mercredi, mai 20, 2026
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Marché De L’emploi : À Yaoundé, un incubateur allie sport et insertion professionnelle

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Par-delà les soutenances classiques des étudiants en sciences et techniques des activités physiques et sportives, ainsi qu’en management du sport, une autre forme d’évaluation s’est jouée le 15 avril au sein de l’Institut des sports et de l’éducation physique Françoise Mbango : celle de l’engagement pour une jeunesse mieux outillée, mieux préparée et mieux insérée dans le monde du sport et au-delà. C’est dans ce contexte que s’est déroulée la visite de S.E. Matt Woods, Haut-Commissaire de Grande-Bretagne au Cameroun. L’occasion pour lui de découvrir les infrastructures, de participer à une soutenance en direct, mais surtout de s’imprégner de l’esprit visionnaire qui anime cet institut.

Au cœur de ce dispositif, un incubateur sportif novateur, pilier central de la Fondation Africa Jump portée par l’icône de l’athlétisme camerounais, Françoise Mbango. L’incubateur n’est pas un simple centre d’entraînement. Il se présente comme un espace où les jeunes talents sont détectés, accompagnés et formés, non seulement à devenir des athlètes de haut niveau, mais aussi à embrasser les nombreux métiers gravitant autour de l’univers sportif. « Faire en sorte que la jeunesse s’inspire d’un grand esprit tel que celui de Françoise Mbango… Qu’on détecte les talents qu’eux-mêmes n’arrivent pas toujours à percevoir, afin de les accompagner vers la victoire », a souligné un responsable de l’établissement.

Cette vision, Matt Woods l’a saluée avec enthousiasme. Visiblement impressionné, il a insisté à plusieurs reprises sur le mot « inspiration » pour qualifier aussi bien le parcours de la double championne olympique que l’impact de ses projets sur la jeunesse camerounaise. « Mbango est une personne très inspirante, de par ce qu’elle a accompli dans l’athlétisme, mais surtout par ce qu’elle a construit ici. Elle a réussi à lier le monde du sport à celui de l’insertion professionnelle. C’est tout à fait passionnant », a-t-il déclaré. Ce modèle d’incubation sportive, encore rare en Afrique subsaharienne, associe exigence technique, développement personnel et préparation au monde professionnel. Il reflète une ambition forte, transformer les exploits individuels en résultats reproductibles grâce à un travail méthodique et structuré.  À l’Institut Françoise Mbango, le sport devient un levier de transformation sociale. L’incubateur, bras opérationnel de cette philosophie, trace un chemin vers l’excellence, où l’inspiration se conjugue à l’action pour que chaque jeune puisse porter haut les couleurs du Cameroun – sur les pistes comme dans les coulisses du sport.

« L’économie du sport se porte bien dans le monde » a confirmé Abdoul Salam Bello, administrateur, Groupe de la Banque mondiale révèle dans une tribune publiée en mai 2024. Indiquant que le sport est un langage universel capable d’unir les peuples, quels que soient leur origine, leur vécu, leurs convictions religieuses ou leurs conditions économiques, l’administrateur précise que le secteur connait « une croissance moyenne de 5% au cours des vingt dernières années. A l’échelle globale, le sport pèse environ 1200 milliards d’euros, soit 2% du PIB mais seulement 0.5% du PIB africain, même si les prévisions de croissance tablent sur 8% ». Et ceci, dit-il : « en dépit des contraintes inhérentes au déficit de développement, le sport constitue un avantage comparatif pour l’Afrique. En effet, 70% de sa population a moins de 30 ans, ce qui permet de susciter des vocations alliant sport, éducation et formation, notamment la mise en place d’académies et de centres dédiés ».

S.E. MATT WOODS, Haut-Commissaire de Grande-Bretagne au Cameroun

« Elle a su relier le sport à ses métiers et promouvoir l’insertion des jeunes dans le monde professionnel »

« Le mot qui me revient le plus en tête est « inspiration ». Mbango est, sans aucun doute, une personne extrêmement inspirante, au regard de ses réalisations dans le monde de l’athlétisme, un domaine où l’on ne peut se cacher : elle a accompli tout cela par elle-même. C’était un véritable plaisir de rencontrer quelqu’un d’aussi inspirant. Ensuite, son inspiration dépasse sa carrière sportive.

Elle a su bâtir ici un projet remarquable, marqué par sa dédication et son engagement envers les jeunes et le monde du sport. Enfin, son travail au sein du centre montre comment elle a réussi à connecter le monde du sport à ses métiers, et à souligner l’importance de l’insertion des jeunes sur le marché du travail. Ce rapprochement est fascinant. Il semblerait d’ailleurs que cet institut soit le premier du genre en Afrique subsaharienne. Je suis profondément impressionné par cette initiative. Aujourd’hui, j’ai découvert quelque chose de véritablement inspirant.

C’est une idée remarquable. Comme je l’ai mentionné, elle permet aux jeunes, non seulement ceux qui aspirent à devenir des athlètes de haut niveau, mais aussi ceux qui s’intéressent aux métiers du sport, de comprendre toute la richesse des opportunités qui entourent le monde sportif. Il y a tant de professions passionnantes et stimulantes dans cet univers. Je pense que l’institut peut jouer un rôle majeur en plaidant efficacement pour attirer les jeunes vers ces carrières prometteuses ».

