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Semaine de l’Innovation Numérique 2025 : qui remportera le Prix spécial du Président de la République ?

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Le compte à rebours est lancé pour la 4ᵉ édition de la Semaine de l’Innovation Numérique au Cameroun. Le top départ a été donné ce mardi 27 mai 2025 à Yaoundé, par la ministre des Postes et Télécommunications, Minette Libom Li Likeng, à l’occasion d’un point de presse qui a officialisé le lancement du concours national du meilleur projet TIC. Placée sous le Très Haut Parrainage du Président de la République, l’édition 2025 se déroulera du 23 au 27 juin, sous le thème : « Mobiliser l’intelligence artificielle pour une transformation numérique ambitieuse et répondant aux besoins de la société camerounaise ».

L’IA au service des défis nationaux

Santé, agriculture, éducation, cybersécurité, gouvernance ou finance : les jeunes porteurs de projets sont invités à proposer des solutions innovantes intégrant l’intelligence artificielle pour répondre aux enjeux concrets de la société camerounaise. Le clou de cette semaine technologique sera l’attribution du Prix Spécial du Président de la République, qui récompensera le projet le plus novateur et le plus prometteur.

Parmi les critères d’évaluation figurent notamment l’originalité technologique, la viabilité économique, le potentiel de marché, la qualité de l’équipe, l’impact sociétal, et les perspectives d’internationalisation. Les startups déjà opérationnelles sont exclues, afin de donner leur chance aux idées naissantes. Les candidatures féminines, quant à elles, sont fortement encouragées, avec à la clé un prix spécial de l’innovation féminine, grande nouveauté de cette édition. Les inscriptions sont ouvertes du 28 mai au 16 juin 2025 via le site www.ictinnovationweek.cm. Les candidats devront être de nationalité camerounaise, résider sur le territoire national, et présenter un projet numérique en cinq pages maximums.

Un concours exigeant, une ambition structurante

À l’issue du processus de sélection, quinze projets seront retenus pour un bootcamp intensif à Yaoundé du 23 au 25 juin, avant un pitch final devant un jury de haut niveau présidé par le Pr Charles Awono Onana, expert reconnu en IA et en entrepreneuriat technologique. Face à une audience composée de jeunes innovateurs et de professionnels des médias, Minette Libom Li Likeng a rappelé que ce thème traduit la vision anticipatrice du Chef de l’État, pour qui l’intelligence artificielle constitue un « démultiplicateur de développement, de croissance et de démocratisation », à condition que son usage reste éthique. « Longtemps perçue comme un privilège des grandes puissances, l’IA devient désormais un levier stratégique pour l’émergence des pays en développement. Cette 4ᵉ édition vise à engager une réflexion collective sur son intégration responsable dans nos politiques publiques, nos services sociaux et notre tissu entrepreneurial », a souligné la ministre.

Pensée comme un projet structurant à l’échelle nationale, la Semaine de l’Innovation Numérique ambitionne de faire du Cameroun un hub technologique en Afrique, fondé sur une IA éthique, inclusive et durable. « Cette semaine est bien plus qu’un événement : c’est une rampe de lancement pour les talents camerounais. Une plateforme pour stimuler la créativité et l’audace d’une jeunesse appelée à relever les défis de notre temps », a conclu Minette Libom Li Likeng.

Orange Green City : 1 000 arbres plantés pour faire de Bafoussam III une ville verte

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Après Garoua dans le Nord en 2024 et récemment Douala il y a quelques semaines, l’opérateur résolument engagé dans la préservation de l’environnement a mis le cap ce mardi 27 Mai sur Bafoussam, chef-lieu de la région de l’Ouest où il a été procédé avec la Mairie du 3éme arrondissement de cette ville, au planting de 1000 arbres, marquant ainsi le 3ème pas de son programme « Green City», campagne de sensibilisation qui a un double objectif : mobiliser le public pour l’action en faveur du climat d’une part, et d’autre part informer sur ses initiatives et programmes majeurs déployés pour faire face aux effets néfastes du réchauffement climatique.

Mai est le mois choisi chez Orange Cameroun pour laisser parler son côté cœur, en œuvrant à la protection de l’environnement. Adossé à « Orange Green City », plateforme au sein de laquelle l’occasion est offerte au personnel de l’entreprise de marquer leur solidarité avec les populations, principalement celles vulnérabilisées par les impacts liés au changement climatique dont les pics de températures constatés çà et là et les diverses catastrophes naturelles (glissements de terrain, inondations, érosion, etc.) sont les indicateurs. La lutte pour la préservation d’un environnement sain étant devenu de la plus grande importance chez Orange Cameroun qui s’est engagé via son programme « Engage for change », à mobiliser toutes les énergies pour accompagner les pouvoirs publics, pendant un mois durant, les salariés s’engage à se consacrer à soutenir une cause liée à la protection de la planète afin de contribuer à améliorer le quotidien des populations.

Le réchauffement climatique particulièrement observé dans les grandes métropoles n’a pas laissé indifférent les 50 salariés volontaires d’Orange qui ont posé leurs valises à Bafoussam III où, aux côtés de la Mairie, 1 000 plants d’arbres ont été mis en terre en guise de première étape d’un projet qui vise à verdir les quartiers Kéna et Kamkop pour faire de cet arrondissement et par-delà, faire du chef-lieu de la région, une ville verte. Pour M. Ndefonkou Daniel, Maire de la Commune de Bafoussam III, « les fortes chaleurs et les dérèglements observés de la nature, ont suscités la prise de conscience des autorités municipales pour qui il est désormais impératif de prendre à bras le corps la question de la protection de l’environnement, qui si elle n’est pas intégrée, est susceptible de causer d’importantes pertes économiques ainsi que des déplacements des populations ».

Pour M. Joseph Sala Moussa, Délégué Régional d’Orange Cameroun pour la région de l’Ouest, « l’activité de reboisement à laquelle nous procédons va nous permettre de retarder de façon considérable l’avancée de l’érosion, freiner les éboulements de terrains et rafraichir un peu plus la ville. L’objectif visé par notre programme « Orange Green City » est d’inverser la tendance actuelle (dégradation des ressources du sol, de l’eau, des terres et des forêts) en nous concentrant sur le reboisement, le développement économique à faible carbone, la multiplication de forêts urbaines et la création de nouvelles possibilités d’améliorer les moyens de subsistance des populations des zones rurales ».

