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Assurance Et Compétitivité : ATIDI lance ses activités au Cameroun pour booster les investissements

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L’African Trade and Investment Development Insurance (ATIDI) lance officiellement ses activités au Cameroun, avec pour ambition de faire du pays une plateforme stratégique pour son déploiement dans toute l’Afrique centrale. Du 5 au 9 mai 2025, un atelier d’envergure, organisé à Yaoundé puis à Douala, marque cette entrée en scène de l’institution panafricaine spécialisée dans l’assurance contre les risques politiques et commerciaux.

Destinée à renforcer la confiance des investisseurs en sécurisant les flux d’investissements directs étrangers, ATIDI veut répondre à l’un des défis majeurs du continent qui est la gestion des risques dans un environnement économique souvent perçu comme incertain. À l’ouverture de l’atelier à Yaoundé, le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, a salué cette initiative qui est en phase avec les priorités nationales. « La mission d’ATIDI, fondée sur la couverture des risques politiques et commerciaux, renforce notre architecture financière en apportant des solutions innovantes au défi du financement de la compétitivité », a-t-il indiqué.

Le Minfi a ajouté que les solutions proposées bénéficieront tout particulièrement aux PME et PMI, en leur offrant les garanties nécessaires pour évoluer sur les marchés régionaux et internationaux. L’atelier de Yaoundé a donné lieu à plusieurs débats thématiques et à un panel de discussions portant sur le rôle stratégique des assurances dans la facilitation du commerce et de l’investissement en Afrique centrale. À Douala, la deuxième étape du programme prévoit une table ronde dédiée à l’accompagnement du secteur privé camerounais par ATIDI, en présence des acteurs économiques locaux.

Les garanties proposées par l’institution couvrent notamment les risques d’expropriation, d’inconvertibilité de devise, de rupture de contrat par l’État et de défaut de paiement — des instruments essentiels dans un contexte où l’accès au crédit demeure restreint. Une offre qui s’inscrit pleinement dans les objectifs de la stratégie gouvernementale « Vision 2035 », axée sur les projets structurants et la diversification de l’économie. « Cette initiative s’inscrit parfaitement dans les orientations de la Stratégie nationale de développement 2020-2030, notamment en matière de mobilisation des financements, d’industrialisation et de promotion du secteur privé », a déclaré le ministre Motaze. Pour lui, au-delà du symbole, il s’agit d’« une action concrète, des solutions réelles », portées par un gouvernement mobilisé sous la coordination du Premier ministre.

Dans un contexte régional marqué par l’entrée en vigueur de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF), le Cameroun entend se positionner comme un pôle de confiance. « Nous devons offrir ce que tout investisseur attend : stabilité, transparence, fiabilité et sécurité des capitaux », a conclu le ministre.

 Le Cameroun devient ainsi le 24e pays à rejoindre ATIDI, dont les garanties ont déjà permis de couvrir plus de 88 milliards de dollars de transactions à travers le continent. Sa solidité financière est validée par les agences internationales. Notée « A/Stable » par Standard & Poor’s depuis plus d’une décennie, ATIDI a vu sa note récemment relevée à A2/Positive par Moody’s. Dans la seule zone CEMAC, elle a déjà couvert des projets pour plus de 1 000 milliards de FCFA (environ 1,4 milliard de dollars), avec un intérêt marqué pour les secteurs jugés prioritaires pour le développement durable.

« Le vrai enjeu d’ATIDI au Cameroun est de renforcer les PME »

MOH SYLVESTER TANGONGHO, directeur général du Trésor

« African Trade and Investment Development Insurance est une grande structure. Parfois, l’acronyme ATIDI peut prêter à confusion, car certains ne savent pas exactement de quoi il s’agit. ATIDI gère des investissements de plus de 1 000 milliards et bénéficie d’un rating A1, stable. C’est donc une institution financière majeure qui, pour illustrer son influence, a même financé l’achat d’avions pour certaines compagnies aériennes africaines, sans les citer. L’arrivée d’ATIDI au Cameroun est très attendue, notamment en matière de garanties, particulièrement pour les petites et moyennes entreprises, les investisseurs et dans divers secteurs tels que l’agriculture, l’hôtellerie, l’infrastructure, et bien d’autres. ATIDI offre des garanties permettant aux entreprises d’accéder au crédit, bien qu’il ne s’agisse pas de crédits directs octroyés aux États. ATIDI joue également un rôle crucial dans la restructuration et le profilage de la dette, une mission déjà menée dans certains pays et qui pourrait être mise en œuvre ici. Ce qui nous intéresse particulièrement, c’est son soutien aux petites et moyennes entreprises. Si vous avez un grand projet bien structuré mais que vous manquez de financement, ATIDI peut vous aider à monter votre dossier et, si celui-ci est jugé fiable, fournir une garantie permettant aux banques de vous accorder un prêt pour développer votre projet. L’arrivée d’ATIDI au Cameroun et le lancement de ses opérations constituent une avancée significative pour l’écosystème économique du pays.»

