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Lfpc : Pierre Semengue tente de résister au « coup-d’Etat »

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Pierre Semengue défend son poste

J’y suis, j’y reste ! Le général Pierre Semengue n’a pas l’intention de laisser la Fédération camerounaise de football (Fécafoot) appliquer sa décision de le « limoger » de la présidence de la Ligue de football professionnel du Cameroun (Lfpc). Au cours d’un point de presse donné ce 3 septembre 2019 au siège de l’institution qu’il dirige depuis 2011, celui que le bureau du Comité exécutif de la Fécafoot a « démis » de son siège en suspendant la Lfpc, a annoncé son intention de ne pas exécuter la décision entérinée par le Comité exécutif qui « je rejette en bloc tout ce qui a été fait, notamment ce qui concerne la Ligue », a réagi celui qui se considère toujours comme le patron de la Lfpc. Et pour cause : « les lois ont été violées ; les procédures ont été violées ». Et comment ? « Faire intervenir une loi récente contre une disposition qui existait auparavant, ce n’est pas possible », rejette-t-il. Déjà que l’article 8.2 des Statuts de la Fifa dispose que « seuls les organes exécutifs de certains membres peuvent être, dans les circonstances particulières, relevés de leurs fonction », convoque-t-il.

Dès le 22 août 2019, date de la réunion du bureau du Comité exécutif, le président de la Ligue avait entrepris d’attaquer la décision auprès de la Chambre de conciliation et d’arbitrage (Cca) du Comité national olympique et sportif du Cameroun (Cnosc). En dénonçant de n’avoir pas été convié aux assises, en tant que concerné et membre du Comité exécutif ; mais aussi et surtout en contestant la compétence du bureau du Comité exécutif à suspoendre la Ligue qui jouit d’une autonomie financière et administrative et qui dispose d’une assemblée générale qui à son goût est habilitée à décider du sprt de la Ligue. Pour Pierre Semengue, « l’objectif affiché est d’annexer la Lfpc et s’approprier les fruits du travail effectué jusque-là, face aux avancées significatives atteintes dans le cadre de la réalisation des promesses de campagne de la Ligue, avec notamment la signature de nombreux contrats avec des partenaires nationaux et internationaux». Lui qui dirige la Lfpc depuis sa création en juillet 2011.

Alors que le Comité exécutif de la Fécafoot l’a nommé président d’honneur de l’instance, Pierre Semengue crache sur cet égard : « on fait le faux et on veut que j’accepte d’être nommé président d’honneur avec un salaire », dénonce-t-il. « Je ne peux pas accepter qu’on m’achète », ajoute-t-il. Non sans soupçonner le ministre des Sports et de l’éducation physique (Minsep) d’être complice de la « forfaiture », de par son « mutisme », et ce « malgré les saisines répétées du président de la Ligue depuis le mois de mars 2019« . L’homme y voit un croc-en-jambe contre le Championnat d’Afrique des nations (Chan) que le Cameroun organise en 2020 et dont les joueurs seront issus des championnats professionnels que la Ligue organise ; et le Minsep étant le président du Comité local d’organisation. Quoi qu’il en soit, « j’ai un mandat légitime qui va jusqu’au 27 juillet 2020 et je vais le défendre par tous les moyens», promet-il. Les relations n’ont jamais été cordiales entre la Ligue et sa tutelle depuis sa création. Les différents exécutifs élus ou transitoires qui se sont succédé à la tête de la Fécafoot ont essayé en vain de mettre hors-jeu le général en seconde section. En vain.

Football professionnel : Un comité technique transitoire pour assurer la gestion

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Au cours d’une session du Comité exécutif tenu ce 3 septembre 2019 à la Fédération camerounaise de football (Fécafoot), les membres de ce comité qui gère la Fécafoot, ont créé un Comité technique transitoire pour gérer les affaires traditionnellement dévolues à la Ligue de football professionnel du Cameroun (Lfpc). Après avoir entériné la décision prise récemment par le bureau du Comité exécutif, à savoir la suspension de la Ligue. Le Ctt devra reprende les activités de la « défunte » Lfpc, notamment l’organisation des championnats professionnels.

Cette équipe de six personnes présidée par Aboubakar Alim Konaté, premier vice-président de la Fécafoot, a comme membres Joshua Osih et Abbo Mohamadou. Deux représentants des clubs et un représentant de la Société civile seront désignés par constat du président de la Fécafoot, pour compléter l’effectif qui conduira les affaires du football professionnel jusqu’en 2021, et avec le soutien et la collaboration du secrétariat général de la Fécafoot.

