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Financements structurés : un séminaire pour dynamiser les projets d’infrastructures au Cameroun

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Selon le communiqué de presse, cet événement offrira aux participants et aux experts de haut niveau l’occasion de maîtriser plus en profondeur les instruments financiers complexes utilisés pour financer des projets à grande échelle ou des acquisitions importantes. Les discussions porteront également sur l’utilisation d’actifs comme garanties et sur la notation financière.

Le séminaire vise à outiller les administrations publiques et privées camerounaises pour mieux faire face au manque de ressources financières internes et à l’accès limité aux marchés financiers traditionnels. Il leur permettra aussi de diversifier les sources de financement et d’obtenir des ressources financières à long terme pour les projets d’infrastructures et de développement. Sous le thème : « Maîtriser les financements structurés pour le développement des infrastructures dans les pays de la Cemac : cas du Cameroun », le séminaire sera animé par des intervenants internationalement reconnus. Parmi eux, Hubert Otele Essomba, expert financier et directeur associé du Cabinet G&M Finance ; Catherine Gerst, experte en stratégie financière et professeur à l’Institut de Haute Finance de Paris et d’Abidjan ; Samuel KOTTO Ndoumbe, administrateur indépendant de banque et ancien directeur général de la Banque Atlantique ; et Patrick Provenzano, expert en stratégie, transformation et efficience des organisations, ainsi que professeur associé et coordonnateur du pôle « Gouvernance et Stratégie » de l’Université Catholique d’Afrique Centrale.

Affaire MRC-Elecam : La Cour d’appel se déclare « incompétente »

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Le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) n’est pas au bout de ses peines. Le parti de Maurice Kamto vient encore de mordre la poussière devant la justice. Cette fois-ci, c’est la Cour d’appel du Centre qui s’est déclarée « incompétente » à pouvoir contraindre Elecam de publier le fichier électoral national tel que l’exige le parti d’opposition. Après le tribunal de Première instance de Yaoundé, centre administratif, saisi par le MRC, et qui s’est déclaré incompétent » à pouvoir statuer sur la cause.

Le parti de Maurice Kamto qui est engagé dans un contentieux préélectoral avant même le kick-off du processus électoral, dénonce une fuite en avant de la justice à tous les niveaux. « De ce rejet simultané de compétences, du Conseil constitutionnel à la Cour d’appel qui refuse de retenir sa compétence, ça veut dire qu’il faut encore saisir le régulateur suprême du processus électoral, pour qu’il détermine complètement ou clarifie la position, sinon les citoyens qui ont des droits dans cette les électorale, ne sauront pas à qui se vouer, parlant du Conseil constitutionnel», a déjà envisagé Me Hyppolite Méli, conseil du MRC.

Mais ce n’est que partie remise pour le MRC qui est engagé dans une bataille juridique et judiciaire avec les acteurs étatiques engagés dans le processus électoral. On sait qu’avant le front du fichier électoral qu’Elecam n’a publié que dans ses antennes régionales, le MRC avait déjà attaqué en vain les postures d’Emmanuel Bondé (finalement décédé avant le procès) et Minkoa She, membres du Conseil constitutionnel, pour des « incompatibilités ». Avec le fichier électoral, le parti d’opposition a pu obtenir la réintégration des électeurs retirés du fichier par Elecam, pour des erreurs techniques de l’opérateur électoral, au sujet de leurs éléments biométriques enregistrés par Elecam. 

25 milliards de FCFA pour lutter contre la pauvreté dans le Bassin du Lac Tchad

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Le projet Resilac 2 a été officiellement lancé le 13 février 2025 à l’hôtel Mont Fébé de Yaoundé par le Ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire (Minepat), Alamine Ousmane Mey. Cette cérémonie qui a connu la présence de plusieurs membres du gouvernement, de partenaires techniques et financiers ainsi que de représentants d’ONG telles que Action contre la Faim, a aussi été marquée par la tenue de la première réunion du Comité de pilotage national du projet.

Dans son discours d’ouverture, le Minepat a souligné que Resilac 2 poursuivra l’accompagnement des communautés affectées à travers une approche inclusive et participative. « Ce projet s’inscrit dans la vision du Chef de l’État, Son Excellence Paul Biya, en matière de développement économique et social », a-t-il affirmé, appelant les parties prenantes à une implication sans faille pour garantir le succès de cette nouvelle phase.

Le projet vise notamment l’amélioration des conditions socio-économiques des femmes et des jeunes, grâce à une meilleure gestion des ressources naturelles, au développement de l’entrepreneuriat et au soutien aux initiatives locales. L’accent sera mis sur le renforcement des capacités des autorités locales et des organisations communautaires pour favoriser la cohésion sociale et une gestion durable des ressources naturelles autour du Lac Tchad.

