samedi, juin 13, 2026
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Agro industrie. La SABC lance une société dans la filière maïs

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La Compagnie Fermière Camerounaise va encadrer plus de 20 000 exploitants agricoles pour une production optimale de maïs qui sera transformée pour les besoins des Brasseries tandis que les dérivés seront destinés aux éleveurs.

C’est une chaîne de valeurs agropastorale que souhaite mettre sur pied le groupe SABC, à travers, une nouvelle société : la Compagnie Fermière Camerounaise (CFC). Cette  entité  intervient en réalité dans un contexte marqué par la baisse de la production  de Maïserie du Cameroun (Maïscam), principal producteur de cette céréale et fournisseur de la Société Anonyme des Brasseries du Cameroun (SABC). L’entreprise avait indiqué en mars dernier avoir acheté  seulement 2850 tonnes de gritz de maïs chez cet industriel, une quantité représentant 100% de sa production contre 10 000 tonnes achetés l’année précédente.  Cette baisse de la production serait due aux difficultés d’importation des intrants du fait de la pandémie. C’est donc une réponse locale qu’apporte la SABC  avec  cette nouvelle société qui a double volet.

Au niveau agricole, pour satisfaire ses besoins estimés à 40 000 tonnes de maïs grain par an, la CFC s’approvisionnera auprès des gros producteurs, notamment des coopératives. Elle se chargera de la transformation du maïs en gritz pour les brasseries, tandis que l’apport de Maïscam sera destiné à approvisionner l’usine de Garoua. Il sera également question de produire de la farine à base de maïs pour la consommation humaine pendant que les sous-produits issus de la transformation seront commercialisés pour l’élevage. Dans ce volet, le groupe SABC dit vouloir améliorer l’offre en nutrition animale, en mettant en place une ferme parentale qui produira 112 500 œufs à couver par semaine et un couvoir pouvant produire 90 000 poussins d’un jour sur la même période. Ce qui viendra en renfort aux éleveurs camerounais.

La Compagnie Fermière du Cameroun s’ajoute ainsi aux autres entreprises qui constituent le  Groupe SABC. Les Brasseries du Cameroun, la Société Camerounaise de Verrerie et la Société des Eaux Minérales du Cameroun. La CFC compte créer 250 nouveaux emplois jeunes et des milliers d’emplois indirects.

Nécrologie : Ibrahim Mbombo Njoya est mort

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mbombo-njoya-sultan-des-bamoun de son vivant

Ibrahim Mbombo Njoya n’est plus. Le sultan roi des Bamoun s’est éteint cette nuit à l’hôpital américain de Paris cette nuit, à 84 ans. L’homme a succombé à la maladie qui l’avait conduit loin de son royaume et de son pays le 15 septembre dernier. Des informations faisaient état d’une situation grave pour celui qui avait d’abord transité par le Centre des urgences de Yaoundé, avant d’être évacué en Europe.

La rumeur l’avait déjà annoncé mort, alors que le monarque des Bamoun était encore en soins à Yaoundé. Les médecins ont essayé le miracle, mais finalement deux semaines après, l’homme a été vaincu par la maladie. Une source jointe en son temps par le site cameroon-info.net, déclarait alors que « Sa Majesté souffre de plusieurs maladies. Ce qui n’est pas une surprise compte tenu de ses 84 ans. Mais, la semaine dernière, son état de santé s’est davantage dégradé. L’on pense que la pandémie de l’heure, le Coronavirus, s’en est aussi mêlé. Tout le monde a jugé opportun son évacuation ». Parlant de Covid-19.

Quatre personnalités politiques africaines avaient effectué le déplacement sanitaire en Europe pendant la même période. Charles Konan Banny, l’ancien Premier ministre ivoirien, a vite succombé le lendemain de son évacuation. Casimir Oye-Mba, l’ancien Premier ministre gabonais a suivi. Alors que côté Cameroun, Louis Paul Motaze, le ministre des Finances, retrouve sa stabilité, le sultan Ibrahim Mbombo Njoya rejoint le rang des décédés.

Le sultan Ibrahim Mbombo Njoya avait pris le pouvoir en pays Bamoun en 1992, à la mort de son père. L’ancien administrateur civil quitte la scène après 29 ans de règne. Il quitte la scène au moment où le Rassemblement démocratique du peuple camerounais sont parti au pouvoir dont il était le patron régional pour l’Ouest, se déchire dans le cadre du renouvellement de ses organes.

Elections à la Fécafoot : Samuel Eto’o dénonce les fraudes d’entrée

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Samuel-Etoo n'est plus serein pour l'élection du président de la Fécafoot

Le candidat déclaré à l’élection fédérale a saisi le ministre des Sports et de l’éducation physique hier.

« Malgré notre volonté manifeste de participer à ces élections qui vont débuter le 24 septembre 2021, il nous est impossible de ne pas vous faire part de nombreux manquements relevés depuis la mise en route du processus électoral jusqu’à ce jour ». Ainsi, Samuel Eto’o Fils a alerté le ministre des Sports et de l’éducation physique (Minsep) dès le démarrage du processus électoral de la Fédération camerounaise de football (Fécafoot). «En dehors d’une falsification aggravée de la liste des clubs des championnats départementaux appelés à prendre part aux élections départementales, des menaces proférées à certains présidents et promoteurs de clubs, du conflit d’intérêt du président par intérim et de plusieurs membres du comité exécutif intérimaire de la Fécafoot qui sont à la fois juges et parties en étant candidats à des postes d’élus à ces élections et surtout du refus par la Fécafoot, d’appliquer une sentence arbitrale rendue par la Chambre de conciliation et d’arbitrage du Cnosc en matière de référé sportif en date du 7 septembre 2021 », relève-t-il.

