lundi, juin 1, 2026
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Dialogue : pourquoi Dion Ngute commence par Bamenda

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Fon Angwafor montre la voie à Dion Ngute

De l’avis de certains spécialistes en résolution des conflits et crises sociopolitiques, le choix porté sur Bamenda par le Premier ministre le 9 mai dernier, pour le début de ses visites dans les régions dites anglophones, n’est pas un fait anodin. L’entame de cette démarche pour la paix par le chef-lieu de la région du Nord-Ouest, tiendrait selon ces spécialistes, sur au moins trois mobiles. Cette région abrite les leaders sécessionnistes les plus radicaux, elle compte un nombre important des élites au sein du gouvernement, en plus d’être le principal bastion des enlèvements et autres crimes crapuleux. Il est donc question pour le gouvernement d’apaiser les tensions et les cœurs dans cette région, ce qui permettrait d’endiguer à environ 60 % cette crise qui dure depuis deux ans.

Des leaders radicaux

A l’analyse, la région du Nord-ouest est celle dans laquelle la crise dite anglophone a fait ses premiers pas. L’on se souvient que tout est partie des revendications des avocats, doublées de celles du corps enseignant, lesquels réclamaient au départ, « le non-respect de la législation en vigueur au sujet des justiciables de la partie anglophone, l’inexistence de la version anglaise des actes uniformes de l’Organisation pour l’Harmonisation des Droits des Affaires en Afrique, etc ». Cependant, malgré les mesures prises par le gouvernement, les leaders des mouvements de grève ont fait perdurer la grève, en se radicalisant. Ce qui a débouché sur une situation de crise ouverte. De plus, la géographie des leaders actuels de cette crise permet de constater que la majorité est issue de cette région réputée frondeuse, contrairement au Sud-Ouest que l’on qualifie de complaisante vis-à-vis du gouvernement en place. Parmi ces leaders on peut notamment citer Mark Bareta, Sisiku Ayuk Tabe, Sho Ayaba, Tapang Ivo Tanku, etc.

Par ailleurs, l’un d’eux, Sisiku Ayuk Tabe, actuellement détenu à la Prison centrale de Yaoundé-kondengui, a de tout temps démontré sa détermination à faire sécession en créant « l’Etat d’Ambazonie ». Ce dernier a d’ailleurs déclaré au cours d’une audience qu’il n’était plus de nationalité camerounaise, mais plutôt « ambazonienne ». En outre, l’histoire politique du Cameroun enseigne que le Nord-Ouest a toujours été le principal bastion de l’opposition. Le cas Ni John Fru Ndi est dans ce sens assez illustratif. Pour certains spécialistes, l’entame de la visite de Joseph Dion Ngute à Bamenda, participe de la prise en compte des éléments suscités. Sans oublier le fait que c’est aussi dans cette région que le plus grand nombre d’actes crapuleux est commis, à travers les enlèvements et assassinats des soldats et civiles.

Une élite importante au sein du gouvernement

Au-delà d’être le principal théâtre de la crise anglophone, la région du Nord-ouest fait partie des zones ayant un nombre important de son élite au sein du gouvernement. Certains spécialistes s’accordent d’ailleurs à penser que cette région a de tout temps bénéficier de la confiance du chef de l’Etat. A titre d’illustration, avancent-ils, l’ancien Premier ministre Philémon Yang, détient le record de longévité au poste de chef du gouvernement, avec environ 10 ans passées à cette haute fonction. De plus, depuis la formation du dernier gouvernement, la région du Nord-Ouest détient au moins une demi-dizaine de ministres. Notamment Paul Atanga Nji, ministre de l’Administration Territoriale (Minadt), Rose Mbah Acha, ministre délégué à la présidence, chargé du Contrôle supérieur de l’Etat, Paul Tasong, ministre délégué auprès du ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire (Minepat), Félix Mbayu, ministre délégué auprès du ministre des Relations Extérieur, chargé des relations avec le Commonwealth, Paul Ghogomu Mingo, ministre chargé des Missions à la Présidence de la République, etc. Les spécialistes sont donc formels, « commencer cette visite par la ville de Bamenda, c’est déjà résoudre le problème à au moins 60 % ».