Sans être invité aux travaux, le général Pierre Semengue s’est présenté à ces « anciens » collègues du Comité exécutif, pour leur faire la déclaration selon laquelle il «compte défendre [son] mandat qui court jusqu’au 27 juillet 2020 ». Avant de se retirer de la salle. L’homme que le Comité exécutif a nommé président d’honneur de la Fécafoot, comme déjà annoncé lors de la réunion du bureau du Comité exécutif, n’a pas l’intention d’accepter cet honneur entaché d’humiliation. La guerre s’annonce longue.

 

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Gouvernance: les paroles s’envolent mais la réalité reste !

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Gouvernance: les paroles s’envolent mais la réalité reste !

Pendant longtemps, le gouvernement  camerounais a conjuré les maux du pays à  travers les mots. Au point où, rarement un pays  africain aura fait montre d’une telle productivité discursive  dans la gestion des affaires publiques.  Mais au-delà de cette créativité linguistique, force est de  constater que la réalité se fait de plus en plus dure, et  que la fonction cathartique du verbe opère de moins en  moins. Voici quelques-unes de ces formules qui sont  désormais totalement inopérantes et qui traduisent toute  l’incapacité et l’impotence des gouvernants camerounais  ces derniers temps.

« Le Cameroun émergent à l’horizon 2035 » 

Au début des années 2000, et à la faveur du changement  de paradigme chez les partenaires au développement, les  pays africains sont désormais à la mode de l’émergence.  Le Cameroun ne fait pas exception et fixe la sienne en  2035. Pour cela, le gouvernement va élaborer comme  cadres logiques les documents stratégiques de réduction  de la pauvreté (Dsrp 1 et 2) et plus tard les documents  stratégiques pour la croissance et l’emploi (Dsce 1 et 2).  Tous ceux-ci fixent un ensemble de mesures à prendre  dans tous les domaines, notamment les infrastructures,  l’énergie, l’administration, la justice, la fiscalité, les mines, l’éducation, la  formation, etc. L’objectif étant de réaliser un taux de croissance à deux chiffres  pendant au moins 20 ans, pour faire du Cameroun un pays semblable au Brésil  ou à l’Afrique du Sud.  A pratiquement 15 ans de l’échéance, force est de constater que dans tous les  secteurs, l’on est très loin du compte. Résultat des courses, le pays de Paul  Biya peine à faire 5 % de taux de croissance annuelle, quand il ne frise pas tout  simplement la récession. Il apparait alors clairement pour tout le monde que  cet objectif, longtemps ressassé dans tous les discours officiels, telle une  psalmodie, est désormais davantage du domaine du fantasme que de l’ordre  des possibles.

« Le Cameroun est un pays de paix »

Pendant longtemps, la paix a été présentée comme étant l’un des principaux  bilans du Renouveau. Au point où l’on se demandait si à son accession à la  magistrature suprême en 1982, Paul Biya avait trouvé un pays en guerre.  Mais depuis 2014, les choses ont bien changé. Après avoir nié la réalité, au  point de menacer ceux qui en parlaient, à l’instar du journaliste Guibaï Gatama,  les autorités camerounaises se sont résolues à avouer que le pays est en  guerre.  Aux incursions de Boko Haram se sont ajoutées, les activités des rebelles  centrafricains à l’Est et surtout la crise dans les régions anglophones. Tandis que  l’insécurité est plus qu’omniprésent dans les villes et villages, avec des cas  dramatiques comme ceux de l’Adamaoua. Et plus que jamais la paix est un  lointain souvenir.

« Le Cameroun est une république une et indivisible » 

Dans sa démarche habituelle, à son début, les autorités camerounaises, l’élite  anglophone en tête, ont tenu à nier la réalité d’une spécificité du sous-système  anglo-saxon et par ricochet d’un problème anglophone au Cameroun.  Et comme une incantation salvatrice et repoussoir de mauvais sort, les  gouvernants et leurs partisans se plaisaient à répéter à tue-tête que le  Cameroun est une nation une et indivisible, et qu’il était hors de question  d’envisager la moindre discussion portant sur la forme de l’Etat. Le retour au  fédéralisme étant une incongruité impensable.  Les propos du premier ministre, Dion Ngute, lors de sa première visite en zone  anglophone et surtout la riposte suite à la contradiction d’Atanga Nji, ont permis  de comprendre que face à la réalité du terrain, les positions ont plus qu’évolué,  et que l’arrogance du pouvoir de Yaoundé est désormais révolue. Plus que  jamais, l’unité nationale semble être une fiction et l’indivisibilité du territoire  remise en question.