Déployé sur la période 2024- 2028, le programme Resilac 2 s’articule autour de trois axes majeurs visant à renforcer la résilience des populations vulnérables. Il ambitionne d’améliorer l’accès aux services de base et aux moyens de subsistance en ciblant les populations déplacées, réfugiées, rapatriées et les communautés hôtes. Cette approche s’accompagne d’un travail sur l’inclusion sociale et économique afin de favoriser une meilleure intégration des bénéficiaires. Parallèlement, le programme mise sur le renforcement des capacités des autorités et des organisations locales, dans une optique de cohésion sociale et de gestion durable des ressources naturelles à l’échelle locale, régionale et nationale.

Enfin, il entend soutenir la relance économique et dynamiser les échanges transfrontaliers, en facilitant l’accès à l’emploi et en diversifiant les systèmes de production agro-sylvopastoraux et halieutiques, tout en intégrant les défis liés au changement climatique. Avec un budget de 25,2 milliards de FCFA (soit 38,47 millions d’euros), financé à hauteur de 5,2 milliards de FCFA par l’Agence Française de Développement (AFD) et 20 milliards de FCFA par l’Union Européenne, le projet sera mis en œuvre au Cameroun, au Nigeria et au Tchad.

Au Cameroun, il concernera principalement les communes de Dargala, Mindif, Mora, Koza et Tokombéré, dans l’Extrême-Nord.

UN PREMIER VOLET PORTEUR D’IMPACTS

Cette seconde phase prolonge une première initiative lancée en 2018 et mise en œuvre jusqu’en 2022 grâce à un financement de 23,6 milliards de FCFA (36,1 millions d’euros) octroyé par l’Union européenne et l’Agence française de développement. Le programme a ainsi bénéficié à 159 000 personnes réparties entre le Cameroun, le Niger, le Nigeria et le Tchad. Dans la région de l’Extrême-Nord du Cameroun, les interventions ont touché 44 800 bénéficiaires issus des communes de Mindif, Dargala, Koza et Mora, avec des actions concrètes visant à renforcer l’autonomie des populations.

L’accent a notamment été mis sur l’insertion économique des jeunes, avec plus d’un millier d’entre eux mobilisés dans des travaux d’intérêt communautaire et soutenus dans le lancement d’activités génératrices de revenus dans des secteurs variés, allant de l’agriculture à la pisciculture en passant par l’élevage, le petit commerce et la couture.

Par ailleurs, le développement de l’épargne solidaire a permis la constitution d’un réseau de plusieurs milliers de membres, majoritairement des femmes, réunis au sein d’associations villageoises d’épargne et de crédit. Ces structures ont mobilisé près de 150 millions de FCFA et permis de financer des microprojets collectifs.

 Le programme a également encouragé la diffusion de techniques agricoles durables à travers des formations adaptées, afin de rendre les exploitations plus résilientes face aux aléas climatiques. En parallèle, des initiatives ont été déployées pour renforcer la cohésion sociale et apaiser les tensions liées à la gestion des ressources naturelles. L’accompagnement des populations fragilisées a également été pris en compte, avec une prise en charge spécifique en santé mentale et en soutien psychosocial, répondant aux besoins des personnes affectées par les conflits et la précarité.

Par ailleurs, Resilac 1 a contribué à structurer les organisations à base communautaire (OBC) impliquées dans la gestion des ressources naturelles. Pas moins de 21 conventions locales ont été signées pour encadrer leur utilisation et prévenir les conflits

La SNH va financer davantage de dépenses d’urgence de l’Etat en 2025

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Les interventions directes de la Société Nationale des Hydrocarbures (SNH), inscrites dans les dépenses de l’État, constituent un mécanisme de financement d’urgence destiné à couvrir des besoins exceptionnels, notamment en matière de souveraineté et de sécurité. Ces dépenses, dont seule la présidence de la République et le top management de la SNH connaissent généralement l’ampleur exacte, vont encore s’intensifier en 2025. Cette orientation est clairement annoncée dans le Rapport sur la situation et les perspectives économiques, sociales et financières du Cameroun, document annexé à la loi de finances 2025.

« Les achats de biens et services augmentent de 105,8 milliards en valeur absolue et 11,5% en valeur relative. Cette augmentation prend essentiellement en compte l’organisation des élections en 2025, les loyers des contrats PPP, les charges récurrentes des nouveaux équipements, ainsi que le renforcement de certaines dotations notamment les interventions directes SNH dédiées à la sécurité, des études et maîtrises d’œuvre », peut-on lire dans ce document.

