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Crise anglophone : un conflit qui s’enlise

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Crise anglophone : un conflit qui s’enlise

La crise sociopolitique qui sévit dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, ne cesse d’être un sujet préoccupant pour le commun des Camerounais. Si elle a éclaté à la suite des mouvements de grèves des enseignants et avocats en novembre 2016, elle a très vite revêtue le manteau de revendications séparatistes, avec à la clé, des conséquences sur le plan humain et économique. Donnant parfois lieu à la guerre des chiffres entre le gouvernement et certaines organisations internationales. En mai dernier par exemple, le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés, parlait de plus de 400 000 personnes déplacées. Tandis que le gouvernement lui, par la voix du ministre de l’Administration Territoriale (Minat), Paul Atanga Nji, affirmait mordicus que « le Cameroun ne compte que 152 000 familles déplacées ».

Des pertes économiques sèches

Du point de vue économique, l’activité dans les régions en crise est en quasi extinction. Dans un communiqué rendu public le 14 janvier dernier, le directeur général de la Cameroon Development Corporation (CDC), Benjamin Itoe, parlait de 20 500 emplois menacés. Du côté de la société Telcar Cocoa, des sources indiquaient que du fait de l’insécurité dans la région, on enregistre « une chute de 80 % du commerce de cacao ». A ces effets négatifs se greffe la radicalisation des positions observée de part et d’autre.

Les acteurs

Parmi les acteurs de cette crise, Sisiku Ayuk Tabe et ses affidés figurent parmi ceux qui donnent des insomnies au gouvernement. En restant camper sur leur rêve d’un Etat indépendant. Ils sont néanmoins de plus en plus fragilisés par des guerres intestines qui ont récemment débouché à des querelles de leadership opposant Sisiku Ayuk Tabe et Dr Samuel Sako Ikome, deuxième président de l’Etat imaginaire d’Ambazonie. Ce dernier, profitant de l’absence du premier, écroué à la prison centrale de Kondengui depuis janvier 2018, a mis sur pied un gouvernement, non sans s’autoproclamer président de la République d’Ambazonie, via sa page facebook. Mais mal lui en a pris, car Sisiku Ayuk Tabe, depuis sa geôle de Kondengui, a vertement contesté, à travers un communiqué, le gouvernement de son principal challenger, au point d’annoncer sa dissolution le 2 mai dernier. Du côté du gouvernement, certains « ayatollahs » et autres caciques du régime freinent des quatre pieds la dynamique de résolution de cette crise, au vu des prébendes qu’ils en tirent, soulignent des spécialistes.

La pression des partenaires

En effet, le 16 avril 2019, l’Union Européenne (UE) avait rendu public une résolution en 11 points, dans laquelle elle déplorait la situation politique et sociale au Cameroun. Un fait qui n’a pas manqué de susciter la vive réaction du ministre des Relations Extérieures (Minrex), Lejeune Mbella Mbella. Ce dernier avait ainsi convoqué les chefs de mission diplomatique accrédités à Yaoundé, et leur avait rappelé de « ne pas s’ingérer de quelque manière que ce soit dans les affaires intérieures du Cameroun ». Il relevait cependant à cette occasion la disponibilité de Yaoundé à se « faire accompagner par ses partenaires dans la voie de l’apaisement, de la préservation de son unité, et de son intégrité territoriale ». Cette main-tendue de l’Etat du Cameroun ne viendra que conforter le gouvernement Suisse qui, à travers son ambassadeur Pietro Lazzeri, avait déjà fait part au chef de l’Etat, Paul Biya, le 4 avril 2019, de la « disponibilité de son pays à appuyer le Cameroun dans la résolution de la crise anglophone ». L’on peut donc aisément comprendre pourquoi, selon des sources dignes de foi, la Suisse a arboré dès le mois de mai, la casquette de médiateur dans la crise anglophone.

