Emana, un quartier de Yaoundé en émoi : un pasteur arrêté pour trafic d’espèces protégées. Le 18 décembre dernier, ce pasteur pentecôtiste, respecté de ses fidèles, a été arrêté pour cette activité criminelle inattendue. Cette affaire a secoué les esprits et mis en lumière les ravages du commerce illégal d’ivoire. Cachées dans un sac de farine à bord d’un taxi « Yango », six défenses d’éléphants attendaient leur funeste sort. Les trafiquants, croyant réaliser une transaction discrète, ont été pris de court par une intervention musclée des agents de la délégation régionale des forêts et de la faune, épaulés par la police judiciaire et l’organisation LAGA. Le pasteur, considéré comme le cerveau de l’opération, n’était pas seul : il était accompagné d’un proche voisin de l’église, intermédiaire dans cette affaire, et d’un ancien magistrat, présumé fournisseur des défenses.
Les premiers éléments de l’enquête dévoilent une réalité troublante : un homme de foi, censé prêcher l’intégrité et la justice, aurait orchestré un réseau de trafic. Le matériel provenait de sources bien établies, avec des connexions au sein même de la communauté religieuse. La famille de l’ancien magistrat, fidèle à l’église, aurait servi de lien dans ce commerce illicite. L’arrestation des suspects résonne comme un cri d’alarme pour la protection des éléphants d’Afrique.
Depuis vingt ans, les chiffres sont accablants : 3 004 éléphants ont été abattus illégalement, menaçant une population déjà décimée. Les éléphants, véritables jardiniers des écosystèmes forestiers et savanicoles, jouent un rôle crucial dans l’équilibre écologique. Leur déclin, alimenté par une demande persistante d’ivoire, met en péril l’ensemble de la biodiversité.
Une réponse ferme de la justice
Le gouvernement, déterminé à mettre fin à ce fléau, s’appuie sur la loi de 2024 sur les espèces sauvages, qui prévoit des peines sévères pour les contrevenants. Les trois suspects encourent jusqu’à 20 ans d’emprisonnement et une amende de 50 millions de FCFA. Une sanction exemplaire, à la hauteur du préjudice infligé à la nature. Cette affaire illustre l’urgence d’une mobilisation accrue pour protéger les espèces sauvages. Si des figures de confiance, comme ce pasteur, se laissent happer par les gains du trafic, qu’en est-il de la lutte contre ce commerce lucratif mais destructeur ?
La communauté, les autorités et les organisations environnementales sont appelées à redoubler d’efforts pour enrayer cette mécanique. Chaque arrestation est une victoire, mais le chemin vers la préservation des éléphants, symboles de force et de sagesse, reste long et semé d’embûches.
Le projet consiste à construire, au port de Douala-Bonabéri un quai de 250 mètres linéaires supplémentaires afin d’augmenter les capacités opérationnelles du terminal, et ainsi réduire les délais de traitement des navires et de manutention de la marchandise.
Le Directeur Général du Port Autonome de Douala (PAD) et son homologue de l’entreprise française Negri ont signé le 17 janvier dernier, plusieurs conventions portant sur le projet d’extension du terminal à conteneurs du Port. Le projet consiste à construire un quai de 250 mètres linéaires supplémentaires dénommé Quai 17, aménager 7,9 hectares de terre- plein et un poste RORO (Roll-on/Roll-off), ainsi qu’à prolonger de 1200 mètres le linéaire des voies de portique automatisé sur Pneu.
Le projet qui fait partie du plan d’investissement de la Régie du Terminal à Conteneurs (RTC) pour la période 2021-2030 était attendu depuis. Car, la convention portant sur le financement, les études, la construction, l’exploitation, la maintenance, ainsi que la rétrocession de cet ouvrage a été signée en décembre 2022. Cette convention a été conclue entre le PAD et la société de projet dénommée Société d’Exploitation et de Construction du Port de Douala-Bonabéri (SCEPDB) », filiale de la société NÉGRI.
La convention de partenariat a été signée pour une durée de 12 ans, dont 30 mois destinés aux études et construction. La mise en exploitation du quai est prévue en 2027. Dans la réalisation de ce projet, la RTC intervient en qualité d’opérateur logistique et d’affacturage, étant ainsi exploitant exclusif du terminal à conteneurs.