Travailler en partenariat avec la Mairie de Bafoussam III dans le cadre de son programme environnemental, est à n’en point douter pour Orange Cameroun, nécessaire pour atteindre l’objectif zéro carbone engagé par le Groupe Orange dans son ambition de recréer des écosystèmes forestiers, et de végétaliser les villes, tant pour relever les défis écologiques actuels que pour améliorer le bien-être des populations.

Au-delà de cette activité, Orange Cameroun voudrait par cette action, encourager les publics urbains et ruraux à se mobiliser en faveur des initiatives écologiques collectives, notamment le reverdissement des villes, gage de résilience contre le réchauffement climatique, les glissements récurrents de terrain, les vagues de chaleur, la pollution. Dans les habitations, le jardin ou dans les lieux publics aménagés, chaque citoyen est invité à planter un arbre.

« Orange Cameroun est déjà très présente sur le terrain de la lutte pour la protection de l’environnement via de nombreuses actions pérennes« 

Justo Epee Ndoumbe, Orange Cameroun

« Les zones boisées, les forêts et les arbres remplissent dans les villes et leurs périphéries, un large éventail de fonctions vitales telles que le stockage du carbone, l’élimination des polluants atmosphériques, l’alimentation, la sécurité énergétique et hydrique, la restauration des sols dégradés et la prévention des sécheresses, des érosions et des inondations. Orange Cameroun est déjà très présente sur le terrain de la lutte pour la protection de l’environnement via de nombreuses actions pérennes qui améliorent le quotidien des populations qui pour nous sont depuis, passées du stade de clients, utilisateurs de nos services, à partenaires dans le combat commun qui est celui de faire de nos environnements, des endroits où il fait bon vivre »

L’université de Yaoundé 2 va mettre ses chercheurs à la disposition du PAD

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  Il est notamment envisagé de guider les projets implémentés au sein du port de douala, d’après une rencontre qui a eu lieu le 22 mai dernier entre une délégation de cette institution universitaire et le directeur général adjoint du port de Douala.

 Un accord cadre pourra bientôt voir le jour entre le Port Autonome de Douala et l’université de Yaoundé 2 Soa. Les deux institutions ont passé en revue les axes de coopération possibles. Un draft est même déjà disponible selon les informations communiquées à la suite d’une visite d’une délégation de l’université au port de Douala le 22 mai dernier. Ladite délégation conduite par le recteur Richard Laurent Omgba s’est entretenue avec le directeur général adjoint du port.   

La délégation a été reçue par le DGA du Port Autonome de Douala, Charles Michaux Moukoko Njoh.  Les deux parties ont évoqué par exemple la possibilité d’utiliser l’expertise des chercheurs de l’université de Yaoundé 2 dont les formations en sciences économiques et politiques sont reconnues. Cette expertise pourrait alors être mise à contribution pour les divers projets d’envergure du port de Douala. C’était donc l’occasion pour la délégation de l’université de Yaoundé de découvrir la vision long terme du port autonome de Douala qui aspire à être un hub maritime régional incontournable, facilitant les échanges commerciaux et contribuant au développement socio-économique de la région.  Une vision pour laquelle les universitaires pourraient bien contribuer à la matérialisation dans les conditions fixées par l’accord cadre en gestation.

« Le cadre de coopération devrait permettre à chaque entité de s’améliorer et de performer.  Nous nous sommes engagés, nous, à respecter la déclaration du chef de l’État qui voudrait que le port de Douala devienne le pôle de référence au cœur du golfe de Guinée.  Ce qui veut dire que nous aurons, dans un horizon co-moyen et long terme, beaucoup de projets. Et l’expertise dans le management de ces projets, dans leur conception et le management, appartient à 75% à l’Université de Yaoundé 2. Nous pensons que cet accompagnement va beaucoup apporter au port de Douala », a indiqué Charles Michaux Moukoko Njoh.

Réaction

Richard Laurent OMGBA ; recteur de l’université de Yaoundé 2

 « Nous entendons mettre cette expertise au service du port »

« Si nous sommes là, c’est parce que nous entrevoyons de nouer un accord de coopération entre le port autonome de Douala et l’université de Yaoundé 2.  Vous savez que nous avons une expertise avérée, reconnue dans les domaines des sciences juridiques, du contentieux, des sciences économiques, du management, de la gestion et nous entendons mettre cette expertise au service du port pour que nous puissions l’accompagner dans son vaste programme stratégique de déploiement à l’horizon 2050. C’est un projet ambitieux qui nécessite une très grande expertise, aussi bien de l’intérieur que de l’extérieur. Nous voulons donc mettre nos experts à la disposition du port pour que, de manière optimale, nous puissions, pour le compte du gouvernement, réaliser cette grande ambition. L’université est engagée dans un processus entrepreneurial. Donc, ce sera l’opportunité de pouvoir signer avec le port des contrats de consultance, des contrats d’expertise, parce que nous avons aujourd’hui à Yaoundé 2 un cabinet de consultance qui mobilise toute l’expertise de l’université. Donc, cette expertise va être mise au service du port pour que nous puissions l’accompagner au mieux dans son projet de déploiement à l’horizon 2050. »

Les deux remorqueurs du constructeur Damen en route pour le port de Douala

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La cérémonie de départ des deux navires pour le Port de Douala-Bonabéri, s’est déroulée  le 23 mai dernier à Sharjah, aux Émirats Arabes Unis, sous la houlette de Cyrus Ngo’o DG du PAD.

Annoncées depuis le mois d’avril dernier, les nouvelles acquisitions du port autonome de Douala seront bientôt disponibles sur la place portuaire de Bonabéri. D’après les informations communiquées par les responsables du port, les remorqueurs acquis chez le constructeur Damen Shipyards Gorinchem sont en mer pour rejoindre le Cameroun.  Le Directeur Général du Port de Douala-Bonabéri, selon un communiqué publié par l’entreprise, a présidé le 23 mai dernier la cérémonie de départ des deux remorqueurs sur les quais de Damen Albwady à Sharjah, aux Émirats Arabes Unis. Ceci, en présence du Consul Général du Cameroun à Dubaï, Donancier Mebouogue, et du Directeur régional Afrique de la Société Damen Shipyards Gorinchem, Jan Van Der Vorm.