Junior Matock (Défis Actuels)

Crise anglophone: espoirs et périls sur la médiation Suisse

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espoirs et périls sur la médiation suisse

Dans un communiqué signé à Berne, en Suisse le 27 juin dernier, le ministère des Affaires étrangères informait l’opinion de ce que « le Département Fédéral des Affaires Etrangères (Dfae) s’emploie à trouver une solution pacifique et durable à la crise dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest du Cameroun, en collaboration avec le « Centre pour le Dialogue Humanitaire ». Voilà qui est venu lever le voile sur ce qui est fait par les parties en conflit pour résorber cette situation. Ce soulagement est tout même atténué par les interrogations sur les chances de réussite de la médiation Suisse. Quand on sait que les protagonistes, notamment les leaders sécessionnistes, tiennent à la création de « l’Etat indépendant d’Ambazonie ».

La Suisse s’impose par sa crédibilité

Au sujet du crédit à accorder à la médiation de la République helvétique, le Dr Richard Makon, expert en résolution des conflits explique que ce pays jouit d’une crédibilité avérée sur la scène internationale : « la Suisse jouit d’une neutralité politique qui est essentielle pour la conduite d’un tel processus. C’est un pays qu’on peut qualifier de non aligné sur le plan international, il ne participe pas aux conflits. Il est donc, du fait de sa neutralité, généralement consulté pour conduire les processus de médiation et de conciliation ». Et d’ajouter sur un ton presque ferme, « la Suisse est le pays le mieux placé pour pouvoir jouer un rôle neutre dans la crise qui secoue les régions anglophones de notre pays », affirme-t-il sans ambages. Ce spécialiste est rejoint dans son analyse par le Dr Erick Fofack, pour qui « les chances de succès sont réelles ». Du côté des mouvements séparatistes, la République helvétique semble bénéficier d’un capital de sympathie et de confiance. Ceux qui prennent part aux discussions de Genève sont de cet avis. Il s’agit notamment Ebenezer Akwanga, chef de la Southern Cameroons Defence Forces (Socadef) fervent militant de la lutte armée contre le régime de Yaoundé. Elvis Kometa, leader du Southern Cameroons National Council (Scnc) une autre aile sécessionniste, hantée par l’objectif de préserver la spécificité anglophone en la dotant de garanties institutionnelles et constitutionnelles. Autre leader présent à Genève, Marc Njoh Chebs, patron du Roan, lui aussi opposant farouche au gouvernement de Yaoundé. Même s’ils ont pour dénominateur commun la sécession, ceux-ci ont affiché leur disponibilité à trouver une solution à cette crise. Non sans saluer « le rôle historique joué par la Suisse en matière de médiation et de promotion de la paix à travers le monde ». Selon des propos rapportés par le journal suisse, Le Temps, Ebenezer Akwanga, chef de la Socadef, disait que « c’est important pour nous que la Suisse n’ait pas un passé colonial ». Outre cette crédibilité, les instruments utilisés par la Suisse plaident en sa faveur. Dans un communiqué publié le 27 juin dernier par les huit principaux leaders sécessionnistes, ont apprécié le fait que le Centre pour le Dialogue Humanitaire, partenaire stratégique du gouvernement helvète, ait été associé à ce processus. Ils ont d’ailleurs admis ne pas douter que ce Centre puisse « assurer le succès de cette initiative ».

