samedi, avril 4, 2026
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Criminalité Financière : Plus de 2,2 milliards de FCFA captés par le terrorisme en 2023

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« Dans le domaine de la lutte anti-blanchiment, l’Agence nationale d’Investigation Financière (Anif) a reçu 965 déclarations de soupçon contre 869 en 2022, soit une hausse de 11,05%en valeur relative », a révélé Rev. Dieudonné Massi Gams, président de la Commission nationale anti-corruption jeudi dernier lors de la présentation de l’état de lutte contre la corruption au Cameroun. A l’observation des données révélées au public jeudi dernier, la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement des activités terroristes a pris une tournure préoccupante au Cameroun en 2023. Selon le rapport sur l’état de la lutte contre la corruption au Cameroun, l’Anif a transmis 447 rapports aux autorités compétentes, couvrant des flux financiers d’un montant total de 1 665 milliards de FCFA. Représentant une hausse impressionnante de 180,01 % par rapport à l’année précédente. Les fraudes, qui représentent 50,56 % des dossiers, sont au cœur des suspicions avec une augmentation notable des montants concernés.

 La Conac révèle que les flux financiers repérés en 2023, indiquent que 65,52 % des dossiers ont été transmis aux services d’enquête et aux autorités administratives, principalement en raison de la situation sécuritaire. Les tribunaux civils ont été saisis d’affaires concernant le blanchiment d’argent, divers trafics et le détournement de fonds publics. Pendant ce temps, les tribunaux militaires ont pris en charge les cas liés au financement des activités terroristes et sécessionnistes, dont le montant total dépasse 2,2 milliards de FCFA. Les mécanismes de financement détectés incluent des escroqueries sur internet, l’utilisation de fausses identités pour recevoir des fonds de l’étranger, ainsi que des transferts via Mobile Money et les sociétés de transfert de fonds.

Hausse des déclarations de soupçon dans le secteur bancaire

Selon la Conac, les banques sont les premières pourvoyeuses de déclarations de soupçon avec un taux en hausse qui se fixe à 68,70% enregistrant une progression de 1,22% par rapport à l’année précédente. Les prestataires de Mobile money (4,25%), les établissements de microfinances (1,35%), la Banque des Etats de l’Afrique Centrale (0,93) et les institutions financières spécialisées (0,93%) viennent respectivement après les sociétés de transfert de fonds en termes de déclaration. Les autres types de délits incluent, l’escroquerie sur internet (en légère hausse), les trafics divers (en baisse de 55 %), et le détournement de fonds publics (en hausse de 140 %). Le document de la Conac met en lumière une hausse significative des cas liés au financement du terrorisme, en particulier les activités des groupes sécessionnistes. Le nombre de dossiers dans ce domaine a bondi de 38,24 % par rapport à 2022, passant de 102 à 141 cas. Ces affaires représentent désormais 31,54 % des rapports transmis par l’Anif, classant ce type de délit en deuxième position parmi les dossiers traités l’année dernière.

Cette augmentation s’explique, justifie la Conac en grande partie par la situation sécuritaire fragile dans le pays. La présence persistante de Boko Haram dans la région de l’Extrême-nord et les mouvements sécessionnistes actifs dans les régions du Nord-Ouest et du SudOuest continuent d’alimenter ces financements illicites. Le rapport souligne également que cette hausse reflète l’engagement accru de l’Anif dans la lutte contre le financement des activités terroristes et sécessionnistes. Les dossiers relatifs à ces activités terroristes sont systématiquement transmis aux juridictions militaires et aux services spécialisés tels que « la Direction générale de la recherche extérieure (DGRE), la Délégation Générale à la Sûreté Nationale (DGSN), et le Ministère de la Défense (MINDEF), avec lesquels l’ANIF maintient une collaboration étroite », précise la commission.

