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Listes électorales : Coalition Erik Essousse-Atanga Nji contre l’opposition

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Dans un communiqué signé le 2 mai 2024, Paul Atanga Nji le ministre de l’Administration territoriale (Minat) « met en garde les hommes politiques véreux contre toute tentative de manipulation pernicieuse de l’opinion publique tendant à faire de l’inscription sur les listes électorales une surenchère politique, ou un facteur de perturbation de la tranquillité des citoyens avec des relents de troubles à l’ordre public ». Au sujet de la campagne d’inscriptions massives sur les listes électorales lancée par les partis politiques et appuyée par les leaders d’opinion. «Il n’est pas superflu de rappeler que l’inscription sur les listes électorales n’est pas obligatoire », souligne-t-il. « L’on ne saurait par conséquent sortir les populations de force de leurs domiciles ou encore user de pressions de quelque nature que ce soit, pour les contraindre à s’inscrire sur les listes électorales », poursuit-il.

Ce communiqué fait suite à une rencontre que le Minat venait d’avoir avec Erik Essousse le directeur général des élections à Elections Cameroon (Elecam), officiellement « dans le cadre de la liaison permanente entre le gouvernement et Elections Cameroon…sur le déroulement des inscriptions sur les listes électorales dans la perspective des échéances électorales à venir dans notre pays», mentionne le communiqué. Le Minat écrit qu’«à l’issue des échanges, il a été noté avec satisfaction que le processus électoral se déroule normalement»; et que, « Elecam tient régulièrement des concertations avec tous les acteurs du processus électoral et les inscriptions sur les listes électorales se poursuivent sereinement sous l’égide des démembrements territoriaux d’Elecam», tout comme à l’étranger.

Et pourtant, Paul Atanga Nji trouve à redire sur l’engagement des partis politiques de l’opposition. « Conformément aux dispositions pertinentes du Code électoral, les opérations d’inscriptions sur les listes électorales relèvent des prérogatives régaliennes d’Elecam. Elles sont de ce fait conduites sur le terrain par les démembrements territoriaux d’Elecam, en liaison avec les commissions mixtes composées de représentants de l’Administration et des partis politiques légalisés », rappelle le Minat. Une campagne que le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) dont le Minat est membre, mène couramment depuis des années, sans que le Minat n’y trouve un quelconque abus.

De quoi conforter l’opposition qui soupçonne Elecam et le pouvoir de ne pas vouloir que les chiffres des inscriptions sur les listes électorales gonflent. Déjà, la semaine dernière, un scandale a affiché Elecam : le kit d’Elecam qui s’est retrouvé dans un domicile privé à Massangam, une localité du département du Noun, région de l’Ouest. L’on y a refusé d’inscrire une personne considérée comme appartenant à l’opposition. En rajoutant aux problèmes techniques des kits d’Elecam qui n’ont pas facilité les inscriptions sur les listes électorales sur le territoire, et pas du tout même à l’étranger. Et au cours de sa conférence de presse du 29 avril dernier, Erik Essousse et son équipe ont restreint les questions. Circonscrivant l’échange aux questions conçues par leurs propres soins. Quoi qu’il en soit, les promoteurs des inscriptions massives sur les listes électorales poursuivent leur campagne.

Le FMI dresse un tableau positif de l’Afrique

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Par Henri Kouam, fondateur & Directeur Exécutif

Points Focaux

  • Le PIB de l’Afrique passera de 3,4 à 4,8 % au cours des trois prochaines années.
  • Les coûts d’emprunt sont élevés, même si le Kenya, la Côte d’Ivoire et le Bénin ont récemment fait appel aux marchés.
  • L’inflation ralentira et les exportateurs de matières premières obtiendront de meilleurs résultats.
  • Les gouvernements africains devraient se concentrer sur la réduction des dépenses, l’augmentation des recettes fiscales et l’investissement dans l’éducation et les infrastructures.
  • Le FMI félicite le Cameroun pour la réduction de sa dette tout en maintenant le niveau des investissements nécessaires au développement.

Introduction

Les perspectives du FMI pour l’Afrique sont très positives. À une époque où le changement climatique, le chômage et les conflits sociaux ravagent le continent, il y a de nombreux points positifs et les perspectives du FMI le reflètent. Il est difficile d’établir un pronostic pour un continent aussi diversifié et unique, mais les perspectives budgétaires et économiques ont connu une amélioration remarquable et généralisée.

Les perspectives économiques régionales globales sont positives et améliorent, l’activité économique passant de 3,4 % en 2023 à 3,8 % et 4 % en 2024 et 2025. Plus de 70 % des pays devraient connaître une croissance et la reprise économique se poursuivra jusqu’en 2025. Entre-temps, l’inflation médiane a diminué de moitié, passant de 10 % en novembre 2022 à 6 % en février 2024.

Le resserrement du financement est dû à une réduction des sources de financement, en particulier de l’aide publique au développement. Les besoins bruts de financement extérieur des pays à faible revenu d’Afrique subsaharienne sont estimés à 70 milliards de dollars par an (6 % du PIB) sur quatre ans. Les gouvernements cherchent d’autres sources de financement, car les prêts concessionnels sont associés à des taux d’intérêt plus élevés, à moins de transparence et à des échéances plus courtes.

À l’heure où la plupart des pays africains tentent de réduire le poids de leur dette, il est essentiel de trouver de nouvelles sources d’emprunt. Le coût de l’emprunt – dette extérieure et intérieure – a augmenté et reste élevé pour la plupart des pays africains. En 2023, les paiements d’intérêts des gouvernements étaient estimés à 12 % des recettes (hors dons), soit plus du double par rapport à l’année précédente. Le secteur privé a également commencé à ressentir les effets de la hausse des taux d’intérêt.

En particulier, l’inflation a baissé de manière significative et l’inflation médiane a chuté d’environ 6 % en février, après avoir atteint un pic de 10 % en novembre 2022. Cela reflète les effets du resserrement de la politique monétaire dans de nombreux pays.  Cependant, l’inflation diminuera dans les pays ayant une capacité de production alimentaire croissante et restera élevée pour les importateurs comme le Bénin et le Cameroun qui ont récemment supprimé les subventions sur les carburants. Le FMI estime toutefois que l’inflation tombera à 1,9 % et 1,5 % en 2024 et 2025.

La mobilisation des recettes est la première ligne de défense.