Les résistances

Si la médiation Suisse est saluée par ceux qui prennent part aux discussions de Genève, ceux qui sont absents à ces pourparlers disent n’en avoir cure de ce qui s’y passe. C’est le cas des proches du cardinal Christian Tumi qui ont qualifié ces assises de « non évènement », selon le magazine panafricain Jeune Afrique. Pour Elie Smith, porte-parole de la Conférence Générale Anglophone, « c’est une honte pour le Cameroun de recourir à la médiation Suisse pour résoudre la crise anglophone », parce que, estime-t-il, « les Camerounais sont assez matures pour discuter entre eux et Paul Biya seul pouvait trouver la solution à cette crise ». Le Dr Samuel Sako Ikome courroucé de ne pas avoir été associé à la médiation en cours, fait peser une menace sur le processus. Il a déclaré sur sa page facebook que « si un dirigeant de première ligne intervient pour négocier tout ce qui est contraire aux aspirations du peuple – Une indépendance absolue, ce dirigeant sortira et sera avalé par le peuple d’Ambazonia ». Ayaba Cho, leader du mouvement Socadef, affirme mordicus de son côté, « qu’il attend discuter directement avec le gouvernement ». Selon certains analystes, les résistances n’existent pas que du côté des sécessionnistes. Il y a du côté du gouvernement également, des personnalités qui tirent les marrons du feu et qui n’ont aucun intérêt à cette crise prenne fin. « Les subsides tirés de cette crise semblent avoir aveuglés ces hauts responsables de la République », soutiennent les mêmes sources. Et de poursuivre en disant, « ceux-ci risquent activer leurs réseaux pour faire échouer la médiation suisse afin que la cette crise perdure ».

Junior Matock ( Défis Actuels)

Can 2019 : Fin de parcours pour les Lions indomptables

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Le Cameroun aura mal géré son avantage de buts

Le rêve n’est plus permis. Le Cameroun ne poursuivra pas la course pour le trophée de la Coupe d’Afrique des nations (Can) 2019. Le champion en titre vient de se faire éliminer par les Super Eagles (3-2) à Alexandrie. Buts inscrits côté nigérian par Odion Ighalo qui a doublé la mise, avant que Alex Iwobi ne complète le compteur. Le Cameroun, lui, a trouvé le chemin des filets par l’entremise de Stéphane Bahoken (41’) et Clinton Njie (44’).

Et ce n’est pas faute d’avoir essayé que les Lions indomptables sont tombés face à leur voisin-ennemi. Si le Nigeria ouvre la marque dès la 19ème minute, le Cameroun ne baisse pas la garde, travaille et rétablit l’équilibre sur une passe de Choupo-Moting qui sert Bassogog ramené sur le flanc gauche ; lequel réussit un centre qui finit dans le plat du pied de l’avant-centre camerounais. Les Lions indomptables viennent de se réveiller. Le Nigeria résiste à une crinière dressée des Lions. Jusqu’à ce que Clinton Njie, héritant d’une déviation de la tête de Bahoken, se débarrasse de l’arrière-gauche nigérian et trompe le portier Daniel Akpeyi sur son premier poteau. Mais l’expédition punitive s’arrête nette, alors que le Cameroun maintient la pression.

Statistiques Nigeria-Cameroun-Can 2019

A la reprise, le Nigeria essaie de casser le rythme. Le Cameroun résiste, jusqu’à la 66ème lorsque Iwobi trompe un André Onana qui reste scotché dans ses buts (3-2). La messe est dite. Le Cameroun ne l’imagine pas encore. Les sorties de Mandjeck (remplacé par Zambo Anguissa, 62’), et de Clinton Njie (remplacé par Karl Toko, 70’) ne changent rien. Le Nigeria ferme son jeu et se concentre dans sa demi-aire de jeu. La sortie d’Odion Ighalo (remplacé par Ebere Onuachu, 85’) ne profite pas au Cameroun, malgré l’entrée de Jacques Zoua en lieu et place de Kunde Malong (87’). Le Nigeria tient bon. Jusqu’au coup de sifflet final.

Les champions en titre ne rééditeront pas l’exploit surprise de Gabon 2017. Leur parcours s’arrête au second tour, après les Lions de l’Atlas la veille, éliminés par des Écureuils béninois qui ont attendus la séance des tirs aux buts pour assommer le super favori. Le Sénégal, lui, a neutralisé l’Ouganda, et affrontera le Bénin en quarts.

