mardi, avril 7, 2026
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Innovation : une start up camerounaise crée un employé grâce à l’intelligence artificielle

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 L’invention de la start-up ST Digital est la preuve que l’IA peut être d’une grande utilité pour les PME.

Pas de salaire ou  nombre limites d’heures de travail. Voilà quelques avantages  que pourrait conférer l’intelligence artificielle à une entreprise.  Le  groupe camerounais ST Digital spécialisé en innovation, cloud et tech tient la preuve.

L’entreprise vient de développer  un employé  virtuel qui  assure une fonction de hautes responsabilités au sein de l’entreprise. Du nom d’Isaac Ahmed,  ce personnage est créé par l’intelligence artificielle. Il est capable d’exécuter plusieurs tâches et  même de répondre aux questions. « C’est un outil extrêmement puissant de connectivité,  d’efficacité, de traitement de données en masse. Et il est directement accessible  pour apporter une efficacité différente dans le traitement des données », souligne Anthony Same, DG ST Digital.

Des créations innovantes comme celle d’Isaac Ahmed,  démontrent comment l’intelligence artificielle peut accompagner les entreprises africaines dans l’atteinte de leurs objectifs. Notamment le fait qu’il permet d’avoir des salariés  non payés et capables d’exécuter les taches en toute heure. Seulement, un gros défi reste celui de la place de la ressource humaine. D’aucuns y voient la suppression de certains postes au profit de l’IA. Ce qui va augmenter le taux de chômage et de pauvreté.

ST Digital est une société de services informatiques implantée en Afrique centrale et de l’Ouest, dont les métiers sont la formation, l’Intégration et le conseil en transformation digitale.  Sa vision porte sur Cinq axes. La transformation de la relation client, l’amélioration des processus opérationnels, la digitalisation du business model, les  infrastructures digitales de nouvelle génération (CLOUD). Il y a quelques mois, ST Digital a lancé le premier cloud 100% camerounais.  Cette solution vient répondre aux difficultés de coûts  souvent élevés pour les PME et les start up qui sont pourtant prêtes à innover.  L’ innovation vise aussi à réduire les obstacles techniques, financiers et réglementaires qui limitent le déploiement du cloud et son usage, outil essentiel pour le développement économique et social

SIMON KALDJOB : « Nous ne voulons plus de cette prorogation de trop, accordée à la vente des whiskies en sachets »

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Simon Kaldjob, président du Collectif des organisations des consommateurs du Cameroun (COC)

Faites-nous une brève présentation du Collectif des organisations des consommateurs du Cameroun ?

Je vous remercie de nous avoir donné l’opportunité de parler aux Camerounais à travers votre organe de presse. Le COC est une structure faîtière du mouvement des consommateurs camerounais, regroupant 46 organisations de consommation établies dans notre pays et opérant dans différents secteurs, dont je préside la destinée. Nous travaillons en synergie avec des associations sœurs d’autres pays et de la diaspora, comme la Fédération des consommateurs de Côte d’Ivoire et l’Association des consommateurs de France appelée Agir Ensemble. Nous faisons de notre mieux pour apporter une contribution à l’économie de notre pays.

Que demande précisément le COC concernant les alcools en sachet Bulleit et goal irish Cream ?

Concernant ces alcools, nous reprochons leur contenance. Nous avons remarqué que la quantité indiquée sur l’emballage ne correspondait pas à la réalité du contenu. Nous avons effectué des tests sur certains échantillons et avons constaté qu’au lieu de 60 cl, on retrouvait des sachets avec 48, 50 et 53 cl. Cela signifie qu’il y a une duperie. Les consommateurs payaient pour ce qu’ils ne consommaient pas. En d’autres termes, ils payaient plus pour consommer moins. Le deuxième aspect que nous réprimandons concerne l’étiquetage. Le producteur doit indiquer sur l’emballage les ingrédients qui entrent dans la composition de la marchandise qu’il met sur le marché. Nous avons constaté que l’entreprise indienne qui produit Bulleit et Ice Cream Goal ne se conformait pas à ces dispositions légales. C’est un produit à risque. Lorsque vous consommez de l’alcool, il doit être en cohérence avec votre organisme. Si vous prenez une dose supérieure à la capacité de résistance de votre organisme, cela pose problème. Prenons le cas des diabétiques, des hypertendus et d’autres maladies. Les normes internationales sont bien indiquées par rapport au dosage de l’alcool dans l’organisme, cela peut être un quart de verre par jour, selon le taux d’alcool. Nous avons estimé que cela exposait les consommateurs à différents risques sanitaires. C’est pour cela que nous avons engagé ces essais, réalisés par des laboratoires agréés, et le résultat est alarmant. Notamment, le taux de 33 % de saccharose est énorme pour une infime quantité d’alcool de moins de 65 cl. Nous avons estimé qu’il fallait dénoncer cette irrégularité et mettre tout cela à la disposition des autorités administratives, qui doivent maintenant prendre le relais en termes de sanctions ou de recadrage. Il y a cette possibilité, en tant qu’association, de poursuivre ces entreprises en justice pour manquement par rapport aux produits qu’elles ont mis sur le marché de manière archaïque.

 Quels sont les normes techniques violées par cette entreprise ?