Des pays comme le Cameroun ont élargi l’assiette fiscale pour lutter contre la hausse des taux d’intérêt et le rétrécissement des options de financement. Cependant, la priorité absolue reste la consolidation fiscale tout en maintenant les investissements essentiels dans les infrastructures vitales, l’éducation, etc. Il est donc nécessaire de renforcer les capacités en matière de dépenses concessionnelles.

La politique monétaire devrait cibler l’inflation

La politique monétaire devrait se concentrer sur la stabilité des prix à mesure que l’inflation diminue dans un plus grand nombre de pays. Cela leur donnera une marge de manœuvre pour réduire les taux d’intérêt et permettra une meilleure coordination entre les politiques fiscales et monétaires ainsi qu’entre les taux d’intérêt. La plupart des banques centrales africaines ciblent l’inflation, mais quelques-unes ont leur monnaie arrimée à l’euro, comme les pays membres de la CEMAC. Par conséquent, il est peut-être temps pour les banques centrales d’abandonner l’arrimage de leur monnaie à l’euro au profit d’un ciblage de l’inflation, car l’inflation augmente rapidement et, bien que les arrimages garantissent la stabilité financière, il ne serait pas judicieux pour les banques centrales de se concentrer sur la stabilité monétaire lorsque l’inflation est en hausse.

Deuxièmement, la majeure partie de l’inflation dans les pays africains est importée, car la majorité des pays africains dépendent des importations en provenance d’Europe, d’Asie et d’Amérique du Nord pour nourrir et habiller leur population. Le moment est venu pour la politique monétaire d’accompagner la politique fiscale et de stimuler la capacité locale de production de biens.

Le FMI Conseille l’adoption du libre échange

La mise en œuvre de réformes structurelles telles que l’accélération de l’intégration commerciale et l’amélioration de l’environnement des affaires attirera davantage d’investissements directs étrangers, diversifiant ainsi leurs sources de financement et leurs économies locales. Les pays d’Afrique subsaharienne auront besoin d’un soutien accru de la part de la communauté internationale par l’intermédiaire des banques de développement régionales et multilatérales. Les Africains ont créé et signé la zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA) qui créera un marché unique pour les marchandises et réduira les barrières tarifaires et non tarifaires. Cependant, les entreprises doivent commencer à commercer dans le cadre de cette zone et les décideurs politiques doivent s’assurer que les informations nécessaires sont disponibles pour les acteurs de la société civile.

Les autorités ont poursuivi leurs efforts d’assainissement budgétaire, le déficit budgétaire médian étant ramené à 4 % du PIB en 2023, soit le niveau le plus bas depuis le début de la pandémie. En conséquence, les ratios de la dette publique se sont largement stabilisés autour de 60 % du PIB en 2023 et devraient diminuer cette année. Cela a permis au pays d’effacer la majeure partie de sa dette immédiate et de repousser les remboursements de sept ans. De même, la Côte d’Ivoire a dû faire face à son coût d’emprunt le plus élevé en dix ans avec une euro-obligation libellée en USD. Les émetteurs souverains d’Afrique subsaharienne ont généralement payé des rendements plus élevés que les émetteurs à risque équivalent d’autres régions, bien que la « prime africaine » souvent évoquée semble être relativement faible.

Le FMI a félicité le Cameroun pour son con approche a la consolidation de sa dette. Les perspectives sont positives pour l’Afrique mais le FMI cite que les pays doivent adopter le libre échange, les banques centrales doivent cibler l’inflation et les pays comme le Cameroun doivent augmenter leur capacité. 

Agoa et son impact sur les exportations de l’Afrique

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Par Henri Kouam, fondateur & Directeur Executif, Cameroon Economic Policy Institute (CEPI)

Introduction

La Chine est le premier partenaire commercial de l’Afrique et la plupart des pays africains sont déficitaires. Afin de rééquilibrer le commerce au détriment de la Chine et d’accélérer l’intégration commerciale avec les États-Unis, les responsables politiques américains ont promulgué en 2002 le Africa Growth and Opportunity Act (AGOA), qui est resté depuis au cœur de la politique économique et de l’engagement diplomatique des États-Unis en Afrique. L’AGOA permet aux pays africains éligibles d’accéder aux marchés américains en supprimant les droits de douanes de plus de 6, 500 produits, qui s’ajoutent aux plus de 5 000 produits pouvant bénéficier d’un accès en franchise de droits dans le cadre du système généralisé de préférences.

Pour satisfaire aux conditions d’éligibilité rigoureuses de l’AGOA, les pays doivent mettre en place une économie axée sur la libre échange, l’État de droit, le pluralisme politique et le droit à une procédure régulière, ou faire des progrès constants dans ce sens (USTIC, 2023). En outre, les pays doivent éliminer les obstacles au commerce et aux investissements américains, adopter des politiques de réduction de la pauvreté, de lutte contre la corruption et de protection des droits de l’homme. Cet article montre que l’AGOA à bénéficier l’Afrique alors ont doit accélère les exportations et non courir vers les BRICS au détriment de notre surplus des échanges avec les Américains.

Augmentation des importations africaines aux États-Unis

Pour la seule année 2022, les exportations totales de l’Afrique vers les États-Unis dans le cadre de l’AGOA sont estimées à 10,3 milliards de dollars, soit une hausse de 26 % par rapport à 2001, ce qui représente une augmentation de 11,6 milliards de dollars en moyenne (figure 1). La majeure partie des exportations vers les États-Unis sont des produits pétroliers (45 % du total des importations), tandis que les importations non pétrolières sont estimées à 5,7 milliards de dollars en 2022, soit un quadruplement des résultats par rapport à 2001 (Fernandes et al, 2023). Plusieurs secteurs non pétroliers ont connu des augmentations significatives au cours de cette période, notamment l’habillement, les pièces détachées automobiles, les noix de macadamia, les bijoux, les oranges fraîches et les chaussures. À l’heure actuelle, l’Afrique du Sud est le principal bénéficiaire de l’AGOA (UNCTAD, 2023).