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Can 2019 : Le Bénin, premier qualifié pour les quarts

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Sessegnon et les siens auront souffert tout de même. Photo France 24

Il a fallu attendre la séance de tirs aux buts pour trouver le vainqueur du match Maroc-Bénin. Et c’est le petit poucet ouest-africain qui a surpris le super favori du tournoi (1-1, puis 4-1 Tab). Une épreuve que semblait déjà préparer le Bénin dès le démarrage des prolongations, tant le portier béninois qui s’est montré très adroit sur plusieurs occasions marocaines, travaillait à laisser passer le temps. Et Owolabi Kassifa n’a pas eu tort d’attendre cette épreuve au cours de laquelle il a stoppé un des deux tirs marocains ratés. Le dernier rempart béninois a repoussé le tir de Youssef En-Nesyri. Scellant presque le sort des hommes d’Hervé Renard puisque Sofiane Boufal avait déjà lui aussi manqué son tir. Seibou Mama mettra facilement un terme au rêve marocain de remonter la pente, car en inscrivant le 4ème tir des Ecureuils, celui-ci creusait l’écart à 4-1.

Le moins que l’on puisse dire est que le Maroc est désillusionné. Les Lions de l’Atlas étaient classés super favoris du tournoi au départ. Ils auront juste pu traverser le premier tour. Et le Maroc aurait pu changer le destin de cette rencontre à la 93ème minute. Mais le penalty concédé par Sessegnon, est placé au poteau sortant par Hakim Ziyech. Le Maroc qui a eu le contrôle de la partie, comme le démontrent les statistiques : 20 tentatives contre 3. Sur les 20 tentatives, le Maroc signe huit non cadrés contre deux pour le Bénin, huit tirs en direction des buts adverses contre deux seulement. Le Bénin a bloqué trois tirs contre un seul pour son vis-à-vis marocain.

Mais le Maroc n’a pas su transformer cette domination contre un adversaire réduit à dix, avec la sortie d’Adenon à la 97ème minute sur un deuxième carton jaune. Le Maroc retourne à la maison préparer les éliminatoires de la prochaine édition de la Coupe d’Afrique des nations (Can). La partie se poursuit avec les 15 autres concurrents au titre, en attendant la fin des 8èmes de finale.

Organisation : Samuel Eto’o impressionné par le succès de la compétition

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Le stade international du Caire a vu défiler des étoiles du football africain avec le camerounais Samuel Eto’o, le sénégalais El Hadji Diouf et l’ancien capitaine égyptien Ahmed Hassan. A l’occasion de ce premier tournoi à 24 équipes se jouant entre juin et juillet, les légendes de la Confédération Africaine de Football (CAF) ont salué le haut niveau de l’organisation, des infrastructures et la qualité du jeu. Lors d’une conférence de presse, Anthony Baffoe, secrétaire général adjoint de la CAF, accompagné des trois anciens joueurs, a établi un premier bilan de la compétition. « L’Egypte est un excellent exemple d’organisation extraordinaire en moins de six mois et je tiens à féliciter le comité d’organisation local pour les efforts déployés pour organiser un tournoi mémorable. Nous avons eu d’excellentes pelouses ainsi que les terrains d’entraînement ». « Nous avons assisté à de bons matches jusqu’à présent. Quatre équipes se sont déjà qualifiées avec six points – l’Egypte, le Nigeria, le Maroc et l’Algérie », a ajouté A. Baffoe. Samuel Eto’o, qui a remporté la Coupe d’Afrique des Nations en 2000 et 2002 avec le Cameroun, a tenu à « féliciter la CAF pour cette brillante idée de réunir 24 équipes à la CAN et d’organiser un tel tournoi. Nous faisons de notre mieux pour célébrer le football africain.Changer la période de janvier – février à juin – juillet était une idée brillante car la plupart des joueurs perdaient une place de titulaire lorsque la CAN avait lieu en janvier », a déclaré le meilleur buteur de l’histoire de la CAN et de la sélection nationale du Cameroun.