Célestine Ketcha Courtes : « Faire des déchets une ressource pour l’attractivité et la croissance des villes »

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CÉLESTINE KETCHA COURTES, ministre de l’Habitat et du Développement Urbain

« A partir des propositions de cette phase de consultation, l’occasion vous est donnée au cours de ces deux jours de travaux, d’examiner de façon concertée les contraintes de mise en œuvre des dispositifs institutionnels, techniques et financiers élaborés antérieurement pour proposer au gouvernement et aux collectivités territoriales décentralisées non pas des théories et des formules, mais des solutions opérationnelles pouvant être mises en œuvre au sortir de ces assises à court, moyen et long terme. Au-delà de ces solutions techniques, je vous exhorte à coconstruire un nouveau paradigme de gestion des déchets en milieu urbain, qui voit dans ceux-ci moins un problème qu’une richesse.

Vous l’aurez noté, le gouvernement a décidé de changer le paradigme pour inscrire notre pays dans une vision des déchets urbains comme ressource, comme opportunité de développement économique et de création d’emplois. Cette perspective nouvelle permettra à notre pays, et à nos villes en particulier de tirer parti des opportunités économiques et de création d’emplois qui sont ouvertes par l’économie circulaire. L’avenir du déchet passe par sa valorisation.

Dans l’optique de faire du Cameroun un pays émergent à l’horizon 2035, tel que lancé par le président de la République, S.E. Paul BIYA, nous devons redoubler d’efforts pour avancer au plus vite dans l’implémentation des réformes nécessaires à l’amélioration de la gestion des déchets urbains. Nous devons nous donner les moyens de contrôler la production de nos déchets, de pré collecter, collecter, traiter, les valoriser, afin qu’ils soient une ressource pour l’embellissement, l’attractivité, le développement économique et social des villes.

Le gouvernement attend donc de vos travaux une feuille de route formulant des recommandations pertinentes et réalistes, qui tiendront lieu d’engagement ferme de tous les acteurs impliqués dans l’hygiène, la gestion des déchets et l’assainissement de nos villes. Bien plus, le gouvernement vous appelle à propositions précises, qui pour traiter de manière durable la question des déchets, fixent aux acteurs économiques et sociaux le cap de l’économie circulaire. Notre objectif ultime doit être le bien-être de nos populations qui aspirent à un cadre de vie meilleure, objectif auquel le Chef de l’État s’est engagé

COMMUNIQUÉ DE PRESSE“Le Meilleur est Avenir” : avec son nouveau film institutionnel, BGFIBank réaffirme son rôle de leader panafricain de la banque

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DOUALA, CAMEROUN, LE 11 AVRIL 2025 – BGFIBank, acteur majeur du secteur bancaire panafricain, est fier de présenter son nouveau film institutionnel, une nouvelle expression de sa campagne de communication “Le Meilleur est Avenir”. Véritable récit visuel, le film met en lumière l’engagement du Groupe auprès de ses parties prenantes à travers le continent, unis par une même ambition : construire un avenir plus prospère.

Une dynamique locale forte au Cameroun

En 2024, BGFIBank Cameroun a poursuivi son expansion avec détermination, marquant l’année par l’inauguration de son nouveau siège, le Sirius Building, à Douala Bonapriso, La banque aujourd’hui présente dans les dix régions du pays, dispose d’un réseau de 22 agences,04 cash points, 01 centre d’affaires et 52 guichets automatiques bancaires.

Dans l’innovation constate, elle offre une gamme étendue de services digitaux, dont BGFIMobileServices (BMS), une application de plus en plus prisée pour la gestion des opérations bancaires et de la monnaie numérique.

 Fidèle à son engagement de proximité et de disponibilité, BGFIBank Cameroun est la seule institution bancaire à proposer BGFINight, un service exclusif qui permet à sa clientèle d’effectuer des opérations jusqu’à 20h.

Une campagne fondée sur trois piliers : dynamisme, confiance et excellence

À travers « Le Meilleur est Avenir », BGFIBank met en lumière les valeurs fondamentales qui guident son action depuis sa création, il y a 53 ans :

 ● Dynamisme : Fort de sa présence dans 12 pays, avec près de 2 300 collaborateurs et des performances financières remarquables, le Groupe BGFIBank continue d’élargir son empreinte en Afrique. L’acquisition récente de la Société Générale au Congo illustre cette stratégie dynamique de croissance et d’expansion maîtrisée.

 ● Confiance : Avec ses certifications internationales (ISO 9001:2015, AML 30000, MSI 20000) et son approche axée sur la transparence et l’intégrité, BGFIBank s’impose comme un partenaire fiable, au service de la réussite économique et sociale de ses clients.

● Excellence : Offrant des services bancaires premium et sur-mesure, le groupe incarne une vision ambitieuse et innovante, portée par des standards de qualité rigoureux et un accompagnement personnalisé.

Un message clair porteur d’ambition

« Le Meilleur est Avenir » incarne la conviction profonde du Groupe : un avenir prospère et durable est possible grâce à des actions concrètes et des partenaires solides. Cette campagne traduit une promesse claire : transformer chaque opportunité en réussite, tout en contribuant au développement économique et social de l’Afrique.

 Un engagement renouvelé pour l’avenir

 Cette initiative marque le début d’un engagement renouvelé pour renforcer la visibilité du Groupe et affirmer son rôle de partenaire incontournable pour les entreprises, les institutions et les citoyens. Avec cette campagne, BGFIBank ambitionne de consolider sa position de leader économique tout en promouvant un avenir prospère, inclusif et durable pour l’Afrique.