FRANÇOISE MBANGO, fondatrice de l’Institut des Sports et de l’Education Physique Françoise Mbango (ISEP–FM)

« L’incubateur va accompagner ces jeunes en leur offrant des bourses de formation »

« C ’est un nouveau projet, certes, mais il s’inscrit dans la continuité de nos actions. Vous n’êtes pas sans savoir que nous avons précédemment organisé un camp de formation dédié à la découverte des métiers. Aujourd’hui, nous formons ces jeunes, répondant ainsi à un besoin réel de formation, tout en tenant compte des réalités spécifiques de notre institution. Avec ce nouveau projet, nous souhaitons accompagner ces jeunes en leur offrant des bourses de formation, afin de soutenir les parents qui aspirent à voir leurs enfants devenir entrepreneurs et intégrer le monde du travail à travers des métiers encore peu connus mais offrant de nombreuses opportunités. À travers ces initiatives, nous envisageons de mettre ces bourses à disposition pour permettre aux jeunes d’acquérir les compétences nécessaires et devenir, demain, des auto-entrepreneurs ou même des professionnels dans les métiers du sport.»

Nécrologie : Le pape François retourne « glorieusement » à Dieu

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« Chers frères et sœurs, c’est avec une profonde tristesse que je dois vous annoncer la mort de notre Saint-Père François ». Comme un signe des temps ! Le pape François est mort ce matin à 7h35 heure locale, dans sa résidence vaticane, la Casa Santa Marta. L’information a aussitôt été rendue publique par le cardinal Kevin Pharell, qui assurait l’intérim des fonctions du pape depuis peu. Le successeur de Saint Pierre quitte le monde des vivants à l’âge de 88 ans. Une coïncidence : le pape décède au lendemain de la célébration de la Pâques, la plus grande fête chrétienne. La seule célébration qui a vu l’homme se contenter de la bénédiction urbi et orbi. Affaibli par la maladie, François s’est par la suite éclipsé, cédant ses prérogatives au cardinal Kevin Pharell pour assurer son intérim. C’est ce dernier qui a dit la messe pascale place Saint Pierre de Rom. Et c’est ce dernier qui continue assurer cet intérim avec le décès du pape. Puis le camerlingue devrait prendre le relai.

Elu le 13 mars 2013, François est le premier pape non Européen et surtout venant de l’hémisphère Sud, de l’histoire de l’église catholique romaine. L’argentin Jorge Mario Bergoglio remplaçait Joseph Ratzinger dit Benoît XVI qui avait démissionné de ses fonctions, huit ans après avoir été porté à la tête de l’église catholique romaine. Sans clairement motiver son acte. Le premier pape à démissionner en 600 ans (depuis Grégoire III au 8ème siècle). L’Allemand décèdera en 2022. Son successeur, « pasteur des pauvres », comme il s’est toujours présenté, le suit dans la félicité céleste ce 21 avril 2025, amorti par la maladie. En effet, la santé de François a décliné depuis quelques années, et l’homme a passé les dernières années de son pontificat à se battre pour sa santé. Récemment hospitalisé pour une pneumonie à l’hôpital Gemmeli de Rome depuis le 14 février, pour 38 jours, François a quitté l’hôpital en mars dernier. Et à l’occasion de la semaine sainte, l’évêque de Rome est retourné remercier et bénir le personnel de l’hôpital qui l’a soigné. Malgré l’extrême fatigue, François a forcé le courage jusqu’à la dernière minute. Le 266ème pape de l’église catholique romaine a d’ailleurs reçu le vice-président américain dans son périple européen en fin de semaine dernière.  

Rupture au goût amer

Né en 1936 comme Jorge Mario Bergoglio, l’Argentin ‘était montré comme le pape de la rupture. En adoptant le nom de baptême de François, en hommage à Saint François d’Assises, le nouveau pape voulait rendre hommage à ce prédicateur du XIIIème siècle et amoureux des animaux. Il avait opté pour l’humilité plutôt que le prestige, la grandeur et le faste. On le voit avec le choix pour la Casa Santa Marta qu’il a préférée plutôt que la résidence papale et son chic. Mais la rupture du nouveau souverain pontife a laissé un goût amer auprès des Africains et des partisans durs de l’aile traditionnaliste de la curée romaine. Son invitation adressée aux prêtres de bénir les unions entre couples homosexuels le 18 décembre 2023, avait été clairement rejetée par une bonne frange de clergés africains. Sous François, le Cameroun a perdu son unique cardinal, Mgr Christian Tumi. Avant sa mort, François n’en a pas nommé un autre, au moment où il le faisait dans d’autres pays comme la République centrafricaine qu’il a visitée en 2015. L’homme n’a pas visité le Cameroun comme ses deux prédécesseurs.   

Au Nom de la Parole : Le Bréviaire de l’Art Oratoire par Yahaya Idrissou

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Fruit d’un long travail de réflexion et d’expérience, Au Nom de la Parole se présente comme un bréviaire de l’art oratoire, conçu pour aider les lecteurs à surmonter leur appréhension et à développer une aisance à l’oral. Yahaya Idrissou, dont la carrière dans les médias et l’animation d’événements lui a permis d’affiner ses techniques, partage dans ce livre des méthodes éprouvées, des cas pratiques et des conseils accessibles à tous.

Un outil universel, adapté à tous les secteurs

Que vous soyez étudiant, enseignant, entrepreneur, leader politique ou simplement quelqu’un désireux d’améliorer sa communication, cet ouvrage vous est destiné. À travers des situations concrètes, il propose des stratégies efficaces pour vaincre le trac, renforcer sa confiance en public, apprendre à structurer un discours percutant et captivant, et adapter son expression orale en fonction du contexte et de l’auditoire.