Selon les statistiques de l’AGOA, les principaux fournisseurs de l’AGOA étaient l’Afrique du Sud (3,6 milliards de dollars, principalement des véhicules et des pièces détachées, des fruits, des métaux précieux et des produits chimiques), le Nigeria (3,5 milliards de dollars, principalement du pétrole brut), le Ghana (746 millions de dollars, principalement du pétrole brut), le Kenya (614 millions de dollars, principalement des vêtements), Madagascar (406 millions de dollars, principalement des vêtements) et l’Angola (391 millions de dollars, exclusivement du pétrole brut). Les autres principaux bénéficiaires de l’AGOA sont le Lesotho (260 millions de dollars, essentiellement des vêtements), la Côte d’Ivoire (127 millions de dollars, essentiellement des produits à base de cacao), le Gabon (125 millions de dollars, essentiellement du pétrole brut), le Congo Kinshasa (92 millions de dollars, essentiellement du minerai et des produits à base de cuivre), la Tanzanie (75 millions de dollars, essentiellement des vêtements) et l’île Maurice (74 millions de dollars, essentiellement des vêtements).

Figure 1 : Augmentation d’importation aux États Unis entre 2001 et 2022 dans le cadre de l’AGOA

L’Afrique Bénéficie Plus des échanges Avec les états Unis

Cette dynamique commerciale laisse l’Afrique subsaharienne avec un excédent commercial de 11,7 milliards de dollars en 2021, soit une augmentation de 104,8 % (6,0 milliards de dollars) par rapport à 2020. Pour mettre cela en perspective, entre 2002 et 2022, les valeurs d’importation et d’exportation de biens entre l’Afrique et la Chine sont passées de 11,67 milliards de dollars à 257,67 milliards de dollars. Parallèlement, les investissements directs étrangers (IDE) en Afrique subsaharienne se sont élevés à 30,0 milliards de dollars en 2021, soit une baisse de 1,1 % par rapport à 2020, en raison de l’incertitude causée par la pandémie du virus Covid-19.

Figure 2 : Les exportations de combustibles non minéraux vers les États-Unis ont augmenté

Source: USITC DataWeb

Conclusion

Le Africa Growth and Opportunity Act (AGOA) a donné aux pays africains une occasion unique d’exporter vers les États-Unis. Non seulement l’Afrique a un excédent commercial estimé à 11,7 milliards de dollars en 2021, mais cela représente une augmentation de 104,8 %  par rapport à 2020. Les principaux exportateurs sont l’Afrique du Sud (15,7), le Nigéria (3,5), le Ghana, la Côte d’Ivoire et l’Angola.

Bien que des pays comme l’Ouganda, le Niger, le Gabon et la République centrafricaine aient perdu leur statut de bénéficiaire, l’AGOA a créé des bases solides pour le commerce entre les États-Unis et l’Afrique. Pour un pays comme le Cameroun, ont devrait se focaliser sur la transformation du manioc, plantain et fruits en céréales, farine et autres dérives qui pourrait favoriser nos échange dans le long terme, créer des emplois et supporter le développement et intégration des chanines des valeurs local. Les états unis représentent un important marche pour l’Afrique qui devrait favoriser des économie axée sur la libre échange, l’État de droit, le pluralisme politique et le droit à une procédure régulière, ou faire des progrès constants dans ce sens. Après tout, nous n’avons pas besoin des états unis pour protéger les droits humains.

References

  1. Tadesse, B. (2024). The Impacts of the African Growth Opportunity Act on the Economic Performances of Sub-Saharan African Countries: A Comprehensive Review. Sci 2024, 6, 14. https://doi.org/10.3390/sci6010014
  2. USITC. (2023). African Growth and Opportunity Act (AGOA): Program Usage, Trends, and Sectoral Highlights. USITC Publication 5419. 2023. Available online: https://www.usitc.gov/sites/default/files/publications/332/pub5419.pdf 
  3. UNCTAD. (2023). The African Growth and Opportunities Act: A Review of Its Benefits, Limitations, Utilization, and Results. Available online: https://unctad.org/system/files/official-document/aldcinf2023d2_en.pdf 
  4. Fernandes, A., Forero, A., Maemir, H., Mattoo, A. (2023).  Are trade preferences a Panacea? The export impact of the African Growth and Opportunity Act. World Dev.  162, 106–114. [Google Scholar] [CrossRef]
  5. Seyoum, B. & Abraham, R. (2022). US Trade Preference and Export Performance of Sub-Saharan Africa (SSA): Evidence from the African Growth and Opportunity Act (AGOA) (2022). World Trade Rev. 21, 573–596. [Google Scholar] [CrossRef]
  6. Kouam, H. (2021). The Biden Presidency Could be a Renaissance for U.S. Diplomacy in Africa. Nkafu Policy Institute. https://nkafu.org/the-biden-presidency-could-be-a-renaissance-for-u-s-diplomacy-in-africa/
  7. Oyintarelado, M. (2023). 10 Charts to Explain 22 Years of China-Africa Trade, Overseas Development Finance and Foreign Direct Investment, Global Policy Development Center, Boston University. https://www.bu.edu/gdp/2024/04/02/10-charts-to-explain-22-years-of-china-africa-trade-overseas-development-finance-and-foreign-direct-investment/#:~:text=Africa%2DChina%20trade%20engagement%20is,%2411.67%20billion%20to%20%24257.67%20billion.
  8. USTR. (2023). Africa Trade Fact Sheet. United States Trade Representative, https://ustr.gov/sites/default/files/AGOA%20Trade%20Fact%20Sheet_final.pdf

Lions indomptables : Des nominations de Samuel Eto’o

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Dans une décision datée de ce 2 mai 2024, le président de la Fédération camerounaise de football (Fecafoot) a procédé à de nouvelles nominations dans le staff des Lions indomptables. Et c’est la coordination qui en est concernée. Serge Pensy, consultant média sur les questions sportives, est nommé coordonnateur adjoint numéro un, en lieu et place d’Hervé Mveng que le ministre des Sports et de l’éducation physique (Minsep) Narcisse Mouelle Kombi avait nommé il y a quelques semaines. L’adjoint numéro deux est Ashu Ntui Nkongho Sarah qui remplace Zeinabou Evele.

En s’appuyant sur l’article 4 (1) du décret présidentiel du 26 septembre 2014 qui prévoit que « la coordination administrative, sportive et technique des activités et des programmes des sélections nationales de football (…) est assurée par un coordonnateur général nommé par le président de la Fécafoot». Les deux prochains alinéas indiquent respectivement que « le coordonnateur général est assisté de deux adjoints nommés dans les mêmes formes», et que « la rémunération du coordonnateur général et de ses adjoints est assurée par la Fécafoot».