« Le Cameroun sera prêt Le jour dit ! » 

« D’autres aventures sportives se profilent à l’horizon, d’autres conquêtes  sportives vous attendent ; la CAN 2019, c’est déjà demain ; vous avez rendezvous  avec l’Afrique sportive ici-même au Cameroun. Et le Cameroun sera prêt  le jour dit. J’en prends l’engagement ! ». C’est en ces termes que le président  Paul Biya, devant un parterre d’athlètes, avait tenu à rassurer l’opinion publique  nationale et internationale.  Il faut dire que quelques jours avant, le président de  la CAF, Ahmad Ahmad, avait présenté de sérieuses  réserves quant aux capacités du Cameroun à pouvoir  accueillir la compétition africaine de football qui lui  avait été confiée depuis 2014, en déclarant : « je ne  suis pas sûr que le Cameroun soit prêt à organiser la  CAN (…) Beaucoup de choses manquent encore, et il  reste très peu de temps (…)Le Cameroun est toujours  confronté à de gros problèmes concernant les  infrastructures comme les terrains et mêmes les  hôtels ».  D’ailleurs, tout porte à croire que la cérémonie du 11  aout 2017 au cours de laquelle Paul Biya recevait les  médaillés des compétitions internationales -une  grande première- n’avait d’autre objectif que  d’apporter une riposte cinglante à Ahmad.  En pleine campagne électorale, le président de la Caf,  affublé de Samuel Eto’o, était venu à la rencontre du  président Camerounais. Sur le perron du palais de  l’unité, il avait donné toutes les assurances de la  tenue de la Can 2019 au Cameroun, faisant savoir  que l’instance faitière footballistique continentale  n’avait pas de plan B.  Mais il avait fallu moins d’un mois pour que la dureté de la réalité ne se fasse  sentir. Le pays de Roger Milla se voyait retirer l’organisation de la Can au profit  de l’Egypte. Pour couvrir cet échec, une fois de plus on fit recours à l’immensité  de notre vocabulaire : le glissement fût !  Depuis lors, au lieu d’un glissement l’on a comme l’impression d’un  embourbement. Alors que la promesse avait été faite que tous les chantiers  seront livrés à la date de mars 2019, comme initialement prévu, rien n’avance  et rien ne bouge. Pire, alors qu’aucun hôtel n’a encore été construit, et que les  plateaux techniques des hôpitaux sont en piteux état, les chantiers des stades  et des routes engagés sont complètement à l’arrêt.  Plus de 2.000 milliards plus tard, la Can n’a jamais été aussi éloignée du  Cameroun et ce ne sont pas les propos du ministre algérien des sports, Raouf  Salim Bernaoui, et dans lesquels il fait savoir que le Caf aurait demandé à  l’Algérie de se tenir prête à remplacer le Cameroun au cas où ce dernier  n’arriverait pas à assumer l’organisation du tournoi, qui sont faites pour  arranger les choses. Ce d’autant plus qu’après le démenti des autorités  camerounaises, il a persisté en affirmant, « Il n’y a pas de polémique sur ce que  j’ai dit. Oui, je le redis, il a été demandé à l’Algérie si elle pouvait organiser la  CAN 2021. On a eu le feu vert des autorités et on a transmis cela à la FAF, qui  a de son côté informé la CAF. On souhaite vraiment que le Cameroun organise  cette CAN mais dans le cas contraire, l’Algérie sera prête. Notre pays est la  grande maison des Africains. Tout le monde est le bienvenu ».

« Les ennemis tapis dans l’ombre veulent déstabiliser le pays »

 Pendant des décennies, la rengaine du gouvernement et de ses soutiens c’était  de voir en chaque contestation de leurs actions ou de leur gouvernance, une  volonté de déstabilisation. Un rapport de Transparency international ou  d’Amnesty international : déstabilisation ! Un article dans la presse  internationale ou national ne caressant pas le régime dans le sens du poil : déstabilisation ! Une grève d’étudiants ou de travailleurs : déstabilisation !  Ainsi, tout dissident, tout opposant est une « force endogène en concubinage  incestueux avec des forces exogènes pour déstabiliser le pays ». Tout se passe  comme si le Cameroun avait des ennemis partout, et qui ne chercheraient que  sa chute au quotidien. Pour peu, Cuba, la Corée du Nord ou l’Iran nous  envieraient.  Mais face aux contradictions inhérentes au système et surtout ses difficultés à  adresser de manière convenable les moindres attentes des populations, la  théorie complotiste s’évapore et notre responsabilité s’étale plus que jamais au  grand jour.

Parler moins, travailler plus ! 

Si d’aucuns ont coutume de dire qu’au commencement était la parole, il faut  que les gouvernants camerounais comprennent que celle-ci ne vaut rien si elle  n’est pas préambulaire à l’action.  Si le magistère de Paul Biya a été pendant de longues décennies celui verbe,  fait de petites formules longuement commentées, plus que jamais les autorités  doivent travailler plus qu’elles ne parlent, et surtout comprendre que les mots  ne soignent pas tous les maux.

