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Finances publiques : Motaze, le ministre des Finances, présente le bilan 2018 aux deputés (Discours intégral)

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Par Louis Paul MOTAZE, MINISTRE DES FINANCES

Madame la Présidente de la Commission des Finances et du Budget de l’Assemblée Nationale,

Honorables Députés, membres de la Commission des Finances et du Budget,

Mesdames et Messieurs,

Qu’il me soit permis d’entrée de jeu, au nom du Gouvernement, de Monsieur le Ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire, de Messieurs les Ministres Délégués, des Collaborateurs qui nous accompagnent et au mien propre, de vous remercier très sincèrement pour les propos aimables et encourageants que vous venez de prononcer à notre endroit. Ils traduisent non seulement la chaleur de votre accueil, mais aussi et surtout, l’excellente collaboration entre votre Auguste Commission et le Gouvernement, laquelle s’inscrit dans le respect réciproque des dispositions de la loi portant régime financier de l’Etat.

Madame la Présidente de la Commission des Finances et du Budget,

Mesdames et Messieurs les Commissaires,

Mesdames et Messieurs,

Je mesure l’étendue de l’honneur qui nous est fait, ainsi que la dimension de la responsabilité qui est la nôtre en pareille circonstance. Le soutien précieux, constant et sans réserve que vous apportez à la politique de développement économique, social et culturel, définie par S.E. M. Paul Biya, Président de la République, et mise en œuvre par le Gouvernement que conduit le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, Monsieur YANG Philémon, nous conforte dans l’idée que l’effort de redressement économique national, en marche, nous mènera inexorablement vers l’émergence à l’horizon 2035.

Aussi, est-ce avec un immense et réel plaisir que le Gouvernement à travers mon département ministériel, dans la perspective de l’examen du projet de Loi de finances de l’année 2019, vient souscrire auprès de la représentation nationale, à l’obligation d’informer le parlement sur l’évolution de la conjoncture économique internationale et nationale, sur les orientations des finances publiques et sur la poursuite des projets d’investissement induite par la mise en œuvre des politiques publiques, sous-tendues par le Document de Stratégie pour la Croissance et l’Emploi (DSCE).

Cet exercice, nous en sommes convaincus, nous permettra ensemble comme par le passé, et tout au long de la présente session, d’enrichir le projet de loi de finances de l’exercice 2019, et d’obtenir un budget dont l’exécution devrait favoriser l’amélioration du bien-être des populations que vous représentez.  

Madame la Présidente,

Mesdames et Messieurs les Commissaires,

La loi N°2018/012 du 11 juillet 2018 portant régime financier de l’Etat et des autres entités publiques, fait obligation au Gouvernement de joindre au projet de loi de finances, un Rapport sur la Situation et les Perspectives Economiques, Sociales et Financières de la Nation. Ledit Rapport, que j’ai l’honneur de présenter ici, retrace les faits socio-économiques et financiers marquants de l’année 2017, ainsi que la conjoncture à fin juin, voire fin septembre 2018. Ce Rapport présente en outre l’exécution budgétaire en 2018, ainsi que le projet de budget de l’exercice 2019.

Mon propos s’articulera autour de trois principaux points : en premier lieu, je vous entretiendrai sur l’évolution récente de l’environnement économique tant international que national. Ensuite, un bref aperçu sera fait sur l’exécution budgétaire en 2018. Le dernier volet de mon propos sera axé sur les perspectives macroéconomiques et budgétaires, notamment la présentation des hypothèses et projections afférentes au projet de loi de finances 2019 soumis à votre sanction.

Permettez-moi, tout d’abord de vous entretenir sur l’évolution récente de l’environnement économique tant international que national.

Selon le FMI, l’activité économique mondiale se raffermit, poussée par les investissements dans les pays avancés. En 2018, la croissance mondiale est estimée à 3,7% comme en 2017. Dans l’ensemble des pays avancés, le taux de croissance est estimé à 2,4% en 2018, après 2,3% en 2017. Elle devrait ralentir dans la zone euro à 2,0% après 2,3% en 2017, en liaison avec la décélération de la croissance des exportations et, la hausse des prix de l’énergie. Au Japon, la croissance devrait se modérer à 1,1 % en 2018 après 1,7 % en 2017. Dans l’ensemble des pays émergents et des pays en développement, la croissance devrait être stable entre 2017 et 2018, avec un taux de 4,7%. Toutefois, les évolutions par pays sont contrastées. Ainsi, en Chine, il est prévu un léger ralentissement de la croissance qui passe de 6,9% en 2017 à 6,6% en 2018. Par contre, en Inde, la croissance reste vigoureuse à 7,3%.

En Afrique subsaharienne, la croissance moyenne est estimée à 3,1% en 2018 contre 2,7% en 2017, en liaison avec un environnement extérieur plus favorable, notamment une croissance de l’économie mondiale plus forte, une hausse des cours des produits de base et un meilleur accès aux marchés des capitaux. Cependant, les progressions par pays n’ont pas la même vigueur. Au Nigeria, la croissance s’accélère, passant de 0,8% en 2017 à 1,9% en 2018, grâce au redressement de la production et des cours du pétrole. Par contre, en Afrique du Sud, les perspectives restent modestes dans un climat d’incertitude à l’approche des élections générales de 2019 ; la croissance devrait ralentir pour s’établir à 0,8% en 2018, après 1,3% en 2017, avant de remonter à 1,4% en 2019.

Dans la CEMAC, la reprise se poursuit, tirée par la remontée des cours des produits de base et du pétrole brut en particulier et, à la résilience des secteurs des services. Les dernières prévisions de la BEAC tablent sur une croissance de 1,7% en 2018 contre 0,2% en 2017, due à la progression de 3,7% dans le secteur pétrolier et 1,1% dans le secteur non pétrolier.

S’agissant des cours des matières premières, l’indice des prix des produits de base du FMI progresse de 3,3% entre février et août 2018, tiré par les prix de l’énergie (+ 11,1%). En ce qui concerne spécifiquement le pétrole, son cours a franchi en juin 2018 la barre de 76 dollars le baril, son plus haut niveau depuis novembre 2014.

Concernant l’inflation, elle s’accélère au plan global mais, hors « alimentation et énergie », elle reste modérée. Dans les pays avancés, il est attendu un taux d’inflation de 2% en 2018 contre 1,7% en 2017. Dans les pays émergents et en développement, le taux est estimé à 5% en 2018 contre 4,3% en 2017. Dans la CEMAC, l’inflation devrait s’accélérer, passant de 0,9% en 2017 à 1,7% en 2018, en liaison avec les effets des politiques fiscales visant l’amélioration des ressources non pétrolières.

Madame la Présidente,

Mesdames et Messieurs les Commissaires,

Permettez-moi maintenant de vous faire le point sur l’évolution récente de l’économie camerounaise.

La situation économique est marquée en 2017 par la remontée des cours du pétrole, la persistance de la crise dans la zone CEMAC, les perturbations dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest ainsi que la dévaluation du Naira.

La croissance économique a connu une décélération, passant de 4,6% en 2016 à 3,5% en 2017. Ce ralentissement est essentiellement imputable à la baisse de 17,7% de la production pétrolière. A contrario, le secteur non pétrolier enregistre une croissance de 5%, grâce à la bonne tenue : (i) des BTP, en liaison avec la poursuite de la mise en œuvre du programme de développement des infrastructures, et (ii) des industries manufacturières qui bénéficient d’une amélioration de l’offre d’énergie. Les évolutions sectorielles se présentent comme suit :

Le secteur primaire enregistre une décélération de sa croissance, avec un taux de 3,2% après 5% en 2016. Cette situation est principalement due au fléchissement de la branche « agriculture industrielle et d’exportation », résultant de la baisse des cours des produits d’exportation, des conditions climatiques défavorables et des perturbations d’activités dans les bassins de production des régions du Sud-Ouest et du Nord-Ouest.

Le secteur secondaire ralentit également, avec un taux de croissance de 1,3% en 2017 contre 3,6% en 2016. Hors pétrole, les activités de ce secteur enregistrent une croissance de 7,1%, tirée par (i) les industries agroalimentaires, (ii) les autres industries manufacturières (notamment la fabrication des matériaux de construction, les industries chimiques et les industries de transformation du bois) et (iii) les bâtiments et travaux publics.

Le secteur tertiaire croît de 4,3% après 4,5% en 2016, grâce au dynamisme des branches « banques et organismes financiers », consécutivement (i) au développement du Mobile money et (ii) des «transports», avec le regain d’activités de Camair-co et dans les corridors desservant les pays voisins. Toutefois, les branches «commerce, réparation des véhicules», «informations et télécommunications», «restaurants et hôtels» et «autres services » sont en décélération.

Sous l’optique de la demande, la consommation finale s’accroit de 3,3% en 2017, tirée par la consommation privée qui progresse de 4,3%. Par contre, la consommation publique diminue de 1,6%, en liaison avec la poursuite de la politique de rationalisation des dépenses publiques. L’investissement ralentit, avec une croissance de 4,2% en 2017 contre 6,5% en 2016, consécutivement à la baisse de 6% de l’investissement public, du fait de l’achèvement de plusieurs projets de première génération.

Concernant les prix, l’inflation reste maitrisée et se situe à 0,6% en 2017, après 0,9% en 2016. Cette situation s’explique essentiellement par la stabilité des prix des produits alimentaires en liaison avec les mesures gouvernementales de lutte contre la vie chère.

Pour ce qui est de la compétitivité, le taux de change effectif réel (TCER) s’apprécie de 0,2%, traduisant une perte de compétitivité globale de l’économie camerounaise. Mais sur le plan structurel, l’indice de compétitivité du pays s’améliore, passant de 3,58 points en 2016 à 3,65 points en 2017.

Concernant les échanges commerciaux en 2017, la balance commerciale est déficitaire de FCFA 1 089,5 milliards, mais s’améliore de FCFA 38,2 milliards par rapport à 2016. Hors pétrole, le déficit est de FCFA 1 705,5 milliards, soit une détérioration de FCFA 196,3 milliards. Le taux de couverture des importations par les exportations est de 63,3%. 

La structure des exportations révèle que le pétrole demeure le premier produit exporté, suivi par le cacao brut en fèves, les bois sciés, les bois en grumes, le coton, l’aluminium brut, les carburants et lubrifiants et la pâte de cacao.

L’Union européenne demeure le principal partenaire commercial du Cameroun, avec 39,7% de la valeur totale des échanges de biens. Mais sur le plan bilatéral, la Chine reste le premier partenaire commercial du Cameroun, avec 15,2% du montant total des échanges, suivie par la France, l’Italie et l’Espagne.

Au plan monétaire, les avoirs extérieurs nets augmentent de 15,5% pour se situer à FCFA 1 970,1 milliards. Cette évolution s’explique entre autres par (i) les tirages reçus des partenaires au développement dans le cadre des appuis budgétaires, (ii) la remontée des cours du baril de pétrole, et (iii) un meilleur rapatriement des recettes d’exportation. Reflétant l’évolution de ses contreparties, la masse monétaire progresse de 7,7% et s’établit à FCFA 5 163,8 milliards.

Dans le secteur bancaire, les dépôts augmentent de 9,5% et se chiffrent à FCFA 4 012,1 milliards à fin décembre 2017. Ils sont détenus pour une large part, par les particuliers (39,6%) et les entreprises privées (20,3%).

L’encours des crédits s’élève à FCFA 3 321,5 milliards, en hausse de 5,1%. Par type de clientèle, 66,1% de l’encours de crédits a été octroyé aux entreprises privées, 13,1% aux particuliers, 7,9% aux entreprises publiques et 7,7% à l’Administration publique centrale.

Dans le secteur de la microfinance, les dépôts s’accroissent de 9,3% pour se situer à FCFA 668,2 milliards à fin décembre 2017 et les crédits de 2,8% soit FCFA 464,2 milliards. Le nombre total de comptes ouverts dans les EMF est de 3 031 096 contre 2 146 099 auprès des banques commerciales.

Dans le secteur des assurances, le marché est animé par 28 compagnies, dont 17 dans la branche « Incendie-Accidents-Risques Divers  » (IARD) et 11 dans la branche « Vie et capitalisation ». Le chiffre d’affaires est en hausse de 1,6% par rapport à 2016.

Sur le marché financier, la capitalisation boursière de la Douala Stock Exchange (DSX) se chiffre à FCFA 418,9 milliards, en hausse de 27,2% par rapport à fin décembre 2016. Elle se décompose en FCFA 145,5 milliards pour le marché des actions et FCFA 273,4 milliards pour le marché obligataire.

Madame la Présidente,

Mesdames et Messieurs les Commissaires,

Permettez-moi maintenant de m’appesantir sur l’exécution du budget 2018.

Le budget s’exécute dans un contexte marqué par (i) la conclusion satisfaisante de la deuxième revue du programme économique et financier avec l’approbation du dossier du Cameroun par le conseil d’administration du FMI, (ii) l’adoption d’une loi de finances rectificative, (iii) l’évolution favorable des cours mondiaux du pétrole, avec au premier semestre une augmentation de 35,6% en glissement annuel et (iv) l’amélioration de la capacité d’absorption des financements extérieurs.

Afin de prendre en compte les ressources supplémentaires engrangées grâce notamment à la hausse du prix du baril de pétrole, une ordonnance portant loi de finances rectificative a été adoptée. Dans le sillage de cette ordonnance, une circulaire complémentaire sur l’exécution du budget de l’Etat a été signée le 08 juin 2018. Elle modifie et complète certaines dispositions de la Circulaire n° 001/C/MINFI du 02 janvier 2018 sur l’exécution et le contrôle de l’exécution du budget de l’Etat pour l’exercice 2018.