Si Samuel Eto’o semble avoir capitulé pour les postes clés du staff, il n’a pas l’intention de céder la coordination à l’Etat. Pour autant, l’homme dans sa décision est muet sur le poste de coordonnateur général. Depuis le 12 juillet 2022, Benoît Angbwa est aux affaires. Dans les interprétations, les proches de Samuel Eto’o estiment que l’ancien défenseur des Lions indomptables « reste en poste » pour n’avoir pas été expressément remplacé.

Rien n’est dit sur le poste principal où le Minsep avait nommé Benjamin Banlock. Et c’est ce personnage qui irrite le plus à Tsinga. Benjamin Banlock est un ancien secrétaire général de la Fécafoot, sous l’ère Séidou Njoya, puis sous Samuel Eto’o. Arrivé dans l’ombre de Samue Eto’o, l’homme avait rejoint l’équipe de Séidou Mbombo Njoya, avant d’être limogé au début de la brouille entre les deux partenaires de circonstance. Et du coup, Banlock avait rejoint l’équipe de campagne de l’ancien capitaine des Lions indomptables. Pour être rétabli au même prestigieux poste une fois celui-ci avait été élu le 11 décembre 2O21. Mais les deux hommes se sont vite brouillés et le patron de l’administration a démissionné. Son désormais ex-patron s’est lancé à sa chasse, mettant à contribution la police. Banlock a échappé, Parfait Siki son remplaçant, et Liliane Mbog Binyet n’ont pas échappé. Arrêtés et incarcérés, avant d’être élargis. Le temps a apaisé les cœurs, chacun a usé de ses moyens, pour l’équilibre des forces.

Ernest Obama au garage

Et c’est là que Benjamin Banlock est nommé par Narcisse Mouelle Kombi, ministre des Sports et de l’éducation physique (Minsep), coordonnateur des sélections nationales de football. Dans un contexte de guerre ouverte avec Samuel Eto’o. Un poste dont l prérogative de nomination échoit au président de la Fécafoot. Celui qui est visé par les hautes sphères de la République comme le fauteur de troubles dans la sélection nationale fanion de football du Cameroun, n’entend pas perdre la main sur la sélection nationale. Samuel Eto’o qui a vertement rejeté les nominations de Marc Brys et compagnie, a promis de procéder à ses propres nominations. Depuis bientôt un mois les yeux sont rivés du côté de la maison du football de Tsinga. Entre temps, le patron des lieux a servi à la présidence des propositions restées lettre morte. L’homme s’en est remis au Premier ministre. Rien ne filtre de ses démarches. Jusqu’à ce que les nominations tombent ce 2 mai.

Dans la foulée, Ernest Obama perd son strapontin de porte-parole du président de la Fécafoot pour devenir chargé de mission auprès du président de la Fécafoot. Cédant son poste à Ibrahim Hawah qui a été team press officer des Lionnes indomptables A.

Inscriptions sur les listes électorales : la suspecte quête de légalité d’Elecam en diaspora

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«…Nous allons être précis, parce que, à la diaspora, ne doivent s’inscrire que les Camerounais qui le sont, pas des binationaux. Pour qu’on le fasse, nous allons demander ceci : le Camerounais résidant à l’étranger doit prouver qu’il est Camerounais par sa carte consulaire, qu’il a le passeport, qu’il a la carte de résident qui montre qu’il est bien établi dans le territoire. C’est clair. La loi dit ceci : la personne installée à l’étranger doit remplir toutes les conditions pour être inscrit. Et la résidence en fait partie ». Erik Essousse, le directeur général des élections à Election’s Cameroon (Elecam) a cru avoir rappelé le cadre réglementaire des inscriptions des Camerounais de l’étranger sur les listes électorales. Il ne suffira donc pas seulement de présenter une carte consulaire.

Une litanie de critères qui certes semble ordinaire pour un citoyen établi à l’étranger ; mais qui ne cadre pas toujours avec le cadre légal en vigueur. En effet, le décret du 8 août 2011 fixant les conditions d’application de la loi N°2011/013 du 13 juillet 2011 relative au vote des citoyens camerounais établis ou résidant à l’étranger (la présidentielle en l’occurrence), prévoit en son article 6, alinéa 1, que « pour s’inscrire sur une liste électorale, le citoyen camerounais établi ou résidant à l’étranger doit présenter une carte consulaire en cours de validité ». Rien de plus. Mais le patron technique de l’organisation des élections au Cameroun va au-delà.

Une diaspora frondeuse

Ce qui peut nourrir des soupçons dans un contexte où Elecam fait l’objet d’accusations de ne pas vouloir adhérer à la campagne d’inscriptions massives sur les listes électorales. Et la diaspora camerounaise de plus en plus nombreuse, qui est réputée être particulièrement frondeuse envers le régime de Yaoundé, réclame en vain depuis plusieurs années son droit de s’inscrire sur les listes électorales. Une situation dure depuis 2019 et Elecam est resté muet face aux plaintes. Cabral Libi’i le président du Parti camerounais pour la réconciliation nationale (Pcrn) rapportait déjà en début d’année qu’en diaspora, il est dit que les kits d’enrôlement sont en panne. « Nous aurions dû être dans la diaspora au début de l’année, mais il y a eu un certain nombre de problèmes qu’il fallait adresser, pour être sûr qu’en allant à la diaspora, nous n’aurons pas d’autres problèmes », reconnaît Erik Essousse au cours de sa communication du 29 avril dernier. Après avoir avoué que « nous avons des kits de première génération depuis 2013, qui sont de très bonne qualité, qui ont été confectionnés par le premier DG, Sani Tanimou, qui nous donnent entière satisfaction. Ce sont ces kits-là que nous continuons d’utiliser aujourd’hui. On a aussi des kits de 2ème génération, qui nous ont posé quelques soucis parce que leur technicité ne donne satisfaction». Les inscriptions reprendront certainement, mais il faudra montrer patte blanche.

Assurances

De plus en plus acculé, et au moment où la campagne massive d’inscriptions sur les listes électorales engagée par l’opposition et des leaders d’opinion, emporte l’adhésion populaire, l’organe en charge de l’organisation des élections, a indiqué que tout est rentré à la normale. « Tout à l’heure j’ai discuté avec certains ambassadeurs, celui de Bruxelles notamment, vis-à-vis de l’agitation, qui nous dit que nos équipes sont là et que d’ici quelques jours, on va commencer les inscriptions. Celui de Paris aussi a fait savoir que nos équipes seront là demain. Celui d’Afrique du Sud m’a dit qu’on est en train de travailler », annonçait-il lundi dernier. Assurant que « c’est lancé dans la diaspora et nous allons faire en sorte que tout s’y passe bien ».