C’est notamment la norme NC 04 2000/20 sur l’étiquetage des denrées alimentaires préemballées au Cameroun, et cette norme est d’application obligatoire aux entreprises. En termes de qualité, il y a également un problème car le taux de sucre est largement supérieur…

Que fait l’association pour que les consommateurs consomment sainement ?

Le rôle de l’association des consommateurs se limite à sensibiliser, éduquer, informer et dénoncer. C’est ce que nous faisons au quotidien. Quand il y a des irrégularités comme celle que nous décrions, nous sommes obligés de les dénoncer et de les porter auprès des autorités compétentes, qui doivent prendre le relais de la répression pour normaliser la situation. C’est ce que nous faisons au quotidien. Nous tenons parfois des séminaires de formation. Mais ces actions ne sont pas vraiment connues du grand public car nos moyens sont rudimentaires. Y a-t-il d’autres produits concernés par des problèmes d’étiquetage au Cameroun ? Oui ! Il y a énormément de produits, surtout les produits de consommation. Au moins 80 % des produits alimentaires posent problème : le riz, l’huile, le savon, etc. 85 % des entreprises qui fabriquent les produits destinés à la consommation au Cameroun sont des tricheuses, et ces irrégularités s’étendent même aux grandes multinationales insoupçonnées, notamment dans le secteur brassicole. Nous sommes là pour tout mettre en œuvre afin que le consommateur puisse consommer sainement et justement, mais ce n’est pas facile. Nous faisons face à des entreprises qui ont trop de milliards, mais nous ne lâchons pas prise pour la santé des consommateurs camerounais.

 Quelles sont les actions concrètes que vous menez pour l’application de la décision gouvernementale de 2014 interdisant la vente des Whisky en sachets, décision qui date de 10 ans aujourd’hui ?

En 2014, le gouvernement a pris des mesures pour interdire la vente de whisky en sachet sur l’ensemble du territoire national. Vous êtes surpris qu’aujourd’hui ces produits pullulent à travers le territoire national. En dehors de cela, le Cameroun est un pays d’ambiguïté. Les membres du gouvernement, notamment le ministre du Commerce, le ministre de la Santé publique et le ministre des Mines et de l’Industrie, ont pris sur eux de proroger cet arrêté pour permettre à ces industries qui produisent du poison de continuer à tuer les Camerounais. Nous l’avons dénoncé et martelé, mais c’est comme si ces membres du gouvernement étaient restés sourds et muets. Nous avons attendu jusqu’en 2022, où nous avons dit que trop c’est trop. Nous avons pris notre responsabilité en tant qu’association des consommateurs, nous avons intenté une action en justice et saisi le tribunal administratif afin de rapporter cet arrêté des trois ministres, pour dire que nous ne voulons plus de cette prorogation de trop, car il faut que les Camerounais puissent consommer sainement. Depuis pratiquement deux ans, le dossier traîne au niveau du tribunal administratif. Nous avons eu des échanges avec les parties incriminées, ceci avec la collaboration de Focaco. Après ces échanges, il était question que le juge rapporteur programme l’audience. Nous sommes dans l’attente.

Entreprises publiques: Top 10 des directeurs généraux ayant les plus gros salaires

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La rémunération des directeurs généraux (DG) d’entreprises et d’établissements publics au Cameroun a toujours été un sujet qui déchaîne les passions et parfois l’indignation. Ces sentiments se sont certainement exacerbés après la publication, il y a quelques jours, d’un rapport du professeur Viviane Ondoua Biwole, enseignante-chercheure à l’Université de Yaoundé II et experte en politiques publiques. Intitulé, «Combien l’État mobilise-t-il pour la rémunération des dirigeants des entités publiques», cette publication qui s’appuie sur des données de la Chambre des Comptes de Cour Suprême et de l’ex-Commission technique de réhabilitation des entreprises publiques et parapubliques (CTR), dresse un tableau clair des rémunérations des dirigeants d’entreprises et établissements publics, entre 2020 et 2024.

Selon ce document, 10 dirigeants ont perçu des salaires totalisant plus deux milliards de FCFA, soit environ 14 millions par mois, excluant les primes et autres avantages. Concrètement, chacun de ces dirigeants, excepté quelques-uns, a reçu un salaire de base mensuel de 6 millions de francs CFA. En plus de ce salaire, diverses allocations viennent s’ajouter, notamment pour le carburant, l’électricité, les communications et les domestiques, plafonnées à 750 000 francs CFA par poste. Ils perçoivent également trois indemnités principales : une indemnité de logement de 1,5 million, une indemnité de responsabilité de 1,2 million, et une indemnité de représentation de 857 000 francs CFA. À cela s’ajoutent des frais d’hôtel particulier d’un million de francs CFA par mois, portant la rémunération mensuelle à environ 13,557 millions de francs CFA. D’autres avantages tels que des primes de fin de mandat, des primes d’ameublement, ou encore la prise en charge pour évacuation sanitaire complètent ce généreux package.