En effet, c’est le 19 octobre 2023 que le PAD a signé avec le néerlandais Damen Shipyards Gorinchem, le contrat de construction de ces deux remorqueurs. Pour le Directeur Général du PAD, ces deux remorqueurs « sont plus que des navires. Ils représentent un symbole de notre engagement à offrir des services de haute qualité et à répondre aux besoins de nos clients. Nous sommes convaincus que ces nouvelles acquisitions contribueront à renforcer notre compétitivité et celle de la Régie Déléguée du Remorquage ».

Le Port Autonome de Douala affirme qu’après le départ du concessionnaire Boluda la régie de remorquage a repris les activités en janvier 2021 avec de vieux engins nautiques dont le plus jeune avait 22 ans et le plus âgé 54 ans. Les nouveaux engins tous neufs ont coûté 11,6 milliards FCFA.  Le contrat avec le néerlandais Damen Shipyards Gorinchem portait sur la construction, le transport à Douala, la formation, l’assistance technique pendant un an après la vente, et la fourniture des pièces de rechange et l’assurance.

Mobilité: des motos électriques annoncées à Douala dès juillet 2025

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 Le projet de l’entreprise indienne Spiro va démarrer avec une centaine de motos dans la capitale économique, et la construction d’une vingtaine de points de mutation de batteries pour un coût de recharge de 1500 FCFA pour 100 Km.

Spiro, un fabricant indien de véhicules souhaite développer la mobilité électrique au Cameroun. Ses dirigeants ont présenté il y a quelques jours à Douala son projet de motos électriques. D’après le PDG de cette entreprise, Kaushik Burman, l’initiative sera opérationnelle dès le mois de juillet prochain avec l’introduction d’une centaine de motos électriques dans la capitale économique.

 Pour faciliter l’utilisation de ces engins, Spiro compte construire une vingtaine de points de mutation de batteries sur tous les 3 km dans la ville de Douala.  Ce qui va permettre de « réduire la crainte liée à l’autonomie des batteries, en offrant un coût d’utilisation inférieur à celui d’une moto thermique, soit 1500 FCFA pour 100 Km », justifie Rahul Gaur, directeur général de Spiro Afrique de l’Ouest et Cameroun.

Il faut dire que selon les données de la mairie de la ville de Douala, plus de 60% des déplacements dans la ville se font à moto. L’arrivée des moto électriques va renforcer l’offre déjà existante. Cette innovation pourrait également, selon des simulations, induire une baisse des tarifs de transport pour les usagers. On estime en réalité qu’un conducteur de mototaxi thermique qui dépense 6 000 FCFA par jour en carburant consommerait environ 8,4 litres d’essence quotidiennement. Mais avec une moto taxi électrique, les coûts quotidiens de carburant seraient réduits à environ 1 600 FCFA, soit une économie de 4 400 FCFA par jour. Bien plus, ces motos ne nécessitent pas de vidanges d’huile. Ce qui représente une économie supplémentaire de 8 000 à 12 000 FCFA par mois.

Sur ce nouveau marché, Spiro rejoint la start-up camerounaise Bee, qui   compte introduire dès juin 2025, 40 motos électriques à Douala, Yaoundé, Bertoua et Bafoussam à raison de 10 motos par ville. L’investissement de 610 millions de FCFA prévoit l’importation de 100 motos supplémentaires et de lancer une chaîne de production locale d’ici 2026.

L’indien Spiro est déjà présent au Togo, Bénin, Nigeria, Kenya, Ouganda et Rwanda. La seconde phase de son projet au Cameroun prévoit la construction d’une usine d’assemblage de motos électriques.

Forum Minfi/Société Civile : Vers un financement plus équitable de la santé ?

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Les acteurs de la société civile sont des partenaires pour le gouvernement. Ce n’est pas un rapport d’antagonisme qui vous lie aux pouvoirs publics », a déclaré Louis Paul Motaze, ministre des Finances à l’ouverture de la troisième édition du Forum d’échanges entre le MINFI et les Organisations de la Société Civile (OSC) spécialisées en finances publiques, tenu le 21 mai 2025 à Yaoundé. Le ministre a voulu clarifier les rôles et redéfinir les lignes de coopération : le citoyen comme sentinelle, et non comme adversaire.

Cette rencontre s’inscrit dans une démarche participative et transparente engagée par le département ministériel pour améliorer la gestion des finances publiques. L’implication des OSC est perçue comme essentielle, non seulement pour leur force de proposition, mais aussi pour leur rôle dans le contrôle citoyen et la veille budgétaire.

Placé sous le thème : « Une gestion des finances publiques pour améliorer la justice sociale et la finance climatique », le forum s’est appesanti sur le financement de la santé, domaine dans lequel les inégalités persistent et les défis sont majeurs. « Depuis plus de six ans, 20 % des financements du secteur de la santé sont alloués aux structures de base, qui tentent difficilement de répondre aux besoins de 80 % de la population. Parallèlement, 80 % des financements sont dirigés vers des structures sophistiquées, qui ne desservent que 20 % des citoyens. Cette répartition inversée des ressources compromet la justice sociale dans notre pays » a indiqué Christine Andela, coordonnatrice du Groupe de Référence de la société civile pour la transparence des finances publiques.

Cette déclaration s’est basée sur rapport élaboré par la société civile et baptisé « Citizen Lenses Report », qui dresse un bilan du système actuel de financement de santé, tout en proposant des pistes de solution. Selon ce document rendu public le 21 mai dernier, les dépenses totales de santé s’élevaient à 874 milliards de FCFA en 2019, représentant environ 4 % du PIB national. Pourtant, les ménages assument à eux seuls près de 71 % de ces dépenses, souvent par paiement direct, sans mécanisme de mutualisation ou de solidarité. Ce mode de financement, lourd et inéquitable, place une pression considérable sur les foyers, en particulier les plus vulnérables.

Autre déséquilibre mis en lumière est l’allocation budgétaire entre les niveaux de soins. Le niveau primaire, qui traite pourtant plus de 82 % des cas de santé, ne reçoit que 28 % du budget, contre 52 % pour le niveau tertiaire, qui ne couvre que 2 % des prises en charge. Un déséquilibre que le gouvernement entend corriger à travers le Plan Sectoriel Santé 2020-2030, qui fait des soins de santé primaires (SSP) le socle d’un système de santé plus équitable et plus performant. L’étude prospective sur l’investissement dans les SSP, également dévoilée à cette occasion, présente trois scénarios de mise en œuvre sur cinq ans (minimal, moyen, ambitieux), avec des retours sur investissement particulièrement prometteurs.