En parallèle, d’autres formes de fraudes ont été identifiées. Les cas d’escroquerie sur internet (scamming) ont légèrement augmenté, passant de 18 à 22 entre 2022 et 2023. Les affaires liées aux faux documents, en revanche, ont connu une baisse de 20,51 %, avec 31 dossiers transmis, représentant 4,68 % de l’ensemble des cas. Ces infractions concernent principalement la falsification de documents financiers, l’usurpation d’identité, et l’achat de cartes bancaires avec de fausses identités. Cependant, le rapport signale également une baisse significative des trafics divers, en particulier ceux liés aux armes, à la drogue et aux produits miniers, avec une diminution de 55 % par rapport à 2022. Ces cas représentent désormais 2,01 % des dossiers transmis. En revanche, les détournements de deniers publics ont enregistré une hausse préoccupante de 140 %, passant de 5 à 12 cas en un an. Ces détournements représentent 2,68 % des dossiers de 2023. L’escroquerie en général est aussi en recrudescence, avec 10 cas recensés, tandis que les suspicions de corruption ont triplé, passant de 2 à 6 dossiers entre 2022 et 2023, soit une augmentation de 200 %.

 Accentuer la lutte contre le blanchiment de capitaux

Par un décret signé le 30 octobre 2023, le président de la République, Paul Biya, renforce la lutte contre le blanchiment des capitaux au Cameroun. Ce texte prévoit notamment la création d’une instance dédiée à « l’organisation et au fonctionnement du comité de coordination des politiques nationales de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive ». Placé sous l’autorité du ministre des Finances, ce comité a pour mission d’élaborer et de coordonner les stratégies et actions nationales visant à combattre ces menaces. Le 23 juin 2023, l’organisme international chargé de surveiller la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme a décidé d’ajouter le Cameroun, ainsi que la Croatie et le Vietnam, à sa liste « grise » des pays sous surveillance renforcée. Ces pays sont considérés comme ayant des « lacunes stratégiques » dans leurs systèmes de lutte contre ces pratiques, mais se sont engagés à collaborer avec le Groupe d’action financière (GAFI) pour y remédier, dans le but d’éviter une inscription sur la liste noire internationale.

Cameroun-Kenya : la présélection de Marc Brys sans Castelleto

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Alors que Samuel Eto’o a fini de tenir unilatéralement à Douala une réunion préparatoire au match Cameroun-Kenya du 11 octobre prochain, Marc Brys a rendu publique sur les antennes de la Crtv, la présélection des joueurs devant prendre part à ce match. C’était au cours de l’émission fou fou foot. Une liste que la Fécafoot elle-même semble découvrir comme tous les Camerounais. Dans cette liste, le technicien belge n’a pas convoqué Jean Charles Castelleto. Le défenseur de Nantes a été blessé, mais a recommencé à jouer, pour autant, il n’est pas retenu. Marc Brys explique cette absence : «J’ai parlé avec Castelleto, il était gravement blessé, mais il a recommencé à jouer avec son équipe ». Soulignant qu’«il a compris l’idée qu’il faut donner la chance à quelques jeunes». Et surtout qu’« on ne ferme pas la porte».

La liste de arc Brys

Pour le reste, le technicien en chef des Lions indomptables a pris presque les mêmes, pour recommencer. Avec les mêmes gardiens : André Onana, Simon Ngapandouetmbu et Simon Omossola. C’est dans les autres compartiments que quelques nouveaux noms apparaissent. Comme Yann Bisseck en défense, Eric-Junior Dina Ebimbe de Francfort, Nicky Belocko du Fc Sion et Martin Atemengue du Fc Ashdod en Israël. En attaque, on retrouve également Socko.

Nombre de ces joueurs font partie d’une vague de jeunes joueurs, binationaux pour la plupart, que le technicien belge essaie de convaincre de rejoindre les Lions indomptables depuis son arrivée à la tête de la sélection nationale. Il est certain que ces derniers feront partie de la liste définitive. La Fécafoot prévoit l’entrée en stage pour le 7 octobre à Douala.

Fair-play : Six mois de sanction pour Samuel Eto’o

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Samuel Eto’o est frappé «d’une interdiction d’assister aux matchs des équipes représentatives du Cameroun pour une durée de six mois ». La décision est de la Commission de discipline de la Fédération internationale de football association (Fifa). L’instance disciplinaire reproche au président de la Fédération camerounaise de football (Fécafoot) d’avoir enfreint les articles 13 et 14 du Code disciplinaire de la Fifa. Lesquels sanctionnent respectivement les comportements offensants et les violations des principes du fair-play, et « incorrections de joueurs et officiels ». La sanction étant déterminée en fonction du degré de l’acte commis.