 Top 10 des directeurs généraux avec les plus gros salaires

La Cameroon Telecommunications (Camtel) entreprise publique stratégique dans le domaine des télécommunications, a le dirigeant qui a perçu les salaires les plus élevés entre 2020 et 2024. Au cours de la période allant de 2020 à 2022, c’est 518 057 148 FCFA qui lui ont été versés, contre 337 371 432 FCFA, entre 2023 et 2024. Viennent ensuite les directeurs généraux de la Société de Développement du Coton (Sodecoton), de la Société nationale des Hydrocarbures (SNH) et la Société nationale de raffinage qui ont perçu les mêmes montants que leur homologue susmentionné. A la cinquième place on retrouve le directeur général de la Compagnie camerounaise d’Aluminium (Alucam), qui a perçu 518 057 148 entre 2020 et 2022, et 224 914 280 FCFA en 2023- 2024.

Le directeur général de la Cameroon Development Corporation trône à la 6e avec des salaires consolidés de 345 371 420 FCFA entre 2020 et 2022 et 224 914 280 entre 2023 et 2024. Le directeur général de Aéroports du Cameroun (ADC) a perçu un montant consolidé de 259 028 556 FCFA représentant l’enveloppe globale des salaires qu’il a encaissés entre 2020 et 2022. Entre 2023 et 2024, c’est 168 685 704 FCFA qui lui ont été versés par le trésor public. Le directeur général de la Cameroon Airlines (Camair-Co) fait aussi partie de la liste de ces dirigeants d’entreprises publiques ayant de fortes rémunérations. Il a touché 259 028 556 de FCFA entre 2020 et 2022 et 116 457 136 de FCFA entre 2023 et 2024.

 Les DG de Camwater ont perçu 259 028 556 FCFA en 2020-2022, et 168 685 704 FCFA entre 2023-2024. Le directeur général de la Cicam referme ce top 10 avec des salaires de 259 028 556 de FCFA entre 2020 et 2022 et 140 571 440 FCFA entre 2023 et 2024.

 Des rémunérations déconnectées des performances économiques

Ce qui frappe dans cette étude, c’est le décalage entre la rémunération perçue par les dirigeants et la performance réelle des entreprises qu’ils dirigent. Camair-Co, la compagnie nationale aérienne en est le parfait exemple. Malgré une masse salariale élevée pour son DG, l’entreprise a accumulé des pertes énormes, atteignant 13 milliards de francs CFA en 2022. Bien qu’une amélioration de 6 % ait été notée en 2023, les capitaux propres de l’entreprise restent dans le rouge, passant de -118 milliards à -44 milliards en seulement deux ans. Cette situation reflète une gestion inefficace qui persiste malgré les nombreux appels à la restructuration.

Entre 2020 et 2024, plusieurs entreprises publiques ont vu leurs performances s’effondrer. Ces contreperformances s’accompagnent néanmoins de rémunérations qui restent élevées, alors même que la productivité de ces entités est en chute libre. La Cicam colle parfaitement à cette description. L’entreprise continue de s’enfoncer dans les abysses de la contreperformance. Entre 2020 et 2023 elle est passée de la catégorie 3 réservée aux entreprises dont le chiffre d’affaires oscille entre 50 et 10 milliards, à la 4ème catégorie ou sont rangées les sociétés qui produisent un chiffres d’affaires de 10 et 5 milliards. Dans le classement sus-réalisé, seules Camtel, Sodecoton, la SNH et la Sonara se sont maintenus dans la même catégorie entre 2020 et 2023.

Elles font partie de la catégorie 1, celle réservée aux entreprises qui produisent plus de 100 milliards de chiffre d’affaires. Alucam, dont le directeur général jouit des privilèges financiers quasi similaires à ceux octroyés aux dirigeants des entreprises évoquées supra, est passée de la catégorie 1 à 2 (réservée aux entreprises avec un chiffre d’affaires compris entre 50 et 100 milliards), avec une dégradation d’au moins 40 milliards de son chiffre d’affaires. La CDC a stagné à la catégorie 2, tout comme ADC et Camwater qui se sont maintenus dans la troisième catégorie avec un chiffre d’affaires qui varie entre 10 et 50 milliards de FCFA. «Il ressort de ce qui précède que les dirigeants d’entreprises en stagnation et régression coûtent plus cher à l’État, sans véritablement produire la valeur attendue de manière importante, soit un montant global de 16,1 milliards de FCFA, contre 2,2 milliards de FCFA pour les dirigeants dont l’action permet de créer de la valeur », commente l’universitaire dans cette analyse rendue publique le 29 août dernier.

De plus, un rapport publié par la Commission technique de réhabilitation (CTR) des entreprises publiques du Cameroun au 31 décembre 2022 révèle une situation critique pour plusieurs grandes entreprises. Ces entités, parmi lesquelles Alucam, Sonara, Camtel, Camwater, Camair-Co et la CRTV, cumulent des dettes à court terme atteignant 2 179,3 milliards de FCFA, compromettant ainsi leur solvabilité, leur liquidité, et leur rentabilité. Le rapport souligne que près de 72,4 % de cette dette est concentrée dans les secteurs des hydrocarbures, de l’eau et de l’électricité, dominés par Sonara et l’Électricité Development Corporation (EDC). Les secteurs des postes et télécommunications, avec Camtel et la CRTV en tête, représentent 11,7 % des dettes. De plus, les entreprises peinent à s’acquitter de leurs obligations fiscales et sociales, avec une dette fiscale atteignant 574,9 milliards de FCFA (24,9 % de la dette totale) et une dette sociale de 114,372 milliards de FCFA (5,24 %).