Autre légende à prendre la parole, El Hadji Diouf. Il a été un élément clé de la génération dorée des Lions de Teranga ayant atteint la finale de la CAN 2000 pour s’incliner face au Cameroun aux tirs au but. Après avoir participé à quatre autres éditions en 2002, 2004, 2006 et 2008, l’attaquant sénégalais a déclaré que l’organisation de la CAN Total 2019 était « excellente ».

Lions indomptables : des raisons de s’inquiéter

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Faut-il vraiment y croire?

Tout avait bien commencé pour le Cameroun : une victoire éclatante d’entrée face à la Guinée Bissau (2-0). Deux buts signés Yaya Banana et Stéphane Bahoken. Puis, le pays tenant du titre de champion d’Afrique a plongé. Les Lions Indomptables ne savent plus comment on marque des buts. Après le nul vierge concédé face au Ghana lors du match de groupe suivant (0-0), Eric-Maxim Choupo-Moting et ses coéquipiers se sont encore affaissés mardi dernier face au petit poucet béninois (0-0). Voilà des Camerounais accrochés par un adversaire sans génie mais avec un bloc défensif qui longuement fait défaut aux champions africains. Ce résultat, il faut l’avouer est extrêmement décevant pour Clarence Seedorf qui a bien tenté de corriger ses précédents mauvais choix tactiques en reconduisant la même équipe qui a battu la Guinée Bissau au premier match. Enfin, avec trois changements notamment la titularisation de Faï Collins, Pierre Kunde et Stéphane Bahoken en remplacement de Joskym Dawa, Georges Mandjeck et Christian Bassogog.

Se créer des occasions, c’est bien…

La stratégie de Seedorf a tout de suite montré de bons points. Dès l’entame de la rencontre en effet, les Lions Indomptable se procurent une énorme occasion, mais le coup de tête de Toko Ekambi passe tout près de la transversale (4e). Owolabi devait ensuite se détendre pour sortir de justesse un centre parfait de Kunde Malong qui filait droit sur Choupo-Moting (10e). Ambroise Oyongo se lance aussi, mais sa frappe croisée du pied gauche passe à quelques centimètres du poteau (16e). Au terme de 20 minutes d’un jeu rythmé, Choupo-Moting croit ouvrir le score, mais sa frappe est repoussée du bout des doigts par le gardien béninois (21e). De retour des vestiaires, les Lions repartent à la chasse aux Ecureuils. Très vite, les Camerounais se créent une opportunité, mais la frappe de Kunde Malong passe au-dessus de la cage d’Owolabi (48e). La fusée de Karl Toko est ensuite stoppée par le gardien béninois (63e). Après de nombreux changements des deux côtés, le jeu perdait logiquement de son intensité, même si les Lions Indomptables continuaient de presser. Avec un Clinton Njie maladroit et un Toko essoufflé, les tenants du titre ont une chance d’ouvrir enfin le score, mais le coup de tête puissant de Yaya Banana frôle la barre (81e).

…marquer c’est encore mieux

La conclusion de cette performance saute à l’oeil : les Lions savent se créer des occasions, mais manquent d’efficacité dans le dernier geste. Et c’est là que la vérité fait peur. Car face au Nigéria le 6 juillet prochain en Alexandrie, lors de leur match des huitièmes de finale de la compétition, il faudra que les joueurs de l’équipe nationale du Cameroun se remettent à marquer des buts. Parce qu’il n’y aura pas de seconde chance. Clarence Seedorf a déjà utilisé ses meilleurs atouts offensifs, mais tous n’ont encore rien prouvé jusqu’ici. Entre un Toko Ekambi intéressant collectivement mais médiocre individuellement, un Clinton Njie qui n’a pas encore trouvé son rôle sur le terrain, un Christian Bassogog stéréotypé, incapable de changer sa manière de jouer, un Stéphane Bahoken qui cherche encore à comprendre le système de jeu des Lions, un Choupo-Moting à tout faire devant et un Olivier Boumal plus utilisé au milieu qu’en attaque, Clarence Seedorf doit peut-être chercher la solution ailleurs. Et c’est à lui et son staff d’en trouver.