Dans la décision dont le concerné a été notifié ce même jour, précise la commission de discipline de la Fifa., la Fifa indique que « l’interdiction prononcée à l’encontre de M. Eto’o l’empêchera d’assister aux matchs de football masculin et féminin impliquant des équipes représentatives de la Fécafoot, dans toutes les catégories ou groupes d’âge». Avec comme corollaire la mise à l’écart de Samuel Eto’o du match du 11 octobre prochain contre le Kenya, comptant pour les éliminatoires de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2025.

Cameroun-Brésil

La Commission de discipline de la Fifa indique que « la décision est liée au 8ème de finale de la Coupe du monde féminine U20 de la Fifa qui a opposé le Cameroun au Brésil à Bogota (Colombie), le 11 septembre 2024». On se souvient que l’arbitrage de ce match avait été décrié, y compris par les spectateurs. L’arbitre italienne avait invalidé un but de Naomi Eto’o, pour une faute imaginaire. Le Cameroun avait été battu aux prolongations (1-3), alors que ce but aurait permis aux Lionnes indomptables juniors de l’emporter et donc d’éliminer le Brésil.

En conférence de presse d’après-match, tant Hassan Balla l’entraîneur, que Naomi Eto’o, avaient dénoncé cet arbitrage. Il semble que le président de la Fécafoot qui avait assisté à cette rencontre, avait accordé son violon à cette dénonciation. La Commission de discipline de la Fifa n’en parle pas, et se contente d’annoncer vaguement le motif de la sanction prise à l’encontre du patron du football camerounais. Samuel Eto’o peut faire appel de cette sanction.

Industrie: une usine de transformation de cacao annoncée à Douala

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 Le projet porté par la Chambre d’Agriculture sera doté d’une capacité annuelle de transformation de 32 000 tonnes de fèves de cacao.

Le projet sera implanté  à  la zone industrielle de Bonaberi  dans le quatrième arrondissement de Douala, la capitale économique. Ce sera un  complexe industriel  de transformation de cacao d’une capacité de transformation projetée de 32 000 tonnes de fèves de cacao par an. Il devra produire du chocolat, de la poudre de cacao, de la confiture, des tourteaux et du beurre de cacao.

 Le projet de la Chambre d’Agriculture  des Pêches, de l’Elevage et des Forêts de Cameroun (Capef) se construit autour d’une organisation de 13 800 producteurs de cacao qui vont approvisionner l’usine. Le coût de ce  projet est estimé à 29 milliards de FCFA.  Il sera financé par le néerlandais ING Bank dans le cadre de la mise en œuvre de la politique gouvernementale d’import-substitution.  Ce sont au total 5 projets qui sont financés dans le même cadre.

Ce complexe industriel viendra  s’arroger de parts de marchés dans un secteur dominé par la Sic Cacao, du Suisse Barry Callebault qui contrôle 70% de parts de marché avec une capacité de 56 000 tonnes.  Il est talonné par Chococam, filiale du Sud-africain Tiger Brands dont la capacité de production est évaluée à 50 000 tonnes. En troisième position, Atlantic Cocoa de l’Ivoirien Koné Dossongui  dont la capacité  est de 48 000 tonnes ; Neo Industry du Camerounais Emmanuel Neossi  avec 32 000 tonnes. L’italien Ferrero Group  avec 1 000 tonnes de capacité de production annuelle  referme le quinté.  

Émigration : près de 15 000 camerounais admis au Québec entre 2019 et 2023

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D’après les données du gouvernement canadien, les ressortissants camerounais sont en deuxième position derrière la France en 2023, mais en tête des pays africains dans cette province  où affluent les francophones.

 Le Cameroun  est parvenu à se  hisser dans le top cinq des nations de provenance en matière d’immigration vers le Canada ces dernières années.  Les statistiques  rendues public par le gouvernement canadien sur les migrations internationales et interprovinciales  classent ce pays d’Afrique centrale parmi les principaux pourvoyeurs de main-d’œuvre.