Par Moussa Njoya, Politologue  (Défis Actuels 411)

Dj Arafat : une brève économie politique d’un deuil !

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Gouvernance: les paroles s’envolent mais la réalité reste !

Tel un coup de tonnerre sa mort a été annoncée. Telle une tornade la nouvelle s’est propagée aux quatre coins de la planète. Tel un déluge se sont déversés les hommages en sa faveur. Tel pour une véritable rock star se sont déroulés ses obsèques. Et puis, patatras ! Une horde de jeunes, manifestement drogués aux stupéfiants et surtout à la désinformation, les fameux fake news, s’est emparé et a dépouillé la dépouille de Houon Ange Didier, célèbre artiste ivoirien, plus connu sous le nom de scène de Dj Arafat, et icône d’une jeunesse en perte de repère. Cette profanation qui a choqué le monde, après un hommage qui l’aura tant émerveillé, vient comme pour révéler la véritable nature d’une société africaine pour qui semble sonner le glas!

Valorisation personnelle plus que de la compensation

 Rarement un artiste, une personnalité africaine, n’aura reçu tant d’hommages que Dj Arafat. Jamais, la famille d’un artiste n’aura eu tant de sollicitude que celle de Houon Didier. Tout ce que l’Afrique compte de stars et d’acteurs du Showbiz a défilé à Abidjan depuis l’annonce du décès. Chacun y allant de sa promesse et de sa donation. Mais à y voir de près, l’on pourrait dire que jamais l’on aura eu droit à une telle démonstration d’hypocrisie. Et ce ne sont pas les « chinois », ses fameux fans, qui ont dressé une liste de « traitres » en bonne et due forme qui diront le contraire. Presque tous ceux qui y allaient, chacun à sa manière, y compris sa propre mère, à sa démonstration de compassion, de douleur, et de son affection vis-à-vis d’Arafat étaient ceux avec qui il avait le plus de maille à partir de son vivant. Des gens qui la veille encore lui interdisaient l’accès dans les antennes de leurs chaines de télévision ou de radio lui ont consacré des émissions spéciales. Des communes qui ont fait obstruction à ses affichages et à l’organisation de ses tous derniers concerts lui ont dressé des posters géants. Et que dire des collègues ? Des clashes, des coups bas et des calomnies en n’en plus finir ! Mais ils étaient tous là. Tel dans un bal de sorciers. Attablés dans son salon. Rassemblés autour de sa dépouille. En fait, il s’agissait de faire bonne figure. Et plus que tout, il était question de se faire voir. Et c’est bien ça la société africaine d’aujourd’hui. Celle qui voit une morgue incroyable se développer et qui voudrait que les gens profitent des malheurs des autres pour se mettre en scène. Ainsi, voit-on dans des familles, des enfants, oncles, tantes, frères et cousins qui de votre vivant ne s’occupaient nullement de vous, pire vous vouaient aux gémonies, et étaient la source de tous vos malheurs, venir se pavaner à vos obsèques. Ne lésinant sur aucun moyen, surtout pas sur leurs belles tenues, certains allant jusqu’à prendre vos obsèques en charge. C’est désormais le règne de la valorisation personnelle au détriment de la compassion véritable.

Récupération politique de mauvais aloi

Dans cette pratique ubuesque, les politiques remportent assurément la palme d’or. Lors des obsèques de Dj Arafat, l’on a vu un pouvoir ivoirien dans une récupération des plus abjectes. L’on a vu un Hamed Bakayoko*, en faire trop. Si l’on peut lui reconnaitre une certaine proximité avec le monde artistique, cependant, il sautait aux yeux que le ministre ivoirien de la défense, que nombreux à l’occasion confondaient avec celui de la culture du fait de son hyper-activisme, exagérait sa compassion. Ne ratant pas une occasion pour s’incruster. En effet, l’enjeu pour le régime ivoirien, incarné ici par Ahmed Bakayoko, successeur putatif d’Alassane Dramane Ouattara, était de saisir cette occasion pour faire quelque peu oublier ses tourments politiques de ces derniers jours, et qui plus que jamais le met à mal. L’occasion faisant le larron, il était question de profiter du deuil de DJ Arafat pour « réunir » la population ivoirienne, à défaut de la réconciliation qu’ils n’ont pas pu bâtir en plus de 10 ans. Bien au contraire, la libération de Laurent Gbagbo et de son acolyte Blé Goudé, les dissensions avec Henri Konan Bédié* et guillaume Soro, et les atermoiements de Ouattara quant au troisième mandat sont autant de sources de tensions que le deuil d’Arafat a permis d’oublier un tant soit peu. Malheureusement, le chant du coq n’aura pas retenti trois fois qu’on est revenu à la triste réalité. Celle d’une Côte-d’Ivoire quasi ingouvernée, fortement divisée et au pouvoir étatique très faiblement légitimé. Triste la vie d’artiste ! Ceci est la preuve que les récupérations politiciennes des évènements heureux ou macabres, qui semblent être le sport favori des gouvernants africains, font de moins en moins recette. Bien au contraire, elles semblent devenir source de désarroi, de désenchantement et de honte pour les récupérateurs de mauvais aloi.