Finances : La Beac limite les paiements et retraits par cartes bancaires

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Dans une note signée par le gouverneur de la Banque des Etats de l’Afrique Centrale (Beac), le 10 juin dernier, Abbas Mahamat Tolli limite le montant des retraits et paiements par cartes bancaires. Désormais donc, pour tous ceux qui effectuent ces opérations hors de la Communauté des Etats de l’Afrique Centrale (Cemac), grâce aux instruments de paiement électroniques que sont : les cartes bancaires à débit immédiat, les cartes bancaires à débit différé ou cartes de crédit et les cartes prépayés, le montant est fixé à « 5 millions de francs CFA par personne et par voyage », d’après la note du gouverneur de la Beac.

Laquelle note précise d’ailleurs que pour ceux qui désirent effectuer des transactions allant au-delà de cette somme, ils devront au préalable se soumettre au respect de certaines conditions telles que « la justification par le voyageur, à priori et à postériori des montants sollicités », et pour les achats de biens et services, « justifier à priori et à postériori la transaction, et le cas échéant, la domiciliation de l’opération ». En ce qui concerne le règlement à distance de certaines opérations telles que le payement en ligne, la note du gouverneur de la Banque centrale souligne en son article 7 que « dans la limite d’un million de franc CFA, ce type d’opération est libre, sous réserve du respect des dispositions de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme applicables dans la zone Cemac ». Pour des paiements en ligne qui vont au-delà de 5 millions de francs CFA, les concernés sont tenus de « fournir des justificatifs de la transaction de l’instrument de paiement électronique à l’intermédiaire agréé, par tous moyens laissant trace, dans un délai de 30 jours ».

Selon des spécialistes des questions bancaires, ces mesures sont prises par la Beac dans le but de « limiter la sortie des devises ». L’on se souvient qu’au mois d’avril dernier, le Groupement Inter patronal du Cameroun (Gicam), tenait à son siège une réunion sous le thème « comprendre la nouvelle réglementation des changes dans la Cemac ». Le président de la plus importante organisation patronale du Cameroun, Célestin Tawamba, avait d’ailleurs saisi cette occasion pour poser le problème de la rareté des devises auprès des banques commerciales. Célestin Tawamba affirmait à cette occasion que « l’accès aux devises est une préoccupation majeure pour 71 % des patrons membres du Gicam ». Mais au-delà de la question de la limitation de la sortie des devises, des experts affirment que cette mesure de la Beac vise à « lutter contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme ». Cette intention découle d’ailleurs de la note du gouverneur de la Beac qui précise en son article 10 que « les émetteurs des instruments de paiement transmettent mensuellement à la Beac un relevé des transactions visées, comportant les informations telles que l’identification du titulaire de l’instrument de paiement électronique, la date, le montant et la devise, la contre- valeur en CFA, le motif, le lieu et le bénéficiaire ».

Par Junior Matock

Tic : Agrix tech remporte le prix du président de la république

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Remise du prix spécial du président de la République

Seulement huit mois d’existence, Agrix Tech fait déjà sensation dans le secteur de l’économie numérique. La startup d’Adamou Nchange Kouotou a remporté vendredi dernier le prix spécial du président de la République à l’occasion de la semaine de l’innovation numérique tenue du 24 au 28 juin 2018. Il s’agit d’une application dotée d’une intelligence artificielle qui diagnostique les maladies des cultures à leur stade primaire et propose des traitements et prévention dans plusieurs langues africaines. « Notre projet est plus novateur parce qu’il concerne le petit agriculteur que tout le monde néglige souvent […] Il suffit de prendre une photo de la plante grâce à l’application et elle va se charger de diagnostiquer et de vous dire de quoi souffre votre plante et le type de traitement approprié ou d’engrais à utiliser pour booster votre culture. L’un des avantages est que l’application peut fonctionner sans connexion internet et les résultats seront donnés en plusieurs langues locales pour aider nos agriculteurs qui ne parlent pas toujours français ou anglais. Il suffira de sélectionner une langue », explique Dorothée Mvondo Nganti, co-promotrice du projet.

