lundi, juin 1, 2026
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Transport aérien : ADC poursuit la modernisation des aéroports

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Dans le cadre du vaste chantier de réhabilitation et de modernisation des infrastructures aéroportuaires, les Aéroports Du Cameroun (ADC) informe qu’elle poursuit le processus de certification de ses aérodromes entrepris depuis 2009. « Ceci entre en droite ligne des priorités de l’Etat camerounais, qui ambitionne de faire de notre pays, le hub de la sous-région d’Afrique Centrale », fait savoir l’entreprise dans une note. Les ADC indique par ailleurs que plusieurs autres projets sont en cours d’exécution ou devront démarrer dans les prochains mois. Il s’agit concrètement des travaux de rénovation et de reconfiguration du terminal passagers de Douala pour l’entreprise attend toujours les offres des soumissionnaires ; le renouvellement des équipements de la centrale électrique pour l’alimentation de l’aéroport de Yaoundé en énergie secouru ainsi que la réhabilitation des convoyeurs à bagages dans les aéroports de Yaoundé-Nsimalen et Garoua.

Depuis 2009, l’entreprise revendique avoir réalisé les travaux de réhabilitation des chaussées aéronautiques et la construction d’une deuxième voie de circulation des aéronefs à l’aéroport de Douala ; la rénovation des salles de livraison bagages et de celles dédiées aux contrôles aux frontières de l’aéroport de Douala ; la mise aux normes des installations électriques de Douala, la rénovation des salons et des toilettes dans les aérogares passagers; le renouvellement du mobilier des salles d’embarquement, du système informatisé du traitement des vols, de la toiture de Garoua et la mise en conformité du réseau de sécurité incendie de Yaoundé-Nsimalen. « Toutes ces réalisations sont des réponses appropriées aux allégations fallacieuses de certains esprits mal intentionnés, dont la seule arme est la méconnaissance avérée des faits. ADC SA par la clairvoyance de son Top Management, s’est engagée dans un vaste chantier de modernisation des plateformes aéroportuaires et ne se laissera pas distraire », conclut l’entreprise.

Opérationnels depuis le 1er octobre 1994, les Aéroports Du Cameroun S.A. sont chargés de la gestion, l’exploitation, le renouvellement ; l’entretien, la réhabilitation et le développement des sept aéroports que compte le Cameroun. L’entreprise assure également l’assistance en escale des aéronefs. Les ADC ambitionnent par ailleurs de faire figurer les Aéroports Internationaux de Douala et Yaoundé-Nsimalen parmi les Aéroports de référence en Afrique subsaharienne. D’après la structure, ceci passe par la modernisation des infrastructures et des équipements; l’amélioration des performances économiques et financières; le développement du trafic aérien et des activités extra aéronautiques; la mise en place d’une politique de développement durable ainsi qu’hisser la qualité de service au niveau des standards internationaux.

Par Ghislaine Ngancha

Campost : comment la Direction Générale a désamorcé la grève

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Pas de grève à la Campost jusqu’à nouvel ordre. Le préavis émis par le personnel de la Cameroon Postal Services le 23 avril dernier a été levé le lendemain, au terme d’une assise qui a réuni la Direction Générale de l’entreprise, le directeur des Affaires générales du ministère des Postes et Télécommunications, et les représentants du personnel de la Campost, dans les bureaux du délégué régional du Travail et de la Sécurité sociale du Centre à Yaoundé. A l’issue de cette rencontre en effet, la Direction Générale, visiblement soucieuse d’instaurer un climat stable au sein de l’entreprise a consenti à prendre un certain nombre d’engagements allant dans le sens de répondre favorablement aux revendications de son personnel. Au rang de ces engagements, l’on annonce : le paiement des effets financiers d’avancement (2016, 2017 et 2018) dans les salaires d’avril 2019 ; le paiement de dix mois des arriérés des effets financiers d’avancement et de reclassement de 2018 au mois d’avril 2019 et dont 50 % du reste des effets financiers seront payés avant le 30 juin 2019 et le reste avant la fin de l’année ; le paiement de 50 % du solde de tout compte aux personnels admit à faire valoir leurs droits à la retraite, et les 50 % restants dans les six mois qui suivent. De plus, l’on annonce « la transmission du dossier relatif à la convention de crédit à moyen et long terme avec une banque commerciale, au Conseil d’Administration pour les modalités de consultation à domicile ».

Plan de restructuration

La Campost est pourtant soumise à un Plan de restructuration. Le coût des investissements à mobiliser pour le financement de ce document stratégique s’élève à 22,8 milliards des francs CFA. Le gouvernement, à travers notamment le ministère des Finances (Minfi) et celui des Postes et Télécommunications (Minpostel) s’est engagé à mettre à disposition la somme de 18,3 milliards, tandis que l’entreprise devra supporter le 4,4 milliards restants. « Les fonds mobilisés par l’Etat constituent des dotations à la Campost, afin de lui permettre de réaliser ses missions », expliquait le Minpostel, Minette Libom Li Likeng.

Concrètement, le Contrat-Plan signé entre l’Etat et l’opérateur national du service postal devra permettre à terme à cette entreprise : d’augmenter ses ressources propres ; d’améliorer la qualité des produits et services ; d’accroître sa notoriété au double plan national et international ; de rationaliser les effectifs du personnel et maitriser la masse salariale. Il devra également permettre : d’augmenter des parts de marché et accroître le chiffre d’affaires de l’entreprise ; d’améliorer et d’assainir sa situation financière ; de contribuer à la création d’emplois et d’améliorer la participation du secteur postal à la croissance économique et au développement du pays.