Globalement, le coût des investissements se chiffre à 47, 2 milliards de F CFA. Les travaux sont évalués à 46, 3 milliards et la maîtrise d’œuvre à 952 millions de FCFA. Un emprunt de FCFA 70 milliards de FCFA a été mobilisé auprès d’un pool de banques camerounaises au bénéfice de la SCEPDB. Ce montant doit être remboursé sur une durée de huit ans, dont deux ans de différé pendant la phase de construction. Le paiement des décomptes sera assuré directement par la banque à NEGRI, la société des travaux. Le remboursement de l’emprunt sera assuré par la SCEPDB. En contrepartie de l’exploitation de l’infrastructure, la RTC paiera à la SCEPDB une somme correspondant au service de la dette majoré des frais nécessaires au fonctionnement de la structure. Ce qui pour certains experts est un mécanisme particulier de levée de fonds sans exercer une pression sur les finances publiques.
La géographie des intervenants est aussi particulière. « Ce qui fait la particularité de ce projet est qu’il associe à la fois le côté promoteur et le côté constructeur. Cette association présente un intérêt pour la partie publique, c’est qu’il ne peut pas y avoir de surcoût. Le promoteur et le constructeur étant la même entité, elles ne peuvent pas se réclamer l’argent elles-mêmes. Ce qui fait que contrairement à énormément de projets en cours de construction, le coût ne peut pas varier », explique le Directeur Afrique de Négri Stephane Delaplace.
Réactions
Cyrius Ngo’o, DG du Port Autonome de Douala
« Les nouvelles capacités du terminal contribueront à réduire les coûts logistiques des opérateurs »
« Le Projet du quai n°17 du terminal à conteneurs transcende le cadre d’un simple projet d’infrastructure. Il symbolise un partenariat véritablement gagnant-gagnant entre le Port Autonome de Douala et des acteurs internationaux de renom. Par le biais du mécanisme de partenariat public- privé sectoriel, l’État du Cameroun offre au Port de Douala-Bonabéri, et en particulier à son terminal à conteneurs, des capacités d’accueil supplémentaires, sans imposer de pression financière sur les ressources publiques. Ces nouvelles capacités contribueront à réduire les coûts logistiques pour les opérateurs, à générer des emplois directs et indirects, et à positionner durablement le Combinat portuaire de Douala-Bonabéri comme un modèle endogène d’innovation, de croissance et de modernisation portuaire dans le golfe de Guinée. En cinq années de gestion du terminal à conteneurs, assurée par notre filiale qui est la Régie du Terminal à Conteneurs (RTC), de nombreuses réalisations majeures ont transformé la physionomie de cette plateforme. Des investissements stratégiques ont permis l’acquisition d’équipements de pointe, notamment des portiques et des grues de dernière génération, rendant les opérations plus rapides et plus performantes. Par ailleurs, des systèmes innovants, visant l’automatisation et la fluidification de la gestion des flux de conteneurs, ont été implémentés, ce qui a contribué à réduire les coûts, tout en renforçant la transparence. »
« La construction du quai 17 est hautement symbolique »h
« Ce projet pour nous est la concrétisation du partenariat qui a commencé il y a 10 ans avec le port de Douala. Nous avons beaucoup de projets que nous développons dans d’autres pays notamment en côte d’ivoire. Nous venons de livrer un terminal au port d’Abidjan. Mais ce projet du quai 17 était très important pour nous, par ce qu’en guise d’informations la première réunion que j’ai faite pour ce projet était en 2014. Et en tant que camerounais voir comment le projet a été structuré voir les intervenants qui peuvent permettre à ce projet de se réaliser voir le directeur du port autonome de Douala il faut ici féliciter l’expertise camerounaise. Il faut dire que tous ceux qui ont travaillé sur ce projet, que ce soit les banques, les arrangeurs et Negri, ce sont des camerounais pour dire qu’on peut faire confiance à la jeunesse camerounaise qui est brillante et qui est capable de faire des choses extraordinaires pour son pays. Nous venons de lever 70 milliards et on peut en être fières. Nous venons de livrer le terminal polyvalent au port de Douala. Nous avons livré en 2021 le seul terminal pétrolier et il fonctionne très bien. Et je pense que l’apothéose sera la construction du quai 17 qui est symbolique pour nous tous. »
Monsieur N’Guessan, quel bilan faites-vous de votre mandat de quatre ans au Cameroun ?
Je tiens d’emblée à remercier le ministre Alamine Ousmane Mey, gouverneur du groupe de la Banque africaine de développement pour le Cameroun, pour son soutien, sa disponibilité et l’environnement favorable mis en place par le gouvernement. Cela a permis à la Banque africaine de développement, sous mon leadership, de réaliser de grands résultats pour le pays. Aujourd’hui, nous avons un portefeuille de 1 700 milliards de FCFA, avec des décaissements annuels avoisinant les 150 milliards de FCFA injectés dans l’économie camerounaise. Ces résultats sont le fruit d’un travail colossal entre les équipes du ministre Mey et celles de la Banque sur le terrain.
Quels projets vous tiennent particulièrement à cœur ?