Henri Claude OYIMA, Président-directeur général du Groupe BGFIBank, déclare : « Chez BGFIBank, nous croyons fermement que chaque défi est une opportunité et que chaque ambition mérite d’être soutenue. Avec la campagne “Le Meilleur est Avenir », nous réitérons notre engagement à bâtir un avenir prospère et durable pour nos clients, nos partenaires et le continent africain tout entier. »

 Retrouvez la vidéo en cliquant sur le lien suivant.

 À propos de BGFIBank

 Le Groupe BGFIBank est un Groupe Financier International multi-métiers qui allie solidité financière, stratégie de croissance durable et maîtrise des risques, avec l’ambition d’être la banque de référence sur ses marchés en termes de qualité de service. Fidèle à ses valeurs de Travail, d’Intégrité, de Transparence, de Responsabilité et d’Esprit d’Équipe, le Groupe place la qualité de service au cœur de son métier. Il accompagne ses clients particuliers, entreprises et institutionnels dans une relation durable, avec une gamme de produits et services élargie.

 Le Groupe BGFIBank enrichit sans cesse son offre en s’appuyant notamment sur l’expertise de ses partenaires, s’ouvrant ainsi à de nouveaux domaines.

Avec près de 2600 collaborateurs présents dans douze pays qui accompagnent au quotidien une clientèle diversifiée au Bénin, au Cameroun, en République Centrafricaine, au Congo, en Côte d’Ivoire, en France, au Gabon, en Guinée Équatoriale, à Madagascar, en République Démocratique du Congo, à Sao Tomé-et-Principe et au Sénégal.

Contacts presse : Noé Soula – ns@35nord.com Krystie Kondo – k.kondo@bgfi.com

Gestion Des Déchets : Vers une nouvelle gouvernance pour des villes plus propres et durables

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Le gouvernement camerounais tire la sonnette d’alarme face à l’inefficacité persistante du système de gestion des déchets. « L’année dernière, et cette année encore, près de 24 milliards de FCFA ont été mobilisés par l’État pour aider les populations à se débarrasser des ordures », a déclaré Célestine Ketcha Courtès, ministre de l’Habitat et du Développement urbain, lors du lancement, le 6 mai à Yaoundé, des états généraux consacrés à la gestion des déchets urbains. Un investissement colossal que la ministre juge insuffisamment valorisé. « C’est beaucoup », a-t-elle déploré avec fermeté, dénonçant le fait que ces fonds ne servent qu’à l’acheminement des déchets vers des centres de dépôt, sans aucune transformation ni valorisation.

 Face à cette situation, le gouvernement a décidé de réunir les acteurs clés – ministères, collectivités locales, urbanistes et experts – pour réfléchir à des solutions concrètes. Coorganisées par les ministères de l’Habitat et de la Décentralisation, ces assises visent à poser les bases d’une stratégie nationale concertée, capable de rompre avec la dépendance chronique à l’appui étatique et d’intégrer pleinement les déchets dans une logique d’économie circulaire.

 UNE URGENCE AMPLIFIÉE PAR L’URBANISATION

Le défi est de taille. Le Cameroun, confronté à une urbanisation rapide et à une croissance démographique soutenue, voit sa production de déchets exploser. En 2022, le taux d’urbanisation atteignait 59,4 %, contre 28,5 % en 1976. À Yaoundé, cette pression se traduit par 20 000 tonnes de déchets supplémentaires par an, une charge que les infrastructures de collecte et de traitement peinent à absorber. Parallèlement, la diversification des activités urbaines entraîne une augmentation des déchets non biodégradables, notamment les plastiques. Leur accumulation obstrue les systèmes d’assainissement, exacerbe les risques d’inondation et dégrade l’environnement urbain.

La ministre insiste sur le fait que seule une refonte stratégique du système peut répondre durablement à ces enjeux environnementaux et sanitaires. Selon les données officielles, le Cameroun produit environ six millions de tonnes de déchets chaque année. À Douala et Yaoundé, les deux plus grandes villes du pays, les taux de collecte ne dépassent respectivement pas 70 % et 50 %.

Pourtant, ces déchets représentent une ressource inexploitée. « Lorsque l’on entre dans l’économie circulaire, on découvre que 80 % des ordures ménagères peuvent être transformées en compost biologique », a souligné la ministre, s’exprimant également en tant qu’ancienne maire de Bangangté. Pour elle, ce recyclage offre des bénéfices multiples, notamment l’embellissement des villes, protection des infrastructures, l’amélioration de la santé publique et la préservation de l’environnement.

UNE CONSULTATION NATIONALE POUR DES SOLUTIONS CONCRÈTES

En amont de ces états généraux, une vaste consultation a été menée à l’échelle nationale. Les gouverneurs ont mobilisé les parties prenantes régionales, tandis que les ministères ont recueilli les contributions de la diaspora et d’experts internationaux. Entre le 15 et le 30 avril, ces propositions ont été analysées pour formuler des recommandations alignées sur les ambitions du président de la République.