Cemac : la BEAC réduit de 50 milliards de FCFA son offre de liquidité aux banques

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Le marché bancaire de la zone Cemac fait face à une tension croissante en matière de liquidités, alors que la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) a réduit, le 10 septembre 2024, son offre de refinancement de 250 à 200 milliards de FCFA. Cette décision intervient malgré une demande accrue des établissements de crédit. En effet, selon les résultats publiés par la banque centrale, cette opération a obtenu un taux de souscription de 218,50 %, les banques ayant exprimé un besoin de 437 milliards de FCFA, soulignant les défis auxquels est confrontée la banque centrale dans sa gestion de la politique monétaire.

Après avoir injecté à trois reprises 250 milliards de FCFA lors de ses précédentes opérations, la BEAC a cette fois-ci opté pour une réduction, et ce, malgré une demande de 423 milliards de FCFA exprimée lors de la dernière opération, soit un taux de souscription de 170 %. Cette décision de réduire de 50 milliards FCFA pourrait être interprétée comme une mesure de prudence dans un contexte où l’inflation reste un enjeu majeur pour les autorités monétaires de la région.

En effet, la BEAC doit jongler entre la nécessité de maîtriser l’inflation et celle de soutenir la croissance économique, prévue à 3,6 % pour 2024, son niveau le plus élevé depuis une décennie. Si l’inflation commence à faiblir, les banques, elles, continuent d’exprimer des besoins de refinancement importants, révélant un décalage persistant entre la demande et l’offre de liquidités.

L’inflation résiste aux mesures de la BEAC

Malgré les injections régulières de la BEAC, l’inflation reste élevée dans plusieurs pays de la zone Cemac, comme le Cameroun, où elle a atteint 6,3 % entre avril 2023 et avril 2024. Ce chiffre dépasse largement la limite des 3 % fixée par la BEAC. Ainsi, la banque centrale se trouve dans une situation délicate, entre un besoin croissant de financement des banques et la lutte contre l’inflation, essentielle pour stabiliser les économies de la région.

Santé publique : Le whisky en sachet, ce poison toujours en vente

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Ce lundi 9 septembre, vers 17h30, Mathieu Atangana, vigile dans une agence de téléphonie, se prépare à aller prendre la relève de son collègue de service. Avant cela, ce trentenaire s’arrête devant une petite échoppe de fortune au lieu-dit Mini-ferme, l’un des quartiers les plus animés de Yaoundé. Il y achète deux sachets de Bulleit (whisky en sachet) et une bouteille de Reactor, une boisson énergisante, qu’il mélange avant de consommer. « C’est un rituel pour moi qui date de deux ans aujourd’hui », révèle Mathieu avant de justifier : « cette potion me permet de rester éveiller toute la nuit ». À quelques mètres de là, une dizaine de jeunes, l’air désinvolte, sirotent leur whisky en sachet. Chacun tient entre ses doigts un sachet de plastique translucide, de marques telles que Players, Lions d’or, Vodka, Shooter, Fighter, Rhum, Gin et même Tombo. L’âge ? Entre 18 et 25 ans, difficile de le dire avec précision sous ce halo de désinvolture juvénile. Conscients des risques encourus, ils persistent à consommer ce produit, motivés par la sensation de force et de courage qu’il leur procure.

Pourquoi cette préférence ? « Les whiskies King Arthur, Players, Fighter, Bulleit ont un taux d’alcool beaucoup plus concentré qu’une bière (5%), soit de 43% dans un sachet de 60 ml. Cela signifie qu’une petite quantité de ces sachets équivaut à une consommation importante de bière », rétorque Hamidou, plus connu sous le pseudo de Woosho. « La consommation de ces boissons est un véritable danger pour la santé », alerte la Dr Djomo Kopa sur le site internet allodocteurs.africa. Le président de la Fondation camerounaise des consommateurs (Focaco) renchérit : « leur composition aléatoire et la présence de substances toxiques en font un cocktail détonnant pour l’organisme. L’interaction entre le plastique et l’alcool aggrave encore les risques. Malgré les interdictions répétées, ces produits continuent de circuler librement, mettant en péril la santé de nombreux consommateurs ». Selon lui, le véritable danger réside dans le vide juridique créé par les moratoires successifs, qui permet aux entreprises productrices d’échapper à tout contrôle. « Elles n’obtiennent pas de certificat de conformité et utilisent, entre autres, du méthanol », affirme-t-il.

LES COMMERÇANTS FACE À L’INTERDICTION

Pourtant, en septembre 2014, le gouvernement avait interdit la commercialisation de ces liqueurs, accordant aux producteurs un délai de deux ans pour liquider leurs stocks. Dix ans plus tard, ce « poison lent » continue de se vendre en toute impunité, à un prix compris entre 100 et 150 FCFA. La mesure d’interdiction n’a eu aucun impact tangible sur le terrain, le whisky en sachet étant toujours aussi facilement accessible. « Je suis vendeur, c’est mon gagne-pain. Si on veut interdire ce produit, il faudrait alors fermer les usines. Nous, on constate simplement une augmentation de l’offre, avec des prix de plus en plus bas. Dans ce contexte, il est difficile de résister à la tentation de vendre », nous confie Moussa Yaya, un des commerçants revendeurs populaires de Mini-ferme. Devant son bazar, Kabila, un autre commerçant de la place, nous renseigne que « pour un paquet contenant 20 unités, il est livré à 1700 FCFA. Chaque unité est revendue à 100 FCFA, soit un bénéfice de 300 FCFA ». En effet, depuis l’arrêté gouvernemental interdisant la vente de whisky en sachet, une série de moratoires a été accordée aux producteurs au détriment de la santé des consommateurs. Les ministres du Commerce, de la Santé publique et de l’Industrie ont signé, le 31 octobre 2022, un arrêté prolongeant de quatre ans la période transitoire accordée aux producteurs de whisky en sachet. Ces derniers doivent désormais, disent-ils, mettre en conformité leurs produits en optant pour un conditionnement en bouteilles d’ici octobre 2026.