Plusieurs projets ont marqué mon mandat, mais je citerai notamment la Ring-Road, premier projet que j’ai lancé après mon arrivée en 2021. C’est un projet emblématique qui est aujourd’hui en pleine exécution. L’année dernière, en 2024, nous avons approuvé un autre grand projet : la construction et la réhabilitation du corridor Douala-Ndjamena, avec un accent particulier sur le tronçon Ngaoundéré-Garoua. Ces deux projets renforcent le rôle du Cameroun comme locomotive économique de la Cemac.
Au-delà des infrastructures, quels secteurs avez-vous soutenus ?
Nous avons également investi dans l’agriculture avec le lancement du projet de la plaine centrale, qui met en place des agro-parcs pour industrialiser l’agriculture et accélérer la politique d’import-substitution souhaitée par le chef de l’État. Dans l’énergie, des projets comme Nachtigal et Lom-Pangar ont bénéficié de financements importants de la BAD. Nous avons aussi soutenu le secteur social, en particulier l’emploi des jeunes. Avec l’appui du ministre Mey, nous avons signé cette année un projet majeur de formation des jeunes dans des secteurs porteurs comme les BTP, les télécommunications et l’énergie. Ce projet vise à créer plus d’emplois et à faciliter l’intégration des jeunes dans ces secteurs.
Comment évaluez-vous la coopération entre la BAD et le Cameroun ?
La coopération est excellente, voire extraordinaire. En quatre ans, nous avons investi environ un milliard d’euros au Cameroun, soit ce que nous faisions auparavant en dix ans. Nous avons posé des bases solides pour l’avenir et les perspectives sont prometteuses. Entre 2025 et 2030, nous ambitionnons d’investir plus de 5 milliards d’euros dans les secteurs public et privé, ce dernier devenant une priorité dès 2025.
Quel message souhaitez-vous adresser en conclusion ?
Ces quatre années ont été une opportunité pour moi d’apporter ma modeste contribution au développement du Cameroun et de renforcer cette coopération fructueuse. Je remercie encore une fois le gouvernement et toutes les parties prenantes qui ont permis d’atteindre ces résultats. Je reste convaincu que la BAD continuera de jouer un rôle clé dans le développement économique et social de ce pays
L’immeuble abritant les services du ministère de l’Economie a servi de cadre, le 16 janvier 2025, à une entrevue marquante entre Alamine Ousmane Mey, ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (Minepat), et Serge N’Guessan, directeur général pour l’Afrique centrale de la Banque africaine de développement (BAD). Cette rencontre, organisée à l’occasion de la fin de mandat de ce dernier au Cameroun, a permis de dresser un bilan éloquent des actions menées et de projeter les ambitions futures de l’institution financière.
Le ministre Alamine Ousmane Mey n’a pas manqué de souligner les résultats remarquables obtenus au cours des quatre années passées par Serge N’Guessan à la tête de la BAD pour la région. Sous sa direction, près de 574 milliards de FCFA ont été mobilisés pour financer des projets stratégiques dans divers secteurs, allant des infrastructures aux initiatives sous-régionales. « Une performance à saluer au regard de l’impact obtenu et à venir pour le développement économique et social du Cameroun », a déclaré le Minepat.
Parmi les projets emblématiques soutenus par la BAD, figurent notamment le pont sur le fleuve Logone, reliant les villes de Yagoua au Cameroun et de Bongor au Tchad, ainsi que d’autres initiatives intégratrices dans la sous-région. Depuis 1972, le portefeuille actif de la BAD au Cameroun s’est progressivement étoffé pour compter aujourd’hui 26 projets, représentant un financement global de 1 495 milliards de FCFA. Ce portefeuille se répartit à 73 % sur le secteur public national, 19,8 % sur des projets sous-régionaux et 7,2 % au bénéfice du secteur privé.
Au sortir de cette rencontre, Serge N’Guessan a dévoilé une annonce majeure. A en croire ce haut responsable, la BAD prévoit de mobiliser 5 milliards d’euros, soit environ 3 275 milliards de FCFA, pour le financement des projets prioritaires au Cameroun entre 2025 et 2030. Ces ressources serviront à renforcer les infrastructures économiques, améliorer les conditions de vie des populations et accompagner les ambitions du pays en matière d’industrialisation et de transformation locale des matières premières.
« Le Cameroun reste un partenaire stratégique pour la BAD. Nous nous engageons à accompagner le pays dans la mise en œuvre de projets innovants et durables », a affirmé Serge N’Guessan, visiblement ému en recevant la médaille d’Officier de l’Ordre national de la valeur des mains du Minepat.