 Dans l’ensemble du Canada,  en 2022  c’est  la Tunisie avec 2105 travailleurs temporaires qui vient en tête. Il est suivi par le Maroc  qui totalise 1 730 ressortissants. Le  Cameroun occupe la troisième position avec 1 210 ressortissants. L’Algérie, 4ème avec 1 115 et Madagascar, 415 ressortissants  clôturent le top 5 des 48 pays africains répertoriés par les autorités canadiennes.  Les chiffres ont  fortement progressé en un an.

Cameroun 1er pourvoyeur de travailleurs africains au Québec

Si sur l’ensemble du Canada, le Cameroun  n’est pas en tête, dans la région du Québec il occupe la première place avec le grand nombre d’immigrants africains.  Les données de l’Institut  de la statistique du Québec, mises à jour le 8 mai 2024,  indiquent que le nombre de travailleurs qualifiés admis au Québec ces 4 dernières années est de plus en plus croissant. Entre 2019 et 2023, 14135 immigrants sont  d’origine camerounaise sur un total de 237 597 immigrants. Soit 5,9%.  Le Cameroun est  ainsi en 3eme position pour des chiffres cumulés en 4 ans.

En 2023, il était en deuxième position derrière la France avec 6239 immigrants.  La France  totalise ainsi 13,0 % d’immigrants permanents admis en 2023, le Cameroun 11,8 %, la Chine 11,1 %, l’Algérie et le Maroc 4,7 % chacun et la Tunisie et Haïti (4,2 % chacun).

A l’analyse dudit rapport, s’il faut considérer uniquement les pays africains, le Cameroun apparaît  donc comme le premier pays de provenance des immigrants permanents admis au Québec en 2023.  

Lutte contre la corruption: Le Conseil national des Chargeurs a fait perdre à l’État 29,4 milliards de FCFA

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Le rapport de la Commission nationale anti-corruption (Conac) sur l’état de la lutte contre la corruption au Cameroun en 2023, dresse un tableau sombre des malversations financières dans certaines institutions publiques. Le Conseil national des chargeurs du Cameroun (Cncc) suscite une attention particulière. En effet, des détournements de fonds publics et des fautes de gestion ont été mis en lumière, dans une série d’enquêtes diligentées par la Conac, couvrant la période allant de 2012 à 2017.

Des détournements de fonds flagrants

Les investigations menées par la Conac révèlent que durant cette période, de nombreuses irrégularités ont été observées, principalement liées à la gestion des frais de mission et à la rémunération des cadres en détachement.

Ainsi, l’enquête a révélé qu’Auguste Mbappe Penda, qui était alors le directeur général du Cncc et qui l’est encore aujourd’hui, a accumulé pas moins de 406 jours de mission sur une seule année, bien que l’année ne compte que 365 jours.

En outre, plusieurs cadres ont perçu des salaires doubles, un pour leur poste au Cncc et l’autre pour un second poste de travail dans la fonction publique, en violation des réglementations en vigueur. Concrètement, ce double-jeu est imputé à 5 cadres de la fonction publique en détachement au Cncc.

 Ces irrégularités n’ont pas manqué d’être associées à des personnalités précises, sans toutefois que leurs identités soient totalement dévoilées dans le rapport. Des initiales ont été mentionnées, notamment M.E.T., M.D.M., N.N.E.A., et N.H., indiquant l’implication potentielle de plusieurs hauts fonctionnaires.

L’AFFAIRE PHOENIX EUROPE EXPRESS

L’un des cas les plus retentissants concerne l’affaire Phoenix Europe Express, l’entreprise chargée de la gestion de la représentation du Cncc en France. Les conséquences de cette affaire sont lourdes pour les finances publiques. Le rapport de la Conac estime que l’abandon de la créance que l’État camerounais détenait sur Phoenix Europe Express a causé un manque à gagner de 399,45 millions de FCFA pour l’administration fiscale, en raison notamment de la non-perception de la Taxe spéciale sur les revenus versés à l’étranger (TSR).