Loin d’une rencontre théorique, les discussions se sont articulées autour de trois axes majeurs à savoir ; la gouvernance, les infrastructures et la mobilisation citoyenne. Un plan structuré sera mis en place, intégrant des propositions à court, moyen et long terme, avec une estimation des coûts et des perspectives concrètes pour faire des déchets une véritable ressource économique. L’objectif est de transformer ces ordures en richesses, réduisant ainsi progressivement la dépendance au financement public et favorisant un modèle plus durable et autosuffisant. Afin de bâtir, espère le membre de gouvernement, un système cohérent et pérenne capable de transformer les ordures en ressources, tout en assurant un cadre de vie sain aux populations urbaines.

L’OAPI et l’AGF vont mobiliser 40 milliards FCFA pour 1 000 projets innovants

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L’Afrique franchit un nouveau cap dans la valorisation de son génie créatif. Ce mardi, l’Organisation Africaine de la Propriété Intellectuelle (OAPI) et l’African Guarantee Fund (AGF) ont signé à Yaoundé une convention historique visant à mettre en œuvre un mécanisme de financement novateur destiné aux inventeurs et innovateurs des 17 États membres de l’OAPI. Une cérémonie présidée par Denis Bohoussou, directeur général de l’OAPI, et Jules Ngankam, directeur général de l’AGF.

40 milliards de FCFA au service de l’invention

Au cœur de cet accord, la mobilisation de 40 milliards de FCFA destinés à soutenir 1 000 projets innovants d’ici cinq ans. « Cet effort de financement représente une avancée majeure », a souligné Denis Bohoussou. « Il s’agit de valoriser les brevets que nous délivrons et d’ouvrir de nouvelles perspectives économiques », a-t-il ajouté. Pour surmonter les obstacles financiers freinant l’innovation, le nouveau dispositif repose sur deux piliers essentiels : d’une part, la participation au capital de l’African Guarantee Fund (AGF), affirmant l’engagement de l’Organisation Africaine de la Propriété Intellectuelle (OAPI) dans une prise de risque partagée ; d’autre part, la création d’une fenêtre dédiée au sein de l’AGF permettant de garantir les crédits bancaires accordés aux porteurs de projets et aux PME innovantes, réduisant ainsi les réticences des institutions financières à investir dans des initiatives à fort potentiel technologique.« Nous réduisons ainsi le risque perçu par les établissements financiers traditionnels », a expliqué Jules Ngankam. « Cela facilitera l’accès au crédit et encouragera les banques à accompagner l’innovation ».

Vers un véritable écosystème de l’innovation

Au-delà de l’aspect financier, ce partenariat vise à instaurer un écosystème structurant pour l’innovation en Afrique, en facilitant l’accès aux crédits bancaires grâce à la garantie apportée par l’AGF, en offrant un soutien technique pour la valorisation et la commercialisation des brevets, en mettant en relation les inventeurs avec des partenaires industriels et investisseurs, et en assurant un suivi personnalisé des projets financés, depuis leur conception jusqu’à leur mise sur le marché, afin d’optimiser leur impact et leur réussite. Ce dispositif ambitionne d’impulser une dynamique durable : « Nous ne voulons pas seulement financer, mais accompagner l’ensemble de la chaîne de l’innovation », a insisté Denis Bohoussou.

Appels à projets dès le troisième trimestre 2025


Les premiers appels à projets seront lancés au troisième trimestre 2025, avec pour objectif de sélectionner et d’accompagner 200 innovations dès la première année. Les inventeurs et PME des 17 États membres de l’OAPI sont désormais invités à préparer leurs dossiers pour bénéficier de ce nouveau levier de croissance.

ACMF 2025 : Libreville au cœur d’une révolution des marchés financiers africains

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(Défis Actuels) – Organisé par One Africa Forums en partenariat avec la COSUMAF, et sous le haut patronage du ministère gabonais de l’Économie, l’ACMF 2025 s’est ouvert dans un contexte de mutation rapide du paysage économique mondial. L’intitulé même de cette édition — « Dynamisation des marchés : une révolution en marche » — témoigne d’une volonté assumée de rupture avec les pratiques anciennes, au profit d’un modèle plus intégré, transparent et axé sur l’innovation.

Dans un monde en pleine recomposition, les marchés financiers africains cherchent à sortir de leur marginalité pour devenir des instruments puissants de financement du développement. « Il est impératif d’adopter de nouvelles approches et de tirer parti des opportunités offertes par l’innovation », a plaidé d’emblée Jacqueline Adiaba-Nkembe, présidente de la COSUMAF. Selon elle, trois piliers doivent guider cette transformation : l’inclusion financière, l’innovation technologique et la transparence.

Une révolution inclusive, technologique et transparente

Dans son discours d’ouverture, la dirigeante de l’autorité des marchés financiers de l’Afrique centrale a dressé une feuille de route ambitieuse. « Nous devons veiller à ce que tous les segments de la population aient accès aux services financiers », a-t-elle insisté, appelant à une démocratisation de l’accès au capital. L’accent a également été mis sur le rôle déterminant des fintechs et des solutions digitales : « Les fintechs transforment la manière dont nous interagissons avec le marché financier. Elles rendent les services plus accessibles et plus efficaces ».