Disponible au prix modique de 5 000 FCFA, Au Nom de la Parole est un investissement judicieux pour quiconque souhaite transformer sa parole en un outil de persuasion et d’influence. Pour passer commande, il suffit de contacter le 698 02 77 92.

Dans un monde où savoir parler, c’est savoir convaincre, ce livre se positionne comme un allié indispensable pour briller à l’oral et marquer les esprits.

Nécrologie : Patrick Sapack n’est plus

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Patrick Sapack était désormais révolté contre le sous-développement de l'Est

La nouvelle parvenue sous forme de questionnements s’est finalement confirmée : Patrick Sapack est mort. L’activiste politique s’est éteint ce samedi 19 avril 2025 à Bertoua, la capitale de la région de l’Est. L’homme au discours « panafricaniste » et très virulent sur les antennes de la télévision Afrique média, n’était pas malade, du moins à ce qu’il semblait a priori. « Décès ce jour de Patrick Sapack à la suite d’un empoisonnement (il y a 8mois) selon sa petite sœur que j’ai eu au téléphone. Le compagnon de lutte de Chantal Roger Tuile s’en est allé. Que son âme repose en paix », a alerté Aristide Bounah, promoteur du média en ligne Afrik Inform. Plus tard, le lanceur d’alertes Paul Chouta, soutiendra que « d’aucuns soupçonnent un empoisonnement. Il a fait un malaise ce matin. Sa famille le conduisant à l’hôpital, il a avalé son bulletin de naissance en chemin ».

Amougou Bélinga

Après avoir été mis sous les feux des projecteurs lorsqu’il est arrêté en compagnie de David Eboutou et jeté en prison, par l’homme d’affaires Jean Pierre Amougou Bélinga, pour « malversations financières ». Puis l’homme qui avait passé deux ans de détention à la prison de Kondengui à Yaoundé, s’est quelque peu éclipsé de l’espace public, avant de prendre ses quartiers à Afrique média télévision, propageant des messages à vocation panafricanistes. Et ces derniers temps, l’homme s’était lié à Chantal Roger Tuile, journaliste, lui aussi originaire de la région de l’Est, pour lancer le mouvement politique L’Eveil de l’Et présenté comme un média en ligne, devant porter les préoccupations d’une région aux potentiels naturels riche, mais qui sombre dans la pauvreté et le sous-développement, malgré son soutien constant à Paul Biya, au pouvoir depuis 1982. Les deux animateurs de L’Eveil de l’Est dénonçaient au quotidien le délaissement de l’Est et l’ingratitude du régime envers cette région « qui lui a tout donné ». C’est dans ce cadre que l’on apprend que Patrick Sapack avait lancé l’« Opération 4000 Signatures », en vue de « sensibiliser les fils du Soleil Levant pour chasser Biya du pouvoir ». Celui qui avait déclaré sa candidature à l’élection présidentielle 2011, avant de ne pas être du rendez-vous, ne verra pas la fin de Biya au pouvoir. La faucheuse a anticipé sur le rêve que Patrick Sapack nourrissait.

Cameroun — Faillite imaginaire : quand l’alarmisme de Loïc Mpanjo prend le pas sur l’analyse économique

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Faillite imaginaire www.newsducamer.com
Faillite imaginaire www.newsducamer.com