Alors « il est clairement démontré par ces faits que nous allons tout droit vers une mascarade électorale fomentée par l’exécutif intérimaire actuel dans l’unique but de se maintenir aux affaires », déduit-il. L’homme s’érige en défenseur de la cause des acteurs du football. « Porteur des plaintes des acteurs du football camerounais que je représente, soucieux de la bonne santé de notre football à travers mon projet de reconstruction qui passe par les bonnes pratiques de gouvernance et l’invitation au dépassement des intérêts égoïstes de certains acteurs du football, afin de permettre aux Camerounais de se réapproprier leur sport roi, je me permets de vous tenir cette correspondance, confiant de ce qu’elle attirera votre attention et vous donnera suffisamment d’éléments afin que vous preniez les responsabilités qui sont les vôtres», invite-t-il le ministre Mouelle Kombi à intervenir. Lui qui n’a jamais bronché depuis que la Fifa a décidé de maintenir en poste l’exécutif dont l’élection a été annulée. Lui qui ne s’est jamais plaint du non respect par le même exécutif des décisions de justice.

Qui qu’il en soit, l’homme qui a usé de son pouvoir pour porter à la tête de la Fécafoot Séidou Mbombo Njoya, prend ainsi officiellement ses distances avec son poulain d’hier qui n’a pas encore déclaré sa candidature mais une candidature que l’on sait être un secret de polichinelle. La guerre électorale est ouverte. En faisant ampliation de la lettre au secrétaire général des Services du Premier ministre, au secrétaire général de la FIFA et au secrétaire général de la CAF, le candidat tient ainsi à interpeller ces autres instances afin de mettre plus de pressions sur le ministre qui avait déjà essayé en vain d’interrompre le processus électoral dès la convocation de l’Assemblée générale du 13 juillet dernier pour adopter les textes.  

Ici, la lettre adressé au ministre des Sports

Maturation des projets : le Comité d’examen resserre les mailles

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Réunis pour la troisième fois le 21 septembre dernier, les membres du comité ont été confrontés à la réalité du contexte économique du pays, qui impose plus de rigueur dans la préparation des projets à inscrire dans le Budget.


En tête des projets à examiner le 21 septembre dernier, il y a la RisRin. Le projet qui vise l’interconnexion des réseaux électriques Sud et Nord du pays était pourtant déjà à la phase de signature de convention de financement avec la Banque mondiale. S’il est de nouveau sur la table du Comité Technique d’experts chargés de l’examen des dossiers de maturité des projets d’investissement publics, c’est qu’en effet, il ne répondait pas à toutes les exigences de maturité. Un constat que regrette Paul Tasong, ministre délégué au ministre de L’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire (Mindel-Minepat). En sa qualité de président dudit Comité, le ministre a interpellé les secrétaires généraux des ministères, membres du comité, sur la nécessité d’une plus grande rigueur, à tous les niveaux d’examens des projets du Budget d’investissement Public (BIP), de la préparation en sous-commission ministérielle à l’examen national. « Je vous engage à plus de rigueur afin que ne soit admis à la mobilisation des financements, que les projets satisfaisant à toutes les exigences de qualité requises par le décret du Premier ministre du 21 juin fixant les règles régissant le processus de maturation », a-t-il déclaré.

Mais si le ton est de plus en plus ferme, c’est qu’en effet, le Cameroun se trouve dans un contexte économique contraignant à bien des égards. Ces contextes, le ministre les a tour à tour rappelés. Il y a d’une part les engagements pris par le Cameroun dans la sous-région, au cours du dernier sommet de la Cemac. L’un d’entre eux est la consolidation budgétaire, qui de l’avis du ministre, passe par une démarche qualité dans la préparation du budget de l’État. D’autre part, s’ajoute la circulaire du président de la République, qui sur la préparation du budget de l’Etat, qui insiste sur la nécessité de n’inscrire dans le budget de l’Etat que les projets dont la maturité est achevée et qui disposent d’un visa de maturité. En plus de ces considérations, les récentes conférences élargies de programmation budgétaire révèlent une forte contrainte budgétaire. « En effet, nos besoins en investissement pour ce triennat se chiffrent à 5 888 milliards de francs CFA, soit le montant nécessaire pour l’achèvement d’environ 854 contrats en cours d’exécution. Une comparaison de ce besoin avec les capacités de financement indiquées dans le cadrage budgétaire à moyen terme 2022- 2024, fait apparaître un gap de financement de 951 milliards de francs CFA pour la couverture des besoins budgétaires des projets déjà engagés », révèle le ministre.