Au passage, Erik Essousse annonçait qu’Elecam a acquis de nouveaux kits, ainsi que des imprimantes. Et donc que la reprise de la production des cartes gelée depuis 2020 est imminente.

Finances publiques : le service de la dette intérieure à la peine

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Le Cameroun tient bien le service de sa dette extérieure. On ne saurait, en revanche en dire autant pour ce qui est de la dette intérieure qui s’accumule d’année en année. Entre janvier et mars 2024, cette dette-constituée des titres publics, de l’emprunt consolidé Beac, de la dette structurée [dette ayant fait l’objet des conventions entre les créanciers et l’Etat] et la dette non structurée [ dette constituée des arriérés constatés à une date donnée au niveau du ministère des Finances] -, a été payée uniquement à hauteur de 50,3 milliards de FCFA dont 46,1 milliards de principal et 4,2 milliards de FCFA d’intérêt. Selon la direction générale du budget. Pourtant, selon la Caisse autonome d’amortissement, elle est évaluée à 3 663 milliards de FCFA, restes à payer y compris. Ce montant doit-on le souligner est en hausse de 169 milliards de FCFA par rapport à la même période il y a un an. En effet, en mars 2023, elle était évaluée 3 494 milliards de FCFA.
Par ailleurs, d’après les projections de la loi de Finances de l’année en cours, le service de la dette intérieure annuelle est de 947,3 milliards de FCFA, dont 220 milliards de FCFA de restes à payer. Il est donc clair qu’avec seulement 50,3 milliards de FCFA réglés, l’Etat peine à payer sa dette intérieure ou tout au moins y accorde moins d’importance.
Il est pourtant difficile d’atteindre le taux de croissance économique escompté pour l’émergence à l’horizon 2035 si le service de la dette intérieure est mal tenu. En effet, cette situation affecte la trésorerie des entreprises qui conséquemment peinent, à leur tour, à investir, embaucher et même jouer leur rôle de moteur dans l’épanouissement de l’activité économique.
En outre, cette situation, si elle perdure, pourra réduire la confiance des investisseurs vis-à-vis de l’Etat, pour l’instant on en est pas encore là. Enfin, à la longue, les créanciers de l’Etat ou ses prestataires pourront exiger des taux d’intérêt plus élevés sur les futurs emprunts, en raison du risque en couru.

Service de la dette : 312,4 milliards de FCFA remboursés au 24 mars 2024

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Durant les trois premiers mois de l’année en cours, le Cameroun a remboursé sa dette publique (dette principale et intérêts) à hauteur de 312,4 milliards de FCFA. L’information a été rendue publique par la Caisse autonome d’amortissement (Caa) à travers une note de conjoncture mensuelle de la dette publique du Cameroun au 24 mars 2024.
Selon le gestionnaire de la dette publique, le Cameroun a réglé son ardoise vis-à-vis des partenaires extérieurs- dette multilatérale, dette bilatérale et dette commerciale-, à hauteur de 262 milliards de FCFA, soit un taux d’exécution de 31,8% par rapport au montant de dette totale de 825 milliards de FCFA à payer en 2024, d’après les prévisions de la loi de Finances de l’année en cours.
De façon détaillée pour ce qui du service de la dette extérieure, le principal a déjà été remboursée à hauteur de 195,4 milliards de FCFA et l’intérêt à hauteur de 66,7 milliards de FCFA. En effet, 62 milliards de FCFA ont été versés au titre de la dette vis-à-vis des partenaires multilatéraux. Pour cette catégorie d’acteurs, il s’agit, sans être exhaustif de la Banque Africaine de Développement, le Fonds monétaire international, de la Banque de développement des Etats de l’Afrique centrale.
172,1 milliards de FCFA et 28 milliards de FCFA ont été payés respectivement pour les partenaires bilatéraux et commerciaux, dette principale et intérêts pris en compte. Pour ce qui est de la dette bilatérale, elle concerne les pays à l’instar de la France ou la Belgique, et des structures bancaires telles qu’Eximbank- Chine, Inde, Usa et Turquie-, principaux partenaires financiers du Cameroun.
Enfin, la dette commerciale quant à elle concerne les non-résidents de l’emprunt obligataire et des structures financières telles qu’African Export import Bank, Deutsche Banque Espagne, entre autres, lit-on sur le document de la Caa.
A en croire les données suscitées, au premier trimestre de l’année en cours, toutes les échéances de la dette extérieure ont été réglées à bonne date.
Dette intérieure
De prime à bord, indiquons que la dette intérieure est constituée des titres publics, de l’emprunt consolidé Beac, la dette structurée et la dette non structurée. Selon la direction générale du budget, la dette structurée est celle ayant fait l’objet des conventions entre les créanciers et l’Etat. En revanche, la dette non structurée est constituée des arriérés constatés à une date donnée au niveau du ministère des Finances. Selon la Caa, seules la dette structurée et la dette non structurée ont été réglées au premier trimestre 2024, respectivement à hauteur de 50,1 milliards de FCFA et 0,2 milliard de FCFA. Cela fait un total cumulé de 50,3 milliards de FCFA de dette intérieure payée.
Paiement mensuel de la dette
Uniquement au mois de mars 2024, la dette publique a été payée à hauteur de 88,2 milliards de FCFA dont 71,4 milliards de FCFA de dette extérieure et 16,7 milliards de FCFA. Comparativement à la même période un an plus tôt où cette cagnotte était de 81,8 milliards de FCFA, ce paiement est en hausse de 7,1 milliards de FCFA.
En février, l’Etat du Cameroun a payé sa dette hauteur de 84,3 milliards de FCFA, soit 72,5 milliards de FCFA et 11,8 milliards de FCFA, tandis qu’au mois de janvier, la dette publique du Cameroun a été payée à hauteur de 140 milliards de FCFA. Il s’agit de 118,1 milliards de FCFA pour la dette principale et 21,9 milliards de FCFA pour les intérêts.
Indiquons que l’encours de la dette publique au 24 mars 2024 se chiffre à 12 714 milliards de FCFA, soit environ 42,9% du Produit intérieur brut. Elle reste donc en dessous du seuil de tolérance communautaire en zone Cemac qui est de 70%.