Il y a quelques semaines, une équipe du Fonds monétaire international (FMI), après plusieurs séances d’examen des finances publiques camerounaises, quittait Yaoundé satisfaite. Cemille Sankak, cheffe de mission, résumait ainsi cette appréciation : « La croissance économique s’est établie à 3,2 % en 2023 et devrait se redresser pour atteindre 3,9 % en 2024. L’inflation moyenne sur douze mois s’est établie à 4,6 % en novembre 2024, contre 7,5 % l’année dernière. Les résultats du programme sont globalement satisfaisants. Les perspectives budgétaires pour 2024 sont positives, avec un objectif de déficit primaire non pétrolier de 2 % du PIB, en amélioration par rapport aux 2,5 % du PIB de l’année dernière (et aux 3,9 % du PIB en 2022). »
Cette bonne tenue des finances publiques, dans un contexte mondial marqué par des crises multiformes, fait du Cameroun un cas emblématique de résilience. C’est ce que le conseil d’administration du FMI a d’ailleurs reconnu en validant les analyses positives de ses équipes.
Nous en étions là lorsque, sorti de nulle part, un certain Loïc Mpanjo Essembe a publié dans le Journal Financial Afrik une tribune au titre sensationnaliste : « Le Cameroun au bord de la faillite financière ». Cet article d’opinion, à la limite du diffamatoire, surprend d’autant plus qu’il contredit frontalement les analyses les plus récentes du FMI — une institution pourtant réputée pour sa rigueur, voire sa sévérité.
L’usage du pléonasme « faillite financière » dès le titre annonce le ton général : celui d’un texte plus soucieux de frapper les esprits pour sortir son auteur de l’anonymat, que de livrer une analyse économique rigoureuse. Rappelons qu’en économie publique, la notion de « faillite » est inappropriée pour un État souverain, qui ne peut être mis en liquidation comme une entreprise.
Une avalanche d’épithètes anxiogènes
L’article mensonger à prétention scientifique est un chapelet d’épithètes choisis à dessein pour incliner le lecteur vers une perspective négative. Le choix des mots est clairement orienté pour susciter l’inquiétude, voire l’indignation. Un florilège : « Spirale de l’endettement définitivement incontrôlable », « Trésorerie exsangue », « Explosion alarmante de l’endettement », « Masse salariale hypertrophiée », « Politique myope », « Assiette fiscale catastrophiquement réduite », « Équation financière insoluble », « Service de la dette asphyxiant », on en passe et des meilleures. Cette accumulation d’une trentaine d’épithètes anxiogènes renforce la perception d’un discours polémique plutôt que rigoureusement analytique. Plus proche du discours militant que de l’analyse technique, l’auteur emploie tout au long de l’article un vocabulaire dramatique, évoquant une situation apocalyptique qui n’existe que dans son imagination. Le champ lexical de M. Mpanjo ne sert donc pas une démonstration objective, mais cherche à susciter la peur et l’indignation, quitte à tordre le cou à la vérité ou à ruser avec les chiffres.
Comparaisons faussées, chiffres manipulés
L’un des biais les plus notables du texte concerne la comparaison entre le niveau d’endettement de 2007 (12,2 % du PIB) et celui de 2023 (46,3 %). L’auteur passe sous silence un fait fondamental : en 2007, le Cameroun venait de bénéficier de l’Initiative PPTE et de l’Initiative d’Allègement de la Dette Multilatérale (IADM), qui avaient entraîné un effacement significatif de la dette. Il est donc intellectuellement malhonnête de comparer ces deux périodes sans rappeler ce contexte exceptionnel. En outre, le FMI, dans ses dernières évaluations, continue de qualifier la dette camerounaise de « soutenable », idem pour les agence de notation telles que Standard & Poors, d’autant plus que le ratio dette/PIB du Cameroun (43 %) est très loin du seuil critique de surendettement de 70% fixé par les institutions financières internationale. D’ailleurs une récente étude de la Banque Mondiale classe le Cameroun parmi les pays les moins endettés d’Afrique.
Autre manipulation : la masse salariale de l’État est présentée comme représentant 42,7 % des recettes fiscales, ce qui est faux car ce chiffre de M. Mpanjo omet les recettes douanières (fiscalité de porte). Or, si l’on considère correctement les recettes fiscales globales (impôts + douane), ce ratio tombe à 36,3 %. Par ailleurs, l’article cite à tort un niveau de recettes internes de 3 745 milliards FCFA, ce qui est largement inférieur aux prévisions contenues dans la Loi de finances 2025, qui table sur plus de 5 500 milliards FCFA de recettes internes ordinaires. L’auteur en déduit un déficit structurel fictif, amplifié artificiellement.
Si le diagnostic sur l’étroitesse de la base fiscale est en partie vrai, l’analyse de M. Mpanjo enjambe les progrès tangibles pour verser dans la diatribe improductive. Car le gouvernement mène depuis plusieurs années une vaste réforme visant à élargir cette assiette fiscale. Parmi les mesures figurent le croisement des fichiers fiscaux, la digitalisation des procédures, mais aussi des initiatives innovantes comme l’obligation pour les demandeurs de visa de justifier de leur situation fiscale.
Quant au secteur informel, qui représente plus de 60 % de l’économie, il s’agit d’un défi commun à de nombreux pays d’Afrique subsaharienne, et non d’une « anomalie camerounaise ». L’auteur feint d’ignorer que le Cameroun, justement, travaille à la formalisation progressive de ce secteur.
Des réalités ignorées ou déformées
Le texte ne dit mot de l’impact budgétaire du conflit dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest (NOSO), ni des ravages du groupe terroriste Boko Haram dans l’Extrême Nord, un situation sécuritaire délétère qui pèse lourdement sur les finances publiques et les investissements. Il oublie également que le Cameroun a évité la récession au plus fort de la pandémie de Covid-19, là où de nombreuses économies comparables ont vu leur PIB chuter brutalement.
Si ces omissions volontaires traduisent clairement la mauvaise foi de l’auteur, les allusions hérétiques et hasardeuses, elles, montrent davantage une navrante faiblesse dans l’analyse. Un exemple frappant : Selon M. Mpanjo, « La chute prolongée des cours du pétrole et le déclin de la production nationale ont provoqué un effondrement des revenus pétroliers, autrefois pilier des finances publiques camerounaises. Cette manne financière, qui représentait 24,8% des recettes budgétaires en 2014, s’est réduite à seulement 9,6% en 2023 selon les chiffres de la Société Nationale des Hydrocarbures (SNH) , exposant cruellement l’incapacité́ structurelle du pays à mobiliser des ressources alternatives ». Ici encore, M. Mpanjo se trompe lourdement. Car si la part du pétrole dans les recettes budgétaires a chuté, c’est bien parce que la part des recettes non pétrolières a augmenté de manière remarquable. C’est la preuve que les pouvoirs publics ont inlassablement mais surtout efficacement œuvré à mobiliser les recettes non pétrolières, des ressources alternatives pour lui emprunter l’expression. La baisse des recettes pétrolières, présentée comme un symptôme de « faillite », est due au déclin structurel de la production nationale, un phénomène géologique plus qu’une défaillance politique. L’auteur omet totalement de reconnaitre que le Cameroun a su diversifier ses sources de revenus, pourtant, l’émergence du secteur minier et l’accroissement des revenus hors hydrocarbures en témoignent amplement.
A travers cet article nous ne voulons pas nier les défis budgétaires auxquels le Cameroun est confronté comme quasiment tous les pays du monde. Mais en présentant une lecture sélective, approximative et globalement erronée des chiffres, l’article de Loic MPANJO ESSEMBE donne une vision exagérément noire d’une situation budgétaire qui, si elle n’est pas paradisiaque, est loin d’être chaotique. La crédibilité d’une analyse repose sur l’objectivité, la rigueur des sources et la prise en compte de tous les éléments du contexte. À cet égard, l’article de Loïc Mpanjo Essembe est l’exemple parfait de ce qu’il ne faut pas faire.