Les résultats enregistrés au terme des neuf premiers mois affichent des taux de réalisation de 71,9% pour les recettes internes et 73,1% pour les emprunts et dons. Par composantes, les recettes pétrolières et les recettes non pétrolières présentent des taux de réalisation de 77,4% et 71,1% respectivement.

Du côté des dépenses, le taux d’exécution des dépenses budgétaires totales est de 63,1%. Par grandes rubriques, les taux d’exécution sont de 65,6% pour les dépenses courantes, 76,5% pour les dépenses d’investissement et 41,1% pour le service de la dette publique.

Les recettes budgétaires internes s’élèvent à FCFA 2 391,5 milliards, en hausse de FCFA 220 milliards par rapport à fin septembre 2017. Elles comprennent FCFA 343,6 milliards de recettes pétrolières, et FCFA 2 047,9 milliards de recettes non pétrolières. Les recettes pétrolières augmentent de 20,8%, du fait de l’impact positif de la hausse du cours du pétrole.

Au terme de l’exercice, les ressources budgétaires sont estimées à FCFA 4 791 milliards, en hausse de FCFA 101,5 milliards par rapport à l’Ordonnance, du fait d’une augmentation des appuis budgétaires estimés à FCFA 439 milliards. Les recettes pétrolières devraient s’établir à FCFA 443 milliards et les recettes non pétrolières à FCFA 2 887 milliards, dont FCFA 1 911 milliards d’impôts et taxes, FCFA 797 milliards de recettes douanières, FCFA 169 milliards de recettes non fiscales.

Les dépenses budgétaires sont évaluées à FCFA 2 959,7 milliards. Par rapport à la même période de l’exercice 2017, elles sont quasi stables (+0,2%). Par grandes rubriques, on note une baisse des dépenses courantes hors intérêts (-3,5%) et des dépenses en capital (-12,2%). Par contre, le service de la dette publique enregistre une hausse de 85,4%, du fait de l’accroissement du service de la dette extérieure et des efforts d’apurement de la dette intérieure. A fin décembre 2018, les dépenses budgétaires sont estimées à FCFA 4 673,5 milliards.

Madame la Présidente,

Mesdames et Messieurs les Commissaires,

Les secteurs sociaux demeurent la priorité majeure du Gouvernement. L’objectif principal dans ces secteurs est d’améliorer les conditions de vie des populations, de former et de renforcer les capacités humaines. Les actions menées sont ainsi orientées vers (i) l’universalisation de l’éducation et le renforcement de la professionnalisation, (ii) l’amélioration de la santé des populations, (iii) la promotion du genre et l’autonomisation des femmes, (iv) la protection sociale des personnes vulnérables, (v) la promotion de la jeunesse et de l’emploi et (vi) le développement de l’habitat social. Pour les réaliser, une dotation de FCFA 1 008,6 milliards a été allouée en 2018 aux secteurs sociaux, ce qui représente 21,5% du budget de l’Etat.

Ainsi, le secteur éducatif a bénéficié d’une enveloppe de FCFA 637,2 milliards, soit 13,6% du budget de l’Etat. Les actions menées dans ce secteur ont contribué, entre autres, à poursuivre l’universalisation du cycle primaire, développer les  infrastructures et équipements scolaires, intensifier la professionnalisation et renforcer la structuration de la recherche.

Dans le secteur de la santé, la dotation budgétaire de FCFA 175,2 milliards allouée à ce secteur a permis, entre autres, de poursuivre l’amélioration de la santé de la mère, de l’enfant et de l’adolescent.

En matière d’emploi, les actions du Gouvernement se sont poursuivies avec notamment (i) la promotion de l’emploi et le développement de la formation professionnelle, (ii) l’amélioration de la protection et de la sécurité sociale et l’accroissement de l’offre d’emplois décents.

Pour ce qui est des jeunes, des femmes et de la protection des enfants, les actions menées concernent (i) la formation des jeunes à l’entreprenariat et aux métiers agropastoraux, dans les Centres Multifonctionnels de Promotion des Jeunes (CMPJ) du MINJEC et les Centres Nationaux de la Jeunesse et des Sports (CENAJES), (ii) la construction et la réhabilitation de centres d’éducation, (iii) la vulgarisation des institutions juridiques de protection des droits des femmes auprès des leaders communautaires, (iv) la formation des fonctionnaires de police et magistrats à la prise en charge des violences basées sur le genre et (v) l’octroi d’aides scolaires aux familles vulnérables.

Par ailleurs, pour lutter contre la pauvreté chronique, le Gouvernement poursuit la mise en œuvre du  projet « filets sociaux ». A ce jour, ce projet a permis de toucher (i) 40 000 ménages pour le programme de transferts ordinaires, (ii) 12 000 ménages pour le programme de transferts monétaires et (iii) 27000 individus pour le programme des travaux publics à haute intensité de mains d’œuvre.

Dans le domaine des infrastructures, les actions gouvernementales relatives à la mise en œuvre de la politique de promotion du logement social et du développement urbain, se sont poursuivies et concernent l’achèvement des travaux de construction de 1 010 logements sociaux. Au premier semestre 2018, dans le cadre du PLANUT, la construction des logements sociaux s’est achevée à Ebolowa et se poursuit dans les autres villes.

S’agissant de la prévention et la protection sociale, le Gouvernement a poursuivi (i) la prise en charge holistique des personnes affectés par les crises humanitaires dans la région de l’Extrême-Nord, (ii) l’éducation des personnes à la prévention et la lutte contre les incapacités et autres fléaux sociaux, (iii) l’amélioration du plateau technique du Centre National de Réhabilitation des Personnes Handicapées « Paul-Emile LEGER » de Yaoundé et la construction du Centre National de Réhabilitation des Personnes Handicapées de Maroua.

Madame la Présidente,

Mesdames et Messieurs les Commissaires,

Plusieurs réformes structurelles et institutionnelles se poursuivent dans les domaines des entreprises publiques, de la gestion des finances publiques et de l’amélioration du climat des affaires, en vue d’accroitre la performance de l’économie.

Ainsi, la restructuration de CAMTEL s’est poursuivie, pour l’adapter à la concurrence. L’Etat qui est l’actionnaire unique de cette société, l’a soutenue pour qu’elle investisse dans les infrastructures en vue d’une meilleure prise en charge des besoins dans le secteur des télécommunications.

Dans le secteur de l’eau, d’importantes réformes institutionnelles ont été réalisées. L’Etat a mis fin au contrat d’affermage de la Camerounaise des Eaux (CDE). Cette activité est exercée depuis le 02 mai 2018 par la société publique Cameroon Water Utilities (CAMWATER), désormais en charge de la production et de la distribution de l’eau potable en milieu urbain et péri urbain.

En ce qui concerne la CDC, un plan de restructuration et de soutien a été adopté pour lui permettre de surmonter les difficultés opérationnelles qu’elle connaît, du fait de l’insécurité à laquelle elle fait face dans certaines de ses zones d’implantation.

Dans le secteur de l’électricité, l’Etat a signé le 27 avril 2018 avec la Société Nationale de Transport de l’Electricité (SONATREL), une convention de concession de gestion du réseau de transport de l’électricité en vue de permettre une prise en charge du réseau national à compter du 01er Janvier 2019.

Pour ce qui est de la gestion des finances publiques, deux importantes lois ont été promulguées le 11 juillet 2018, à savoir, la loi n° 2018/011 portant code de transparence et de bonne gouvernance dans la gestion des finances publiques, et la loi n° 2018/012 portant régime financier de l’Etat et des autres entités publiques. Par ailleurs deux importants décrets ont été pris dans le domaine de la gestion des marchés publics ; il s’agit (i) du décret n° 2018/355 du 12 Juin 2018 fixant les règles communes applicables aux marchés des entreprises publiques et (ii) du décret n° 2018/366 du 20 Juin 2018 portant code des marchés publics. Ces décrets ont pour principal objectif l’amélioration et le renforcement du cadre règlementaire de gestion des marchés publics.

Dans le cadre du processus d’amélioration et d’accélération de l’investissement public, le Premier Ministre a fixé les règles régissant le processus de maturation des projets d’investissement public à travers le décret 2018/4950/PM du 21 juin 2018.

Madame la Présidente,

Mesdames et Messieurs les Commissaires,

Après cette revue rétrospective, permettez-moi à présent d’aborder avec vous les perspectives macroéconomiques et budgétaires qui sous-tendent l’élaboration du projet de budget de l’exercice 2019.

Au plan international, le FMI prévoit une stabilité de la croissance mondiale, à 3,7%. Elle est projetée à 2,1% dans les pays avancés, dont 2,5% aux Etats-Unis et 1,9% dans la zone euro. Dans les pays émergents et en développement, la croissance se situerait à 4,7%, portée notamment par la Chine (6,2%) et l’Inde (7,4%). En Afrique subsaharienne, elle est projetée à 3,8%, dont 2,3% au Nigeria. Dans la CEMAC, la BEAC prévoit une reprise, avec un taux de 3,4%.

Pour ce qui est des prix, l’inflation devrait se situer à 1,7% en 2019 dans la zone euro et 8,5% en Afrique subsaharienne, dont 13,5% au Nigeria. Dans la CEMAC, l’inflation est prévue à 2,2%, en dessous du seuil de la norme communautaire.

Au plan national, l’environnement économique est marqué par la persistance de la crise sociopolitique dans les régions du Sud-ouest et du Nord-ouest.

Les perspectives macroéconomiques pour 2019 restent cependant favorables, avec une croissance qui devrait rebondir à 4,4%. Cette reprise serait soutenue par le fonctionnement en plein régime de la nouvelle plate-forme offshore de gaz naturel, les effets multiplicateurs de la tenue de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) de football ainsi que l’amélioration de l’offre en énergie.

Du côté de l’offre, la croissance devrait être tirée par (i) l’amélioration de l’offre d’énergie électrique, (ii) les BTP, grâce à la poursuite des travaux de construction et de réhabilitation des infrastructures routières et l’accélération des travaux liés aux préparatifs de la CAN 2019, (iii) la hausse des activités du port de Kribi et (iv) les effets induits de l’organisation de la CAN 2019.

S’agissant des prix, l’inflation devrait se situer autour de 1,5%. Par conséquent, le budget de l’exercice 2019 selon les prescriptions du Chef de l’Etat, ambitionne la consolidation budgétaire afin de réduire progressivement le déficit budgétaire conformément au programme de réformes économiques en cours. Pour soutenir la croissance, les actions du Gouvernement devront prioritairement porter sur l’accompagnement du secteur privé dans la modernisation de l’appareil de production, la promotion des activités agropastorales et industrielles, l’amélioration de la compétitivité des entreprises, du climat des affaires et de l’accès au financement, la promotion des industries locales et de la transformation accrue des produits locaux. Pour y parvenir, des objectifs spécifiques sont déclinés en termes de recettes et dépenses.

Dans ce cadre, un budget de FCFA 6 212,5 milliards en Autorisations d’Engagements (AE) et FCFA 4850,5 en Crédits de paiements, a été projeté pour la mise en œuvre de 162 programmes dont 109 opérationnels.

En matière de recettes, l’objectif est de mobiliser de manière optimale les recettes budgétaires internes non pétrolières, dans un contexte marqué par la poursuite de la mise en œuvre de l’Accord de Partenariat Economique avec l’Union Européenne. S’agissant des impôts et taxes, il est question de l’élargissement de l’assiette fiscale, de la sécurisation des recettes et du circuit de collecte, du renforcement de la lutte contre l’évasion et la fraude ainsi que de la rationalisation de la dépense fiscale.

Pour ce qui est des recettes douanières, l’objectif poursuivi concerne l’intensification de la lutte contre la fraude douanière, commerciale et les trafics illicites, l’octroi des régimes douaniers suspensifs et économiques appropriés aux entreprises afin d’améliorer leur productivité.

Les ressources budgétaires se décomposent en recettes internes emprunts et dons.

Les recettes internes comprennent les recettes pétrolières et les recettes non pétrolières. 

S’agissant des prix, l’inflation qui se situe à 0,8 % au premier semestre 2018, ne devrait pas excéder 2 % sur l’ensemble de l’année, grâce aux mesures prises par le Gouvernement pour la maîtrise des prix.

S’agissant de l’élaboration du projet de budget 2019, le Chef de l’Etat a prescrit dans sa circulaire y relative, des directives allant dans le sens de la consolidation budgétaire afin de réduire progressivement le déficit budgétaire conformément au programme de réformes économiques en cours.

S’agissant des recettes internes, l’objectif principal demeure la mobilisation optimale des recettes non pétrolières en vue d’accompagner la relance économique. 

Les recettes pétrolières sont projetées à FCFA 450 milliards et comprennent la redevance SNH et l’impôt sur les sociétés pétrolières. La redevance SNH est prévue à FCFA 357,7 milliards répartis en FCFA 321,7 milliards issus du pétrole et FCFA 36 milliards du gaz. La projection de la redevance est basée sur (i) une production de pétrole à 24,5 millions de barils, (ii) un cours du baril à 68,8 USD avec 3,5 USD de décote, soit un prix du baril camerounais à 65,3 USD, et (iii) un rapport de change de 1 USD pour 555,1 FCFA.