Par Arthur Wandji

Crise anglophone : pourquoi Ayuk Tabe dissout le « gouvernement » séparatiste

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Sisiku Julius Ayuk Tabe a pris tout le monde de court. Du fond de sa cellule à la prison centrale de Yaoundé-Kondengui le 02 mai dernier, le « numéro un » de la lutte pour la partition du Cameroun en deux Etats (francophone et anglophone) a annoncé la dissolution du « gouvernement » séparatiste créé au lendemain de son arrestation au Nigeria le 5 janvier 2018. Selon le leader sécessionniste, le bureau intérimaire dudit « gouvernement » piloté par Samuel Ikome Sako, a échoué dans ses missions et ne serait plus apte à conduire le mouvement séparatiste qui ambitionne d’instituer l’indépendance des deux régions anglophones du pays.

Dr. Ikome : entre scandales et accusations

Sisiku Julius Ayuk Tabe ne le dit pas clairement. Mais cela fait bien des mois que son successeur à la « présidence » de la République imaginaire d’Ambazonie [Etat utopique que les séparatistes disent avoir créé en zones anglophones, Ndlr.] ne fait plus l’unanimité. Le leadership de Samuel Ikome Sako est entaché par de nombreux scandales de corruption et de gabegie.

Plusieurs fois, nombre de leaders séparatistes en sont venus au point de réclamer sa démission. « Le Dr Ikome Sako était autrefois un activiste populaire et respecté du « Southern Cameroon », tant au Nigeria qu’aux Etats-Unis, et était un ardent défenseur du président Sisiku Ayuk Tabe dès le début de la révolution. Les dirigeants de Sako ont toutefois été frappés par des scandales et sa réputation de dépenses imprudentes est devenue un handicap politique pour le gouvernement intérimaire », révèle une enquête de Cameroon Intelligence Report. Selon ce site internet visiblement pro fédéralisme, des voix se sont élevées pour inviter le Dr Ikome Sako « à se retirer afin qu’un nouveau dirigeant puisse mettre fin au pillage systématique de la présidence sous son règne ».

D’après les informations publiées dans cette enquête, « le bureau de la présidence d’Ambazonie a dépensé plus de 123 000 dollars (plus de 72 millions de francs CFA) de février 2018 à décembre 2018 sur l’un des comptes bancaires du gouvernement du Sud-Cameroun, Ambazonia Consulting ». Samuel Ikome Sako est également accusé de détournement des fonds destinés à « entretenir les combattants » séparatistes sur le front de la guerre qu’ils mènent contre les forces nationales de défense. « En raison de cette incompétence et de ces fraudes flagrantes, le désarroi est total et toutes les communications sont coupées. Sako a perdu la crédibilité et l’autorité morale nécessaires pour diriger le gouvernement provisoire du « Southern Cameroon », lit-on.

Ayuk reprend les commandes de la sécession

Pourtant, Sisiku Julius Ayuk Tabe n’a pas utilisé les mêmes mots pour décrire la situation qui prévaut dans son camp depuis l’avènement de Samuel Ikome Sako. « Après un examen approfondi, des réflexions et des consultations sur les développements intervenus depuis le 5 janvier 2018 » et « sur l’intérêt primordial de la quête du « Southern Cameroon » pour la « sécurisation de notre identité nationale et de notre indépendance restaurées », le leader séparatiste estime que « le Cabinet du gouvernement intérimaire a clairement perdu de sa concentration dans la réalisation de nos objectifs restaurés : Etat indépendant et marche pour mettre fin à l’occupation illégale de notre patrie et de notre capitale Buea ».

Dans cette note écrite abondamment relayée sur les réseaux sociaux, le tout premier leader du mouvement séparatiste anglophone poursuit : « le Cabinet a perdu la capacité de réconcilier notre peuple et, ce faisant, a mis en péril l’identité et la mission du gouvernement provisoire consistant à achever la décolonisation du « Southern Cameroon » en faisant progresser nos intérêts nationaux collectifs ». Tout en assurant que son action ne consiste qu’à « apporter réparation » à la cause séparatiste, Sisiku Julius Ayuk Tabe déclare son retour à la présidence de l’Etat imaginaire d’Ambazonie. Trois décisions fortes sont prises à cet effet. Premièrement : « Je déclare et ordonne par la présente que le Cabinet Soit immédiatement dissous » et que le Bureau qu’il présidait jusqu’à son arrestation soit « reconstitué, restauré et réactivé ». Deuxièmement : « Tous les changements apportés après notre enlèvement sont par les présentes placés en moratoire à compter de la date de signature [le 2 mai 2019, Ndlr.] de cette commande ». Et de menacer en troisième point : « Les Ambazoniens [nom donné aux sécessionnistes revendiquant une appartenance à l’Etat utopique d’Ambazonie, Ndlr.] et le monde entier sont informés que tout individu ou groupe d’entre eux, s’agissant de toute personne autre que le Cabinet constitué et rétabli par le présent décret, le fera à ses risques et périls ».

Grégoire Owona : « renforcer le cadre juridique dédié à la santé et la sécurité au travail »

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Sur les facteurs qui menacent la santé et la sécurité des travailleurs

Au moment où nous commémorons le Centenaire de l’Organisation Internationale du Travail (OIT, Ndrl.), force est de constater que le monde connait actuellement des mutations profondes et de nature structurelle, qui entrainent à travers le développement des technologies, des bouleversements aux conséquences non-encore maitrisées. Ces évolutions risquent d’avoir des impacts sur la santé et la sécurité des travailleurs, avec notamment une augmentation de l’incidence des accidents du travail et des maladies professionnelles. Par ailleurs, divers problèmes psychosociaux en entreprise tels que le stress professionnel, l’alcoolisme, la drogue, le harcèlement, la violence, le VIH et le sida, entraînent une détérioration du capital humain, avec un impact négatif sur la productivité et la compétitivité des entreprises. D’où la nécessité d’anticiper, à travers des actions de prévention fortes à tous les niveaux.