Dans le scénario le plus ambitieux, l’investissement annuel de 301 milliards de FCFA pourrait générer un gain économique de plus de 10 milliards de dollars sur cinq ans, avec un ratio coût/bénéfice estimé à 3,7, pouvant même atteindre 7 sur neuf ans. Ce rapport met en avant les solidarités communautaires comme levier potentiel de financement. Ces formes locales de mutualisation, parfois informelles mais bien ancrées dans les habitudes sociales, pourraient être intégrées dans une logique plus large de Couverture Santé Universelle (CSU). Pour cela, un cadre réglementaire et institutionnel serait nécessaire, afin de structurer et renforcer ces initiatives endogènes. Au-delà des chiffres, c’est une vision nouvelle du système de santé que propose les OSC. Un mécanisme plus équitable, plus centré sur la prévention et l’accès universel, et mieux aligné sur les objectifs de développement humain. La participation active de la société civile, en tant que relais de terrain et catalyseur de solutions locales, est apparue comme un atout clé pour la réussite de ces ambitions.

En président les travaux, le Ministre Louis Paul Motaze a réaffirmé l’engagement du gouvernement à faire de la transparence budgétaire et de l’investissement dans la santé une priorité. « Ensemble, nous devons bâtir un système de finances publiques qui réponde aux besoins réels des populations, notamment dans les secteurs sociaux. Les OSC sont des alliés précieux pour relever ce défi collectif », a-t-il conclu.

Lions indomptables: Marc Brys se passe d’André Onana

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André Onana ne sera pas du regroupement des Lions indomptables de juin 2025. Ainsi en a décidé Marc Brys, le sélectionneur national. Dans la liste qu’il vient de rendre publique pour le compte du prochain regroupement de la sélection nationale, le technicien en chef n’a pas retenu le gardien titulaire. Une grande première pour celui qui a jusqu’ici compté essentiellement sur son numéro un, quel que soit l’enjeu de la rencontre. « C’est moi qui décide», a toujours clamé le technicien belge, y compris lorsqu’il a une fois été interrogé sur l’hyper-titularisation d’André Onana, même dans des matchs sans enjeu. L’homme a même reconnu que le concerné a déjà essayé de l’amener à céder le poste à ses adjoints dans certaines rencontres.

La liste de Marc Brys pour juin 2025.

Pour le compte du mois de juin 2025, les Lions indomptables devraient participer à un tournoi amical. Marc Brys a préféré faire avec les seconds. Ainsi, au poste de gardien de but, l’on aura Simon Ngapandouetnbu, Simon Omossola et Devis Epassy. Avec certainement une prééminence du dernier cité, qui a jusqu’ici été le second d’André Onana. Omossola, lui, revient après une longue absence. De même, en défense, ce sont des seconds couteaux. En dehors de Faï Collins et Castelletto, ce sont des remplaçants qui sont appelés. Pareil au milieu et en attaque. Parmi les titulaires incontestés, seul le capitaine Vincent Aboubakar sera de la partie. Ignatus Ganago, lui aussi, revient, pour essayer de se refaire une santé, et de la confiance.

Finances publiques : Richard Evina Obam (DG-CDEC) répond à Babissakana

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« POSITIONNER LES INSTITUTIONS FINANCIERES PUBLIQUES A LA FRONTIERE TECHNOLOGIQUE DE LA FINANCE » : ET SI L’INGENIEUR FINANCIER BABISSAKANA PATAUGEAIT DANS LA SEMOULE ?

Dans la perspective de l’élection présidentielle d’octobre 2025, l’espace public camerounais est inondé d’une production épistolaire débordante, signe de sa vitalité démocratique et expression d’une fertilité intellectuelle réelle. Par une lettre publiée le 6 novembre 2024, l’ingénieur financier Babissakana s’adresse directement au Président de la République, lui demandant de se retirer du pouvoir, et de ne pas briguer un nouveau mandat à l’élection prochaine. Alors que le landerneau politique camerounais en était encore à méditer sur le retentissement de ce pavé jeté dans la marre, le même ingénieur financier revient à la charge par une lettre de réforme adressée à l’homme à qui il demandait de se retirer du pouvoir, publiée dans plusieurs tabloïdes de la place avec un impact tonnant sur les réseaux sociaux. Dans cette sortie tonitruante aux relents populistes, l’intéressé prétend éclairer le Chef de l’Etat sur le dialogue en cours concernant la supervision de la Caisse des Dépôts et Consignations du Cameroun (CDEC) entre le Gouvernement et les institutions financières de la CEMAC notamment la BEAC et la COBAC. Il se targue aussi de découvrir des insuffisances d’organisation de principales institutions financières publiques et recommande de manière emphatique des mesures clés de réorganisation permettant de positionner lesdites institutions à la frontière technologique de la finance, dans l’optique de l’amélioration continue de leurs performances tout comme celles de la place financière du Cameroun. Prétendant clore le débat, cette démarche présomptueuse appelle des mises au point sur son contenu au regard de l’impérieux souci de conformité vis-à-vis de la règle de droit établie dans toute organisation (I), de la pertinence ou non du dogme de l’infaillibilité du régulateur bancaire (II), de la prétention d’une applicabilité universelle du Plan comptable des établissements de crédit (III). Il convient aussi de relever le caractère continue, durable et inachevé de l’implémentation de la comptabilité patrimoniale dans la plupart des Etats (IV), ainsi que la soumission servile de cet intellectuel aux excès du capitalisme financier avant d’identifier les vrais défis pour l’attractivité de la place financière camerounaise (V).

1 L’impérieux respect de la règle de droit : un prérequis pour toute volonté de positionnement des entités publiques à la frontière technologique de la finance

La frontière technologique désigne le niveau le plus avancé de la recherche dans un domaine donné et à un moment précis. Elle renvoie aux dernières innovations et découvertes. Ce n’est pas ce que semble faire Monsieur Babissakana au regard de la règle de droit. Pour démontrer la faillite de l’Etat camerounais sur la qualité de son ingénierie financière, l’ingénieur financier invoque, sans aucunement mentionner le moindre fait tangible de leur non application, trois instruments internationaux :

–           le Traité du 16 Mars 1994 instituant la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique centrale et la Convention du 5 Juillet 1996 régissant l’Union Monétaire de l’Afrique Centrale (UMAC). Il oublie que cette convention a été remplacée par celle du 25 Juin 2008 régissant l’Union monétaire de l’Afrique centrale (UMAC) ;

–          le Traité du 10 Juillet 1992 instituant la Conférence Interafricaine des Marchés d’Assurance (CIMA) ;

–           le Traité du 21 Septembre 1993 instituant la Conférence Interafricaine de la Prévoyance Sociale (CIPRES).