Mais la révolution sera vaine sans la restauration d’un climat de confiance. « La transparence est primordiale pour instaurer la confiance des investisseurs. Une meilleure transparence renforcera la confiance dans nos marchés et attirera davantage d’investissements », a conclu Mme Adiaba-Nkembe, appelant à « faire avancer cette révolution en marche ».

Pour la BEAC, l’heure est à la réinvention

Un écho fort à ces propos a été donné par le gouverneur de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), Yvon Sana Bangui. Dans une intervention remarquée, il a appelé à une réinvention complète des pratiques financières sur le continent : « Nous sommes arrivés à un moment où il est nécessaire de tout repenser. Le contexte mondial évolue rapidement, et nous devons nous inscrire dans cette dynamique ».

Le gouverneur a insisté sur l’importance d’une synergie entre régulateurs, États et opérateurs : « Nous devons travailler en synergie, dans un esprit de comparabilité, afin d’encourager certaines réinventions ». Il a notamment mis en avant le rôle d’outils comme le Fichier B, encore méconnu mais porteur de potentiel pour financer les opérateurs économiques.

Yvon Sana Bangui a également plaidé pour une approche stratégique des ressources naturelles : « Il existe une réelle opportunité de créer un fonds d’investissement axé sur les ressources stratégiques, notamment l’eau. Ce fonds pourrait contribuer au financement de secteurs clés, en complément des ressources extérieures souvent limitées ».

Cap sur une souveraineté économique partagée

Cette ambition de souveraineté a également été portée par Mark Alexandre Doumba, alors ministre de l’Économie du Gabon, avant sa nomination à l’Économie Numérique. Dans une intervention à forte teneur politique, il a souligné l’urgence de canaliser l’épargne domestique vers les investissements productifs.

« Ce groupuscule de personnes qui concentre aujourd’hui une part croissante de la richesse nationale ne peut être l’unique acteur du marché des capitaux. Il faut élargir la participation, intégrer ceux dont les revenus dépendent du taux de croissance de l’économie », a-t-il martelé. À ses yeux, c’est l’unique voie pour bâtir « une économie souveraine et inclusive », tout en réduisant les inégalités structurelles sur le continent.

Des sujets stratégiques pour repenser l’écosystème

Au-delà des discours, l’ACMF 2025 s’est distingué par la richesse de son programme. Plusieurs panels ont exploré des thématiques stratégiques telles que l’émergence de nouvelles générations d’investisseurs, le rôle de la blockchain, la digitalisation des titres, ou encore l’impact de la fiscalité sur les instruments financiers. Les débats ont également mis en lumière l’urgence de renforcer l’intégration régionale et de créer une convergence réglementaire.

La COSUMAF a organisé les tables rondes de clôture autour de recommandations concrètes pour améliorer la liquidité, favoriser la titrisation et accélérer l’interopérabilité entre les marchés.

Libreville : carrefour d’une Afrique financière en mouvement

Le choix de Libreville pour accueillir l’événement n’est pas anodin. La capitale gabonaise affirme sa volonté de devenir un hub régional pour les capitaux, porté par des politiques publiques favorables, des ambitions affichées et une stabilité macroéconomique renforcée. Ce positionnement stratégique s’inscrit dans une vision continentale d’intégration financière, dans laquelle le Gabon entend jouer un rôle moteur.

Depuis 2004, One Africa Forums a organisé plus de 250 forums sur le continent. Mais l’édition 2025 de l’ACMF restera sans doute comme l’une des plus décisives, tant par la qualité des échanges que par la clarté de la vision portée. Une vision qui fait du marché de capitaux non plus un outil réservé aux élites, mais un levier au service de l’économie réelle et de la souveraineté africaine.

Encadré

Des enjeux stratégiques pour l’avenir financier du continent

L’ACMF 2025 cristallise trois enjeux clés pour les marchés de capitaux africains :

  • Intégration régionale : mutualiser les ressources, harmoniser les règles, fluidifier les échanges pour créer un marché commun plus attractif.
  • Mobilisation de l’épargne domestique : offrir des produits adaptés aux petits porteurs, encourager l’investissement local pour réduire la dépendance aux financements extérieurs.
  • Innovation financière : exploiter les technologies émergentes (blockchain, mobile money, obligations vertes) pour transformer l’accès au capital et booster l’entrepreneuriat.

Ce forum est bien plus qu’un événement : il est un signal fort que l’Afrique est prête à repenser ses modèles de développement, en s’appuyant sur ses propres ressources, ses propres talents, et ses propres solutions.

Mark Alexandre Doumba, ministre gabonais de l’Économie : “Mobiliser l’épargne nationale pour bâtir une économie souveraine et inclusive”

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“Il y a cette petite poignée de personnes qui peuvent investir leur argent dans des biens, dans des actifs, et qui génèrent un taux de rendement supérieur au taux de croissance de l’économie sous-jacente. Vous voyez ? Et donc, ce groupuscule de personnes et d’entités, de personnes morales, concentre avec le temps une part beaucoup plus importante de la richesse nationale.

Il existe deux mécanismes pour pallier cette situation, si l’on ne veut pas d’une société totalement inégalitaire. Le premier, que je ne préconise pas, consiste à fiscaliser, voire pénaliser ceux qui concentrent la richesse. C’est souvent la méthode adoptée, car ces personnes sont identifiées, connues, donc fiscalisées.