A ce sujet, je voudrais saluer l’initiative louable prise par le BIT (Bureau international du Travail, Ndlr.) de faire paraître, à l’occasion du Centenaire, une publication intitulée : « la sécurité et la santé au coeur de l’avenir du travail. Mettre à profit cent ans d’expérience ». Cet ouvrage, dont je recommande la lecture, souligne l’impérieuse nécessité de relever les défis et de saisir les opportunités de la santé et de la sécurité au travail. Je saisi cette heureuse circonstance pour renouveler mes sincères remerciements au BIT pour la qualité de notre coopération et l’accompagnement régulièrement fourni dans le souci partagé, de garantir la bonne marche du sous-secteur travail et sécurité sociale.

Sur les problématiques soulevées par les thèmes retenus pour les Journées africaine de la Prévention des risques Professionnels, et de santé et de sécurité au travail

Les thèmes retenus pour la 23ème 2dition de la Journée Africaine de la Prévention des Risques Professionnels [Construire les bases d’une prévention durable en milieu de travail en Afrique : un défi pour tous, Ndlr.] et de la 17ème édition de la Journée Mondiale de Santé et de Sécurité au Travail [La fonction sécurité au travail : rôle et importance en entreprise, Ndlr.], sont d’actualité et nous exhortent encore à poursuivre les réflexions sur ces problématiques d’intérêt général, dont les solutions doivent être repensées de manière constante, pour nous permettre d’effectuer des sauts qualitatifs dans notre marche soutenue vers le progrès social, tel que régulièrement rappelé par le chef de l’Etat, Son Excellence Paul Biya.

Ce qui est fait au plan national pour améliorer les conditions de santé et de sécurité des travailleurs

Notre système de santé et sécurité au travail nous a permis d’obtenir des avancées notables, bien que des défis réels restent à relever. En effet, des efforts sont faits par le gouvernement en vue d’améliorer les conditions de vie et de travail des salariés. C’est ainsi que depuis 2012, il est inscrit sur la feuille de route de mon département ministériel, la création et l’installation des Comités d’Hygiène et de Sécurité (CHS) au sein des entreprises et autres unités de production assujetties. Le nombre de CHS régulièrement installés est passé notamment, de 128 en 2012 à 1096 en 2018.

Par ailleurs, nous avons entrepris, depuis 2017, de procéder non plus seulement à l’installation des Comités d’Hygiène et de Sécurité au sein des entreprises et établissements assujettis, mais [aussi] à l’évaluation du fonctionnement de ces structures de dialogue et de concertation entre l’employeur et ses salariés, afin de s’assurer de leur opérationnalité. Cette activé se poursuivra cette année et au-delà.

De même, nous avons invité les administrations publiques et autres institutions étatiques, à disposer de ces comités qui contribueront, à coup sûr, à améliorer les conditions de travail et à promouvoir de meilleures mesures d’hygiène et de sécurité en faveur des employés du service public.

Concernant la lutte contre le VIH et le sida en milieu de travail, l’initiative mondiale VCT@WORK., mise en oeuvre depuis 2014 et qui consiste à amener les travailleurs et les membres de leurs familles à se faire volontairement dépister au VIH a permis à plus de 195 000 personnes de connaître leur statut sérologique et au moins 80 % des cas dépistés positifs bénéficient d’une prise en charge appropriées.

Finance/Projections : 200 milliards à mobiliser au 2nd trimestre 2019

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Contrairement au premier trimestre 2019, le second sera marqué par une large diversification des maturités. « Entre 2015 et 2018, le Trésor public n’a pas sollicité les Obligations du Trésor Assimilables (OTA). Ce type d’instrument sera sollicité 4 fois au cours de l’année 2019 dont trois fois au cours du deuxième trimestre 2019 », confie un cadre du Trésor.

Pour lui, d’après le calendrier des émissions du deuxième trimestre de cette année 2019, le Trésor public envisage mobiliser 200 milliards de francs CFA dont 150 milliards d’OTA et 50 milliards de Bons du Trésor Assimilables (BTA). « Ces fonds dit-on au ministère des Finances, seront destinés au financement des projets de développement inscrits dans la loi de finances ». Or d’après la courbe des taux de rendement de l’Etat du Cameroun, ces émissions d’OTA se feront à des taux d’intérêt oscillant entre 5,20 % et 5,9 %. Toujours au second trimestre 2019, les remboursements et approvisionnement seront de 137,69 milliards de francs CFA.

A cet effet, le Trésor public fera face à des débits d’office pour ce même montant de 137,69 milliards de francs CFA. Ceux-ci sont constitués des remboursements de cinq Bons du Trésor Assimilables (BTA) pour un montant de 50 milliards de francs CFA, des provisions à constituer pour le remboursement des annuités des 3 emprunts obligataires et de l’Eurobond en cours, soit une provision mensuelle de 13,23 milliards. Parallèlement, les débits d’offices au profit des autres comptes séquestres (TVA, Fond Routier et Feicom) s’élèveront à 48 milliards de francs CFA (16 milliards mensuel).