Par Junior Matock

Crise anglophone : La solution Dion Ngute

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Dans le contexte de conflit social qui, sous l’impulsion des partisans de la sécession du Cameroun, agite notre pays depuis deux ans, l’exercice s’annonçait délicat, voire périlleux. Mais Joseph Dion Ngute a bravé la peur et l’atmosphère pesante qui règnent en ces temps de crise dite anglophone, pour se rendre à Bamenda le 9 mai dernier, pour une visite de quatre jours. Dans un décor loin d’être théâtral, le Premier ministre (PM), est allé rencontrer les populations de la capitale de la région du Nord-Ouest, à l’effet de leur transmettre le message du chef de l’Etat Paul Biya. Un message qui se résume en trois mots : paix, espoir, réconciliation. « Le chef de l’Etat m’a envoyé dire à tous ces jeunes qui commettent des actes de violence au sein de la société qu’ils restent des enfants du Cameroun et de ce fait, ils ne doivent pas se priver d’une éducation comme ils le font, ils ne doivent pas infliger des villes mortes à la société, ni organiser des enlèvements et demander des rançons. Le chef de l’Etat m’a envoyé leur dire de déposer les armes », a affirmé le chef du gouvernement. Dion Ngute l’avoue : le gouvernement est déterminé à la relancer l’option du dialogue.

Seulement, les sujets à mettre sur la table pourront toucher tous les points de la vie politique du pays excepté une deux choses : la sécession et le fédéralisme. « Hormis la sécession et la fédération, le président de la République est prêt à organiser un dialogue formel pour résoudre la crise », rassure le Premier ministre. Pour son premier jour à Bamenda [jeudi, Ndlr.], Joseph Dion Ngute est arrivé vêtu d’un « Toghe », un tissu traditionnel de la région du Nord-ouest et tenant dans la main, un arbre de la paix. Une image qui rappelle à la fois son appartenance à la tradition anglophone du pays, mais qui dénote aussi l’objet de sa mission. A son arrivée, le messager de Paul Biya est accueilli par les élites de la région avec à leur tête, l’ex-Premier ministre Philemon Yang. Tout de suite, Joseph Dion Ngute est suivi dans son élan par les forces vives et les populations qui brandissent à leur tour, en signe d’acceptation du message du chef de l’Etat, des arbres de la paix. Le temps d’une descente dans les rues de la ville, le Premier ministre a eu le temps de changer ses atours. Place à une tenue plus sobre : un costume bleu marine (dark blue), une chemise blanche et une sage cravate gris foncé. Sa tenue de travail habituelle…

Consultations

La visite de quatre jours qui venait de démarrer sera alors une succession de rencontres et de séances de discussion. « Je ne suis pas venu dit-il, uniquement pour les institutions ou les élites, mais aussi pour toutes les couches de la population qui peuvent porter le message [du chef de l’Etat, Ndlr.] ». Tour à tour, Joseph Dion Ngute a rencontré des chefs traditionnels, parmi lesquels Fon Angwafor de Mankon, qui a réaffirmé sa position pour l’unité du pays pour lequel il s’est battu dans sa jeunesse. « Même ma propre chefferie, je ne peux pas accepter de la diviser », a déclaré ce dernier. Le PM a aussi consulté des élites, des parlementaires, des maires et conseillers municipaux, les autorités religieuses, administratives, militaires et judiciaires de la région. Un tour au quartier Nkwen, réputé être le plus radical de la ville, a permis au Premier ministre de sensibiliser de nombreux moto-taximen et commerçants. A chaque intervention, le même message : « le président de la République me charge de vous dire que le Cameroun nous appartient à nous tous. Il a dit que si le peuple veut une conférence, nous ferons cette conférence, nous discuterons tous ensemble. Mais nous devons garder à l’esprit que le Cameroun appartient aux Camerounais et qu’il ne peut être divisé. C’est un pays indivisible », a martelé Joseph Dion Ngute devant des riverains réceptifs qui ne manquaient pas d’applaudir. « Nous sommes contents dit l’un d’entre eux, de voir le chef du gouvernement ; cela prouve que le chef de l’Etat sait que nous souffrons. Cette descente sur le terrain est un acte fort que nous devons apprécier. Il faut que la guerre cesse ».