Par Félicien Ndjock, Économiste

Minjustice : Le réquisitoire de Jean De Dieu Momo contre les procureurs

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« Manquements observés». C’est l’objet de la lettre que le ministre délégué auprès du ministre de la Justice, Garde des sceaux (Minjustice), adresse au procureur général près le Tribunal criminel spécial (TCS) et aux procureurs généraux près les cours d’appel. Relevant des plaintes et complaintes qu’il reçoit de façon récurrente sur des ces de « décisions sur la culpabilité ‘’motivées’’ uniquement par la non comparution des personnes poursuivies ; réquisitions sur la culpabilité et sur la peine muettes sur les moyens de preuves et sur le quantum de la peine ; de peines d’une légèreté blâmable concernant des faits d’une certaine gravité ; de peine d’une sévérité excessive ». Pour Jean De Dieu Momo, « ces entorses à l’orthodoxie semblent suggérer une démobilisation de certains personnels judiciaires».

Face à cette situation qui frise la crise de confiance, le ministre délégué auprès du Minjustice « engage [les procureurs généraux] à reprendre fermement  en main [leurs] collaborateurs magistrats du parquet». A l’occasion, celui qui assure « pleinement » les fonctions de Minjustice depuis plus mois, que le ministre plein, Laurent Esso, est absent du fait de la maladie, prescrit aux patrons des procureurs généraux, à charge pour ce derniers de répercuter à leurs subalternes : « dans les réquisitions sur la culpabilité et sur la peine, de se prononcer explicitement et au besoin par écrit sur les moyens de preuve et sur le quantum de la peine ; de s’abstenir désormais de ‘’se limiter’’ à ‘’l’application de la loi’’ ; de faire systématiquement appel ou pourvoi de tout jugement ou arrêt prononçant des peines d’une légèreté blâmable ou d’une sévérité excessive ou alors concluant à la culpabilité uniquement en raison de la non comparution des personnes poursuivies ».

Affaire Diane Yangwo

Cela survient alors que la justice traverse une crise de confiance de plus en plus grandissante. Avec notamment cette peine de cinq ans de prison avec sursis sur cinq ans infligée à xxx, époux de Diane Yangwo, en reconnaissant la culpabilité de ce dernier dans le meurtre de son épouse par coups et blessures. Une peine qui a suscité l’indignation collective et des associations de féministes et de défenseurs des droits humains. Lesquels se sont soulevés pour dénoncer la légèreté de la sentence d’une justice d’une rendue par une femme de surcroît. Aussi, en ouvrant la session parlementaire du mois de mars dernier, la doyenne d’âge de l’Assemblée nationale, a invité la justice à dire le droit de façon objective et surtout à « appliquer rien que la loi ». les magistrats du parquet sont sous les feux des projecteurs et le Minjustice que l »écrivaine Djaïli Amadou Amal a récemment saisi pour le cas Diane Yangwo, se dit désormais vigilant et annonce des « réponses disciplinaires [en] cas de manquements aux présentes instructions ».  

Football professionnel : Jeu trouble entre Bamboutos FC et la Fécafoot

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Plus rien ne va entre les deux hommes

Après Djiko FC de Bandjoun, c’est au tour de Bamboutos FC de Mbouda de se retirer du championnat MTN elite one, le championnat professionnel de football du Cameroun. Dans le courrier adressé à la Fédération camerounaise de football (Fécafoot) qui gère le football professionnel par le truchement d’un Comité transitoire, Deschateaux Kamdoum, président délégué de Bamboutos FC de Mbouda, réclame «la prime réservée au vainqueur de la Super coupe du Cameroun, édition 2022-2023 représentant la somme de 50 000 000 Fcfa ; la prime de vice-champion édition 2023, soit 25 000 000 Fcfa ; la prime de finaliste malheureux de la Coupe du Cameroun édition 2022, soit 15 000 000 Fcfa ; sans oublier de mentionner notre quote-part de la prime de sponsoring et la rétrocession pour le compte de notre club la somme représentant le pourcentage de 50% des entrées financières en termes de billetterie », pour les matchs de championnat. Sur les antennes de Radio France international, le président délégué de Bamboutos FC indique que pour la saison dernière, le club le plus populaire du Cameroun a reçu en fin de saison la somme d’un millions 92 mille francs représentant sa quote-part de la vente de la billetterie sur l’ensemble de la saison, alors que par le passé, le club encaissait parfois plus de cette somme pour une seule journée de championnat.

Démenti de la Fécafoot

Mais l’annonce fait des vagues. La ne l’entend pas de cette oreille. Dans un communiqué rendu public ce 18 avril 2025, la Fécafoot ne reconnaît pas avoir reçu un courrier du genre des dirigeants des Mangwa boys. En admettant avoir découvert des documents du genre circulant sur les réseaux sociaux, le secrétaire général de la Fécafoot parle de « motifs au demeurant infondés et de prétendues négociations entre les responsables dudit club et ceux de la Fécafoot à l’effet du retour dudit club à la compétition », écrit Isaac Mandong, secrétaire général de la Fécafoot. Aussitôt, le club des monts Bamboutos a brandi la décharge de son courrier, qui circule sur les réseaux sociaux.