Tous ces textes internationaux régulièrement ratifiés par le Cameroun sont scrupuleusement respectés et aucun manquement n’a jusque-là relégué notre pays en position de rattrapage technologique dans le domaine de la finance. Le pays de Paul BIYA reste exemplaire dans le domaine du respect de ses engagements internationaux. En ce qui concerne particulièrement la Caisse des Dépôts et Consignations (CDEC), il est clair que le service public de dépôts et consignations ne fait pas partie des matières transférées à la communauté par l’Etat. La CDEC demeure un instrument national régi par l’ordre juridique interne. Pour preuve, ce n’est que maintenant que la BEAC et la COBAC essayent par tous les moyens, vaille que vaille, de trouver par le biais d’un règlement CEMAC au forceps, l’insertion de la supervision des Caisses des Dépôts dans l’ordre juridique communautaire. Peut-on chercher à réglementer ce qui est déjà réglementé ? Les subterfuges utilisés par ces instances communautaires visent à trouver une base juridique à la volonté des banques camerounaises de se trouver un allié communautaire dans leur obsession à ne pas transférer les ressources dévolues à la CDEC par la loi. Cet activisme du lobby bancaire traduit un phénomène bien connu, celui regrettable de la capture du régulateur par les régulés en fonction de leurs intérêts.

En effet, dans l’orthodoxie du droit, la méthode communautaire est fondée sur le principe d’attribution ou principe de la spécialité c’est-à-dire que la compétence communautaire est une compétence d’attribution tandis que la compétence de principe ou « compétence des compétences » revient aux Etats. En d’autres termes, ce sont les Etats qui déterminent eux-mêmes leurs propres compétences en transférant de manière souveraine les matières à la communauté. Ainsi l’article 2 de l’additif au Traité de la CEMAC dispose que « les organes et les institutions de la Communauté agissent dans les limites des attributions et selon les modalités prévues par le présent additif, par les conventions de l’UEAC et de l’UMAC et par les statuts respectifs des organes et institutions ». Dans le même sillage, l’article 8 de la Convention de l’UEAC et l’article 2 de la Convention de l’UMAC, précisent que ces deux institutions « n’agissent que dans la limite des objectifs que le Traité de la CEMAC et que leurs conventions respectives leur assignent. Elles doivent respecter l’identité de chaque Etat membre ».

            Il faut rendre justice à notre ingénieur financier lorsqu’il fait de la CNPS le modèle à suivre dans le cadre de la Convention CIPRES. En effet, il s’agit effectivement de la meilleure illustration par laquelle la compétence d’attribution de tout organe supranational se trouve appliquée. Les Etats (y compris le Cameroun) ont décidé de transférer leurs compétences en matière de gestion de la prévoyance sociale dans le cadre d’un Traité régulièrement conclu et ratifié. Ce qui n’est pas le cas du FEICOM, de la CAA ou de la CDEC qui exercent des activités relevant de la souveraineté des Etats n’ayant pas été formellement transférées à l’échelon supranational.

En tout état de cause, la COBAC doit respecter le principe de la spécialité qui limite la compétence d’une entité à un champ d’action spécifique défini par son acte constitutif et n’agir que dans les limites de ses missions statutaires.

2 Le dogme de la supervision de toutes les institutions financières de l’Etat par la COBAC : loin de la panacée, plutôt une hérésie

Les missions fondamentales d’un régulateur bancaire consistent à protéger les épargnants, faire respecter les règles applicables au secteur bancaire et veiller à la stabilité du système financier en prévenant les crises systémiques. Que le régulateur bancaire se situe à l’échelon national ou à l’échelon communautaire, il reste spécialisé dans le domaine des opérations de banques. En zone CEMAC, la Convention du 16 Octobre 1990 portant création de la COBAC ensemble son annexe, précise que le régulateur est chargé de « veiller au respect par les établissements de crédit des dispositions législatives et réglementaires édictés par les autorités nationales, par la BEAC et par elle-même et qui leur sont applicables et de sanctionner les manquements constatés ». Les compétences de la COBAC sont clairement énoncées par les textes communautaires dans le cadre du principe de la spécialité ou de l’attribution.

D’où vient-il que notre ingénieur financier affirme de manière sentencieuse que le « régulateur naturel » de la CDEC, de la CAA et du FEICOM est la COBAC ? Ce fétichisme obnubilant autour de la COBAC par une volonté d’extension de ses compétences est sujet à caution.

S’agissant du FEICOM, son rôle est le financement des collectivités territoriales décentralisées dans le cadre d’une politique publique tirée du fait que le Cameroun en vertu de sa Constitution, est un Etat unitaire décentralisé. Cet établissement public à caractère économique et financier dispose de ressources issues de la fiscalité et de la coopération internationale. La COBAC serait-elle devenue un contrôleur des deniers publics destinés au financement de la politique nationale de décentralisation ? Quant à la CAA, établissement public à caractère spécial, il s’agit de l’organisme public en charge de la gestion de la dette publique et du financement des projets publics. Où a-t-on vu au monde un régulateur bancaire superviser la gestion de la dette souveraine d’un Etat ? S’agissant de la CDEC, c’est un établissement public à caractère spécial créé par la loi du 14 Avril 2008 pour assurer le service public des dépôts et consignations. Les ressources gérées par la CDEC sont des deniers publics maniés par un comptable public. La COBAC serait-elle devenue une instance de supervision des comptables publics ? La question se pose de savoir quel est le texte communautaire qui habiliterait la COBAC à réguler des institutions régies souverainement par l’ordre juridique interne et hors du champ d’application de ses textes organiques. Ce travestissement délibéré des missions du régulateur bancaire ne peut être que source d’incertitude dans une trajectoire hasardeuse. En prétendant outrancièrement positionner les institutions financières publiques camerounaises à la frontière technologique de la finance par une idolâtrie excessive de la COBAC, l’enfant terrible de BOGANDO propose sans tact au Chef de l’Etat des dispositifs sans fondements juridiques, dénudés de références doctrinales, dénués d’efficacité opérationnelle avérée et jamais vus nulle part ailleurs au monde au regard de la comparaison internationale.