Erik Essousse : « Qu’on n’accuse pas Elecam de ce qui n’est pas prévu par la loi» 

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Au moment où l’on assiste à une campagne d’inscriptions massives sur les listes électorales, Elecam a-t-il mis en place un dispositif particulier ? (A)

Habituellement ce sont nos équipes qui sont disséminées sur toute l’étendue du territoire qui enregistrent sur le terrain. Nous avons des équipes mobiles qui ont la compétence d’enregistrer les électeurs ; ces équipes mobiles vont partout où elles peuvent trouver ceux qui ont l’âge requis pour être électeurs, de lundi à vendredi, de 7h30 à 15h30. Nous pouvons aller jusqu’à 18h, mais les week-ends ce n’est pas autorisé par la loi. Nous pouvons exceptionnellement enregistrer les samedis si une situation particulière le permet ; mais il est précisé que c’est de lundi à vendredi.

Certains partis politiques évoquent des difficultés liées à la défectuosité des kits d’Elecam, et même leur insuffisance. Qu’y répondez-vous ? Et où en est-on avec le renouvellement du parc biométrique annoncé par Elecam ?

En ce qui concerne les kits d’enrôlement, je dois d’abord dire que nous avons des kits de première génération depuis 2°13, qui sont de très bonne qualité, qui ont été confectionnés par le premier DG, Sani Tanimou, qui nous donnent entière satisfaction. Ce sont ces kits-là que nous continuons d’utiliser aujourd’hui. On a aussi des kits de 2ème génération, qui nous ont posé quelques soucis parce que leur technicité ne donne satisfaction. Ce qui fait que nous associons les deux. Chaque année nous reprenons les enregistrements le 1er janvier en principe, mais le 2 parce que le 1er janvier étant férié, et nous associons les deux types de kits. C’est ce qui fait dire que les kits ont des problèmes, mais nos techniciens font la maintenance régulière. Nous n’avons pas de problèmes. Par contre, compte tenu du fait que les kits sont nos éléments de base pour les inscriptions sur les listes électorales, le gouvernement nous a donné les moyens pour que nous puissions renouveler tout le parc. Maintenant, pour que nous puissions avoir un outil fiable, nous sommes en train de travailler méthodiquement avec nos techniciens et nos partenaires pour que nous puissions avoir un kit exactement comme le premier, celui de 2013 ; parce que celui de 2018 ne nous donne pas entière satisfaction. Donc le gouvernement a écouté notre doléance et nous a donné des moyens suffisants pour acquérir de nouveaux kits ; mais comme c’est technique, nous sommes en train de travailler progressivement pour que d’ici probablement le début de l’année prochaine, nous puissions avoir de nouveaux kits qui puissent répondre à toutes nos attentes qui sont les attentes du public.

Le Pcrn dénonce le fait que certains électeurs enrôlés depuis 2020 n’ont pas toujours reçu leurs cartes d’électeur. Qu’est-ce qui peut expliquer cet état des choses ? (A)

C’est une critique qui revient. Le problème actuel est celui des imprimantes qui produisent les cartes de vote. Nous voulons dire ici avec insistance que le gouvernement nous a donné des moyens conséquents et nous avons acquis du matériel qui est déjà ici au Cameroun. Ces appareils se trouvent au niveau de la douane. Nous négocions avec les services de la douane pour pouvoir les récupérer et dès que nous les avons récupérées, nous les installons techniquement pour reprendre les impressions des cartes d’électeurs.

La campagne d’inscriptions massives sur les listes électorales n’est-elle pas une opportunité pour Elecam de booster ses chiffres ? Qu’a envisagé Elecam dans cette perspective ?

Je pense que toute cette agitation, si je peux l’appeler ainsi, cette invitation de la société aux inscriptions, ce n’est pas mauvais. Elecam n’a pas de problème. Mais nous voulons travailler de manière professionnelle. Et pour travailler de manière professionnelle, nous faisons en sorte que nous puissions inscrire les Camerounais qui sont en âge de le faire dans les conditions prévues par la loi comme je l’ai dit ; à savoir être de nationalité camerounaise, jouir de ses droits civils et politiques, avoir 20 ans. Et surtout le faire dans les règles de l’art, comme je l’ai dit, à savoir de lundi à vendredi. En même temps, nous faisons beaucoup de communications à travers le net, à travers les réseaux comme twitter (X), whatsap, facebook,… Bref nous utilisons les outils modernes pour communiquer avec les populations pour s’inscrire. Mais je voudrais tout simplement que nous sachions une chose : qu’on n’accuse pas Elecam de ce qui n’est pas prévu par la loi. Nous faisons notre travail selon les règles de l’art et dans la loi. Ce qui fait que si on invite les populations à s’inscrire, il n’y a pas de problème. Les partis politiques doivent amener leurs militants et sympathisants à s’inscrire mais qu’on le fasse selon les règles de la loi. Et je le redis, c’est de lundi à vendredi, c’est ça la loi, on ne peut pas faire autrement ; et de 7h30 à 15h30. On peut aller au-delà, vers 17h-18h. Là on est disponible. Quand on peut le faire, on le fait. Il ne faut pas que nous exposions nos agents à travailler même le dimanche. Ce n’est pas réglementaire. Exceptionnellement on peut encore le faire le samedi, mais pour des cas bien précis. Nous continuons à communiquer, et c’est ce que nous faisons actuellement avec vous et nous vous remercions pour le relai.

Certains citoyens qui souhaitent s’inscrire ne se retrouvent pas toujours sur les sites des antennes communales. Comment gérez-vous la communication dans ce sens et sur les programmes des descentes des équipes d’Elecam ?