Le retrait de Bamboutos FC survient dans un contexte d’un vent de retraits et de démissions qui souffle sur la Fécafoot. Après une première série qui a vu partir les anciens secrétaires généraux Parfait Siki et Benjamin Banlock, et des membres du Comité exécutif tels le capitaine Joseph Feutcheu, Njalla Quan Junior, une seconde vague en cours a vu quitter le navire le directeur marketing,… Puis Djiko FC de Bandjoun du capitaine Feutcheu a annoncé son retrait du championnat professionnel. Bamboutos FC dont le président Justin Tagouh, actionnaire majoritaire, a déjà jeté l’éponge, a suivi. Et des sources crédibles annoncent d’autres clubs aussi désabusés, dans la même direction. Un retrait du championnat en cours vaut au club une rétrogradation de deux divisions, au cas où ledit club entend poursuivre dans le football. Joseph Feutcheu a d’ores et déjà libéré ses joueurs et ne compte pas revenir tant que Samuel Eto’o est président de la Fécafoot. A la Fécafoot, on s’accroche sur Bamboutos FC. En ignorant le courrier qui a reçu officiellement la décharge du service courrier de la fédération, Tsinga menace de poursuivre le club pour diffamation, déclarations mensongères, au sujet d’une dénonciation du club au motif d’un émissaire de la Fécafoot qui serait allé à Mbouda pour inciter les moto-taximen à des troubles à l’ordre public.

En attendant, aussi bien Djiko de Bandjoun que Bamboutos de Mbouda, continuent d’être programmés pour la suite du championnat professionnel Elite one. Toujours est-il que du côté de Mbouda, des élites politiques sont mises à contribution pour essayer de ramener le club à poursuivre le championnat.

Luttes : Le Rdpc s’embrase autour d’une mobilisation en faveur de Paul Biya

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L’opération « Extrême-Nord : 100 000 jeunes unis derrière le président Paul Biya », prévue le 10 mai 2025 à Maroua a mobilisation en faveur de la candidature de Paul Biya à l’élection présidentielle 2025, projetée par Boukar Abdourahim, directeur de cabinet (Dircab) de Cavaye Yeguie Djibril, président de l’Assemblée nationale (PAN), continue de faire des vagues. Contestations et contre-contestations se multiplient. Et c’est un texte signé de Jacques Fame Ndongo, ministre de l’Enseignement supérieur et secrétaire à la communication du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) qui en donne le ton : « Le rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) tient à porter à la connaissance de l’opinion publique que cette initiative n’a en aucun cas, été approuvée ni par les organes compétents du parti au niveau régional, ni par les hautes instances du comité central», peut-on y lire. «En conséquence, il est formellement demandé à M. Elhadj Boukar Abdourahim, de sursoir immédiatement à ladite initiative qui ne relève nullement de sa compétence, et dont la poursuite contreviendrait aux principes fondamentaux du fonctionnement du Rdpc», poursuit-il.

Aussitôt, à fort renfort de soutiens, son prétendu auteur l’a méconnu, dénonçant une manipulation. La ligne était déjà tracée. Un autre communiqué attribué à S.M Abdoulaye Yérima Bakari, lamido de Maroua, nouvellement nommé membre du Comité central du parti, dénonce le fait que les organisateurs n’ont «ni pris en compte des forces vives du département du Diamaré, ni consulté les autorités traditionnelles, politiques et militantes locales qui constituent pourtant l’ossature de la légitimité d’un tel rassemblement dans la capitale régionale ». Aussi, « bien qu’affichée comme régionale, cette mobilisation s’apparente davantage à une initiative strictement circonscrite aux militants et ressortissants du Mayo Sava, département d’origine du promoteur». Plus grave, le document soutient que le rassemblement projeté va « relancer les tensions et divisions que certains acteurs, notamment du Mayo Sava, ont contribué à alimenter ces dernières années entre les élites du Diamaré». Comme Fame Ndongo, le lamido de Maroua n’a pas attendu longtemps pour dénoncer l’authenticité du document. Du moins, Abdoulaye Yérima Bakari ne se reconnaît pas en ce communiqué, et menace d’ailleurs de représailles les auteurs des officines qui ont entrepris un tel projet en son nom.

Pendant que contestations et contre-contestations se multiplient, Cavaye Yeguie Djibril qui a été présenté comme parrain de l’affaire a saisi le secrétaire général du Comité central du Rdpc, pour soutenir le projet. «Les organisateurs ont formellement obtenu notre approbation préalable». Il y précise que  l’initiative est « un appel à la mobilisation tous azimuts derrière Paul Biya, indépendamment des chapelles politiques, malgré que l’activité est organisée par le Rdpc ». Depuis lors, la contestation s’est estompée. Mais des voix étouffées par la sortie de Cavaye Yeguie Djibril continuent de méconnaître au tout puissant Dircab/PAN toute qualité pour un tel projet.

Hamadou Bachirou

Cela survient dans un conteste de batailles au sein du parti de Paul Biya. Et l’Extrême-Nord en constitue un des principaux théâtres. Cavaye Djibril est le patron du parti dans la région, mais commence à perdre du poids face à une jeune garde assoiffée de reconnaissance et intéressée par le pouvoir. Entre autres le ministre Malachie Manaouda, de la Santé publique, dont la popularité ne cesse de grimper. Le PAN, lui, du fait de l’âge, a cédé de larges pans de pouvoir à son Dircab, au point que celui-ci finisse par être perçu par certains comme le « vrai patron » de la Chambre basse du parlement. Des initiatives du genre « Extrême-Nord : 100 000 jeunes unis derrière le président Paul Biya », sont des occasions de se donner une contenance certaine tant aux yeyx de l’opinion que du sommet de l’Etat.