Les recettes non pétrolières  sont prévues à FCFA 3 079,5 milliards incluant FCFA  2 058 milliards d’impôts et taxes, FCFA 841,5 milliards de recettes douanières, et FCFA 180 milliards de recettes non fiscales. Ces prévisions sont faites sur la base d’un PIB non pétrolier nominal de 5,8 % associé à l’impact positif des nouvelles mesures fiscales et douanières envisagées qui devraient rapporter 61,5 milliards dont 40 milliards pour la DGI et 21,5 milliards pour la DGD.

Les emprunts et dons sont prévus à FCFA 1 321 milliards. Ils se répartissent en FCFA 588 milliards de prêts projets, FCFA 329 milliards d’appuis budgétaires dans le cadre du programme avec le FMI, FCFA 260 milliards d’émissions de titres publics et FCFA 79 milliards de dons. Le financement bancaire est projeté à FCFA 65 milliards.

Concernant les dépenses, les choix budgétaires restent guidés par la recherche d’une plus grande efficacité socio-économique et par l’amélioration du service public à travers une allocation et une gestion efficientes des fonds publics. Dès lors, le projet de budget de l’Etat pour l’exercice 2019 octroie dans ses grandes masses 50,8 % aux dépenses directes de fonctionnement, 27,4 % aux dépenses d’investissement et  21,7 % au service de la dette publique.

Ainsi, les dépenses courantes sont projetées à FCFA 2 465,5 milliards contre FCFA 2 342 milliards estimés pour l’exercice 2018. Elles comprennent FCFA 1 058 milliards de dépenses de personnel, FCFA 895,2 milliards de dépenses sur biens et services et FCFA 512,3 milliards de transferts et subventions. Il convient de souligner que l’augmentation significative des subventions depuis 2018 est imputable au soutien des prix des carburants à la pompe, consécutif à la remontée des cours du pétrole.

Les dépenses en capital sont provisionnées à hauteur de FCFA 1 327,6 milliards en hausse de FCFA 36,1 milliards par rapport à l’estimation de 2018. Elles comprennent FCFA 670,6 milliards de dépenses sur ressources propres, FCFA 617 milliards de dépenses sur financements extérieurs et FCFA 40 milliards de dépenses de restructurations.

Le service de la dette publique est projeté à FCFA 1 057,4 milliards en 2019, en augmentation de FCFA 36,4 milliards  par rapport à 2018, avec FCFA 461 milliards pour la dette extérieure et FCFA 596,4 milliards pour la dette intérieure.

En définitive, le projet de budget s’équilibre en recettes et en dépenses à la somme de FCFA 4 850,5 milliards, soit une hausse de 3,4% par rapport à la loi de finances rectificative de l’exercice 2018.

Madame la Présidente,

Mesdames et Messieurs les Commissaires,

Le budget est une prévision. Il y a toujours des risques que les recettes comme les dépenses ne soient pas réalisées au montant prévu, avec des implications différentes suivant le cas de figure. Un dépassement en recettes ne pose pas de problème. Une sous réalisation nécessite un ajustement en dépenses à moins de trouver un financement. Les besoins exprimés dépassant de loin les recettes prévues lors de la préparation du budget, trouver un tel financement ne va pas de soi.

Les perspectives budgétaires peuvent être influencées par des risques externes et internes. Les risques externes concernent la volatilité des cours de pétrole brut et un ajustement régional de la CEMAC incomplet. Conjugués au resserrement des conditions financières, ils pourraient mettre une pression sur les banques exposées aux obligations souveraines de la région. S’agissant des facteurs positifs, la stabilisation économique et l’amélioration de la confiance dans la région, ainsi que la hausse des prix du pétrole, stimuleraient la croissance et les recettes intérieures. Les risques intérieurs concernent les menaces liées à la sécurité dans les régions Sud-ouest et du Nord-ouest, des éventuelles dépenses imprévues liées à la CAN 2019, et la matérialisation des passifs contingents de certaines entreprises publiques.

Le Rapport sur la Situation et les Perspectives Economiques, Sociales et Financières de la Nation dont la teneur vient de vous être restitué fixe le cadre d’exécution du budget de l’exercice 2018 et les perspectives de finances publiques pour l’exercice 2019.

Je vous remercie pour votre bienveillante et aimable attention ./

Budget 2019 : Philemon Yang s’explique face aux députés (discours intégral)

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Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale,  Mesdames et Messieurs les membres du Bureau de l’Assemblée Nationale,  Honorables Députés, 

Distingués invités, 

Mesdames et Messieurs,

C’est un honneur pour moi de prendre la parole

devant la Représentation Nationale, pour présenter le Programme Economique, Financier, Social et Culturel préparé par le Gouvernement, sous l’autorité du Président de la République, Son Excellence Paul BIYA, au titre de l’exercice budgétaire 2019.

Je remercie le Président de l’Assemblée Nationale des propos aimables qu’il a tenus à mon endroit et à celui du Gouvernement dans son ensemble.

 Honorables Députés, 

 Le Programme Economique, Financier, Social et Culturel du Gouvernement pour l’exercice budgétaire 2019 intervient au lendemain de la prestation de Serment du Président de la République, Son Excellence Paul BIYA, qui vient d’être réélu massivement par le Peuple camerounais. Permettez-moi, en cette circonstance solennelle, de Lui adresser, au nom du Gouvernement, nos vœux déférents de plein succès au cours de ce nouveau mandat.

Ce programme économique, financier, social et culturel s’inspire  des prescriptions faites par le Chef de l’État, dans l’important discours qu’il a prononcé ici même, lors de son investiture, le 06 novembre 2018.

La cérémonie d’investiture évoquée sanctionnait un processus électoral transparent, crédible et mémorable, au cours duquel le Cameroun a offert au monde l’image d’un pays libre, démocratique et promis à un avenir radieux.

Je vous ferai d’abord un aperçu général des

principales activités réalisées par le Gouvernement au cours de l’exercice 2018 qui s’achève, avant de présenter les perspectives de l’action gouvernementale au courant de l’exercice 2019.

Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale, 

Honorables Députés, 

 Au       cours     de   l’année   2018,    l’activité du Gouvernement a porté principalement sur la consolidation des acquis des années antérieures, ainsi que sur la maîtrise des nombreux enjeux et défis relatifs, entre autres à: – la promotion de la paix, de l’unité nationale et du vivre- ensemble ;

  • la finalisation des travaux de construction de diverses infrastructures sportives et connexes, en vue de l’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations de Football 2019;
  • la poursuite de la mise en œuvre du Plan d’Urgence Triennal pour l’accélération de la croissance économique ;
  • la mise en œuvre du Plan Triennal Spécial Jeunes ;
  • la poursuite     de   divers    grands   projets d’infrastructures;
  • la poursuite de la mise en œuvre de l’Accord de Partenariat Economique conclu avec l’Union Européenne.

Sur le plan social, en dépit d’une conjoncture

nationale marquée par des contraintes sécuritaires et quelques mouvements d’humeur, notre pays a su faire montre de résilience et d’unité sans faille derrière le Chef de l’Etat.

C’est l’occasion pour moi de saluer la grande

maturité et le sens républicain de nos concitoyens. Ils n’ont cédé à aucun chantage, ni tentative de manipulation des ennemis de la Nation, mais sont restés unis pour surmonter ensemble les menaces auxquelles notre pays a fait face en 2018.

En matière budgétaire et financière, l’exécution

du budget de l’Etat au titre de l’exercice 2018 a été marquée au plan macroéconomique, par une forte récession à l’échelle mondiale.  On peut noter le recul de l’activité économique dans les pays émergents ainsi que dans la zone euro, et l’augmentation de l’inflation dans certains pays.

Ce contexte international a impacté négativement les projections de croissance de l’économie nationale, ainsi que les principaux agrégats budgétaires. Ceci s’est notamment traduit par :

  • la baisse des recettes du premier semestre 2018 et induit des mesures d’urgence nécessaires au rétablissement des équilibres budgétaires ; et – l’adoption d’une Loi de finances rectificative.

L’année 2018 s’est également caractérisée par le renforcement de la mise en œuvre du budget programme et la réforme du régime financier de l’Etat. Le Président de la République a promulgué la Loi portant Régime Financier de l’Etat et des autres entités publiques, ainsi que celle portant Code de transparence et de bonne gouvernance dans la gestion des finances publiques.

S’agissant des performances générales en matière d’optimisation des recettes, il convient de relever au 31 juillet 2018 les éléments factuels ci-après :

  • les recettes fiscales ont été mobilisées à hauteur de 922 milliards 200 millions de francs CFA, soit 97,5% des prévisions escomptées ; et
  • les recettes douanières se sont chiffrées à 362 milliards de francs CFA, soit une performance de 90%.

De même, au premier semestre 2018, les dépenses courantes se situent à 957 milliards de francs CFA, soit un taux  d’exécution global de 81,7%, tandis que les dépenses d’investissement se chiffrent à 741 milliards 900 millions de francs CFA, soit un taux d’exécution de 114,9% par rapport aux prévisions du premier semestre 2018. 

 Quant au service de la dette publique, il s’est établi à 301 milliards 100 millions de francs CFA, soit un taux d’exécution de 57,1% au premier semestre 2018.

Le secteur financier s’est caractérisé au cours du premier semestre par les principaux indicateurs ci-après :

  • un accroissement de +4,4% du total des bilans consolidés des banques qui s’élève à 5 milliards 399 millions 600 mille francs CFA  ;
  • une hausse de 8,7% des dépôts bancaires évalués à 4 milliards 130 millions de francs CFA ;
  • une augmentation des crédits accordés à la clientèle de l’ordre de 6,6% et une baisse de la position extérieure qui se situe à 83%.

Le secteur de la micro-finance quant à lui est apparu assez stable et dynamique. Il contribue à près de 11% au financement de l’économie nationale, en dépit de quelques dysfonctionnements persistants liés notamment à un déficit de gouvernance et à une insuffisance de professionnalisme chez certains promoteurs.

Au plan économique, le Gouvernement a poursuivi la mise en œuvre des réformes structurelles adoptées dans le cadre du Programme Economique et Financier conclu avec le Fonds Monétaire International, appuyé par une Facilité Elargie de Crédit d’un montant global d’environ 400 milliards de francs CFA.

 Ainsi, divers appuis budgétaires ont été enregistrés en provenance de nos principaux partenaires au développement. De même, notre coopération économique a permis la mobilisation d’importants financements au titre des prêts et des dons, pour la réalisation des projets de développement.

Dans le domaine des marchés publics, le Gouvernement a œuvré à la modernisation du dispositif existant, afin de le rendre plus performant et opérant, à travers notamment deux réformes majeures, à savoir :

  • le décret 2018/355 du 12 juin 2018 fixant les règles communes applicables aux marchés des entreprises publiques ; et
  • le décret n°2018/366 du 20 juin 2018 portant Code des marchés publics.

Dans le même temps, le contrôle de l’exécution des marchés a été renforcé, ce qui s’est traduit par le contrôle d’un échantillon de 2 mille marchés, d’une valeur totale de 4 mille 500 milliards 961 millions francs CFA.

En matière de la lutte contre les atteintes à la fortune publique, l’année 2018 a été marquée par l’intensification, la diversification des audits et la systématisation des sanctions à l’encontre des gestionnaires indélicats.

A cet effet, une dizaine de missions d’audit a été déployée auprès de certaines entités publiques en 2018. La systématisation des sanctions réprimant des actes de mauvaise gestion a abouti à la prise des décisions de mise en débet au bénéfice du Trésor Public à hauteur de 8 milliards 365 millions de francs CFA.

 En matière d’administration du territoire, notre pays a fait face, comme vous le savez, à de nombreux défis sécuritaires qui, progressivement, sont en train d’être maîtrisés, sous la Très Haute impulsion du Chef de l’Etat.

La protection civile n’a pas été en reste. Les actions essentielles ont porté sur l’assistance humanitaire déployée, dans le cadre du Plan d’assistance humanitaire d’urgence, dans les Régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, au bénéfice d’une cible  de 74 mille 994 personnes déplacées et/ou affectées par les conflits.

Dans le domaine de la gouvernance locale, l’un des faits les plus marquants aura été la création, le 02 mars 2018, par le Président de la République, du Ministère de la Décentralisation et du Développement Local.

Le Gouvernement s’est attelé à accompagner l’opérationnalisation de ce nouveau département ministériel, dont la mise en place des structures internes est en cours.

Dans le domaine de la Justice, l’action du Gouvernement a porté, entre autres, sur le recrutement de 581 Greffiers-Adjoints, la formation en cours de 100 Auditeurs de Justice, ainsi que celle de 240 personnels judiciaires.

En outre, le processus d’informatisation des services judiciaires s’est intensifié en 2018, à travers l’interconnexion en cours des 10 Cours d’Appel.

Le Gouvernement a également  poursuivi ses efforts en matière d’amélioration de la politique pénitentiaire Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale, Honorables Députés,

Le Plan d’Urgence Triennal pour l’accélération de la croissance économique (PLANUT) décidé par le Chef de l’Etat a continué d’être mis en œuvre. 

Par rapport à la Coupe d’Afrique des Nations de Football, le Gouvernement prend toutes les dispositions pour que, comme l’a déclaré le Chef de l’Etat le Cameroun soit prêt le jour dit.

Les visites successives des dirigeants de la Confédération Africaine de Football nous ont permis à chaque fois de mieux nous ajuster sur tous les sites.

Les entreprises et tous les autres acteurs concernés s’emploient à accélérer le rythme des travaux en veillant à ce qu’ils soient réalisés dans les normes requises en la matière.

Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale,

Honorables Députés,

L’année 2018 a également été marquée par une importante activité gouvernementale dans la mise en œuvre des autres politiques publiques sectorielles.