L’autre moyen d’y remédier — et c’est le sujet du jour —, c’est de faire en sorte que ceux dont les revenus dépendent du taux de croissance de l’économie participent davantage au marché des capitaux. Comment s’assurer que dans l’ensemble de nos pays, nous soyons de plus en plus nombreux à avoir un patrimoine qui croît à un rythme supérieur à celui de la croissance économique ? Car au Gabon, cette croissance est de 2,8 %, en zone CEMAC, autour de 3 %, un taux proche de notre inflation. Il faut que la richesse croisse au-delà de ces chiffres pour qu’elle profite réellement à nos populations.

Parlons maintenant de la structure même du marché de capitaux. En réalité, on parle ici d’offre et de demande. La demande, c’est celle de nos besoins d’investissements : routes, énergie, infrastructures portuaires, télécommunications, écoles, hôpitaux… Tous ces actifs nécessitent des financements.

Mais en face, il y a l’offre : l’épargne. Où se trouve cette épargne ? Qui en sont les détenteurs ? Et surtout, comment établir une meilleure intermédiation entre l’épargne disponible et les besoins d’investissement ? C’est toute la mission de la COSUMAF. Depuis plusieurs années, elle œuvre pour rapprocher cette épargne des besoins d’investissement.

C’est une mission noble. Car sans une meilleure transformation de l’épargne en investissement structurant, nous ne développerons pas nos économies à la hauteur des attentes. Et ce n’est pas qu’un sujet technique ou réservé aux experts. Le vrai enjeu, c’est de descendre dans les quartiers, d’aller voir Monsieur et Madame Moussavou, et de leur expliquer pourquoi il est utile de placer leur épargne dans un actif qui les rémunérera.

Il faut les rassurer. Leur expliquer qu’ils ne perdront pas le fruit de leur travail. Et ça, c’est un défi de pédagogie, de confiance, de simplification. On entend souvent que 5 000 milliards de FCFA dorment dans l’informel. C’est énorme. Mais ces montants sont entre les mains de personnes qui ne savent pas ce qu’est un fonds commun de placement. Ils gèrent leur épargne dans des systèmes de tontine ou de trésorerie quotidienne, et ils en tirent déjà un rendement.

La question n’est donc pas : est-ce que le marché formel est plus rémunérateur que l’informel ? Mais : quels avantages supplémentaires peut offrir le marché formel ? La sécurité, la croissance patrimoniale, l’accès à des produits nouveaux ? C’est là qu’il faut convaincre. Car on le sait, faire migrer l’informel vers le formel a des conséquences macroéconomiques positives : plus de dépôts pour les banques, plus de crédits pour les États, les entreprises et les ménages.

Mais M. Moussavou, lui, ne pense pas à ça. Lui, ce qu’il veut, c’est une rémunération de sa trésorerie, rapidement et sûrement.

Un dernier point pour le Gabon : notre taux d’épargne brute nationale est élevé, autour de 35 % du PIB, soit 4 000 milliards de FCFA pour un PIB de 12 000 milliards. Cela signifie que notre économie a une capacité d’autofinancement significative. Pourtant, dans notre loi de finances, les dotations à l’investissement tournent autour de 450 à 480 milliards. Il y a donc un écart, un potentiel non mobilisé.

Et il est urgent de le mobiliser. Car le monde change. Le soutien extérieur diminue. Pas plus tard qu’hier, les États-Unis ont annoncé la réduction de leur appui à la Banque africaine de développement, ce qui représente un manque à gagner de 500 millions de dollars pour 2025-2027. D’autres pays suivront.

Alors oui, ce sujet de l’épargne est aussi un sujet de souveraineté, de géopolitique, de responsabilité collective. Il s’agit de prendre notre destin en main. Vous avez un rôle essentiel à jouer, entre vous, mais surtout auprès des populations.

Je vous remercie”.

Nommé au gouvernement Gabonais, Henri-Claude Oyima continuera à superviser le Groupe BGFIBank

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(Défis Actuels) – Le Groupe BGFIBank a annoncé ce lundi la nomination de son Président Directeur Général, Henri-Claude Oyima, en qualité de Ministre d’État, Ministre de l’Économie, des Finances, de la Dette et des Participations, dans le nouveau gouvernement de la République gabonaise.
Dans un communiqué officiel parvenu à la rédaction de Défis Actuels, le Groupe exprime sa « fierté » face à cette nomination, qu’il considère comme la consécration d’« une carrière exemplaire, marquée par une expertise reconnue en matière de politique économique et un engagement constant en faveur du développement du Gabon ». Cette décision, poursuit le texte, traduit également la volonté des autorités de faire appel à des compétences issues du secteur privé pour dynamiser la gestion économique du pays.
Tout en saluant la promotion de son dirigeant historique, le Groupe précise que ses activités demeurent sous la supervision du Président Directeur Général, confirmant ainsi la continuité de sa gouvernance. « Nous réaffirmons notre engagement à poursuivre avec détermination notre mission au service de nos clients, partenaires et collaborateurs, dans le respect des standards de bonne gouvernance, de rigueur et de professionnalisme qui font la force et la réputation du Groupe BGFIBank », souligne le communiqué.