Nous communiquons énormément pour que nos concitoyens puisent s’inscrire. C’est vous-mêmes qui nous informons qu’il y a des files de personnes partout qui veulent s’inscrire. Ça montre que ça marche. Nous n’avons pas de problèmes à ce que les gens veuillent s’inscrire. Nos antennes sont bien connues dans les arrondissements, et puis il y a toujours un programme hebdomadaire de descentes sur le terrain, d’accord-parties avec les partis politiques et les organisations de la société civile. C’est notre mode de fonctionnement depuis toujours. Donc je suis plutôt surpris qu’on le dise puisqu’il y a un engouement certain et réel, puisqu’on demande même aux équipes de faire inscrire le samedi. Nous devons rester très professionnels, les acteurs du processus électoral, pour que cela se fasse dans la sérénité. On s’est toujours inscrit sur les listes électorales sans problème. Il ne faut pas qu’aujourd’hui ce soit comme si en s’inscrivant sur les listes électorales, c’est devenu autre chose que ce qu’on fait selon la loi. Restons concentrés, restons professionnels et travaillons pour que tout cela réussisse comme c’est en train de réussir. Je peux vous dire que depuis le début de cette année on est à plus de 200 mille inscrits en quatre mois. Mais voilà aussi une autre chose que je veux souligner : le fait de vouloir nous attirer à aller inscrire les week-ends, ça donne des doublons. On inscrit les mêmes gens souvent et c’est très grave. On parle même de 200 mille inscrits mais les fichiers ne sont pas encore toilettés. Ce qui fait que, on peut toiletter et ça ne donne que 50 mille, alors qu’il y avait tout un enthousiasme. Donc faisons attention, ne nous emballons pas. Allons professionnellement pour qu’on puisse inscrire ceux qui le méritent. Et c’est pour cela que quand l’imprimante sera là pour inscrire, on va le faire rapidement pour distribuer les cartes pour qu’on sorte de cette situation.

On continue de voir des équipes d’Elecam inscrire les week-ends, parfois même les dimanches dans les églises. Est-ce sur votre recommandation ? Quelle est votre position là-dessus ? (A)

Il y a à peu près une semaine, j’ai dit qu’actuellement, nous n’inscrivons que dans nos antennes et sur certains sites sur le terrain. Je ne veux pas voir nos personnels sur le terrain le dimanche. Dimanche c’est pour louer Dieu, c’est pour prier, ainsi de suite, mais pas pour les inscriptions sur les listes électorales. Donc si vous trouvez des personnes le dimanche sur le terrain, ce n’est pas sur ordre du DG. Les inscriptions se font de lundi à vendredi. Samedi est une exception.

En prélude aux présidentielles de 2025, quelle est la situation des inscriptions des citoyens de la diaspora ?

La question de la diaspora fait couler beaucoup d’encre et beaucoup d’énergie. Nous sommes en train d’organiser cet aspect de notre travail. Nous aurions dû être dans la diaspora au début de l’année, mais il y a eu un certain nombre de problèmes qu’il fallait adresser, pour être sûr qu’en allant à la diaspora, nous n’aurons pas d’autres problèmes. Maintenant que cela est fait, nos équipes sont déjà sur le terrain. Tout à l’heure j’ai discuté avec certains ambassadeurs, celui de Bruxelles notamment, vis-à-vis de l’agitation, qui nous dit que nos équipes sont là et que d’ici quelques jours, on va commencer les inscriptions. Celui de Paris aussi a fait savoir que nos équipes seront là demain. Celui d’Afrique du Sud m’a dit qu’on est en train de travailler. C’est pour dire que c’est lancé dans la diaspora et nous allons faire en sorte que tout s’y passe bien ; mais nous allons être précis, parce que, à la diaspora, ne doivent s’inscrire que les Camerounais qui le sont, pas des binationaux. Pour qu’on le fasse, nous allons demander ceci : le Camerounais résidant à l’étranger doit prouver qu’il est Camerounais par sa carte consulaire, qu’il a le passeport, qu’il a la carte de résident qui montre qu’il est bien établi dans le territoire. C’est clair. La loi dit ceci : la personne installée à l’étranger doit remplir toutes les conditions pour être inscrit. Et la résidence en fait partie. Donc nous devons être vigilants pour qu’on ne nous embarque pas dans des choses qui ne sont pas bonnes. C’est pour cela que nous voulons rassurer nos compatriotes de l’étranger qu’’on va les inscrire, mais qu’ils respectent le protocole qu’on va leur présenter pour qu’ils prouvent qu’ils sont Camerounais et rien d’autre.

Quelles sont les chiffres déjà réalisés depuis le début de l’année en cours ?(A)

Je vous ai dit que nous sommes à un peu plus de 200 mille inscriptions depuis la reprise des inscriptions cette année. Pour ce qui est des jeunes, nous sommes à plus de 148 mille ; il y a aussi les femmes et les handicapés. Vous voyez que seulement en quatre mois, nous sommes sur une bonne lancée et nous allons continuer de nous efforcer renforcer nos capacités dans ce sens. Mais sachons que dans ces statistiques, il y a des doublons ; si on nettoie le fichier, les chiffres ne seront plus les mêmes. Donc nous devons faire attention et être professionnels.

(A): Questions en anglais dont les réponses sont une traduction libre de l’intervieweur.

Alerte : des gendarmes « suspects » aux trousses de François Mbocke

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« Le DP de Diapason échappe à un enlèvement». L’alerte est donnée par Emmanuel Ekouli, représentant de Reporters sans frontières (RSF) au Cameroun. Les événements se déroulent le 29 avril 2024. « Hier, 29 avril 2024, aux environs de 14h, des gendarmes en ténue ont fait irruption dans les locaux du journal Diapason», écrit le représentant de RSF. A un moment où le propriétaire des lieux est à une conférence à l’Institut supérieur de traduction et d’interprétariat du Cameroun (Istic), et que ses collaborateurs assistent à un événement dont le journal est partenaire.

« J’étais à une conférence, ils sont arrivés vers 14h, certains étaient même déjà à avant et se sont plantés dans le bistrot d’en face. Quelques temps après ils sont entrés et se sont dirigés chez le voisin puisque la plaque portant le nom de mon entreprise se trouve sur le mur du voisin, et ont demandé ‘’où est François Mbocké ?’’. On leur a répondu que ce n’est pas son bureau. Ils ne l’ont pas entendu de cette oreille et ont demandé ‘’mais ce n’est pas son bureau ici ?’’ », rapporte François Mbocke. C’est là que, « on leur a demandé ‘’vous le cherchez pourquoi ?’’. Ils ont été conduits à mon bureau et ils ont sonné, personne n’était là. On leur a montré mon numéro sur la plaque, et leur ont demandé de m’appeler», poursuit-il. En passant, « le voisin leur a demandé de quelle unité ils viennent et s’ils ne m’ont pas appelé avant d’arriver». L’homme rapporte que « les gars leur ont répondu que ‘’ce n’est pas votre problème’’».