La société de désinformation

 Si les gouvernements africains peinent de plus en plus à récupérer çà et là, c’est bien à cause du déficit de crédibilité qui les frappe plus que jamais. En effet, pendant longtemps, la parole de l’Etat a été sacrée. Mais depuis le tournant des années 1990, et l’instauration de la société de l’information, grâce aux nouvelles technologies, les populations africaines n’ont eu de cesse de découvrir les petits et les gros mensonges de leurs gouvernants au quotidien. Résultat des courses, une crise de confiance substantielle et une méfiance à toutes épreuves se sont instaurées entre les parties, se transformant très généralement en défiance. Pour compenser leur déficit d’information, et surtout contrebalancer les « versions officielles », les populations se vautrent volontiers dans la rumeur. Et bienvenus les dégâts, comme ce que l’on a observée en cette matinée de l’inhumation de Dj Arafat. En effet, à la faveur de la vulgarisation de réseaux sociaux, couplée à la crise de culture généralisée (au sens de Hannah Arendt) ainsi que de faillibilité permanente de la parole gouvernementale, les sociétés africaines sont plus que jamais sujettes à toutes les formes de manipulations possibles. Et le pire n’est jamais très loin.

Le péril jeune

Et parmi les facteurs de risque majeurs, il y a bien entendu la jeunesse. En Afrique, plus qu’ailleurs, elle est largement sous-scolarisée malgré les taux officiels visant à satisfaire les partenaires au développement. Ce qui la rend largement incapable du recul nécessaire pour apprécier la véracité d’une information, et par conséquent la rend vulnérable à toutes sorte de manipulations. Cet état de choses est nettement aggravé par le nivellement par le bas du système éducatif, et qui fait que même diplômés, la très grande majorité des jeunes africains sont aujourd’hui des illettrées au sens propres du terme. Faisant souvent preuve d’une inculture impensable sur des sujets les plus basiques. Préférant se vautrer dans les diverses distractions qu’offre la mondialisation. Et parmi celles-ci, l’alcoolisme et surtout la drogue occupent une place de choix. Véritables fabriques de zombis, à l’instar de ces jeunes « microbes » qui sévissent dans les rues d’Abidjan ou encore des« nangas Boko » des artères de Douala, ces substances font plus que jamais peser sur les sociétés africaines un véritable péril jeune !

Par Moussa Njoya, Politologue (Défis Actuels 415)

Camair-co : Louis Georges Njipendi calme le jeu

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Louis-Georges-Njipendi-Kouotou

Par une décision prise ce 29 août 2019, Louis Georges Njipendi Kuotu, rapporte les décisions qu’il a prises les 19 et 20 août dernier. Lesquelles nommaient et désignaient à titre intérimaire certains responsables au sein de la compagnie aérienne nationale. Ainsi, la vie redevient normale ; la compagnie continuant à surfer sur les vagues que le nouveau directeur général a trouvées à son arrivée fin mai dernier.

Par cette autre décision, le successeur d’Ernest Dikoum calme le jeu et adoucit la tempête qui secouait la maison Camair-co depuis sa décision unilatérale de redéployer le personnel au sein de la compagnie. Décision que le ministre des Transports, tutelle technique de la Camair-co et président du Conseil d’administration de la structure, avait contestées. Dans une lettre servie à son subalterne, Jean Ernest Massena Ngalle Bibehe avait reproché à ce dernier d’avoir outrepassé son autorité en prenant des décisions sans consulter la hiérarchie. Au moment où le conseil d’administration attendait un audit de la compagnie. Audit tant financier que matériel et sur le plan des ressources humaines, qui devrait commander tout engagement de la compagnie dans un sens prospectif. Après avoir essayé de résister, Louis Georges Njipendi s’est rebiffé.

Une session du conseil d’administration est programmée pour le 5 septembre, à l’effet de tabler sur les questions prioritaires concernant la relance de Camair-co. A cette occasion, les divergences entre le directeur général et le président du conseil d’administration devraient être réglées.