D’après la présidente du jury Reine Essobmadje, le projet Agrix Tech a été sacré le plus innovant sur la base du prototype, le business modèle, la pertinence du projet, les compétences de l’équipe et surtout l’impact social, le caractère innovant et la maitrise du budget prévisionnel. « Le prototype qui a été mis en place a impressionné le jury. Simplement par la capacité de l’appareil de détecter les maladies d’une plantes et de proposer le traitement et les moyens de prévention », fait savoir Beaugas-Orain Djoyum, membre du jury.

A titre de récompense, l’équipe constituée d’un ingénieur en génie logiciel, d’un expert en intelligence artificielle, d’une spécialiste en phytopathologie, d’un expert en gestion des risques agricoles et un autre en agribusiness, a reçu du ministre des Postes et Télécommunications, Minette Libom Li Likeng, un chèque de six millions de francs CFA. Outre cet argent, les promoteurs d’Agrix Tech ont eu droit à un stage d’un mois au hub d’incubation d’Eriksson à Dubaï, d’un ordinateur portable assortie d’une connexion internet gratuite pendant trois mois. Avec ce financement, l’équipe envisage de créer sa data center, maturer le projet, levée des fonds et surtout obtenir sa première licence d’ici 2020. « Je suis émerveillée et rassurée que le chef de l’Etat qui ne s’est pas trompé en disant que l’économie numérique c’est le défis du siècle et ce sont les jeunes qui sont à même de relever ce défis« .

« Avec le thème créer, innover et oser, les jeunes ont montré qu’ils ont saisi le projet. La qualité du projet, le nombre de participants montrent que le message est passé et que le meilleur est à venir », s’est réjouie Minette Libom Li Likeng.

Par Ghislaine Ngancha

Cacao : comment le Cameroun peut multiplier ses gains sur le marché africain

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Dans son rapport 2019, intitulé « le développement économique en Afrique », la Conférence des Nations sur le Commerce en Afrique (Cnuced) révèle que le Cameroun, à l’instar de la Côte d’Ivoire, le Ghana et le Nigéria, font partie des grands pays producteurs de cacao dans le monde. En ceci qu’ils participent pour l’essentiel, « aux premiers stades de la chaîne de valeur et exportent principalement hors du continent ». De manière chiffré, précise le document, ces pays assurent à eux seuls « 70 % de la production mondiale de cacao en fèves ». Seulement, nuance le document de la Cnuced, en ce qui concerne le commerce à l’intérieur du continent, hormis l’Egypte et l’Afrique du Sud, le Cameroun et ces autres pays, « n’ont tiré qu’un parti limité des possibilités qu’offre le commerce intra-africain de servir de tremplin pour se diversifier en participant à des stades d’aval de la chaîne de production et d’exportation ». Selon la Cnuced, le Cameroun et les autres pays peuvent multiplier les gains issus de la transformation du cacao « dans des activités d’aval de la production de chocolat et de confiserie, activités qui apparaissent davantage créatrices d’emplois ». Le pays pourra ainsi, selon la Cnuced, rattraper « une occasion manquée de diversification des exportations, au regard en particulier de la part de l’Afrique dans la production mondiale de cacao ».