UNE RÉFORME BOUDÉE PAR LE GOUVERNEMENT

Cette politique budgétaire, bien que soutenue par les autorités, suscite de vives critiques de la part du Fonds monétaire international. L’institution de Bretton Woods accompagne pourtant le Cameroun dans un ambitieux programme économique et financier, dans le cadre duquel le pays a déjà bénéficié de 408,9 milliards de FCFA de prêts au 3 juillet 2024. Le décaissement de ces fonds est conditionné par le respect des engagements pris par le pays, notamment en matière de réformes structurelles et de gestion économique rigoureuse.

Or, le Cameroun peine à respecter certaines exigences fixées par le FMI, notamment celles concernant les interventions directes de la SNH et les dépenses exécutées via des procédures exceptionnelles. Depuis 2021, le Cameroun n’a pas pu respecter trois des cinq cibles indicatives fixées par le FMI, notamment les plafonds sur l’accumulation nette d’arriérés de paiements intérieurs, les interventions directes de la SNH et la part des dépenses exécutées via des procédures exceptionnelles.

Par exemple, en 2021, les interventions directes de la SNH avaient déjà atteint 138 milliards de FCFA à fin juin, dépassant largement le plafond initial de 100 milliards. En 2022, malgré des limites fixées à 40 milliards à fin mars et 80 milliards à fin juin, les interventions avaient atteint 91,9 milliards à mi-année. Le gouvernement camerounais explique ces dépassements par la persistance des défis sécuritaires et les subventions aux prix des carburants, qui ont nécessité des dépenses urgentes.

Pour répondre aux critiques du FMI, les autorités se sont engagées à améliorer le suivi des dépenses liées aux interventions directes de la SNH et à réduire l’utilisation des procédures exceptionnelles. Un comité, composé de représentants de la SNH et du ministère des Finances, a été mis en place pour assurer une meilleure transparence et fournir des rapports trimestriels détaillés au FMI.

 Malgré ces efforts, le FMI a constaté, lors de la revue suivante, que les plafonds des avances de trésorerie et des interventions directes de la SNH avaient été dépassés, principalement en raison de problèmes de liquidité dans le secteur de l’électricité et de dépenses d’urgence liées à la sécurité intérieure. « Le plafond des avances de trésorerie sans crédit budgétaire a été dépassé principalement en raison de problèmes de liquidité dans le secteur de l’électricité et de dépenses d’urgence liées à la sécurité intérieure. La part des dépenses dans le cadre de procédures exceptionnelles a aussi dépassé l’objectif à la suite d’un montant élevé d’avances de trésorerie et d’interventions directes de la SNH », indiquait l’institution de Bretton Woods.

LA TENDANCE SE POURSUIT

Cette tendance s’est poursuivie en 2024, comme l’a souligné le FMI dans un rapport publié en novembre 2024, indiquant que plusieurs objectifs indicatifs n’avaient pas été atteints, notamment ceux concernant les interventions directes de la SNH et les dépenses exécutées via des procédures exceptionnelles.

« Les dépenses exécutées par procédures dérogatoires y compris par des avances de trésorerie, et les interventions directes de SNH, sont en dépassement des montants conformes avec les objectifs du programme et les engagements des autorités. Les autorités notent que certaines de ces dépenses sont de nature urgent et ne sont pas incluses dans la loi de finances adoptée, et créent un effet d’éviction sur d’autres dépenses importantes, en particulier, les dépenses d’investissement public. », a souligné l’institution financière qui a de nouveau rappelé au gouvernement l’urgence de rompre avec cette politique budgétaire.

Pour mémoire, entre 2020 et 2021, la SNH a dépensé 419 milliards de FCFA pour des interventions directes, un montant qui pourrait encore augmenter en 2025. Le gouvernement va réactiver ce mécanisme de financement d’urgence destiné à couvrir des besoins exceptionnels, notamment en matière de souveraineté et de sécurité. C’est ce que révèle le dernier Rapport sur la situation et les perspectives économiques, sociales et financières, publié par le ministère des Finances

La BEAC prévoit d’investir 43,8 milliards de FCFA pour porter l’inclusion financière à 75%

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Face aux défis persistants d’accès aux services financiers en Afrique centrale, la Banque des Etats de l’Afrique Centrale (BEAC) a dévoilé sa Stratégie Régionale d’Inclusion Financière (SRIF) 2025-2029. La vision commune retenue pour la SRIF 2025- 2029 est de « permettre l’accès et l’utilisation d’une gamme de produits et services financiers adaptés, variés et abordables aux populations vulnérables (ou exclues financièrement), notamment pour les jeunes, femmes, populations rurales et MPME (Micros, Petites et Moyennes Entreprises) de la zone CEMAC » avec l’objectif global d’« accroître l’inclusion financière de 32 % en 2021 à 60% d’ici à 2029 et 75 % à l’horizon 2032 ».