Finance : 136,77 milliards mobilisés sur le marché de la Beac

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Optimiser la gestion des finances publiques

C ’est une grande première pour le Cameroun. Au premier trimestre 2019, le Trésor public a émis des titres publics sur le marché des adjudications pour un montant de 136,77 milliards de francs CFA. Cette performance représente la mobilisation trimestrielle maximale du pays sur le marché monétaire de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (Beac) depuis 2011. Selon les données publiées par le ministère des Finances (Minfi), ces levées de fonds, largement supérieures aux prévisions initiales ont enregistré un taux de souscription de 267 %. « Ce qui témoigne l’intérêt que les investisseurs continuent de porter aux titres publics camerounais, indique une source au Minfi. Bien plus, les investisseurs qui ont accouru pour ces titres camerounais, ont été moins exigeants en termes de rémunération ». Le taux d’intérêt moyen pondéré des Bons du Trésor Assimilables (BTA) pour la période s’étant élevé à 2,53 % ; ce qui représente sa valeur la plus faible depuis 2016.

Des chiffres au-dessus des prévisions

De manière détaillée, les titres émis sont constitués de 122 milliards de francs CFA de Bons du Trésor Assimilables (BTA) et de 14,77 milliards de francs CFA d’Obligations du Trésor Assimilables (OTA). Le taux de participation des Spécialistes en Valeurs du Trésor aux séances d’adjudication s’est situé à 31,15 % contre 39 % un an plus tôt. Le taux de couverture globale des émissions du trimestre est de 267 % contre 262 % il y a un an. L’on note également une hausse du taux de couverture qui, d’avis d’experts, traduit une forte demande de titre par les Spécialistes en Valeurs du Trésor. Le taux de couverture des BTA est 290,56 % et de 78,20 % pour l’OTA. Au cours de la période sous revue, le montant des remboursements des titres publics s’est élevé à 77 milliards de francs CFA en augmentation de 33,77 milliards de francs par rapport au premier trimestre 2018 où il s’est situé à 44 milliards de F CFA. Au 30 mars 2019 donc, le volume des titres émis au cours du trimestre et qui arriveront à échéance après le 31 décembre 2019 se situe à 24,77 milliards de francs. Ainsi explique-ton, conformément au plafond de 260 milliards de francs CFA, le Trésor public dispose d’une large possibilité d’émettre, au cours des trois derniers trimestres de l’année, des titres (BTA, OTA et OT) qui arriveront à échéance après le 31 décembre 2019.

Emissions

D’ailleurs à fin mars 2019, la maturité moyenne avant échéance des BTA est de 120 jours contre 126 jours un an plus tôt « ce qui montre un rétrécissement des maturités par rapport au premier trimestre 2018 », explique un cadre du Trésor. Et de confirmer que l’encours total des titres s’élève à 973,37 milliards de F CFA au 31 mars 2019 constitué de 361,25 milliards de F CFA de titres émis par syndication, 161,77 milliards de francs CFA de titres émis par adjudication et de 450,35 milliards de francs CFA d’eurobond (emprunt émis en commun par les pays de la zone euro sur les marchés, Ndlr.).

En effet, entre le 1er janvier et le 31 mars 2019, le volume des titres émis par le Trésor public est de 136,77 milliards de CFA sur un montant prévisionnel de 143 milliards. Les conditions de financement ont été favorables pour le Trésor public qui a enregistré un taux de couverture globale des émissions de 262 %. Le mois de février étant le mois où le Trésor Public a émis le volume de titres publics le plus élevé, soit 84,77 milliards de francs CFA.

Remboursements

Au cours du premier trimestre 2019, le Trésor public a procédé au remboursement de 77 milliards de F CFA, correspondant au principal des bons de trésor échus au courant de la période. Le volume des remboursements de BTA enregistre une hausse de 33,77 milliards par rapport au premier trimestre 2018 où il s’est situé à 44 milliards. « Au cours de la période sous revue, le Trésor public a honoré toutes les échéances de remboursement sur le marché des titres publics. De plus le Cameroun n’affiche aucun défaut de paiement, ni d’arriérés de paiement sur les titres publics, les engagements et les échéances sont rigoureusement respectés depuis 2011 », précise encore une source. Autre bonne note, le volume des provisions sur les titres pour la période sous revue qui se situe à 39,69 milliards de F CFA, repartis en compte eurobond (15 milliards) et en compte des emprunts obligataires domestiques (24,69 milliards).

Neo industry : origine et impact attendu sur l’économie

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Tout est parti de la convention signée entre le Programme Agropoles et Neo Industry le 16 juin 2016. Inspirée de l’orientation gouvernementale dans sa stratégie de développement de l’industrialisation, l’idée de mettre en place une usine de transformation des fèves de cacao à Kekem (région de l’Ouest) sous forme de projet intitulé « projet d’agropole de production, de transformation et de commercialisation du cacao » voyait ainsi le jour. Deux ans et demi plus tard, la plus grande unité de transformation de cacao du Cameroun est officiellement sur pied. Avec un impact certain sur l’industrialisation du pays et aussi la création de la valeur ajoutée. La cérémonie d’inauguration a eu lieu le 26 avril dernier, sous la houlette du Premier ministre, Joseph Dion Ngute.

Appuis directs

Le patron de l’usine, Emmanuel Neossi peut remercier le gouvernement. Notamment l’actuel ministre des Finances, pour le rôle que celui-ci à jouer dans le processus de création de cette nouvelle unité d’une capacité de transformation de 32 000 tonnes de fèves par an. C’est en effet Louis Paul Motaze, à l’époque ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (Minepat) qui a « piloté le dossier au sein du gouvernement et qui a mis tout en oeuvre pour que le projet prenne corps », assure une source à Neo Industry S.A. Parmi les efforts enregistrés : la création de plusieurs facilités telles que les avantages fiscalo-douaniers comme l’exonération des impôts et taxes directes pendant dix ans, ainsi que des droits et taxes de douanes. Le gouvernement a également consenti à accorder des facilités au plan administratif lié notamment à la zone franche industrielle.