LA PROLIFÉRATION DES BOISSONS FRELATÉES

Face aux prolongations répétées, le collectif des organisations de consommateurs du Cameroun (COC) est monté au créneau et a porté l’affaire en justice. « Nous avons attendu jusqu’en 2022, où nous avons dit : trop c’est trop ! Nous avons pris notre responsabilité en tant qu’association des consommateurs, nous avons intenté une action en justice et saisi le tribunal administratif afin de rapporter cet arrêté des trois ministres (Minsanté, Mincommerce et Minmidt, Ndlr) pour dire que nous ne voulons plus de cette prorogation de trop, car il faut que les Camerounais puissent consommer sainement. Depuis pratiquement deux ans, le dossier traîne au niveau du tribunal administratif », nous souffle Simon Kaldjob, président du COC. C’est en effet la Société camerounaise de fermentation (Fermencam), pionnière et leader dans la production de whisky en sachet au Cameroun, qui incarne la démocratisation de la consommation de whisky dans le pays, dit-on. Les emballages en sachets, accessibles à tous, ont permis à Fermencam de réaliser un chiffre d’affaires record de 12 milliards de FCFA en 2013. À cette entreprise, on peut citer entre autres la société Starming Silatchom Industries et la Star Menchum, qui se sont aussi spécialisées dans la fabrication des whiskies en sachet. Malheureusement, cette innovation a favorisé une surconsommation, transformant le whisky en sachet en un véritable problème de société au Cameroun.

D’une manière générale, l’industrie de la boisson alcoolisée est l’une des plus impactées au Cameroun. La démocratisation des whiskies en sachets a favorisé la prolifération des boissons frelatées. Cette accessibilité à coûts réduits a une inflexion sur les produits fabriqués dans des conditions régulières. Selon la Chambre camerounaise de commerce, de l’industrie, des mines et de l’artisanat, la contrebande et la contrefaçon font perdre chaque année plus de 200 milliards de FCFA à l’économie camerounaise.

OPCVM : Corridor, AB Avenir et Sogefist dominent le marché de la gestion d’actifs en zone Cemac au T2 2024

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Le marché des OPCVM (Organismes de Placement Collectif en Valeurs Mobilières) dans la zone CEMAC continue d’afficher une croissance soutenue, malgré un environnement macroéconomique encore incertain. Sur le 2e trimestre 2024, plusieurs fonds ont su tirer profit des conditions favorables sur le marché obligataire régional. Sur les 34 OPCVM enregistrés dans la région, trois fonds se sont démarqués avec des performances excédant 2%, et 28 ont progressé de plus de 1%. Néanmoins, un fonds a affiché une régression significative de 2,9%, soulignant la diversité des stratégies et des risques dans ce marché.

En tête du classement figure le FCP Corridor Rendement, géré par Corridor Asset Management, qui a enregistré une progression impressionnante de 4,64%. Ce fonds diversifié a su combiner intelligemment des investissements sur les marchés obligataires et actions, permettant ainsi de réduire les risques tout en maximisant les rendements. Cette approche diversifiée, typique des fonds à la recherche de stabilité tout en capitalisant sur les opportunités, a permis d’attirer une clientèle en quête de sécurité et de rentabilité.

Le FCP AB Avenir, avec une performance de 2,81%, occupe la deuxième place. Géré par Africa Bright Asset Management, ce fonds diversifié montre la résilience de la stratégie multi-actifs dans un contexte de volatilité accrue. En troisième position, le FCP Sogefirst, un fonds obligataire de la Société Générale, lancé en début d’année, a enregistré une hausse de 2,71%, confirmant l’attractivité des titres à revenus fixes dans un marché marqué par une remontée des taux.

Cependant, cette dynamique positive n’a pas profité à tous. Le FCP Rapec de l’Archer Capital Asset Management a enregistré une contre-performance notable de -2,90%, rappelant l’importance de la gestion du risque et de la diversification dans un environnement en constante évolution.

Yagoua : le pont sur le Danay s’effondre

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Un pan du pont effondré

La ville de Yagoua est coupée en deux parties depuis les premières heures de ce 12 septembre 2024. Le pont sur le fleuve Danay qui arrose le département du Mayo-Danay s’est effondré sous la pression des eaux de pluies, divisant d’ailleurs le département en deux parties : « deux départements dans le sud du département sont coupés des autres par cet accident», renseigne une source locale qui rapporte que « pour le moment, seule la pirogue permet de se déplacer entre les différents arrondissements ; il n’y a plus de route ».

