Football/Lfpc : les dessous de la guerre

Après une période d’accalmie, les deux parties ont relancé les hostilités à l’occasion de la dernière assemblée générale de la Fécafoot.

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Ennemis intimes

Dans une décision rendue public le 30 juillet dernier, le général Pierre Semengue a communiqué une liste des avocats et conseils « constitués pour conduire la saisine et la défense de la Ligue de Football Professionnel du Cameroun (Lfpc) devant les instances juridictionnelles suite aux résolutions de l’Assemblée générale de la Fédération Camerounaise de Football (Fécafoot) ». Il s’agit de Mes Dang Elise, Ngos Daniel Blaise, Wamba Makollo Georges, Nguh Sarah Ngwe, et le juriste Jean Marie Mvogo. Avec cette présence remarquée de Me Wamba Makollo qui défend les intérêts d’Etoile filante de Garoua dans les multiples procès diligentés contre la Fécafoot, avec des succès. Certes « aucun procès n’a encore été intenté, puisque les avocats sont encore en train de travailler», assure Ariane Nkoma, le chef de la cellule de communication de la Ligue de football professionnel du Cameroun (Lfpc) ; mais il la décision du président de la Ligue indique que l’instance prépare un procès contre la Fédération Camerounaise de Football (Fécafoot). « Le rapport de la dernière assemblée générale de la Fécafoot dit que tous les points inscrits dans le projet de texte ont été adoptés à l’unanimité; or dans le projet d’ordre du jour des travaux envoyé au président de la Ligue, il était prévu un point qui concernait la Ligue », mentionne Ariane Nkoma. Dans ledit projet, il était prévu la modification des statuts de la Fécafoot, avec un nouvel article 33 : qui dispose que «l’Assemblée générale de la Fécafoot est compétente pour modifier les statuts types de la Ligue de football professionnel du Cameroun ».

Roger Milla

La Fécafoot entrait ainsi en conflit avec les statuts de la Lfpc qui, en l’article 24, accordent à l’Assemblée générale (AG) de l’instance le pouvoir d’« adopter les Statuts de la Ligue avant leur approbation par l’assemblée générale de la Fécafoot». Après l’ouverture des travaux du 26 juillet dernier, alors que le président de la Lfpc s’était retiré de façon brusque, des personnes avisées avaient vu le signe d’un mécontentement de celui qui se sentait à l’étroit. Et l’homme avait convoqué dans les minutes qui suivaient, une réunion de ses cadres et proches collaborateurs. Et « les conseils de la Ligue travaillaient même déjà avant l’Assemblée générale car à la Ligue, on voyait le mal venir », révèle une source proche de la Lfpc. Déjà que Seidou Mbombo Njoya, le président de la Fécafoot, et son équipe, avaient prévu de faire du général Pierre Semengue le président d’honneur de la Fécafoot. C’est « la porte de sortie qu’on lui montre », avait perçu un chroniqueur sportif. D’autant plus que, ceux qui ont occupé ce poste honorifique, ont fini par se brouiller avec la Fécafoot. Notamment Albert Roger Milla dont les avis n’étaient pas très souvent sollicités, et qui n’était pas toujours écouté.

Des sources proches de la Fécafoot confiaient que le nouvel exécutif de la Fécafoot voudrait « avoir à la tête de la Lfpc un nouvel homme pour conduire le pan du projet qui concerne cette institution ». Depuis sa création en 2011, la Lfpc n’a jamais connu une paix durable avec la Fécafoot. Moins ouverte sous Iya Mohammed, la guerre s’est amplifiée sous Tombi à Roko et même avec les deux normalisations. Chaque exécutif essayant de se passer de l’ancien chef d’Etat-major des armées, aujourd’hui à la retraite. Et la saison dernière a été particulièrement agitée, avec comme points de friction, les décaissements de la quote-part de la Fécafoot en faveur de la Lfpc, la gestion des arbitres des championnats professionnels, l’établissement, la validation des licences…

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