Dans le domaine de l’Eau et de l’Energie, des avancées notoires ont été enregistrées tant en matière d’offre que d’accès à ces ressources.

 

En matière d’énergie électrique, les résultats importants ont été enregistrés, en vue de l’amélioration sensible de l’offre et de la qualité de l’énergie, à la faveur du parachèvement des travaux de certains grands ouvrages.

Relativement au secteur de l’Eau, les pouvoirs publics ont procédé à la mise à jour des politiques et stratégies du secteur de l’eau, à la faveur de la clôture du contrat d’affermage signé le 18 décembre 2007 avec la Camerounaise des Eaux. En effet, sur Très Hautes instructions du Chef de l’Etat, la gestion du service public d’alimentation en eau potable a été confiée à la CAMWATER.

Dans le secteur des Travaux Publics, des efforts sensibles ont été faits en 2018 pour densifier et moderniser le réseau routier national.

A titre d’illustration, nous pouvons relever en termes de constructions, 317 kilomètres 630 mètres de nouvelles routes bitumées et 144 mètres linéaires de ponts construits, à travers l’achèvement de divers projets.

Au demeurant, il convient de souligner que, grâce à l’adoption d’un cadre réglementaire approprié,  plusieurs travaux routiers ont été réalisés en régie, afin de pallier les ruptures de trafic. Les résultats obtenus sont encourageants, sur un échantillon de 11 projets, au regard des taux d’exécution enregistrés qui se situe à environ 76%.

En matière d’habitat, l’activité gouvernementale a enregistré un certain nombre d’avancées, au rang desquelles :

  • l’achèvement des travaux de construction de 700 logements, dans le cadre de la mise en œuvre de la phase pilote du programme gouvernemental de construction de 1675 logements sociaux à Yaoundé sur le site d’Olembé et à Douala sur le site de MbangaBakoko ;
  • la réception de 1 500 logements sociaux construits par le biais de la coopération chinoise

S’agissant de l’assainissement en milieu urbain, le projet de drainage pluvial de Douala, d’un linéaire de 39 Km, enregistre un niveau d’avancement de 57,5%. Le projet d’assainissement de Yaoundé, dont la phase II porte sur un linéaire de 14 Km, affiche un taux d’avancement de 91,5%.

Dans le domaine des Transports, l’année 2018 a été marquée par la mise en exploitation du Port en eau profonde de Kribi, la rénovation des aéroports nationaux et internationaux, la poursuite de la mise en œuvre du Plan de relance de Camair-Co et du Plan quinquennal ferroviaire n°1, ainsi que l’aménagement des stations météorologiques et la poursuite des activités de sécurité routière.

Dans       le       secteur       des       Postes         et  Télécommunications, le Gouvernement a mis en œuvre plusieurs initiatives, dont les plus significatives ont trait à :

  • la réhabilitation et l’équipement des bureaux de Postes de Makak et de Bafoussam III ;
  • la régulation et le contrôle des activités des réseaux et services postaux, à travers l’élaboration d’un référentiel de tarification des produits ;
  • la mise en place d’une Plateforme de e-Post CAMPOST et
  • la mise en place de la Plateforme de paiement en ligne.

 

Dans le domaine de la Recherche Scientifique et l’Innovation, l’activité gouvernementale a particulièrement été axée autour des actions concourant à la densification de la recherche-développement et de l’innovation.

Dans les secteurs de l’Industrie, des Mines et du Développement Technologique,       l’action du Gouvernement a essentiellement porté sur :

  • la poursuite de la vulgarisation du Code Minier, dont la mise en œuvre a permis d’enregistrer certaines avancées notamment en termes de recettes issues de divers impôts et taxes du secteur minier, qui sont passées de 4 milliards de francs CFA en 2017 à près de 5 milliards de FCFA en 2018 ;
  • la canalisation directe de l’or auprès des artisans miniers, avec des projections de 40 kilogrammes d’ici la fin de l’année 2018 et de 120 kilogrammes d’or dans la même période concernant les opérateurs du secteur de l’artisanat semi-mécanisé et
  • la mise en valeur de certains sites miniers, à l’instar de celui du rutile d’Akonolinga pour lequel un appel international à manifestation a été lancé ; la négociation de trois conventions minières pour l’exploitation des gisements de fer d’Akom II, de fer de Kribi et de l’or de Colomine ; la délivrance d’un Permis de recherche sur le gisement de bauxite de Ngaoundal et Minim-Martap.

Dans le secteur du Commerce, plusieurs actions ont été menées par les pouvoirs publics en vue principalement du développement des exportations et de la régulation du marché intérieur.

Dans le secteur des Petites et Moyennes Entreprises, il s’est agi principalement pour le Gouvernement de promouvoir l’initiative privée et d’améliorer la productivité et la compétitivité des PME.

Dans le secteur de l’Environnement, l’action du Gouvernement a porté sur les mesures de résilience, d’atténuation et d’adaptation aux changements climatiques, ainsi que celles de gestion durable de la biodiversité.

Concernant le secteur des forêts et de la faune, le Gouvernement a notamment poursuivi ses efforts en matière de création des Unités Forestières d’Aménagement (UFA) et de lutte contre la commercialisation illicite du bois.

Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale,

Honorables Députés,

Le Gouvernement a également mis l’accent sur  le développement et la promotion des activités agropastorales et agroindustrielles.

 Dans le domaine agricole, le Gouvernement a particulièrement œuvré à l’amélioration de la productivité et de la compétitivité des filières agricoles, à travers la production et la distribution de semences et plants améliorés, notamment dans les spéculations ci-après : maïs, pommes de terre, haricot, ignames, cacao, café arabica, arachides, plantain et macabo.

En matière d’élevage et de développement des industries animales, le Gouvernement s’est attelé à amplifier les actions d’industrialisation et de modernisation de l’appareil de production.  

Relativement à la Fonction Publique et la Réforme Administrative, les actions les plus marquantes ont porté sur le suivi de la mise à jour de la cartographie des postes de travail dans l’Administration publique, la poursuite de la mise à jour du Fichier solde de l’Etat, le traitement transparent des dossiers et la gestion rationnelle des ressources humaines, la poursuite de la dématérialisation des procédures, ainsi que celle de l’introduction des normes de rendement dans l’Administration publique.

En matière Domaniale, Cadastrale et Foncière, l’année 2018 a été marquée par la modernisation du cadastre, le renforcement de la protection et du développement du patrimoine de l’Etat, ainsi que la constitution des réserves foncières.

Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale,

Honorables Députés, 

En matière de Communication, le Gouvernement a particulièrement mis l’accent sur l’amélioration de l’offre et de l’accès à l’information.

Dans le secteur de l’Education de Base, les activités menées par le Gouvernement se sont articulées autour de l’universalisation du cycle primaire, la promotion de l’alphabétisation et le développement de l’offre préscolaire.

Quant à l’Enseignement Secondaire général et technique, les principales réalisations concernent l’amélioration de l’offre en matière d’établissements publics d’enseignement secondaire technique et professionnel, l’équipement adéquat de plusieurs structures éducatives existantes et la lutte contre la déperdition scolaire dans les Régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, à travers l’admission des élèves déplacés dans les établissements scolaires des autres Régions.

Dans l’Enseignement Supérieur, l’activité gouvernementale a notamment porté sur l’amélioration quantitative et qualitative des capacités d’accueil, ainsi que sur la professionnalisation et la modernisation des établissements et structures de formation.

En matière de Santé Publique, de nombreux efforts ont été consentis par le Gouvernement pour agir efficacement sur les déterminants de la santé, la lutte contre la maladie, la prise en charge des cas et le renforcement des plateaux techniques et des infrastructures hospitalières.

En      matière      d’Emploi       et       de        Formation Professionnelle, le Gouvernement a œuvré à la promotion de l’emploi décent, à travers la création de 437 mille 653 emplois nouveaux dans le secteur moderne de l’économie.

Cette performance a été atteinte grâce aux multiples opportunités offertes par les différents recrutements dans la Fonction Publique, les Forces de défense et de sécurité, et dans les Collectivités territoriales décentralisées. Elle a aussi été favorisée par la mise en œuvre du Plan d’Urgence Triennal pour l’accélération de la croissance économique décidé par le Président de la République. La promotion de l’emploi décent a également bénéficié de l’action conjuguée des programmes et projets gouvernementaux, ainsi que du suivi de la main-d’œuvre dans divers grands chantiers publics, y compris ceux de la Coupe d’Afrique des Nations de Football 2019.

Dans le domaine du Travail et de la Sécurité Sociale, les réalisations du Gouvernement ont concouru notamment à la promotion de la sécurité sociale pour le grand nombre de travailleurs et à l’amélioration de la protection du travail.

En matière de Jeunesse et d’Education Civique, le Gouvernement a mis l’accent sur l’éducation civique et l’intégration nationale, l’insertion socio-économique des jeunes, la vie associative et la participation citoyenne ainsi sur le Plan Triennal-Spécial Jeunes.

Dans le domaine des affaires sociales, l’action du Gouvernement s’est essentiellement focalisée sur la protection sociale des personnes socialement vulnérables, ainsi que sur la promotion de la solidarité nationale et de la justice sociale.

En matière de promotion de la femme et de la famille, l’action des pouvoirs publics a principalement été orientée vers l’éducation prénuptiale, matrimoniale et familiale, l’octroi des aides et secours aux personnes indigentes et nécessiteuses et la vulgarisation des instruments juridiques relatifs à la protection des droits de l’enfant.

Dans le domaine des arts et de la culture, le Gouvernement s’est appesanti sur la réalisation des actions visant à développer l’industrie culturelle et créative et à préserver, vulgariser et valoriser notre identité culturelle nationale.

Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale,

Honorables Députés,

Mesdames et Messieurs,

Permettez-moi à présent de vous présenter les grandes lignes du Programme que le Gouvernement entend exécuter au courant de l’exercice 2019.

Face aux grands enjeux et défis qui interpellent le Cameroun, le Gouvernement doit poursuivre en 2019 la mise en œuvre des réformes institutionnelles et structurelles en cours et accélérer le rythme d’exécution des grands projets structurants.

Il sera question de tout mettre en œuvre en vue du parachèvement à bonne date des différentes infrastructures de la CAN 2019. De même, les pouvoirs publics vont s’atteler à la finalisation des projets inscrits dans le Plan d’urgence triennal pour l’accélération de la croissance économique, ainsi que sur la mise en œuvre optimale du Plan triennal « Spécial Jeunes ».

 En ce qui concerne le système de  la commande publique, l’action du Gouvernement sera focalisée notamment sur :

la programmation en ligne des marchés publics, à travers l’application Cameroon Online E-Procurement System ;

  • la signature de l’ensemble des textes d’application du Code des Marchés Publics en vigueur et la vulgarisation de celui-ci ;
  • l’opérationnalisation de la catégorisation des entreprises du secteur des Bâtiments et Travaux Publics en vue de leur prise en compte dans le processus d’attribution des marchés y relatifs ;
  • l’intensification des missions de lutte contre la corruption et les mauvaises pratiques dans les marchés publics.

En    matière    de    gouvernance     territoriale,     le Gouvernement entend poursuivre et optimiser la réalisation des activités ci-après :

  • le suivi renforcé de la situation politicosécuritaire dans les Régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest ;
  • la poursuite du programme de construction et de réhabilitation des bureaux et résidences des autorités administratives ;
  • la poursuite de l’assainissement des secteurs d’activités sensibles, notamment les jeux d’argent et de hasard, les armureries, les activités privées de gardiennage ;
  • l’assainissement et la mise à jour du fichier des Chefferies traditionnelles ;
  • la poursuite de la mise en œuvre du Plan d’assistance humanitaire d’urgence pour les Régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest ;
  • l’entrée en service du Centre National des Télécommunications d’Urgence d’Ekounou.

Dans le domaine de la décentralisation et du développement local, nous allons poursuivre, au plan institutionnel, l’opérationnalisation de l’administration en charge de cette question.

Une priorité sera accordée à l’accélération du processus de décentralisation, telle que prescrite par le Chef de l’Etat.

Au plan sécuritaire, nous allons accentuer nos efforts, entre autres, autour :

  • du renforcement de la capacité d’adaptation des différents dispositifs en fonction de la situation sécuritaire sur le terrain ;
  • l’extension du système de vidéosurveillance, dans tous les chefs-lieux de Régions ainsi que certaines frontières sensibles ;
  • la poursuite du processus de mise en place des nouvelles unités de Police et de Gendarmerie sur l’ensemble du territoire national ;
  • la poursuite de la modernisation des services de sécurité de l’Etat, tant dans leur fonctionnement que dans le renforcement de leurs capacités opérationnelles.

Dans le domaine judiciaire, les actions prioritaires projetées en 2019 par le Gouvernement seront axées autour des projets ci-après :

  • la formation des Magistrats et Greffiers anglophones en droit administratif, des comptes et en contentieux des Actes Uniformes OHADA ;
  • la formation bilingue des Magistrats, des Greffiers et Contractuels d’administration ;
  • l’élaboration de l’avant-projet de Loi portant Code civil et commercial bilingue ;
  • l’informatisation du Registre du Commerce et de Crédit Mobilier ;
  • le renforcement des mécanismes de coordination de la chaîne de justice juvénile de protection de l’enfant ;
  • la conduite des missions de contrôle, d’audit interne et de prévention contre la corruption dans les services judiciaires ;
  • l’amélioration de l’activité juridictionnelle en termes d’accès à la justice et d’exécution des décisions de justice.