Au vu de ces contraintes, et face à la nécessité de rattraper les retards sur les projets du Document de Stratégie pour la Croissance et l’Emploi (Dsce), « notre objectif principal au cours des prochaines années devrait être l’achèvement de toutes les administrations de tous les projets en cours afin de dégager les marges budgétaires pour le lancement satisfaisant des nouveaux projets de la Stratégie Nationale de Développement », a t-il poursuivi

Ratisser large avec plus d’efficacité

La troisième session du Comité interministériel d’examen de la maturité des projets a sur sa table 380 projets cette fois, et ce en raison de l’élargissement de son champ d’action. En effet, le Comité qui jusqu’ici n’avait examiné que des projets de grande envergure ratisse désormais plus large, avec l’examen des projets d’un coût supérieur où égal à 100 millions de francs CFA. Son travail consistera à s’assurer de la qualité et de l’exhaustivité des éléments de maturité de chaque projet, en prononçant son accord pour un visa de maturité ou non. Dans ce dernier cas, il devra indiquer les éléments à fournir pour compléter la maturation du projet.

Les raisons de l’arrêt des classements Doing business

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Du fait de nombreuses irrégularités découvertes dans ce classement des pays sur la base de leur environnement des affaires, l’institution financière s’est résolue à y renonce


«Après avoir examiné toutes les informations disponibles à ce jour sur le rapport « Doing Business », y compris les conclusions d’examens et audits antérieurs et le rapport rendu public aujourd’hui par la Banque au nom du Conseil des Administrateurs, la direction du Groupe de la Banque mondiale a pris la décision de mettre un terme à la publication du rapport Doing Business ». C’est en ces mots que l’information a été communiquée via une note de l’institution, signée le 16 septembre dernier. La Banque mondiale renonce donc à la publication du rapport Doing Business. Mais cela n’étonne pas vraiment. Depuis quelques années déjà, l’institution essuie de nombreuses critiques sur la crédibilité de ce rapport. C’est d’ailleurs ce que confirme le rapport des audits commandés afin d’éclaircir des irrégularités décriées dans les éditions 2018 et 2019. « Après que des irrégularités dans les données des éditions 2018 et 2020 du rapport Doing Business ont été signalées en interne en juin 2020, la direction de la Banque mondiale a suspendu l’édition suivante et lancé une série d’examens et d’audits du rapport et de la méthode utilisée pour l’établir. Par ailleurs, parce que les rapports internes ont soulevé des questions d’éthique, concernant notamment la conduite d’anciens responsables du Conseil des Administrateurs ainsi que de certains employés actuels et anciens de la Banque, la direction a porté les allégations y relatives aux mécanismes internes appropriés de reddition de comptes de la Banque », ajoute l’institution de Bretton Woods. Entre autres manquements éthiques, il est reproché à l’institution un manque d’indépendance, précisément en faveur de ses plus gros contributeurs (Etats-unis, Chine…), mais aussi, son penchant pour les pays anglo-saxonnes et bien plus, sur le fonds, le fait que la Banque mondiale ne saurait être juge et partie, car d’un côté elle finance et conseille les gouvernements des pays pauvres ou en crise, et de l’autre, elle leur donne une note qui joue un rôle déterminant pour leur avenir. Autant de critiques qui ont conduit 360 organisations ou chercheurs dans le domaine de l’économie et du développement à signer une pétition pour réclamer l’arrêt des classements Doing business en mars dernier.

Une nouvelle approche en remplacement du Doing Business

La Banque mondiale reste toute de même optimiste, et envisage une nouvelle approche. « A l’avenir, nous emploierons à élaborer une nouvelle approche pour évaluer le climat des affaires et de l’investissement. Nous sommes profondément reconnaissants des efforts déployés par les nombreux membres du personnel qui ont travaillé avec diligence à promouvoir le programme sur le climat des affaires, et nous avons hâte d’exploiter leurs énergies et leurs capacités de nouvelles manières », renseigne la note. « Le Groupe de la Banque mondiale reste fermement déterminé à promouvoir le rôle du secteur privé dans le développement et à aider les pouvoirs publics à concevoir l’environnement réglementaire qui soutient ce rôle », précise l’institution.

Le projet Doing Business mesure la réglementation des affaires et son application effective dans 190 économies et dans certaines villes au niveau infranational et régional. Lancé en 2002, le classement Doing Business analyse les petites et moyennes entreprises au niveau national et mesure la réglementation s’appliquant à celles-ci. Le premier rapport Doing Business a été publié en 2003, il y a 18 ans. Evoluant au fil des ans, il s’établit sur 10 critères que sont notamment la facilité de faire des affaires, le classement filtre, la création d’entreprise, l’obtention d’un permis de construire, le raccordement à l’électricité, le transfert de propriétés, l’obtention de prêts, la protection des investisseurs minoritaires, le paiement des taxes et impôts, le commerce transfrontalier, l’exécution des contrats, le règlement de l’insolvabilité.

Zlecaf : saisir les opportunités du Covid-19

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Des experts camerounais et étrangers ont étudié cette piste à l’occasion de la deuxième édition de la conférence Pro Meet Up and Learn organisé à Douala.