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Camair-co: le réveil des vieux démons

Maroua : un pont s’écroule

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Le pont effondré à Maroua

Le pont de Baoliwol à Maroua s’est écroulé ce jour. Les fortes pluies qui se sont abattues sur la capitale régionale de l’Extrême nord ont fini par avoir raison de la résistance de ce pont qui divise la ville en deux parties, au-dessus du Mayo Kaliao. Rendant difficile le trafic à l’intérieur de la plus belle ville du Cameroun. « Les habitants du quartier Baoliwol doivent faire un détour de 8km pour rejoindre l’autre rive », renseigne un internaute vivant dans cette ville sinistrée.

C’est une situation qui avait déjà été signalée en alerte le 24 août dernier. le forum Le Tgv de l’info détenu par le lanceur d’alertes Paul Chouta, annonçait ce jour que « le pont Baoliwol à Maroua s’effondre doucement sous les yeux impuissants de la population et des élites et autorités somnambules ». Les images faites ce jour-là présentaient un pont en cours d’affaissement et fissuré par endroits. Il semble que les pouvoirs publics ont ignoré cette mise en garde. Moins d’une semaine après, le pont a cédé sous la pression des intempéries.

http://www.newsducamer.com/wp-content/uploads/2019/08/Le-pont-au-24-août-2019.jpg

C’est un ouvrage qui a une histoire très courte, mais riche en faits divers. Les écrits du journal Mutations remontent la construction de ce pont aux années 2005. Du moins le début des travaux.Après l’effondrement du radier qui servait jadis de passerelle, les pouvoirs publics ont entrepris la construction d’un ouvrage solide, mais dont les travaux ont traîné sur plusieurs années. Mais à peine une dizaine d’années après, l’alerte était déjà donnée sur le danger que représentait le pont sur le Mayo Kaliao.

Une conséquence de l'effondrement du pont
http://www.newsducamer.com/wp-content/uploads/2019/08/Une-conséquence-de-leffondrement-du-pont.jpg

Jeux africains 2019 : La gibecière du Cameroun refuse de se remplir

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Sarah Hanffou passe à côté du sujet

A deux jours de la clôture des Jeux africains 2019, le Cameroun peine à améliorer son rang au classement des médailles. Confiné à un 12ème rang qui lui colle à la peau depuis plusieurs jours, le pays des Indomptables multiplie des ratées à la dernière marche du podium. Sara Hanffou, face est tombée en demi-finale contre l’Egyptienne Meshref Dina. Après des qualifications plus ou moins faciles.

Les sports de combat semblent être les seuls à avoir souri aux Camerounais. En haltérophilie, Jeanne Gaëlle Eyenga a remporté les trois médailles d’argent de sa catégorie en arrachée et en épaulé-jeté et au score total, dans les 76kg. Au karaté, Nonani Bayomo a arraché l’or en kumité individuelle dans les -75kg. Soit la seconde médaille en or du Cameroun, après celle d’Hélène Wezeu Dombeu au judo dans les 57-63kg.

En revanche, l’athlétisme aura vu le Cameroun s’illustrer par une participation à la Coubertin jusqu’ici. Dans les 200m dames, Apes Ekanga a réalisé une performance de 24’’39 en terminant au 4ème rang. Il fallait faire partie des trois premiers de la série, ou faire partie des six meilleurs temps en dehors de ce premier critère. Pas mieux pour Emmanuel Eseme et Raphaël Ngague dans la même épreuve. Le premier n’a même pas pris le départ, faute de blessure, apprend-on, alors que le second s’est classé 3ème avec un rang de 21’’38. Il fallait être parmi les deux premiers de sa série, ou à défaut, faire partie des huit meilleurs temps. Pour sa part, Sandrine Mbumi qui avait déjà perdu au triple saut depuis lundi (12,72m), a réussi un bond de 6,03m et au 8ème rang. Ce samedi, Raymond Nkwenty sera aligné en finale du saut en longueur messieurs.

Les médaillés camerounais

Boxe :
Bronze : Dorine Stéphane Mambou/57kg dames)
Haltérophilie
76kg dames/ arrachée : Jeanne Gaëlle Eyenga (argent)
76kg dames/ épaulé-jeté : Jeanne Gaëlle Eyenga (argent)
76kg dames/ total: Jeanne Gaëlle Eyenga (argent)

Judo
Or : Hélène Wezeu Dombeu (57-63kg dames)
Argent : Vanessa Mballa Aangana (+78kg dames)
Bronze : Dieudonné Dolassem (81-90kg messieurs)
Bronze : Ayuk Otay ARrey Sophina Ntui (63-70kg)