Dans le même sillage, nous envisageons également d’améliorer la politique pénitentiaire, à travers notamment :

  • la poursuite des travaux de construction de la prison de Douala-Ngoma ;
  • la construction de châteaux d’eau dans les prisons principales de Mbanga, Monatélé et Batouri ;
  • la réhabilitation des prisons de Mbouda, Yokadouma et Tcholliré I ;
  • la poursuite de l’encadrement scolaire et de la formation aux petits métiers en milieu pénitentiaire des détenus mineurs ;
  • l’amélioration de la couverture sanitaire et le suivi de la mise en œuvre de la politique de lutte contre le VIH/SIDA dans les prisons.

Au plan économique, nous allons mettre l’accent sur la diversification de notre économie, à travers notamment le renforcement des capacités de production et de transformation locales de nos matières premières.

De plus, nous allons veiller au respect de la mise en œuvre des réformes structurelles prévues dans le cadre du Programme économique et financier signé au mois de juin 2017 avec le FMI, appuyé par la Facilité Elargie de Crédit.

En matière de finances publiques, nous allons renforcer la discipline budgétaire, afin de rationaliser les dépenses publiques. Il sera également question d’améliorer la qualité des recettes, à travers leur sécurisation et l’identification du maximum de niches de recettes potentielles.

Plus spécifiquement, les innovations introduites par le projet de Loi de Finances pour l’exercice 2019 concernent, entre autres :

Ø les droits et taxes de douanes, notamment :

  • les mesures relatives à l’élargissement de l’assiette fiscale et de réduction de la dépense fiscale;
  • les mesures de facilitation et d’amélioration du climat social et de l’environnement des affaires.

Ø      Le Code Général des Impôts, en particulier :

  • l’harmonisation des taux d’imposition des transactions immobilières ;
  • l’exclusion des achats des produits pétroliers effectués par les marketers du champ d’application du précompte sur achat ;
  • la suppression de la faculté ouverte aux entreprises relevant des unités de gestion spécialisées de reverser les impôts retenus sur les salaires de leurs employés auprès des centres de rattachement de leurs différents établissements ;
  • le renforcement du régime de promotion des zones économiquement sinistrées ;
  • la précision de la portée de l’exonération de la Taxe sur la Valeur Ajoutée au bénéfice des tranches sociales de consommation d’eau et d’électricité ;
  • la clarification de la base d’imposition au droit d’accises des produits brassicoles ;
  • la clarification des modalités de liquidation du droit d’accises sur les jeux de hasard et de divertissement ;
  • l’assouplissement des conditions d’éligibilité au remboursement des crédits de la Taxe sur la ValeurAjoutée ;
  • le relèvement du tarif de la taxe de séjour pour les établissements d’hébergement non       classés meublés ;
  • l’harmonisation des délais en matière de contrôle fiscal ;
  • le renforcement du régime de sanction pour défaut de reversement des impôts et taxes retenus à la source. 

Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale, Honorables Députés,

Dans le domaine de l’Energie, les actions prioritaires du Gouvernement visent à accroître l’offre d’énergie et à en améliorer l’accès.

Dans le secteur des Infrastructures routières, un accent particulier sera mis sur les actions visant à améliorer substantiellement l’accès aux routes, ainsi qu’à anticiper la demande et l’entretien du réseau.

Ainsi, il sera question de parachever les chantiers routiers en cours en veillant à leur bonne exécution ; de poursuivre le programme d’investissement en infrastructures ; d’amplifier le rôle de l’Ingénieur de l’Etat, afin de garantir une bonne qualité des travaux ; d’entretenir et de réhabiliter les routes en terre.

Dans le domaine de l’habitat, le Gouvernement accordera une attention particulière, entre autres,  :

  • à l’achèvement des travaux de construction de 2 mille logements confiés aux PME nationales ;
  • au démarrage effectif de la construction de mille logements de la phase pilote d’un ensemble de 10 mille logements et des équipements socioculturels associés, ainsi qu’une base industrielle de préfabrication des éléments structurels de construction et   
  • à l’accélération des travaux de construction de la Cité des Cinquantenaires de Douala et le démarrage effectif des travaux pour celle de Yaoundé.

Des efforts seront également fournis relativement au Développement Urbain.

Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale,

Honorables Députés,

Mesdames et Messieurs,

Dans le secteur des Transports, le Gouvernement va œuvrer à la matérialisation de l’engagement pris par le Président de la République dans sa Profession de foi et dans son discours inaugural prononcé dans cet hémicycle le 6 Novembre 2018, à savoir poursuivre en l’accélérant le développement des infrastructures routières, ferroviaires, aériennes et maritimes, dans une démarche de complémentarité.

Dans le secteur des Postes et Télécommunications les pouvoirs publics envisagent de renforcer le développement de l’économie numérique, dont le cadre conceptuel et les déclinaisons opérationnelles sont prévus dans la stratégie Cameroun Numérique 2025.

S’agissant du secteur des Mines et de l’Industrie, le Gouvernement voudrait accroître sa contribution dans la formation du Produit Intérieur Brut, à travers la valorisation du potentiel minier, la mise en œuvre du Plan d’industrialisation prescrit par le Chef de l’Etat, en vue de promouvoir la transformation locale de nos ressources naturelles et la compétitivité du secteur productif national.

Pour l’essentiel, les perspectives du Gouvernement en matière de développement technologique et de propriété intellectuelle ont trait à :

  • la réalisation des études pour la construction d’un Technopole agro-industriel ;
  • le lancement d’une enquête statistique visant la maîtrise des données du sous-secteur mines, industrie et développement technologique ;
  • l’extension et la mise en réseau des Centres d’appui à la Technologie et à l’innovation.

Dans le domaine des Forêts et de la Faune,  les activités phares du Gouvernement s’articulent essentiellement autour de l’aménagement et du renouvellement de la ressource forestière ; du reboisement et de la régénération des ressources forestières ; ainsi que la valorisation des ressources forestières ligneuses et non ligneuses.

En matière d’Environnement, le Gouvernement envisage d’intensifier la lutte contre la désertification et les changements climatiques.

Il en est de même de la lutte contre la dégradation des terres, la mise en œuvre de la stratégie REDD+, ainsi que la mise en œuvre des engagements climatiques liés à l’Accord de Paris.

En outre, un accent sera mis sur la gestion durable de la biodiversité, la lutte contre les pollutions et les nuisances, à travers le renforcement de la police climatique et la gestion rationnelle des déchets et produits chimiques, toxiques ou dangereux.

Dans le domaine de l’Agriculture, le Gouvernement entend focaliser ses activités sur :

  • l’amélioration de la productivité et de la compétitivité des filières agricoles ;
  • l’intensification de la formation des acteurs ruraux aux nouvelles technologies de production, de transformation et de commercialisation des produits à travers la création des Centres d’excellence des filières agricoles ;
  • l’organisation du Forum national de l’agriculture ;
  • la maîtrise de la gestion de l’eau pour pallier les effets du changement climatique et produire en toute saison de l’année ;
  • la mise en place d’un projet de développement et de transformation des fruits ;
  • le renforcement et le développement du mouvement coopératif.

Relativement au secteur de l’Elevage, des Pêches et des Industries Animales, le Gouvernement voudrait s’investir dans :

  • la finalisation des plans de gestion des ressources pastorales dans 30 communes ;
  • l’insémination de 2 mille vaches et l’importation de 300 génisses pleines de race Montbéliarde ;
  • l’accompagnement de 500 commerçants de bétail à l’utilisation de la finance islamique ;
  • l’aménagement de 300 hectares de terres pour la production de fourrages et 75 hectares pour celle des semences ;
  • la construction de 03 infrastructures d’abattage et des équipements d’élevage et de pisciculture ;
  • la vaccination de 8 millions de petits ruminants contre la peste ;
  • la vaccination de 3 millions de bovins contre les épizooties ;
  • la protection du cheptel aviaire national par l’amélioration de la biosécurité dans la filière avicole et la gestion des risques d’introduction de la grippe aviaire ;
  • la protection des consommateurs et la lutte contre les zoonoses ;
  • la construction du marché de poissons de Youpwé à Douala ; de 07 Centres de pêches ; 06 postes de pêches ;
  • la construction de 15 fumoirs et séchoirs ;
  • la production intensive des alevins pour les stations aquacoles et les producteurs privés.

Concernant les Petites et Moyennes Entreprises, l’Economie Sociale et l’Artisanat, le Gouvernement mettra l’accent notamment sur :

  • la promotion de l’initiative privée à travers l’accompagnement de 100 jeunes porteurs de projets ;
  • la réhabilitation des Centres Agroalimentaires de Bertoua et de Limbé, respectivement dédiés à la transformation du manioc et au fumage du poisson ;
  • la production de 1 000 cartes d’artisans pour conférer à ces derniers le statut d’entreprenant ;
  • la poursuite de la migration de 1 000 unités de production informelles vers la Très Petite Entreprise ;
  • la finalisation des travaux de construction des villages artisanaux de Bafoussam et de Mbalmayo ;
  • l’opérationnalisation des Villages artisanaux de Foumban et de Ngaoundéré.

Dans le secteur des Domaines, du Cadastre et des Affaires Foncières, l’activité du Gouvernement va se focaliser sur :

  • la sécurisation des assiettes foncières pour l’agroindustrie ;
  • la sécurisation des lotissements domaniaux pour faciliter l’auto-construction par les populations ;
  • le recasement des occupants des marécages à Yaoundé, (phase pilote) ;
  • l’opérationnalisation et la promotion de la copropriété en zone urbaine ;
  • le renforcement de la protection des archives des conservations à haute pression foncière, ainsi que l’opérationnalisation des guichets uniques à Yaoundé et à Douala pour l’accomplissement des opérations fiscales et foncières dans le cadre des transactions immobilières ;
  • la finalisation de l’informatisation des procédures domaniales, foncières et cadastrales dans les villes pilotes de Yaoundé, Douala, Garoua et Maroua, et son extension dans les villes de Ngaoundéré, Bertoua, Bafoussam, Bamenda, Buea et Sangmelima ;
  • le démarrage des travaux de construction de la Cité des fonctionnaires dans la ville de Yaoundé ;
  • la réhabilitation du Garage administratif de Yaoundé ;
  • l’élaboration d’une réforme sur les expropriations et la finalisation de celle concernant le sous-secteur foncier.

Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale, Honorables Députés,

Concernant les perspectives en matière de Communication, le Gouvernement va s’atteler en priorité à :

  • la production et à la mise à disposition du signal TV international pour les besoins de couverture médiatique de la CAN 2019 ;
  • la poursuite de la réhabilitation de la CRTV ;
  • la mise en place de la structure organique de l’Agence Virtuelle d’Information ;
  • la finalisation du cadre juridique régissant la publicité ;
  • la validation des textes d’application de la Loi sur la communication sociale.

Dans le secteur de l’Education de Base, le Gouvernement va concentrer ses efforts pour l’atteinte des objectifs suivants :

  • la construction de mille 700 salles de classe dans les écoles primaires publiques ;
  • la construction de 80 blocs latrines dans les écoles primaires publiques ;
  • la construction de 24 clôtures pour sécuriser les écoles primaires publiques ;
  • l’acquisition de 21 mille 834 tables bancs pour l’équipement des écoles primaires publiques ;
  • l’appui au fonctionnement des écoles à travers l’octroi du Paquet Minimum ;
  • l’allocation des crédits de fonctionnement pour les écoles primaires publiques ;
  • le soutien à l’enseignement primaire privé de base à travers l’octroi d’une subvention de 3 milliards 99 millions 995 mille francs CFA ;
  • la construction de 15 Centres Préscolaires Communautaires pour l’encadrement des enfants de 4 à 5 ans en zones rurales ;
  • l’amélioration de l’offre préscolaire publique ;
  • l’alphabétisation de 28 mille personnes jeunes et adultes ;
  • le renforcement des capacités de 100 enseignants des écoles expérimentales à la production de l’environnement lettré en langues nationales ;
  • le transfert au profit des Collectivités Territoriales Décentralisées d’une dotation de 17 milliards 199 millions francs CFA.

S’agissant des Enseignements Secondaires, le Gouvernement entend poursuivre et renforcer l’accès à l’enseignement secondaire, améliorer la qualité de l’enseignement et de la vie en milieu scolaire, ainsi que promouvoir la professionnalisation des enseignements.

Pour ce faire, nous envisageons notamment les actions ci-après:

  • la construction de 11 ateliers de pratique professionnelle ;
  • la réhabilitation des infrastructures scolaires détruites dans les Régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest ;
  • l’équipement de 57 laboratoires de sciences, 114 ateliers de pratique professionnelle, 04 blocs administratifs, 390 salles de classe et 19 salles des professeurs, 03 salles informatiques ;
  • l’attribution d’une subvention de 2 milliards 300 millions de francs CFA au profit des établissements privés ;
  • la révision des programmes d’études et des guides pour le niveau de Première et de Lower Sixth et
  • l’accompagnement des élèves déplacés dans les Régions du Nord-Ouest, du Sud-Ouest et de l’ExtrêmeNord.

Au niveau de l’Enseignement Supérieur, le Gouvernement entend intensifier les activités visant à promouvoir l’assurance-qualité dans les Universités publiques et privées ; la professionnalisation des enseignements universitaires, ainsi que la recherche de l’employabilité des diplômés de l’enseignement supérieur.

