mercredi, juin 3, 2026
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Infrastructures et Fiscalité : les Patronats d’Afrique centrale sonnent l’alarme

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Dans un contexte économique marqué par des défis croissants, les dirigeants des organisations patronales d’Afrique Centrale se sont réunis au début de ce mois à Douala sous l’égide de l’Union des Patronats d’Afrique Centrale (UNIPACE) pour une assemblée générale décisive. Les discussions ont porté sur l’état critique de l’économie en Afrique Centrale. Conduite par Célestin Tawamba, président en exercice de ce regroupement et du Groupement des Entreprises du Cameroun (GECAM), cette réunion a réuni les principaux acteurs économiques de la région : le Groupement Interprofessionnel de Centrafrique (GICA), la Fédération des Entreprises du Gabon (FEG), l’Union Patronale et Interprofessionnelle du Congo (UNICONGO), et le Conseil National du Patronat Tchadien (CNPT).

Face à la persistance des freins structurels, les dirigeants ont dressé un constat préoccupant : une économie sous-régionale qui peine à se stabiliser et des entreprises en difficulté. « Les pesanteurs structurelles pèsent lourdement sur la compétitivité de nos entreprises et freinent le développement de nos nations », a déclaré M. Tawamba en ouvrant l’assemblée. Premier sujet sur la table : les infrastructures de transport et d’énergie. Selon les membres de l’Unipace, l’absence de réseaux de transport fiables entrave gravement les échanges commerciaux entre les États de la sous-région. En l’absence de routes et de réseaux énergétiques solides, les coûts logistiques grimpent en flèche, freinant toute tentative de croissance. « Sans infrastructures adéquates, le commerce et la coopération sous-régionale ne pourront jamais atteindre leur plein potentiel », a martelé un des présidents présents.

 Les responsables patronaux ont unanimement appelé les gouvernements de la sous-région à prioriser la construction et la modernisation des infrastructures comme moteur de croissance économique. Le message est clair : l’amélioration de ces réseaux est un pilier essentiel pour la stimulation de l’économie régionale. Le second défi identifié est le besoin d’une politique commune pour attirer les investisseurs. Actuellement, disent-ils, la sous-région souffre d’une disparité fiscale qui décourage l’implantation d’entreprises et nuit à la croissance des entreprises locales. Les dirigeants des patronats ont donc plaidé pour une fiscalité de développement harmonisée et compétitive qui permettrait à l’Afrique Centrale d’attirer plus d’investissements étrangers et de dynamiser les investissements nationaux. « Il est urgent de mettre en place des mécanismes fiscaux qui favorisent la création de richesses et soutiennent les entreprises de la région », a ajouté Tawamba. Il a notamment insisté sur l’importance de développer une fiscalité adaptée aux réalités économiques des pays de la sous-région pour encourager une croissance durable.

RENFORCER L’INTÉGRATION ÉCONOMIQUE SOUS-RÉGIONALE

L’organisation patronale de l’Afrique Centrale a réitéré pendant cette assise l’importance d’intensifier les politiques d’intégration économique. Pour ces acteurs du secteur privé, le potentiel des échanges commerciaux intra-régionaux est loin d’être pleinement exploité. Ils appellent donc à un renforcement de l’intégration sous-régionale, notamment en facilitant la circulation des biens et des services. « Nous devons voir l’intégration économique comme une solution incontournable pour améliorer la compétitivité de nos entreprises et soutenir notre développement », a affirmé un des dirigeants présents. En ouvrant les frontières commerciales, les États pourraient permettre aux entreprises locales de croître et de diversifier leurs marchés. A Douala, les leaders des patronats d’Afrique Centrale se sont engagés à participer activement à la croissance économique inclusive pour le bien de tous. Ceci au travers une étroite collaboration avec les gouvernements, les institutions régionales et les partenaires internationaux pour surmonter ces défis. « Ensemble, nous pouvons bâtir une Afrique Centrale prospère, résiliente et connectée », a déclaré Célestin Tawamba lors de son discours de clôture.

Accidents électriques : les entreprises outillées

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 Des responsables des PME du secteur électrique ainsi que des cadres des directions techniques des grandes entreprises ont été sensibilisés à l’occasion d’une rencontre initiée par la bourse de sous-traitance à Douala.

  La  Bourse de Sous-traitance et de Partenariat du Cameroun (BSTP-CMR) a organisé les 23  et 24 octobre 2024 à Douala, un séminaire de formation des entreprises du secteur électrique.  La rencontre qui s’est tenue à la Chambre de commerce était axée sur la thématique de la  prévention des accidents électriques: stratégie préventives et réactives.