La loi de finance 2025 a été approuvée le même jour par le parlement pour un montant de 7 250,8 milliards de francs CFA pour le budget général et de 66,9 milliards de francs CFA pour les Comptes d’affectation spéciale (CAS). Par rapport à l’année dernière, ces montants accusent une augmentation de 0,5% pour le budget général et de 1,5% pour les CAS. Quelles sont les principales réformes du budget et quel impact cela aura-t-il sur le développement économique dans les années à venir ? Cet article décrit un bref aperçu des principales réformes du budget avec des implications possibles sur le développement économique local.
Des réformes favorables aux entreprises dans le budget 2025
Le budget 2025 prévoit un certain nombre de réformes favorables aux entreprises, destinées à stimuler l’activité économique et à améliorer le climat des investissements au Cameroun. Ces réformes portent notamment sur les incitations fiscales pour les PME, les droits de douane et le soutien à des secteurs spécifiques.
1. Exonérations fiscales pour les PME
Les PME bénéficient d’une période d’exonération fiscale de trois ans à compter du début de leurs activités. Cette exonération s’applique à l’impôt sur les sociétés, la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) et d’autres taxes locales susceptibles d’entraver leur croissance initiale (article
14, paragraphe 7 de la loi de finances). La CEPI a plaidé en faveur de cette réforme en 2025 car elle allègera la charge financière des nouvelles entreprises, leur permettant d’investir davantage dans leurs activités et de contribuer à la création d’emplois. En permettant à ces entreprises d’opérer sans le fardeau de l’impôt pendant trois ans, la loi vise à créer un environnement commercial plus dynamique qui peut stimuler la croissance et l’innovation dans divers secteurs.
2. Réduction des droits de l’importation sur les compléments alimentaires pour animaux
L’une des réformes notables est la réduction de 50 % de la valeur imposable à l’importation des compléments alimentaires pour animaux qui ne sont pas produits localement. Cette mesure vise à soutenir le secteur de l’élevage en rendant les intrants essentiels plus abordables pour les agriculteurs et réduire les couts exagérés liée à la guerre en Ukraine et son impact sur le secteur. Selon le titre 5 de la loi de finances, cette réduction s’appliquera aux vitamines, aux acides aminés essentiels et aux sels minéraux destinés à être utilisés dans les préparations d’aliments pour animaux. « Le Cameroun dépend encore beaucoup des importations de viande de bœuf et de poulet ; cette initiative devrait améliorer la productivité du bétail et contribuer positivement à la sécurité alimentaire du pays »
3. Soutien à la promotion de l’énergie verte
En cohérence avec les Objectifs de Développement Durable (ODD) et l’Accord de Paris sur le climat qui nous impose de réduire nos émissions, le budget 2025 prévoit des dispositions
visant à promouvoir les énergies vertes. Les véhicules et motos électriques bénéficieront d’une réduction de 50% de leur valeur imposable pendant une période de 24 mois. Cette réforme est prévue dans la sixième section de la loi de finances et encouragera l’adoption de modes de transport respectueux de l’environnement tels que les vélos électriques déjà présents à Douala. En réduisant les droits d’importation sur les véhicules électriques et leurs composants, le gouvernement cherche à favoriser une économie plus verte tout en réduisant la dépendance aux énergies fossiles.
4. Simplifications du dédouanement
Le budget propose également des simplifications dans les procédures de dédouanement des marchandises importées. Plus précisément, la section onze décrit des mesures qui permettent de dédouaner les machines et équipements de génie civil utilisés dans les travaux publics sur la base de la valeur transactionnelle plutôt que de la valeur marchande. Cela accélèrera les délais des projets et réduira les coûts associés au développement des infrastructures publiques.
En outre, en simplifiant les procédures douanières, le gouvernement vise à attirer davantage d’investissements étrangers dans des projets d’infrastructures critiques. Ces réformes visent collectivement à créer un environnement plus propice aux opérations commerciales au Cameroun, stimulant ainsi la production locale et attirant les investissements étrangers.
5. Zéro droits de l’importation pour les intrants agricoles
La loi de finances prévoit des secteurs spécifiques exemptés de droits d’importation, ce qui peut avoir un impact significatif sur la dynamique économique locale. Par exemple, les intrants agricoles tels que les semences et les engrais sont souvent exemptés de droits d’importation afin de promouvoir l’agriculture nationale.
Conséquences :
Encouragement de la production locale : en exemptant certains intrants agricoles des droits d’importation, les agriculteurs locaux sont incités à augmenter leurs niveaux de production.
Stabilisation des prix : l’absence de droits d’importation peut entraîner une baisse des prix pour les consommateurs, car les producteurs peuvent répercuter les économies réalisées grâce à la réduction des coûts.