Dans cette perspective, l’accent sera mis sur :

  • le soutien des jeunes étudiants créateurs d’entreprises à travers l’octroi de financements aux porteurs des projets ou « startups » ;
  • la poursuite du paiement de la prime à la modernisation de la recherche universitaire des enseignants ;
  • le démarrage effectif des cours à l’Université Inter-Etats Cameroun-Congo  à Sangmélima ;
  • la poursuite des travaux de construction du Rectorat de l’Université Panafricaine à Nsimalen ;
  • la distribution du reliquat d’ordinateurs offerts aux étudiants des Universités publiques et privées ;
  • la construction des Centres de Développement du numérique universitaire dans les Universités publiques et à l’Université Inter-Etats Cameroun-Congo ;
  • la mise en œuvre de la décision présidentielle ordonnant le recrutement spécial de deux milles (2.000) Enseignants titulaires du Doctorat PHD dans les Universités d’Etat du Cameroun – 1000 Enseignants seront recrutés en 2019.

Les perspectives du Gouvernement en matière de Recherche Scientifique et d’Innovation en 2019 visent principalement la densification de la recherche dans les secteurs prioritaires et à fort impact sur la croissance économique.

Dans ce sillage, la recherche agricole sera davantage orientée vers l’augmentation de la production agricole et la diversification des productions d’importance économique, à l’instar de l’Anacardier ou noix de cajou et de l’Acacia Sénégal ou gomme arabique.

De même, la recherche géologique et minière sera prioritairement adossée sur les activités de surveillance des zones à risques sismiques, ainsi que sur la surveillance environnementale des zones minières et l’évaluation des ressources en énergies renouvelables.

En    matière     d’Emploi     et     de     Formation Professionnelle, outre la poursuite des actions en cours, le Gouvernement envisage la réalisation des principales activités ci-après :

  • l’élaboration des textes d’application de la Loi régissant la formation professionnelle au Cameroun ;
  • l’édition et la vulgarisation de la Politique Nationale de l’Emploi ;
  • l’organisation et la réintégration en auto-emploi des migrants camerounais de retour de la Côte méditerranéenne ;
  • le suivi de l’insertion des nationaux dans les grands chantiers en cours ;
  • la lutte contre la main-d’œuvre clandestine à travers l’intensification des contrôles dans tous les secteurs de production ;
  • la promotion des emplois verts et la poursuite de la mise en place des Bureaux d’emplois municipaux ;
  • l’élaboration de la Carte nationale de formation professionnelle ;
  • l’achèvement des travaux de construction et d’équipement de l’Institut de formation des formateurs et de développement des programmes de Yaoundé ;
  • l’élaboration d’une nomenclature des spécialités de formation professionnelle ;
  • la poursuite des travaux de construction des Centres d’orientation scolaire, universitaire et professionnelle de Bamenda, de Maroua et de Ngaoundéré.

Dans le secteur du Travail et de la Sécurité Sociale, notre action sera orientée vers :

  • l’extension de la sécurité sociale vers les nouveaux champs personnels en marge du système existant ;
  • l’intensification des visites de contrôle dans les entreprises ;
  • le maintien du dialogue social à travers la tenue régulière des sessions du Comité de suivi y relatif ;
  • la modernisation du Greffe des syndicats et l’assainissement du fichier syndical ;
  • le renforcement du système d’information statistique en matière de travail et de sécurité sociale.

Au plan Social, les activités prioritaires envisagées par les pouvoirs publics ont trait à la protection des Personnes Socialement Vulnérables et à la consolidation de la solidarité nationale et de la justice sociale, à travers notamment :

  • la prise en charge des enfants réfugiés dans la Région de l’Est ;
  • la prise en charge des enfants déplacés internes du fait de la crise sécuritaire dans les Régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest ;
  • la poursuite de la prise en charge des enfants victimes de la secte islamiste Boko Haram ;
  • l’intensification de la lutte contre le trafic des enfants ; la réhabilitation de l’Institution Camerounaise de l’Enfance de Maroua ;
  • l’élaboration d’un cadre référentiel de la gestion de la dimension sociale des projets, ainsi que le suivi de la conformité sociale des projets.

Concernant la Promotion de la Femme et de la Famille, le Gouvernement entend accorder une attention particulière aux actions spécifiques ci-après :

  • l’appui et l’accompagnement des couples en vue de la régularisation et la sécurisation juridiques de leurs unions ;
  • la mise en œuvre du Plan national de réduction des violences conjugales, domestiques et familiales ;
  • la poursuite de la mise en œuvre du Plan d’action contre les mutilations génitales féminines et de la Stratégie nationale de lutte contre les violences basées sur le genre ;
  • la poursuite du renforcement des capacités politiques des femmes ;
  • le suivi de la prise en compte du genre dans les politiques publiques ;
  • la production de la 4ème édition du Palmarès Genre au sein des administrations publiques et parapubliques ;
  • la construction des Centres de promotion de la femme et de la famille de Soa, Mvengue et Ekondo Titi ainsi que la réhabilitation de ceux de Yaoundé IV et d’Edéa ;
  • la sécurisation des Centres de promotion de la femme et de la famille de Muyuka, Tokombéré et Petté et l’équipement de ceux de Yaoundé VI, Bourha, Mbanga, Kribi et Bipindi.

Dans le domaine des Arts et de la Culture, l’action du Gouvernement portera notamment sur :

  • la poursuite des travaux de construction du Palais des Arts et de la Culture de Yaoundé ;
  • la poursuite de l’inventaire général du patrimoine culturel dans les Régions du Nord et de l’ExtrêmeNord;
  • l’élaboration d’un cadre réglementaire spécifique pour les activités cinématographiques et les productions audiovisuelles ;
  • la réalisation des études archéologiques et environnementales du site d’esclavage de Bimbia dans la Région du Sud-Ouest, lieu de mémoire collective ;
  • l’appui à la réhabilitation des musées royaux et des chefferies dans le cadre du transfert des compétences aux Collectivités Territoriales Décentralisées ;
  • l’opérationnalisation des organes de Direction de l’Ensemble National du Musée National et des Archives Nationales ;
  • l’organisation du Festival des Musiques et des danses patrimoniales, ainsi que du Salon des arts patrimoniaux et de l’archéologie ;
  • l’accompagnement des divers évènements culturels et festivals patrimoniaux communautaires, à l’instar du NGONDO, MBAM’ART, NGUON et bien d’autres, sur l’ensemble du territoire national.

Dans le secteur de la Santé Publique, le Gouvernement va mettre la priorité sur la réalisation des activités ci-après : – l’assainissement du milieu hospitalier avec notamment la mise en place des incinérateurs modernes dans les grandes villes du pays pour traiter, sans pollution, les déchets hospitaliers ;

  • la prévention contre le Paludisme à travers le lancement d’une 3ème Campagne nationale de distribution gratuite de 14 millions 500 mille moustiquaires imprégnées dans les 10 Régions du pays;
  • la mise sous traitement Anti Retro Viral gratuit de 320 mille personnes vivant avec le VIH/SIDA ;
  • la construction 83 formations sanitaires et l’équipement d’une quinzaine d’entre elles en énergie solaire ;
  • la construction de 02 hôpitaux modernes spécialisés en psychiatrie et gastro-pneumologie ;
  • la construction de 05 Centres modernes de Transfusion Sanguine.

Dans le secteur des Sports et de l’Education Physique, les efforts du Gouvernement seront prioritairement orientés vers le parachèvement et la livraison de toutes les infrastructures sportives, routières, hôtelières, hospitalières, de télécommunication et de transport prévues dans le cahier de charges de la CAF pour garantir la pleine réussite de l’organisation de la CAN TOTAL 2019.

Concernant le secteur de la Jeunesse et de l’Education Civique, outre la poursuite des projets en cours, les perspectives du Gouvernement en 2019 porteront sur la réalisation des actions suivantes :

  • la poursuite de la mise en œuvre du Plan Triennal Spécial Jeunes ;
  • l’opérationnalisation de l’Observatoire National de la Jeunesse par l’inscription, l’orientation et l’intermédiation au profit de 500 mille jeunes ;
  • la sensibilisation de 300 mille personnes aux valeurs de la citoyenneté et à l’intégration nationale ;
  • la mobilisation des Volontaires pour les besoins d’organisation de la CAN TOTAL 2019 ;
  • la pérennisation des Carrefours du vivre-ensemble ;
  • la préparation militaire spécialisée des cadres de jeunesse et d’animation ;
  • la formation de 1 000 Appelés et de 600 Volontaires, ainsi que l’implémentation des villages pionniers par l’Agence du Service Civique National de Participation au Développement ;
  • la construction des Centres Multifonctionnels de Promotion des Jeunes dans les camps des réfugiés et personnes déplacées du fait des exactions de la secte islamiste Boko Haram et de la crise centrafricaine.

Relativement à la mise en œuvre du Plan d’urgence triennal pour l’accélération de la croissance économique (PLANUT), l’accent sera mis sur la poursuite des travaux de construction des infrastructures en cours de réalisation dans les différents secteurs, leur mise en service et la mobilisation des financements y relatifs.

Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale,

Honorables Députés,

Mesdames et Messieurs,

A l’orée du nouveau septennat du Chef de l’Etat, Son Excellence Paul BIYA, septennat des grandes opportunités,  le Programme économique, financier, social et culturel que le Gouvernement voudrait mettre en œuvre en 2019, s’inscrit dans une perspective de consolidation des acquis.  Il est surtout question de maîtriser les enjeux et défis qui interpellent désormais les pouvoirs publics, afin de maintenir notre pays sur le sentier de l’Emergence à l’horizon 2035.

Au rang de ces grands enjeux et défis, il y a notamment :

  • la maîtrise des contraintes sécuritaires à l’intérieur comme aux frontières ;
  • la consolidation de la paix, de l’unité nationale et du vivre-ensemble ;
  • l’optimisation des préparatifs de la Coupe d’Afrique des Nations de Football 2019 ;
  • le parachèvement de la mise en œuvre du Plan d’Urgence Triennal pour l’accélération de la croissance, ainsi que l’exécution du Plan Triennal « Spécial Jeunes » ;
  • la préparation des prochaines élections législatives et municipales;
  • l’accélération du processus de décentralisation, à travers notamment la mise en place des Régions et le transfert accru des compétences et des ressources aux Collectivités Territoriales Décentralisées ;
  • la finalisation des chantiers des grands projets infrastructurels et énergétiques en cours ;
  • le développement de l’économie numérique, de l’industrialisation et de l’agriculture de seconde génération ;
  • la modernisation de l’économie, la relance de la croissance et la création des emplois en particulier pour les Jeunes ; et
  • la poursuite de la mise en œuvre du Programme Economique et Financier 2017-2019, conclu avec le FMI.

L’importance et la grande sensibilité de toutes ces questions nécessitent que le Gouvernement se dote, au titre de l’exercice 2019, des ressources budgétaires et financières conséquentes lui permettant d’atteindre les objectifs ainsi visés.

Par conséquent, le Projet de budget de l’exercice 2019, soumis à votre approbation, prend appui sur un cadrage macroéconomique adossé sur tous ces éléments de contexte.

Il repose sur l’hypothèse réaliste d’un taux de croissance du Produit Intérieur Brut réel de 4,4% et d’un taux d’inflation maintenu en dessous de 3%.

 La politique budgétaire projetée en 2019 s’inscrit également dans la perspective du rééquilibrage de nos finances publiques à moyen terme et entend ainsi poursuivre l’optimisation de la mobilisation des recettes internes non pétrolières. Il s’agira également pour le Gouvernement de maintenir le cap de la rationalisation des dépenses publiques, en vue d’une plus grande efficacité et efficience de l’action publique.

Sur la base de ces hypothèses, le présent projet de Loi de Finances pour l’exercice 2019, s’équilibre en recettes et en dépenses à la somme de 4 mille 850 milliards 500 millions de francs CFA, contre 4 mille 689 milliards 500 millions de francs CFA en 2018, soit une augmentation de 161 milliards de francs CFA en valeur absolue et de 3,4 % en valeur relative.

Cet accroissement est assez modéré, en raison des contraintes liées au contexte particulier dans lequel ce projet de Loi de Finances est élaboré, éléments factuels sur lesquels je me suis déjà appesanti.

Dans cette prévision globale, les recettes s’élèvent à 4 mille 850 milliards 500 millions de francs CFA, réparties comme suit :

  • les recettes pétrolières et de gaz se situent à 450 milliards de francs CFA ;
  • les recettes non pétrolières sont chiffrées à 3 mille 79 milliards 500 millions de francs CFA ;
  • les prêts projets pour 588 milliards de francs CFA ;
  • les émissions des titres publics d’un montant de 260 milliards de francs CFA ;
  • les financements bancaires à hauteur de 65 milliards de francs CFA ;
  • les appuis budgétaires des partenaires au développement pour un montant de 329 milliards de francs CFA ; et
  • les dons d’un montant de 79 milliards de francs CFA .

S’agissant des dépenses projetées, elles s’élèvent à 4 mille 850 milliards 500 millions de francs CFA, réparties comme suit :

  • 2 mille 465 milliards 500 millions de francs CFA au titre des dépenses courantes ;
  • mille 327 milliards 600 millions de francs CFA, pour les dépenses en capital, soit 27,37% du budget annuel ;
  • mille 57 milliards 400 millions de francs CFA, au titre du service de la dette publique.

Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale,

Honorables Députés,

Mesdames, Messieurs, 

Telle est l’économie du Programme Economique, Financier, Social et Culturel du Gouvernement pour l’exercice 2019, pour lequel le Gouvernement sollicite le soutien des Députés de la Nation en vue de sa mise en œuvre, sous la Très Haute autorité du Chef de l’Etat, Son Excellence Paul BIYA.