Les participants  étaient des responsables des PME du secteur électrique mais aussi  des cadres des directions techniques des grandes entreprises. Au cours des deux jours, ils ont été sensibilisés sur les risques  liés aux accidents électriques dans leurs environnements de travail respectifs. « Ce séminaire nous donne la possibilité de sensibiliser davantage les intervenants et les participants à connaître ce qu’est qu’un accident électrique qui est l’exposition aux dangers suite aux ouvrages électriques. L’accident peut survenir sur plusieurs ordres. Ça peut être suite à court-circuit, suite à un incendie ou suite à la manipulation des câbles électriques par des personnes inexpertes ou suite à la défaillance du système électrique », explique l’un des formateurs, Philibert KOUNGOUE par ailleurs expert QHSE  chez Eneo.

 C’était aussi l’occasion pour les entreprises membres de la bourse de sous-traitance de partager leurs expériences et meilleures pratiques en matière de sécurité électrique. Surtout des pratiques adaptées aux réalités locales. A terme,  ces entreprises pourront ainsi, mieux adopter des stratégies  pour prévenir  les risques d’accidents électriques. « Se former nous permet d’abord de prendre conscience des risques ; ensuite on va prendre des mesures préventives. Au sortir de ce séminaire je comprends par exemple l’importance d’avoir un expert QHSE qui est celui-là qui va servir de rampe pour rappeler à chaque fois qu’il y a tel risque et que par rapport à ce risque il faut réagir à temps pour éviter un accident », se réjouit  Stéphanie Demnie, responsable d’une PME.

 Des grandes entreprises telles que le port de Kribi ont participé à la formation. « Cette thématique est importante pour nous par ce que le PAK dispose d’un réseau de distribution intra muraux et extra muraux. Le port gère lui-même près de 12 postes électriques à l’extérieur du port et à l’intérieur du port nous avons un réseau de distribution moyenne tension. Des postes de 30 000 volts de 10 000 et c’ est la direction technique qui gère tout cela donc ma sécurité électrique est très importante pour nous » indique   Lionel Mbouozougui, du port de Kribi. 

La Bourse de sous-traitance est un Groupement d’Intérêt Economique multisectorielle d’entreprises qui a pour mission de développer les relations d’affaires et améliorer la compétitivité des entreprises.  Elle fournit aux entreprises locales manufacturières les outils et les services qui améliorent leurs performances, pratiques et leur permettent d’accéder aux marchés de sous-traitance industrielle.

Interview

Evariste YAMENI, Directeur Exécutif de la BSTP-CMR

 «  Cette formation va contribuer à la réduction des coûts associés aux accidents »

 Il souligne l’importance de la problématique  des accidents électriques, en déclinant l’intérêt d’une telle formation pour les entreprises.

Pourquoi un séminaire sur la prévention des accidents électriques?

La Bourse de Sous-Traitance et de Partenariat du Cameroun (BSTP) joue un rôle crucial dans le développement économique du Cameroun en facilitant les partenariats stratégiques entre entreprises locales et internationales. Cependant, malgré des avantages indéniables, le secteur industriel et les activités de sous-traitance sont souvent confrontés à des risques élevés liés à la sécurité et à la santé au travail. Parmi ces risques, les accidents électriques représentent une préoccupation majeure en raison de leur potentiel de causer des dommages graves et même mortels aux travailleurs. Avec une économie en croissance et une augmentation significative des infrastructures industrielles, la sécurité des travailleurs et la réduction des risques d’accidents électriques deviennent des impératifs urgents. Les membres de la BSTP opèrent dans des environnements diversifiés et souvent complexes, où les risques électriques peuvent être omniprésents. Les activités de construction, de maintenance et d’exploitation nécessitent une vigilance constante pour assurer la sécurité des travailleurs et la protection de ces infrastructures. C’est bien cela, entre autres raisons qui justifient l’organisation de ce séminaire.  

Concrètement, quelle est la pertinence de cette problématique pour les entreprises ?

En renforçant les normes de sécurité électrique, nous contribuons à la promotion d’environnements de travail sûrs et à la réduction des coûts associés aux accidents et aux interruptions de production. La collaboration entre AFRILEAD et la BSTP permet de combiner l’expertise technique en Sécurité, Santé au Travail (SST) avec la connaissance approfondie des besoins spécifiques du secteur de la sous-traitance et du partenariat. Cette synergie garantit la pertinence et l’impact des sessions de formation et des discussions prévues lors du séminaire de formation.