Le Sdf propose Fru Ndi comme médiateur

La visite de l’émissaire de Paul Biya s’est poursuivie par des séances d’échange avec les partis politiques à l’instar du Rdpc, de l’Undp, l’UDB et le SDF. Le PM a notamment rendu visite à Ni John Fru Ndi qui l’a salué des deux mains, en guise de respect et d’humilité. Le chairman du Social Democratic Front qui invite le chef de l’Etat depuis le début de la crise à initier un dialogue avec les partisans de la sécession, espère jouer le rôle de « médiateur » dans cette nouvelle démarche des pouvoirs publics. Ses militants en ont fait la demande auprès du Premier ministre qui a également rencontré les syndicats par qui le mouvement de grève qui a débouché sur la crise a été engagé, mais aussi les étudiants de l’université de Bamenda. Et en a profité pour appeler la responsabilité des hommes et femmes des médias au service de la paix. « Vous possédez un pouvoir énorme. Vos écrits façonnent l’opinion, je vous exhorte à l’utiliser pour la bonne cause », a-t-il lâché aux journalistes.

Le « miracle » est-il possible ?

Au lendemain de sa tournée, une question demeure : Joseph Dion Ngute peut-il produire le « miracle » ? Pour le moment, nul ne sait. Mais le fait est que, sur les visages des différentes personnes qu’il a rencontrées, les crispations qui prévalaient avant sa venue, la première depuis sa nomination le 4 janvier dernier, ont laissé la place à des attitudes nettement plus confiantes et détendues. Le Premier ministre n’a donc pas perdu « son » temps, mais il est évident qu’il semble encore loin d’avoir gagné une véritable bataille ; car les frustrations demeurent vives chez certains concitoyens qui ne cachent pas leur manque d’enthousiasme sur les réseaux sociaux, alors que la colère des partisans de la sécession n’est pas retombée. Peut-être que ça viendra d’ici au dialogue tel qu’annoncé par le chef du gouvernement ? On ose y croire…

Par Arthur Wandji

Incident : Un hélicoptère de l’armée s’écrase chez Yang Philemon

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Un hélicoptère de l’armée de l’air s’est écrasé ce jour à Oku. Selon des sources crédibles, il y aurait un mort, en l’occurrence le commandant de brigade. Sans plus de détails. Toujours est-il qu’« il y a un mort ; on en saura un peu plus dans les prochaines heures », a assuré une source à Bamenda.

L’on ne sait rien pour l’instant des causes, ni des circonstances de ce drame. La piste d’une attaque rebelle n’est pas à écarter. Oku, le village de l’ancien premier ministre Philemon Yang, étant un fief des séparatistes du Southerns Cameroon national council (Scnc). Le département du Bui dont appartient l’arrondissement d’Oku, est un fief de l’opposition, notamment le Social democratic front (Sdf). Le parti leader de l’opposition y avait deux des trois députés de l’actuelle législature. Il s’agit de feu l’honorable Joseph Banadzem qui vient de mourir, et Joseph Wirba qui, à la tribune de l’Assemblée nationale, a ouvertement dit comprendre ceux qui ont pris les armes dans le Nord-ouest et le Sud-ouest. Et le mouvement séparatiste dit « ambazonien » y sévit depuis le début de la crise armée en 2016.

Crise dite anglophone : Ni John Fru Ndi se propose comme médiateur

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Selon le Social democratic front (Sdf), Ni John Fru Ndi est le mieux placé pour assurer la médiation entre le gouvernement et les combattants séparatistes qui sévissent dans le Nord-ouest et le Sud-ouest. Au sortir de la rencontre qu’elle a eue avec le Premier ministre, une délégation du parti leader de l’opposition parlementaire, a fait ses propositions pour une sortir de crise. Le médiateur, explique Jean Robert Wafo, ministre en charge de l’information et des médias du shadow cabinet du Sdf, dans un communiqué de presse qu’il a signé ce jour, « aura en charge entre autres de contacter et de recueillir les propositions des différents protagonistes qui se trouvent globalement dans quatre foyers précis à savoir le territoire national, le Nigéria, l’Amérique du Nord et l’Europe ». Rejoignant International crisis group dans cette perspective ; sauf que le Sdf ne voit pas un personnage venir de l’extérieur pour jouer ce rôle.