A lire aussi: Extrême-Nord: la rentrée scolaire sous le diktat des eaux

Depuis un peu plus d’un mois, la région de l’Extrême-Nord est inondée par des pluies torrentielles qui s’abattent sur la région très régulièrement. En fin de semaine dernière, le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU faisait état de 8600 habitations déjà détruites par ces pluies ; affectant près de 19 000 ménages, soit environ 159 000 personnes. Si l’ensemble de la région est touché, le département du Mayo-Danay est le plus sinistré, avec environ 60 000 âmes en détresse, selon le préfet Lazare Ndongo Ndongo.

Le pont effondré

Alertées dès la survenue de l’accident, les autorités administratives du Mayo-Danay se sont mobilisées sur le lieu pour se rendre compte de la situation. « Les autorités ont terminé leurs constats et sont reparties. En attendant des mesures adéquates, c’est la pirogue qui va assurer la traversée du fleuve», renseigne un confrère local.

Extrême-Nord : L’école en otage entre les inondations et Boko Haram

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Au moment où l’Observatoire national des changements climatiques (Onacc) rend publiques ses nouvelles prévisions météorologiques prévenant sur des risques d’inondations sur une bonne partie du territoire, les régions de l’Extrême-Nord et du Nord sont déjà en plein dans ces inondations. Les départements les plus touchés sont le Mayo-Danay, le Diamaré, le Logone et Chari et le Mayo-Tsanaga. Selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (Ocha), les pluies torrentielles ont détruit plus de 8 600 maisons, inondées des milliers d’hectares de cultures, et causées la perte de milliers d’animaux. Près de 19 000 ménages, soit environ 159 000 personnes, ont été affectés.


Le département le plus sinistré est le Mayo-Danay. Contrairement aux années antérieures, les pluies diluviennes ont touché tous les 11 arrondissements du Mayo-Danay. Routes coupées, maisons détruites, animaux et biens emportés, écoles envahies par les eaux en furie,… Yagoua est coupé de plusieurs arrondissements. C’est la conséquence des pluies qui s’abattent sans arrêt sur cette partie du pays depuis le début du mois de juillet. En tout, le préfet Lazare Ndongo Ndongo, évalue à 60 000 personnes qui sont sans-abris dans ce département.

Cela survient dans un contexte de rentrée scolaire, compliquant la situation tant pour les populations que pour les autorités administratives. Il faut parer au plus pressé. « J’ai échangé avec le sous-préfet qui avait déjà mis en place un comité avec tous les chefs de villages, les Lawanes, pour recenser tous les dégâts sur le plan agricole et de l’élevage, car ces inondations ont emporté des poulets, des moutons,… », témoigne le maire de la commune de Datchéka, Jean-Claude Karmo, dans les colonnes du tri-hebdomadaire L’œil du Sahel. Dans tous les arrondissements sinistrés, on est à la riposte depuis la semaine dernière. Entre temps, l’école a repris depuis lundi. « La principale mesure pour les écoles et établissements inondés est de les délocaliser dans la mesure du possible », annonçait déjà Lazare Ndongo Ndongo au sortir d’une réunion de crise qu’il a présidée le 2 septembre dernier. Indiquant que « l’année dernière, le gouvernement a construit des salles de classe en matériaux provisoires dans certains arrondissements ; ces salles sont encore en très bon état et nous allons les utiliser pour faciliter la délocalisation des écoles inondées. Nous avons également reçu des tentes l’année dernière, qui peuvent servir à abriter les élèves des établissements délocalisés », peut-on lire dans L’œil du Sahel.

A Yagoua, « on a trouvé un site de plus de 30 hectares pour recaser les gens de Yagoua centre. On a déjà aménagé ». Sur le terrain, c’est de la débrouillardise. A Yagoua, la pirogue est à la mode. On s’en sert pour les déplacements en plein cœur de la ville. « Nous avons fait fabriquer quatre pirogues, il y a également des élites qui en ont fabriqué quatre, et il y a également des pirogues de fortune dans la ville. En plus des pirogues, il y a les pick-up de l’Etat », indique Pierre Larawa, maire de Yagoua, sur les antennes de la radio nationale. C’est pareil pour diverses localités où les écoles sont submergées.

A cela s’ajoute la crise sécuritaire causée par la secte Boko Haram. Laquelle a déjà fait fermer 63 établissements primaires et maternels dans la région, selon les statistiques de la délégation régionale de l’Education de base. Les départements les plus touchées étant le Mayo-Tsanaga et le Logone et Chari.

Brouille CNC/Equinoxe TV: Séverin Tchounkeu s’exprime sur la crise entre les deux parties.