Nous visons à générer un impact durable sur la culture de sécurité des entreprises membres de la BSTP. En promouvant une approche proactive et préventive face aux risques électriques, nous anticipons une réduction significative des accidents de travail et une amélioration de la productivité globale des entreprises participantes. Il est particulièrement adapté aux besoins actuels du secteur, en tenant compte des défis spécifiques rencontrés par les entreprises de la BSTP en matière de sécurité électrique. Les contenus ont été soigneusement sélectionnés pour répondre aux préoccupations réelles et aux situations rencontrées sur le terrain.

En quoi est ce que les participants seront édifiés?

Ce séminaire de formation vise à fournir aux participants les connaissances, les compétences et les outils nécessaires pour prévenir efficacement les accidents électriques. En facilitant les échanges d’expériences et les meilleures pratiques entre les entreprises membres pour améliorer leurs stratégies préventives et réactives en matière de sécurité électrique. L’événement vise à renforcer les capacités des entreprises membres de la BSTP en matière de sécurité électrique. Cette initiative s’aligne étroitement avec les priorités nationales du Cameroun en matière de sécurité au travail et de développement durable.

Electricité : Eneo et l’Arsel mettent fin aux disparités tarifaires

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À compter du 1er novembre 2024, les clients d’Eneo verront une refonte majeure des tarifs d’électricité, qu’ils soient abonnés au service prépayé ou postpayé. L’Agence de régulation du secteur de l’Électricité (Arsel) a en effet annoncé une réforme visant à harmoniser les grilles tarifaires entre ces deux types de facturation, supprimant ainsi les écarts qui subsistaient depuis plusieurs années. «Cette initiative s’inscrit dans un effort de transparence et d’équité pour les clients de l’entreprise Eneo, concessionnaire de la distribution d’énergie électrique au Cameroun», souligne Eneo.

 Les systèmes prépayé et postpayé diffèrent par leur fonctionnement. Le prépayé, introduit pour offrir des tarifs attractifs aux utilisateurs, permet de consommer de l’électricité après achat de crédit, un peu comme pour une carte de téléphone. Il présente l’avantage d’une meilleure maîtrise de la consommation, car l’utilisateur achète une quantité définie de kWh en fonction de son budget.

En revanche, le système postpayé repose sur une facturation à terme échu : l’abonné paie sa facture après avoir consommé l’énergie au cours du mois. Depuis 2012, ces deux types de clients étaient soumis à des tarifs différents, l’Arsel ayant laissé une tarification préférentielle aux utilisateurs du prépayé pour en encourager l’adoption.

 DISPARITÉS ET CONSTAT DE L’ARSEL

En 2022, une étude de l’Arsel a révélé des disparités significatives entre les clients prépayés et postpayés, tant au niveau des tranches de consommation que du coût du kilowattheure (kWh). En pratique, les utilisateurs du prépayé bénéficiaient de tarifs plus avantageux sur certaines tranches de consommation, rendant ce mode de paiement plus populaire.

Ces conditions préférentielles ont permis l’essor de cette formule, au point qu’environ 34 % des installations d’Eneo, soit près de 800 000 compteurs, fonctionnent aujourd’hui en mode prépayé. Ce développement rapide a poussé le régulateur à repenser le modèle pour assurer une équité entre les clients, quel que soit leur type de facturation.

NORMALISATION TARIFAIRE

La réforme engagée vise ainsi à établir une grille tarifaire unique pour l’ensemble des clients, basée sur celle de 2012. Les nouvelles dispositions imposent à Eneo d’uniformiser les tarifs appliqués aux abonnés, éliminant les disparités de prix entre les consommateurs en prépayé et en postpayé.

Selon Arsel, cette initiative devrait permettre aux ménages d’accéder à des coûts d’électricité plus cohérents et adaptés à leur usage. Si la mesure vise l’équité, elle pourrait néanmoins entraîner des ajustements pour certains utilisateurs, notamment ceux dont la consommation dépasse les seuils de leur catégorie tarifaire actuelle.

DES TRANCHES DE CONSOMMATION MIEUX DÉFINIES

Pour concrétiser cette harmonisation, la réforme introduit de nouvelles tranches de consommation adaptées aux profils des usagers. Les clients résidentiels, par exemple, seront segmentés selon des paliers précis : de 0 à 110 kWh, de 111 à 200 kWh, et au-delà de 200 kWh par mois. Un utilisateur consommant entre 111 et 150 kWh, verra son tarif passer de 50 FCFA à 79 FCFA par kWh, soit une augmentation significative pour ceux qui sortent des tranches promotionnelles.