La SRIF 2025-2029 met l’accent sur quatre segments de population particulièrement exclus : les femmes, les jeunes, les micros, petites et moyennes entreprises (MPME) et les populations rurales. Elle inclut également d’autres groupes vulnérables, tels que les réfugiés, les migrants transfrontaliers et les déplacés internes, via des stratégies nationales adaptées. Elle vise à transformer le paysage financier en se fondant sur six axes stratégiques principaux : l’éducation et la protection des consommateurs des services financiers, la promotion de l’innovation et des services financiers numériques (SFN), la mise en place d’un cadre réglementaire propice, un accès facilité à des services financiers et non financiers adaptés, la disponibilité de données fiables sur l’inclusion financière, et le renforcement des capacités des acteurs du secteur financier. La banque centrale observe que l’inclusion financière est globalement en augmentation. « Le taux de bancarisation strict est de 12 % pour la zone CEMAC en 2021, allant de 5 % pour le Tchad à 27 % pour la Guinée Equatoriale. Pour ce qui est du taux de bancarisation élargi, il est de 22 % en 2021. Le taux d’accès aux comptes de paiement (ou mobile money), mesuré par le rapport entre le nombre d’adultes de plus de 15 ans ayant un ou plusieurs comptes de paiement (ou mobile money) et la population adulte (plus de 15 ans) est de 52 % en 2021 contre 39 % en 2018 (et contre 22 % pour les comptes au sein d’établissements de crédit ou de microfinance en 2021). Il reflète l’intérêt élevé et grandissant des populations pour le mobile money », rapporte la banque.

 Le plan d’actions détaillé, qui s’étale sur 68 initiatives et 24 objectifs spécifiques, nécessitera un investissement de 43,8 milliards FCFA. Sa mise en œuvre impliquera les États membres et divers acteurs du secteur financier, sous la supervision d’un dispositif de gouvernance renforcé. Des Comités Nationaux de Suivi de Mise en Œuvre (CNSMO) et des Groupes de Travail Thématiques (GTT) seront établis dans chaque pays pour assurer une coordination efficace entre les stratégies nationales et la stratégie régionale.

CNI : Enfin la délivrance pour les Camerounais

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Après plusieurs rendez-vous manqués, le Délégué général à la sûreté nationale (Dgsn) a tenu cette fois-ci. Martin Mbarga Nguele a tenu à lancer personnellement la production des nouvelles Cartes nationales d’identité (CNI) hier matin à Yaoundé. Si le centre de production de cette pièce précieuse devenue très rare n’est pas encore achevé de construction, Martin Mbarga Nguele a tenu à respecter le dernier rendez-vous qu’il a donné aux Camerounais. Ce 17 février 2025.

La plateforme numérique devant servir de cadre au pré-enrôlement est déjà opérationnelle. Le mode opératoire est livré sur les réseaux sociaux depuis les premières heures de la journée. Et les nécessiteux s’y sont lancés déjà. Sur le site du Centre de production des passeports qui abrite provisoirement les services de production de la CNI, quelques candidats à l’établissement de la précieuse pièce identitaire sont venus aux nouvelles, et des informations leur sont servies.

Le prospectus de la Dgsn

Lors de la cérémonie de présentation des vœux à la Dgsn en janvier dernier, Martin Mbarga Nguele avait réitéré que la fin des souffrances des Camerounais est proche. Indiquant d’ailleurs la date du 17 février comme démarrage effectif des procédures. Cette fois-ci a été la bonne. Depuis plusieurs années, les Camerounais vivent une crise de production de pièces identitaires. Le changement d’opérateur de production n’y a rien changé. Le Français Thalès est parti, l’Allemand Augentic est arrivé, la crise a persisté. Sans explications claires sur l’incapacité de l’Etat à produire la CNI, la Dgsn a fini par faire du récépissé de ladite pièce la CNI elle-même, autorisant les banques à accepter les opérations financières avec ce document provisoire, devenu définitif. Entre pénurie de « papier » et profusion de fausses identités, les responsables étatiques ont laissé les citoyens dans le flou. Jusqu’à ce 17 février 2025. Au moment où le pré-enrôlement est lancé pour les nouveaux demandeurs et les personnes disposant de la double identité et qui ont fait leur mea culpa à travers le circuit proposé par la Dgsn, les anciens demandeurs non concernés par les problèmes de double identité, peuvent déjà obtenir leurs CNI, a déclaré le patron de la police.