Louis Paul Motaze a aussi accordé au promoteur du projet, un financement direct à hauteur de 1,2 milliard de francs CFA dans le cadre de ce qu’il avait appelé : « les appuis directs dans les investissements productifs ». Dans sa posture de ministre de l’Economie, du Plan et de l’Aménagement du territoire à l’époque, Louis Paul Motaze a inscrit cette action dans le cadre de la nouvelle politique économique nationale qui s’articule autour d’une industrialisation locale porteuse de croissance et créatrice d’emploi. Parce que dira-t-il, l’émergence passe par l’industrialisation. « Le gap d’infrastructures compte parmi les faiblesses majeures de l’économie camerounaise, selon les diverses enquêtes menées auprès du secteur privé », expliquait Louis Paul Motaze. Raison pour laquelle poursuit-il, « il faut encourager la transformation du cacao ; cela nous permet d’être beaucoup plus résiliés et nous mettre à l’abri des fluctuations des prix sur le marché international ».

Cacao, café, pêche, coton, textile…

Louis Paul Motaze avait en effet bien fait de penser sérieusement cette politique qui consiste pour le gouvernement « à accompagner et à soutenir le secteur privé à travers des appuis divers, y compris des appuis directs que pourrait soutenir le Budget d’Investissement Public de l’Etat ».

L’actuel ministre des Finances a d’ailleurs poursuivi cette politique à divers niveau pour encourager et stimuler la production locale tant souhaitée par le président de la République. A titre d’illustration, Louis Paul Motaze avait annoncé un appui gouvernemental de 900 millions de francs CFA à Synergie Nord Sud (SNS) en vue du renforcement de la production du café dans le département du Moungo. Dans le même temps, Louis Paul Motaze s’est rendu sur l’île de Manoka où le gouvernement a consenti à accorder un appui de 1,13 milliard de francs CFA dont 780 millions pour la construction d’une unité de production de glace et de conservation des produits de pêche et 350 millions pour achever le chantier du débarcadère dont la construction était en traîne depuis près de deux ans. En ce qui concerne la branche peaux et cuir, l’on annonce des contrats de partenariats avec des pays étrangers en vue notamment d’implanter une usine de production de chaussures dans la ville de Bafoussam.

Quant à la filière coton et textile, le gouvernement multiplie des appuis financiers afin de permettre la relance de ce secteur. Objectif : renforcer la source de résilience du Cameroun à partir de filières porteuses de croissance.

La plus grande usine de transformation de cacao voit le jour

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Le Cameroun tient officiellement sa plus grande usine de transformation de cacao. Baptisée Neo Industry S.A, l’entreprise bâtie sur cinq hectares à Kekem, dans la région de l’Ouest du pays a été inaugurée le 26 avril dernier par le Premier ministre, Joseph Dion Ngute. Avec une capacité de transformation de 32 000 tonnes de fèves par an, cette nouvelle unité de transformation devrait permettre la création de près de 1800 emplois dans le pays.

D’un coût officiel de 50 milliards de Francs CFA – dont 36milliards Francs CFA déjà fournis – le projet a bénéficié d’un financement de13 milliards de francs CFA, octroyés parla Société commerciale de banque (SCB Cameroun), filiale locale du groupe bancaire marocain Attijariwafa Bank. Ce crédit bancaire a, à son tour, été garanti à hauteur de 6 milliards de francs CFA par l’African Guarantee Fund (AGF), fonds de garantie lancé par le groupe de la Banque Africaine de Développement(BAD). En plus des facilités fiscalo douanières offertes par l’Etat camerounais, ce projet porté par l’homme d’affaires Emmanuel Neossi a également bénéficié, en juin 2016, d’un financement public direct de 1,2 milliard de francs CFA, dans le cadre du Programme Agropoles, soutenu par Louis Paul Motaze, à l’époque ministère de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (Minepat).

Transformer 50 % de la production nationale

En plus de l’usine apprend-on, les fonds engagés ont déjà permis de goudronner près de 4 500 kilomètres de routes, d’indemniser les populations, de tirer 13kilomètres de lignes triphasées et de tirer la fibre optique depuis la ville de Bafang, entre autres. Entièrement équipée par l’Allemand Buhler que des experts présentent comme le leader mondial dans la fabrication des équipements de l’industrie chocolatière, Neo Industry S.A. épouse les ambitions des pouvoirs publics et des acteurs nationaux de la filière cacao qui œuvrent pour l’augmentation de la transformation locale qui tourne autour de 200 000tonnes depuis ces cinq dernières campagnes. L’objectif est de transformer 50 % de la production nationale, d’ici à2020. « Neo Industry, confie un employé de l’usine, a la responsabilité particulière de veiller à ce que tout le monde puisse profiter d’un cacao raffiné et abordable, maintenant et à l’avenir. Notre mission est de protéger l’avenir du cacao pour ceux qui aiment en consommer, et ceux qui gagnent leur vie en grandissant ».Or pour transformer cet objectif en réalité, la nouvelle unité de transformation de cacao s’est liée de partenariats avec des paysans et des producteurs de fèves de qualités de divers horizon. « Nous souhaitons créer un Réseau d’agriculture durable ; nous nous assurons que nous suivons les normes de durabilité internationalement reconnues. Dans l’ensemble, Neo Industry augmente le niveau de production durable à chaque étape du voyage du cacao, de la plantation jusqu’ au produit fini ». La nouvelle usine de transformation de cacao va notamment produire de la poudre de cacao, du cacao grillé, du beurre de cacao, de la liqueur de chocolat, des tablettes de chocolat, de la pâte de cacao et de la cerise de chocolat.