Cependant, une étude d’impact commandée par Eneo tempère cette perspective : 91,3 % des clients devraient voir une stabilité ou une baisse de leur facture, tandis que seuls 8,7 % pourraient observer une augmentation.

Les hausses concerneraient principalement les foyers bénéficiant auparavant de tarifs promotionnels qui les faisaient déroger à la grille standard. Accompagnement et suivi des abonnés Pour accompagner la transition, Arsel prévoit une catégorisation spécifique des abonnés. Les clients existants seront affectés à des groupes de consommation sur la base de leur historique d’usage, afin de mieux calibrer les tarifs appliqués. Les nouveaux abonnés, quant à eux, se verront attribuer une catégorie après une évaluation initiale de leur profil de consommation.

 Ces catégories seront réévaluées chaque mois pour mieux refléter l’évolution des habitudes de consommation, garantissant ainsi une tarification dynamique et plus ajustée aux besoins réels des ménages.

CONCERTATION AVEC LES ASSOCIATIONS DE CONSOMMATEURS

Soucieuse de faire comprendre les enjeux de cette réforme, l’Arsel a organisé une séance de concertation le 23 octobre dernier avec des représentants des associations de consommateurs. Cette rencontre avait pour objectif de discuter des modalités de mise en œuvre de la réforme et de répondre aux préoccupations des usagers quant aux changements tarifaires. Dès le 1er novembre 2024, Eneo, sous l’impulsion de l’Agence de régulation du secteur de l’Électricité (Arsel) va mettre en œuvre une réforme visant à harmoniser les tarifs d’électricité pour les clients prépayés et postpayés.

Bamenda : Une élue locale assassinée

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La nouvelle est tombée ce matin. Frida Joko n’est plus. L’e corps de la 2ème adjointe au maire de Bamenda II a été retrouvé en pleine rue au petit matin de ce lundi 28 octobre, jour de lock down, la ville morte en vigueur dans les régions de tradition anglo-saxonne du Cameroun.

Frida Joko avait été enlevée par des hommes armés qui se revendiquent de l’Etat virtuel d’Ambazonie. Sa faute, avoir participé à la projection du film documentaire sur Paul Biya. Le film produit par le Cabinet civil de la présidence de la République et réalisé par Cathy Meba, militante du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) et proche familière du président Paul Biya, est diffusé en public dans les capitales régionales. A l’occasion, (toutes) les pontes du régime et membres influents du Rdpc originaires de la région concernée sont conviés à l’exercice. Une tournée qui arrive en prélude à la campagne électorale en vue de l’élection présidentielle prévue en octobre 2025 au Cameroun et qui permet aux militants et sympathisants du parti au pouvoir de réitérer leur soutien à la candidature de Paul Biya à cette prochaine élection à la tête du pays.

Bamenda a reçu son tour ce samedi 26 octobre 2024. Visiblement les séparatistes l’ont considéré comme une provocation. Surtout quelques jours après le retour au pays d’un Paul Biya qui a passé 45 jours à l’extérieur du pays, sans nouvelles. Une longue absence qui a nourri une rumeur au sujet de sa maladie, voire sa mort. Les « Ambazoniens » ont même célébré le décès de celui qu’ils voient comme un ennemi à leur ambition d’indépendance.

DIALOGUE PUBLIC-PRIVÉ: Paul Biya veut insuffler une seconde vie au Cameroon Business Forum

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Dans la circulaire présidentielle du 23 octobre 2024 relative à la préparation du budget de l’État pour l’exercice 2025, le président de la République a émis une prescription notable : le «renforcement des capacités de cette institution majeure du dialogue public-privé », en référence au Cameroon Business Forum (CBF). Créé pour favoriser l’amélioration du climat des affaires et suspendu depuis 2020, le CBF semble ainsi en voie de renouveau, répondant à la volonté de l’exécutif d’offrir un espace de concertation renforcé entre le gouvernement et le secteur privé.

LA VOLONTÉ DE REFORMER

 Cette directive intervient un mois après qu’en août 2024, plusieurs parties prenantes ont pris part à un atelier destiné à faire le bilan du CBF et à en redéfinir les contours. Cet événement, coordonné par Moïse Ekedi, secrétaire permanent du CBF, a réuni divers représentants de l’administration publique et du secteur privé, notamment la primature, le Groupement des entreprises du Cameroun (Gécam), le Syndicat des industriels du Cameroun (Syndustricam), l’Association professionnelle des établissements de crédit du Cameroun (Appecam), ainsi que le Groupement des femmes d’affaires du Cameroun (GFAC).