C’est du côté de la société civile que les dénonciateurs s’affichent officiellement. Un certain Hamadou Bachirou, a commis une tribune dans laquelle il interdit aux organisateurs la manipulation des jeunes. Pour Hamadou Bachirou, les jeunes ne doivent être ni des «instruments de mobilisation de masse, ni des bétails électoraux que l’on agite». Et, « au lieu de convoquer 100 000 jeunes pour scander des slogans politiques, pourquoi ne pas initier ‘’l’opération 10 000 microprojets pour les jeunes de l’Extrême-Nord’’ ou alors «l’opération 100 000 actes de naissance pour les enfants de l’Extrême-Nord» ? Pourquoi ne pas lancer une ‘’opération 100 000 tables-bancs pour les écoles?’’»,  s’interroge-t-il. L’homme trouve que la mobilisation projetée est «politiquement déplacée dans un contexte de détresse sociale marquée par des promesses non tenues. Ce type d’initiative n’aide pas le président Paul Biya qu’elle prétend soutenir».

A Yaoundé, la RDC appelle à la solidarité africaine pour sauver sa filière cacao

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«Cette 111ᵉ session de l’Organisation Internationale du Cacao représente un moment clé pour l’ensemble des acteurs du secteur. Elle incarne l’unité entre les consommateurs et les producteurs, non seulement en Afrique, mais aussi au-delà du continent. Aujourd’hui, notre attente est de voir la République Démocratique du Congo surmonter les défis liés à la fraude et à l’insécurité, qui fragilisent la filière et appauvrissent les cacaoculteurs du pays », a lancé Mimie Monga Numbi, Directrice Générale de l’Office National des Produits Agricoles du Congo (Onapac).

Alors que les délégations de plusieurs pays producteurs de cacao, dont le Cameroun, Madagascar, le Ghana et la Côte d’Ivoire entre autres, se réunissaient du 7 au 10 avril 2025 à Yaoundé pour discuter de la stabilisation des marchés mondiaux, des pratiques agricoles durables, ainsi que de la lutte contre la déforestation et le travail des enfants, elle a mis sur la table des travaux de la session de Yaoundé, les questions liées à la fraude à l’exportation et à l’insécurité, qui selon elle compromettent la compétitivité du cacao congolais. « Le Congo doit également retrouver ses droits. Des produits (cacao, ndlr) le pays sans aucun contrôle, entraînant une hémorragie de fraude. À cela s’ajoute une insécurité persistante, qui accentue encore davantage cette situation », a-t-elle insisté. La directrice générale de l’Onapac indique que le manque de contrôle des exportations prive les producteurs d’une part trop faible de la valeur finale de leur production.

Comme elle, son compatriote, l’économiste Christian Kayambya, dénonce une fraude bien organisée à la frontière entre la RDC et l’Ouganda, portant sur l’achat et la revente du cacao. Selon Christian Kayambya, cité par la télévision allemande Deutsche Welle, au moins 85 % de la production de cacao ougandaise proviendrait en réalité de la République Démocratique du Congo. « Beaucoup d’investisseurs préfèrent rester en Ouganda. Depuis ce pays, ils envoient des acheteurs en RDC, signent des contrats avec des individus ou de petites coopératives afin que le cacao soit acheminé en Ouganda. Malheureusement, une fois sur place, cette production est déclarée comme étant d’origine ougandaise, au détriment de la RDC. C’est un manque à gagner », a confié Christian Kayambya à Deutsche Welle.

Mimie Monga Numbi, Directrice Générale de l’Office National des Produits Agricoles du Congo (Onapac).

Mimie Monga Numbi, a ainsi lancé un appel à la solidarité africaine, exhortant les nations membres de l’ICCO à renforcer leurs mécanismes de régulation afin d’assurer la pérennité d’un secteur essentiel à l’économie régionale. « C’est ainsi que nous demandons la solidarité de tous les pays africains qui sont membres de cette organisation pour que la République démocratique du Congo puisse être remise dans ses droits », dit-elle. Pour elle, la revitalisation de cette filière cacao passe avant tout par une gouvernance rigoureuse et un engagement ferme des partenaires africains. « Nous sommes prêts à nous conformer aux normes internationales, mais il est tout aussi crucial que le Congo soit respecté et que ses producteurs retrouvent leur juste place sur le marché mondial », a-t-elle déclaré avec conviction. La représentante congolaise a également affirmé la volonté de la RDC de se conformer aux exigences de l’Union européenne, dans un contexte où les marchés internationaux deviennent de plus en plus stricts.

Toutefois, elle a tenu à rappeler que cette adaptation ne devait pas se faire au détriment des droits souverains du pays ni de son savoir-faire local. « Il est essentiel que nous conservions notre identité et que nos producteurs soient véritablement reconnus et soutenus », a-telle insisté, mettant en lumière l’ambition de la RDC : répondre aux standards internationaux tout en valorisant ses spécificités nationales.