Pour le reste, le Sdf résume en quatre points, ses quatre propositions de sortir de crise :
1- Le cessez-le-feu immédiat et bilatéral: Les soldats des forces de défense et de sécurité rentrent dans les casernes et les combattants des bandes armées ou milices déposent les armes.
2- La libération immédiate de tous les prisonniers politiques incarcérés dans le cadre de cette crise.
3- La nomination d’un médiateur de la crise et l’acceptation des observateurs.
– Le médiateur aura en charge entre autres de contacter et de recueillir les propositions des différents protagonistes qui se trouvent globalement dans quatre foyers précis à savoir le territoire national, le Nigéria, l’Amérique du Nord et l’Europe.
– Les observateurs auront en charge de vérifier l’avancée progressive du processus de paix en rapport avec les conclusions arrêtées de commun accord.
4- Le report des élections locales: Les élections régionales, municipales et législatives ne sauraient se tenir dans les conditions actuelles dans les régions du nord-ouest et du sud-ouest. Elles doivent se tenir après le retour effectif de la paix dans ces deux régions.

Le Sdf a rencontré Joseph Dion Ngute le Premier ministre, dans le cadre de la tournée que le chef du gouvernement a engagée dans la région du Nord-Ouest, en vue de porter le message du dialogue émis par le président de la République. L’émissaire de Paul Biya accédera-t-il à la demande du Sdf dont le président a été « kidnappé » récemment par des hommes armés, alors que le parti allait aux obsèques de l’honorable Joseph Banadzem?

Can 2019 : Clarence Seedorf convoque 34 Lions indomptables

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A deux mois du démarrage de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2019, Clarence Seedorf vient de publier une pré-liste de 34 joueurs. Sans détails sur le programme de travail devant conduire à épurer cette liste. On y retrouve deux joueurs locaux que sont Simon Omossola (gardien de Coton sport) et Pierre Ramses Akono (milieu de terrain d’Eding sport).

La compétition s’annonce quelque peu serré, mais il est clair que Clarence Seedorf ne devrait pas opérer beaucoup de changements. Au goal, outre les trois gardiens que le technicien hollandais a jusqu’ici convoqués, Simon Omossola. Ce dernier qui a roulé sa bosse dans les sélections inférieures, et notamment chez les Lions indomptables U20. L’homme frappe à une porte a priori fermée aux trois principaux concurrents que sont André Onana (le titulaire), Fabrice Ondoa (le second couteau en embuscade), et Idris Carlos Kameni (le doyen qui sait pertinemment qu’il est à la porte de sortie, mais accepte de reprendre là où il avait commencé il y a 20 ans). Sauf « miracle », Idris Carlos Kameni que certains ont présenté comme un « encadreur » pour les deux principaux, devrait être retenu pour le tournoi final.

En défense, Jean Armel Kana Biyik est le seul nouveau parmi les neuf. Celui qui avait claqué la porte de la sélection nationale en 2014 en dénonçant un trafic de joueurs en sélection, est sur le retour. Lui qui avait déjà été de la cuvée contactée et reçue par Samuel Eto’o à l’arrivée de Clarence Seedorf, mais qui n’est jamais revenu comme Choupo-Moting et les autres. Jérôme Onguene qui s’est éloigné de la tanière en raison d’une blessure en club, est dans la liste. Autant que Jeando Fuchs et Dawa Tchakonté. Aux côtés de ceux qui ont animé les éliminatoires de la Can comme Ngadeu, Faï Collins, Oyongo,etc.
Le milieu de terrain dispose de sept joueurs dans cette liste. Parmi eux, Ramses Akono. Celui-ci a peu de chance de s’imposer devant des valeurs qui ont conquis l’entraîneur en chef, peut-être avec peu d’assurance, mais qui ont su faire l’essentiel. Le joueur d’Eding pourrait éventuellement essayer de chiper la place à Georges Mandjeck qui peine à s’imposer dans ce compartiment. Wilfried Kaptoum est également un jeune loup lancé dans le groupe.

C’est en attaque que Seedorf a ouvert le champ à 14 aspirants. Pas moins de cinq éléments devraient quitter la tanière au moment d’établir la liste finale. Les entraîneurs flirtant souvent avec des joueurs polyvalents qui peuvent être redéployés en appui au milieu de terrain. Dans ce registre, Choupo-Moting a peu de souci à se faire. Tout comme Ntep, Bahoken, Njie, Toko, Boumal, Tageu et Sali Edgard. bassogog est une pièce en confiance, comme Vincent ABoubakar. Olinga et Zoua qui ne rassurent pas depuis plusieurs années, sont sur un siège éjectable ; peut-être Olivier Boumal pourrait avoir une chance de s’enraciner cette fois-ci ?