En effet, une convention a été signée entre le CNCC et la société Phoenix pour la gestion de la représentation du CNCC en France, moyennant le versement d’honoraires au profit de cette société. Ces honoraires au sens de la législation camerounaise «constituent des revenus versés à l’étranger (France), assujettis à la TSR au taux de 16,5% TTC. Durant toute la période contractuelle, qui a pris fin le 30 décembre 2013, le CNCC a reversé la totalité des honoraires sans retenir la TSR», souligne la Conac. Suite à cet abandon de créance, le CNCC a dû supporter le paiement de cette Taxe sur une période de quatre années à hauteur d’une provision annuelle de 99,86 millions de FCFA.

DES FAUTES DE GESTION MULTIPLES

 La gestion globale du CNCC durant la période sous-revue est également mise en cause par la Conac. Outre les détournements de fonds, plusieurs fautes de gestion ont été relevées. L’enquête pointe notamment un favoritisme présumé dans le recrutement du personnel, avec des nominations qui ne respectaient pas l’organigramme de l’entreprise, et le paiement de fortes sommes en espèces, des pratiques jugées incompatibles avec les normes de gestion administrative.

Le rapport souligne également la mauvaise gestion des fonds publics, le non-respect des procédures de déblocage des dépenses, ainsi que des missions fictives, imputées à certains cadres dirigeants de l’institution. Par exemple, la Conac a relevé que le Directeur Général du Cncc n’aurait travaillé que 16 jours par an au siège de l’institution, sur un total de 288 jours ouvrables. Ce qui ne peut être vrai, a conclu la Conac, qui précise par ailleurs que ce même Directeur aurait perçu une indemnité pour 1630 jours de mission entre 2012 et 2017, pour un montant total de 407,612 millions de FCFA,

UN PRÉJUDICE FINANCIER COLOSSAL

En tout, les actes de détournement et les fautes de gestion relevés par la Conac dans ce dossier ont causé un préjudice évalué à plus de 29,4 milliards de FCFA à l’État du Cameroun. Le rapport met particulièrement en cause la responsabilité du Directeur Général du Cncc et de plusieurs de ses collaborateurs. Cependant, la présomption d’innocence est de rigueur tant que les faits n’ont pas été jugés par les instances compétentes. Face à ces révélations, la Conac a transmis ses conclusions aux autorités compétentes pour la prise de sanctions appropriées.

Affaire Glencore: La Conac lance un appel à l’information pour boucler son rapport

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C’est presqu’en balbutiant que Dieudonné Massi Gams, le président de la Commission nationale anti-corruption a répondu aux interrogations relatives à ce qu’il convient désormais d’appeler «l’affaire Glencore». Ces hésitations cachaient une vérité avec laquelle, l’opinion publique a fini par s’accommoder. A savoir : «Il faudra du temps pour que soit rendu public le rapport d’enquête de la Conac». C’est du moins l’interprétation qui découle des derniers éclaircissements apportés par cette institution dans le cadre de cette affaire. Elle qui en juin 2024, a annoncé qu’elle a ouvert une enquête après avoir été saisi officiellement par le bâtonnier Akere Muna.

Mais l’enquête piétine, en raison, apprend-t-on, de la méticulosité que commande la conduite des investigations dans cette affaire de corruption «qui est à la fois nationale et internationale», rappelle la Conac. «Lorsqu’on fait des investigations, il faut le faire avec tout ce que cela comporte comme délicatesse et sérieux. Parce qu’on ne peut publier que les résultats des investigations menées. C’est dans ce sens-là que les uns et les autres doivent comprendre que la Conac a déjà mené des investigations et orienté ses résultats vers des personnes à qui on a demandé des informations supplémentaires», a révélé Dieudonné Massi Gams.

LA CONAC EN QUÊTE D’INFORMATION

Toutefois, a en croire ce dernier, le bouclage de l’enquête menée par l’institution qu’il dirige est conditionnée par l’obtention des informations évoquées supra. Ces dernières portent sur des aspects que Dieudonné Massi Gams n’a pas jugé important de dévoiler. Cependant, dit-il, il reste ouvert à toute contribution extérieure qui pourrait faire avancer les investigations tant au niveau national qu’international.