La Zone de Libre Échange Continentale Africaine (Zlecaf) qui se met peu à peu en place représente un marché estimé à 1, 2 milliards de personnes. Une opportunité que doivent saisir les Etats. « Il s’agit potentiellement d’une base solide de l’industrialisation. Les entreprises auront accès aux marchés de tous les pays africains à des conditions non moins favorables que celles des entreprises nationales. Cette Zone favorisera la mise en place des chaines de valeurs nationales dans lesquelles les intrants seront fournis par différents pays africains afin d’ajouter de la valeur afin d’exporter ailleurs », explique Carole Mbessa Elongo. La promotrice du forum Pro Meet Up and Learn fait ainsi savoir la raison d’être de cette conférence qui a réuni pendant plusieurs jours à Douala, des experts africains de tout bord. Dans une convergence de vue, ils ont dressé les pré requis nécessaires afin que le Cameroun puisse tirer profit de la Zlecaf.

Pour beaucoup, le Cameroun a besoin d’un partenariat public privé plus soutenu, d’un secteur portuaire et logistique plus fluide et ultra moderne, d’un secteur digital innovant et d’un secteur financier ambitieux, mais surtout d’une véritable industrialisation, pour pouvoir répondre à la forte demande du marché régional et à ses exigences. Selon Gregor Binkert, ancien directeur pays de la Banque mondiale, il faut complètement repenser notre politique d’industrialisation. « Avec la Zlecaf, il, faut se demander quel type de paradigme faut-il suivre ? On ne peut pas faire comme la Chine ou la Corée du sud. Pour construire une industrie compétitive qui va servir au marché régional et local, je suis en faveur de zones économiques spéciales. Autre élément important, les infrastructures. On ne peut avoir des industries sans énergie. Avant Lom pangar, il n’y avait aucun investissement dans la production de l’énergie au Cameroun. C’est important de poursuivre dans cette lancée. » D’autres éléments qui ont été recensés sont entre autres, la question de la logistique, des ressources humaines. Il faut d’après les intervenants, une main d’œuvre qualifiée ; des ingénieurs, juristes, économistes etc pour éviter d’en importer. Les entrepreneurs de leur côté disent faire face à l’épineux problème de financement pour convertir leurs entreprises en véritables industries. En face, il leur est demandé de prendre déjà conscience que les opportunités de financement dans le cadre de la Zlecaf seront plus nombreuses. Car ne viendront pas uniquement des banques locales. Seulement, ces opportunités seront ouvertes aux seules entreprises qui auront du potentiel à produire pour un marché de la taille indiquée. Pour Magellan Omballa, inspecteur général ministère du Commerce, le contexte de pandémie actuelle constitue déjà une opportunité pour nos économies et nos PME. « Cette situation a mis en lumière la forte dépendance de l’Afrique de l’exportation des matières premières ainsi que des chaines d’approvisionnement mondiales avec à la clé une baisse d’échanges commerciaux remettant au goût du jour la nécessité pour les pays africains de développer les échanges entre eux ». a-t-il déclaré.

Par Tatiana Meliedje

Entrepreneuriat. Le Gicam et le gouvernement s’unissent pour soutenir les PME

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Le patronat camerounais et le ministre des PME, de l’Economie Sociale et de l’Artisanat ont signé un accord le 17 septembre dernier visant à mener diverses actions notamment la création d’un fonds des PME.

Le gouvernement et le secteur privé accordent leurs violons au sujet de la Petite et Moyenne Entreprise camerounaise. Le Ministère des PME, de l’Economie Sociale et de l’artisanat ( MINPMEESA)  et le Groupement Interpatronal du Cameroun( Gicam) ont acté cette volonté au travers d’un accord. La convention signée  entre les parties porte sur « l’encadrement et l’accompagnement des PME membres du Gicam à travers notamment la proposition et l’élaboration des outils, mode de fonctionnement pertinent pour l’accompagnement et l’appui aux PME ». Il est question en l’occurrence de mettre en place « des structures d’incubation d’entreprises comptes de développement et d’exécution des programmes de renforcement des capacités de promotion de l’entreprenariat, d’innovation et de numérisation des centres de développement technologique »,  a indiqué le ministre Achille Bassilekin III .

L’accord a été signé au cours de la deuxième édition du Centre du Développement des PME (CDPME) Meet UP by Gicam. Un événement qui avait pour thème «  le soutien public aux PME/TPE et Star-up ». Les deux parties vont donc désormais mutualiser leurs efforts pour le plaidoyer en faveur des PME locales.  « Nous voulons traduire en réalité nos intentions dans le partenariat qui nous lie au ministère des PME. La problématique de la PME est un sujet national et il est question de trouver des moyens afin de trouver des solutions concrètes à cette problématique. Nous pensons que cette convention est une voie qui va permettre d’évaluer dans les prochains mois  le partenariat entre le Gicam et le ministère des PME », a déclaré le président du Gicam Célestin Tawamba.

Cette collaboration Gicam-Minpmeesa permettra sans doute d’adresser facilement  les problématiques cruciales des PME, comme le financement. Après que le gouvernement ait  décidé de mettre à disposition 200 milliards  de francs CFA comme fonds de garantie pour aider aux PME à se faire financer auprès des établissements  de crédit, le ministre fait savoir qu’il vont travailler dans cette coopération avec le Gicam pour « savoir comment donner naissance au fonds des PME, tel qu’il est prévu par la loi »

Banque. BGFI lance la construction d’un nouveau siège à Douala

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La pose de la première pierre est annoncée dans quelques jours et se situe dans le cadre de la nouvelle vision de cet établissement de crédit qui vise 5000 milliards de total bilan en 2025.

