement des business Angels ou alors certains acteurs qui aujourd’hui ont commencé à faire du capital risque au Cameroun.

Droits humains : le cas Ramon Cota préoccupe Maurice Kamto

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« Le gouvernement doit donner, sans délai et publiquement, la preuve de vie de M. Steeve Akam alias Ramon Cotta, et s’il est encore en vie, qu’il ne subit pas la torture ». L’exigence est du Pr Maurice Kamto. Dans un communiqué rendu public ce 7 août 2024, le président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) relève que « plus de deux semaines après [que l’activiste politique ait été livré au gouvernement du Cameroun par le gouvernement de transition du Gabon], on est sans aucune nouvelle du malheureux compatriote».

Le leader du principal parti de l’opposition est d’autant plus méfiant qu’il a subi les foudres du régime de Yaoundé en 2019, et certains militants et sympathisants de son parti se trouvent encore derrière les barreaux pour avoir planifié ou organisé des manifestations de protestation contre la malgouvernance ; et ont subi de lourdes sévisses. « Les militants du MRC ont subi plusieurs vagues de violences, séquestration et de détentions au secret depuis le hold-up électoral de 2018. Aussi en savons-nous assez sur les pratiques cruelles et inhumaines qui ont cours dans certains de nos services de sécurité pour lancer cette alerte rouge sur le cas de Steeve Akam », insiste Maurice Kamto.

Martinez Zogo

Face au silence des autorités de Yaoundé depuis l’arrestation de Ramon Cotta par les autorités gabonaises, puis sa remise au pouvoir de Yaoundé, Maurice Kamto redoute le pire : « serions-nous face à une nouvelle Affaire Martinez Zogo que le pouvoir tente de dissimuler?», se demande-t-il. Faisant un lien avec cet animateur radio enlevé en janvier 2023 par des éléments du contre-espionnage camerounais (Dgre), torturé à mort et dont le corps a été retrouvé dans la brousse d’une banlieue de Yaoundé quelques jours après. « Personne n’ayant aucune nouvelle de lui jusqu’à présent, il faut craindre que ses bourreaux ne lui aient déjà réservé le sort tragique fait à Martinez Zogo par la Dgre ; ou, pour être optimiste, qu’il ait été à ce point amoché par la torture que ses bourreaux le cachent, le temps pour eux de soigner son corps meurtri avant d’envisager le présenter à la justice», suppute-t-il. Quoi qu’il en soit, Maurice Kamto « regrette que les autorités de transition de la République du Gabon aient accepté de contribuer à un tel fait internationalement illicite ».

Junior Ngombè

La voix de Maurice Kamto résonne fort pour porter une préoccupation déjà soulevée par d’autres voix moins audibles, depuis la libération de Junior Ngombè, un autre activiste qui s’en était pris vertement au régime de Yaoundé dans une vidéo, pour sa gouvernance. Le cas du jeune homme de 20 ans, interpellé dans la même période, avait bénéficié d’un mouvement de masse et près d’une semaine après son interpellation manu militari, le garçon avait été libéré, avec l’appui d’avocats constitués pro bono. Face à la presse, l’activiste, aux côtés de l’ancien bâtonnier Akéré Muna, avait soutenu n’avoir pas subi de torture, et surtout avoir été bien traité. Ce que nombre d’observateurs avaient soupçonné être un arrangement obtenu avec le concours de l’ancien bâtonnier, pour la libération du bagnard, face à la pression.

Samuel Wazizi

D’autres cas similaires confortent les partisans de cette thèse d’une opération kilav. Yaoundé avait déjà été sourd de la sorte face à la disparition du capitaine Guérandi, jadis exilé au Burkina Faso et qui a disparu de la circulation sans traces. Jeune Afrique avait décrit un récit de l’assassinat du soldat qui avait échappé aux arrestations liées au coup d’Etat manqué du 6 avril 1984, mais qui semblait n’avoir jamais capitulé. Il y a également Samuel Wazizi, un journaliste arrêté par les forces de défense et de sécurité dans la région du Sud-Ouest et convoyé à Yaoundé il y a plus de trois ans, dans des conditions restées.

Cela survient au moment où séjourne au Cameroun, Volker Türk, le Haut commissaire des Nations unies aux droits de l’homme. Le haut représentant des Nations unies a rencontré les autorités du pays depuis le haut sommet de l’Etat, ainsi que les responsables des associations de défense des droits de l’homme et des partis politiques.obscures. Le gouvernement avait finalement avoué son décès dans le cours des événements, mais n’a jamais officiellement remis le cadavre à la famille. Autant de cas qui font craindre Maurice Kamto.

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