Rien n’est précis sur le calendrier de travail du staff technique ; mais il est clair que Clarence Seedorf a élargi la liste pour donner la chance à plusieurs joueurs de conquérir leurs places. on en saura un peu plus dans les prochaines semaines.

Ci-dessous, la liste des 34 Lions convoqués

 

Bamenda : Dion Ngute accueilli en pleurs

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Pour sa première visite (officielle) dans les régions en crise du Nord-ouest et du Nord-ouest, Joseph Dion Ngute a été accueilli par une foule de femmes qui ont aussitôt engagé un deuil. Ces dizaines de femmes qui ont bravé les barrières militaires pour passer un message au Premier ministre à Ayaba hôtel, vêtues pour la plupart de robes et kabas noirs, foulards jaunes, ont entonné des pleurs en présence du chef du gouvernement. Racontant en pidgin, l’anglais local, les misères des veuves et des orphelins et les vicissitudes des populations des deux régions en crise. « Elles tenaient à dire au Premier ministre que la région est en guerre », explique un résidant de Bamenda.

Le successeur de Yang Philemon qu’on n’avait pas encore aperçu sur le front de cette guerre qui l’a précédé à la tête du gouvernement, était jusqu’ici resté dans les salons à Yaoundé, pour prendre le pouls du travail qui l’attend. Même s’il n’a pas souvent manqué de se prononcer sur cette situation, l’homme dont la résidence d’Ekondo Titi a été mise à feu la veille de sa nomination comme Premier ministre, avait jusqu’ici « esquivé » ce terrain glissant. A une dizaine de jours de la célébration de la fête nationale du 20 mai, le Premier ministre a cru devoir porter personnellement le message de la paix aux populations des deux régions en crise, pour donner du poids à la sensibilisation que fait les deux gouverneurs, en vue de rallier les populations à la cause nationale.

Au moment où des chefs traditionnels du Sud-ouest notamment, rechignent à répondre favorablement à cet appel. Les sécessionnistes menaçant de plus en plus de représailles ceux qui rameraient à contre-courant de leurs appels au boycott de l’unité nationale contre laquelle ils se battent. A cette occasion, à la première des quatre jours de visite dans le Nord-ouest, l’homme, parlant au nom d’un gouvernement qui a interdit la All anglophone conférence que comptaient organiser des congrégations religieuses, avec en tête des leaders tels que le cardinal Christian Tumi, a réitéré l’appel au dialogue du président de la République. En maintenant que l’intégrité territoriale ne souffrira d’aucune contestation. Pour Joseph Dion Ngute, «cette situation n’a que trop durée. Il est temps que cela prenne fin ». Assurant ses interlocuteurs de la franchise du chef de l’Etat que des représailles ne sont pas prévues contre ceux qui se sont engagés contre la marche de la République. «Ils restent les enfants du Cameroun », a-t-il déclaré. Les populations qui ne collaborent pas avec le régime (par peur pour les représailles et/ou par caution au « combat », vont-ils délier accepter la main tendue du messager de Paul Biya ? On en aura une réponse dans les prochains jours.

Tristesse : La Cnps en deuil

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Dans un communiqué rendu public ce 6 mai 2019, Alain Noël Olivier Mekulu Mvondo Akame, le directeur général de la Caisse nationale de prévoyance sociale (Cnps), annonce le décès à Paris de Lysette Ngatchou, directrice générale de l’institution. On y apprend que la patronne en second de la Cnps est décédée des suites de maladie à l’hôpital américain de Neuilly, à Paris. Lysette Ngatchou était malade et avait bénéficié d’une évacuation sanitaire en France. Mais le miracle espéré par les siens n’a pas eu lieu. Elle retrouvera son pays le corps inerte.

Le destin a ainsi mis un terme à la collaboration entre les deux principaux dirigeants de la Cnps. En effet, Lysette Ngatchou était très discrète sur une scène publique où le directeur général était déjà très présent ; mais était une forte tête qui a souvent bousculé Mekulu Mvondo. les deux leaders ont souvent eu du mal à cohabiter, malgré leurs soucis de porter haut le flambeau de la Cnps. Il y a quelques mois encore, le Dg de signait une importante note de service déléguant l’essentiel de ses pouvoirs à Hortense Hion, directrice des Finances et du patrimoine. Au détriment de son adjointe. Mais l’ère de la brouille entre les deux hommes est désormais révolue à la décision tragique du destin.