Concurrence accrue : les exonérations peuvent également favoriser la concurrence entre les producteurs locaux, qui peuvent bénéficier de coûts de production inférieurs par rapport à leurs concurrents étrangers.
Il est toutefois essentiel que le gouvernement surveille de près ces exemptions afin de s’assurer qu’elles n’entrainent pas de conséquences imprévues telles que des distorsions du marché ou une dépendance excessive aux produits importés. Nous devons également nous efforcer de stimuler la production locale pour assurer un développement équilibré du secteur.
6. Produits avec taux de TVA suspendu ou réduit par rapport à 2024
Le budget 2025 introduit des modifications des taux de taxe sur la valeur ajoutée (TVA) pour certains produits par rapport à l’année précédente. Le tableau suivant résume ces modifications :
Catégorie de produit
Taux de TVA 2024
Taux de TVA 2025
Changement
Produits alimentaires de base
5%
Suspendu
-5%
Équipement agricole
19,25%
Réduit à 10%
-9,25%
Produits d’énergie renouvelable
19,25%
Suspendu
-19,25%
« La suspension ou la réduction des taux de TVA sur les produits alimentaires de base rendra les biens essentiels plus abordables pour les consommateurs, améliorant potentiellement le niveau de vie, tandis que la réduction de la TVA sur les équipements agricoles encourage les agriculteurs à investir dans des machines modernes, augmentant ainsi la productivité ».
Conclusion
Les ajustements apportés au budget 2025 reflètent une approche stratégique du gouvernement camerounais visant à stimuler la croissance économique par le biais d’allègements fiscaux ciblés qui soutiennent les secteurs essentiels. S’il est correctement mis en œuvre, le budget peut jeter les bases d’une croissance économique stimulée, d’autant plus que les prix des carburants ne devraient pas augmenter.
La contribution du patronat va passer de 60 à 80 millions par mois dès cette année pour faire face à des défaillances du GIC P Eneo qui constitue l’actionnariat du personnel au sein de l’entreprise.
Le management d’Eneo Cameroun a décidé de renforcer son soutien à la Mutuelle de Retraite Complémentaire des Agents Eneo et Démembrements (MURCAS). Le Directeur Général de l’entreprise a annoncé une hausse dès cette année des injections mensuelles du patronat. « La contribution patronale d’ENEO dans la MURCAS connaitra une augmentation de 20 millions de francs CFA par mois à partir de l’année 2025 », a déclaré Amine Homman Ludiye adressant les vœux de nouvel an à son personnel.
Cette décision intervient dans un climat morose qui règne au sein des salariés de l’entreprise mais aussi des retraités.Tous se plaignent en réalité de n’avoir pas reçu dedividendes de GIC-P-ENEO qui porte 5% des parts détenues par le personnel dans le capital de l’entreprise. Ce, alors qu’il leur avait été promis une rentabilité correspondant pratiquement au double de la valeur injectée par chacun. Mais depuis, aucun radis n’a été perçu. On assiste surtout à une grogne des retraités qui voulant quitter le GIC n’ont perçu aucun droit. Pour rentabiliser donc les investissements du personnel dans le capital social d’Eneo, la mutuelle qui réunit plus de 3000 agents Eneo et des salariés d’autres acteurs du secteur de l’électricité, a décidé d’injecter des fonds dans le GIC-P-ENEO. Ceci en reprenant notamment les parts de certains agents plus particulièrement des retraités pour ainsi les désintéresser. « Grâce aux analyses approfondies et options présentées par la Direction Générale, le GIC-P et ses instances de gouvernance sont en bonne négociation avec la MURCAS. L’objectif étant d’injecter des liquidités dans le GIC-P-ENEO pour lui permettre d’engager la sortie des non-actifs, d’une part, et d’autre part mettre en place un dispositif permettant la gestion des actionnaires actifs », explique Amine Homman Ludiye.
En augmentant la part du patronat dans la mutuelle, l’administration d’Eneo va surtout donner un coup de pouce aux retraités. La mutuelle a en effet pour objectif premier de préparer la retraite des employés. Avec 20 millions supplémentaires par mois, la contribution du patronat va ainsi passer de 60 à 80 millions de FCFA. Soit 240 millions de plus en 2025.
Mais il faut dire que la question de la gestion de l’actionnariat salarié d’Eneo reste préoccupante. Le collectif des organisations syndicales présentes au sein de l’entreprise se montrent très inquiet depuis l’annonce des négociations avec l’Etat pour le rachat des parts du fonds britannique actis, actionnaire majoritaire. Une autre étape historique qui vient se greffer au passé douloureux de GIC-P-ENEO. En effet, cette prise de participation du personnel dans le capital de la société, quoi que prévue dans le contrat de concession du service public de l’électricité au Cameroun de 2001, n’avait jamais été rétrocédée au personnel par AES, ancien concessionnaire. Ce n’est qu’en 2017, à l’arrivée d’Actis que les salariés ont pris contrôle de 5% du capital de l’entreprise.