Karaté
Or: Etienne Nonani Bayomog (kumité individuel hommes/-75kg)
Bronze : Jean Marc Kollo Ndzomo (kumité individuel hommes (-67kg)
Bronze : Akele Akele (kata individuel dames/50kg)
Stella Ogandoa Nsioma (Ndzomo (kumité individuel dames/+68kg)
Blandine Ghislaine Angana Mendo (Kumite individuelle Dames -68kg)

Prison centrale de Kondengui : Trois ans de prison ferme pour les mutins

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Un mois après la mutinerie qui a secoué la prison centrale de Yaoundé-Kondengui, les « instigateurs » désignés par les autorités du pénitencier écopent de trois ans de prison ferme. Ainsi en a décidé le juge du tribunal de première instance de Yaoundé-Ekounou. Au cours d’une audience marathon tenue hier, le juge a jugé coupables les militants du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc) et certains détenus de la crise dite anglophone.

Les premiers condamnés sont Wilfried Siewe, Thomas Yemga, Sylvanius Mutangha, Christophe Chatchua et Jasmin Wafo. Mamadou Mota, Modeste Ngono, Christian Fouelefack, Serge Branco Nana Nana, Mancho Bibixy est les autres attendaient de connaître leur sort. Affaire à suivre.

Le 22 juillet 2019, des revendications de détenus de la crise dans le Nord-ouest et le Sud-ouest avaient débouché sur une mutinerie violente de l’ensemble des détenus de la prison centrale de Kondengui. Au lendemain de cet incident, l’exploitation des vidéos diffusées par les mutins eux-mêmes, et sur la base de leurs enquêtes, les autorités pénitentiaires avaient interpélé près de 200 détenus (178 selon des sources concordantes). Depuis, ils étaient poursuivis au Tribunal de Première instance d’Ekounou, entre autres pour mutinerie et tentative d’évasion.

La diversification de l’économie comme solution de sortie de crise

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« Diversification de l’économie et transformation locale des produits ». Tel est le thème qui avait guidé les échanges entre Louis Paul Motaze, alors ministre de l’Economie, et les opérateurs économiques. C’était au siège du Groupement Inter Patronal du Cameroun (Gicam) du 20 au 21 février 2018. Ainsi, prenant la parole devant les opérateurs économiques, Louis Paul Paul Motaze invitait ceux-ci à investir dans la transformation locale des produits et la diversification, car, selon lui, tels étaient les solutions devant permettre au Cameroun de faire face avec efficacité à la crise qui secoue le pays depuis 2014.

LA DIVERSIFICATION DE L’ECONOMIE

Dans ses multiples sorties, celui qui était alors ministre de l’Economie, invitait les uns et les autres à se tourner vers la diversification de l’économie. Au cours de son discours inaugural au siège du Gicam en février 2018, Louis Paul Motaze a insisté sur le sujet en invitant les acteurs du secteur privé à se poser les questions suivantes : qu’arriverait-il si après les trois ans que dureront le Programme Economique avec le Fonds Monétaire International, les causes qui ont amené le Cameroun à la crise, perdurent ? Allons-nous nous installer de manière permanente dans un programme avec le Fonds Monétaire International (FMI) ? Suite à ce questionnement, Louis Paul Motaze, indiquait comme solution, la nécessité de « changer les conditions qui ont conduit le Cameroun à la crise ». En optant pour « une diversification plus accrue de l’économie camerounaise ». C’est-à-dire « la multiplication des filières et produits à forte valeur ajoutée dans l’économie ». D’ailleurs, dans une interview accordée au journal parisien Le Point en 2017, Louis Motaze affirmait sans ambage que « le Cameroun doit sa résilience à la diversification de son économie ».

Et dans cette logique, expliquait-il, le secteur privé a un rôle déterminant à jouer en tant créateur de la richesse. Mais pour que le pari de la diversification soit tenue, martelait Louis Paul Motaze, il fallait mettre sur pied des « champions nationaux », à l’effet de limiter durablement les effets pervers de la crise.

LA CONTRIBUTION DES CHAMPIONS NATIONAUX

En son temps, Louis Paul Motaze, relevait que la mise sur pied des champions nationaux constitue une piste très importante devant permettre au Cameroun de résoudre la crise économique. Elle devrait traduire, insistait-il par le « volontarisme de l’Etat », c’est-à-dire allé au-delà des constats, en sélectionnant des secteurs clés ou le Cameroun doit être fort, un leader mieux, une locomotive. Il s’agit, avait-il expliqué, de voir quelles sont ces entreprises qui peuvent être les « champions nationaux ». Louis Paul Motaze, définissait alors  un « champion national » comme étant « une entreprise camerounaise, leader dans son secteur d’activité, capable d’avoir un déploiement à l’international, qui est innovante, compétitive et offensive, et dont l’objectif de développement   est en cohérence avec la politique   mise en œuvre au niveau national ». Il était donc question, poursuivait-il, « de choisir quatre à cinq filières ou groupe de produits pour développer une spécialisation. Ou alors d’inciter une filière porteuse et en faire le champion national ».