A titre de rappel, le pré-enrôlement numérique permet aux demandeurs de remplir un formulaire en ligne, de fournir les informations nécessaires (nom, date de naissance, lieu de résidence, etc.), puis de payer les frais requis, soit 10 000F, par voie électronique aussi, pour plus de sécurité. La suite sera un rendez-vous donné au centre local de prise de données biométriques et physiques. Cette phase est prévue dès le 24 février 2025. Pour le reste, il faudra attendre juste deux jours maximum, pour obtenir sa CNI.

Titres publics: à quoi serviront les fonds mobilisés

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 Les travaux d’infrastructures routières,  l’énergie, le transport sont parmi les principaux secteurs auxquels les ressources sont affectées.  

C’est depuis 2009 que le gouvernement camerounais procède à la levée regulière des ressources sur le marché des capitaux pour financer des projets d’investissements publics.  Au départ pour mettre en œuvre la  stratégie de la croissance et l’emploi, et depuis 2020, la snd30. Cette année, c’est un montant de 380 milliards de FCFA  qui est recherché pour poursuivre les projets structurants engagés ces dernières années.  Les besoins de financement sont importants, explique Paul Tassong ministre délégué auprès du ministre de l’Economie.

400 milliards  de FCFA  pour l’aménagement hydroélectrique de Nachtigal

 L’un des projets structurants phares en énergie est l’aménagement hydroélectrique de Nachtigal. La centrale hydroélectrique d’une capacité de 420 mégawatts est en cours de finalisation. La ligne de transport de cette énergie vers la ville de Yaoundé, longue de 65km est également en cours. Pour finaliser ce projet, le gouvernement estime le besoin autour de 400 milliards de FCFA.  Dans le même secteur, il faut aussi des ressources pour finaliser le barrage de Lom Pangar d’une capacité de retenue d’eau de 6 milliards de m3. Déjà fonctionnel,  ce barrage doit être accompagné d’une usine de pied d’une capacité de production de 30 mégawatts. Ce  volet est en cours de réalisation et les travaux sont estimés à 65% selon Paul Tassong. La ligne d’évacuation longue de 305 km,  est aussi en chantier avec un taux de réalisation estimé à 70%.  Mais il faut encore 20 milliards de FCFA pour finaliser ces travaux.

 130 milliards FCFA pour le complexe industrialo portuaire de kribi

Les besoins urgents en financement pour l’aménagement ducomplexe industrialo portuaire de kribisont estimés à 130 milliards FCFA. Ces fonds devraient servir à financer en urgence, l’alimentation de l’électricité, la zone logistique et la connectivité routière du port, notamment  la réhabilitation de la route Edea-kribi, l’achèvement de la route Yaoundé-kribi et la construction de la route Ebolowa-kribi ainsi que la route intégrateur kribi-campo.  Il faut dire que la Phase 1 de ce projet a déjà été réalisé. Elle consistait  à la construction d’un terminal à conteneurs de 350 mètre de quai, un terminal oligopoles de 265 m et une digue de protection de 1355m. La phase 2 en cours actuellement affiche un taux de  réalisation de 50% selon le Minepat.   Il est question dans cette deuxième phase, du prolongement de la digue de protection de 675m, l’extension du terminal à conteneurs de 700m et la réalisation d’une zone d’entreposage de 3 hectares.

  Par ailleurs, le Minepat a signé une convention avec le Port Autonome de Kribi, pour un montant de 100 milliards devant couvrir une période de 5 ans. Cette convention prévoit pour l’année 2025 la mise à disposition d’un montant de 25 milliards au Port de Kribi afin  de financer le développement du quai pétrolier, avec en lice  deux sociétés qui souhaitent occuper cet espace. La SCDP et le projet de fabrication ou de raffinage du bitume au Cameroun porté par des investisseurs camerounais.

15 milliards pour la pénétrante Est de Douala

La deuxième phase de la  réhabilitation de la pénétrante Est de Douala d’un linéaire de 9 KM est citée parmi les priorités du gouvernement. D’un coût total d’environ 90 milliards de FCFA, cette phase consiste à l’aménagement des voies alternatives, le déplacement des réseaux d’eau, d’électricité et de téléphone, l’élargissement de 2×1 voies à 3×2 voies de 3,50m, la construction de quatre giratoires, la construction des ouvrages d’art et d’assainissement dont un échangeur type Pipo au Carrefour Yassa et un échangeur de Type Spda à l’entrée du stade de Japoma.  Les travaux prévoient également  la mise en place des réseaux d’alimentation en eau, électricité et télécommunications, de même que l’aménagement  de 3 voies en pavés autobloquants. A date,  le projet est achevé à 83%  selon le gouvernement qui affiche un besoin de financement de 15 milliards de FCFA pour assurer sa contrepartie.