C’est sur ces entrefaites que les voisins ont haussé le ton. « Ils sont sortis et ont fondu dans la nature». Entre temps le Directeur de publication du journal Diapason, occupé par la conférence qui se tient à l’occasion de la Journée internationale de la liberté de la presse, ne répond pas aux multiples appels. « Mes interlocuteurs ont laissé des messages voices. Quand je finis donc la conférence, j’écoute les messages et je rappelle pour en savoir davantage», poursuit-il le récit.

Martinez Zogo

Depuis deux jours, le journaliste attend la suite de cette visite inopinée de gendarmes non identifiés. « Depuis avant-hier on attend, ils n’ont pas toujours appelé. Hier on s’est dit que durant la journée ils passeraient laisser la convocation, ils n’ont rien fait. C’est donc là qu’on est inquiets », conclut François Mbocke. D’autant plus que « s’ils avaient laissé une convocation, on ne se serait pas inquiets ». Surtout que, « on n’a jamais vu des gendarmes ici. Du moins pas ce genre de gendarmes car de par les explications que j’ai reçues, c’étaient des gens qui n’avaient pas l’air d’être mes amis», rigole-t-il. Essayant de dissiper la peur.

Cela survient dans un contexte marqué par le démarrage du procès de Martinez Zogo. Celui qui était encore chef de chaîne d’Amplitude FM, une radio privée de Yaoundé jusqu’en janvier 2023, a été enlevé nuitamment devant une gendarmerie en plein cœur de la ville de Yaoundé, par des hommes armés. Son corps inerte et portant des traces de tortures a été retrouvé dans une banlieue de la ville universitaire de Soa cinq jours après. Les suspects qui ont pour certains, avoué au cours de l’enquête préliminaire, l’enlèvement puis la torture de l’animateur radio, sont des éléments des forces de défense et de sécurité. Bref 13 des 17 personnes poursuivies dans le cadre de cette affaire sont des éléments des services de renseignement camerounais. Autant dire que dans un contexte comme celui-ci, l’appartenance aux forces de défense et de sécurité ne rassure plus toujours. François Mbocke dit ne rien se reprocher dans le cadre de l’exercice de sa profession de journaliste. Le président du Réseau des patrons de presse du Cameroun (Repac) qui produit un hebdomadaire d’informations économiques et financières. Mais la visite inopinée qu’il vient de recevoir est de nature à susciter à peur.

Endettement: Les entreprises publiques  les plus endettées au 1er trimestre 2024

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La dette des entreprises et établissements publics est évaluée à 843 milliards de FCFA au premier trimestre 2024. Par rapport à la même période en 2023, elle est en diminution de 5,8%  et 0,9% en glissement trimestriel.  Concrètement, ce sont les entreprises publiques qui cumulent l’essentiel de cette dette, le Feicom étant le seul établissement public figurant dans la liste établie par la  Caisse autonome d’amortissement (CAA) au 31 mars 2024, avec une dette de 7,6 milliards de FCFA contractée auprès de créanciers nationaux. Par contre, à en croire des données publiées par la même institution, l’encours de la dette des entreprises publiques est beaucoup plus diversifié, car composé de dette intérieure et extérieure. En prenant en compte ces deux paramètres, la CAA, organisme d’État chargé de la gestion de la dette publique a élaboré deux listes recensant les entreprises publiques les plus endettées tant sur le marché intérieur qu’extérieur au premier trimestre 2024.

Dette intérieure

Concrètement, au cours de la période sous-revue la dette intérieure des entreprises et établissements publics s’élève à 347, 5 milliards de FCFA. Elle est tirée par la dette de la Sonara (dette bancaire et dette fournisseur) qui s’élève à 239, 9 milliards de FCFA. L’unique raffinerie du pays partiellement ravagé par un incendie en 2019, est suivie par la Cameroon Airlines Corporation (Camair-Co), la compagnie aérienne nationale dont la dette intérieure est restée la même du 31 mars 2023 au 31 mars 2024, soit 62,4 milliards de FCFA. La Cameroon  Telecommunications (Camtel), l’opérateur public de téléphonie du Cameroun, qui suit la Camair-co, d’après le «classement» établi par la CAA a consenti de gros efforts pour apurer une partie de sa dette. De 21,3 milliards de FCFA au 31 mars 2023, elle est passée à 13 milliards de FCFA au 31 décembre 2023, puis à 12,7 milliards au 31 janvier 2024, ensuite à 10,9 milliards au 29 février 2024, et enfin à 10,6 milliards de FCFA au 31 mars 2024. En glissement annuel, Camtel a donc déboursé 10,7 milliards pour apurer sa dette intérieure.  Comme Camair-co, l’encours de la dette intérieure  de la Cameroon Water utilities (Camwater), de la Cameroon Development Corporation (CDC) et de la Société immobilière du Cameroun (SIC) est resté le même, se figeant respectivement à hauteur de 9,4 milliards de FCFA, 7,6 milliards de FCFA et 2,5 milliards de FCFA.

Quant au Port autonome de Douala (PAD) l’encours de sa dette intérieure a connu les mêmes variations baissières que celui de Camtel.   De 14,1 milliards de FCFA au 31 mars 2023, il a baissé de deux milliards de FCFA pour s’établir à 11,1 milliards de FCFA. Au 31 janvier 2024 le même encours est ressorti à 10,4 milliards de FCFA, puis à 10,1 milliards de FCFA un mois plus tard. Au 31 mars 2024, l’encours de la dette intérieure est de 9,7 milliards de FCFA, soit une baisse de 4,4 milliards de FCFA en glissement annuel.

Dette extérieure                                                                                         

Entre mars 2023 et mars 2024, la dette extérieure des entreprises publiques est évaluée  à 495 milliards de FCFA, y compris les dettes  fournisseurs  et d’exploitation de la Sonara et de la Camair-Co. Cet encours qui ne prend pas en compte les dettes avalisées par l’Etat au profit de diverses entreprises comme le PAD, KPDC et DPDC pour un montant de 7,6 milliards de FCFA au 31 mars 2024, est en hausse de 0,2% en glissement trimestriel et en baisse de 3,2% en glissement annuel. La Sonara concentre la quasi-totalité de la dette extérieure des entreprises publiques avec un encours qui s’élève à 412, 1 milliards de FCFA au 31 mars 2024. Elle est suivie par la Camair-Co avec une dette extérieure qui s’élève 61,6 milliards de FCFA, Aéroports du Cameroun (11,4 milliards de FCFA) et le PAD (10,7 milliards de FCFA)     

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