Le groupe BGFI Bank  a célébré cette année son cinquantième anniversaire et a lancé par la même occasion son nouveau projet d’entreprise. Baptisé « Dynamique 2025 ». Ce plan stratégique vise d’ici 2025, à franchir la barre de 5000 milliards total bilan annuel. Dans cette dynamique, le management de la banque compte sur sa filiale Cameroun.  Dans une interview accordée au journal Ecomatin, le PDG du groupe fait savoir que l’une de ses priorités est la construction d’un nouveau siège au quartier Bonapriso à Douala et dont « la pose de la première pierre est imminente ». Les autres priorités portent notamment sur les systèmes d’information et les fonds propres de la filiale. « Vous savez que dans notre métier, plus vous avez de fonds propres, plus votre limite en termes de financement est importante. Quand vous combinez les systèmes d’information, l’immobilier et le renforcement des fonds propres de la filiale, nous sommes largement au-dessus de 25 milliards de FCFA », a indiqué. Henri-Claude Oyima

 « Dynamique 2025 » repose sur 5 piliers stratégiques. La gouvernance ; les ressources humaines ; la maîtrise des risques, le contrôle interne ; le développement et la garantie des ressources.  « Je parle ici de la trésorerie, le système d’information, le patrimoine immobilier que nous allons renforcer. D’ailleurs la semaine prochaine, nous allons poser la première pierre de notre siège, ici, au Cameroun à Douala ».  C’est sur ces piliers que le groupe compte  s’accrocher pour atteindre l’objectif de 5000 milliards de total bilan en 2025. « Etant entendu que fin décembre 2020, nous étions à 3500 milliards de FCFA, il nous reste aujourd’hui 1500 milliards à réaliser pour atteindre notre objectif », se montre confiant le PDG.

En plus de l’immeuble siège qui sera construit à Douala, le groupe annonce de nouvelles filiales ainsi que de nouveaux métiers qui s’ajouteront aux quatre métiers déjà existants. La banque d’entreprise, la banque commerciale, la banque privée et  gestion d’actifs ainsi que  les assurances et micro finances.

Albert Zeufack, « Les clés pour une transformation économique »

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Au cours d’une visite au siège du Gicam à Douala, l’expert en service à la Banque mondiale  a jeté un regard sur les économies africaines à l’heure de l’entrée en vigueur de la Zone de libre échange continentale africaine.

« Il existe à mon avis, trois pré requis pour une véritable transformation de nos économies. Premièrement, l’intégration des chaînes de valeur régionales et globales.  Au niveau régional avec la Zlecaf, nous avons l’opportunité de mettre en avant ces chaines de valeurs intra africaines mais davantage ajouter de la valeur à nos produits agricoles pour pouvoir exporter à grande échelle. Nous devons aussi penser à conquérir un nouveau marché comme l’Asie avec nos produits d’exportations et pas seulement d’importations.  Nos collègues de la Société Financière Internationale travaillent avec le secteur privé pour permettre cette intégration dans les chaines de valeurs. Il est temps de véritablement pousser pour qu’on ajoute de la valeur à nos propres produits et viser la diversification des produits même sur les marchés.

La deuxième chose qui est fondamentale pour la transformation de nos économies,  c’est le digital. La covid a montré s’il en était encore besoin que le future du travail, le future de l‘industrie est dans le numérique. Ce n’est plus un service. D’ailleurs, le numérique n’est pas un secteur. C’est un facilitateur de productivité qui traverse tous les secteurs et donc  les pays qui vont souffrir le plus sont ceux qui vont louper cette mutation numérique et nous pensons que dans la région Afrique nous sommes à risque  de louper cette progression. Nous avons récemment publié un document qui montre qu’en dépit de la baisse des coûts du numérique  en Afrique centrale et de l’Ouest, nous avons encore l’internet le plus cher au monde.  Donc, il est important de continuer d’accentuer les réformes que ce soit au niveau de la compétition dans le secteur des télécommunications, des TIC pour s’assurer qu’il y ait une bande passante moins chère pour permettre aux populations de s’insérer dans cette web économie.

Le troisième facteur extrêmement important c’est l’urbanisation. La productivité du secteur agricole est faible en Afrique sur les quatre dernières années et l’une des raisons se trouve du côté de l’offre ; par exemple le manque d’irrigation. Autre chose, ce qui tire la productivité agricole c’est la demande qui vient des villes et c’est important de s’assurer que l’urbanisation puisse permettre l’accroissement de la population qui a du potentiel de revenus pour acheter ces produits agricoles. ce n’est pas l’agriculture qui va être le moteur de la création d’emplois, c’est l’industrialisation et les services à forte productivité. Dans tous les pays du monde, lorsque cette transformation économique se fait, le pourcentage de la population active dans l’agriculture décroit, et donc on aura peu de gens dans l’agriculture mais ils vont gagner plus et cela permettra de libérer une partie de cette population qui est sous employée. »

Camtel : L’urgence de rattraper le retard accusé

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L’analyse de l’environnement de gouvernance de Camtel laisse entrevoir des inquiétudes et risques qui interpellent l’opérateur historique sur la nécessité de se réinventer et trouver de nouvelles façons d’innover au plus vite.