Commerce extérieur: comprendre les nouveaux tarifs douaniers

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Comprendre les nouveaux tarifs douaniers.

«C’est une mesure salutaire qui va permettre à l’Etat de mobiliser plus de ressources financières ». Jean Pierre K, économiste basé dans la capitale économique, Douala, exprimait ainsi le 30 avril dernier son soulagement à la suite de l’annonce de la décision signée le 24 avril par le ministre des Finances (Minfi), Louis Paul Motaze, relatif aux nouvelles valeurs minimales applicables à l’importation de certaines marchandises. « Il y a pas meilleure mesure à prendre dans un contexte de crise économique qui se manifeste entre autres, par la rareté de ressources financières et l’obligation de rechercher de nouvelles recettes pouvant permettre à l’Etat de tenir ses engagements », scande Robert T, un autre économiste. Mais de quoi s’agit-il en réalité ? En effet, selon des responsables du Minfi, la décision prise par Louis Paul Motaze, repose sur au moins trois motivations : économiques et commerciales fiscales, et surtout une question de gouvernance.

Les motivations économiques et commerciales

De l’avis de certains cadres du Minfi, la décision du 24 avril dernier, loin d’être une invention, s’inscrit dans le prolongement de l’article 9 de la loi de finances 2019. Lequel justifie l’opportunité d’une telle mesure en ses alinéas 1 et 3. L’alinéa 3 souligne précisément qu’en : « en cas de nécessité, des valeurs minimales peuvent être édictées pour des raisons de politique commerciale. La durée de validité desdites valeurs est de six mois éventuellement renouvelable ». Bien plus, arguent ces experts, pour des considérations de politique commerciale notamment dans le cadre de la mise en œuvre des mesures de sauvegarde prévues par les règles de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), « l’administration peut utiliser des valeurs minimales pour promouvoir les secteurs industriels embryonnaires dont la production serait menacée irréversiblement par les produits importés ou qui seraient victimes d’une concurrence déloyale des produits similaires bénéficiant de soutiens multiformes dans leur pays d’exportation ». Vu sous l’angle commercial, la note du Minfi vient « ajuster la valeur de certaines marchandises sensibles importées pour limiter la contrebande provenant des pays voisins (Gabon, Congo, Guinée Equatoriale) où elles sont pourtant parfois considérées comme biens de première nécessité et subséquemment exonérées des droits et taxes de douane (c’est le cas de la sardine en conserve, bières, etc.) », explique un autre cadre de ce département ministériel.

Fiscalité

Sur le plan de la fiscalité, les spécialistes du domaine admettent que la décision de Louis Paul Motaze, ne manque pas de pertinence et ne devrait pas être interpréter outre mesure. Mais il faut y voir une mesure qui « détermine des valeurs minimales applicables pour certaines marchandises difficiles à évaluer en raison de leur conditionnement, de la qualité des importateurs habituels (petits commerçant de « pseudo groupages »), ou de la difficulté à maîtriser leurs flux (motocycles, carreaux, mélanges de vêtements, chaussures et sacs, appareils électroniques, etc.) ». Pour ces mêmes spécialistes, la valeur minimale applicable à ces produits est d’ailleurs « plus basse que la moyenne globale à l’international ». A titre d’illustration, expliquent les services de la Douane, « la valeur de la sardine est fixée à 25 millions de francs CFA par conteneur de 20 pieds alors qu’au Maroc, pays producteur par excellence de cette marchandise, le même conteneur est déclaré à plus de 30 millions à l’exportation », soutiennent-ils. C’est aussi le cas, assène un cadre des douanes, « des motos qui sont vendus en Chine à 220 000 francs CFA environ par unité et dont la valeur minimale fixée par cette décision est de 150 000 francs CFA par moto. C’est aussi le cas pour certaines marchandises telles que les batteries, les carreaux, ou encore les téléphones dont la valeur la plus élevée est de 200 000 francs CFA, alors qu’il existe des téléphones de valeur supérieure à 500 000 francs CFA ».

Gouvernance

En matière de gouvernance, cette décision ne tombe pas du ciel, expliquent des spécialistes. Elle reconduit les valeurs administratives qui s’appliquaient déjà à l’importation des produits tels que : « farine de froment ou de méteil, huiles végétales, margarine, sel raffiné, sucre, gommes à mâcher, biscuits et gaufres, vins en brique, sacs en papier kraft ou en matière plastique, allumettes, produits ferreux, appareils électroniques, articles de toilette, etc.) », précisent-ils. Toute chose qui est conforme, reconnaissent les experts des finances publiques, « aux prescriptions de la loi n° 2018/011 du 11 juillet 2018 portant Code de transparence et de bonne gouvernance dans la gestion des finances publiques au Cameroun ».

Junior Matock (Défis Actuels)

Roger Bafakan Behahal : « les zones économiques constituent un dispositif plus incitatif »

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« Les zones économiques constituent un dispositif plus incitatif »

Quels commentaires vous inspire le texte signé le 17 avril dernier par le chef de l’Etat, relatif à la création des zones économiques ?

Ce texte du 17 avril 2019 est un décret d’application de la loi de 2013, régissant les zones économiques. Ce décret vient fixer les modalités de création et de gestion des zones économiques. C’est donc un texte important qui était attendu pour compléter les autres textes d’application de cette loi. Après notamment le décret organisant le fonctionnement de l’Agence de Promotion des zones économiques. C’est le deuxième texte qui dresse la route de la mise en place de ces zones économiques. Il sera complété très prochainement par le décret portant sur les organes dirigeants de l’Agence qui pourra permettre d’encadrer au plan supérieur, le dispositif de mise en place et d’accompagnement des zones économiques.