D’autres défis actuels qui interpellent le management de l’entreprise sur la gestion des ressources humaines en 2025 sont entre autres,la poursuite de l’implémentation de la nouvelle convention collective de 2022 et l’optimisation de l’assurance maladie.
Dans le cadre de la loi de finances 2025, entrée en vigueur le 1ᵉʳ janvier dernier, les importations de véhicules électriques bénéficient désormais d’un cadre fiscal favorable. Ces véhicules sont exemptés du droit d’accises, auparavant fixé à 12,5 % à l’importation. Par ailleurs, un abattement de 50 % sur la valeur imposable est appliqué, pendant une période de deux ans, sur les véhicules neufs à moteur électrique ainsi que sur leurs batteries et bornes de recharge. L’objectif est d’encourager l’adoption de moyens de transport plus respectueux de l’environnement, conformément aux ambitions gouvernementales de réduction des émissions polluantes.
Une mobilisation du secteur privé
Le projet de vulgarisation des véhicules électriques au Cameroun s’appuie en grande partie sur des acteurs privés, regroupés notamment au sein de l’Association pour la promotion de la mobilité électrique du Cameroun (Apeme-Cam). Fondée en 2023, cette organisation est dirigée par le président-directeur général de 3S Motors, en partenariat avec Patrocle Petridis, directeur général de Total Energies Marketing Cameroun, qui en assure la vice-présidence. Selon les prévisions de l’Apeme-Cam, les routes camerounaises devraient accueillir dès 2025 une flotte diversifiée de véhicules électriques, incluant des modèles à quatre, trois et deux roues.
L’entrée en scène des acteurs internationaux
Ce nouvel environnement favorable aux importations massives de véhicules électriques attire également l’attention des entreprises internationales, notamment chinoises, déjà bien implantées sur le marché des véhicules thermiques. Parmi elles, Songuo Motors, un géant de l’électrique, se positionne comme un acteur clé de cette transition.
Lors d’une visite officielle au Cameroun le 1ᵉʳ novembre dernier, des représentants de Songuo Motors ont rencontré le Premier ministre et le ministre des Transports pour finaliser les détails d’un projet ambitieux dont le but est d’introduire des taxis et minibus électriques dans les grandes agglomérations camerounaises. Avec un capital social de 500 millions de RMB (environ 42,6 milliards de FCFA), l’entreprise promet de révolutionner le transport urbain grâce à des véhicules à l’autonomie étendue et au coût d’exploitation réduit.
Ce projet, dont les investissements sont estimés à plusieurs dizaines de millions de dollars, devrait générer des milliers d’emplois directs et indirects. Après une phase pilote réussie en 2023, Songuo Motors entend faire du Cameroun sa première base dans la zone Cemac, renforçant ainsi sa présence sur le continent après son implantation en Afrique du Sud en 2019.
Une transition encore semée d’embûches
Malgré cet enthousiasme, le secteur camerounais des transports demeure dominé par les véhicules thermiques. En 2023, les importations de voitures neuves se sont chiffrées à 3 753 unités, contre près de 30 000 véhicules d’occasion, majoritairement des modèles anciens et très gourmands en carburant.
En outre, les défis pour intégrer durablement les véhicules électriques dans le paysage local sont nombreux. Ils incluent l’absence de tests et d’homologations pour ces véhicules, le manque d’infrastructures de recharge adaptées, ou encore la formation insuffisante des professionnels sur les spécificités techniques des batteries et bornes de recharge. Par ailleurs, la disponibilité en énergie électrique reste un enjeu majeur.
C ’est en 2019 que le gouvernement s’est résolument engagé dans une politique ambitieuse d’efficacité énergétique. Après plusieurs études et programmes initiés par le ministère de l’Eau et de l’Énergie (Minee), souvent sans résultats concrets, une collaboration stratégique a été nouée avec l’Organisation Internationale de la Francophonie. L’objectif principal de ce partenariat est de permettre à l’État de s’assurer qu’il paie le juste prix de sa consommation électrique dans les bâtiments publics à court terme et pour l’éclairage public à moyen terme.
Dans ce cadre, des équipements comme des serveurs, des postes clients (ordinateurs) et le logiciel Vsoft — conçu pour la vérification, l’optimisation et la facturation — ont été acquis dès 2023. Ce dispositif technologique a permis, l’année suivante, d’initier un contrôle approfondi et une optimisation des factures d’électricité du secteur public.