Les échanges ont permis de souligner une série de dysfonctionnements au sein du CBF, tels que le manque d’une voix unifiée et forte du secteur privé, une feuille de route surchargée et des ressources limitées. Ces faiblesses ont souvent entravé la mise en œuvre effective de certaines réformes. Toutefois, Moïse Ekedi a rappelé que, malgré ces défis, le CBF avait contribué à la réalisation de 140 réformes entre 2010 et 2016 sur un total de 200 recommandations. Ces réformes ont notamment touché des domaines clés comme l’accès au financement, la création d’entreprises, la gouvernance économique et la fiscalité des sociétés

DES SUCCÈS MALGRÉ LES DIFFICULTÉS

 L’impact du CBF a également été analysé en 2021 par l’Institut national de la statistique (INS) dans une étude financée par l’Union européenne. Selon l’INS, entre 2009 et 2018, 83 réformes découlant des recommandations du CBF ont été adoptées par le gouvernement camerounais. Celles-ci couvrent onze axes prioritaires, incluant la promotion des investissements, le règlement des conflits commerciaux, et l’accès à l’énergie, au crédit, et à la propriété foncière. D’après cette étude, 80 % de ces réformes ont été pleinement exécutées.

La simplification des procédures de création d’entreprises et les progrès dans la promotion des investissements figurent parmi les succès les plus notables de cette période. Plusieurs autres propositions ont été formulées lors de l’atelier d’aout dernier, afin de rendre l’instance plus efficace.

En plus de la désignation d’un porte-parole unique pour le secteur privé, il a été suggéré d’introduire un financement public-privé en complément du soutien de la Banque mondiale. Ces pistes visent à consolider la dynamique des réformes dans un cadre plus efficient et mieux structuré. LES

NOUVELLES RECOMMANDATIONS DU PATRONAT

 En octobre 2024, le Gecam a également émis de nouvelles recommandations pour l’amélioration du climat des affaires. Dans une prise de position forte, son président, Célestin Tawamba, a dénoncé le système fiscal actuel comme « injuste et oppressif », évoquant des taux effectifs d’imposition de 60 à 80 %, qui pénalisent aussi bien les entreprises naissantes que celles en difficulté.

Le Gecam plaide pour une réduction des taxes parafiscales, notamment celles appliquées par les collectivités territoriales décentralisées, et suggère l’élargissement de la base fiscale dans la loi de finances 2025 pour alléger la pression sur les entreprises déjà fortement taxées.

 En matière d’infrastructures, le patronat a appelé à un investissement accru dans le secteur énergétique pour moderniser les infrastructures de transport d’électricité, essentielles à l’activité industrielle. Le gouvernement est également invité à réexaminer le partenariat public-privé pour la réhabilitation du réseau routier national, dont le mauvais état ralentit l’économie.

Enfin, le Gecam préconise une refonte de la législation sur les incitations à l’investissement. La loi de 2013, en vigueur, est jugée insuffisante face aux besoins actuels, particulièrement en ce qui concerne les incitations fiscales et douanières pour les nouvelles entreprises. Une analyse du Gécam indique qu’un montant de 198 milliards FCFA d’incitations n’a produit que 41 milliards FCFA de valeur ajoutée, soit seulement 0,00018 % du PIB, illustrant le besoin d’une révision en profondeur de cette loi

Industrie: des usines pharmaceutiques annoncées au Cameroun

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L’annonce a été faite à l’occasion de la troisième assemblée générale de l’Association des distributeurs des produits Pharmaceutiques en Afrique, tenue à Douala. 

 Rendre les médicaments disponibles et accessibles à tous. C’est le principal défi de l’Association des distributeurs des Produits pharmaceutiques en Afrique. Cette organisation qui compte plus de 10 pays dont le Cameroun  envisage s’appuyer sur les nouvelles technologies pour assurer la distribution des produits pharmaceutiques.  Mais, au niveau du Cameroun,  les acteurs soulignent la nécessité de renforcer l’industrie pharmaceutique afin qu’il y ait de prime abord une quantité suffisante de médicaments sur le territoire. 

Le président du conseil National de l’Ordre des Pharmaciens du Cameroun  a indiqué que des démarches sont en cours avec l’appui du gouvernement pour installer des usines dans le pays.  « Nous sommes en train de travailler avec le gouvernement afin de pouvoir implanter les industries pharmaceutiques au Cameroun. C’est ce volet-là qui va nous permettre d’avoir réellement une disponibilité assez soutenue des produits sur le marché »,  fait savoir Franck Nana.