Le développement d’une entreprise suppose une bonne connaissance de l’environnement économique dans lequel elle évolue. Il s’agit de tous les facteurs économiques externes qui influencent les habitudes d’achat des consommateurs et des entreprises et qui par conséquent, ont une incidence sur le rendement de l’entreprise.

Dans un contexte concurrentiel, les entreprises qui n’arrivent pas à comprendre les consommateurs et à répondre à leurs besoins, risquent de perdre ces derniers et de voir leurs activités se décliner. Et pour ce faire, il leur faut adopter, dans le cadre de leur politique commerciale, des stratégies et outils marketing leur permettant de développer des produits et/ou services à même de mieux satisfaire le consommateur, afin d’obtenir un avantage durable sur la concurrence.

En ce qui concerne spécifiquement les télécommunications, au vu de l’importance sans cesse croissante de ce secteur pour l’économie dans son ensemble ainsi que de l’âpre concurrence qui y règne, les marchés des TIC dans le monde deviennent de plus en plus compétitifs sur chaque segment : chaque entreprise voulant se tailler une part importante dans le potentiel énorme de ce marché tentaculaire, à travers un marketing stratégique approprié.

Et dans le marché des télécommunications, ce marketing englobe l’ensemble des choix relatifs : à la nature des biens et services proposés par l’entreprise, leur positionnement par rapport aux produits concurrents, leur combinaison en une gamme plus ou moins large, profonde et cohérente, leur différenciation grâce à des marques et à des conditionnements plus ou moins originaux. Il doit également tenir compte des pratiques du marché et de la concurrence, de la réaction prévisible des consommateurs, des contraintes de la réglementation en vigueur, et de la position concurrentielle de l’entreprise avec les atouts et les handicaps dont elle recèle.

C’est ainsi que depuis quelques semaines, on observe à travers une vaste campagne média (presse, réseaux sociaux et même affichage) un grand déploiement de l’opérateur historique des télécommunications, par une nouvelle marque : « Blue ». Ce grand déploiement de Camtel à travers Blue, est en effet un plan de rebranding basé sur les trois titres qui lui ont été octroyées. Ainsi, le client final devra uniquement voir un seul « visage » : la marque « Blue », qui offrira sur le marché une multitude de produits et de services variés. A travers ce branding, le client ne percevra plus que la marque « Blue » sous toutes ses formes, selon que les produits relèvent du mobile, du fixe ou du transport. En effet, dans un environnement aussi compétitif que le notre aujourd’hui, lancer un nouveau produit ou service pour une entreprise n’est pas chose évidente. Ce d’autant que, dans le contexte économique actuel, les consommateurs ont la totale liberté de choisir parmi une multitude de produits et une vaste gamme de services professionnels. Camtel se doit par conséquent, de se réinventer et trouver de nouvelles façons d’innover, pour rattraper le retard accusé face aux autres acteurs du secteur. Avec l’analyse des habitudes de consommation, l’opérateur historique a l’obligation d’être proactif et à l’affût des dernières tendances. C’est ce qui justifie sans aucun doute, le développement de la marque « Blue », pour assurer la commercialisation de ses produits.

Cependant, si une telle campagne peut donner une impression de dynamisme, celle-ci, à l’observation de l’écosystème des télécommunications au Cameroun, peut néanmoins susciter de réelles inquiétudes sur l’efficacité de la stratégie de positionnement de Camtel sur le marché des télécommunications au Cameroun. Rien dans tout ce déploiement n’indique le développement d’un produit différenciant ou alors service innovant, destinés à « porter » la marque « Blue ». Dès lors, cette situation nous pousse à mener une réflexion sur la pertinence et les limites d’un tel déploiement.

· La Pertinence

Il faut rappeler que les marques permettent d’augmenter la valeur de l’entreprise et la reconnaissance des produits ou services offerts auprès des consommateurs, dans des secteurs d’activités parfois extrêmement concurrentiels. Elles permettent au produit commercialisé de se distinguer de la masse et laissent une image positive de l’entreprise lorsque les consommateurs pensent aux produits ou services offerts. Toutes les marques ont une vie. Mais la mise en œuvre de la marque « Blue » demeure assez complexe. Le problème avec « Blue » c’est qu’en l’absence de produit/service innovant, l’on s’interroge sur les véritables enjeux et l’opportunité de cette opération.

Pour être efficace et réussir, il ne s’agit pas de simplement se poser quelques questions générales sur le marché, mais bien d’avoir une connaissance approfondie de celui-ci pour offrir aux consommateurs exactement ce qu’ils recherchent et plus encore. Et c’est là le problème. Camtel a-t-il réellement étudié les besoins de sa clientèle ? Qu’est ce qui est concrètement offert sur le marché ? Quelle est l’innovation qui démarque cette entreprise des autres concurrents ? Quel est son positionnement ? Bref, on en est à se poser plusieurs questions. Et de manière plus concrète, en nous basant sur les 4 piliers opérationnels du mix marketing : Quel est le produit ou service à mettre sur le marché ? À quel prix le produit ou service devra être vendu ? Quels seront les points de vente / Où sera-t-il vendu ? A ce jour, nous demeurons sur notre faim et sommes en vérité un peu perdus sur la mise en œuvre de cette marque qui en effet, doit pouvoir nous permettre de comprendre le concept à déployer, le marché à cibler, le positionnement à véhiculer et les moyens pour y arriver. Quoique l’on en dise et malgré son envergure, le nouveau déploiement de CAMTEL à travers la marque « Blue » présente des limites et ne répond pas vraiment aux attentes du Gouvernement vis-à-vis de l’opérateur historique camerounais. ·