À la tête de BGFIBank depuis plus de 40 ans, Henri-Claude Oyima a transformé l’institution en un groupe bancaire panafricain de référence, présent dans plus de 12 pays, reconnu pour son dynamisme et son rôle dans le financement des économies africaines.
Le Groupe conclut en adressant ses plus vives félicitations à son PDG pour cette nomination prestigieuse, et lui souhaite plein succès dans l’exercice de ses nouvelles fonctions, qu’il mènera parallèlement à la supervision stratégique du groupe.


L’OPPORTUNITÉ DU CAMEROUN D’AMÉLIORER LA SANTÉ PUBLIQUE PAR LA RÉDUCTION DES MÉFAITS DU TABAC : Réflexions sur le rapport « Lives Saved » : Nigéria & Kenya

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Dr. Tatah Eunice Kisifen www.newsducamer.com
Dr. Tatah Eunice Kisifen www.newsducamer.com

Le Cameroun se trouve à un tournant crucial de son parcours en matière de santé publique. Chaque année, 4 532 personnes meurent dans le pays à cause du tabagisme, soit 1,74 % des décès. Face aux maladies liées au tabac qui continuent de faire des milliers de victimes, le moment est venu d’adopter une approche moderne et fondée sur des données probantes pour lutter contre cette épidémie. La Réduction des Méfaits du Tabac (RMT) offre une solution pragmatique — elle complète les stratégies actuelles de lutte antitabac tout en offrant aux fumeurs adultes des alternatives nettement moins nocives aux produits du tabac à combustion.

Bien que la prévalence du tabagisme au Cameroun soit de 8,9 % (fiche d’information OMS, 2023), un taux qui n’est pas parmi les plus élevés de la région, les conséquences de la consommation de tabac demeurent préoccupantes. Des maladies telles que le cancer du poumon, la broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO), les maladies cardiovasculaires et les AVC y sont associées, imposant un lourd fardeau aux familles et mettant à rude épreuve un système de santé déjà fragile. On estime à 85 283 546 495 francs CFA les dépenses annuelles liées à la lutte contre le tabac. Chaque année, des décès évitables surviennent à cause de la cigarette, et sans réorientation des politiques, le bilan humain ne fera qu’augmenter.

Le Cameroun doit dépasser les mesures classiques de lutte antitabac — comme la fiscalité, les restrictions publicitaires ou les interdictions de fumer — et adopter une stratégie de santé publique plus globale. Un élément central de cette évolution est l’intégration de la Réduction des Méfaits du Tabac et des produits qui y sont associés, notamment les cigarettes électroniques, les produits du tabac chauffés et les sachets de nicotine. De nombreuses études indépendantes ont démontré que ces produits présentent une fraction seulement des risques liés aux cigarettes combustibles.

Pourtant, la connaissance de ces alternatives à risque réduit demeure extrêmement faible au Cameroun. Nombre de citoyens, de professionnels de santé et même de régulateurs ne connaissent pas ces options ou ont des informations erronées sur leurs bénéfices potentiels. Ce déficit de connaissances freine les avancées politiques et laisse peu de choix concrets aux fumeurs, hormis l’arrêt brutal ou la poursuite du tabagisme.

Pour y remédier, un effort national coordonné est nécessaire pour sensibiliser le grand public, les régulateurs et les décideurs à l’importance de la RMT et à la science qui la sous-tend. Des campagnes d’information, fondées sur des preuves et soutenues par les professionnels de santé, les leaders communautaires et les organisations de base, peuvent contribuer à dissiper les idées reçues et encourager des choix de santé mieux éclairés.

Par ailleurs, le Cameroun doit mettre en place un cadre réglementaire fondé sur la proportionnalité des risques — un cadre qui distingue clairement les produits du tabac combustibles à haut risque des alternatives non combustibles à risque réduit. Une telle régulation permettrait d’offrir aux fumeurs adultes des options plus sûres, tout en continuant à protéger les non-fumeurs et les jeunes grâce à des mesures de sécurité strictes.

Il est également crucial de ne pas se limiter aux études étrangères. Le Cameroun a besoin de recherches locales sur les comportements de consommation, les connaissances, attitudes et pratiques liés aux Produits à Risque Réduit, ainsi que sur l’efficacité des interventions RMT dans le contexte camerounais. Ces données locales seraient précieuses pour élaborer des politiques efficaces, culturellement adaptées et durables.

Intégrer la RMT dans le cadre national de lutte antitabac du Cameroun n’est plus une option : c’est une nécessité. Cela doit aller de pair avec un plaidoyer pour des politiques de santé publique modernes, ouvertes à l’innovation, guidées par la science et centrées sur les résultats à long terme pour la population.

Avec la loi camerounaise de lutte antitabac du 26 février 2024 (Ministère de la Santé publique), actuellement en cours d’application, le pays a l’opportunité de devenir un leader régional en matière de lutte antitabac progressive. En adoptant une approche holistique et tournée vers l’avenir, le Cameroun peut réduire considérablement les méfaits liés au tabac et sauver de nombreuses vies. Le moment d’agir, c’est maintenant. Grâce à des politiques appropriées, à l’éducation et à un leadership éclairé, le pays peut inverser la tendance et construire un avenir plus sain pour les générations à venir.