En plus de favoriser la disponibilité des médicaments, l’implantation de ces usines va aussi contribuer à lutter contre les médicaments contrefaits.  Pour l’ordre des pharmaciens, la consommation des faux médicaments est  d’ailleurs  à l’origine du taux  élevé de dialyse constaté ces dernières années. Les industries locales de médicaments viendront également réduire le risque de rupture en approvisionnement tel que cela a été vécu pendant la récente pandémie. « Voyez-vous, pendant la Covid-19, chaque pays qui produisait les médicaments, bloquait sa production. Cette pandémie est venue nous démontrer qu’il faut accélérer le processus de disponibilité des produits pharmaceutiques. En tant que pharmaciens, nous avons décidé de nous impliquer, et travailler main dans la main avec les autorités, afin que les industries pharmaceutiques soient une réalité. D’ici un à deux ans, nous aurons déjà, en plus des 7 industries qui sont sur pied, 3 ou 4 industries supplémentaires », explique Franck Nana.

Au Cameroun,  la distribution des médicaments et produits parapharmaceutiques pour les pharmacies et les établissements agrées au Cameroun est assurée par Laborex Cameroun.  Cet acteur est également présent dans la sous-région, notamment au  Tchad et  en République centrafricaine. En activité depuis plus de 65 ans, l’entreprise revendique à date, une capacité de stockage annuelle estimée à 5 milliards de cartons de médicaments.

Réaction

Franck Nana, président du Conseil National de l’Ordre des Pharmaciens du Cameroun

« Nous projetons  d’atteindre au moins 15% d’autonomie dans les 5 prochaines années »

« Aujourd’hui, l’industrie pharmaceutique au Cameroun ne rapporte pas plus de 6%. Ce qui est un véritable frein. Et nous pensons dans nos stratégies avec les autorités compétentes, pouvoir nous projeter dans les 5 prochaines années, à atteindre au moins 15% d’autonomie. Pour cela, nous avons une série d’activités que nous allons mener. Nous prévoyons d’organiser une grosse activité en juin 2025 pour la production des médicaments à base des plantes, et les médicaments conventionnels. Nous sommes dans la réflexion depuis deux ans, pour réellement impulser cette dynamique et pouvoir faire de la production pharmaceutique au Cameroun, une réalité.  La journée d’aujourd’hui saura démontrer la place du distributeur dans la chaîne d’approvisionnement. Aussi bien dans les grandes agglomérations que dans les zones rurales. Ce sera ça le défi. Utiliser les nouvelles technologies pour pouvoir distribuer les produits. Parce que les Camerounais doivent être servis en équité, peu importe la zone où ils se trouvent. »

Laure Kenmogne à la tête  de l’Ordre National des Conseils Fiscaux

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L’administratrice du Gecam devient ainsi la  première femme à occuper cette fonction dans cette organisation professionnelle.

  Pour la première fois, l’Ordre National des Conseils Fiscaux du Cameroun (ONCFC) est dirigé par une femme. Laure Kenmogne  est entrée dans l’histoire le 24 octobre 2024, lorsqu’elle a été élue à la tête de cette organisation professionnelle. Avec ses colistiers, elle s’en est sortie   avec 113 voix contre  81  pour la liste du professeur Pierre Alaka Alaka, un fiscaliste de grande renommée.  

« Le prof Alaka et sa liste qui n’ont pas démérité ont démocratiquement reconnu leur défaite. Nous saluons ce bel exercice de démocratie associative au sein de cette corporation élitiste et si importante pour l’économie de notre pays », a commenté Mireille Fomekong, présidente de la commission PME et développement du secteur privé au Gecam. Elle salue ainsi la victoire de Laure Kenmogne, membre du conseil d’administration du patronat camerounais.

La nouvelle présidente de l’ONCFC totalise plusieurs années d’expérience reconnue dans la fiscalité. Laure Kenmogne a travaillé dans des cabinets  en droit des affaires et fiscalité de renommée à l’instar d’Ernst et Young  et  Juritax dont elle est actuellement associée. « Je suis honorée d’avoir modestement pris part à cette campagne, qui consacre un fait historique: l’élection de la première femme à la tête de l’une de nos corporations des plus élitistes. Notre pays qui malheureusement depuis plusieurs années flirte avec le déclin, doit s’honorer d’avoir des femmes intellectuelles et chefs d’entreprises de haut vol comme Laure. Après de brillantes études en France, Laure a entrepris une carrière dans les big five », ajoute Mireille Fomekong.