LES LIMITES

Le 12 mars 2020, le gouvernement de la République a octroyé trois conventions de concession à la Cameroon Telecommunications. Ces conventions avaient pour but l’établissement et l’exploitation de réseaux de communications électroniques fixe, mobile et de transport, à couverture nationale ouverts au public. Toute chose visant à renforcer la productivité de l’opérateur historique national, en vue de l’amélioration de l’offre des services de télécommunications électroniques de qualité.

Les trois segments concernés par ces titres portaient sur:

– l’établissement et l’exploitation d’un mobile à couverture nationale ouvert au public, liés aux technologies d’accès 2G, 3G et 4G ;

– l’établissement et l’exploitation d’un réseau de communications électroniques fixes à couverture nationale ouvert au public par des accès filaires ;

– L’établissement et l’exploitation d’un réseau de transport de communications électroniques. Selon les experts du Minpostel, pour l’exploitation de ces trois licences, le gouvernement camerounais avait exigé de l’opérateur historique la mise en place d’un Continuum Organisationnel Ouvert, qui intègre à très court terme la création des unités de gestion en fonction des titres d’exploitation octroyés, afin d’aboutir à une séparation fonctionnelle mature. La création de ces unités de gestion, vise en effet à une plus grande transparence dans L’analyse de l’environnement de gouvernance de Camtel laisse entrevoir des inquiétudes et risques qui interpellent l’opérateur historique sur la nécessité de se réinventer et trouver de nouvelles façons d’innover au plus vite. Télécoms Par Mohamadou Bamba, Expert IT camtel : l’urgence de rattraper le retard accusé 6 0 6 du lundi 20 au 22 sept 2021 7 la gestion régulée du segment de transport. Il faut souligner que Camtel est actuellement un opérateur verticalement intégré en vertu des trois titres d’exploitation qui lui ont été concédés par le gouvernement. Le titre d’exploitation de transport accorde à l’opérateur historique un monopole naturel dans le déploiement et l’exploitation des liaisons de communication interurbaines, des câbles sous-marins et des liaisons satellitaires et par conséquent, Camtel est le grossiste de capacités Internet des autres opérateurs du marché. Cependant, conformément aux meilleures pratiques, un monopole qui possède et exploite une infrastructure essentielle que d’autres opérateurs doivent utiliser pour fournir des services à leurs clients, doit donner des gages d’un accès équitable et d’une tarification transparente, afin d’éviter les abus de position dominante sur le marché. A date, les attentes des utilisateurs camerounais ne sont pas encore satisfaites et les questionnements au sein de la population demeurent, en raison de l’absence de visibilité sur les trois unités de gestion ainsi que sur le marché, des services et produits issus de ces trois unités. Par ailleurs, l’opinion attend toujours que le modèle économique prescrit soit traduit en actes

Ainsi, en ce qui concerne la mise en place des unités de gestion, le gouvernement attendait de Camtel :

L’élaboration d’un plan global de séparation portant sur la séparation des équipements et des actifs de Camtel tenant compte des objectifs stratégiques du marché et du cadre réglementaire en vigueur. – La préparation des contrats entre les Unités de Production séparées et incluant les SLA (Service Level Agreement) fixant les modes de rémunération des personnels et déterminant les interfaces, les coûts/prix des services entre les Unités de Production.

– L’établissement des procédures de la demande/livraison des services. S’agissant particulièrement des produits et services, les attentes concernent :

– La disponibilité d’un réseau mobile et des services associés.

– La disponibilité d’une offre fixe, et des services associés.

 – Et la disponibilité d’une offre transparente destinée aux acteurs du segment du transport. Le seul produit présenté dans le cadre du lancement de « Blue », le WWTTX, demeure un produit destiné à une certaine catégorie de la population.

De toute évidence, les éléments requis ne sont encore disponibles, puisque visiblement le lancement du mobile qui aurait dû constituer le produit phare du déploiement de « Blue », tarde encore. Nous l’avons tous suivi, ce lancement a plusieurs fois été annulé par le Ministre de tutelle. Et selon des indiscrétions des responsables de Camtel, le Cabinet qui avait été choisi pour accompagner l’entreprise dans la réforme prescrite aurait claqué la porte. Ce qui met en doute la capacité de Camtel à conduire la réforme organisationnelle prescrite par le gouvernement et qui devrait la conduire vers plus de productivité et de compétitivité. Cette situation à notre avis engendre d’importants risques pour l’avenir de Camtel et au-delà, pour le développement du marché des communications électroniques au Cameroun.

· Qu’est ce qui bloque donc chez ?