Je vous remercie de votre bienveillante attention.-

Présidentielle : Le SDF demande pardon pour l’échec et promet la renaissance

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Jean Tsomelou veut reconquérir la gloire perdue du Sdf

« The original Sdf is reborned ». Jean Tsomelou a ainsi proclamé la renaissance lance du Social democratic front (Sdf) ce soir au cours d’une conférence de presse. Le secrétaire général du principal parti de l’opposition a annoncé une remobilisation du parti pour reconquérir ses gloires d’antan. « Nous travaillons pour un retour au Sdf original, celui des années 1990-1992, pour libérer le peuple camerounais », a-t-il indiqué. Un cadre du parti de la Balance souffle que « nous comptons redonner du poids à l’aile dure du parti ». En clair, reprendre le bâton de pèlerin de la première heure. Non pas celui du mot d’ordre « Biya must go », mais « il sera question pour le Sdf d’être encore plus présent sur le terrain pour écouter la base, écouter le peuple, de tenir un discours attractif et conquérant pour la jeunesse qui a soif du changement. Les municipales et les législatives se tiendront certainement en 2019», détaille-t-il. Éludant le rôle à confier aux tenants du radicalisme tel Jean Michel Nintcheu, le député et président de la province Sdf pour le Littoral qui semble être l’un des rares à opposer au régime de Yaoundé une résistance extrémiste face aux frustrations et autres violations des droits de l’opposition et des citoyens.

Le Sdf veut revivre cette gloire

« Pour nous, le plus important est de retrouver au moins notre place au parlement et au sein des conseils municipaux », réoriente le patron administratif du parti. Rappelant qu’aux élections de 1997, le parti de Ni John Fru Ndi avait récolté 43 députés et 68 communes. Or « aujourd’hui, nous en sommes réduits à 18 députés et sept sénateurs », minimise-t-il. Mais en attribuant une part de responsabilité au Code électoral et à l’ensemble du dispositif juridique et humain qui encadre et organise les élections au Cameroun. Alors au moment où le climat post-électoral 2018 est pollué par une crise de légitimité qui semble transparaître de la victoire de Paul Biya au sortir du scrutin du 7 octobre dernier, Jean Tsomelou qui a « tourné la page de la présidentielle », invite le président de la République à « mettre sur pied une commission électorale véritablement indépendante, mettre sur pied les conditions d’un consensus national lors des échéances à venir ».

« pardon aux millions de Camerounais qui ont toujours cru au Sdf »

En annonçant une reconquête de l’opinion, le Sdf fait son mea culpa après la gifle reçue lors de la présidentielle 2018. Joshua Osih, le premier vice-président et candidat du Sdf à ce scrutin, a récolté 3,35% des voix, occupant le 4ème rang sur les neuf candidats qui étaient en lice. Perdant ainsi sa traditionnelle 2ème place au profit du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc) de Maurice Kamto qui d’ailleurs a fait mieux que le Sdf depuis 2004 (14,23%). Et même la 3ème place n’est pas revenue à Joshua Osih, mais à Cabral Libii, un autre bleu qui a largement bénéficié des faveurs des jeunes électeurs. Accusant tant les facteurs attribuables au pouvoir en place et à la machine Rdpc, mais davantage au fait que « notre fief électoral ne présentait pas des conditions de tenue régulière d’une élection », regrette le parti. Certes « les résultats ne reflètent pas notre poids réel sur le terrain, mais il est clair que notre parti a perdu du terrain », reconnaît son secrétaire général. Du coup, au nom du parti, Jean Tsomelou demande « pardon aux millions de Camerounais qui ont toujours cru au Sdf ». En annonçant sa renaissance, le parti vise un triple objectif : la résolution de la crise dans les régions dites anglophones, la construction d’un Etat fédéral et fédérer l’électorat pour parvenir à une alternance.

Finances publiques : Le budget 2019 fixé à 4 850,5 milliards FCfa

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Le projet de loi portant loi de finances de la République du Cameroun pour l’exercice 2019 a été jugé recevable le 16 novembre dernier par la commission des Finances de l’Assemblée Nationale. Il ressort ainsi de ce document que ce budget est équilibré en recettes et en dépenses à 4 850,5 milliards de francs CFA. Ce qui traduit une augmentation de 161 milliards de francs CFA, soit 4,3 % par rapport à l’année 2018. Même si d’autres détails n’ont pas pu filtrer de cette loi de finances qui a néanmoins été jugée conforme à la loi portant régime financier de l’Etat, par les membres de la Commission des Finances, les priorités de ce budget sont connues. Les grandes lignes avaient été déclinées par Louis Paul Motaze, ministre des Finances (Minfi), le 29 mai dernier, au cours du séminaire sur le lancement des activités de préparation dudit budget.

Les projets de première génération

Il convient de souligner que c’est en 2010, dans le cadre de la mise en oeuvre du Document de Stratégie pour la Croissance et l’Emploi (Dsce) que le gouvernement a lancé la série de projets structurants dits de « première génération ». Figurent dans la liste de ces projets, le barrage hydroélectrique de Lom Pangar, le projet Memve’ele et Mekin, entre autres. A en croire Louis Paul Motaze, un accent sera mis sur l’entrée en service de ces projets au cours de l’exercice budgétaire 2019. Outre les points sus évoqués, seront également pris en compte, la préparation de la Coupe d’Afrique 2019, l’accélération de la mise en œuvre de la décentralisation et du développement local, le suivi de la mise en oeuvre du Mémorandum de Politiques Economiques et Financières et les différentes matrices d’appuis budgétaires qui y sont adossées. Ces engagements, a souligné le Minfi, qui doivent être considérés comme des « contraintes », constituent autant de défis à relever dans le cadre de la préparation de l’avantprojet de loi de finances 2019. Qu’est-ce qu’il faudra adopter comme attitude afin de réaliser ces différents objectifs ? Louis Paul Motaze s’est voulu clair : « nous avons l’obligation d’observer une bonne corrélation entre les potentialités de l’Etat en matière de recettes d’une part et les engagements du gouvernement traduits dans les programmes budgétaires portés par les administrations d’autre part avec pour leitmotiv une plus grande efficience de la dépense publique ».

Plan triennal spécial jeunes

En effet, dans son adresse à la jeunesse le 10 février 2016, le président de la République, Paul Biya, avait annoncé la mise sur pied du Plan Triennal Spécial Jeunes (Ptsj). Doté d’une enveloppe de 102 milliards de francs CFA, il s’étale sur trois ans et a pour objectif de « faciliter et accélérer l’insertion socio économique des jeunes ». Pour le compte de la première année de ce programme, 38 jeunes ont déjà pu bénéficier d’une dotation en matériels et en ressources financières d’un montant avoisinant les 450 millions de francs CFA. Les quatre secteurs prioritaires sur lesquels le programme est encré sont notamment : l’agriculture, l’économie, l’industrie et l’innovation technique. Ainsi, dans la perspective de la poursuite du Ptsj, le gouvernement entend, à travers le budget 2019, focaliser son attention sur les difficultés que rencontrent les jeunes en matière d’insertion socio économique.

Par Junior Matock

Prévisions : Les risques qui pèsent sur les pays de la sous-région

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Abbas Mahamat Tolli, gouverneur de la BEAC.

Les autorités de la Banque des Etats de l’Afrique Centrale envisagent un taux de croissance réel de l’activité économique qui devrait s’établir à 3,4 % en 2019 dans la sous-région. Cette prévision est néanmoins suspendue à des risques qui pourraient, selon Abbas Mahamat Tolli, hypothéquer le développement des pays de la zone. Il s’agit d’un : « dérapage dans l’exécution des programmes avec le Fonds Monétaire International (FMI), qui impacterait négativement les décaissements des appuis budgétaires ; une chute brutale et imprévue des prix du baril de pétrole brut, qui exercerait une pression supplémentaire sur les soldes budgétaires et extérieurs et sur le système bancaire sous-régional ; et enfin, un resserrement plus rapide que prévu de la politique monétaire de la Réserve Fédérale aux États-Unis ».

En effet, lors du sommet de N’Djamena, le président tchadien, Idriss Deby Itno, a fustigé le relâchement observé au sein des pays de la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale (Cemac), en ce qui concerne les réformes budgétaire à implémenter dans le cadre du Programme Economique et Financier. Toute chose qui pourrait donc conduire, si jamais cela arriverait, à hypothéquer les appuis budgétaires que la FMI accorde à l’ensemble des pays de la Cemac soumis à ce programme. Cependant, récemment interpellé sur la question, le gouverneur de la Beac avait plutôt apaisé les esprits en indiquant que : « cette hypothèse qui sous-tend que les pays ne suivent pas correctement les réformes budgétaires est à exclure ». Parce que, arguait-il alors, « chaque pays y est allé de manière souveraine, convaincu de la vertu à opérer toutes ces réformes ». Ensuite concluait-il, l’évocation de cette idée par le président Iddriss Deby Itno, consiste simplement à « inciter ses pairs à ne point baisser les bras, mais à maintenir le cap ».

Baisse des cours du baril

Dans les perspectives macroéconomiques de la sous-région mises à jour par la Beac, la banque prévoit pour 2018, « un redressement plus important des cours mondiaux de pétrole brut (70,2 dollars/baril au lieu de 62,3 dollars/ baril antérieurement projeté, contre 52,8 dollars/baril en 2017) ». Ce qui pourrait contribuer à améliorer certains indicateurs tels que « une progression du niveau général des prix autour de 1,7 % en moyenne annuelle, contre 0,9 % en 2017 ; un accroissement de l’excédent du solde budgétaire base engagements, dons compris, à 0,5 % du Produit Intérieur Brut (PIB), contre – 3,1 % du PIB en 2017, tandis que le déficit du compte courant se contracterait à – 3,7 % du PIB, contre – 4,2 % du PIB en 2017, et un accroissement de la masse monétaire de 6,3 %, pour un taux de couverture extérieure de la monnaie qui se maintient à 59,7 % environ. Cependant, prévient Abbas Mahamat Tolli, tous ces objectifs risquent ne pas être atteints s’il survient, au cours de la période concernée, « une chute brutale et imprévue des prix du baril de pétrole brut », avec comme conséquence « une pression supplémentaire sur les soldes budgétaires et extérieurs et sur le système bancaire sous-régional ».

Par Junior Matock

Christophe Bobiokono :« Deux manifestations publiques sont envisagées »

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Michel Biem Tong est poursuivi pour « apologie du terrorisme » et « outrage au chef de l’Etat ». A quel point ces accusations vous paraissent-elles fondées ou non ?

Je ne voudrais pas me jeter dans un commentaire sur les arguments de ses accusateurs. C’est le procureur de la République qui a décidé de le placer en détention provisoire. Mais ce qui me frappe davantage c’est que, Michel Biem Tong est un civil et donc il ne devrait pas se trouver devant un tribunal militaire. Deuxièmement, il a été interpellé de manière sauvage dans les bureaux d’un ministère, sans mandat. Troisièmement, l’enquête criminelle ne s’est pas déroulée dans de bonnes conditions à savoir qu’il a été auditionné sans la présence de ses avocats. Pour moi, ses droits élémentaires n’ont pas été respectés.

Mais il se dit qu’on lui reproche d’avoir véhiculé un message audio dans lequel il appelle les populations des régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest à poursuivre la résistance contre le régime de Yaoundé…

J’ai eu le privilège d’écouter ce message qu’il aurait envoyé aux populations du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Contrairement à ce qu’on dit, il ne s’adresse pas aux séparatistes. En écoutant ce message, je ne vois pas ce qui pourrait justifier qu’il se retrouve poursuivi devant le Tribunal militaire pour des questions liées au terrorisme. Mais nous travaillons dans l’optique de lui obtenir une libération. Nous travaillons dans le cadre d’un Collectif qui dispose en majorité des journalistes qui sont en fait ses camarades. Nous projetons de mener bientôt, un certain nombre d’actions qui nous permettront d’obtenir qu’il bénéficie d’un minimum d’équité dans le traitement de son affaire.

Concrètement, quelles sont les actions qui sont menées par le Collectif international de soutien à Michel Biem Tong ?

Nous avons un certain nombre d’actions en préparation. On lui a déjà rendu une visite dernièrement, on a fait un communiqué ensuite. Nous ferons un second communiqué ; puisque nous avons rassemblé un certain nombre d’informations sur la manière dont l’enquête s’est déroulée. Pour le moment nous n’en parlons pas parce qu’il ne serait pas bon de donner la primeur à un seul journal ; nous allons, le moment venu, mettre toutes ces informations à la disposition de la presse. Mais il est envisagé une ou deux manifestations publiques, et aussi une conférence de presse et des déclarations.

En tant défenseur des droits de l’Homme, et surtout journaliste, quel commentaire vous inspire ces cas à répétition d’arrestation de femmes et d’hommes de médias au Cameroun ?

Je suis inquiet. On découvre aujourd’hui qu’il y a au niveau du régime de Yaoundé, un courant de personnes qui sont extrêmement dures, des faucons qui en veulent à la presse et qui sont capables de s’appuyer sur des choses totalement inaperçues aux yeux de l’opinion pour en faire de grands scandales. Je suis cependant également réconforté par les issus qu’ont connu certaines interpellations de journalistes notamment le cas de Mimi Mefo, notre consoeur d’Equinoxe Télévision qui a été libérée il y a quelques jours. Nous sommes confiants quant au cas de Michel Biem Tong.