Lien vers le rapport Lives Saved : Lives Saved Report

Basé sur le poids des preuves scientifiques et en supposant un abandon complet de la cigarette. Ces produits ne sont pas sans risque et créent une dépendance.

Gabon : Henri-Claude Oyima, le PCA de BGFIBANK Cameroun nommé super ministre de l’Économie et des Finances

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Henri-Claude Oyima 3 www.newsducamer.com
Henri-Claude Oyima 3 www.newsducamer.com

(Défis Actuels) C’est une nomination qui marque un tournant dans la gouvernance économique du Gabon : Henri-Claude Oyima, figure emblématique de la finance en Afrique centrale, a été nommé ce lundi 5 mai 2025 ministre d’État, en charge de l’Économie, des Finances, de la Dette et des Participations, avec également la responsabilité de la lutte contre la vie chère. Une promotion d’envergure pour celui qui, jusqu’ici, présidait aux destinées du puissant groupe bancaire panafricain BGFIBank. Il y a un an, il prenait également la présidence du conseil d’administration de la très prospère filiale camerounaise du groupe, BGFIBank Cameroun et même temps que l’administrateur Directeur général, Abakal Mahamat, était reconduit pour un nouveau mandat.

Un profil taillé pour le défi économique

Né le 4 décembre 1956 à Franceville, dans le Haut-Ogooué, Henri-Claude Oyima incarne l’excellence gabonaise dans les milieux d’affaires et financiers. Diplômé de l’American University de Washington DC, où il obtient un Bachelor en Business Administration en 1981 puis un Master en Development Banking en 1982, il débute sa carrière internationale dans les années 1980 chez Citibank à New York et à Athènes.

C’est au sein de Paribas Gabon qu’il effectue un retour remarqué au pays natal, devenant en 1985 directeur général, avant d’intégrer brièvement le ministère gabonais de l’Économie et des Finances comme inspecteur général. En 1996, il pilote la transformation de Paribas Gabon en BGFIBank, posant les bases d’un groupe financier d’envergure régionale aujourd’hui implanté dans 11 pays, de la CEMAC à la France.

Un banquier au gouvernement : signal fort du nouveau régime

La nomination d’Henri-Claude Oyima dans un portefeuille aussi stratégique survient au lendemain de l’investiture du président Brice Clotaire Oligui Nguema. Elle envoie un message clair : celui d’un recentrage des priorités gouvernementales sur la rigueur, la performance et l’expertise. Car Oyima n’est pas un politique traditionnel, mais un homme de résultats, habitué aux bilans chiffrés, aux engagements tenus et à la discipline institutionnelle.

À la tête de BGFIBank Holding Corporation, il a su transformer une ancienne filiale de banque française en un acteur incontournable du secteur bancaire africain, pesant dans les grands dossiers de financement, de titrisation et de développement du marché des capitaux. Il était par ailleurs président de la Bourse des Valeurs Mobilières de l’Afrique Centrale (BVMAC), de la Fédération des Entreprises du Gabon (FEG) et de l’Institut Gabonais des Administrateurs (IGA).

Un œil sur la diversification et la rigueur budgétaire

L’arrivée de ce financier aguerri au gouvernement intervient dans un contexte économique délicat pour le Gabon, confronté à une forte dépendance au pétrole, une dette publique supérieure à 70 % du PIB et une demande croissante pour une meilleure répartition des richesses. Oyima, qui connaît les failles et les leviers du secteur privé, pourrait impulser une dynamique nouvelle, fondée sur la rigueur budgétaire, la mobilisation des ressources internes et la diversification économique, notamment dans les secteurs minier, agricole et financier.

Des ambitions panafricaines assumées

Récemment, Henri-Claude Oyima déclarait à Investir au Cameroun son intention d’introduire BGFI Holding à la BVMAC en 2025, relançant un projet reporté depuis la pandémie de Covid-19. Il affirmait à cette occasion que « les principales entreprises de la CEMAC doivent montrer l’exemple en se cotant en bourse ». Ce pragmatisme et cette volonté d’intégration régionale font partie de l’ADN du nouveau ministre.

En avril, il recevait à Yaoundé une double distinction du président Paul Biya, saluant l’engagement du groupe BGFIBank dans le développement du Cameroun et les projets structurants de la sous-région. Une reconnaissance qui souligne l’influence du banquier bien au-delà des frontières gabonaises.

Un ministre d’État très attendu

À 68 ans, Henri-Claude Oyima n’est plus un novice. Il est un bâtisseur et un fin stratège. Son principal défi ? Réconcilier performance économique et impératifs sociaux dans un contexte de transition politique sensible. En alliant vision d’entrepreneur et sens de l’État, il pourrait bien être l’un des artisans majeurs de la relance économique gabonaise.

Une page se tourne pour BGFIBank, une autre s’ouvre pour le Gabon. La nomination d’Henri-Claude Oyima au cœur de l’appareil économique pourrait bien marquer le début d’un nouveau modèle de gouvernance, où technocratie, responsabilité et résultats deviennent la norme.

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