On le voit bien, la nouvelle stratégie commerciale de Camtel adoptée depuis l’année dernière (custom centricity) et dont l’un des axes apparaît être le déploiement de la nouvelle marque bute devant l’absence de produit(s) d’ « attaque », permettant à l’opérateur public des communications électroniques de se positionner sur le marché camerounais. S’agirait-il de mauvaise volonté ou alors d’incompétence ? En d’autres termes, Camtel refuserait-il de mettre en œuvre les prescriptions du Gouvernement ? Ou son management serait-il incapable d’impulser la réforme ? Ou alors seraient ce des difficultés dans la gouvernance ?

Il y’a quelques jours la Commission Technique de Réhabilitation des entreprises et secteur public et parapublic a lancé un appel d’offres international visant le recrutement d’un consultant, pour une étude diagnostique de la structure. « Sur la base d’une évaluation de la situation socio-économique et financière de Camtel dans toutes ses dimensions, il s’agira pour le consultant de faire un état des lieux complet de la situation de Camtel dans son secteur d’activités ; cerner ses difficultés et analyser leurs causes endogènes et exogènes sur les plans institutionnel technique, organisationnel, opérationnel, financier, commercial etc. ; identifier ses forces et ses faiblesses ; présenter le marché de Camtel, et sa situation concurrentielle ; comparer les performances et la stratégie de Camtel à un benchmark d’entreprise comparables en Afrique », précise l’appel d’offres. Comment comprendre que cette étude soit initiée après le lancement de la marque « Blue » ? Ce qui nous amène à nous interroger sur la maturité du business model que cette entreprise a mis en œuvre dans le cadre de son nouveau déploiement commercial.

Toutes choses qui par ailleurs devraient susciter de vives inquiétudes pour les observateurs avertis de l’écosystème des communications électroniques au Cameroun. Sans réforme permettant de favoriser la mise en œuvre idoine des conventions de concession octroyées à Camtel, sans produit différenciant ou service novateur lui permettant de se positionner sur le marché des communications électroniques, l’évolution actuelle de Camtel comporte de gros risques et pousse à réfléchir sur ce que peut être l’avenir de l’opérateur historique dans ces conditions.

·Les Risques

Les licences accordées à Camtel visaient à en faire un opérateur moderne et performant des télécommunications au Cameroun, à travers le renforcement de sa productivité et de sa compétitivité en vue de l’amélioration de sa rentabilité financière. Aujourd’hui et de manière globale, la poursuite de la réforme dans l’environnement actuel de gouvernance de Camtel laisse entrevoir des inquiétudes et des risques au rang desquels :

– la confusion de la globalisation de la marque « Blue » à tous les services offerts par Camtel, quel que soit le segment de marché considéré (fixe, mobile ou transport) ;

 – l’absence de transparence entre la fourniture des services WTTx et les services mobiles (LTE) de Camtel ;

– une perte inexorable des recettes prévisionnelles de plusieurs milliards attendues du mobile, en raison d’un lancement tardif et non contrôlé ;

– la capacité pour Camtel à soutenir financièrement l’extension de son réseau mobile sur fonds propres ;

 – une contreperformance de Camtel qui militerait en faveur du questionnement de sa capacité à pourvoir gérer seul le segment de transport ;

– le risque de geler certains projets clés du segment de transport.

L’endettement élevé de l’entreprise, le désengagement de l’Etat à garantir les emprunts de Camtel, les difficultés de trésorerie que traverse l’opérateur historique, ne militent pas en faveur de la mise en place d’une stratégie interne de financement de la réforme.

L’un des plus grands risques aujourd’hui créés par la situation de Camtel est celui de l’achèvement des infrastructures de la prochaine CAN. Au vu de ce qui précède, de quoi est fait l’avenir de Camtel ?

Camtel doit rapidement se transformer en un opérateur compétitif, efficace sur un marché largement dominé par les filiales de multinationales. Pour y arriver, les approches managériales de l’équipe dirigeante de Camtel qui semblent ne pas prendre en compte les mécanismes de transformation qui ont été clairement définis non seulement par le Cabinet d’experts chargé de l’accompagnement de l’entreprise dans sa réforme, mais également par la tutelle.

Les stratégies modernes de marketing des services sortent de leurs frontières traditionnelles centrées sur les clients, pour intégrer les modes de pilotage des équipes chargées de leur mise en œuvre.

C’est ainsi que déjà, dans la 2e édition de l’ouvrage Du management au marketing des services, publié chez Dunod en 2011 par Charles Ditandy et Benoît Meyronin

Les livres de l’auteur : benoît Meyronin – Decitre – 1937586 Retrouvez tous les livres de l’auteur : Benoît Meyronin. Achetez parmi plus d’un million de livres – Decitre.fr …

, le marketing des services est défini comme suit : « C’est prendre soin de ses équipes, pour qu’elles prennent soin des clients. C’est mettre ainsi en œuvre une symétrie des attentions ». Cette intégration d’une culture client et d’une culture managériale permet d’ancrer dans la durée une culture de service, laquelle s’incarne tout à la fois dans le souci de ses clients et de ses ressources humaines. C’est donc, pour finir, une posture managériale. Aussi à notre avis, la réforme managériale doit accompagner la réforme organisationnelle de Camtel, si le gouvernement veut assurer un avenir à l’opérateur historique des télécommunications au Cameroun.

Par Mohamadou Bamba, Expert IT

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