UNE SURCONSOMMATION DÉMESURÉE RÉVÉLÉE
Dans le détail, un audit exhaustif mené sur 267 abonnés en moyenne tension (MT) sur les 428 identifiés au 31 décembre 2023 a révélé une surévaluation des puissances souscrites par l’administration publique. Alors que les besoins réels en électricité ne dépassaient pas 17 MW, l’État avait contracté des abonnements totalisant 56 MW, soit plus de trois fois la consommation nécessaire.
Pour remédier à ce gaspillage énergétique et financier, Gaston Eloundou Essomba, ministre de l’Eau et de l’Énergie, a instruit Eneo, l’opérateur chargé de la distribution d’électricité, de ramener ces puissances souscrites à un niveau correspondant aux besoins réels. Cette mesure a permis à l’Etat « d’économiser 624,7 millions de FCFA sur sa facture d’électricité entre décembre 2023 et février 2024 », a révélé le membre du gouvernement devant les députés en décembre dernier.
DES ÉCONOMIES PROMISES À CROÎTRE
Selon les projections du gouvernement, ces économies devaient atteindre 2,4 milliards de FCFA à la fin de l’année 2024. « L’État avait souscrit à des abonnements d’électricité largement supérieurs à ses besoins réels. Par exemple, il payait pour une puissance totale de 56 MW, alors qu’il n’en utilisait que 17 MW. Cette situation équivalait à gaspiller de l’argent public. Grâce aux ajustements opérés par Eneo en 2024, l’État ne paie désormais que pour ce qu’il consomme réellement, soit 17 MW », explique une source proche du dossier.
En généralisant cette politique à l’ensemble du territoire, le gouvernement espère réduire ses coûts énergétiques de 10 % à 20 % par an, soit des économies annuelles estimées entre 3 et 5 milliards de FCFA. Gaston Eloundou Essomba conditionne cependant l’atteinte de ces objectifs à la mise en œuvre rigoureuse de plusieurs actions dès 2025. Il s’agit notamment d’optimiser les postes Moyenne tension (MT) clients état par l’installation de batteries de condensateurs ; d’assainir le fichier des abonnés MT et basse tension (BT) par une collecte de données techniques contradictoires et opposables à Eneo ; d’analyser les factures BT pour l’ensemble des 16 846 abonnés de l’état ; de vérifier la cohérence des index de facturation et des calculs à l’aide du logiciel Vsoft ; de déployer des mécanismes d’optimisation de l’éclairage public.
UNE DETTE QUI PÈSE SUR LES RELATIONS ENTRE L’ÉTAT ET ENEO
Ces initiatives, si elles sont bien appliquées, pourraient mettre fin aux tensions récurrentes sur la dette entre l’État et Eneo. Actuellement, selon les estimations officielles, l’État doit à Eneo environ 120 milliards de FCFA, tandis que la dette totale de l’entreprise envers ses créanciers atteint 489 milliards de FCFA. De son côté, Eneo réclame à l’État des arriérés évalués à 266 milliards de FCFA depuis 2022, dont 60 milliards au titre de l’éclairage public. Cependant, ces montants restent sujets à controverse. Eneo affirme que le différend sur l’éclairage public découle d’un manque de moyens de comptage fiables, une raison avancée par l’État pour contester certaines factures.
Elections Cameroon (Elecam) est en deuil. Pierre Titi Nwel est mort. Le membre du Conseil électoral s’est éteint cette nuit, des suites de maladies, apprend-on. La nouvelle est confirmée par des sources concordantes, confirmées en interne par des sources internes à Elecam.
Une des dernières sorties public de l’homme était en novembre 2020. Pierre Titi Nwel et Dorothy Njeuma avaient été commis par le conseil électoral dans la région du Littoral, pour sensibiliser les acteurs électoraux de a région. En prélude aux élections régionales. A l’occasion, Titi Nwel avait invité les acteurs électoraux « à respecter sans haine ni passion, le verdict des urnes ». Depuis, l’homme est encore plus effacé. La délégation avait beaucoup sensibilisé les chefs traditionnels car ces derniers allaient rentrée officiellement dans le champ politique, puisque intégrés dans l’appareil institutionnel.
Coïncidence
Né le 1er novembre 1940 à Matomb dans la région du Centre, Titi Nwel état titulaire d’un doctorat en sociologie soutenu à l’université de Paris X (Nanterre). Après avoir enseigné entre 1973 et 2012, le Pr Titi Nwel s’est engagé dans la société civile. Il est membre fondateur de la Fondation pour l’éducation et la promotion des personnes déficientes auditives. L’ancien séminariste, a été particulièrement engagé aux côtés d’autres acteurs de la société civile, dans la création d’une commission électorale citoyenne indépendante en 2011, avant d’être nommé à Elecam. La coïncidence fait que Titi Nwel décède le jour même où il était attendu sur ce même terrain du Littoral, pour la même cause : la tournée dans les départements, au sujet des inscriptions sur les listes électorales.