« S’il y a des gens qui peuvent donner ces informations à la Conac, tant mieux. Nous aimerions qu’ils viennent avec les documents et que l’institution en question (Glencore,ndlr) nous envoie également des éléments qui vont nous aider pour que notre rapport soit peaufiné et finalisé et remis à qui de droit. Comme nos textes organiques le disent, nous ne pouvons pas publier ce rapport tant que nous n’avons pas bouclé toutes les enquêtes et obtenu toutes les informations que nous sollicitons», a déclaré Dieudonné Massi Gams.

LE RÔLE DE LA SNH ET DU MINFI

En attendant la publication de ce rapport, a SNH dit avoir déposé une plainte au Tribunal Criminel Spécial depuis près d’un an pour débusquer les coupables Camerounais de l’affaire Glencore, accusé d’avoir perçu pots-de-vin visant à favoriser le déploiement du trader anglo-suisse au Cameroun. En outre, le ministère des Finances a saisi les autorités suisses et britanniques pour faire valoir les intérêts du Cameroun. Parallèlement la filiale locale du groupe Glencore va subir un redressement fiscal à la hauteur du préjudice subi par le fisc Camerounais dans cette scabreuse affaire de corruption.

Immigration canada : vers un durcissement des conditions pour les employés camerounais

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 Avec près de 15000 migrants camerounais partis au Canada entre 2019 et 2023, les entreprises camerounaises se vident progressivement de leurs cerveaux et paient le lourd tribut des ardoises laissées par ces derniers. Une situation pour laquelle les pouvoirs publics et le secteur privé envisagent des mesures pour limiter la saignée des entreprises.

Des grandes entreprises camerounaises,  plus touchées par le phénomène  d’immigration canadienne, envisagent des verrous pour renforcer les conditions de départ de leurs employés.  Car, si le nombre croissant des camerounais est  notamment dû au chômage et  au sous-emploi  qui touche 73,1% des jeunes  de 15-34 ans, bon nombre  laissent leurs emplois pour le Canada. C’est cette catégorie d’immigrants qui va bientôt faire l’objet de restrictions et plus d’exigences en cas d’intention de départ.

 Le constat tient de ce que, en plus du  vide qui se creuse de plus en plus au sein des entreprises camerounaises, de milliers travailleurs démissionnent dans des conditions troubles. « Ces départs massifs effectués en majorité à l’insu des employeurs (…) obligent ces entreprises, dans plusieurs cas, à supporter les dettes contractées en interne par les travailleurs démissionnaires. Par ailleurs, lorsque lesdits travailleurs avaient des emprunts en cours auprès des institutions financières, la récurrence du phénomène compromet l’accès au crédit d’autres employés de la même entreprise », note Célestin Tawamba, président du Groupement des Entreprises du Cameroun (Gecam).

Des sources fiables indiquent que certaines entreprises ont ces derniers mois limité l’accès au crédit bancaire pour leurs employés. D’autres ont défini de nouvelles clauses  dans leurs rapports  avec leurs salariés, en vue d’obtenir un engagement de ces derniers à travailler pendant un certain nombre d’années avant de quitter leurs postes.  Au niveau plus macro,  le patronat camerounais dit avoir saisi le ministère des Relations Extérieures  pour une concertation entre le gouvernement et le secteur privé à ce sujet. Cette assise,  permettra de  « discuter mes mesures potentielles pour atténuer ses effets », renseigne le Gecam. Surtout que, l’impact de ce phénomène sur les entreprises  est multiforme.  D’ailleurs, même le secteur public est concerné. Certains fonctionnaires continuent de percevoir leurs salaires même étant partis au Canada. Parfois, ce sont des cadres expérimentés qui s’en vont. Des  employés dont les entreprises ont parfois financé leur formation. Ce qui occasionne une fuite de compétences.

 Parmi les possibles mesures qui pourront être prises, apprend-on,  serait qu’il soit demandé de fournir une preuve de non redevabilité et de bonne transparence vis-à-vis de son employeur avant l’obtention d’un visa.  L’ambassade pourrait aussi mener des enquêtes auprès des entreprises au sujet d’un employé candidat à l’immigration.