RCA : Afriland First Holding et Mahasakthi et lancent un projet agro-industriel de 800 milliards FCFA

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RAJKUMAR, le président Touadéra et Paul Fokam

La République centrafricaine (RCA) vient de franchir une étape décisive dans sa stratégie de développement agricole et industriel. Ce mardi 15 avril, une convention d’investissement d’un montant total de 720 milliards FCFA (soit 1,2 milliard de dollars US) a été signée à Bangui, en présence du président de la République, Faustin Archange Touadéra, entre l’État centrafricain, le groupe indien Mahasakthi, le cabinet d’investissement Afriland First Holding et SCIS Group. Quatre personnalités ont apposé leur signature au bas de la convention : M. RAJKUMAR, Chairman MAHASAKTHI GROUP, M. Richard FILAKOTA, Ministre de l’Economie, du Plan et de la Coopération internationale, M. Hervé NDOBA, Ministre des Finances et du Budget et M. Albert F. BENGALA, PDG SCIS GROUP.

L’accord porte sur la culture et la transformation du manioc et de la canne à sucre, deux filières stratégiques à fort potentiel de valeur ajoutée, ainsi que la production d’énergie électrique à partir de leurs dérivés. L’investissement se répartit entre 120 milliards FCFA pour la filière manioc et 600 milliards FCFA pour la canne à sucre.

Une transformation agroénergétique d’envergure

Ce programme s’étend sur 30 000 hectares (10 000 pour le manioc, 20 000 pour la canne), répartis à parts égales entre les terres exploitées directement par Mahasakthi et celles confiées à des planteurs locaux volontaires (5 hectares chacun), soit 3 000 entrepreneurs ruraux au minimum. La production agricole sera accompagnée de deux centrales électriques, d’une capacité cumulée de 70 mégawatts, et d’unités de transformation de sucre, d’éthanol et de manioc alimentaire.

Ce complexe agro-industriel prévoit la création de plus de 100 000 emplois directs, incluant les plantations, les unités de transformation et les centrales électriques. Une microbanque de développement, détenue par les acteurs de la filière, permettra de soutenir l’entrepreneuriat agricole.

Les productions attendues incluent 162 000 tonnes de sucre/an, 66,2 millions de litres d’éthanol/an, et une production journalière de 100 000 kg de manioc alimentaire, en plus des 400 000 kg de manioc destinés à la production énergétique.

Un modèle de développement inclusif

Cette initiative ambitieuse, fruit d’un partenariat triangulaire entre un État, un acteur financier africain et un groupe industriel international, place l’agriculture au cœur du redressement économique centrafricain. Elle incarne un modèle de développement intégré où croissance, inclusion sociale et souveraineté alimentaire convergent. Ce projet marque une nouvelle étape pour la RCA, qui mise sur l’agriculture comme levier de transformation structurelle de son économie. Il illustre également le rôle croissant d’acteurs privés africains comme Afriland First Holding dans l’ingénierie financière et la structuration de projets d’envergure sur le continent.

Réactions

Richard FILAKOTA, ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération internationale :
« Cet événement est la marque du respect que la Centrafrique mérite désormais après avoir traversé des moments difficiles. Cela traduit l’attractivité de notre pays, l’intérêt que les investisseurs portent à l’endroit de notre pays et de nos énormes potentialités. La RCA regorge de plus de 5 millions d’hectares cultivables. Nous sommes heureux de voir qu’aujourd’hui, notre pays est sur la bonne dynamique et nous sommes prêts à accueillir d’autres investisseurs qui veulent venir chez nous. Il y a de place pour tout le monde. Notre pays est vaste et il y a des défis. C’est ensemble que nous pourrons relever ces défis. »

Rajkumar, Chairman du Mahasakthi Group :
« Mahasakthi dispose d’une expérience avérée en matière de culture et de transformation de la canne à sucre. En Inde, nous cultivons le sucre sur 100 000 hectares ; notre production journalière de canne à sucre s’élève à 14 000 tonnes. Nous avons créé 100 000 emplois dans ce secteur. Et nous disposons de 8 centrales électriques qui produisent l’éthanol et l’énergie électrique à partir des résidus de la canne à sucre. La particularité de notre système agro-industriel, c’est que, en plus de nos propres champs agricoles, nous donnons la possibilité aux planteurs locaux de disposer de leurs propres champs et ainsi de cultiver eux aussi la canne à sucre et le manioc. De cette façon, nous garantissons que nous achèterons et transformerons ce qu’ils produiront. Nous le faisons en Inde. Nous le ferons en République centrafricaine. »

Dr Guy-Laurent FONDJO, président d’Afriland First Holding :
« Cette convention augure une innovation ; c’est un projet holistique, qui compte plusieurs composantes : une composante économique et une composante sociale. Dans la composante économique, il a été question d’étudier et de connaître les besoins de l’État centrafricain, de rechercher des partenariats et de ficeler les mécanismes d’investissement. Ce travail de facilitateur actif entre l’État centrafricain et le groupe indien Mahasakthi Group, Afriland First Holding l’a fait. Nous nous sommes appuyés sur notre expérience internationale, notre renommée et surtout la crédibilité bâtie par le président d’Afriland First Group Dr K. Fokam depuis plus de 40 ans. La composante sociale réside dans la façon dont le projet sera conduit. 50 % de la surface arable sera distribuée à des planteurs locaux volontaires, à raison de 5 hectares minimum pour leur donner l’opportunité de se prendre en charge en tant qu’agro-entrepreneurs. C’est un projet complet qui intègre l’intérêt de toutes les parties prenantes. Et c’est ça, le développement. De cette manière, la richesse créée est équitablement répartie au niveau de toutes les couches de la population. »

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