3 La prétention du plan comptable des établissements de crédit à être la norme comptable de référence universelle

Le décret du 15 Avril 2011 portant organisation et fonctionnement de la CDEC consacre l’application des règles comptables de droit privé à cette institution. L’ingénieur financier propose au Chef de l’Etat que cette institution soit soumise au plan comptable des établissements de crédits.

Le plan comptable des établissements de crédits, conçu pour les établissements bancaires n’est pas adapté pour encadrer les opérations d’une institution publique telle que la CDEC. Par sa finalité prudentielle, il est calibré pour le suivi des risques bancaires, la solvabilité institutionnelle et la régulation du crédit intermédié. Il n’a pas vocation à régir les missions fiduciaires, ou de financement de développement exercées par les établissements publics lorsqu’ils interviennent dans la sphère financière en intermédiation de marché.

En revanche, le système comptable OHADA révisé en 2017 constitue un cadre normatif solide, moderne et adapté aux entités économiques complexes. Il est appliqué non seulement aux entreprises commerciales de droit privé mais également aux institutions publiques à vocation financière intervenant sur les marchés de capitaux et aux établissements faisant appel public à l’épargne. Il offre une méthodologie qui permet aux entités comme la CDEC, la possibilité de produire une information financière fiable, consolidée, transparente et conforme aux attentes des investisseurs, des bailleurs et des autorités de tutelle. De nombreuses entités financières y compris les Caisses de Dépôts ou des sociétés intervenant en bourse ont adopté ce référentiel sans être soumises à la logique bancaire du Plan comptable des établissements de crédits. Imposer ce référentiel comptable à la CDEC revient à méconnaître la lettre et l’esprit du droit bancaire CEMAC, le périmètre d’application des normes prudentielles ainsi que les distinctions fondamentales entre activité bancaire, missions fiduciaires et action publique. Une analyse des textes applicables, de la nature juridique de la CDEC et de bonnes pratiques internationales démontre que la position de l’ingénieur financier est juridiquement infondée, doctrinalement discutable et économiquement inadaptée. La CDEC assure une mission de service public à vocation fiduciaire régi par la loi du 14 Avril 2008. Elle ne saurait être assimilée à un établissement de crédit car elle n’effectue nullement des opérations de banques qui sont la réception des fonds du public, l’octroi des crédits et la mise à disposition des systèmes et moyens de paiement à une clientèle tel que prévu par les textes communautaires.

Un autre argument souvent mis en avant consiste à soutenir que la CDEC pratiquerait une forme d’intermédiation financière ce qui justifierait son rattachement au Plan comptable des établissements de crédits. C’est une confusion conceptuelle majeure car l’intermédiation bancaire suppose la transformation des ressources collectées en crédits, l’exposition à un risque de crédit et une logique de rentabilité fondées sur les écarts de taux et d’échéance. A l’opposé, la CDEC exerce une mission fiduciaire comme tiers de confiance recevant des fonds pour compte des tiers, les sécurisant et les affectant conformément aux règles de droit public. Elle ne mène aucune activité spéculative et n’engage aucun risque rémunéré. Assimiler cette fonction de gestion sécurisée à une intermédiation bancaire revient à commettre une erreur doctrinale manifeste et à ignorer les standards de classification institutionnelles largement admis dans le monde. Imposer ce référentiel à une entité multifonctionnel comme la CDEC reviendrait à créer une insécurité juridique, à alourdir inutilement la charge administrative et à brouiller la frontière entre régulation bancaire et gouvernance publique.

4 L’implémentation de la comptabilité patrimoniale de l’Etat : un chantier inachevé au Cameroun comme ailleurs

Sous un ton alarmiste, l’ingénieur financier présente l’opinion défavorable émise le 15 Octobre 2024 par la Chambre des comptes de la Cour Suprême sur les états financiers de l’Etat du Cameroun pour l’année 2023. Il estime non seulement que cette opinion défavorable traduit le niveau faible et inadéquat de l’ingénierie financière de l’Etat mais aussi, que le Ministère des finances serait incapable dans ses fonctions de tutelle financière sur les entités publiques et ne peut être à la hauteur de meilleurs normes comptables et financières reconnues.

Il faut d’emblée relever ici que l’Etat n’est pas comparable à une entreprise commerciale en raison de la dichotomie entre les enjeux de rentabilité propre au secteur privé et les objectifs d’intérêt général incombant à la puissance publique. On ne saurait raisonnablement juger la performance publique sur les critères liés à la bonne présentation de son bilan, son compte de résultat, le tableau des flux des opérations de trésorerie et l’état annexé. La performance publique accepte certes la vérité des chiffres mais ses indicateurs de performance sont plus qualitatifs que quantitatifs.

S’agissant de la réforme comptable en zone CEMAC, les directives communautaires avaient prévu pour 2022 leur internalisation en droit interne à travers l’adoption d’une comptabilité patrimoniale inspirée de la comptabilité des entreprises privées. Cette réforme a pour objectifs la maîtrise de la richesse exacte de l’Etat à travers un recensement, un inventaire de tous les éléments d’actif dans les comptes de l’Etat en vertu des standards et normes internationaux. Il est donc question d’identifier tous les actifs de l’Etat dans chaque arrondissement, département et région. Une mission lourde et complexe.

On convient qu’il s’agit d’un travail qui s’inscrit dans une perspective pluriannuelle comme dans l’ensemble des pays concernés par cette lourde réforme. Un pays comme la France qui nous a précédé sur cette voie par la loi organique portant loi de finances (LOLF) en 2001 n’a soumis ses états financiers à certification qu’en 2006 soit cinq ans après. La Chambre des comptes est donc dans son rôle en émettant une opinion défavorable sur les états financiers de l’Etat. Mais ce retard consenti dans la mise en place d’une comptabilité patrimoniale ne saurait être considéré comme le baromètre pertinent pour l’évaluation de l’organisation de l’ingénierie financière de l’Etat.