La marche de la Cnps dans sa quête de modernité se fera désormais sans celle qui en était directeur général adjoint depuis 1999.

Nécrologie: Martin Bélinga Eboutou n’est plus

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Il était une fois Bélinga Eboutou

La nouvelle n’est annoncée que sous forme de rumeur. Le nom même est à peine cité : « Un ex Dcc vient de décéder», « Que se passe-t-il à Génèves ? », « Bolingo ne serait plus ». Telles sont entre autres les différentes formes de diffusion des premières informations sur le « décès » de Martin Bélinga Eboutou. Toujours est-il que «il est mort. J’ai eu confirmation de mon patron », assure un journaliste dont les entrées du directeur de publications à la présidence de la République sont connues dans les milieux de la presse.

La fin de l’ancien Directeur du cabinet civil (Dcc) de la présidence de la République était plusieurs fois annoncée avant de tomber dans la poubelle de la rumeur. Mais l’homme qui a disparu de l’espace public depuis sa sortie du gouvernement (en mars 2018), était très malade. La note confidentielle de son successeur invitant l’ambassade du Cameroun en Suisse à prendre en charge ses soins de santé, a fait jaser ces derniers jours. L’homme étant évacué dans ce pas européen depuis plusieurs mois.

Tarifs douaniers : Sosucam, Hevecam, CDC… ces entreprises que le Minfi veut sauver

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De sources concordantes, le poivre de Penja, localité située dans la région du Littoral, département du Moungo, est désormais menacé par un autre greffé en provenance d’Asie. La situation est identique, affirment ces mêmes sources, dans le secteur des huiles végétales. Tout comme « dans le secteur du sucre où Sosucam a récemment effectué d’importants investissements pour garantir une autosuffisance du marché national pour les années à venir », déclare Théodore G, cadre de l’entreprise. « C’est aussi le cas pour le secteur des oléagineux où les importations d’huile de palme en provenance notamment de certains pays de la sous-région menacent les efforts consentis ces dernières années pour développer des palmeraies au niveau local », s’alarmait une source proche de l’entreprise. Et ce ne sont pas les seules sociétés qui risquent la faillite.

En signant la décision du 24 avril, Louis Paul Motaze entend donner de la vigueur aux entreprises telles que Hévéa du Cameroun (Hevecam), Cameroon Development Corporation (CDC), Safacam, Sud Hevea Cameroun, en leur permettant de : « mettre sur pied des unités de transformation locale pour un approvisionnement du marché en produit de fabrication camerounaise, etc », selon certains observateurs du milieu des affaires. Pour Claver H, homme d’affaires, cette situation de déliquescence dans laquelle se trouvent certains acteurs économiques, vise aussi ceux œuvrant dans le secteur des allumettes et dont « les entreprises locales semblent en perte de vitesse ». A cette liste se greffe, ajoute ces analystes, « le secteur des vins en brique dans lequel d’importantes entreprises camerounaises (Société Anonyme des Brasseries du Cameroun, Sofavin, Boissons Vins et Spiritueux, Safvis), qui ont réalisé d’importants investissements mais qui peinent à sauver leurs parts de marché ».

Par ailleurs, d’après des experts en commerce international, cette décision « soumet certains produits à une forte taxation dans le but de décourager progressivement leur importation en vue de la promotion d’une industrie locale dans ces secteurs d’activités. C’est notamment le cas pour la brocante et les pneumatiques ». Ils concluent d’ailleurs qu’une telle politique est de nature à inciter les sociétés qui produisent l’hévéa au Cameroun (Hevecam, CDC, Safacam, Sud Hevea Cameroun), à « mettre sur pied des unités de transformation pour mieux faire face aux défis du marché ».

Par Junior Matock

Commerce extérieur : Comprendre les nouveaux tarifs douaniers

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Louis Paul Motaze injecte de nouvelles énergies au Minfi.