Laure Kenmogne s’est engagée entre autres à assurer restructuration profonde de l’ONCFC,  de lutter contre l’exercice illégal de la profession de conseil fiscal, d’améliorer les revenus des conseils fiscaux, de mettre en place des commissions chargées d’accompagner le bureau de l’ONCFC dans ses projets, de  tenir des états généraux de la profession afin de discuter de tous les sujets clivant.

Ressources minières : La Sonamines rétrocède 420 kg d’or au trésor public  

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Avec plus de 420 kg d’or rétrocédés au Trésor public, la Société nationale des Mines du Cameroun (Sonamines) vient de renforcer les réserves nationales. Soit 224 lingots de ce précieux minerai. C’est en effet, une nouvelle étape significative dans la collecte de l’Impôt Synthétique Minier Libératoire (ISML) et des droits de sortie douaniers sur la production minière au Cameroun. Mise en service en 2021. L’impôt tire son fondement de l’article 28 de la loi du 14 décembre 2016 portant Code minier qui précise que « l’État prélève un impôt synthétique minier libératoire de 25% de la production brute de chaque site dans le cadre de l’exploitation artisanale semimécanisée des substances précieuses et semi-précieuses ».

Dans le communiqué rendu public, Serges Hervé Boyogueno directeur général de la Sonamine précise que : ce transfert « couvre la période de janvier 2023 à juillet 2024 ». Ce qui porte la quantité totale d’or versée à l’État depuis 2021 à 638 kg, valorisée à environ 27 milliards de FCFA au cours actuel. Depuis le début des collectes en juillet 2021, Sonamines s’est distinguée par ses performances dans le secteur minier, devenant un acteur clé pour les réserves stratégiques d’or du Cameroun. Cette mission, exercée avec des ressources propres et une équipe motivée, est renforcée par la nouvelle loi sur le Code minier promulguée en décembre 2023.

C’est ainsi que la Sonamines devient le Comptoir Unique de commercialisation de l’or, consolidant son rôle de garant des intérêts nationaux. D’ailleurs, elle intensifie ses efforts sur le terrain pour accroître l’impact du secteur minier sur le PIB, notamment à travers le contrôle et le suivi des activités de production, de commercialisation et de transformation des substances précieuses issues de l’exploitation artisanale. A l’occasion d’un atelier d’appropriation de la vision, des valeurs, du plan stratégique de développement de la Sonamines à l’horizon 2030, en juillet dernier Serges Hervé Boyogueno avait invité son personnel à s’approprier ces instruments de pilotage de la Société Nationale des Mines, notamment une Vision : celle d’ être « acteur majeur et catalyseur du développement minier au Cameroun » ; encadrée par des Valeurs (professionnalisme, travail d’équipe, intégrité, sécurité, respect, responsabilité, viabilité, discipline), qui constituent des balises pour les atteintes de cet objectif. « Je vous invite donc chacun en ce qui le concerne, chacun à son niveau de responsabilité, à méditer au quotidien cette vision et à œuvrer autant que possible à sa réalisation », avait martelé le directeur général.

 La Sonamines, créée en 2020, a pour ambition de transformer un secteur minier camerounais à fort potentiel mais sous-exploité. En effet, bien que le pays dispose de nombreuses ressources minières, leur exploitation reste limitée, pesant peu sur l’économie nationale. Parce que l’or camerounais profite plus aux sociétés qui le produisent qu’à l’État et aux populations. « La faiblesse du contrôle de l’État sur la production et le transit privent le Trésor public et les communes de ressources financières importantes. Les volumes d’or déclarés comme étant produits au Cameroun sont finalement anormalement bas, tout comme les impôts perçus au Cameroun », justifie la Sonamine dans un rapport publié en 2022. Elle a donc pour mission de remédier à cette situation et de faire du secteur minier un moteur de croissance.

Nyong et Mfoumou : O9 écoles publiques fermées faute d’enseignants et directeurs

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Dans un courrier adressé au gouverneur de la région du Centre début octobre et qui vient de fuiter sur les réseaux sociaux, le préfet du Nyong et Mfoumou rend compte de la « fermeture forcée » d’une dizaine d’établissements scolaires du primaire et de la maternelle. Ce n’est pas François Etapa qui a fermé ces écoles dans son territoire de commandement. C’est « faute de directeurs et d’enseignants» que ces écoles qui sont au nombre de neuf « sont carrément fermées ; et par conséquent non fonctionnelles depuis la rentrée scolaire 224-2025», explique le préfet. Il s’agit des écoles maternelles publiques de Nyabewa dans l’arrondissement d’Ayos, de Mvan-Mvognyengue et d’Athe dans l’arrondissement d’Akonolinga ; et des écoles primaires publiques de Kougou, Poum-Poum, Mekong, Mengueme-Yemekong, Pkwelle, Kamba et Athe.