En quoi ces zones économiques sont-elles différentes des zones franches industrielles ?

Avant toute chose, il faudrait dire que les zones économiques constituent le dispositif supérieur de l’Etat, pour la mise en place des outils d’incitation à l’investissement privé. Parce que depuis la charte des investissements, il y a un certain nombre d’outils qui ont été mises en place, notamment l’Agence de Promotion des Investissements, l’Agence de Promotion des Pteites et Moyennes Entreprises (Apme), la loi sur les incitations à l’investissement privé et la loi sur les zones économiques. Il faudrait donc dire que les zones économiques constituent cet important levier d’actions que l’on a observé dans les pays dits émergents, notamment la Chine, qui s’est développée à partir des zones économiques mises sur pied à partir des années 1980. Ce sont ces zones économiques qui ont véritablement permis à la Chine de se développer. A cet exemple, on peut ajouter les autres pays émergents tels que la Russie, la Turquie, le Brésil, etc. Plus proche de nous, nous avons le Gabon et le Sénégal, mais aussi l’Ethiopie qui est aujourd’hui un dragon économique en Afrique. En ce qui concerne la différence entre les zones économiques et les zones franches, il faut retenir que les zones économiques constituent un dispositif plus englobant et plus incitatif, favorable à la mise en place d’un environnement destiné à favoriser les affaires et l’investissement, fut-il étranger que local. Les zones économiques offres plus d’avantages que les zones franches industrielles, parce qu’elles permettent de coaliser les entreprises, mais aussi les activités dans un cadre où les lois permettent une incitation majeure dans la production des valeurs ajoutées. En outre, les zones franches ont pavé la voie à la mise en œuvre des zones économiques. Ces dernières étant plus abouties que les zones franches qui, n’en constituent qu’une catégorie.

Quelle sera la plus-value des zones économiques dans la transformation des matières premières locales ?

Il faut considérer que les zones économiques viennent comme un dispositif qui s’appuie sur deux choses. La première étant les incitations les plus favorables, la deuxième c’est que ce n’est pas toutes les matières qui sont visés pour faire partir des zones économiques. C’est les domaines dans lesquels on va observer des gains de productivité, de compétitivité également. C’est donc des secteurs dans lesquels on pourra accroître sa valeur ajoutée en termes de production, de devises et surtout de conquête de marché tant au plan interne qu’au niveau international. En clair, l’avantage qu’offrent les zones économiques en rapport avec la production, c’est que ces zones économiques ciblent des secteurs prioritaires dans la mise en œuvre des politiques de l’économie nationale, en l’occurrence des domaines dans lesquels nous avons plus de valeur ajoutée. Je veux entendre par là les produits agricoles qui permettront notamment de rééquilibrer notre balance commerciale, les produits pharmaceutiques qui permettront d’alléger notre portefeuille en matière d’importation. Il s’agit aussi des produits dérivés du bois. Vous êtes sans ignorer que bien qu’étant producteur de la matière première, nous importons beaucoup de produits transformer. Il s’agit également des domaines de l’économie mondiale où nous pouvons nous hisser dans les chaînes de valeurs sous régionales et mondiales. Parce que voyez-vous, c’est le caoutchouc produit au Cameroun qui permet de fabriquer les pneus d’avion et même les pneus de véhicules. Pourquoi ne pas s’intégrer dans cette chaine de valeurs pour que ce caoutchouc soit transformé localement ? Le bois produit à partir de certaines essences exportées par le Cameroun, permet de produire des dévirés qui sont utilisés dans des compartiments de véhicules. On pourra donc produire tous ces outils à partir du Cameroun.

Dans les faits, la mise en place de ces zones économiques ne va-t-elle pas se heurter à des problèmes tels que le manque d’infrastructures, les questions d’électricité, l’accès au foncier, etc ?

La mise en place des zones économiques ne vient pas comme une panacée qui règlerait toutes les difficultés qu’on rencontre dans notre pays. Elle vient plutôt s’insérer dans le cadre du processus de monter en puissance de notre économie. Il faut d’ailleurs souligner que notre politique nationale de développement qui est déclinée à travers la vision de faire du Cameroun un pays émergent à l’horizon 2035, est le stade intermédiaire après la première étape du Document de Stratégie pour la Croissance et l’Emploi, c’est de passer à un niveau de Nouveau Pays Industrialisé. Dans le cadre de ce processus, sachons qu’il y a un certain nombre de politiques qui se mettent en œuvre, notamment dans le domaine des infrastructures. Il y a précisément la construction des infrastructures autoroutières, routières, des barrages, de télécommunication et les travaux qui sont faits pour faciliter la connectivité au réseau d’eau, etc. Je voudrais considérer que la mise en place des zones économiques vient se faire dans ce cadre là, et permettrait de tirer avantage de ces réseaux d’infrastructures parce que l’un des critères pour la constitution d’une zone économique, c’est l’adéquation au schéma national directeur d’aménagement et de développement durable du territoire. Dans ce schéma sont prévus des espaces libres de toute occupation, permettant aux entreprises de pouvoir s’installer, mais aussi des espaces aménagés par rapport à leur connectivité aux réseaux d’eau et de télécommunication. C’est dire que beaucoup est en train d’être fait pour la mise en place de ces réseaux, notamment les autoroutes, les barrages, la fibre optique, les travaux de connexion des villes secondaires, aux réseaux d’eau et d’électricité. L’Etat va donc jouer un rôle important d’accompagnement pour que la mise en place de ces infrastructures ne soit pas supportée par les investisseurs. Auquel cas, cela rendrait ces investissements moins compétitifs, et plus lourds à réaliser. A côté de la disponibilité des terres, l’autre critère important dans la mise en œuvre des zones économiques, c’est la proximité aux réseaux, aux grandes agglomérations, notamment pour les questions de mains d’œuvre. C’est aussi la proximité à des infrastructures pour la circulation des biens et des personnes.