« C’est une mesure salutaire qui va permettre à l’Etat de mobiliser plus de ressources financières ». Jean Pierre K, économiste basé dans la capitale économique, Douala, exprimait ainsi le 30 avril dernier son soulagement à la suite de l’annonce de la décision signée le 24 avril par le ministre des Finances (Minfi), Louis Paul Motaze, relatif aux nouvelles valeurs minimales applicables à l’importation de certaines marchandises. « Il y a pas meilleure mesure à prendre dans un contexte de crise économique qui se manifeste entre autres, par la rareté de ressources financières et l’obligation de rechercher de nouvelles recettes pouvant permettre à l’Etat de tenir ses engagements », scande Robert T, un autre économiste. Mais de quoi s’agit-il en réalité ? En effet, selon des responsables du Minfi, la décision prise par Louis Paul Motaze, repose sur au moins trois motivations : économiques et commerciales fiscales, et surtout une question de gouvernance.

Les motivations économiques et commerciales

De l’avis de certains cadres du Minfi, la décision du 24 avril dernier, loin d’être une invention, s’inscrit dans le prolongement de l’article 9 de la loi de finances 2019. Lequel justifie l’opportunité d’une telle mesure en ses alinéas 1 et 3. L’alinéa 3 souligne précisément qu’en : « en cas de nécessité, des valeurs minimales peuvent être édictées pour des raisons de politique commerciale. La durée de validité desdites valeurs est de six mois éventuellement renouvelable ». Bien plus, arguent ces experts, pour des considérations de politique commerciale notamment dans le cadre de la mise en œuvre des mesures de sauvegarde prévues par les règles de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), « l’administration peut utiliser des valeurs minimales pour promouvoir les secteurs industriels embryonnaires dont la production serait menacée irréversiblement par les produits importés ou qui seraient victimes d’une concurrence déloyale des produits similaires bénéficiant de soutiens multiformes dans leur pays d’exportation ».

Vu sous l’angle commercial, la note du Minfi vient « ajuster la valeur de certaines marchandises sensibles importées pour limiter la contrebande provenant des pays voisins (Gabon, Congo, Guinée Equatoriale) où elles sont pourtant parfois considérées comme biens de première nécessité et subséquemment exonérées des droits et taxes de douane (c’est le cas de la sardine en conserve, bières, etc.) », explique un autre cadre de ce département ministériel.

Fiscalité

Sur le plan de la fiscalité, les spécialistes du domaine admettent que la décision de Louis Paul Motaze, ne manque pas de pertinence et ne devrait pas être interpréter outre mesure. Mais il faut y voir une mesure qui « détermine des valeurs minimales applicables pour certaines marchandises difficiles à évaluer en raison de leur conditionnement, de la qualité des importateurs habituels (petits commerçant de « pseudo groupages »), ou de la difficulté à maîtriser leurs flux (motocycles, carreaux, mélanges de vêtements, chaussures et sacs, appareils électroniques, etc.) ». Pour ces mêmes spécialistes, la valeur minimale applicable à ces produits est d’ailleurs « plus basse que la moyenne globale à l’international ». A titre d’illustration, expliquent les services de la Douane, « la valeur de la sardine est fixée à 25 millions de francs CFA par conteneur de 20 pieds alors qu’au Maroc, pays producteur par excellence de cette marchandise, le même conteneur est déclaré à plus de 30 millions à l’exportation », soutiennent-ils. C’est aussi le cas, assène un cadre des douanes, « des motos qui sont vendus en Chine à 220 000 francs CFA environ par unité et dont la valeur minimale fixée par cette décision est de 150 000 francs CFA par moto. C’est aussi le cas pour certaines marchandises telles que les batteries, les carreaux, ou encore les téléphones dont la valeur la plus élevée est de 200 000 francs CFA, alors qu’il existe des téléphones de valeur supérieure à 500 000 francs CFA ».

Gouvernance

En matière de gouvernance, cette décision ne tombe pas du ciel, expliquent des spécialistes. Elle reconduit les valeurs administratives qui s’appliquaient déjà à l’importation des produits tels que : « farine de froment ou de méteil, huiles végétales, margarine, sel raffiné, sucre, gommes à mâcher, biscuits et gaufres, vins en brique, sacs en papier kraft ou en matière plastique, allumettes, produits ferreux, appareils électroniques, articles de toilette, etc.) », précisent-ils. Toute chose qui est conforme, reconnaissent les experts des finances publiques, « aux prescriptions de la loi N° 2018/011 du 11 juillet 2018 portant Code de transparence et de bonne gouvernance dans la gestion des finances publiques au Cameroun ».
Par Junior Matock

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