François Etapa est très remonté contre le ministère de l’Education de base (Minedub) : « il y a lieu de relever que les propositions de nomination de directeurs de ces écoles adressées au délégué régional de l’Education de base du Centre par le délégué départemental du Nyong et Mfoumou, respectivement les 22 juin et 10 septembre sont restées lettre morte », regrette François Etapa. « La conséquence de cet état de chose est la déperdition scolaire des élèves ou encore la migration de certains élèves téméraires qui sont obligés de quitter leurs écoles d’origine pour aller chercher fortune ailleurs», poursuit le préfet. Relevant pour le regretter « le cas pathétique » de certains enfants jadis inscrits à l’école publique de Pkwelle, « mais qui ont été obligés de s’inscrire à l’école publique de Ndamba, dans la ville d’Akonolinga où ils louent une petite chambre, sous l’encadrement de leur sœur aînée,… ».

Le courrier du préfet

Cela survient alors que le processus de recrutement d’enseignants vacataires se poursuit depuis quelques années. Après un gel des recrutements sur plusieurs années, l’Etat a fini par revenir à de meilleurs sentiments, suite à de nombreuses manifestations bruyantes des instituteurs formés et abandonnés à la merci des opérateurs privés, pour des traitements très souvent esclavagistes. Sauf que la lutte pour une place dans ces différents recrutements est âpre et beaucoup de frustrations sont enregistrées. Et l’arrière-pays est toujours en proie à un déficit d’enseignants car nombre de personnes recrutées se retrouvent dans les grandes villes.

Et justement le préfet du Nyong et Mfoumou fait observer que « pendant ce temps, des enseignants sont affectés à l’inspection d’arrondissement de l’Education de base d’Akonolinga au détriment des écoles publiques». Citant précisément le cas de l’unique enseignante jadis en service à l’école maternelle de Mvan-Mvognyengue, « curieusement affectée à ladite inspection, en qualité d’agent de bureau sur proposition du délégué régional, alors qu’elle ne présente aucun signe de maladie pouvant motiver son affectation dans un bureau ». Ce qui a eu pour conséquence la fermeture de l’école que dirigeait ladite enseignante. Et d’enfoncer en constatant « qu’au groupe scolaire d’Ayos par exemple, plusieurs salles de classe sont tenues par deux (02) enseignants. Ce qui parait paradoxal au regard de la situation sus-évoquée ». Le préfet recommande des « mesures correctives », avec la nomination de directeurs dans ces écoles.

Affaire Longue Longue : La commission nationale des droits de l’homme s’en mêle

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Dans une correspondance adressée au ministre délégué à la présidence chargé de la Défense (Mindef), le président de la commission nationale des droits de l’homme (Cdhc) du Cameroun demande de « communiquer rapidement » sur la torture de Longkana Agno Simon alias Longue Longue. De façon précise, James Mouangue Kobila demande de « préciser les mesures prises pour identifier et sanctionner les coupables, ainsi que pour indemniser la victime».

Le président de la Cdhc soupçonne les auteurs de la divulgation de cette vidéo d’avoir un agenda caché dans leur manœuvre. « Ses instigateurs sont certainement informés du passage de l’Etat du Cameroun devant le comité contre la torture les 13 et 14 novembre prochain», écrit Mouangue Kobila.

Cela survient lorsque le Mindef a déjà annoncé une enquête sur cette affaire, et surtout que « toute la lumière sera faite sur cette regrettable affaire ». Et « les responsabilités seront établies et les conséquences tirées en fonction des résultats de l’enquête, conformément aux lois et règlements en vigueur». Seulement, plusieurs enquêtes ouvertes sur des situations de violations des droits de l’homme n’ont jamais abouti. Mais cette fois-ci, l’Etat du Cameroun est dos au mur. Depuis la sortie de la vidéo des tortures infligées à Longue Longue, des voix se libèrent tous les jours pour dénoncer des actes similaires subis du fait de services spécialisés de l’Etat. Le Cameroun est attendu devant le Comité contre la torture mi-novembre. Et des plaintes sont annoncées contre l’Etat et certains de ses fonctionnaires en ténue.

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