5 Le fétichisme servile autour des vertus de certains instruments du capitalisme financier : une conception parcellaire de la gouvernance financière publique

 L’Ingénieur financier Babissakana semble vouer un culte aux vertus du capitalisme financier à savoir cette forme de capitalisme où la finance et la spéculation dominent et où les marchés financiers jouent un rôle central dans la détermination des valeurs et relations économiques au détriment d’un capitalisme productif des biens et services. Ce qui laisse croire que les institutions, même celles qui ont pour raison d’être l’intérêt général, ne doivent leur légitimité qu’au fait d’être dûment supervisées par le régulateur bancaire. Il s’agit d’une conception très étriquée de l’action publique dont la gouvernance mérite d’être perçue à large spectre. Comment soumettre à la même grille d’analyse le FEICOM, la CAA, la CDEC sous la régulation « naturelle » de la COBAC lorsqu’on sait que ces institutions financières ont des vocations différentes alliant à la fois des missions de service public et quelques activités concurrentielles dans un environnement socioéconomique caractérisé par sa complexité et sa mutabilité ?

En effet, les problématiques de régulation sont aujourd’hui plurielles et multiniveaux, caractéristique de l’action publique post-moderne. Et le culte effréné de l’infaillibilité du régulateur bancaire ou financier est aujourd’hui battu en brèche au regard des enseignements tirés de l’histoire des récentes crises financières. C’est le cas des manquements de la Securities Exchange Commission (SEC) qui s’était « endormie au volant » au regard des rendements irréalistes procurés par les fonds BMIS fondés sur une pyramide de Ponzi (schéma frauduleux par lequel les rendements sont générés par l’argent de nouveaux investisseurs plutôt que par les investissements légitimes).

L’acharnement de la COBAC à superviser des activités autres que les opérations de banques, relève d’un phénomène très décrié de la capture du régulateur par les régulés. En effet, le lobby bancaire camerounais dans sa volonté de ne pas transférer les ressources dévolues à la CDEC par la loi, s’est trouvé un nouvel allié en la COBAC, poussée à faire obstruction au service public de dépôts et consignations, matière souveraine relevant de l’ordre juridique national.

Par ailleurs, le fait d’être supervisé par le régulateur bancaire ne saurait être une condition sine qua non pour être admis aux opérations de marché comme le soutient notre ingénieur financier. Il s’agit simplement d’obtenir l’agrément de l’autorité de régulation compétente, la Commission de surveillance du marché financier (COSUMAF). L’accès au marché financier est règlementé et nécessite le respect des conditions strictes aux fins de garantir la sécurité et la transparence des opérations par le respect des principes de bonne gouvernance. Le préalable serait donc celui d’une bonne information financière caractérisée par la tenue d’une comptabilité fiable et sincère dûment certifiée par des commissaires aux comptes.

En somme, les vertus du capitalisme financier sur la réduction de la pauvreté, la croissance durable et la mobilité des capitaux pour une meilleure allocation des ressources ne sont plus à démonter pour les Etats. Mais les dérèglements de la finance observés au cours des dernières crises financières appellent une réflexion plus nuancée sur la nature de nouvelles régulations pour tenir compte des avantages comparatifs des Etats dans leur interaction à la mondialisation. De fait, l’attractivité de la place financière camerounaise réside plutôt dans la fédération de ressources humaines et économiques susceptibles de faire rayonner à l’international en offrant des infrastructures solides, des talents et un climat des affaires intéressant. Dans des environnements en transition comme le Cameroun, l’éducation financière serait aussi un chantier fertile. En clair, le positionnement des institutions à la frontière technologique de la finance ne passe pas nécessairement par la canonisation de certains instruments du capitalisme financier dans un environnement mouvant et complexe de globalisation. Ce positionnement n’est pas non plus tributaire de la stigmatisation systématique et outrée de la gouvernance financière de l’Etat dans un contexte de construction vicié par la compétition politique ambiante. A moins qu’on ne soit en mission commandée dans une entreprise de mercenariat.

Richard EVINA OBAM, Haut Fonctionnaire

Jean Pierre Ndoumbe Ndika : Le sous-préfet « rebelle » et outrageux

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Atanga Nji a pourtant interdit la pratique à l'origine des faits

La vidéo circule en boucle sur les réseaux sociaux. Un sous-préfet donnant des directives aux invités au cocktail de fin du défilé de la 53ème édition de la Fête de l’Unité. C’est Jean Pierre Ndoumbé Ndika, sous-préfet de Dembo, un arrondissement du département de la Bénoué, région du Nord : « Tous les chefs ici présents n’ont pas atteint le niveau de la contribution qui leur a été demandé… Quand c’est pour demander de l’aide, ils sont champions. Monsieur le commandant de brigade, il faut prendre les noms de ces messieurs, vous les entendez sur procès-verbal… J’ai déjà envoyé tous vos noms au Préfet, au Gouverneur et même au Minat. Nous ne pouvons pas continuer dans ces conditions. Le 11 février, la fête de vos enfants, vous ne voulez pas contribuer ; le 20 mai, vous ne voulez pas contribuer. Mais vous voulez le développement, l’eau, l’électricité », se lance le Chef de terre contre les Lawans, chefs traditionnels de 3ème degré. L’homme ne s’arrête pas là. Excepté le lamido qui visiblement a contribué à ma hauteur des exigences du sous-préfet, doivent passer devant une cour martiale version Ndoumbè Ndika : instruction a été donnée au Commandant de brigade d’entendre sur procès-verbal, tous les chefs de 3ème degré de son territoire de commandement. Les services de renseignement y sont mêlés. « Celui qui ne sera pas là, nous allons le ramasser, il va dormir au parquet, même s’il part se cacher au Nigeria », prévient-il.

Le sous-préfet saisit l’occasion devant le parterre d’invités, pour humilier les autorités traditionnelles : « Quand c’est pour porter de beaux gandouras et épouser plusieurs femmes, vous êtes champions. Vous ne faites pas avancer la République. Vous connaissez seulement vous asseoir, on vous tape le tam-tam, les femmes vous font les salamalecs… vous faites des enfants multiples et beaucoup vadrouillent dehors. Je vous dis, faites extrêmement attention. Ça doit finir », hausse-t-il le ton. En soulignant que « cette même semaine, deux d’entre eux sont venus dans mon bureau me demander de l’argent pour aller se soigner au centre de santé». L’homme leur interdit l’accès à ses services désormais : « À partir d’aujourd’hui, ne venez pas demander de l’aide financière dans mon bureau. Même pour venir faire signer vos papiers, réfléchissez à deux fois avant de venir », extrapole celui qui est commis à cette tâche gratuitement, au bénéfice de tout citoyen, qui qu’il soit.  