Réalisée par Arthur Wandji

Justice : L’affaire Michel Biem Tong

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Les nouvelles ne sont pas bonnes. Michel Biem Tong, cyber journaliste engagé, arrêté le 23 octobre dernier a été placé sous mandat de détention provisoire à la prison centrale de Yaoundé il y a quelques jours. Il est poursuivi pour « apologie du terrorisme », « incitation à la rébellion » et « outrage au chef de l’Etat ». Il risque la « peine de mort » prévue à l’article 2 de la Loi N°2014/028 du 23 décembre 2014 portant répression des actes de terrorisme qui dispose en substance que : « Est puni de la peine de mort, celui qui, à titre personnel, en complicité ou en coaction, commet tout acte ou menace susceptible de causer la mort, de mettre en danger l’intégrité physique, d’occasionner des dommages corporels ou matériels, des dommages de ressources naturelles, à l’environnement ou au patrimoine culturel dans l’intention » d’intimider la population, de provoquer une situation de terreur ou de contraindre la victime, le gouvernement et/ou une organisation nationale ou internationale, à accomplir ou à s’abstenir d’accomplir un acte quelconque, à adopter ou à renoncer à une position particulière ou à agir selon certains principes. Mais aussi dans l’intention de perturber le fonctionnement normal des services publics, la prestation de services essentiels aux populations ou de créer une situation de crise au sein des populations ; et de créer une insurrection générale dans le pays.

Message audio et appel à la résistance

De sources avisées, il serait reproché au cyber journaliste, promoteur du site internet Hurinews.com d’avoir enregistré des messages audio qu’il a ensuite envoyés aux populations résidant dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest parmi lesquelles des membres du mouvement indépendantiste autoproclamé qui tue et rançonne les habitants dans leur guerre contre les forces nationales de défense. Dans ce message audio dit-on, le journaliste aurait lancé un appel de résistance contre le régime de Yaoundé. Toute chose qui divise ses confrères de la presse. Alors qu’ils sont montés au créneau pour la libération d’une autre journaliste (Mimi Mefo en service à Equinoxe TV) il y a quelques jours, la mobilisation des hommes et femmes de médias pour la libération de Michel Biem Tong n’est pas aussi forte. « La mobilisation est différente parce que, contrairement au cas de Mimi Mefo, il y a ce message vocal de Michel Biem Tong qui incite des anglophones à résister dans leurs revendications. C’est clairement un acte qui est difficile à défendre dans un contexte où les Camerounais dans leur majorité appellent au calme et à la paix », indique une source, membre du Syndicat national des journalistes du Cameroun (Snjc). Pourtant, il faut bien que Michel Biem Tong soit libéré. « C’est vrai que son cas est compliqué, mais le Snjc ne compte pas abandonner l’un de ses membres, poursuit notre source. Nous travaillons à trouver la meilleure stratégie pour obtenir sa libération. Les Fédérations africaines et internationale des journalistes suivent attentivement l’évolution de la situation. Nous allons nous rassembler pour adopter la démarche à suivre dans les prochains jours ». Un Collectif international de soutien à Michel Biem Tong a même été créé au Cameroun. Ce Collectif qui rassemble des associations de défense des droits de l’homme, des journalistes et des hommes politiques a dénoncé certaines violations commises à l’encontre du cyber journaliste, depuis son interpellation. « Michel Biem Tong a été arrêté dans l’enceinte du ministère de la Défense à Yaoundé, alors qu’il répondait à une invitation du Directeur de la Sécurité militaire (Semil). Nous nous inquiétons de ce qui apparaît comme une dérive de certains responsables de l’armée à travers des arrestations et détentions arbitraires, des traitements cruels, inhumains et dégradants », laissent entendre des membres du Collectif qui prévoit d’organiser des manifestations dans les rues, jusqu’à la libération de Michel Biem Tong. La première audience de cette affaire est prévue le 5 décembre 2018 au Tribunal militaire de Yaoundé.

Cemac : les secteurs qui vont porter la croissance en 2019

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Dans son dernier rapport de politique monétaire publié la semaine dernière, le gouverneur de la Banque des Etats de l’Afrique Centrale (Beac), Abbas Mahamat Tolli, annonce au moins une bonne nouvelle. « Les perspectives économiques et financières des pays de la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale (Cemac) sur la période 2019-2021 envisagent un taux de croissance réel de l’activité qui devrait s’établir à 3,4 % en 2019, avant de redescendre à 3,0 % et 3,1 % respectivement en 2020 et 2021, contre 1,7% en 2018 ». Et ce, grâce principalement aux performances du secteur non pétrolier. Toutefois, insiste-t-il, Abbas Mahamat Tolli, « cette évolution résulterait du développement du secteur agricole, des services, des BTP et des industries manufacturières ». Comment cela va-t-il se traduire concrètement ?

LA CAN 2019

En ce qui concerne le secteur des Bâtiments et Travaux Publics (BTP), le rapport de la Beac indique que le secteur des services bénéficierait en 2019 « des retombées de la Coupe d’Afrique des Nations au Cameroun au niveau des transports, de l’hôtellerie et de la restauration », et au-delà, « du redémarrage des projets d’exploration et de développement pétroliers, gaziers et miniers au Congo, au Gabon et en Guinée Équatoriale ». En outre, poursuit le rapport de la Beac, « un regain d’activité est prévu dans le secteur des BTP grâce aux projets d’aménagement des infrastructures portuaires, ferroviaires et aéroportuaires au Gabon, au Congo, et dans une moindre mesure en RCA ». L’activité agricole quant à elle, progresserait à moyen terme, en rapport avec les effets escomptés de la reprise de la filière cotonnière au Tchad par le Groupe Olam, dont la production annuelle à l’horizon 2023 pourrait atteindre 300 milles tonnes, contre 17 milles tonnes en 2018, d’une part, et le développement de la filière palmier à huile au Gabon avec une production qui passerait de 80 000 tonnes en 2018 à plus 212 000 tonnes en 2021, d’autre part.

Outre ces facteurs, la Beac souligne que deux autres catalyseurs importants devraient également soutenir l’activité dans le secteur non pétrolier. Il s’agit, en premier lieu, du « rétablissement de la sécurité en République Centrafricaine et aux frontières du Tchad et du Cameroun avec le Nigéria, ainsi que dans les régions du Nord et Sud-Ouest du Cameroun et, deuxièmement, de la mise en oeuvre du Programme de Réformes Économiques et Financières (Pref-Cemac), et des retombées positives de l’application des mesures de consolidation budgétaire contenues dans les programmes signés par les États avec le Fonds Monétaire international (Fmi).

Par Junior Matock

Fécafoot : Elections, incertitudes et inconnus

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Cette maison est-elle devenue inhabitable après Iya?

Le Comité de normalisation a entamé son dernier mois à la tête de la Fédération Camerounaise de Football (Fécafoot) avec le processus électoral. D’après la décision rendue publique par le président du Comité de normalisation, ce sont en tout, 29 départements répartis dans sept régions qui ont connu leurs présidents, vice-présidents et délégués aux assemblées régionales le 14 novembre dernier. Des élections définitivement validées, puisqu’en même temps, le Comité de normalisation qui tient lieu de commission électorale, statuant en premier et dernier recours, a rejeté l’ensemble des recours en annulation déposés.

Rendez-vous est pris pour le 26 novembre, avec les élections à la tête des ligues régionales. Ce sera avec les 87 délégués choisis parmi les membres des différentes ligues départementales. Le collège étant constitué des délégués des différents départements de la région, et des clubs affiliés à la Ligue régionale de football en question. La directive de Dieudonné Happi y relative rappelle par ailleurs les conditions cumulatives de participation aux championnats 2011-2012 et 2017-2018 « sans avoir été déclaré forfait général par une décision devenue définitive d’un organe juridictionnel ».

Les décisions des recours étant devenues exécutoires, l’on peut croire que le train de la Fécafoot est définitivement sorti de la gare. L’observation montrant que les multiples camps en conflit se sont partagés les 29 départements pourvus à ce jour. Si le clan proche de l’ancien président Iya Mohammed semble toujours avoir le vent en poupe, l’opposition s’est réveillée. Ainsi, le puissant département du Mfoundi a élu Akoué Domingo, un des fidèles alliés d’Abdouraman Hamadou. Pendant que dans le Littoral, c’est Littoral maison mère, un regroupement idéologiquement proche de Joseph Antoine Bell, qui s’est positionné. Et parmi les lésés, un certain Ndedy Mbengue. Le président de Persévérance du Nkam qui a subi la violence des matraques des gendarmes en 2013, pour faire entendre la voix des frustrés, a obtenu zéro voix.

Pour autant, les plus silencieux n’ont pas encore dit leur dernier mot. Akoué Domingo et son clan ont certes des raisons de savourer des victoires, mais tiennent à un processus électoral « transparent » à leur guise. Eux qui avaient déjà saisi la Chambre de Conciliation et d’Arbitrage (CCA) du Comité National Olympique et Sportif du Cameroun (Cnosc) pour invalider les textes adoptés le 10 octobre dernier. Au motif qu’ils n’épousent pas les exigences de la nouvelle loi organisant les activités physiques et sportives, et que le quorum n’a pas été atteint pour adopter les Statuts. Les révoltés menacent même de recourir aux tribunaux civils pour les cas de corruption qu’ils disent avoir enregistrés lors de cette assemblée générale extraordinaire. Si leurs requêtes prospèrent comme par le passé, il est peu probable que Me Happi et compagnie laissent un exécutif à leur départ le 16 décembre prochain. Comme ce fut le cas avec Joseph Owona.

Can féminine 2018 : Les Lionnes sur le pied de guerre

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Les Lionnes indomptables. La rage de vaincre.

«Je ne recule jamais devant les défis. J’irai au Ghana et certainement avec la préparation, on va aller là-bas étant gonflé : donc on part pour gagner la CAN On fait partie du big 4. Il y a le Nigeria, le Ghana, l’Afrique du sud, certainement. On y ajoute la Guinée (équatoriale), ou alors l’Ethiopie qui monte. Mais, dans tout ça, si on a le statut de second du continent, il faut qu’on le démontre. Donc on part pour gagner la CAN ». Joseph Brian Ndoko tenait ce discours après la qualification des Lionnes indomptables le 9 juin dernier. Celui qui avait eu un parcours pour le moins sinueux, rêvait tout de même de réussir là où Enow Ngachu a échoué dix années durant. Ce défi est pourtant possible, de l’avis de beaucoup de techniciens. « Le Cameroun a une équipe qui est au sommet de sa forme, avec des joueuses pétries d’expérience et qui font partie des meilleures du continent», argumente Ghislaine Bébom, entraîneuse de football. Et le tournoi de la Cosafa a donné des raisons d’espérer. Invitée à cette compétition d’Afrique australe, le Cameroun a surpris les habitués du carré d’as, et joué la finale. Le galop d’essai a été à la hauteur des ambitions d’une sélection habituée aux sommets. Puis, après la douche froide de la France (6-0) en amical le 9 octobre dernier, les pouliches de Joseph Ndoko ont bouclé leur stage en Côte d’ivoire en se vengeant sur la Zambie (7-0). Mais le doute s’est peu à peu installé dans les esprits, en raison des conditions de préparation de cette sélection. Près de huit mois après sa nomination, Joseph Ndoko a vécu l’oisiveté. Les programmes de travail conçus n’étant pas respectés, « faute de moyens ». Ne sachant pas bricoler et anticiper comme son prédécesseur. Alors que le championnat national de football féminin continue de tituber, et que certaines professionnelles étaient en difficultés en clubs, et que le courant semble ne pas toujours passer avec certaines joueuses.

Retour sur le passé

Du coup, Joseph Ndoko a dû recomposer avec pratiquement la même équipe de Cameroun 2016, en n’injectant que sept nouvelles sur les 21 joueuses. Entre temps, l’homme a rappelé des cadres abandonnés par son prédécesseur. Notamment Marlyse Ngo Ndoumbouk qui a joué la Coupe du monde militaire en 2017 avec la France et Francine Zouga qui n’avait pas été retenue en 2016 en raison d’un volume de jeu peu convainquant. Mais aussi, Thérèse Abena et Meyong Menene. Si l’homme a osé en ramenant Abam Michaela qui porte la nationalité américaine, il a gardé une Enganamouit à peine sortie de l’infirmerie où elle a passé de longs mois. Elle qui était passée à côté du sujet à la CAN 2016.

Doutes

Vainqueur des Jeux africains 2011, le Cameroun a perdu quatre finales de CAN, toutes face au Nigeria. Lequel pays est roi d’Afrique avec dix des douze titres. Ghana 2018 est l’ultime occasion pour le pays d’Aboudi Onguene de briser le signe indien. La génération dorée étant au sommet de son art et s’apprête à quitter la scène internationale. Logé dans le groupe A avec le pays organisateur, le Mali (qu’il a gagné ce week-end, 2-1) et l’Algérie, le Cameroun fait figure de favori. Et devrait travailler à éviter le Nigeria (tête de a poule B) avant la finale. Lequel discutera la place de leader avec la Guinée équatoriale. La Zambie et l’Afrique du Sud étant mal parties sur papier. En se félicitant de la qualification, Joseph Ndoko a souligné qu’« on doit comprendre qu’une préparation demande beaucoup de temps, et lorsque c’est quand on se rapproche d’un événement qu’on accélère tout, c’est un peu compliqué ». Mais l’on est retombé dans le piège de l’impréparation et de l’improvisation. A un mois du tournoi, la Fédération Camerounaise de Football (Fécafoot) a plutôt jugé utile de nommer en renfort trois nouveaux techniciens, dont Alain Njeumfa, préparateur physique et jadis adjoint d’Enow Ngachu.

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