Comme d’autres pays africains, le Cameroun répond à l’appel du Canada qui sollicite la main d’œuvre étrangère pour se développer. Ce pays d’Amérique du Nord prévoit dans son plan d’immigration 2023-2025, d’accueillir entre 430 000 et 542 500 nouveaux résidents permanents en 2024 et 442 500 à 550 000 en 2025. Des « niveaux record » croissants, selon le gouvernement  Canadien. Selon Gecam,  près  de 6 000 Camerounais ont immigré au Canada de janvier à avril 2024.

Interview

Bin Joachem MEH, économiste

 « Le gouvernement doit s’attaquer au sous-emploi et au chômage élevé »

 L’expert analyse le phénomène d’immigration massive des travailleurs qualifiés pour le Canada, en dressant son impact sur les entreprises. Il formule aussi des recommandations qui peuvent permettre aux entreprises d’atténuer la saignée.

Selon les statistiques québécoises, près de 15 000 Camerounais se sont installés au Canada entre 2019 et 2023. Quel sera l’impact de cette forte immigration sur l’économie camerounaise ?

Le chiffre de près de 15 000 Camerounais s’installant au Canada entre 2019 et 2023 est significatif, mais il est important de considérer le contexte de la situation. Si ce chiffre est le résultat d’une tendance plus large de Camerounais à la recherche de meilleures opportunités économiques et d’un niveau de vie plus élevé, il pourrait avoir un impact positif à la fois sur le marché du travail local au Canada et sur l’économie camerounaise. L’afflux de travailleurs qualifiés pourrait aider à combler les pénuries de main-d’œuvre et contribuer à la croissance économique au Canada, tandis que les fonds envoyés au Cameroun pourraient donner un coup de pouce à l’économie locale. Toutefois, il est également important de prendre en compte les effets négatifs potentiels, tels que la fuite des cerveaux au Cameroun et la perte de travailleurs qualifiés.

Le Groupement des Entreprises du Cameroun dénonce les départs massifs d’employés. Des employés pour lesquels l’entreprise a parfois investi dans la formation. Il y a aussi ceux qui laissent des dettes qui affectent la trésorerie de l’entreprise et limitent l’accès au crédit bancaire pour les autres salariés. Que pensez-vous qu’il soit possible de faire pour limiter la saignée des entreprises camerounaises ?

Les entreprises peuvent prendre plusieurs mesures pour limiter l’impact de l’immigration sur leurs activités et se protéger des conséquences négatives potentielles du départ des employés et des dettes qu’ils laissent derrière eux.

Premièrement, les entreprises peuvent créer un environnement de travail positif en offrant à leurs employés des salaires et des avantages compétitifs, ainsi que des possibilités d’évolution de carrière et de développement. Les entreprises peuvent proposer des programmes de formation et de développement pour aider les employés à acquérir de nouvelles compétences et à se tenir au courant des dernières tendances du secteur. Cela peut contribuer à accroître la satisfaction des employés et à réduire la probabilité qu’ils partent pour de meilleures opportunités.

Deuxièmement, les entreprises peuvent utiliser un processus d’intégration solide qui soutient les nouveaux employés. Des attentes claires, une formation et un mentorat les aideront à s’intégrer dans la culture de l’entreprise et à se sentir valorisés.

Enfin, les entreprises peuvent mettre en œuvre des politiques visant à empêcher les employés de laisser des dettes derrière eux, en exigeant par exemple des employeurs qu’ils remboursent toutes les dettes en cours avant de quitter l’entreprise.

Comment le gouvernement doit-il faire face à ce phénomène dans un contexte de sous-emploi et de chômage élevé ?

Le gouvernement devrait adopter une approche à multiples facettes pour faire face à ce phénomène. Il pourrait notamment investir dans des programmes d’éducation et de formation afin de préparer la main-d’œuvre aux emplois de demain, créer davantage d’opportunités d’emploi par le biais d’initiatives de développement économique et mettre en œuvre des politiques visant à attirer les investissements étrangers et à stimuler la croissance économique. En outre, le gouvernement pourrait s’attaquer aux causes profondes du sous-emploi et du chômage élevé, notamment en améliorant l’accès au crédit et en soutenant les petites et moyennes entreprises. Le gouvernement pourrait mettre en œuvre des politiques visant à améliorer l’environnement des entreprises et à les inciter à rester et à investir dans le pays. Cela pourrait inclure la réduction des barrières bureaucratiques, l’amélioration des infrastructures et la mise en place d’incitations pour que les entreprises  se développent.