 Concrètement, que gagne un homme d’affaires à venir s’installer dans une zone économique ?

Je commencerais d’abord par dire qu’ailleurs, on les a baptisées zones économiques spéciales, parce que les conditions qui s’y appliquent dérogent un peu à celles qui s’appliquent dans les autres parties du territoire. L’objectif premier d’érection des zones économiques, c’est de constituer des espaces où l’investissement est rendu attractif, et compétitif du fait des incitations qui y sont pratiquées. Ce que gagne un homme d’affaires, c’est d’abord la volonté d’être dans un espace où il est supposé bien faire des affaires, parce qu’aménagé et doter d’un certain nombre d’infrastructures et constituer pour avoir une production optimisée au vu des conditions qui y seront pratiquées. Vous comprendrez bien que dans le dispositif de gestion des zones économiques, le gestionnaire de la zone économique constitue le guichet unique de toutes les procédures vis-à-vis de l’administration. Cela engage de ce que les entreprises qui pourraient se déployer en zone économique, auront un certain nombre de procédures allégées. Dans ce guichet se retrouvent toutes les administrations qui concourent à opérer à l’intérieur des zones économiques.

Ces incitations sont-elles connues ?

Les premières incitations, c’est d’abord l’aménagement. On va dans une zone qui est déjà aménagée. La flopée des difficultés que l’on rencontre avant la mise en œuvre d’une entreprise, parfois dissuadent dans la réalisation des investissements. C’est pour cette raison que cet avantage lié à l’aménagement n’est pas des moindres. Il y a aussi le fait que les infrastructures qui y sont installées, sont destinées à optimiser la production. Parfois, vous avez des hommes d’affaires qui sont installés dans les zones où ils ont des difficultés liées à la disponibilité de ces infrastructures. La troisième chose, c’est qu’il y a certes des incitations à l’investissement définies par la loi de 2013, mais le décret portant création et gestion des zones économiques, prévoit à la suite de la loi, que le régime fiscal et douanier des zones économiques sera précisé par des décrets particuliers. Il faut donc considérer qu’en sus des dispositions prévues par la loi de l’incitation à l’investissement privé dont bénéficie le gestionnaire et les entreprises installés dans les zones économiques, il y a d’autres types d’incitations qui seraient à consentir telles que celles sur les tarifs les plus favorables concernant l’accessibilité à la terre, les services d’eau, d’électricité, portuaires, aéroportuaires, etc. Ce qui est donc recherché dans ce dispositif qui n’est pas statique, c’est de constituer des avantages qui favorisent des investissements.

Ce décret du chef de l’Etat va-t-il entraîner une réorganisation des agropoles ou va-t-on être dans la continuité ?

Il faut considérer deux choses. La première c’est que sur l’existant, il n’y a pas encore de zones économiques. Parce que pour être constitué en zone économique, il y a un certain nombre de critères à satisfaire, notamment l’agrément, la création même de la zone économique. Ce n’est donc pas le fait qu’on vous désigne comme l’une des catégories figurant dans la loi régissant les zones économiques qui fait de vous une zone économique. Il faudrait encore que vous remplissiez les critères édictés par la loi. Ceux-ci exigent qu’il y ait un promoteur, ce dernier doit déposer une demande en constituant un dossier. Il faut par la suite que la zone économique soit effectivement créée par un décret du président de la République et il faut que les agréments soient accordés aux entreprises qui s’installeront dans la zone économique. A côté de ce critère, il y a celui qui est relatif à l’accroissement de la production sur la base des capacités technologiques. Il y a aussi le critère du développement de la région qui accueille la zone économique, entre autres. La loi a donc bien établie cette subtilité. Sachant bien évidement que quand bien même vous seriez dans cette catégorie, il faudrait en outre remplir d’autres critères pour être constituer en zone économique.

A quand donc la première zone économique ?

Les zones économiques se mettent en œuvre suivant un processus. Si vous aviez parcouru le décret du 17 avril 2019, vous noteriez que le processus d’opérationnalité des zones économiques, quand bien même elles seraient créées par un décret du chef de l’Etat au cours de cette année, ce ferait sur cinq ans.

L’autre problème que pose la mise en place des zones économiques est relatif à la capacité des entreprises locales à intégrer ce type de projet, au vu des exigences que cela pose notamment en termes financier. Est-ce qu’on n’aura pas finalement une zone économique inondée d’entreprises européennes ?

Il faut dire une chose, c’est que quand on parcourt le décret qui fixe les modalités de création et de gestion des zones économiques, le premier promoteur des zones économiques c’est l’Etat. Le deuxième promoteur c’est les Collectivités Territoriales Décentralisées, ensuite les organisations patronales, les universités d’Etat et les établissements privés supérieurs et enfin les groupements d’intérêts économiques. C’est dans cette dernière catégorie que les investisseurs locaux et étrangers, membres des chambres consulaires et des organisations patronales peuvent promouvoir les zones économiques. Les questions de patriotisme économique sont certes intéressantes, mais elles ont besoin de s’insérer dans un monde en pleine mutation. Peut-on parler de patriotisme lorsqu’on promeut le libre-échange en Afrique centrale ? C’est des questions intéressantes. Vous voyez aujourd’hui des exemples d’investissements réussis par les promoteurs étrangers. Je veux parler de la cimenterie et autres, sans que cela n’empêche les promoteurs locaux de se déployer avec succès dans ces domaines.

Interview réalisée par Junior Matock (Défis Actuels)

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