Pour ce faire, trois secteurs avaient été sélectionnés à savoir l’agriculture, les technologies de l’information et de la communication et les services d’appuis. Les filières à développer étaient quant à elles, le bois, le coton textile-confection, le cacao et le café. Dans le secteur des services d’appuis, le choix avait été porté sur le transport aérien, la filière banque finance, tourisme, santé, etc. Pour joindre l’acte à la parole, l’un des champions nationaux qui fait aujourd’hui la fierté du Cameroun est sans doute l’entreprise Neo Industry, dont la capacité de transformation des fèves de cacao est estimée à 32000 tonnes. Ceci démontre une fois de plus que contrairement aux Etats de la sous-région, le Cameroun n’est pas pétrole dépendant, il a la capacité à s’appuyer sur d’autres produits pour minimiser l’évolution en dents de scie des cours de l’or noir sur le marché international.

Procès du MRC : les avocats de Kamto dénoncent

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Ce n’est pas la représentation d’une pièce de Molière, mais tout simplement la manifestion « d’une vraie comédie judicaire au Tribunal Militaire de Yaoundé ». Depuis plus de 6 mois, les détenus du MRC et ses alliés sont inculpés et placés en détention provisoire à la prison centrale de Kondengui par le juge d’instruction du Tribunal militaire de Yaoundé. « Il n’y a jamais eu d’information judicaire à leur sujet, qui plus est le mandat de détention décerné contre eux est de toutes les façons, achevé depuis le 12 août 2019 », constate un communiqué signé d’Olivier Bibou Nissack, porte-parole de la coalition. Pour ces deux raisons, Maurice Kamto et ses compagnons doivent « tous, sans exception être libérés », tranche-un avocat de la défense. Cet avocat explique que « l’article 221, du code de procédure pénale en son alinéa A, prévoit les délais de détention préventive à six mois, ces délais dépassés, si le détenu n’a pas encore été jugé, il doit être libéré ». Dans la procédure qui oppose le MRC et ses alliés au ministère public, « les avocats des inculpés ont donc raison de demander la libération immédiate de leurs clients ». Car « non seulement les délais de détention préventive sont dépassés, mais aussi les détenus n’ont pas encore passé la phase de l’instruction et ne peuvent donc être jugés ». Après plusieurs péripéties, c’est le mardi 20 août dernier, à la demande de la présidente du Tribunal militaire de Yaoundé, que Maurice Kamto et ses co-accusés ont été extraits de la prison centrale de Kondengui pour le tribunal, afin de formuler avec cette juridiction, un procès-verbal de dernier interrogatoire, indique maitre Emmanuel Simh, l’un des avocats de
la défense. Cette volonté de la présidente du Tribunal militaire faisait suite à une ordonnance de règlement du juge d’instruction qui avait décidé, malgré les plaidoiries des avocats qui récusent depuis le début de l’affaire, la compétence du Tribunal militaire à juger les civils, de mettre en accusation Maurice Kamto et les siens devant le Tribunal militaire. « En violation de la loi qui exige au juge d’instruction, de prononcer un jugement provisoire sur la forme de l’affaire ». Selon maitre Emmanuel Simh, « aucune prérogative reconnue par le Code de procédure pénale, ne reconnait à la présidente du Tribunal militaire la compétence de poser des actes en relation avec l’établissement des procès-verbaux de dernier interrogatoire, or la présidente du Tribunal est venue s’immiscer dans une procédure qui était encore de la compétence du juge d’instruction.
C’est pourquoi, le professeur Maurice Kamto et ses co-accusés ont refusé de signer le procès verbal de dernier interrogatoire ». Pour cet avocat, « la date d’audience fixée au 6 septembre 2019, pour l’ouverture d’un procès militaire contre les civils, telle que fixée par madame la présidente du Tribunal militaire de Yaoundé est une tentative de maquillage très grave opérée devant le Tribunal militaire. Car la loi ne lui accorde nullement le droit, ni l’autorité de procéder en matière de procès-verbaux de dernier interrogatoire », martèle-t-il. Avant d’ajouter, qu’il « s’agit d’une faute, une violation inqualifiable de la logique judiciaire, de celle légale, et du bon sens. C’est une occasion de faire comprendre aux apprenants du droit qu’il est des situations où ce qui est judiciaire se trouve en marge de la légalité ».

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