Toujours dans le registre des infrastructures routières,  il y a aussi la deuxième phase de l’autoroute Yaoundé –douala longue de 136 km en cours de préparation en vue d’une organisation en mode partenariat public. Les investisseurs nationaux et régionaux sont interpellés.  « Pour tous les grands projets mentionnés l’État attend un financement assez consistant de ses partenaires au développement. Et pour cela, le budget de l’État 2025 a prévu une enveloppe de 113 milliards sous forme de contrepartie pour accompagner ces différents projets. Aussi, la SNI a une nouvelle configuration depuis un décret ressent et ce décret, ainsi que les actes qui l’accompagnent ont instruit le gouvernement à mobiliser 200 milliards à hauteur de 50 milliards par an pour renforcer les capacités de la snd30 et l’objectif de cela c’est essentiellement pour pouvoir accompagner le secteur privé dans le développement de l’économie nationale.», précise Paul Tassong.
Le budget 2025 a par ailleurs prévu une enveloppe de 50 milliards pour le plan intégré d’import substitution agro-pastorale et halieutiques. Ce plan est reparti dans plusieurs ministères.

Ces dernières années, les ressources  des emprunts obligataires du Cameroun, notamment de 2020 à 2024 sont le plus orientées  vers  les projets d’infrastructures. En 2024, les infrastructures routières viennent en tête  avec une enveloppe de 184 milliards sur les 290 milliards sollicités et mobilisés. Le sous-secteur de l’énergie vient en deuxième position avec une dotation de 23 milliards, suivie des infrastructures de transport, 9 milliards et l’aménagement du territoire 1,5 milliard de FCFA.

Cybersécurité : Les cyberattaques ont bondi de 91 % en 2024 au Cameroun

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Dans une atmosphère empreinte de solennité, Mohamadou Saoudi, secrétaire général du ministère des Postes et Télécommunications (Minpostel), a ouvert le 13 février dernier à Yaoundé, la Conférence KNext 2025 consacrée à la sensibilisation aux vulnérabilités et aux méthodes de protection des systèmes d’information. Cet événement a rassemblé des experts en cybersécurité, des décideurs politiques, des chefs d’entreprises et des professionnels du numérique.

Ce rendez-vous intervient dans un contexte où la transformation numérique progresse à une vitesse fulgurante, la question de la cybersécurité est devenue un enjeu majeur. En 2024, selon l’Agence de Régulation des Télécommunications (ART), le Cameroun comptait plus de 10 millions d’internautes, avec un taux de pénétration Internet de 45 %. Cet établissement public dirigé par le Pr Philémon Zoo Zame observe que l’accroissement des transactions en ligne, du cloud computing et du télétravail amplifie la vulnérabilité des entreprises et des institutions publiques face aux cyberattaques. Le Cameroun, comme de nombreux autres pays, doit faire face à des menaces croissantes telles que le piratage de données, les rançongiciels et les attaques par déni de service. Ces menaces ne touchent pas seulement les entreprises, mais également les administrations publiques, mettant en péril la confidentialité des informations sensibles et la continuité des services essentiels. L’intervention des spécialistes de Kaspersky, entreprise mondialement reconnue dans le domaine de la cybersécurité, a permis de dresser un constat alarmant sur l’évolution des cyberattaques et la sophistication croissante des méthodes employées par les hackers.

 D’après Kaspersky, les attaques exploitant des failles de sécurité ont presque doublé en un an au Cameroun, passant de plus de 174 000 en 2023 à près de 334 000 en 2024, soit une hausse de 91 %. « Face à cette menace cybernétique croissante, les entreprises et institutions camerounaises doivent adopter une approche proactive en matière de cybersécurité. L’engagement du Minpostel dans le KNext Yaoundé 2025 est un signal fort de la nécessité d’une mobilisation collective face aux cyberattaques », a déclaré Gladys Salmouth, Responsable Communication Corporate Afrique Centrale et de l’Ouest chez Kaspersky. « Aujourd’hui, les cybercriminels utilisent l’intelligence artificielle pour perfectionner leurs attaques et contourner les systèmes de protection les plus robustes. Face à cela, la prévention et l’anticipation deviennent des priorités absolues », a expliqué un expert de la firme. Cinq exposés ont rythmé ce rendez-vous, portant notamment sur l’évolution de la menace cybernétique au sein des entreprises camerounaises, le processus d’une cyberattaque, et le « Threat Intelligence pour Firewall », qui consiste à renforcer les capacités de cybersécurité des pares-feux avec la threat intelligence de dernière génération Kaspersky, offrant des flux complémentaires à des tarifs compétitifs.