Décidément, l’ange de la mort rode à Elecam. Il y a à peine trois mois l’organe était doublement frappé. Le 26 septembre 2024, décédait Pierre Roger Efandene Bekono des suites de maladie. Alors qu’Elecam essayait de se relever du coup, quelques jours plus tard, notamment le 6 octobre 2024, mourait Mana Nschwangele, lui aussi membre du Conseil électoral, des suites de maladie, à 82 ans.
Le Pr Abouem à Tchoyi est mort ce 15 janvier 2025. Au-delà de sa famille nucléaire, la disparition « subite » de l’ancien secrétaire général de la présidence de la République affecte particulièrement la commission pour la promotion du bilinguisme et du multiculturalisme où l’homme était en fonction depuis xxx, comme simple membre. L’ancien gouverneur de la province du Nord-Ouest y a été nommé par un décret présidentiel. C’est un chorus d’hommages qui saluent la mémoire d’un homme a priori effacé mais qui était une mémoire précieuse pour le Cameroun tout entier. A propos, Jean Robert Waffo, secrétaire à la communication du Front pour le changement au Cameroun (FCC), regrette la mort d’un homme qui « aurait pu être un acteur extrêmement important et stabilisateur». En rapport avec la crise séparatiste qui secoue les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest depuis bientôt neuf ans déjà, dans sa phase armée.
C’est que, David Abouem à Tchoyi était un des derniers membres encore vivants de la commission jadis mise sur pied par le président Ahmadou Ahidjo, pour creuser la question anglophone » et trouver des solutions à la mauvaise humeur qui se dégageait déjà dans les cœurs et les esprits des Camerounais de l’ex Cameroun occidental, jadis placé sous mandat de la Société des nations (SDN), puis sous tutelle de l’Organisation des Nations unies (ONU), et administré à cet effet par la Grande Bretagne. Après le passage du statut d’Etat fédéral sous la dénomination République fédérale du Cameroun, le pays dirigé par Ahmadou Ahidjo changera de statut en 1972 après le référendum qui donna lieu à la République unie du Cameroun. Tournant ainsi le dos aux Accords de Foumban de 1961 qui fondirent l’Etat fédéral. Des sources historiques disent que les conférenciers de Foumban avaient convenu d’une résolution non écrite de la rotation du pouvoir entre francophones et anglophones. En adoptant l’Etat unitaire, le premier président remettait ainsi en question cette clause. Un parachèvement de l’Etat unitaire dont le processus avait déjà subrepticement été engagé avec les projets d’unification des années 60, comme l’adoption par fusion des différents partis politiques jadis en vigueur au pays, pour l’Union camerounaise devenue en 1965 Union nationale camerounaise (UNC).
Solution en six points
Des regards impuissants vont assister à cette évolution, mais des voix inaudibles vont tout de même dénoncer ce virage. C’est le cas de l’Union des populations du Cameroun (UPC), parti d’opposition contraint au maquis par le pouvoir de Yaoundé. Parti qui à sa naissance avait prévu d’abord la réunification puis l’indépendance des deux Camerouns. Mais a été contraint à fonctionner dans la clandestinité. C’est ainsi que le ressentiment de certains compatriotes nostalgiques de l’époque anglaise mais surtout, la peur d’une fusion qui effacerait le legs de la culture anglo-saxonne, vont nourrir une « frustration étouffée.
C’est dans l’optique de trouver des solutions à ce problème naissant qu’Ahidjo avait créé une commission dans laquelle se retrouvaient entre autres Abouem A Tchoyi, Dorothy Njeuma et un certain Paul Biya. D’où la sortie épistolaire d’Abouem A Tchoyi au déclenchement de la phase guerrière de la crise dans le Nord-Ouest et el Sud-Ouest. L’ancien gouverneur du Nord-Ouest et du Sud-Ouest attirait l’attention de Paul Biya à son devoir face à une situation qu’il connaissait assez bien. Et lorsque le président de la République crée la Cpbm le 23 janvier 2017, il nommera le 15 mars de la même année à son ancien acolyte de la commission chargée de résoudre ce conflit. Ce dernier qui venait de lui proposer six points pour résoudre le problème.
Sauf que la clé n’était pas destinée à la porte centrale de la maison. Sept ans aaprès, la clé de la porte secondaire s’est cassée. A 81 ans. Avant même que la principale n’ait pu réussir sa mission de premier plan. Un certain 15 janvier 2025, jour de son anniversaire. En effet, l’ancien administrateur civil est né le 15 janvier 1944 à Kribi.