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Sévérin_Tchounkeu tente de recadrer les choses entre Equinoxe et le CNC

« Equinoxe n’est pas sur le pied de guerre contre le CNC». Séverin Tchounkeu l’a réitéré ce 11 septembre 2024 sur les antennes d’Equinoxe TV. Invité du journal de 20h de la chaîne de télévision de son groupe de presse, l’homme a cru devoir placer un mot sur la déferlante qui s’abat sur la « Chaîne du peuple» depuis quelques semaines. Ce depuis le clash entre la délégation conduite par Joe Chebonkeng Kalabubsu, président du Conseil national de la communication (CNC), et le personnel d’Equinoxe. Alors que le patron de l’organe de régulation des médias camerounais effectue une tournée dans les chaînes de télévision privées nationales depuis quelques temps, son passage dans la chaine détenue par Séverin Tchounkeu, a fait long feu, du fait d’une incompréhension. Joe Chebonkeng et sa bande ont vidé les lieux illico presto, lorsque dans son speech de bienvenue, Serge Alain Attou le rédacteur-en-chef, a indiqué que « nous sommes en deuil». Le porte-parole du groupe dont les employés étaient tous vêtus de noir et l’un, Pierre Laverdure Ombang, se bandant la bouche avec un ruban rouge en signe de protestation, a déroulé un chapelet d’actes pris par le CNC à l’encontre d’Equinoxe TV. Pour conclure à un « acharnement » du CNC contre une chaîne qui « ne fait que son travail», et qui d’ailleurs « applique les sanctions avant même notifications».

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Une attitude que le patron de la régulation n’a pas appréciée avec fair-play : « nous ne sommes pas venus faire la guerre», a réagi l’ancien journaliste de la Crtv. Condamnant le fait que Serge Alain Ottou évoque le non-respect du CNC et de ses décisions par certains confrères, sans que cela n’émeuve le CNC, alors qu’Equinoxe respecte toutes les décisions du CNC, « quelles qu’elles soient ». Avant de s’énerver et quitter la salle de rédaction de Mobil Bonakouamouang. Le week-end, des voix se sont levées lors d’émissions de débat dominicales pour fusiller Equinoxe TV. Sans que la chaîne ainsi privée d’un espace abondamment disputé par la concurrence, ne puisse se défendre.

Severin Tchounkeu n’a pas laissé passer cette « forfaiture » et a décidé de monter au créneau pour se défendre : Le fondateur du groupe La Nouvelle Expression dénonce «la manipulation du médiateur par des personnes tapies dans l’ombre, pour d’autres fins». On peut imaginer la main noire que l’homme voit derrière les ennuis de sa chaîne. Equinoxe est régulièrement classée par diverses institutions comme la chaîne de télévision la plus regardée. Mais sa « liberté de ton » connue de notoriété publique dérange le pouvoir de Yaoundé, et le ministre de l’Administration territoriale (Minat), Paul Atanga Nii, ne s’est pas souvent caché pour menacer de fermer cette chaîne qui « au-delà de l’image, rend compte« . Plusieurs fois ses émissions phares, notamment droit de réponses, sont susêndues, ainsi que leurs animateurs.

Pour autant, « il n’a jamais été question pour le personnel et le top management d’Equinoxe de mépriser le CNC», rassure-t-il. Pour le reste, « que toutes les règles éthiques et déontologiques de notre profession soient respectées et que cette institution soit indépendante», appelle-t-il.

Affaire Glencore : La justice britannique refuse de livrer les noms des Camerounais corrompus

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Siège de la SNH www.newsducamer.com
Le siège de la SNH www.newsducamer.com

L’affaire Glencore, qui a secoué plusieurs pays africains, dont le Cameroun, refait surface avec un nouvel élément marquant : la justice britannique refuse de révéler les noms des Camerounais soupçonnés d’avoir été corrompus par le géant pétrolier suisse. Malgré les efforts soutenus du gouvernement camerounais, à travers le Ministère des Finances et la Société Nationale des Hydrocarbures (SNH), les noms des responsables locaux impliqués dans cette vaste affaire de corruption restent cachés, protégés par une « clause d’anonymat », a-t-on appris d’un communiqué signé le 10 septembre 2024 par Adolphe Moudiki, l’Administrateur Directeur Général de la Société Nationale des Hydrocarbures. 

L’affaire remonte à la période entre 2012 et 2018, pendant laquelle Glencore aurait corrompu des responsables dans plusieurs pays africains, dont le Cameroun, pour obtenir des contrats avantageux dans le secteur pétrolier. L’enquête menée par le Serious Fraud Office (SFO) britannique a révélé que la multinationale suisse aurait versé des pots-de-vin conséquents à des fonctionnaires camerounais via des transactions opaques, afin de sécuriser des faveurs commerciales liées à l’exploitation du pétrole brut.

En novembre 2022, Glencore a été condamnée par la Southwark Crown Court à Londres pour des pratiques de corruption avérées dans plusieurs pays, y compris le Cameroun. Cependant, les détails précis concernant les personnes impliquées au niveau national n’ont jamais été révélés. La confidentialité autour de ces noms a été justifiée par les autorités britanniques sous le prétexte d’une « clause d’anonymat » convenue entre Glencore et le SFO, un fait qui jette un voile opaque sur le volet Camerounais de l’affaire.

Face à cette situation, le Cameroun n’est pas resté passif. Dans son communiqué publié le 10 septembre 2024, Adolphe Moudiki a révèle que « depuis la révélation de cette affaire, en mai 2022, la SNH a gelé toutes ses activités avec Glencore, aussi bien dans le domaine de l’exploration/production qu’au plan commercial. » Ce gel des relations démontre l’engagement de la SNH à adopter une posture ferme vis-à-vis de toute entreprise impliquée dans des actes de corruption.

En mai 2022, puis à nouveau en juin 2023 après la condamnation de Glencore, la SNH a officiellement demandé à la société de lui fournir les noms des employés camerounais impliqués dans ces actes de corruption. Glencore a refusé de répondre à ces requêtes, invoquant une nouvelle fois une obligation de confidentialité imposée par le SFO.