LA PRÉVENTION, UNE ARME REDOUTABLE

Parmi les stratégies mises en avant lors de cette conférence, la sensibilisation des utilisateurs a été identifiée comme un levier essentiel. Trop souvent, les failles de sécurité proviennent de comportements humains inappropriés : mots de passe faibles, méconnaissance des risques liés aux emails de phishing, négligence dans la mise à jour des logiciels. « La cybersécurité ne doit pas être perçue comme une simple affaire de techniciens. Chaque utilisateur est un maillon de la chaîne et doit adopter les bonnes pratiques », a souligné un intervenant. Parmi les autres mesures préventives mises en avant, on peut citer l’adoption de solutions de sécurité avancées telles que les pare-feux, les antivirus performants et les systèmes de détection d’intrusion, la mise en place de politiques de sécurité solides incluant des audits réguliers et des protocoles de gestion des incidents, ainsi que le renforcement de la collaboration entre les administrations, les entreprises et les experts en cybersécurité pour un partage efficace des connaissances et des meilleures pratiques.

L’IA ET LE BIG DATA : ATOUTS OU MENACES ?

L’un des moments forts de la conférence a été l’exploration du rôle grandissant de l’intelligence artificielle et du Big Data dans la cybersécurité. Si ces technologies offrent des opportunités inédites pour renforcer la détection des cyberattaques et analyser les comportements suspects, elles sont également exploitées par les cybercriminels. « Les deepfakes et les campagnes de phishing personnalisées, alimentées par l’IA, rendent la fraude numérique encore plus difficile à contrer », a mis en garde un analyste en sécurité informatique. Le Cameroun doit ainsi redoubler d’efforts pour intégrer ces avancées technologiques tout en renforçant la protection des données personnelles. La mise en place de réglementations strictes et de cadres juridiques adaptés à ces nouvelles réalités est un passage obligé.

L’Etat veut s’appuyer sur la digitalisation et les caisses de retraite pour se financer

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  Au moment où le Cameroun doit recourir à des émissions de titres publics d’un montant de 380 milliards FCFA sur le marché des capitaux,  le ministre des Finances face aux investisseurs à Douala a dit la volonté du gouvernement de déployer des outils financiers innovants afin de capter plus d’épargne locale notamment à travers les établissements de micro finance pour financer les projets de développement inscrits dans la loi de finances de cette année.

 Le Cameroun poursuit sa stratégie nationale de diversification des instruments financiers. Après avoir été présent en 2024 sur le marché monétaire de la Beac et sur le marché financier international, le pays y retourne cette année encore avec pour objectif de mobiliser 380 milliards de FCFA.  Seulement, un constat  se dégage sur le marché monétaire de la Beac. « La violation des titres et les taux de souscription continuent de baisser pendant que les taux de sortie continuent de progresser. En effet,  les taux d’intérêt moyen pondérés des BTA qui étaient de 2,67% en 2020 passent à 6,33% à fin 2024. Les taux de couverture passent de 206,98% à 69,03%.  Il en est de même des prix moyen pondérés », fait observer le ministre des Finances. 

Cette situation couplée à un contexte mondial marqué par des pressions inflationnistes et la raréfaction des financements concessionnels poussent le Cameroun à mettre en place une stratégie de financement innovante. Le gouvernement  a ainsi présenté son plan de financement pour 2025 à Douala le 13 février dernier.  A l’occasion,  il a été indiqué  que le pays souhaite attirer davantage d’investisseurs institutionnels et individuels, notamment les petits épargnants jusqu’ici exclus, mais surtout accroitre la part de l’épargne locale, notamment grâce à la digitalisation.