Interdiction du Minat

Ce n’est pas que les chefs traditionnels n’ont rien apporté au sous-préfet pour l’organisation des festivités du 20 mai. Selon des sources crédibles à Dembo, « les chefs ont contribué à hauteur de 10 000 Fcfa chacun, comme ils ont l’habitude de le faire lors des célébrations antérieures ». Ce qui n’est pas du goût du sous-préfet qui « cette fois-ci, a demandé une somme de 20 000 Fcfa par chef ». De quoi choquer le sous-préfet. Et pourtant, en février 2024, le ministre de l’Administration territoriale (Minat), a formellement proscrit cette habitude qu’avaient développé les autorités administratives dans l’organisation de fêtes été cérémonies officielles pour lesquelles l’Etat leur octroie un budget. « Mon attention a été appelée de manière régulière sur des pratiques peu orthodoxes consistant à recourir à des quêtes et à solliciter des contributions auprès des prestataires et des promoteurs du secteur privé pour l’organisation des cérémonies officielles. De telles pratiques, du reste répréhensibles, procèdent des dérives qui sont contraires à l’éthique et à la déontologie professionnelles. Elles participent, en outre, à la fragilisation de l’autorité des chefs des circonscriptions administratives, et par ricochet, de l’autorité de l’État. Aussi, ai-je l’honneur de vous demander de bien vouloir enjoindre les chefs de circonscriptions administratives de vos ressorts de commandement respectifs, de surseoir dorénavant à de telles pratiques avilissantes pour le corps préfectoral », peut-on lire dans la lettre de ), Paul Atanga Nji à ses collaborateurs de la préfectorale. Jean Pierre Ndoumbè Ndika qui est sous-préfet de Dembo depuis 2021, n’en a cure.

Aucune réaction officielle du Minat jusqu’à présent. Mais sur place à Dembo, l’on est outré par cette attitude de cette autorité « qui a cette habitude d’être indécent et irrévérencieux envers les collaborateurs et les subalternes». Mais déjà, l’on apprend qu’aucun des chefs humiliés n’a fait le déplacement de la résidence du maire où avait lieu la réception après le défilé. De même, aucun d’entre eux ne s’est présenté à la brigade de gendarmerie. Le commandant en question, n’a jusqu’ici rien entrepris dans le sens de les y contraindre.

SDF : 35 ans, un passé nostalgique et un avenir incertain

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« Les pères fondateurs ont planté une graine de révolution sociale dans notre peuple, une graine de sacrifice, de conviction et d’une foi indomptable en le destin de notre nation. Aujourd’hui, cette graine est devenue un arbre robuste, enraciné dans chaque région, dont les branches touchent chaque Camerounais. Un arbre de justice, de dignité et d’opportunités. » En ces termes, Joshua Osih a résumé les 35 ans d’existence du Social democratic front (SDF). Trente-cinq années de combats sur un terrain politique camerounais hostile, qui aura été particulièrement aride pour le Parti de la balance. En témoignent les résultats du parti aux différentes élections depuis son arrivée sur la scène politique nationale : après une victoire manquée de justesse à la présidentielle de 1992 (36,9% pour Ni John Fru Ndi, juste derrière Paul Biya 39,9%, dans un contexte où des voix se libèrent de plus en plus pour donner raison au Chairman qui réclamait la victoire), le parti qui avait déjà boycotté les législatives et municipales de 1992, remettra ça en 1997, donnant le champ libre au pouvoir et ses alliés de dominer la scène nationale. Lorsqu’il revient aux législatives, c’est pour récolter 43 places de députés. En 2004, Ni John Fru Ndi reculera pour se contenter de 17,4% des suffrages, puis 10,71% en 2011. Amorti par le poids de l’âge et luttant pour sa santé, l’homme de Ntarinkon céda le bâton de pèlerin à Joshua Osih. La dégringolade fut encore plus rude. Le candidat du SDF récolta 3,35% des suffrages, derrière de nouveaux visages : Maurice Kamto et Cabral Libi’i respectivement.

Le temps aura ainsi eu raison du parti qui incarna le changement au « retour » du multipartisme. Depuis les six morts de Up station Bamenda le 26 mai 1990, jusqu’à nos jours, le parti aura souffert le martyr dans un système où l’esprit du parti unique résiste à toute tentative d’ouverture. Si des acteurs commencent à se libérer pour attester que John Fru Ndi avait gagné les élections, le système électoral est de plus en plus mis en cause dans l’organisation des différents scrutins. La fraude se porte de mieux en mieux. Entre temps, le SDF a abandonné l’option radicale pour se ranger dans un conformisme qui semble lui faire défaut. Si Fru Ndi et les siens ont opposé une fin de non recevoir à Jean Tsomelou l’ancien secrétaire général et plusieurs barons de l’ancienne équipe sur le « retour au SDF originel », le parti qui souffre mieux que tous les autres, de la crise sécessionniste dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, tente de se relever en lorgnant son ancien fief, le Nord-Ouest. Le Littoral et l’Ouest semblant virer vers Maurice Kamto et ses alliés que sont entre autres Jean Michel Nintcheu, député vomis du SDF.

Joshua Osih qui a repris le gouvernail du SDF à la mort de Fru Ndi et qui a bénéficié de la mise à l’écart des anciens barons partisans de la politique dure, le sait et croit pouvoir surmonter la pente : « En célébrant cet anniversaire, nous faisons bien plus que marquer une date : nous renouvelons un pacte. Nous réaffirmons l’audace de l’espoir, la discipline du service et le courage de l’action que l’avenir exige de nous. Le chemin fut ardu, semé d’épreuves, mais notre détermination demeure inébranlable. Que ce jour résonne comme un appel clair : bâtir un Cameroun prospère, inclusif et pleinement démocratique », se bombe-t-il. Face à la forte concurrence que lui oppose le MRC de Maurice Kamto et le Pcrn de Cabral Libi’i, le SDF de Joshua Osih devra reconquérir la confiance populaire et faire des propositions séduisantes pour le changement qu’il a incarné.

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