Le 6 novembre 2023, la SNH a franchi une nouvelle étape en portant plainte devant le Tribunal Criminel Spécial (TCS) du Cameroun. L’objectif de cette plainte est d’identifier, poursuivre et faire condamner les personnes impliquées dans cette affaire de corruption, conformément au Code Pénal camerounais. Adolphe Moudiki a réaffirmé que la SNH attend son audition avec l’espoir que les responsables seront démasqués et traduits en justice : « En tout état de cause, la SNH reste dans l’attente de son audition par le Tribunal Criminel Spécial, suite à sa plainte déposée le 6 novembre 2023, avec l’espoir que toutes les personnes impliquées dans ces crimes économiques seront démasquées et poursuivies conformément au Code Pénal camerounais », a-t-il souligné.

L’action déterminée du Ministère des Finances

Outre les initiatives de la SNH, le Ministre des Finances Louis Paul Motaze, a également pris des mesures concrètes pour sauvegarder les intérêts de l’État du Cameroun. Suite aux dénonciations de Maître Akere Muna, un groupe de travail a été mis en place par le ministre des Finances pour évaluer les pertes fiscales découlant des fraudes reconnues par Glencore. Ce groupe qui a mené de larges investigations et analyses sur les agissements de Glencore et de sa filiale camerounaise aurait estimé le préjudice fiscal à environ 20 milliards de francs CFA, un montant qui, selon un cadre du Minfi, sera probablement alourdi par des pénalités conséquentes.

Ce groupe de travail du MINFI a rapidement formulé des recommandations pour récupérer les montants perdus et sanctionner les coupables. L’une des propositions centrales du groupe de travail concerne la taxation des sommes occultes, conformément à l’article 45 du Code général des impôts camerounais. Ce texte prévoit que les sociétés ou autres personnes morales qui versent des sommes à des individus dont elles ne révèlent pas l’identité sont soumises à l’impôt sur le revenu des personnes physiques. Cette mesure vise à récupérer un maximum de recettes fiscales, majorées de lourds intérêts. Ces fraudes, basées sur des écritures comptables erronées, pourraient également être sanctionnées par des amendes fiscales. Pour obtenir réparation, le Cameroun devra de toute évidence se porter partie civile dans la procédure judiciaire en cours à Londres. Le Minfi envisagerait également des procédures judiciaires au Cameroun contre le groupe Glencore et sa filiale camerounaise pour fraude fiscale et douanière en raison des importantes pertes fiscales subies par le Cameroun.

Néanmoins, certaines avancées ont été réalisées. Les autorités camerounaises ont déjà identifié les infractions liées à cette affaire. Le cadre juridique entourant ces infractions a été clairement défini, ce qui a permis de mieux circonscrire les responsabilités et d’entamer des poursuites ciblées. Ces précisions devraient accélérer les procédures judiciaires et renforcer les chances de récupération des montants détournés

Avec l’accord du chef de l’État, Louis Paul Motaze a également saisi les autorités compétentes de la Confédération helvétique et du Royaume-Uni, notamment le Serious Fraud Office (SFO), dans le but d’obtenir des informations plus complètes sur les acteurs camerounais impliqués dans cette affaire. «Les demandes d’informations destinées aux autorités suisses et britanniques ont été transmises à l’Unité d’échange international des renseignements. Le but est d’obtenir des éléments du dossier d’enquête du Serious Fraud Office (SFO) », soutient un responsable des Finances. À ce jour, le sort réservé à ces correspondances demeure inconnu.

Ces actions visent non seulement à révéler les noms des fonctionnaires corrompus, mais également à évaluer l’étendue des pertes fiscales et économiques subies par le Cameroun à la suite de cette fraude. Comme le souligne un cadre du Ministère des Finances “Cette affaire constitue un enjeu majeur pour le MINFI, qui cherche à obtenir réparation non seulement des pertes fiscales, mais aussi de l’atteinte à sa souveraineté et à l’intégrité de ses institutions économiques. Les autorités camerounaises s’efforcent de redresser la situation, avec l’espoir que la justice internationale, malgré ses complexités, permettra de faire la lumière sur les faits et d’obtenir des compensations justes”.

La justice britannique, entre confidentialité et blocage

La décision de la justice britannique de ne pas divulguer les noms des responsables camerounais incriminés dans l’affaire Glencore a de quoi frustrer l’opinion Camerounaise, dont des figures marquantes telles que Me Akere Muna œuvrent inlassablement à la manifestation de la vérité. Pour beaucoup, il est inacceptable que les fonctionnaires impliqués dans un scandale de cette ampleur soient protégés par une clause de confidentialité. Les critiques estiment que cette protection constitue un obstacle majeur à la lutte contre la corruption en Afrique et qu’elle prive les États concernés des informations nécessaires pour juger et sanctionner leurs citoyens.

Malgré cela, la Southwark Crown Court, qui a condamné Glencore en novembre 2022, a maintenu que la confidentialité des témoins et des collaborateurs dans cette affaire devait être respectée pour des raisons légales. Une nouvelle audience est prévue en octobre 2024, et les autorités camerounaises espèrent que de nouveaux éléments pourront être révélés à cette occasion.

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