Pour ce faire, il faudra œuvrer au renforcement de l’intégration régionale, parce que « le faible degré d’intégration entre les producteurs de matières premières et les centres régionaux de fabrication limite au final les possibilités d’accroître la valeur ajoutée régionale incorporée tant dans les produits exportés vers le reste du monde que dans les produits finis consommés sur le marché africain ». A titre d’illustration, le rapport de la Cnuced indique qu’en 2017, « la part des exportations infrarégionales dans les exportations totales était de 16,6 % en Afrique, contre 68,1 % en Europe, 59,4 % en Asie, 55 % en Amérique et 7% en Océanie ». Aussi ajoute la Cnuced, « bien que l’Afrique compte huit communautés économiques régionales, la part du commerce intra-africain reste faible, à 14,8 % environ en 2017 ». Cette situation, « rend de plus l’Afrique très tributaire des importations de chocolat fini et de confiserie de chocolat en provenance du reste du monde », martèle cette organisation.

Il convient de noter qu’en matière de transformation du cacao, le Premier ministre, Joseph Dion Nguté a inauguré le 26 avril dernier, dans le département du Moungo, région du Littoral, l’usine Neo Industry. Cette nouvelle unité de transformation des fèves du cacao, pour la production du beurre et de la poudre de cacao, est dotée d’une capacité de production annuelle de 32 000 tonnes.

Par Junior Matock

Ambroise Oyongo Bitolo : l’animateur de la tanière

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Les choses vont très vite pour les Lions Indomptables depuis leur arrivée en Egypte pour cette Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2019. L’expérimenté Eric-Maxim ChoupoMoting a repris le brassard qui lui avait été « chipé » par Benjamin Moukandjo il y a deux ans. Yaya Banana est passé de zéro à héros après son but lors de la victoire contre la Guinée Bissau (2-0) le 25 juin dernier. Le « chouchou » André Onana prend son temps pour briller et sait que ça viendra. Le cocasse Christian Bassogog s’est fait une coiffure…Versace. Et le très remuant Ambroise Oyongo Bitolo prend au sérieux son rôle d’animateur de la tanière. En dehors des matchs où il enchaîne de bonnes prestations, le pensionnaire du Fc Montpellier en Ligue 1 de France, est le joueur camerounais qui attire le plus de lumière.

L’ambiance, ça le connait. « Dans l’équipe raconte le milieu de terrain Arnaud Djoum, si vous demandez à tout le monde qui est celui qui sait mettre l’ambiance, tous vous répondront : Oyongo. En plus d’être un très grand joueur et une belle personne au sein du vestiaire, c’est lui qui apporte de la bonne humeur dans l’équipe. C’est très important en pareille circonstance ; parce qu’il nous permet de rester détendus avant les entraînements et les matchs ». Sauf quand il est sur le terrain pour disputer un match, Ambroise Oyongo Bitolo ne se sépare presque jamais de son enceinte Bluetooth, une espèce de baffle portable et sans fil qui permet d’écouter de la musique via un système Bluetooth relié à son téléphone. Chaque apparition de la sélection championne d’Afrique en titre est une occasion pour Oyongo de montrer ses qualités de danseur hors pair. « La danse chez moi, c’est quelque chose d’innée. Moi, c’est ma joie de vivre, c’est quelque chose de naturel. Je me sens bien quand je danse ou quand j’écoute de la musique », renchérit Ambroise Oyongo. « Animer la tanière est une deuxième mission pour moi, ça me permet de galvaniser les gars et ça leur permet d’oublier le stress des matchs. C’est ce qui permet que nous ayons une équipe qui vit bien », assure le joueur de Montpellier.

Dans la tanière, un autre « joueur fêtard » se démarque : Christian Bassogog. Celui que ses coéquipiers surnomment le « milliardaire chinois » n’est jamais loin d’Ambroise Oyongo et son enceinte Bluetooth. « Ce sont deux joueurs qui savent faire le show. Ils savent entraîner tout le groupe dans leur ambiance, un pur moment d’euphorie. Mais ils savent aussi être très sérieux et concentrés quand il le faut ». La concentration et le sérieux, c’est ce que les hommes de Clarence Seedorf doivent montrer durant toute la compétition.

Par Arhur Wandji, envoyé spécial à Ismaïlia

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