Coupe du Cameroun : la bataille des oiseaux remportée par le pacifiste face au prédateur

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«Je pense que nous avons commencé timidement et on s’est fait surprendre par la Colombe, qui a conservé très bien son but. Aujourd’hui (29 septembre…Ndlr), on va apprendre de nos erreurs, je pense que la prochaine fois ce sera la meilleure. Ce n’était pas facile mais on a tout donné». Avec Tiga Tiga son capitaine,  Aigle de la Menoua ne peut que tirer des leçons de sa mauvaise passe en finale de la Coupe du Cameroun ce 29 septembre 2024. L’oiseau qui sait voler haut et étouffer sa proie, n’a pas pu le faire face à un homologue plutôt porté à porter le message de paix. Peut-être parce que fauché dès son envol par un Boris Ekoto qui a surpris le portier de l’Aigle en glissant un centre d’Yvan Mvondo dès la 10ème minute, dans ses filets. Alors que la partie ne vient que de commencer, les jaune et noir se battront corps et âme, sans parvenir à rétablir l’équilibre. La pause survient avec ce léger avantage.

A la reprise, les deux adversaires déroulent mieux le jeu, multipliant des occasions de buts, qui ne seront jamais concrétisées. Richard Towa, l’entraineur de Colombe du Dja et Lobo, semble plus rompu à la haute compétition et parvient à conserver cette avance jusqu’au coup de sifflet final. L’Aigle royal de la Menoua qui en était à sa 3ème finale de Coupe du Cameroun, n’a pas toujours soulevé le trophée. Alors que Colombe qui l’a réussi déjà. Avec en bonus le titre de l’homme du match remporté par son passeur décisif Yvan Mvondo. Colombe arrache ainsi le ticket qualificatif pour la Coupe de la Confédération pour la saison prochaine. Boris Ekoto entame bien son séjour à Sangmélima. Le transfuge de Gazelle de Garoua qui, pour son premier match officiel, a offert à son nouveau club ce trophée.

Boris Ekoto, le sauveur de Colombe

La finale a été présidée par le Premier ministre Joseph Dion Ngute, comme ces dernières années. C’était la clôture de la saison sportive 2024, comme de tradition. Avec la remise des trophées de coupes à une cinquantaine de fédérations sportives civiles nationales.

Cemac : la Beac dope son offre de liquidité dans le circuit bancaire 

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Après deux enveloppes consécutives de 200 milliards de FCFA, la Banque des Etats de l’Afrique centrale a décidé de doper son offre de liquidité en faveur des banques commerciales de la Cemac. Le 24 septembre 2024, la banque centrale a injecté 260 milliards de Fcfa dans le système bancaire de la sous-région. Cette opération a été marquée par une sursouscription significative de 175,77 %, avec une demande totale des banques commerciales s’élevant à 457 milliards de Fcfa. Cette injection intervient après la décision du Comité de Politique Monétaire de maintenir ses principaux taux directeurs inchangés.

Depuis la reprise des opérations d’injection de liquidités en juin 2024, après plus d’un an d’interruption, la demande des banques commerciales n’a cessé d’augmenter, illustrant la forte dépendance des établissements bancaires vis-à-vis de la banque centrale. Cependant, ces montants élevés ne suffisent toujours pas à répondre aux besoins croissants, les souscriptions dépassant systématiquement l’offre, atteignant des niveaux de plus de 400 %. Comme sur son offre du 18 juin, une injection de 65 milliards de francs CFA souscrite à 450%.

Cette situation reflète les tensions sur le marché bancaire régional, aggravées par la politique monétaire restrictive de la Beac visant à freiner l’inflation. En augmentant ses opérations de ponction de liquidités tout en maintenant ses taux directeurs à des niveaux élevés, la Beac tente de contrôler la hausse des prix. Cependant, si cette politique contribue à réduire l’inflation, elle a aussi un impact sur la croissance économique. Avec une prévision de croissance de 2,9 % pour 2024, la Cemac reste en quête de dynamisme économique malgré les mesures adoptées.

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