Vers la digitalisation des souscriptions des titres publics

« Nous avons le devoir de démocratiser l’accès à l’épargne, de faire en sorte que chaque citoyen,  chaque petite entreprise,  chaque acteur économique puisse en un simple clic dans son téléphone, investir dans les obligations  de l’Etat et participer activement à l’édification de notre pays », déclare Louis Paul Motaze, ministre des Finances. Au-delà de la modernisation du financement de l’économie, le gouvernement souhaite à travers la digitalisation, attirer des petits épargnants.  En effet le constat fait est que  le Cameroun dispose de 26 millions de comptes mobile money, mais moins de 0,01% de la population investit dans les titres publics. Parmi les freins, il y a par exemple le seuil d’investissement trop élevé, souvent compris entre 100 000 et 1 million  de FCFA.  En faisant recours à la digitalisation,  l’Etat pourrait mobiliser jusqu’à 500 milliards FCFA par an, avec un potentiel de 50 milliards FCFA dès la première année.  Les comptes mobile money et les solutions fintech seront donc mis à contribution.  Il sera question de créer un marché secondaire où les détenteurs de titres pourraient échanger leurs actifs à travers la mise en place d’émissions spécifiques pour financer des actifs identifiés.  Cette approche permettra en gros de capter 1 000 milliards FCFA d’épargne informelle qui sont jusqu’ici inexploitables faute de mécanismes adaptés.  C’est dans ce même ordre d’idées que  le gouvernement souhaite désormais permettre aux établissements de micro finance de détenir des titres publics, au même titre que les banques.  Ces établissements sont exclus du circuit depuis les réformes de 2010, visant à développer le marché des titres publics au Cameroun.  Or, les EMF détiennent les fonds des petits épargnants et peuvent jouer un rôle décisif dans l’élargissement de la base des investisseurs.  Il est envisagé l’émission d’obligations dédiées aux petits épargnants, avec des montants adaptés et des taux légèrement plus attractifs que ceux du marché.

  Les fonds de pension pour lever l’épargne locale

 En plus des établissements de micro finance et des compagnies d’assurance, l’Etat compte sur les fonds de pension. La Caisse de Retraite de la Banque Centrale (CRBC)  est prise pour exemple. Avec 235,18 milliards FCFA d’actifs sous gestion à fin 2023, elle détient une part importante de son portefeuille en titres publics, représentant 72,32% de ses actifs. Ce, pour avoir créé des fonds communs de placement pour ses adhérents.  Cette stratégie garantit à la fois sécurité et rendement, tout en participant activement au financement des infrastructures et des projets de développement du pays. Les mutuelles des entreprises sont donc ainsi interpellées à investir sur le marché financier pour soutenir les projets du gouvernement.

Les autorités se disent toutefois conscients des limites à relever pour encourager la détention de titres publics par les EMF, les compagnies d’assurance et caisses de retraite. Il est notamment question d’ajuster la réglementation afin d’intégrer les besoins spécifiques de ces acteurs, d’allonger la durée des titres publics pour offrir des maturités adaptées aux investisseurs institutionnels et de renforcer la transparence et la traçabilité des émissions obligataires, afin d’améliorer la confiance des investisseurs.

Kousséri : délivrance pour Ngoh Ngoh après 24 houleuses heures

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Ferdinand Ngoh Ngoh a finalement quitté Kousséri hier 16 février 2025, pour Maroua. Vingt-quatre heures plus tard que prévu. Le secrétaire général de la présidence de la République (Sgpr) a dû recevoir en urgence les élus locaux du département du Logone et Chari. Députés, maires, conseillers municipaux et régionaux, ont été reçus, par communauté et/ou circonscriptions administratives. Le temps d’une nuit, l’émissaire de Paul Biya a ainsi échangé avec les élus locaux sur les problèmes de la région frappée tant par les inondations que la secte terroriste Boko-Haram. Crises qui ont considérablement affecté le quotidien des populations. Lesquelles semblent ne pas ressentir l’attention des pouvoirs publics.

C’est dans ce contexte que l’émissaire de Paul Biya est arrivé dans la région de l’Extrême-Nord, pour prendre le pouls de la région des mois après les inondations de juillet dernier. La mission express de 24h sera rallongée par la détermination des élus locaux à se faire écouter par le Sgpr. Après des passages éclairs à Yagoua et à Kousséri, Ferdinand Ngoh Ngoh qui n’a reçu que quelques autorités locales à Kousséri, sera pris en otage par l’ensemble des élus de la région qui bloqueront son hélicoptère, exigeant que l’homme proche de Biya au propre comme au figuré, écoute ce qu’ils avaient concocté à son intention, pour être transmis au président de la République. Une bonne partie de la nuit, Ferdinand Ngoh Ngoh recevra différentes délégations. Pour à la fin être obligé cette fois-ci de faire le voyage Kousséri-Maroua par route, afin de mieux apprécier par lui-même la réalité de cette route. Si Ngoh Ngoh a cédé à la première exigence, il parviendra à se faire comprendre pour la seconde.

Et en quittant Kousseri, l’homme qui, aux yeux des élus locaux du Logone et Chari, n’était pas au faîte de l’exactitude de la réalité du terrain du Logone et Chari et même de l’ensemble de l’Extrême-Nord, a promis un appui financier très bientôt. Yaoundé a reçu les premiers signaux contestataires d’une région généralement tendre envers le régime. Le temps ne sera pas du côté des dirigeants.

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